Bulletin de l'ACIPA n°41 - Mai-juin 2014 - Abandon du projet !

 

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Bulletin d'information de l'ACIPA qui s'oppose au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) - Mai-juin2014

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BULLETIN D’INFORMATION AUX ADHÉRENTS No 41 – MAI JUIN 2014 Abandon du projet ! C’est le printemps ! Certains d’entre nous combattent ce projet d’aéroport inutile depuis 1963 (50 printemps !) ; pour la grande majorité, c’est le 6e printemps de la déclaration d’utilité publique (2008). Considérant que cette DUP n’est valable que 10 ans si les travaux n’ont pas commencé, on peut dire qu’il nous reste 4 années à tenir pour voir ce projet s’écrouler ! – l’État et les concessionnaires obligés de prendre des décisions sur l’avenir du projet avant le 1er juillet, à cause du retard de 2 ans sur le début des travaux, – les décisions du nettoyage par la force de la ZAD plusieurs fois reportées, – des commentaires de plus en plus ouverts dans la presse sur l’abandon du projet. Lors du printemps 2012, nous avons arraché de ne pas être expulTout cela nous amène à penser que la victoire est proche mais, en sés avant que certains recours juridiques ne soient un peu plus de 40 ans de travail paysan, j’ai appris jugés. Depuis, d’autres recours sont venus s’ajouque la récolte n’était sûre qu’après qu’elle soit vraiter à cet accord. Nous avons aussi fait front comment engrangée ! Seule une décision politique mun à plusieurs reprises contre les attaques ferme et définitive de l’arrêt du projet pourra donc musclées des forces l’ordre qui ont toujours fait de nous satisfaire. , nombreux blessés et inculpés à qui nous rappelons , L ab a nd o n, c e s t m ai n t e na n t ! notre soutien. Alors dans l’attente de cette décision, un seul mot : « RÉSISTANCE » ! Le printemps est de nouveau là avec du soleil, une 5 et 6 juillet Notre-Dame des-Landes 2014 ZAD pleine de vie et de couleurs, des paysans de nouveau dans les champs, des troupeaux avec des naissances et des habitants de plus en plus nombreux qui construisent et s’installent durablement. Ce sont les premiers résultats encourageants de notre détermination, dans la solidarité, à garder ce territoire vivant avec ses atouts environnementaux et ses capacités de production et d’emplois. • d’abord sur le terrain : soyons toujours prêts comme cela a été démontré fin avril avec la grande mobilisation pour Saint-Jean-du-Tertre, poursuivons les travaux de construction et de production partout sur la ZAD et le travail juridique en profondeur. • partout en France et ailleurs : dénonçons les Grands Projets Inutiles Imposés comme en RouOrganisation : Coordination des opposants – http://notredamedeslandes2014.org Ce printemps 2014 nous apporte beaucoup d’inmanie cette année et participons aux converdices nouveaux qui pourraient nous amener à un été de récoltes et gences des luttes menées avec les comités de soutien qui sont en de victoires : marche pour notre rassemblement de l’été 2014. – un nouveau Premier ministre qui, au moment de constituer son Toutes et tous, mobilisons autour de nous, marchons chacun-e avec gouvernement, aurait fait des propositions d’abandon du projet, notre bâton vers les terres de Bellevue, sur la zone à défendre de – une nouvelle ministre de l’Écologie qui, à plusieurs reprises, a NDL ! C’est la marche vers un monde plus juste et respectueux de exprimé sa différence sur le dossier NDL, la Terre, des Hommes, de la Nature et des générations futures. – une préfecture qui semble peiner à répondre aux recours contre M. TARIN les arrêtés sur les espèces protégées, – l’Europe qui demande à la France de revoir sa copie environnementale, sur les terres de Bellevue Toutes et tous à Notre-Dame-des-Landes les 5 et 6 juillet sur les terres de Bellevue Plus d’infos : http://notredamedeslandes2014.org

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NDL 2014 : en avant vers l’abandon définitif du projet ! La préparation de notre événement de l’été se situe dans une phase charnière, où nous avons marqué des points en termes de retard des travaux, sans avoir arraché l’abandon définitif, objectif fédérateur de notre lutte. Nous avons tenu ! Tenu sur nos trois piliers ! Tenu avec nos 200 comités de soutien ! Tenu sur la zone ! […] Tenu sur le juridique ! […] Tenu sur le plan politique ! […] S’ils ne peuvent en eux-mêmes représenter la victoire définitive, les retards annoncés sont néanmoins très positifs, tant il devient de plus en plus éclatant, au fur et à mesure que le temps passe, que ce projet est d’un autre âge, périmé jusqu'à l’absurde au vu des actuelles connaissances et législations ! Mais c’est l’abandon pur et simple du projet qu’il nous faut obtenir ! Celui qui permettra que les paysans et habitants vivant sur la zone puissent se projeter enfin dans l’avenir et y fassent émerger de nouveaux projets durables ; celui qui permettra l’optimisation de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique si elle s’avérait un jour nécessaire ! Cet abandon confortera la détermination et l’espoir de tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés, dévoreurs de terres, de biodiversité, de ressources aquatiques ou fossiles, de subventions publiques ! Le rassemblement des 5 et 6 juillet sur les terres de Bellevue à Notre-Dame-des-Landes sera précédé par des évènements et des caravanes de convergence partant de plusieurs lieux de luttes emblématiques partout en France. Soyons nombreux à les accompagner ! En 2012, nous avons dit « La lutte, c’est maintenant ! » En 2013, « toujours présents, toujours résistants, plus légitimes que jamais ! Enterrons le projet ! » En 2014, osons dire : « l’abandon, c’est maintenant ! ». Maintenant qu’il faut l’arracher ! La victoire définitive est à la portée de nos efforts ! Réussissons lors du rassemblement – Convergences 2014 une nouvelle mobilisation exceptionnelle! Coordination des opposants au projet de Notre Dame des Landes : 50 groupes (associations, syndicats et mouvements politiques) Notre-Dame-des-Landes – Le 28 avril 2014 Texte complet de l’appel sur le site de l’évènement : http://notredamedeslandes2014.org Convergences NDL2014 ENSEMBLE pour renforcer les actions contre les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), pour la préservation des terres et des emplois agricoles, pour un autre choix de société qui ne mettrait plus en danger la biodiversité et l'avenir des générations futures... Faisons du prochain grand rassemblement national contre le projet d’aéroport des 5 et 6 juillet 2014 un moment d’informations et d’échanges militant et festif ! Nous ferons ENSEMBLE la démonstration que nous restons plus que jamais déterminés et massivement mobilisés. Cette convergence est l’occasion, à partir des luttes locales, décentralisées sur tout le territoire, de populariser et de fédérer ces luttes. Elle se traduira par différentes formes d’actions déterminées: • « caravanes » (à pied, vélos, tracteurs, voitures...) • points de rencontre, d’information, • meetings dans les villes et campagnes traversées pour arriver au moment du rassemblement final sur les terres de Bellevue le 4 juillet vers 18 h 00. 8 rassemblements décentralisés sont envisagés pendant le week end des 28 et 29 juin ainsi que 3 grandes convergences les 2 et 3 juillet. 6 grands parcours se dessineront à partir du 1er juin. Plus de 10 caravanes avec des étapes s’arrêteront dans des lieux symboliques de luttes. Retrouvez toutes ces informations sur le blog de Convergences NDL2014 http://convergencesndl.over-blog.com/ Les concerts sur la grande scène Le samedi à partir de 14 h 00 > GIL ET JAC > LES GÉNISSES DANS L’MAÏS > DELPHINE COUTANT ANA IGLUKA > ANONYME(S) > NICOLAS BONNEAU FANNYTASTIC > SANSEVERINO > MIOSSEC > PIGALLE > ORCHESTRE TOUT PUISSANT MARCEL DUCHAMP > PAPIER TIGRE. Le dimanche à partir de 13 h 30 > SYLVAIN GIRO > ANDRÉ MINVIELLE > BLAIN-LEYZOUR > GUILLAUME BOUST > BRED’IRIE > IMG > LES TÊTES RAIDES > FÉLOCHE > GUAKA > HAMON-MARTIN QUINTET. Focus : point sur la procédure d’infraction de la Commission Européenne contre la France La lettre de mise en demeure envoyée par la Commission Européenne à l’État français est la première étape de la phase précontentieuse. Dans ce cadre, la Commission demande à l’État de faire ses observations sur ce qu’elle estime être un ou plusieurs problème(s) d’application du droit communautaire, en l’occurrence sur l’absence d’évaluation des effets cumulés du programme aéroportuaire, selon ce qui a pu être relayé par les médias à l’heure actuelle. Cet argument était avancé par le CéDpa et l’ACIPA dans le cadre de la pétition déposée en décembre 2012 à la Commission des Pétitions du Parlement Eu-

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ropéen, qui a amené la Commission à se pencher sur le respect du droit communautaire par les autorités françaises. La lettre de mise en demeure a pour but, selon la jurisprudence européenne, « de circonscrire l’objet du différend et d’indiquer à l’état membre, invité à présenter ses observations, les éléments nécessaires à la préparation de sa défense ». Elle permet ainsi de mettre l’état face à ses obligations, dans la perspective d’un éventuel contentieux devant la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE). À l’issue de l’examen des réponses de l’État, si les divergences entre la France et la Commission persistent et que la Commission estime que la violation n’a pas été régularisée, elle émet un avis motivé, plus détaillé, et auquel l’État français peut répondre dans un délai complémentaire (généralement de un ou deux mois). Si la Commission estime que le manquement persiste au terme de ce nouveau délai et au regard de ces nouvelles explications, elle peut saisir la CJUE d’un recours en manquement à l’encontre de l’État français. Cette lettre de mise en demeure est donc une bonne nouvelle en ce qu’elle témoigne des forts soupçons de la Commission à l’encontre de l’État français concernant le respect des directives européennes afférentes à l’évaluation environnementale des projets et des programmes. La portée exacte en sera précisée lorsque nous prendrons connaissance (si nous le pouvons, nous en avons fait la demande) des griefs effectivement retenus par la Commission et, bien entendu, de la réponse de l’État français d’ici le 17 juin prochain. T. Dubreuil, avocat CéDpa-ACIPA Et pendant ce temps-là à la préfecture… Le temps passe, les énarques aussi… Départ de Patrick Lapouze qui suivait le dossier Notre-Dame-des-Landes à la préfecture de Loire-Atlantique et qui mangeait des pommes lors de l’opération César, dans une vidéo. Arrivée de Laurent Buchaillat qui le remplace. Espérons qu’il ait gardé un bon souvenir de son stage ENA au WWF, où il travaillait entre autres sur un projet en faveur de la protection de la ressource en eau, ce qui est aussi crucial à Notre-Damedes-Landes… À moins que sa mission ne consiste à infiltrer en douce ces dangereux écolos ! Dernière minute : on apprend que le préfet, Christian Marie Astorgue Galliard de Lavernée, quitte lui aussi la préfecture pour rejoindre la Cour des Comptes. Peut-on caresser l’espoir qu’il y étudiera avec impartialité l’indécent contrat de concession accordé à Vinci pour AGO ? On suivra la suite de sa carrière avec intérêt, des fois qu’il se retrouve chez Vinci dans quelques années… (voir chaises musicales). La SCI est en cours de constitution, les associations (en particulier paysannes) qui se battent contre le projet ont été appelées à prendre une part et nous avons suffisamment de personnes membres pour assurer le budget de départ. Ceci est un travail sur la propriété hors de la ZAD qui correspond bien aux actions de la Coordination des opposants et est complémentaire de l’occupation du sol faite sur la ZAD. M. Thébault Une structure foncière pour lutter contre AGO-Vinci Nous avons toujours voulu qu’AGO-Vinci n’achète pas de foncier en dehors de la ZAD. Pour l’instant, nous ne pouvons agir que sur les parcelles cadastrales qui ont été coupées en deux par les délimitations de la ZAD. Jusqu’à présent, les agriculteurs utilisant ces parcelles ont exercé leur droit de préemption et acheté la partie hors ZAD. Le problème se pose maintenant avec un groupe de parcelles de 1 hectare 60 très humides et qui n’a pas d’acquéreur. Il est hors de question de laisser AGO pouvoir l’acquérir. Au sein de la Coordination, nous avons constitué un groupe de travail sur ce sujet. Créer un GFA est la solution qui vient à l’esprit, cela parle à tous les militants, mais des associations ne peuvent pas y adhérer et le nombre de membres est limité. C’est pourquoi nous avons décidé de constituer une SCI, société civile immobilière, dont le nom sera « SCI des Terres de Notre-Dame-des-Landes ». Ses buts sont de maintenir la destination agricole et vivrière des terres, privilégier l’installation de paysans et la consolidation des exploitations agricoles. Son travail est actuellement d’acheter cet 1 hectare 60 hors ZAD. Demain, ce pourra être — si besoin — d’acheter des terres hors ZAD sans acquéreur, terres de petits propriétaires qui souhaiteraient vendre dans le cadre de l’aménagement foncier sur Notre-Dame. Il s’agit toujours d’empêcher AGO de mettre un pied hors ZAD. Ensuite, avec l’arrêt du projet, nous verrons si cette structure sera utile ou pas. La vie continue à Saint-Jean-du-Tertre ! Tout d’abord un grand merci à tout-e-s celles et ceux qui sont venu-e-s défendre la ferme de Saint-Jean-du-Tertre ! Nous pouvons nous féliciter ensemble d’avoir répondu de manière déterminée à la provocation de la préfecture. Dès 15 heures, ce mardi 22 avril, après l’annonce du rendu qui exigeait la destruction de la maison et la confrontation des différentes sources nous annonçant la volonté du préfecture de passé en force, le mouvement dans son ensemble a répondu présent. En quelques heures, les réseaux sont informés (habitants, voisins, zadistes, agriculteurs, comité de soutien), relayent l’information et affluent vers la maison dès le soir. Toute la nuit, Photo : J. Ronnet-Nicolle.

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tracteurs et bonne volonté assurent la construction de barricades sur toutes les routes menant à la ferme, relayés ensuite par des personnes qui assurent leur surveillance et leur protection. Dés 5 heures du matin, c’est un flot ininterrompu de personnes de tous âges et de tous horizons qui arrive par le chemin venant de Bellevue pour faire acte de présence et de résistance si besoin. À 11 heures toujours aucun flic à signaler aux environs, on nous apprend qu’en haut-lieu, on a annulé l’intervention d’expulsion dans la nuit en ordonnant aux gendarmes partis de Paris de faire demi-tour. Le gouvernement commencerait-il à accepter que le rapport de force change de camp ? A priori oui ! Puisque — coup de théâtre — M. le sous-préfet appelle pour négocier ! Il veut que les routes soient ré-ouvertes. En AG, avec les personnes présentent, proposition est faite de demander à ce que « publiquement, la préfecture déclare qu’il n’y aurait pas d’expulsion sur l’ensemble de la ZAD jusqu’à la fin de tous les recours engagés ». Bien sûr la préfecture n’acceptera pas cette proposition, même si, à demi-mots, elle avoue ne pas vouloir d’affrontement sur la ZAD jusqu’à la fin des recours engagés. Elle proposera finalement le gel des procédures d’expulsions et de déconstructions sur les maisons de La Freusière et de Saint-Jean-duTertre en demandant à ce qu’aucune nouvelle maison venant à se libérer, ne soit occupée. Pas de chance pour eux, il n’y aura a priori pas de nouvelle maison venant à se libérer. Pour nous cet accord, c’est le gouvernement qui recule, qui admet que le rapport de force n’est plus dans leur camp, mais dans le nôtre. Cet accord, c’est la lente agonie d’un projet d’aéroport, c’est le début de la victoire. Nous souhaitons que ce répit, par le temps qu’il nous laisse, nous permette de construire ensemble l’après-projet. L'aéroport est mort ! Tenons ferme ! Les habitant-e-s de St Jean du Tertre. Vinci et l’État : les chaises musicales continuent On connaît désormais le principe dit en anglais des “revolving doors” ou encore des chaises musicales, entre les grands groupes industriels et les services de l’État. On savait déjà que plusieurs hauts fonctionnaires, impliqués dans le projet d’aéroport de NotreDame-des-Landes, avaient trouvé de belles opportunités de carrière chez Vinci. Cela marche aussi en sens inverse (c’est d’ailleurs tout le principe) puisqu’on a appris dernièrement que Loïc Rocard (fils de Michel) — jusque là directeur d’exploitation de Cofiroute (filiale de Vinci) — est désormais « Conseiller énergie, transport, environnement, logement » de l’actuel Premier ministre Manuel Valls… Avec ça, on se doute de comment vont être perçus nos arguments environnementaux à Matignon. À suivre de près… rieusement » brûlé au Rosier au lendemain de la destruction de la maison attenante. Après moult péripéties, les choses en étaient restées là, mais il devenait urgent pour les besoins des collectifs qui cultivent et élèvent sur la ZAD que ce hangar arrive. Une demande fut faite aux COPAINs du Morbihan et du Finistère pour organiser un relais de tracteurs afin de tirer un plateau acheminant du foin de Bellevue et rapportant cette charpente. Une opération de communication fut rapidement associée à l’évènement. Des panneaux peints par le comité de Blain rappelaient la nécessité de protéger nos terres agricoles et les comités des villes traversées furent alertés. Dès la première étape à Redon, ce furent 150 militants qui accueillirent le convoi et la dizaine de personnes qui l’accompagnait. Après des prises de paroles, des chants et des danses, le chargement reprit la route. Tout au long des 400 kilomètres du trajet, 22 paysans ont attelé leur tracteur au plateau et partout aux étapes — à Guéhenno, Plouay, Rosporden, Lorient, Vannes et Arzal — entre 50 et 200 militants nous encourageaient et nous parlaient de leur projet inutile local, tel ce tunnel ruineux sous le port de Vannes. La presse écrite et télévisée a largement relayé l’évènement dans le Finistère et le Morbihan, mais très peu en Loire-Atlantique… La gendarmerie nous a accompagnés et a même tenté une manœuvre d’intimidation qui nous a fait comprendre, au lendemain du blocage de la destruction de Saint-Jean-du-Tertre, combien notre opération de communication exaspérait le préfet de Loire-Atlantique. L’arrivée sur la ZAD fut un moment fort de solidarité et de convivialité avec feux d’artifice et repas. Longue vie à ce petit hangar devenu célèbre ! Le COPAIN 44 TRACTO-RELAIS de NDL à Rosporden et retour Lors de l’opération César en 2012, quand des maisons et des hangars furent détruits par AGO-Vinci, un élan de solidarité permit la reconstruction de nombreux lieux de vie tels que La Châtaigne. À cette occasion, un collectif du Finistère proposa un hangar pour remplacer celui qui avait « mysté- Photo : www.presquilegazette.net

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Nantes, le 22 février 2014 Photos : A.-M. Chabod, P. Penaud, J. Ronnet-Nicolle, P. Giroire, T. Grisollet.

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Focus : un grain de sable à moustaches dans la mécanique d’AGO ? Un rongeur qui ne prolifère pas, est-ce bien possible ? Un rongeur rare et menacé, ça existe ? Oui et c’est le cas du Campagnol amphibie qui, après les tritons, est devenu la nouvelle vedette des naturalistes à Notre-Dame-des-Landes. Ce n’est pas un animal minuscule. Du bout du nez à la base de la queue, il fait 16 à 22 centimètres et il pèse de 100 à 280 grammes. La queue est ronde et mesure une douzaine de centimètres, les oreilles sont à peine visibles. Le pelage est bien fourni, brun sur le dos et plus gris sur les flancs. Il vit dans un terrier creusé au bord de l’eau, avec une entrée à l’air libre et l’autre submergée. Son proche parent, le campagnol terrestre (et aux mœurs très aquatiques comme son nom ne l’indique pas), est plus petit et absent de la majorité des régions où vit le campagnol amphibie. Une espèce fragile Le campagnol amphibie est principalement végétarien et mange essentiellement tiges et racines des plantes du bord des cours d’eau calmes et des marais où il vit. C’est d’ailleurs ce régime végétarien qui fait qu’il était parfois consommé, sans être spécifiquement chassé, dans le sud-ouest ou dans la péninsule ibérique. L’espèce ne vit d’ailleurs qu’en France, en Espagne et au Portugal. D’après les résultats d’une enquête nationale, la région Bretagne et le département de la Loire-Atlantique semblent constituer un des bastions de l’espèce au niveau national, l’espèce étant toutefois nettement moins fréquente dans la moitié Est de cette zone géographique. Au sein de cette moitié Est, les environs du site d’implantation de l’aéroport du Grand Ouest constituent une zone de forte présence. Il s’agit de la limite entre une zone de maintien relatif et d’une zone où l’espèce est plus rare à l’échelle régionale. La zone d’aménagement en tant que telle correspond au cœur de cette zone de forte présence. Le campagnol amphibie (Muenn zour en breton) est le plus grand des six campagnols vivant en Bretagne. Elle est de surcroît localisée sur les sources de plusieurs bassins hydrographiques et joue un rôle important de connexion des populations entre ceux-ci. Plusieurs causes de régression sont avancées, parmi lesquelles la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats, l’introduction d’espèces exotiques et la modification des régimes hydriques. Des études toujours insuffisantes L’espèce présente des signes de régression à l’échelle de son aire de répartition et est classée « vulnérable » sur la liste rouge internationale des espèces menacées. Le campagnol amphibie est inscrit dans la liste des espèces protégées en France depuis le 7 octobre 2012. C’est pourquoi sa destruction dans le cadre d’un projet d’aménagement doit faire l’objet d’un avis du Conseil national de protection de la nature. Le dossier destiné à justifier un arrêté du préfet de Loire-Atlantique a été transmis au CNPN qui a délibéré à son sujet le 10 avril 2014. Ce dossier a toutefois été dissocié de la demande globale qui portait sur les autres espèces, pour lesquelles une dérogation a été accordée le 20 décembre 2013. En effet, du fait de sa récente protection nationale, l’espèce n’avait pas été prise en compte et étudiée lors des inventaires faune et flore initiaux commandités par AGO et la DREAL Pays-de-la-Loire. Les Naturalistes en lutte ont fait connaître leurs observations au sujet de ce dossier. Ils ont en particulier fait remarquer que les critiques qu’ils avaient formulées lors de la consultation publique de novembre 2013 étaient assez pertinentes pour que de nouvelles investigations aient été menées lors du mois de février. Les Naturalistes en lutte ont noté que la durée de l’inventaire demeurait trop réduite, ne permettant pas de couvrir l’ensemble du cycle de l’espèce et des conditions possibles (10 jours seulement sur l’emprise du projet et 11 jours sur les bassins hydrographiques concernés). De plus, la période de l’inventaire est inadaptée puisqu’il a été mené en septembre Chantage aux subventions, le retour Décidément, il semble que la région ait du mal avec les subventions, quand on n’est pas droit dans la ligne de son président… En particulier quand il est question de Notre-Damedes-Landes. En juillet 2013, le documentaire « Le Dernier Continent » de Vincent Lapize, ayant pour thème l’aéroport de Notre-Damedes-Landes, se voyait refuser une aide de la région des Paysde-la-Loire en raison de son thème, déclenchant une vive protestation de nombreux professionnels du cinéma. En mars 2014, M. Auxiette enjoignait dans un courrier aux associations naturalistes et paysannes de la région — ayant exprimé leur opposition au projet d’aéroport — de se désolidariser des occupants de la ZAD, affirmant que ces derniers seraient des « casseurs et activistes radicaux » et… « d’autant plus que votre organisation est bénéficiaire de nombreux fonds publics, notamment régionaux ». Tout est dit. Photo : B. Varry/GMB.

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2013 en période d’assèchement d’une partie des habitats et en février 2014, période hivernale où l’intensité de marquage par des crottes est moindre et période particulièrement pluvieuse altérant les conditions de prospection et de détection. La commission faune du CNPN a donné un avis défavorable au projet de dérogation qui lui était soumis (10 voix contre, 7 abstentions). Le sous-préfet a déclaré que cela ne l’empêcherait pas de prendre un arrêté favorable à la dérogation puisque cela n’est qu’un avis, même s’il émane d’autorités scientifiques qualifiées. Dans ces conditions, la légalité de l’arrêté qui sera pris à l’issue de l’avis défavorable consensuel de cette instance scientifique est très douteuse et fera sûrement l’objet de contestations. Les Naturalistes en Lutte – http://naturalistesenlutte.overblog.com/ Pour info, l’intégralité de la vidéo de la conférence des Naturalistes en Lutte est en ligne : http://www.scoop.it/t/videos-ndl tag 27/01/2014 Le projet monstrueux de Rosia Montana doit, pour l’extraction de l’or, araser quatre montagnes et noyer sous le cyanure les eaux et le sol de la région (c’est le sens du logo : la montagne verte, le lac de cyanure rouge sang...). Le projet est pour l’instant suspendu, dans l’attente de l’opportun changement de législation qui permettra enfin, paraît-il, de le réaliser ! Pas sûr... vue la détermination de la lutte. Le programme est copieux, jeudi consacré à la présentation des différentes luttes (23 délégations, certaines de Pologne, Turquie, Maroc…) : nous (re)découvrons l’ampleur des projets miniers ou de prospection-exploitation des gaz de schiste, l’état d’avancement des projets et surtout l’ampleur des luttes (manifestations, campement sur le terrain…) car, globalement, nous les connaissons moins bien que les luttes contre les projets d’infrastructures. Les journées de vendredi et samedi permettent d’approfondir la connaissance mutuelle, mais aussi de réfléchir ensemble : sur les notions de « inutiles » et « imposés », les formes de lutte, la biodiversité, nous nous étions largement impliqués dans la préparation des ateliers… Travail collectif sur la crise économique, le rôle de l’Union Européenne… Nous rentrerons regonflés... et on n’lâche rien ! G. Coiffard-Grosdoy Échos de la délégation NDL au 4e Forum contre les GPII à Rosia Montana (Roumanie) dimanche 11 mai Les plus courageux (et disponibles) sont partis en voiture, camping-car, dès le week end précédent. Nous nous retrouvons (15 de la région de NDL), dans un cadre splendide : arbres en fleurs ou en bourgeons avec toutes les nuances de vert. Excellente ambiance et accueil chaleureux de Bogdan, l’une des jeunes chevilles ouvrières roumaines du forum. Plaisir de mettre des visages sur des adresses mails utilisées assidûment pendant des semaines ! De retrouver les premiers connus en Val-de-Suze en 2011, à NDL en 2012. Des jeunes de tous les âges… Les moins âgés polyglottent dans toutes les langues, avec une aisance stupéfiante, d’autres ont plus de mal… Nous sommes accueillis (maison, champs, granges) par un couple de paysans qui refuse de céder ses terres indispensables au projet minier, donc pas vraiment dépaysés. Focus : l’aviation et l’atmosphère planétaire Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) vient de faire paraître un rapport sur l’aviation et l’impact qu’ont les aéronefs sur le climat, l’ozone et l’atmosphère planétaire. Ce rapport a été élaboré suite à la demande présentée par l’Organisation de l’aviation civile internationale désireuse de connaître l’impact potentiel des émissions polluantes de l’aviation, avec le concours du Groupe d’experts d’évaluations scientifiques du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone. La pollution en cause concerne les émissions prédominantes relatives à l’activité humaine déposées directement dans la Photo : Geneviève Coiffard-Grosdoy.

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Les aéronefs émettent des gaz et des particules directement dans la haute troposphère et dans la basse stratosphère, où ils ont un impact sur la composition de l’atmosphère. Ces gaz et particules modifient la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, notamment le dioxyde de carbone (CO2), l’ozone (O3), le méthane (CH4). Ils déclenchent également la formation de traînées de condensation, qui peuvent augmenter la nébulosité en cirrus. Tout cela contribue à accentuer les changements climatiques. D’autres émissions majeures sont l’oxyde d’azote (NO), le dioxyde d’azote (NO2) (qui ensemble sont appelés NOx), les oxydes de soufre (SOx) et la suie. La quantité totale de carburant-aviation brûlée par les aéronefs, ainsi que les émissions totales de dioxyde de carbone, NOx et vapeur d’eau, sont bien comprises. D’autres paramètres importants dans l’évaluation sont moins bien compris et peuvent néanmoins être déterminants. Les effets climatiques des gaz et particules émis et formés à cause de l’aviation sont plus difficiles à quantifier que les émissions. Ils peuvent toutefois se comparer avec les effets climatiques d’autres secteurs, par application du concept de forçage radiatif (*). Le dioxyde de carbone a une longue durée de résidence dans l’atmosphère (100 ans) et de ce fait se propage bien dans toute l’atmosphère. Ainsi les effets des émissions de dioxyde de carbone venant des aéronefs ne peuvent se distinguer de ceux émis par une autre source. Les autres gaz (par exemple NOx, SOx, vapeur d’eau) et particules ont des durées de résidence plus courtes. Elles restent concentrées à proximité des itinéraires de vol, principalement dans les moyennes latitudes de l’hémisphère nord. Ces émissions peuvent mener à un forçage radiatif important se situant régionalement à proximité des itinéraires de vol. C’est le cas par exemple de l’ozone et des traînées de condensation. Le changement climatique moyen dans le monde est assez bien représenté par le forçage radiatif moyen dans le monde. Toutefois, certaines des principales contributions de l’aviation au forçage radiatif se situent surtout dans les moyennes latitudes de l’hémisphère nord. En conséquence, la réaction du climat régional peut différer de celle qui résulte d’un forçage radiatif moyen à l’échelle mondiale. L’impact des aéronefs sur le climat régional pourrait être important et pourrait modifier sensiblement et durablement le climat de ces régions. Les interactions avec l’atmosphère sont multiples et complexes et de ce fait difficiles à quantifier. Les responsables de l’aviation civile internationale en ont pris conscience. C’est bien. Encore faudrait-il agir avant que certains dégâts dans la haute atmosphère ne soient irréversibles. R. Proux (*) Le forçage radiatif donne une indication de l’ampleur d’un mécanisme de changement potentiel du climat. Il exprime la perturbation ou le changement dans l’équilibre énergétique du système atmosphérique de la Terre, en watts par mètre carré (W/m2). Des valeurs positives de forçage radiatif laissent entendre un réchauffement net et des valeurs négatives laissent entendre un refroidissement. Les échos du net (statistiques au 05.05.2014) Le nouveau site Internet de l’ACIPA est en ligne depuis le 3 mars 2014. L’objectif était double : offrir une meilleure visibilité sur nos actions dans un cadre plus moderne (l’ancien site avait plus de 10 ans et était difficilement améliorable) et faciliter tout à la fois la mise en œuvre et la recherche d’informations essentielles. Les retours sont vraiment positifs. Quelques messages reçus : « Bravo, beau boulot ! Merci de ce bel outil de lutte ! » « Super le site bon courage les gars !!!!!! » « Bah dites donc ! On y voit tout de suite beaucoup plus clair ! » « En espérant que ça fasse moins de taf de mise à jour et pour le “socialiser”. Beau travail en tout cas. » « Superbe la nouvelle vitrine de l’Acipa !!! Vraiment bravo pour ce remarquable travail. » Merci à Vincent et Anne-Marie qui n’ont pas compté leurs heures pour développer ce nouvel outil de communication. Les autres statistiques : plus de 9 844 personnes aiment la page Facebook (+ 1 030) qui a touché plus de 25 000 personnes sur une journée, 5 274 abonnés (+ 606) au fil Twitter, plus de 15 100 tweets et plus de 4 898 abonnés (+ 409) à la lettre d’info. La revue de presse a dépassé les 10 000 articles depuis 1972. Nouveau site de l’ACIPA : des Ailes pour l’Ouest jalouses ou vexées ? Notre nouveau site Internet agace le community manager des Ailes pour l’Ouest. Interpellé par l’auteur du compte Twitter parodique ACIPRAN_DTC, lui demandant quand ils refaisaient le leur, la réponse, pincée, a été « Tout le monde ne bénéficie pas de la réserve parlementaire d’EELV ». Il faut donc rappeler que le nouveau site (comme l’ancien d’ailleurs) n’a été subventionné par personne et qu’il est le résultat du travail de deux bénévoles très motivés. Comme l’a justement dit Denis Cheissoux à la conférence des Naturalistes en lutte « Bénévole ne veut pas dire incompétent », mais ça, c’est dur à comprendre pour les lobbyistes. • Illustration têtière : Pogam • Fabrication : Parenthèses • Imprimé sur papier recyclé. Directrice de publication : Anne-Marie CHABOD • Comité de rédaction : les membres de la commission communication • ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes – 06 71 00 73 69. haute troposphère et la basse stratosphère. Cette pollution est liée à tous les aéronefs atteignant ces hautes altitudes, mais ce sont principalement les avions de lignes qui, en empruntant ces autoroutes du ciel, modifient sensiblement et pour de longues durées l’atmosphère locale.

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