Rapport d'activités 2013

 

Embed or link this publication

Description

OPAC Saône-et-Loire

Popular Pages


p. 1

rapport d’activité

[close]

p. 2

3 LE MOT DU PRÉSIDENT SE RÉINVENTER 4 TEMPS FORTS 2013 6 INTERVIEW Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat 26 LOGEMENT JEUNE 27 L’OPAC CULTIVE LE CHANGEMENT Éric Philippart, directeur général de l’OPAC Saône-et-Loire 28 CHIFFRES CLÉS 2013 32 COMPOSITION DU CONSEIL D’ADMINISTRATION 8 PORTRAITS DE LOCATAIRES 10 QUAND L’OPAC RÉINVENTE LE LOGEMENT SOCIAL 3 LA R & D AU SERVICE 1 DU LOGEMENT SOCIAL 14 POUR UN HABITAT DU 21E SIÈCLE 6 CHAUFFAGE, COMMENT 1 RÉDUIRE LA FACTURE ? 18 DÉMOLITION POUR L’AVENIR 20 EXEMPLES DE RÉALISATIONS 2013 LE ROMPOIS À BLANZY Réhabilitation de 20 logements 6 Interview : Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat U N E PU BLIC ATION DE L’OPAC SAÔN E - E T- LOIRE Directeur de la publication : Éric Philippart, Directeur général de l’OPAC Saône-et-Loire Réhabilitation de 80 logements Réhabilitation de 647 logements AVOISE À MONCHANIN LES AUBÉPINS À CHALON 1 PROGRAMME ASCENSEURS, 2 UNE AMBITION UNIQUE 2 SERVICE PILOTAGE, 2 VIGIE DE LA STRATÉGIE DE L’ENTREPRISE 23 COUP DE PROJECTEUR 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL & INSERTION 24 UN PROJET COMMUNAL ? L’OPAC PROPOSE UN ACCOMPAGNEMENT SUR MESURE Chauffage, comment réduire la facture ? 16 Conception graphique et rédaction : Service communication de l’O PAC Saône-et-Loire Crédit photos : Presse, T. Gogny, J. Beg, P. Ruault, OPAC Saône-et-Loire Impression : B’prim OPAC Saône-et-Loire : 800, avenue Maréchal de Lattre de Tassigny CS 41409 - 71009 Mâcon CED E X Tél. 0810 71 71 71 - Fax 03 85 38 14 47 www.opacsaoneetloire.fr 24 Un projet communal ? L’OPAC propose un accompagnement sur mesure 2 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013

[close]

p. 3

L’OPAC Saône-et-Loire sort d’un cycle d’une dizaine d’années, qui correspond au premier Programme national de rénovation urbaine (PNRU). Force est de constater que nous avons honoré tous nos engagements, qu’il s’agisse de démolition, de réhabilitation, de reconstruction. La réussite d’opérations menées à Autun, Torcy, Montceau-les-Mines, Le Creusot, Chalon-sur-Saône, etc. est un véritable objet de fierté pour l’ensemble des équipes. Une page se tourne et nous devons maintenant nous réinventer, nous donner de nouveaux objectifs. C’est le sens que j’ai voulu donner au projet d’entreprise élaboré en 2013 et qui décline les grandes orientations qui nous engageront pour plusieurs années. En premier lieu, nous plaçons impérativement le locataire au cœur de notre stratégie. Par quels moyens ? Par une qualité de services irréprochable correspondant aux attentes de nos locataires, par une approche commerciale dynamique, par une offre de logements tenant mieux compte du mode de vie actuel de nos concitoyens. Nous devons également diversifier notre activité pour conforter notre exploitation, en nous engageant dans l’acquisition dans le département du Rhône, en développant une offre d’hôtellerie pour la gestion de foyers et en créant une gamme de logements dédiés à l’accession sociale à la propriété. Dominique LOTTE, Président de l’OPAC Saône-et-Loire nous plaçons impérativement le locataire au cœur de notre stratégie. De grands défis pour l’OPAC, mais pour l’habitat dans le département également, que, collaborateurs et partenaires, nous devons relever ensemble. O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 3

[close]

p. 4

ZOOM SUR L’OPAC COMMERCIAL Mars - L’OPAC accueille ses nouveaux locataires suite au rachat de 110 logements ICF Habitat à Mâcon INTERN ATION A L Janvier - La France intervient au Mali INTERN ATION A L 24 janvier - Libération de Florence Cassez au Mexique SATISFAC TION LOC ATAIRES Mai - La dernière enquête de satisfaction montre que plus de 87 % de nos locataires sont satisfaits de nos services FR A NCE 26 mai - « La vie d’Adèle » remporte la palme d’Or au Festival de Cannes FR A NCE 29 mai - 1er mariage homosexuel après la promulgation de la loi du Mariage pour tous en avril PROGR AMME A SCENSEUR S Mai - Lancement du programme départemental de construction de 120 ascenseurs d’ici 2016 COMMERCIAL Juin - L’OPAC Saône-et-Loire mise sur le logement à destination des jeunes et lance sa campagne « logement jeune » RÉHABILITATION Juin - Réception de la 1ère tranche des travaux de réhabilitation des Aubépins, ainsi que celle des bâtiments K, L, M aux Prés Saint-Jean à Chalon-sur-Saône CONSTRUC TION Juin - Lancement à Chalon-sur-Saône de la construction de 96 logements Espace + conçus par le cabinet d’architectes Lacaton & Vassal VISITE OFFICIELLE 7 juillet - Visite de Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat 4 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013

[close]

p. 5

INTERN ATION A L 11 février - Benoît XVI annonce sa renonciation, le pape François lui succède INTERN ATION A L 15 avril - Les attentats de Boston font 3 morts et 175 blessés FR A NCE 12 mai - Le PSG remporte sont premier titre de champion de France depuis 19 ans INTERN ATION A L 22 juillet - Naissance du royal baby, fils de Kate et du prince William INTERN ATION A L 8 novembre - Le typhon Haiyan dévaste les Philippines INTERN ATION A L 5 décembre - Nelson Mandela est mort VISITE OFFICIELLE 19 juillet - Rencontre à l’OPAC Saône-et-Loire avec Benoît Hamon, ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire CONSTRUC TION Juillet - Lancement du chantier de la Résidence de l’Alma, des logements ordinaires pour handicapés autonomes rue de l’Alma à Chalon-sur-Saône MÉDIA S TÉLÉ VISÉS Septembre - France 2, France 3 et Canal + s’intéressent à la détente du marché du logement en Saôneet-Loire CONSEIL D’ADMINISTR ATION Décembre - Face à la détente du marché du logement, le CA entérine la réduction de la taille du parc (- 4 000 logements d’ici 2025) O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 5

[close]

p. 6

L’USH représente l’ensemble du secteur Hlm en France. Cette confédération défend le logement social, plus spécifiquement les intérêts des bailleurs sociaux, mais sans jamais perdre de vue les grands principes républicains. Son président, Jean-Louis Dumont, qui était venu nous rendre visite en juillet 2013, revient sur les principaux sujets d’actualité de l’année écoulée. Quels sont les principaux événements que vous retenez de l’année 2013 ? L’année 2013 a été particulièrement riche en événement et en activité pour le monde Hlm. Après de longs mois de travaux, nous avons signé avec l’État le Pacte d’objectifs et de moyens qui nous a permis d’obtenir des engagements de la part des pouvoirs publics, notamment sur la stabilisation du taux de TVA réduite, sur l’Éco-prêt PLS, sur les aides à la pierre. De notre côté nous nous sommes engagés à mettre en œuvre une mutualisation partielle des fonds propres des organismes au service du développement de la production et la rénovation du parc. Nous avons aussi décidé de lancer le programme 10 000 logements Hlm accompagnés. C’est également en 2013 que nous avons commencé un travail très important auprès des parlementaires et du gouvernement pour suivre au plus près le projet de loi ALUR, le projet de loi pour la Ville. Au-delà de ces activités liées au calendrier institutionnel, je retiens aussi de cette année que c’est celle qui nous a permis de faire émerger la prise de conscience de nos interlocuteurs sur l’urgence à réagir vis-à-vis du sujet de l’amiante. Nous ne sommes pas encore, hélas au temps des actions de la part des pouvoirs publics, mais nous avons pu faire entendre notre voix. Quelles sont les évolutions majeures qui, selon vous, marqueront le logement social dans les années à venir ? Le logement social doit-il encore se réformer, et comment ? Quels sont ses principaux enjeux ? Le logement social est un élément du pacte républicain, il doit en permanence se moderniser, s’adapter pour faire ‘‘ Le logement social est un élément du pacte républicain, il doit en permanence se moderniser, s’adapter pour faire face à de nouveaux défis. ’’ 6 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 © T. Gogny

[close]

p. 7

face à de nouveaux défis. Par exemple, le vieillissement et la dépendance… il y a 30 ans, qui pensait que le monde Hlm serait aussi fortement interpellé sur cette question ? L’enjeu énergétique… lui aussi était loin de nous avant les chocs pétroliers ! Je constate également que trop souvent, on entend que les logements Hlm, notamment les plus récents, présentent des niveaux de loyers, qui, bien qu’en dessous du prix du marché, sont inaccessibles à certains. Nous savons que cette situation est directement liée aux coûts de construction et aux conditions de financement, mais nous devons nous y atteler. Notre système qui, hier, était qualifié ,, de ‘‘ringard , nous est aujourd’hui envié par nos collègues européens raison principalement de sa déconnexion des marchés financiers, rendue possible par la Caisse des Dépôts et l’affectation de l’épargne des ménages au financement de nos investissements. Notre système qui, hier, était qualifié de « ringard », nous est aujourd’hui envié par nos collègues européens, voire sert de modèle à la commission européenne pour promouvoir les investissements de long terme dans l’Union européenne. Mais il faut rester vigilant, car il y a une imbrication croissante des dossiers européens et nationaux et il est nécessaire pour notre mouvement de les gérer au plus près grâce à la délégation de l’USH à Bruxelles. Si nous avons connu des succès sur le FEDER, la directive services, les aides d’État ou encore dernièrement sur la coopération entre organismes d’Hlm, de nombreux dossiers restent non arbitrés à ce jour, en matière de taux réduits de TVA au logement social par exemple ou de définition même du logement social en tant que service public. C’est pour cela que j’ai soutenu nos homologues hollandais dans leur recours contre la commission devant la cour de justice de l’Union européenne, et demandé à notre ministre, Sylvia Pinel, de nous y aider. Ce qui est en jeu dans ce type de recours, c’est la définition du logement social comme outil au service de l’intérêt général et de la cohésion nationale. Jamais le Mouvement Hlm ne lâchera sur ces missions d’intérêt général qui font la particularité du système français. n O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 Vous êtes venu nous rendre visite en juillet 2013 pour prendre connaissance des spécificités sociales et économiques de notre département, mais également constater notre dynamisme commercial. Que retenez-vous de votre visite ? Quelles réflexions a-t-elle suscité chez vous ? Ma rencontre avec l’OPAC de Saône-et-Loire et les échanges que nous avons eu ont été particulièrement enrichissants. Je dirai qu’ils sont « tombés à pic », au moment même où le débat sur le projet de loi ALUR s’ouvrait. J’ai énormément tiré de vos expériences innovantes notamment en termes d’attributions pour démontrer la diversité des situations des organismes Hlm, mais leur volonté constante de s’adapter et d’améliorer le service rendu aux demandeurs. Et puis, étant moi-même issu d’un territoire dit «  détendu  » j’y ai été conforté dans ma conviction qu’il faut soutenir les organismes qui se battent pour dynamiser leur parc en toutes situations. Pensez-vous que le modèle de logement social en France, quasi unique en Europe, est menacé ? À l’occasion des élections européennes, j’ai dressé un bilan de la mandature 2009-2014. Le logement social a connu de profondes réformes chez nos voisins, sous la pression de la crise économique et financière et des choix des États. En France, notre système de logement social a plutôt bien résisté à cette crise et les pouvoirs publics reconnaissent qu’il joue un rôle contra-cyclique de premier plan, en 7

[close]

p. 8

Serge GARDETTE, les Prés Saint-Jean Chalon-sur-Saône Quand ils ont déménagé du Creusot pour venir habiter à Chalon-sur-Saône, monsieur et madame Gardette sont arrivés un peu par hasard dans cet immeuble des Prés Saint-Jean. « C’était en 1980. Nous avions deux enfants. Un troisième bientôt en route. J’étais comptable à CreusotLoire et j’avais été muté à Chalon, raconte M. Gardette, à la retraite depuis novembre 2011. Le logement nous a plu. Grand, bien disposé. Le loyer correspondait à notre budget. Pas de vis-à-vis. Près des arrêts de bus. Mon épouse n’ayant pas le permis, c’était bien pratique. Écoles et collèges pas loin… Et le lycée s’est bientôt construit. Donc on avait tout à proximité  ». Et le parc ! Le couple ne manque jamais de faire sa promenade quotidienne autour du lac. «  Les rénovations menées ces dernières années ont fait beaucoup de bien au quartier, qui a évolué en bien ces six dernières années. Il a fait du bien aux gens ! Nous ne nous voyons pas vivre ailleurs. » n Lucette CHAPUIS, Les Alouettes, Montceau-les-Mines Lucette est une locataire satisfaite. Un appartement spacieux dans lequel elle a pu mettre tous ses meubles. Un loyer abordable. Quand il a fallu quitter sa maison devenue trop grande, elle s’est adressée naturellement à l’OPAC Saône-et-Loire. Très rapidement, on lui a proposé quelque chose qui correspondait à ce qu’elle cherchait  : « Je suis très contente du voisinage. C’est calme, mes voisins sont charmants. Depuis que je suis là, j’ai commencé à faire quelques connaissances. Et mes enfants sont à proximité  ». Pour les courses, le quartier des Alouettes, en plein centre de Montceau-les-Mines, est à deux pas des commerces. «  Je regrette un peu la vie passée de Montceau, quand la mine faisait vivre la ville. Mais on ne refait pas l’histoire ». n 8 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013

[close]

p. 9

LE FOUETTIN AU SOLEIL, Cluny Créée par des locataires en 1999, l’association Le Fouettin au soleil vise à recréer du lien social dans le quartier du Fouettin, à Cluny. Olivier Bernardi en a été le président pendant quelques années. Il est aujourd’hui trésorier-adjoint mais reste le moteur du groupe  : «  Le but de l’association est de créer une vie de quartier. Nous avons ici des personnes qui par leur origine ou leur précarité peuvent se retrouver isolées… Nous voulons rassembler toutes les générations.  » Les locataires sont attachés au Fouettin. Certains y vivent depuis sa création, au début des années 1970. Spectacle de fin d’année, goûter, rendez-vous loisirs pour les retraités, notamment le jardin partagé, aménagé en 2012. « Les réhabilitations en 2013 ont un peu marqué une pause dans notre activité. Mais les travaux ont en eux-mêmes rassemblé les gens qui sont globalement très satisfaits des améliorations ». n O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 9

[close]

p. 10

L’OPAC Saône-et-Loire multiplie les initiatives et les projets innovants. Au risque de surprendre ses partenaires et le public. Tour d’horizon de l’inventivité signée OPAC. L’ 10 innovation à l’OPAC, c’est au départ un changement d’approche  : «  Avec la politique de rénovation urbaine, nous avions pris l’habitude de partir du produit pour définir notre offre. Avec la conséquence que ce soit davantage au locataire de s’adapter, explique Christophe Galy, directeur du Pôle développement. Notre approche est maintenant totalement inverse. » Pour beaucoup dans ce changement, la crise économique depuis 2008 a amené l’OPAC à se remettre en question  : vacance des logements, détente du marché locatif, baisse du chiffre d’affaires et ajustement de notre production. Il fallait réagir et proposer des produits adaptés pour capter une clientèle nouvelle. O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 © P. Ruault

[close]

p. 11

Christophe GALY, directeur du Pôle développement La vocation de l’OPAC est d’assurer une mission de service public en partant des besoins des locataires. Pour cela, nous faisons comme toute bonne entreprise, nous ‘‘segmentons’’ et nous ‘‘ciblons’’ nos clients. «  La vocation de l’OPAC est d’assurer une mission de service public en partant des besoins des locataires, poursuit Christophe. Pour cela, nous faisons comme toute bonne entreprise, nous ‘‘segmentons’’ et nous ‘‘ciblons’’ nos clients.  » Peu de bailleurs sont dotés comme l’OPAC de services commerciaux et marketing. PARTIR DES BESOINS DU LOCATAIRE Le projet de 96 appartements, avenue Pierre Nugue à Chalon, se nourrit d’observations sur l’usage du logement, en termes d’espace, de confort et d’agencement des pièces. Pour ses derniers projets dédiés aux personnes âgées, l’OPAC a identifié les besoins en mobilité, en assistance, en sécurité. Accession sociale à la propriété à La Ronze à Charnay-lès-Mâcon, réhabilitation à la carte dans le quartier Salengro à Montceau, programme Ascenseurs, projet ‘‘pièce plus’’ (un logement dont l’usage d’un espace – sous la forme d’une loggia ouverte – est laissé à la liberté de ses occupants)… Les projets sont nombreux et ont pour conséquence une diversification intense de l’activité. Le souci de respecter des valeurs d’égalité, de maintien dans le droit commun, amène également l’OPAC à penser différemment. Le bailleur construit à Chalon une résidence pour jeunes handicapés autonomes afin de les maintenir en milieu ordinaire. «  Des éléments de domotique faciliteront l’usage des appartements. L’Association médico-éducative chalonnaise (AMEC) gèrera sur place un service d’accompagnement à la vie sociale alors qu’une famille gouvernante sera recrutée par l’OPAC pour assurer son animation sociale, explique Salvatore Iannuzzi, directeur de programme dans le domaine social. Il ne s’agit plus de prendre en charge de façon standard le handicap mais de maintenir les personnes dans un environnement ordinaire  ». Du même coup, l’OPAC a décidé d’apprendre un nouveau métier en devenant lui-même gestionnaire de l’établissement. Le programme ‘‘logement coopératif’’ sera sûrement un des plus avant-gardistes : « Plusieurs familles, par leurs affinités personnelles, auront décidé de se réunir en association et de construire leur habitat. Ils seront leur propre maître d’ouvrage, explique Alban Vossion, directeur de l’agence de développement OPAC. À ce groupe, nous proposerons un foncier à la vente. Nous serons ensuite prêts à les accompagner dans leur projet aussi loin qu’ils le souhaitent. Ils seront propriétaires non de leur bien mais d’un droit d’usage de leur logement. C’est une troisième voie, autre que celle qui conduit à être propriétaire ou locataire. » L’INNOVATION COMMERCIALE Mais l’innovation ne se limite pas à la ‘‘conception produit’’. Elle traverse l’ensemble de l’entreprise. Les changements apportés à l’accueil clients dans les agences en est le signe. Patrick Jager, directeur de l’agence du Creusot, tente de gérer son équipe de façon différente. « La clé, c’est la motivation. Il faut entretenir l’enthousiasme constamment au sein de son équipe et avoir la culture du résultat  : j’essaie de décloisonner et créer une interdépendance entre services. Une agence se gère comme un centre de profit à vocation sociale et commerciale. J’explore de nouveaux champs, comme le lobbying auprès des entreprises. » L’OPAC dénote d’ailleurs des autres bailleurs par ses initiatives commerciales  : portes ouvertes, points web locataires en agence à Chalon et au Creusot, campagne de parrainage, carte Avantages permettant de bénéficier de remises commerciales dans diverses enseignes, etc. Les actions sont multiples. > O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 11

[close]

p. 12

> SERVICES PRATIQUES L’OPAC évalue également la vie de ses projets. Ce qui peut être lourd d’enseignements : «  À Prissé, nous avons conçu des habitations avec barrière végétale posée sur pergola, raconte Alban. Les locataires, en réalité, n’ont planté aucune plante grimpante. L’été, la lumière rentre directement dans le séjour, les obligeant à utiliser la climatisation. Nos efforts de conception pour les économies d’énergie risquaient d’être vains.  » le lien avec le client sur l’usage du logement est alors de nouveau nécessaire. Pour répondre aux exigences de maîtrise des consommations d’énergie, Le service Recherche et Développement élabore un kit domotique : un technicien viendra dans un logement, placera des capteurs, recueillera les données pendant plusieurs semaines et retournera voir le locataire pour lui apprendre à mieux gérer son chauffage, à changer ses habitudes, ou réparer un dysfonctionnement de l’équipement de chauffage… Patrick JAGER, directeur de l’agence du Creusot La clé, c’est la motivation. Il faut entretenir l’enthousiasme constamment au sein de son équipe et avoir la culture du résultat… Un dispositif analogue existe déjà pour l’eau. La télé-relève de la consommation d’eau a été déployée en mai 2013 sur 4 500 logements, principalement à Chalon. Sur un site Internet, le responsable du service produits loyers charges Antoine Coelho et les agences reçoivent en direct les consommations. Les avantages sont considérables. Plus besoin de déranger le locataire pour relever le compteur. Fini le calcul d’un forfait en cas d’absence et les corrections six mois plus tard… L’OPAC est alerté des risques de fuite. Les factures sont plus justes, collant mieux à la consommation réelle. Un service amélioré pour le locataire, sans dérangement, avec de solides garanties pour la maîtrise de son budget. n « Labo innov’ » Créé en 2013, « Labo innov’ » est un groupe de 14 collaborateurs de l’OPAC, issus de différents métiers. Après avoir défini les sujets dignes d’intérêt, le groupe crée des ateliers, chacun chargé d’un thème, six au total, avec pour tâche d’approfondir les enjeux et les contraintes du sujet choisi. Acoustique, vivre ensemble, service d’hôtellerie en foyer… Retour ensuite au « Labo innov’ » qui estime de l’opportunité de poursuivre la réflexion. Si oui, le travail commence… 12 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013

[close]

p. 13

Roland Bellevrat, responsable de la recherche et développement, revient sur l’année 2013 et les projets engagés. Ils portent essentiellement sur l’amélioration des suivis de consommation et l’optimisation des programmes de réhabilitation. Quel a été votre principal projet en 2013 ? J’ai travaillé sur VISOPAC, un projet à l’heure actuelle en phase de test dans un programme locatif à Lacrost ainsi que dans les salles de réunion de l’OPAC. Il consiste à munir les logements d’un écran permettant aux locataires de suivre en temps réel leurs consommations de façon détaillée  : eau, électricité, chauffage. Avec à la clé, plus de vigilance de la part des locataires et des changements de comportements attendus. VISOPAC aidera également l’OPAC à vérifier le bon fonctionnement de nos installations techniques de chauffage et de production d’eau chaude. Il s’agira tout bonnement d’un nouveau service pour nos locataires. Comment le locataire aura-t-il accès à ces informations ? Par une tablette numérique accrochée au mur, dans la cuisine par exemple, laquelle fournira les données de consommation. Nous réfléchissons en ce moment à quelles informations précisément, et sous quelles formes, mettre à disposition du locataire. Il faut qu’elles restent accessibles et compréhensibles. Qu’est-ce que cela apporte de plus qu’un compteur ? Le locataire suit sa consommation en temps réel ! Il passe dans la cuisine, il constate un pic anormalement élevé de sa consommation d’électricité. La tablette lui signale que trois lampes sont restées allumées dans la chambre des enfants… Chasse aux gaspis. Prévoit-on de déployer ce projet à de futurs chantiers ? Ce système sera installé lors de la réhabilitation de 60 logements à Gueugnon, programme qui commence en 2014. Le travail de recherche de l’innovation, de réflexion que vous menez aide-t-il à la réhabilitation, qui est une part importante de l’activité de l’OPAC ? Bien sûr ! La proposition Head Hope, par exemple, que j’ai développée est une nouvelle approche de la rénovation. C’est une solution alternative qui consiste à rechercher de nouvelles marges de manœuvre dans les réhabilitations, tout en réduisant la densité des logements dans les bâtiments. Introduction de récupérateurs solaires sur les façades, de pompes à chaleur, de systèmes performants pour l’eau chaude… Tout un ensemble de solutions a été recensé. Elles sont simples et accessibles aux locataires, et permettent de proposer après réhabilitation des logements à la fois plus spacieux et ultra performants. Tout cela demande de rester attentif aux innovations extérieures… Je mène au quotidien un travail de veille sur les solutions performantes de construction sur le plan énergétique, présentant un bon rapport qualité-prix. Le but à terme est de faire du logement à charges faibles au prix d’une construction habituelle. Dans ce domaine, je fais de la recherche pure. J’espère pouvoir bientôt faire des tests sur des projets réels. n Le locataire suit sa consommation en temps réel sur sa tablette numérique ! O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 13

[close]

p. 14

La construction de 96 logements résolument novateurs marquera le quartier des Prés Saint-Jean à Chalon-sur-Saône. Un projet unique porté par l’OPAC, avec le soutien de l’ANRU, de la ville de Chalon, du Grand Chalon, de la Région Bourgogne et du Conseil Général de Saône-et-Loire. Quand des appartements deviennent de vraies maisons… L a pose de la première pierre a eu lieu le 1er juillet 2013, donnant le départ à 16 mois de travaux. Sur 9 000  m2 vont naître 96 appartements, répartis en quatre bâtiments montés sur pilotis. Cette opération de l’avenue Pierre Nugues dans le quartier des Prés Saint-Jean sera du jamais vu en Saône-et-Loire. Ces logements offriront des surfaces généreuses, allant pour un T3, par exemple, de 66 à 95 m2. Le projet novateur du cabinet Lacaton & Vassal propose en effet 30  % de surface habitable supplémentaire par appartement sans surcoût de production et donc sans surcoût de loyer  ! Un T4 de 138 m2 se trouve ainsi accessible à 385 €/mois hors charges. Les espaces seront ouverts et modulables. Les appartements, tous traversants, seront équipés de jardins d’hiver, balcons ou de terrasses. Les grandes baies vitrées qui viennent d’être installées donnent déjà une vue magnifique sur les espaces verts des Prés Saint-Jean. La lumière rentre généreusement. La hauteur sous plafond donne beaucoup d’élégance. Le cabinet d’architectes Lacaton & Vassal défend une conception du logement fondé sur la question de l’usage. Il s’oppose à toute démolition. Intervenant régulièrement pour le logement social, le cabinet a conçu entre autres le projet Plein ciel à Saint-Nazaire. En novembre 2011, Frédéric Druot, Anne Lacaton et Philippe Vassal ont remporté l’équerre d’argent pour la réhabilitation de la tour le Bois-le-Prêtre à Paris. Coût total de l’opération : 15 540 000 euros 14 O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 © P. Ruault

[close]

p. 15

les clients sont séduits par les grandes surfaces, les baies vitrées. Les appartements donnent une image très moderne. Céline DULAURENTJAILLET, chargée des ventes « On n’utilise pas les composés ordinaires du bâtiment. Plancher alvéolaire, menuiseries aluminium, etc. Ce sont des matériaux auxquels on a très peu recours dans l’habitat, explique Laurent Joubert, directeur du département habitat. Le module d’échange produit à la fois l’eau chaude sanitaire et le chauffage. D’habitude, c’est séparé. Tout cela peut être un peu perturbant pour les différents corps de métier qui interviennent sur le chantier. » C’est également un chantier orignal par sa dimension, par l’organisation qu’il faut apporter aux travaux avec une gestion de planning complexe. Il faut être deux fois plus rigoureux. « Un écart, un manque de précision peut avoir de lourdes conséquences. Les responsables de chantier sont très présents, encore plus impliqués que d’habitude. Car il faut encadrer de très près chaque entreprise  », ajoute le chef de projet, Gérard Clair. n «  C’est un projet totalement nouveau, souligne Gabriel Sellam, directeur de programmes, qui demandera un accompagnement des locataires. Car on n’habite pas dans un tel appartement comme ailleurs. Nous sommes impatients de voir comment les futurs locataires s’approprieront les lieux. Il y a quelque chose d’expérimental dans ce projet. » UN PRODUIT NOUVEAU… 86 logements sont destinés à la location, 10 à la vente. Les démarches commerciales ont déjà commencé. Les gens se montrent curieux et surpris. Pour Céline Dulaurent-Jaillet, chargée des ventes, « les clients sont séduits par les grandes surfaces, les baies vitrées. Les appartements donnent une image très moderne. C’est un projet qu’il faut savoir expliquer. Les logements ont une configuration très particulière : tout ouverts, très peu de cloisons. Quelle utilisation peuton donner à un jardin d’hiver  ? Comment utilise-t-on un rideau thermique à la place des volets  ? Ces logements donnant une grande liberté d’agencement, comment meubler ces espaces en béton brut  ? Mais les réactions sont très positives  : les gens découvrent un produit totalement nouveau. » Également aux Prés Saint-Jean Les Prés Saint-Jean est un quartier qui change en profondeur. Après avoir réhabilité les trois bâtiments K, L, M (264 logements) dont les travaux ont été achevés en juin 2013, l’OPAC a entamé celle des 16 plots (286 logements) en septembre 2013. Elle prévoit l’amélioration de l’isolation (coffrage extérieur, isolation des fenêtres), du confort des pièces d’eau et de la sécurité (balcon, interphone et résidentialisation). Livraison par tranche en 2014. Coût total de l’opération : 9 500 000 euros, soit 33 000 euros par logement O PAC S AÔ N E - E T- LOIRE // R A PP O RT D’AC TI V IT É S 2013 DE LA CONCEPTION À LA RÉALISATION La réalisation d’un tel projet est délicate. Elle oblige à se remettre en cause et à adopter de nouvelles méthodes. 15 © J. Beg

[close]

Comments

no comments yet