Destination Trail N°9

 

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Description

Un autre regard sur l'univers du Trail en France et ailleurs !

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L’a u t r e r e g a r d su r l ’u n i v e r s d u Tr a i l ! Bimestriel à télécharger gratuitement sur internet: wwww. destintaiontrail. fr D’autres reportages et tests dans ce numéro 09

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3 Edito Il y a le trail… et l’esprit ! Trail « Evasion » Retrouvez ici des trails d’exception qui vous feront (re)découvrir de lointains horizons. • Marathon des Sables • Transgrancanaria • Marathon de la Paz Trail « Passion » Retrouvez ici quelques uns des grands trails nationaux, et qui restent une référence depuis déjà un bon nombre d’éditions. • Trail des Balcons d’Azur • Trail urbain de Lyon • Trail des Citadelles • Verticausse Trail « Tradition » Retrouvez ici des trails plus régionaux, pas plus simples ou moins beaux, juste plus proches de votre maison ou souvent composés de locaux. • Trail du Boréon • Trail des Forgerons • Trail du Marensin • Trail du Roc des Mates Portrait Sylvaine Cussot Tests Matos Quelques essais pour vous aider dans vos choix d’équipement • Chaussures de Trail Moonlight Low de LAFUMA • Maillot Tech+ Vega de ERREA A notre époque où tout va si vite, je pense qu’il est bon de prendre le temps de différencier le Trail et l’Esprit Trail. Je m’explique. Le trail, désormais, tout le monde connait bien. Il s’agit simplement de courir en pleine nature avec un maximum de sentiers ou chemins au programme. Montagne, campagne, dur ou moins dur, long ou moins long, cela va de la petite course dite nature à l’ultra trail. C’est une discipline à part entière et bien des coureurs débutent la pratique de la course à pied directement par lui. L’esprit trail, c’est beaucoup plus difficile à définir car chacun peut y mettre un peu ce qu’il veut. Mais si je devais le résumer, personnellement, je dirais que c’est une ambiance conviviale que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs sur d’autres courses. C’est un mélange de découvertes d’endroits, d’immersion totale dans la nature, de retrouvaille avec soi-même et d’échanges avec des copains. C’est aussi une bonne bière que l’on savoure après la course autour d’un repas champêtre, quelques mots échangés avec l’organisateur qui veut vraiment savoir comment on a trouvé le parcours qui est avant tout son terrain de jeu à lui, des conditions parfois dantesques qui rendent l’épreuve inoubliable à jamais ! Aussi le trail actuellement ne cesse d’évoluer. Et l’on ne sait toujours pas trop vers quoi il tend. Des gens, plus ou moins passionnés, ont compris que c’était un secteur économique en pleine expansion, pas touché par la crise et que, là ou ailleurs, s’il y avait de l’argent à prendre, il fallait bien travailler de toute façon ! Le trail est de plus en plus structuré, de plus en plus aseptisé. On essaye de le fédérer. Au nom de la sécurité, de la protection de l’environnement, au nom de l’avenir des sportifs de haut niveau, au nom du bien être des marques aussi. Bref certains n’ont vraiment pas envie que le trail leur échappe… Et du coup l’esprit trail en prend sans doute un coup au passage !! Parfois au regard de certaines courses, on peut même se demander qu’est-ce qu’il est devenu ce fameux esprit du trail d’il y a quinze ans…Mais il ne faut jamais vivre dans le passé, comme on dit, alors l’esprit du trail, finalement, il est ce que l’on veut bien en faire. Il est en chacun de nous. Si vous voulez allez vous éclater sur une toute petite épreuve pas loin de chez vous, rien ne vous en empêche, comme vous pouvez tout aussi bien partir avec quelques potes tenter une « grosse » épreuve et vous faire plaisir dans le partage d’un moment fort avec vos amis. Moi ce qui m’a toujours plu dans le trail, c’est de pouvoir courir dans des endroits où je ne serais certainement jamais allé si il n’y avait eu une épreuve… Et certains petits passages me reviennent à l’esprit de temps en temps dans le fil de ma vie. Ils sont en moi, à moi. Et pour toujours. En fait c’est un peu un mélange du trail et de l’esprit trail ! Tout simplement ! Je conclurai donc en disant que « le trail » échappe petit à petit à la masse des coureurs à qui on ne demande pas forcément son avis mais que l’ « esprit trail » est notre bien le plus précieux qu’il faut absolument préserver, comme la petite liberté qu’il nous reste encore dans cette discipline que nous adorons tant. La rédac’ Redac’ en chef: Le Gecko Remerciements: Remerciements aux photographes, aux organisateurs et au magazine « Running Mag » pour leur collaboration à ce numéro. Renseignements: Pour tout renseignement, n’hésitez à nous écrire à l’adresse suivante destinationtrail@gmail.com ou à nous contacter par téléphone au 06 13 36 08 87. Et si l’envie vous en dit vous pouvez aller visiter notre page Facebook « Destination Trail » ou notre site web www.destinationtrail.fr

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Carte d’identité: Lieu : Maroc Distance : 240km en 6étapes Date: Avril 2014 Crédit Photos: Equipe Moralamuco Le Marathon des sables, pour Vaincre La Mucoviscidose. Nous sommes treize équipiers à nous aligner au départ de cette édition 2014. Nous ne sommes pas supersticieux. La plupart d'entre nous connaissent déjà l'épreuve. On sait que ce sera dur, le sable, la chaleur, la gestion sur plusieurs jours, l'eau en quantité limitée, le matériel et la nourriture à porter… Pour la troisième fois nous allons joindre l'utile à l'agréable : nous portons les couleurs de l'association Vaincre La Mucoviscidose. Nous avons nommé notre équipe MORALAMUCO ! (lire "mort à la Muco"...) Marine, ma fille, est décédée fin 2012 de cette maladie génétique grave encore incurable. Elle aurait quatorze ans aujourd'hui. La recherche avance, les soins s'améliorent, mais on ne sait pas encore guérir la Mucoviscidose. Alors nous essaierons de parler de la maladie, et de l'association Vaincre La Mucoviscidose pour laquelle nous avons ouvert une collecte de dons (www.alvarum.com/moralamuco), dont elle a besoin pour Soigner, Guérir, aider les patients à vivre mieux, et sensibiliser. En effet, la générosité du public finance plus de 90% des actions de lutte contre cette maladie. Vendredi 4 avril, dans le car qui nous emmène de l'aéroport de Ouarzazate à Merzouga, lieu du départ, nous sont remis les roadbooks. Nous comprenons alors à leur lecture que l'épreuve sera dure. Comme d'habitude certes... Mais cette année encore un peu plus que lors des éditions que nous avons déjà courues : il y aura vraiment beaucoup de sable sous nos semelles le long de ce tracé de 244km... Dès la 1ère étape du dimanche, nous franchissons les dunes de Merzouga, les plus hautes du Maroc, sur plus de 12km. Il fait chaud. 36°c à l'ombre. Mais il n'y en a pas bien sûr, que du sable, chaud, et des cailloux, puis encore du sable... A l'arrivée de cette longue étape, même si elle ne fait que 34km, nous avons puisé déjà dans nos ressources. Nos temps s'étalent de 4h20 à 8h, et nous comprenons tous qu'il va falloir rester humble et se préserver si nous voulons rallier l'arrivée. Mais pour l'instant toute l'équipe est au complet sur ce bivouac N°2.

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Le lundi, il fait encore 35°c. Nous asperger est compliqué car il faut se rationner; et préférer mettre notre eau dans nos gosiers plutôt que sur nos têtes... Nous étions 1.029 concurrents au départ. Les paysages sont magnifiques, et à l'issue de ces 41km nous sommes étalés de la 40e à la 800e place. Il nous aura fallu entre 4h54 et 9h pour terminer cette étape... Ensuite il faut aller chercher du bois, faire du feu pour se préparer à manger, se laver avec quelques centilitres, se soigner. Demain et les jours suivants ne seront pas de tout repos. Les ampoules font leur apparition sur certain de nos pieds, comme d'autres douleurs et blessures légères. Mais rien d'alarmant, jusqu'ici tout va bien ! Mardi, 3e étape. Encore des dunes, et de grandes étendues planes, pour un programme de 37km500. Il fait toujours très chaud, et peu de vent. Cela nous préserve des tempêtes de sable, mais la chaleur est dure à supporter, et nos corps se déshydratent. Nos urines sont très chargées. Il faut penser à prendre nos pastilles de sel Sinon danger... toutes les heures max. Et puis il faut se préserver aujourd'hui, car demain il y a "LA longue"... Nos épaules souffrent aussi, car le sac est encore lourd, même si nous avons déjà consommé environ 2kgs de nourriture lyophilisée. Et ce n'est pas les nuits au confort limité sur les tapis berbères qui les arrangent ! Déjà mercredi. Le voilà, le beau programme qui nous attend pour cette 4e étape : 81km500 de boue asséchée, d'oueds, de sable, de dunettes, de djebels caillouteux, de lacs asséchés, d'herbe à chameaux et j'en passe... Le gros du peloton prend le départ à 9h ce matin, tandis que les 50 premiers et les 5 premières ne partent qu'à midi, en pleine chaleur. Cela équilibre un peu la difficulté : tout le monde aura l'opportunité de courir au moins un peu de nuit. Je suis le seul de l'équipe à partir à midi, et j'en profite pour aider mes coéquipiers dans leur préparation, je les filme et les prend en photo. Ils sont beaux, là, sur la ligne de départ, portant fièrement les drapeaux de l'association… Puis, un affolement, un brouhaha... Merde, mais c'est Jérôme !! Il est victime d'un malaise, il s'est affalé sur la ligne de départ... Du coup celui-ci est reporté de quelques minutes, le temps d'évacuer Jérôme sur le côté. Il est pris en charge par les médecins bénévoles. Le départ est donné, avec un peu de retard. Par la suite, Jérôme aura beau dire qu'il se sent mieux, qu'il veut partir, tenter au moins de rallier le CP1, rien n'y fera et les médecins, conscients de la difficulté de l'épreuve, ne prendront pas le risque de le laisser partir seul sous cette chaleur. Et ils ont raison. Il ne sera pas raisonnable de prendre des risques inutiles : Jérôme a passé une grande partie de la nuit à la clinique, il a été pris de malaises inexpliqués, il s'est déshydraté, il est blanc comme un cachet. Nous sommes ici pour le plaisir, par passion pour notre sport, et pour aider les patients atteints de mucoviscidose. Pas pour prendre des risques inutiles. Marine et les autres sauraient lui reprocher de risquer sa santé, qu'il a la chance d'avoir bonne… Après 20mn de négociation, le médecin défait les épingles de ses dossards. Et j'entends encore sa voix qui résonne, avec du brouillard dans les yeux « mais qu'est-ce que tu fais là, tu enlèves mon dossard ? » … Nous imaginons tous sa douleur, sa gorge serrée. Des mois de préparations qui s'envolent. Jérôme est combattif, vaillant, il n'a pas l'habitude de lâcher. Il part en 4x4 avec les bénévoles jusqu'au CP2, où nous le reverrons. Et ce soir il sera au bivouac. Il ne partira à Ouarzazate que demain matin.

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L'attente jusqu'à midi est longue. Le soleil monte lentement au zénith, la chaleur augmente. Nous avons peu d'eau et nos corps se déshydratent déjà, avant même de courir. Mauvaise augure. A 10h45 Patrick Bauer (Dir. de course) nous annonce que nous partirons finalement à 11:30. Il pense nous faire plaisir en nous épargnant 1/2h d'attente. Sauf que nous ne sommes pas prêts ! Il faut vite faire du feu pour faire cuire les pâtes, autant pour manger que pour préparer le ravito salé de cette longue étape qui nous attend. 11:40 le départ très particulier des 55 leaders est donné, en pleine nature, avec seulement un trait tracé dans la terre pour matérialiser le départ... Un quad ouvre la course, mais pas très longtemps, victime d'une crevaison au km 2 :p Je suis en queue de peloton, aujourd'hui ça va être long, il ne faut pas s'affoler... D'abord une longue traversée de l'Oued Rheris : de la boue sèche, croûtée. Les difficultés commencent d'entrée : il est épuisant de lever les pieds pour courir là-dedans, l'effort est semblable à la course sur neige ! Passage au CP1, puis montée dans le sable vers un gros djebel, avec 250m+. Ca change du plat et du roulant, mais ça entame... J'ai déjà commencé à doubler les derniers concurrents de la 1ère vague, ceux-là n'iront probablement pas jusqu'au bout aujourd'hui, rattrapés par les barrières horaires... Sur la crête le paysage est splendide ; pas trop le temps d'admirer, il faut attaquer la descente caillouteuse, prudemment, pas question de prendre des risques maintenant. En bas le sable nous attend à nouveau, dans une immense plaine monotone. La chaleur est à son comble, les organismes se fatiguent... Je continue de doubler, et j'encourage chaque concurrent, en français, en allemand, en anglais. Certains ne répondent pas, probablement à bout de forces, physiquement et mentalement. Passage au CP2, je revois Jérôme. Il va mieux, mais il est encore pâle ! Heureusement qu'il n'a pas pris le départ... Il a le sourire, il me donne des nouvelles de l'équipe. J'encourage Aziz qui récupère sous une tente berbère. Jérôme fait quelques foulées avec moi, je sens que c'est dur pour lui de ne plus être de la partie... Je continue de remontée la longue file de concurrents de la 1ere vague, et c'est au tour de Sandy, Hervé et Loïc de m'encourager maintenant ! Je les encourage aussi, je donne la GoPro à Rv, c'était convenu. Il fait quelques centaines de mètres avec moi, me donne lui aussi des infos d'un peu tout le monde, chez les filles Nikki est passée comme une fusée alors que Laurence semble accuser le coup. En effet elle terminera cette étape avec une heure de retard, perdant ainsi la tête du classement au profit de l'américaine... Chez les hommes la vitesse est impressionnante, les leaders passeront moins de 7h15 sur cette étape, c'est inimaginable, avec tout ce sable, les sacs à dos, la chaleur... Mais comment font-ils ?? La fin d'étape est une pure souffrance. J'ai oublié de prendre mes pastilles de sel plusieurs heures durant, et je le paie cash : sous-hydratation, je n'arrive plus à m'alimenter, je jette même mes pâtes, incapable de les avaler. Je lève le pied, je me force à boire, à prendre double rations de sel, à me reposer un peu aux CP. Petit à petit je me refais la cerise, mais j'ai perdu beaucoup de temps. A la faveur de la fraîcheur du soir, et en prenant soin de ne plus faire d'erreurs, je peux à nouveau courir, j'avance, la fin se rapproche, on aperçoit les lumières du bivouac, au loin. A peine une dizaine de bornes et c'est fini. Il ne restera plus qu'un marathon vendredi, une formalité ! Je finis cette étape en 12h44, j'ai perdu 22 places au général. Mais je suis heureux d'en avoir fini sans trop de bobos, mes erreurs auraient pu me coûter plus cher !! Je prend mes bouteilles d'eau et file sous la tente sans traîner. Il fait froid maintenant et la toilette est rapide. 5 de mes coéquipiers ronflent déjà, Pascaloup émerge vaguement et me salue.

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La nuit est une horreur. Difficile de fermer l'oeil plus d'1/4h d'affilée tant les douleurs sont présentes... Au petit matin Yvan, puis Loïc, Sandy et Hervé en terminent. L'équipe est à nouveau au complet, à l'exception de Jérôme qui a dû quitter définitivement le bivouac, on se retrouvera à Ouarzazate pour sabrer le champagne. Jeudi, journée "repos" sur le bivouac, mais pas pour tous : les arrivées continuent de défiler toute la journée. En fin d'après midi tous les concurrents s'amassent autour de la ligne d'arrivée pour accueillir et acclamer les derniers concurrents, c'est toujours un grand moment d'émotion ! Vendredi, c'est la dernière étape chronométrée, 42km195. L'étape est très roulante au début, trop même... Je double certains de mes coéquipiers, partis à 7:30 dans la 1ère vague de 800 concurrents, Puis le terrain devient un peu plus accidenté, descente dans une gorge sympa. Passage au CP3, Yves, le papa de Sandy, est là en "touriste", il nous prend en photo, je le prends dans mes bras. Et je repars aussi vite, dans le dernier oued de cette édition. Très rapidement je faiblis, la fatigue commence à se faire salement sentir, nous avons 230km de désert dans les pâtes, et je n'en peux plus de courir dans ce sable qui semble mouvant sous nos pieds ! 5km d'oued, de sable mou, cela me paraît insurmontable... Mais pas question de s'affoler, il faut prendre son mal en patiente, la délivrance est pour bientôt. Enfin, j'aperçois la sortie de l'oued à droite, on remonte une gorge caillouteuse, il fait chaud, mais je m'accroche, sortir enfin de cet oued me redonne des forces, je court en montée, jusqu'au plateau, succession de vallons caillouteux. Une dernière dune à grimper, épuisante, et on aperçoit l'arrivée au loin, allez, encore 2km de dunettes et c'est finiiiii !!! Patrick Bauer met un point d'honneur à remettre les médailles à tous les concurrents. Embrassades, félicitations, photos, films, c'est fait, nous sommes heureux. Les larmes sont sur presque tous les visages. Nous avons fait le job, nous avons donné notre souffle pour ceux qui en manquent. Un jour nous vaincrons, un jour la VIE sera + forte. Le soir remise des récompenses au bivouac, visionnage des images qui ont été diffusées sur TV5 Monde tous les soirs de la semaine, puis soirée opéra de Paris, les pieds dans le sable, ça le fait ! Puis dernier dodo dans les duvets, sur les tapis berbères. Samedi, c'est du pur bonheur : 7km700 non chronométrés, avec les tee-shirts bleus aux couleurs de l'Unicef, c'est l'étape solidarité. Nous marchons tous ensemble, c'est la 1ere fois depuis une semaine que nous pouvons nous balader main dans la main, profiter du désert, des paysages, apprécier, tout simplement ! On rigole, on chante, on porte le drapeau haut et fiers. Arrivée tous les 12, main dans la main, avec les drapeaux, au milieu d'une haie d'honneur de bénévoles, que d'émotions !! Et puis... Une tranche de pain marocain, des fruits, des légumes, de la bière... Tout cela nous a tellement manqué, en seulement une semaine ! 4h de bus plus tard nous prenons notre douche à l'hotel, quelle joie… Il faudra bien neuf bouteilles de champagne pour arroser cela !

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La nuit est une horreur. Difficile de fermer l'oeil plus d'1/4h d'affilée tant les douleurs sont présentes... Au petit matin Yvan, puis Loïc, Sandy et Hervé en terminent. L'équipe est à nouveau au complet, à l'exception de Jérôme qui a dû quitter définitivement le bivouac, on se retrouvera à Ouarzazate pour sabrer le champagne. Jeudi, journée "repos" sur le bivouac, mais pas pour tous : les arrivées continuent de défiler toute la journée. En fin d'après midi tous les concurrents s'amassent autour de la ligne d'arrivée pour accueillir et acclamer les derniers concurrents, c'est toujours un grand moment d'émotion ! Vendredi, c'est la dernière étape chronométrée, 42km195. L'étape est très roulante au début, trop même... Je double certains de mes coéquipiers, partis à 7:30 dans la 1ère vague de 800 concurrents, Puis le terrain devient un peu plus accidenté, descente dans une gorge sympa. Passage au CP3, Yves, le papa de Sandy, est là en "touriste", il nous prend en photo, je le prends dans mes bras. Et je repars aussi vite, dans le dernier oued de cette édition. Très rapidement je faiblis, la fatigue commence à se faire salement sentir, nous avons 230km de désert dans les pâtes, et je n'en peux plus de courir dans ce sable qui semble mouvant sous nos pieds ! 5km d'oued, de sable mou, cela me paraît insurmontable... Mais pas question de s'affoler, il faut prendre son mal en patiente, la délivrance est pour bientôt. Enfin, j'aperçois la sortie de l'oued à droite, on remonte une gorge caillouteuse, il fait chaud, mais je m'accroche, sortir enfin de cet oued me redonne des forces, je court en montée, jusqu'au plateau, succession de vallons caillouteux. Une dernière dune à grimper, épuisante, et on aperçoit l'arrivée au loin, allez, encore 2km de dunettes et c'est finiiiii !!! Patrick Bauer met un point d'honneur à remettre les médailles à tous les concurrents. Embrassades, félicitations, photos, films, c'est fait, nous sommes heureux. Les larmes sont sur presque tous les visages. Nous avons fait le job, nous avons donné notre souffle pour ceux qui en manquent. Un jour nous vaincrons, un jour la VIE sera + forte. Le soir remise des récompenses au bivouac, visionnage des images qui ont été diffusées sur TV5 Monde tous les soirs de la semaine, puis soirée opéra de Paris, les pieds dans le sable, ça le fait ! Puis dernier dodo dans les duvets, sur les tapis berbères. Samedi, c'est du pur bonheur : 7km700 non chronométrés, avec les tee-shirts bleus aux couleurs de l'Unicef, c'est l'étape solidarité. Nous marchons tous ensemble, c'est la 1ere fois depuis une semaine que nous pouvons nous balader main dans la main, profiter du désert, des paysages, apprécier, tout simplement ! On rigole, on chante, on porte le drapeau haut et fiers. Arrivée tous les 12, main dans la main, avec les drapeaux, au milieu d'une haie d'honneur de bénévoles, que d'émotions !! Et puis... Une tranche de pain marocain, des fruits, des légumes, de la bière... Tout cela nous a tellement manqué, en seulement une semaine ! 4h de bus plus tard nous prenons notre douche à l'hotel, quelle joie… Il faudra bien neuf bouteilles de champagne pour arroser cela ! C'était dur, c'était du bonheur, du pur bonheur. Nous avons tenté d'aider les malades, et eux nous ont portés, encouragés : leurs messages d'encouragements, leurs témoignages de sympathie, leurs remerciements, reçus sur le bivouac, sont toujours extrêmement émouvants, ce sont eux qui nous aident à nous surpasser, à ne jamais rien lâcher. Vivement la prochaine aventure, ce sera probablement en Afrique du Sud en octobre 2015, à travers le désert très aride de Kalahari. Renaud, et tout l'équipe Moralamuco : dossards 91 à 103

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Et voici un nouveau petit test d’un maillot de chez Errea … ici il s’agit du maillot Vega issu de la désormais fameuse technologie 3D Wear et qui fait partie de la ligne Tech+ de la marque italienne. Pour ce test nous aurons à notre disposition le maillot dans sa version manche longue et col zippé, appelé Vega. Mais sachez déjà que plusieurs options sont possible et déclinable (longueur des manches, type de col, couleur). Mais au fait ce maillot, c’est un bon investissement ou pas? Premières impressions: Le coloris et le maillot est plutôt réussi, à la fois sobre et efficace. Les parties techniques sont légèrement colorés sans trop en faire. La matière (68% polyester - 20% polyamide - 12% élasthanne) est très agréable au touché et le maillot s’enfile assez facilement. En fait il semble très élastique, ou plutôt facilement étirable tout en étant robuste. Une fois le maillot mis, l’effet gainant est immédiat: la sangle abdominale est solidement maintenue sans que vous vous sentiez étouffé. Le ressenti est vraiment intéressant, le haut semble à la fois très solide et s’adapte parfaitement à votre morphologie. La sensation mon corps semble bien emmitouflé … je me dis du coup que je vais avoir trop chaud durant ma sortie. Mais je préfère mettre une deuxième couche coupe vent sans manche au cas où. Dans l’action: En fait la régulation du corps en température est immédiate avec les premières foulées. Le corps est gardé à bonne température et l’excès de chaleur s’évacue naturellement. Le maillot est vraiment bien respirant, on l’oublie presque. Dès la montée en régime et les grosses sueurs, là aussi bonne surprise: l’évaporation est évacuée de manière efficace. Le corps semble au sec, comme si cette couche plaquée sur votre corps imposait à l’eau de s’évaporer par delà le maillot. Au final durant toute la sortie j’ai gardé cette sensation. Et cerise sur le gâteau lors des sorties pluvieuses, la pluie ne rentre pas facilement: le haut ne fait vraiment pas éponge et semble limite déperlant. Oui vraiment ce haut est une bonne surprise. Niveau entretien et longévité tout va pour le mieux aussi, en respectant les précautions d’usage. Je dirais même que je trouve qu’il s’en sort avec les honneurs. J’avoue aussi que je n’étais pas un habitué de ce genre de haut, mais que depuis le test je suis désormais converti. ce qui me convient amplement. Pourquoi pas vous? De dos (ici) ou de face (en haut) le design est à la fois épuré et moderne. On en redemande Produit et info disponibles sur: http://www.run-n-trail.com/ 10-errea-3dwear Conclusion: Ce haut de chez Errea est une bonne surprise! La thermorégulation du corps est très efficace. La transpiration s’évacue bien, et en plus la pluie ne pénètre pas si facilement. L’effet gainant est bon sans être trop prononcé et assure le maintien du haut de corps de façon plus que satisfaisante: une vraie aide pour avoir une bonne posture. Que du positif finalement! Bien sûr cela reste un maillot mais ses fonctions et prétentions sont à la hauteur tout simplement. Il ne reste plus qu’à choisir le modèle et le coloris qui vous convient le mieux. Le prix non plus n’est pas démesuré, de l’ordre de 65 euros dans tous les bonnes crémeries … donc l’investissement sera vite rentabilisé. Les « + » • • • • Thermorégulation optimale Design Respirant et limite déperlant Il y en a pour tous les gouts et toutes les couleurs ou presque. Les « - » • Rien ou presque. • Allez disons éventuellement la sensation d’humidité qui peut arriver une fois que l’on arrête.

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Carte d’identité: Lieu : Vielle / Saint Girons (Les Landes – 40) Distances proposées: 15km / 30km/ Combiné Date: 22 et 23 Mars 2014 Crédit Photos: F. Et J.L. Roulet De la pluie, de la grêle et des records! Malgré les conditions météo, c’est une pluie de record qui s’est abattue sur les différentes épreuves du Trail du Marensin. Tout a commencé par une averse de grêle qui a accueilli les centaines de coureurs venus de 25 départements mais aussi de Suisse pour participer à l’épreuve nocturne. Positionné sous l’arche de départ et après les mots de bienvenue de M. le Maire le peloton s’est élancé vers la plage sous les rafales de vent et de grésil. Gérard Roulet et son équipe ont bataillé ferme pour apporter à ce nouveau tracé les ingrédients nécessaires à l’authenticité et à la renommée de l’épreuve. Le territoire forestier Marensinois est en chantier, comme le rapporte l’organisateur «une forêt en travaux c’est une forêt qui vit». Coté participation, à 15 jours du rendez-vous en terre Marensinoise, nous avions rencontré un Gérard un peu inquiet de voir le niveau des inscriptions en recul, les 2 dernières semaines vinrent le rassurer avec une forte mobilisation landaise. Les 430 participants de l’étape nocturne se rappelleront sûrement de cette édition 2014. certains faisaient connaissance avec les «tucs» Ces buttes, il faut les courir pour les apprécier... ou les détester, c’est le terrain de jeu de l’équipe pédestre locale les Traileurs du Marensin, c’est pour cela que les maillots violet-vert-jaune étaient si nombreux sur ces 2 jours d’épreuve. S’il faut tirer un grand coup de chapeau au très fort peloton féminin qui prit le chemin de la Salle des Sports de Vielle, lieu de vie 2014, il faut aussi souligner la vitesse à laquelle fut accompli le tour de plage. A la lecture de la liste des engagés, il ne faisait aucun doute, il y aurait du sport coté féminin! mais qu’en serait-il chez les garçons. Ce WE landais rassemblait un plateau sportif différent de 2013, mais pour Alain LETARD, le micro d’or de la course à pied, cette absence de leader désigné est l’occasion de voir pousser des ailes à certains. Et avec son humour habituel il fit remarquer qu’avec la tempête qui sévissait il fallait s’attendre à quelque envol.

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La Bataille au coeur de la nuit. Et notre emblématique speaker, qui en est un des plus fervent promoteur, eut une nouvelle fois raison, c’est un garçon de 1,90m qui profita du vent porteur pour prendre les commandes. Gaylord ETIENNE, après avoir contré les coureurs inscrits uniquement sur l’étape nocturne prit le commandement, il devint le patron du peloton du 40560. Lui qui avait connu les saveurs du podium Marensinois se mit à rêver de la plus haute marche et boucla avec un temps remarquable d’1h7’ la sortie nocturne. Derrière notre Bordelais, l’on trouva un surprenant Laurent TURQUETIT suivi d’un duo d’habitués de l’épreuve landaise Peïo DOURISBOURE et Fréd COURREGES. Chez les dames, toujours sur l’épreuve combiné, le duel annoncé avait bien lieu entre Valérie GARRE et Sarah DINCLAUX la lauréate 2013, la hiérarchie était une question de secondes ! derrière, Anne-Sophie HAUVILLE et les 2 landaises Karine LACAUSSE et Dominique FAGET restaient en embuscade. Pour le podium de La Marensinote, chez les garçons, c’est Chris MATE, le second de 2013, qui s’imposa devant Julien LAURENT et Jérôme DESLUX tandis que chez les filles c’est Annie-Rose GERMAIN qui prit le meilleur sur Nadine COHADE et Myriam LAVIE. Tant chez les garçons que chez les filles les chronos sont très serrés, preuve de la lutte intense qui eut lieu sur les monotraces du village. Après cette nocturne, l’on pouvait s’interroger pour l’épreuve reine Le 40560 qui retrouvaient les spécialistes de l’épreuve en solo La Marensine. Et la liste des inscrits de cette épreuve était évocatrice de l’annonce d’une très belle empoignade. Suspense garantie pour cette seconde étape ? Oui répondait Alain LETARD pour qui cette matinée promettait du grand spectacle. Il avait raison le speaker préférait des coureurs, si l’étape 1 s’était couru sur un rythme très élevé, le départ des 30 km se déroulait de la même façon. Qui allait avoir la fraîcheur nécessaire pour parcourir les 30 km d’un parcours exigeant. Comment allait se comporter les nouveaux arrivants. Deux hommes étaient diminués par des blessures, l’un était en phase de reprise F. COURREGES et le second venait peut être terminer sa carrière de Traileur B. Bareilles, tous deux étaient là par amitié pour les organisateurs, parce qu’ils apprécient tout particulièrement cette épreuve Landaise. Pour les nouveaux arrivants n’ayant pas couru la veille, quel serait leur rôle dans cette bagarre ? A 9h, après la présentation de ce parcours de 30km par le président G.ROULET le peloton fut libéré, ce fut un départ au sprint, c’était à qui serait en tête à l’entrée de la monotrace, pas de période d’observation, pour tous un seul objectif, être aux avant poste ! Le dynamiteur du jour s’appelle Romain BOUDE, c’est lui qui imposa son rythme, qui d’entrée fit sauter tous les verrous, c’est sur une allure de 15km/h qu’il se présenta au 1er ravitaillement, il n’y eut pas de round d’observation, derrière les positions évoluaient au rythme du tracés. Au 10ème km Romain BOURDE possédait une nette avance sur ses adversaires de La Marensine, il était suivi par Stéphane DAUDIGEOS, Marc TESTEIL, Francis LAPORTE, le local Philippe INDA et Alain LAFARGUE. Pour l’épreuve reine, Gaylord ETIENNE avait à nouveau pris le large devançant Laurent TURQUETIT, Péïo DOURISBOURE, Fred COURREGES et Jean Michel ROUSSEAU. Chez les filles, la lutte était toujours intense, quelques mètres séparaient les 2 lauréates de l’étape de nuit et pour la course de jour c’était un duo au coude à coude qui s’affrontait, qui de Séverine DUHALDE ou de la traileuse locale Sandrine DELEST prendrait le meilleur ? Les cuisses brûlaient mais il fallait s’accrocher, c’était le jeu des alliances, qui allait gérer le mieux le passage sur la plage? C’est entre vagues et dunes que se dessina le palmarès 2014, les 13derniers km reprenant le circuit de la nocturne, de nombreux coureurs connaissaient le terrain sur lequel ils allaient évolué la veille ou les années précédentes. Le passage au ravitaillement de Gracian, ou Bandas et grillades apportent une coloration toute particulière à ce lieu, donna déjà une idée de la hiérarchie finale du palmarès 2014. Même si Romain BOURDE baissa de régime sur ce nouveau final, son avance était suffisante pour qu’il franchisse en vainqueur la ligne d’arrivée tout comme Gaylord ETIENNE pour Le 40560.

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Coté Féminin Sarah DINCLAUX franchit la première la ligne d’arrivée de cette seconde étape mais Valérie GARRE pour quelques secondes s’octroya la victoire au temps cumulé. Sandrine DELEST quand à elle profita des difficultés proposées par le final pour imposait sa puissance et offrir au public local une victoire bien méritée sur La Marensine. Dans les interviews d’arrivée, les concurrents dirent combien ils apprécièrent ces nouveaux tracés. Damien MAROLLEAU, le coureur de Parthenay, dit quand à lui son regret d’avoir vu ce superbe parcours landais perdre 2 ou 3 difficultés. Pour Gérard ROULET ce final est un final de substitution, il espère retrouver son lieu d’arrivée fétiche au cœur du bourg de St Girons. Malgré une météo défavorable et des conditions d’organisations différentes, ce Week end sportif et festif a fait de Vielle Saint Girons au travers du Trail du Marensin une sortie recherchée par tous les amateurs de course nature. Son parcours est exigeant mais ludique, les participants, unanimes, mirent en avant le remarquable tracé au balisage nocturne parfait, la gentillesse des bénévoles, la qualité musicale de la bandas, les ravitaillements bien tenus avec une mention spéciale pour celui de Gracian qui devient pour les supporters des coureurs un lieu incontournable de cette organisation. Le F.E.P. Sports Nature Marensin souhaite également associé à ces 2 jours de Trail tous les amateurs d’activité physique qui ont participé à la randonnée qui a réuni plus 60 participants. De même les courses de la Pitchoun-trail montrèrent tout l’intérêt sportif d’une soixantaine de jeunes pour la course à pied, ces jeunes apprécièrent l’animation d’Alain et Sylvie. Evidement l’on ne peut passer sous silence la qualité de l’animateur Alain LETARD dont on ne se lasse pas d’apprécier la qualité et la justesse du propos. IL faut dire un très grand merci aux 80 bénévoles qui se mettent au service des coureurs, ils sont l’assurance tout risque de ce Trail du Marensin. Enfin un grand merci à tous nos partenaires institutionnels ou privés ainsi qu’à la Municipalité de Vielle St Girons et à ses services techniques. L’échassier du Marensin La Marensinote: 1F Annie-Rose GERMAIN en 1h28' 2F Nadine COHADE 3F Myriam LAVIE 1H Chris MATE en 1h10'22 2H Julien LAURENT 3H Jérôme DESLUX La Marensine: 1F Sandrine DELEST en 2h59'36 2F Séverine DUHALDE 3F Marie Noëlle ARIAS 1H Romain BOUDE en 2h20'35 2H Stéphane DAUGIGEOS 3H Alain LAFARGUE. Le 40560 (combiné): 1F Valérie GARRE en 4h03'28 2F Sarah DINCLAUX 3F Anne Sophie HAUVILLE 1H Gaylord ETIENNE en 3h32'11 2H Peïo DOURISBOURE 3H Frédéric COURREGES

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