Sur les traces du passé

 

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Tourisme industriel au sud du Luxembourg

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SUR LES TRACES DU PASSÉ Tourisme industriel au sud du Luxembourg

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La Fondation Bassin Minier est un établissement d’utilité publique créé en 1989 qui a pour objet de contribuer à la valorisation culturelle de la région du Bassin Minier, en participant à l’organisation d’activités et en apportant son soutien à des projets dans les domaines du patrimoine industriel, de la culture, de l’écologie, du tourisme et de l’innovation. Partant de l’histoire industrielle, ouvrière et des migrations de la région du Bassin Minier jusqu’au développement actuel de la région en tant que pôle de recherche et de technologie, la Fondation se veut un instrument privilégié pour transmettre de manière vivante le passé et dégager les perspectives pour l’avenir. La Fondation Bassin Minier bénéficie du soutien financier du Ministère de la Culture. Couverture Plancher gueulard du haut-fourneau B à Esch/Belval, au fond la Maison du Savoir, bâtiment central de l’Université du Luxembourg Photo : Le Fonds Belval

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Clemency Bascharage

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Patrimoine industriel du Bassin Minier Schuttrange Sandweiler Contern Lenningen Waldbredimus Weiler-la-Tour Dalheim Musées industriels Quartiers ouvriers et témoignages architecturaux Architecture industrielle reconvertie Frisange Hauts-fourneaux Esch-Belval Mondorf Site naturel avec passé industriel Industrie et innovation d'aujourd'hui Burmerange Chemin de fer touristique Réserves naturelles Communes 0 1 2 4 Km Réalisation : Observatoire de PRO-SUD - I.Renoir / Décembre 2013 Fond cartographique : Administration du Cadastre et de la Topographie Luxembourg (partie GDL) Source : d'après une liste fournie par la Fondation Bassin Minier « © Administration du Cadastre et de la Topographie Luxembourg (ACT) Autorisation de publication du 3.07.2009.» 1

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Table des matières Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 06 1. Musées industriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 08 Le Parc industriel et ferroviaire du Fond-de-Gras Le Musée national des mines, Rumelange La Mine Cockerill, Esch-sur-Alzette La Mine Grôven, Differdange Le Centre de documentation sur les migrations humaines, Dudelange 09 12 12 13 14 2. Les hauts-fourneaux d’Esch/Belval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3. Quartiers ouvriers et « grands boulevards » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 Le quartier « Grenz » autour de l’usine Terres Rouges, Esch-sur-Alzette L’usine d’Esch/Belval et la paroisse Saint-Henri Esch-sur-Alzette et ses façades chargées d’histoire Lasauvage, un village ouvrier Le quartier Brill, Dudelange La Petite Italie, Dudelange 22 23 25 27 29 30 4. La renaissance des vieux murs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 5. La nature industrielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Le sentier découverte du « Prënzebierg - Giele Botter » Le sentier géologique du « Giele Botter » De l’« Ellergronn » au « Gaalgebierg » La réserve naturelle « Haard » 40 41 41 42 6. Industrie et innovation aujourd’hui . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 7. L’offre culturelle du sud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 8. Sport et loisirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 9. Bistrots ouvriers et restaurants étoilés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58 10. Le Val de Fensch (F) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 5

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Introduction C’est vers 1840 qu’est découverte la « minette », un minerai de fer de faible teneur (moins de 30%) dont les couches strient le plateau qui longe la frontière française. L’exploitation de ce gisement marque les débuts de l’industrialisation au GrandDuché. L’aménagement de mines à ciel ouvert et de galeries ne tarde pas et, en 1870, les premières usines sidérurgiques voient le jour à Esch-sur-Alzette. Grâce à la construction du chemin de fer (à partir de 1859) et à l’application du procédé Thomas (1879), qui permet d’éliminer le phosphore du fer brut lors de la fonte, la ­ production d’acier du Bassin Minier connaît un essor rapide. Des aciéries se construisent le long des champs ferrifères d’abord à Dudelange (1886), puis à Differdange (1900), Rodange (1905), Esch/Belval (1912) et enfin à Schifflange (1913). La région attire des milliers d’ouvriers. Originaires d’abord du nord du pays, puis par la suite d’Allemagne, de Belgique et surtout d’Italie, tous viennent arracher aux collines l’« or rouge » si prisé… Le Luxembourg, jusqu’alors essentiellement agricole, devient un pays industriel important. Sa richesse repose sur ses gisements de minerai de fer : le pays fournit le monde entier en acier. La production ne cesse de croître et connaît son apogée en 1971 avec 6,4 millions de tonnes. Pendant les heures de bonne marche, la sidérurgie emploiera plus de 30.000 personnes. 6

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La crise économique à partir de 1973 sonne le glas de l’industrie sidérurgique luxembourgeoise. Les fermetures de mines sont suivies de la mise à l’arrêt progressive des hauts-fourneaux. En 1981, trois ans après l’arrêt de la dernière exploitation à ciel ouvert, le « Schlammebierg », c’est au tour de la dernière exploitation minière souterraine de Differdange, le « Thillebierg », de fermer. Les hauts-fourneaux traiteront encore du minerai importé puis seront définitivement éteints en 1997. Aujourd’hui, la société ArcelorMittal produit environ 2,5 millions de tonnes d’acier dans des fours électriques (à Differdange, Esch-Schifflange et Esch/Belval) et n’emploie plus que quelque 4800 collaborateurs. L’industrie sidérurgique et ses ouvriers ont fortement marqué cette région, connue sous les appellations historiques de « Minett » et « Terres Rouges ». L’homme fort et franc, qui ne rechigne pas à la tâche et ne mâche pas ses mots, le mineur ou plus généralement, l’habitant du Bassin Minier – le « Minettsdapp » – est le personnage emblématique de cette région. Aujourd’hui, malgré l’activité toujours considérable d’ArcelorMittal, les machines se taisent, les cheminées ne fument plus, les anciens wagonnets – les « buggi » – et les voies ferrées rouillent lentement. La région se décline en friches industrielles, zones artisanales et commerciales modernes, musées industriels et centres urbains en pleine expansion. Mais elle déploie aussi un écrin de magnifiques forêts étagées, à la morphologie caractéristique, héritage des anciennes exploitations à ciel ouvert et des mines sur lesquelles la nature a maintenant repris ses droits. Les paysages avec leurs falaises rouges aux allures de « canyon » sont perçus comme des zones de tourisme de proximité. Parallèlement, le visiteur y découvrira partout des témoins du passé industriel de la région, des hauts-fourneaux d’Esch/Belval, classés monument historique, aux locomotives et wagons exposés sur les places publiques, des cités ouvrières aux bistrots typiques. D’anciens mineurs et ouvriers d’usine cultivent aujourd’hui leurs souvenirs dans leurs jardins. Dans le « Minett », pas de vieilles charrues ou de chariots à ridelles pour vous accueillir, mais des foreuses artistiquement exposées, des lampes de mines restaurées avec soin, des wagonnets chargés de minerai ou des statues illuminées de sainte Barbe, patronne des mineurs. Chaque année, le 4 décembre, jour de la fête de Sainte-Barbe, le monde des mineurs revit pendant quelques heures. Toutes les villes du Bassin Minier célèbrent une messe solennelle suivie d’une procession au cours de laquelle anciens mineurs et ouvriers sidérurgistes, cheminots et pompiers portent la statue de la sainte à travers les rues. Dans tout le Bassin Minier, on fleurit les monuments à la gloire des mineurs. Au musée de la mine, à Rumelange, la messe est dite au fond, et le soir, l’Harmonie des mineurs d’Esch anime un bal. À Rodange et Belval, des tirs de crapouillot ouvrent la procession, et à Lasauvage, le dernier verre se déguste dans les galeries de mine. 7

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1. Musées industriels LES MUSÉES INDUSTRIELS Peu après les premières fermetures de mines et l’arrêt des premières installations sidérurgiques, les anciens mineurs et les sidérurgistes, en accord avec les responsables communaux, décidaient de sauver de la destruction une partie des témoins matériels de cette culture industrielle. Ils collectèrent des objets liés à leur profession et ouvrirent aux visiteurs des installations abandonnées. C’est ainsi qu’en 1973, des passionnés du rail reprirent une ligne désaffectée au Fondde-Gras pour remettre en service des trains historiques du début du siècle. La Ville de Differdange, quant à elle, apporta son soutien à l’exposition de la collection d’outils de mineurs d’Eugène Pesch. À la même époque (1973), Rumelange ouvrit la première mine-musée du Luxembourg. Transformé en parc industriel et ferroviaire dans les années 1980, le Fond-de-Gras est, avec la cité ouvrière de Lasauvage et l’exploitation à ciel ouvert désaffectée « Giele Botter », un témoin du riche passé industriel du pays. Le Centre de documentation sur les migrations humaines de ­ Dudelange a réalisé des études et recherches sur les travailleurs immigrés et présente au public des expositions temporaires. Nouvelles venues dans la ronde des musées : la Mine Cockerill d'Esch-sur-Alzette (dont une partie des bâtiments a été remise en état) et la Mine Grôven (entièrement réaménagée en 2010). Autres nouveautés : la remise en état des deux derniers hauts-fourneaux d’Esch/Belval, et la récupération d’un hall industriel intéressant avec une machine à gaz (classé Monument National) à Differdange. L'objectif est d'y développer un musée de l'énergie industrielle qui aura ­ comme vocation de faire le lien avec le passé et les futurs défis de l'énergie. LE PARC INDUSTRIEL ET FERROVIAIRE DU FOND-DE-GRAS De la mine... Difficile de s’imaginer que le paysage idyllique où se niche l’ancienne gare de marchandises Lamadelaine a été un important site industriel du sud du Epicerie Victor Binck, Fond-de-Gras Luxembourg. La voie ferrée qui transportait pendant près d’un siècle la minette extraite au Fond-de-Gras traversait une dense forêt. Les buggis chargés, en provenance de la mine de fer voisine, s’alignaient aux rampes de chargement sur lesquelles leur contenu, une fois déversé, montait dans les wagons pour ­ être transporté jusqu’aux fonderies toutes proches. Paisible et romantique depuis l’arrêt de l’exploitation industrielle, la vallée est un site historique classé depuis 1986. Outre ses deux trains, le musée ­ industriel 9

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1. Musées industriels Train 1900, Fond-de-Gras du Fond-de-Gras possède ­ diverses entrées de galerie, un réseau ferroviaire avec les quais de chargement, des maisons d’ouvriers et le bistrot des mineurs « Bei der Giedel », qui accueille toujours les visiteurs (voir p. 59). ingénierie d'installations et d'équipements pour la sidérurgie. L’Épicerie Victor Binck de Differdange a été démontée et reconstruite dans les anciens logements ouvriers du Fond-de-Gras. ... au musée de plein air Véritable éco-musée, le Parc industriel et ferroviaire du Fond-de-Gras présente d’anciens équipements techniques nécessaires à la production du fer, récupérés sur d’autres sites, démontés et remontés ici, afin de témoigner pour les générations futures. On peut ainsi voir une « cornue Bessemer » d’un poids de deux tonnes, dans laquelle la fonte était transformée en acier, ainsi qu’un train de laminoir de l’usine Esch/Belval. L’ancienne centrale électrique des établissements Paul-Würth a été remontée au Fond-de-Gras en 1988. Würth, pionnier de l’industrie sidérurgique, exploitait une fonderie d’acier et des ateliers de construction métallique à Luxembourg-Hollerich. Au fil du temps, l’entreprise s’est spécialisée en 10 Romantisme et chemin de fer L’exploitation des mines du Fond-deGras cessa dès 1950, entraînant la désaffectation de la ligne ferroviaire qui desservait ces mines. En 1973, l’Association des musées et tourisme ferroviaires redonna vie à cette ligne. Elle exploite depuis la ligne touristique à écartement normal « Train 1900  » (écartement des voies  : 1435 mm). Pendant la saison (de mai à septembre), ce train à vapeur et sièges de bois, typique du début du 20ème siècle, promène les visiteurs sur huit kilomètres entre Pétange (gare), le Fond-de-Gras et Rodange, dans un paysage marqué par son histoire minière. Il traverse les friches industrielles et les lotissements de la vallée de la Chiers, puis longe le « Tëtelbierg », déjà colonisé par les Celtes et les

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1. Musées industriels Romains, et le «  Giele Botter  », ancien site d’exploitation à ciel ouvert. L’ancien réseau de trains miniers (à voie étroite d’un écartement de 700 mm) sert aujourd’hui au petit train «  Minières­ bunn  » pour acheminer les visiteurs du Fond-de-Gras jusqu’au village de Lasauvage, ou jusqu’à la ville frontalière voisine de Saulnes, en France. Départ du Fond-de-Gras, à quelques ­ pas du café-restaurant « Bei der ­ Giedel ». Les vieilles locomotives à vapeur entraînent le convoi jusqu’au carreau de «  Doihl  ». Le visiteur change alors de train. Une locomotive électrique parcourt ensuite une galerie de 1400 m en une quinzaine de minutes. Le voyageur peut alors choisir d’aller au bout du village, jusqu’au quartier du Balcon ou de partir dans la direction opposée, longer les anciennes mines françaises et les vestiges du concasseur de minerai, puis passer à Saulnes (F). Minièresbunn, Fond-de-Gras patrimoine industriel, de la diversité de sa faune et de sa flore, ou tout simplement à la randonnée (voir p. 38). Le visiteur trouvera à se rafraîchir dans d’anciens bistrots typiques, fréquentés autrefois par les mineurs et leurs familles (Café « Bei der Giedel » ou « Bache Jang ») (voir p. 59). Musée Eugène Pesch, Lasauvage La vaste collection d’Eugène Pesch se compose de minéraux et fossiles caractéristiques de la région de la Minette ainsi que d’anciens outils de mineurs. Reprise par la municipalité, la collection est exposée depuis 2005 dans la maison Depienne près du carreau de mine, à Lasauvage. ­ Prënzebierg et Giele Botter La zone minière du Fond-de-Gras, dont une grande partie est aujourd’hui site protégé, invite à la découverte de son Café Bei der Giedel, Fond-de-Gras 11

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