TSE Mag #5

 

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Printemps 2014 - Édition spéciale Horizon Europe

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TSE Mag #5 - Printemps 2014 HORIZON EUROPE ÉDITION SPÉCIALE Les projets ERC à TSE Lancement du réseau COEURE Interviews exclusives de J.P. Bourguignon, Président de l’ERC & d’Andreu Mas-Colell, ex-Secrétaire Général de l’ERC GRAND TÉMOIN Stéphane Richard, PDG d’Orange PARTENARIATS Zoom sur la chaire SCOR ALSO… ÉCOLE TSE • NEWS FLASH • CULTURE Rencontre avec MARC IVALDI…

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Édito Chers amis, L’ Union européenne lance en 2014 « Horizon 2020 », son programme de financement pour la recherche et l’innovation. Cet outil financier a pour but de mettre en œuvre « l’Union de l’innovation », une initiative phare visant à garantir la compétitivité globale de l’Europe. Au vu de cette perspective prometteuse, il nous a semblé opportun de consacrer le premier numéro de TSE Mag de 2014 au soutien majeur que l’UE apporte à nos équipes de recherche - un facteur clé qui permet à nos membres de réaliser des projets ambitieux et innovants à l’échelle internationale. Ce soutien provient pour sa plus grande part du Conseil européen de la Recherche (ERC). Nous sommes fiers d’avoir obtenu à ce jour un total de dix bourses de recherche attribuées par l’ERC, récompensant notre recherche pionnière et hautement performante, et nous plaçant au deuxième rang en Europe par le nombre des bourses octroyées dans le champ de la recherche économique. Dans la rubrique « Zoom Recherche » de ce numéro (Cf. page 4), vous pourrez découvrir un aperçu de ces dix projets, avec une attention particulière portée à trois projets à différents stades de réalisation, dans les domaines des réseaux des échanges internationaux, de l’asymétie des actifs et de l’évaluation des actifs. Nous avons également le plaisir de publier deux interviews exclusives de Jean-Pierre Bourguignon, le nouveau président de l’ERC, et Andreu Mas-Colell, ex Secrétaire Général de l’ERC et actuel Ministre Catalan de l’Économie et de la Connaissance, à propos du rôle de tels organismes de financement dans un contexte d’accroissement de la concurrence internationale dans le domaine de la recherche (Cf. page 14). La Commission européenne octroie également des financements importants au bénéfice des réseaux collaboratifs de recherche et de la mobilité internationale des chercheurs. Nous sommes très heureux de lancer ce mois-ci le projet COEURE : une mission conduite par TSE visant à rassembler les parties prenantes clés de l’UE dans le but d’établir un agenda pour le financement de la recherche économique en Europe. Marc Ivaldi, professeur à TSE et coordinateur du projet COEURE, nous en dit plus sur cette mission dans la section « Côté Débat » (Cf. page 8). Comme toujours, la partie « Grand Témoin » de notre magazine est consacrée à nos partenaires privilégiés dans l’industrie ou la recherche universitaire. Nous remercions chaleureusement M. Stéphane Richard, PDG d’Orange, d’avoir pris le temps de partager ses vues sur le secteur des télécommunications avec nous dans ce numéro. Bonne lecture et rendez-vous à Toulouse du 2 au 6 juin prochains pour une nouvelle édition passionnante de notre Forum annuel TIGER ! . Jean Tirole Christian Gollier 04 ZOOM RECHERCHE Vue d’ensemble Les 10 projets ERC de TSE 08 CÔTÉ DÉBATS Marc Ivaldi Projet COEURE : un programme de recherche économique pour l’Europe 10 ÉVÉNEMENTS TIGER Forum 2014 Les sujets des conférences, le Comité de Pilotage 12 GRAND TÉMOIN Stéphane Richard Discussion avec le PDG d’Orange sur l’actualité du secteur des télécommunications Thomas Chaney Réseaux d’entreprises, commerce et croissance Christian Hellwig Comprendre l’importance de l’information Lauréat du Prix Jean-Jacques Laffont 2014 Joseph Stiglitz Thomas Mariotti Asymétries d’information et évaluation des actifs Magazine Trimestriel de Toulouse School of Economics - 21 allée de Brienne - 31015 Toulouse Cedex 6 - Tel.: +33 (0) 5 67 73 27 68 Directeur de la publication : Christian Gollier - Directeur de la rédaction: Joel Echevarria - Rédactrice en chef : Jennifer Stephenson - Responsable de Production : Jean-Baptiste Grossetti Conception graphique - Mise en page - Prépresse : A La Une Conseil - Iconographie © : Studio Tchiz - Crédits Photographie : CNRS, ERC, Orange, Nera, IEF Louis Bachelier, EFMD, GDF Suez, Olivier Colombe, Oxera, Jean-François DARS, Patrick Dumas - Tirage : 1300 exemplaires Imprimé sur du papier recyclé certifié “PEFC” - n° ISSN en cours d’enregistrement. 02 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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Jean TIROLE Président TSE Christian GOLLIER Directeur TSE 14 PARTENARIAT IDEI - SCOR Un mot de Interview de Stéphane Villeneuve Philippe Trainar 16 TSE ÉDUCATION Business Networking Days 2013 Retours d’expérience d’entreprises, alumni et étudiants 18 BRÈVES Nominations Franck Portier pour la Commission pour les Sciences Économiques 20 HORIZON ERC Interviews exclusives Andreu Mas-Colell, ex-Secrétaire Général de l’ERC Jean-Pierre Bourguignon, Président de l’ERC Bourses Bourse US Air Force pour Jérôme Bolte Récompenses Prix Northwestern Nemmers pour Jean Tirole TSE Mag #5 - Printemps 2014 03

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ZOOM RECHERCHE TSE et le Conseil européen de la Recherche In this article, the researchers analyze how technology diffusion accounts for most of the widening in the income gap between rich and developing countries since the Industrial Revolution. TSE reçoit un soutien financier significatif pour ses recherches de la part du Conseil européen de la Recherche (ERC), dont le but est de promouvoir une recherche exploratoire de haute qualité et soutenir le leadership européen en matière de recherche au niveau mondial. Les subventions sont attribuées sur la base d’appels à propositions en suivant un processus d’examen par les pairs très sélectif. TSE bénéficie actuellement de 10 subventions : LES « ERC STARTING GRANTS » (destinées aux jeunes chercheurs) soutiennent les chefs de file de la recherche qui sont sur le point de mettre en place ou de consolider une équipe de recherche appropriée et qui commencent à mener des recherches indépendantes en Europe. Cette subvention s’adresse aux chercheurs prometteurs qui ont un potentiel avéré pour devenir de véritables chefs de file indépendants. Elles soutiennent la création de nouvelles équipes de recherche d’excellence et renforcent celles qui ont été récemment créées. • Thomas CHANEY : FINET - « Firm Networks Trade and Growth » => voir page 5. • Christian HELLWIG : InfoMacro - « Information Heterogeneity and Frictions in the Macroeconomy » => voir page 6. • Augustin LANDIER : SOLSYS - « Systemic Risk and Financial Vulnerabilities: Diagnosis and Solutions ». • Thomas MARIOTTI : ACAP - « Agency costs and Asset Pricing » => voir page 7. • Guillaume PLANTIN : RIFIFI - « Risk Incentives in Financial Institutions and Financial Instability ». LES « ERC ADVANCED GRANTS » (chercheurs confirmés) permettent à des chercheurs confirmés, de premier plan, de toute nationalité et de tout âge, de poursuivre des projets novateurs, à haut risque et qui ouvrent de nouvelles portes dans leurs domaines de recherche respectifs ou dans d’autres domaines. L’ERC Advanced Grant s’adresse aux chercheurs qui sont déjà considérés comme des chefs de file indépendants dans leur domaine de recherche. • Bruno BIAIS : TAP - « Trading and Post-trading ». • Christian GOLLIER : Long-Term-Risks « Evaluation and management of collective long-term risks ». • Thierry MAGNAC : DYSMOIA « Dynamic Structural Economic Models: Identification and Estimation ». • Patrick REY : COOPETITION - « Cooperation and competition in vertical relations: the business strategies and industry oversight of supply agreements and buying patterns ». Regarder la video de l’entretien Faits & chiffres TSE : >S  e classe en parmi les bénéficiaires des subventions de l’ERC, derrière le CNRS. de l’ensemble des subventions de l’ERC en sciences économiques. 2e position >B  énéficie de 50% 2 >S  e classe dans le domaine e de l’économie, en position des bénéficiaires de subventions derrière l’UCL, avec de la totalité des subventions en Europe. 8% • Jean TIROLE : COGNITION - « Cognition and Decision-Making: Laws, Norms and Contracts ». 04 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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Thomas Chaney ZOOM RECHERCHE Réseau d’entreprises, commerce et croissance Le projet FiNet a pour but l’introduction de la notion de réseaux économiques à grande échelle dans le courant dominant de l’économie, en particulier dans la macroéconomie et le commerce international. Les agents économiques n’ont pas toujours accès à toutes les informations pertinentes dont ils pourraient avoir besoin : les personnes qu’ils connaissent et avec lesquelles ils interagissent représentent une petite fraction de toutes les interactions possibles. Par le biais de FiNet, Thomas Chaney modélise cet ensemble limité d’interactions sous la forme d’un réseau : les agents sont des nœuds et ils n’interagissent qu’avec les agents avec lesquels ils ont créé un lien. Quelle est la structure de ce réseau de liens entre agents et comment évolue-til ? Surtout, quelles sont les implications globales de la structure de ce réseau ? l’économie d’un pays (logement et finance aux États-Unis) s’est-il propagé à l’ensemble de l’économie mondiale ? La réponse à ces questions réside en partie dans le fait que les banques, entreprises, secteurs et agents économiques en général sont liés les uns aux autres par un réseau de liens complexes. Ce réseau n’est ni un réseau complet, comme dans l’économie classique où chaque agent a accès à des informations concernant les autres, ni un réseau purement aléatoire où les contacts entre agents sont dus au hasard. Il se situe quelque part entre les deux, avec certains agents bien connectés à d’autres, tandis que certains sont relativement isolés. La compréhension et l’analyse des propriétés de ce réseau de liens entre agents économiques sur une échelle macro-économique est la seule façon de répondre à des questions importantes comme celles soulevées par la crise financière. Thomas Chaney Portrait > Thomas a commencé ses études en France (ENS Paris) avant d’effectuer son doctorat en économie (2005) au MIT. Il a ensuite occupé un poste de professeur adjoint à Chicago avant de rejoindre TSE en 2012 en tant que professeur d’économie. UN PROJET À POINT NOMMÉ… CV complet >> ...AVEC UN IMPACT POTENTIEL ÉLEVÉ L’étude des réseaux en économie, et en particulier celle des réseaux à grande échelle, est relativement récente. FiNet réunit une équipe de chercheurs internationaux reconnus comme étant les chefs de file des domaines de l’organisation industrielle et du commerce international pour travailler sur des questions novatrices à l’aide de méthodes nouvelles. Ce projet vise à bâtir l’un des meilleurs pôles de recherche sur les réseaux économiques du monde. De plus, ce projet s’appuie sur le cadre institutionnel unique de l’UE en recueillant des données provenant d’organismes de statistiques de nombreux pays. Ces données ne serviront pas seulement à éclairer les décisions des responsables politiques et des entreprises d’Europe, mais également à alimenter de nouvelles recherches sur les données européennes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières européennes. FiNet comprend six projets relatifs aux réseaux économiques à grande échelle : La crise financière de 2008 a ravivé l’intérêt porté à la notion de réseaux en économie. Comment un choc affectant les prix d’un type d’instrument financier spécifique (titres adossés à des créances hypothécaires) s’est-il propagé à tous les actifs financiers ? Comment un choc touchant une banque d’investissement relativement petite (la faillite de Lehman Brothers) a-t-il affecté toutes les institutions financières ? Comment un choc affectant quelques secteurs spécifiques de Réseaux d’entreprises dans 1  le commerce international sociaux dans le commerce 2 Réseaux international olatilité individuelle et globale 3 V dans un réseau entrée-sortie 4 5 6 d’usines  Une vision différente des entreprises : pôles de production ascendante (« bottom-up »)  Un modèle de croissance endogène « en réseau »  Accumulation de capital humain dans un modèle de croissance « en réseau » TSE Mag #5 - Printemps 2014 05

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ZOOM RECHERCHE Christian Hellwig Comprendre l’importance de l’information Il est rare pour les agents économiques, qu’il s’agisse d’entreprises, de ménages ou d’investisseurs, d’avoir accès à toutes les informations en rapport avec une décision spécifique, comme l’identité d’un concurrent dans un processus d’appel d’offres et le montant qu’il est disposé à payer pour un actif donné. L’objectif principal d’InfoMacro est de mieux comprendre la manière dont le manque d’informations concernant les conditions économiques globales influence les résultats économiques. Réconcilier Keynes et Hayek Christian Hellwig. L’impact de la dispersion de l’information sur les résultats et l’efficacité du marché a longtemps été un sujet de controverses. Hayek, par exemple, affirmait en 1945 que les marchés sont particulièrement aptes à coordonner des décisions économiques pour obtenir des résultats efficients avec peu d’informations - c’est-à-dire qu’il suffit aux individus de voir les prix auxquels ils négocient pour atteindre des répartitions de marchés efficientes. En revanche, le paradigme du concours de beauté keynésien prétend que les marchés ne sont pas efficients précisément lorsque les agents doivent prévoir le comportement d’autrui parce qu’ils sont en conséquence plus susceptibles d’adopter un comportement moutonnier. Avec Venky Venkateswaran (NYU), j’explore ces idées hayekiennes et keynésiennes dans un modèle macroéconomique commun, en identifiant les hypothèses qui confèrent une certaine validité à chacun de ces arguments et en cherchant comment elles peuvent être validées empiriquement. L’argument d’Hayek se révèle très convaincant lorsque les horizons de décision individuelle sont assez courts, tandis que l’argument keynésien est particulièrement pertinent pour les décisions qui sont prises à plus long terme (comme les décisions liées à l’investissement ou à l’embauche). Au-delà des marchés d’actifs efficients CH. L’indice de référence des marchés financiers efficients est essentiel pour la finance et la macroéconomie modernes. Toutefois, à l’échelle micro-économique nous avons noté un grand nombre de limites et de coûts liés au processus d’arbitrage requis pour soutenir l’efficience du marché et de nombreux écarts par rapport à l’indice de référence dans la pratique. Mais à l’heure actuelle, il nous manque toujours des outils pour évalue en détail l’impact de tels écarts dans l’ensemble. Dans une série d’articles coécrits avec Elias Albagli (Bank of Chile) et Aleh Tsyvinski (Yale), nous mettons au point une autre modélisation des marchés financiers qui intègre les éléments de friction relatifs à l’acquisition d’informations et à l’arbitrage et qui permet à certaines informations d’émerger de manière endogène au travers des prix. Ce modèle implique un écart par rapport à l’indice de référence des marchés efficients qui est cohérent avec un certain nombre de régularités empiriques difficiles à réconcilier avec les marchés efficients, comme les rendements excédentaires élevés sur des obligations de société de haute qualité, les hauts niveaux de volatilité dans les marchés d’actifs et les mouvements de prix qui semblent souvent être sans rapport avec les facteurs économiques fondamentaux. Nous essayons actuellement de voir si notre modèle offre également une explication vraisemblable de ces phénomènes sur le plan quantitatif. Liens avec la politique CH. Ce projet aborde des questions politiques importantes - la façon, par exemple, dont les sociétés privées, ainsi que les institutions politiques comme les banques centrales influent sur les résultats économiques en fournissant des informations à des tiers. Pour ma part, j’étudie également comment les conflits au sein des marchés financiers affectent l’attribution de primes dans les entreprises, ou encore, la façon dont les institutions financières peuvent exploiter, en prenant des risques excessifs, les éléments de friction relatifs à l’arbitrage et à l’acquisition d’informations pour maximiser leur rente. Par ailleurs, je réfléchis aux interventions et aux réglementations de marché qui pourraient être mises en place pour réfréner ce genre de comportement. Christian Hellwig Portrait > Après avoir obtenu son doctorat à LSE en 2002, Christian Hellwig a d’abord été professeur adjoint à UCLA, avant de rejoindre TSE au titre de professeur, en 2010. CV complet >> EN SAVOIR PLUS... Lisez l’article en intégralité ici : 06 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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Thomas Mariotti ZOOM RECHERCHE Asymétries d’information et évaluation des actifs Retour avec Thomas Mariotti sur le développement de son projet « Agency costs and asset pricing » (ACAP), lancé en 2008 avec le support de l’ERC. Comment décririez-vous votre projet de recherche ? Thomas Mariotti. L’objectif initial de ce projet était de réduire l’écart entre le financement des entreprises et la fixation du prix des actifs. Ces deux aspects de la théorie financière sont généralement étudiés séparément, alors que je suis convaincu qu’ils peuvent et devraient être étudiés ensemble dans un cadre commun. Avec ACAP, j’ai rassemblé les deux approches afin d’élaborer des modèles théoriques permettant d’analyser la conception et l’émission de titres financiers, ainsi que la dynamique de leurs évaluations. Parmi les exemples de cadres que j’ai définis, je citerais deux modèles en particulier : un modèle de la gestion dynamique des grands risques, dans un contexte où les décisions de gestion des risques sont déléguées, au fil du temps, à un agent dont les efforts de prévention des risques ne sont pas observables par des tiers, et un modèle de financement des entreprises, dans un contexte où elles sont confrontées à des coûts de financement externes ainsi qu’à des frais de représentation internes. Votre projet a été lancé il y a près de six ans. Comment a-t-il évolué ? TM. Suite à la crise financière, le projet s’est orienté vers l’étude de l’impact de l’asymétrie d’informations sur l’efficience des marchés financiers. Les deux axes principaux de cette étude portent sur le problème de sélection dite adverse, qui explique l’essoufflement de la fourniture de liquidités de 2007 à 2009, et sur l’absence d’exclusivité des transactions financières. Ces points sont particulièrement pertinents pour les marchés de gré à gré, où, au détriment de la communication d’informations, peu d’informations sur les volumes de transactions ou sur les positions nettes des opérateurs de marché sont disponibles. Ces deux éléments, la sélection adverse et l’absence d’exclusivité, sont au cœur de mes recherches actuelles et ils contribuent notablement à mon programme de recherche sur les interactions entre les contrats financiers et les marchés financiers. Quel a été pour vous le principal avantage apporté par la subvention de l’ERC et comment envisagez-vous l’avenir pour ces recherches ? TM. Cette subvention nous a permis, à mes collègues et à moi-même, de réaliser des avancées significatives dans ce domaine et nous avons pu faire paraître une série de publications. Ce projet a été prolongé pour 2014 et je continue de travailler avec des collègues sur d’autres articles qui devraient, je l’espère, être bientôt publiés. Thomas Mariotti Portrait > Thomas Mariotti, qui a obtenu son doctorat à l’Université de Toulouse (1998), a occupé un poste de maître de conférences à la London School of Economics (LSE), avant de rejoindre TSE en 2000 en tant que chercheur associé du CNRS. CV complet >> Un peu de lecture « Large risks, limited liability, and dynamic moral hazard » Econometrica, 78 (2010), 73-118, avec Bruno Biais, Jean-Charles Rochet et Stéphane Villeneuve. « Free cash flow, issuance costs, and stock prices » Journal of Finance, 66 (2011), 1501-1544, avec Jean-Paul Décamps, Jean-Charles Rochet et Stéphane Villeneuve. « Nonexclusive competition in the market for lemons » Econometrica, 79 (2011), 1869-1918, avec Andrea Attar et François Salanié. « Nonexclusive competition under adverse selection » Theoretical Economics, vol (2014), 1-40, avec Andrea Attar et François Salanié. TSE Mag #5 - Printemps 2014 07

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CÔTÉ DÉBAT Projet COEURE : un programme de recherche économique pour l’Europe Marc Ivaldi, chercheur à TSE au cœur du projet COEURE, nous présente brièvement ce nouveau réseau de collaboration passionnant piloté par TSE. Interview de MARC IVALDI Pouvez-vous nous expliquer le Projet COEURE en quelques mots ? Marc Ivaldi. COEURE - COoperation for European Research in Economics - est une action concertée, financée par la Commission européenne dans le cadre de son septième programme-cadre. Il s’agit d’un forum qui rassemble des acteurs clés de toute l’Europe - scientifiques de toutes les branches de la recherche économique européenne, responsables de la politique économique et organismes de financement – autour d’une démarche d’analyse, de consultation et d’engagements partenariaux visant à élaborer un véritable programme de financement de recherche en économie pour l’Europe. Pourquoi l’UE a-t-elle besoin d’un nouveau programme pour la recherche économique ? MI. L’Union européenne est la plus grande entité économique au monde, mais sa capacité à concevoir et à mettre en œuvre des politiques économiques efficaces n’est pas proportionnelle à sa taille. La crise de la dette dans la zone euro a rappelé de manière cuisante et douloureuse que l’UE doit adopter une nouvelle approche pour concevoir ces politiques économiques et les coordonner avec les politiques de ses États membres. Dans le même temps, l’Europe accuse toujours un retard par rapport aux États-Unis en matière de productivité et de facteur d’impact, et la recherche européenne demeure fragmentée entre ses États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne a lancé Horizon 2020, une initiative phare d’Europe 2020 visant à assurer la compétitivité mondiale de l’Europe. En outre, d’autres mesures viendront s’ajouter au programme-cadre pour la recherche et l’innovation de l’UE afin de compléter et de développer l’Espace européen de la recherche. Ces mesures visent à briser les barrières afin de créer un véritable marché unique de la connaissance, de la recherche et de l’innovation. C’est dans ce cadre que le projet COEURE a été conçu et qu’il sera développé. La crise de la dette dans la zone euro a rappelé de manière cuisante et douloureuse que l’UE doit adopter une nouvelle approche pour concevoir ces politiques économiques et les coordonner avec les politiques de ses États membres. 08 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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CÔTÉ DÉBAT Portrait Quels sont les principaux obstacles à surmonter pour élaborer un tel programme ? MI. Développer un Espace européen de la recherche (EER) est essentiel pour la croissance et pour le processus d’intégration européenne. Cependant, la diversité des langues, la multitude de traditions universitaires et le grand nombre de barrières informelles entravent souvent la libre circulation des financements de la recherche, la mobilité des talents universitaires et, par conséquent, la répartition efficace des financements de la Recherche et du Développement. En période de restriction financière, ce dernier élément devient particulièrement important. Selon vous, quelle est la clé de la réussite ? MI. La relation entre ouverture et financement de la recherche s’inscrit dans un rapport de réciprocité et l’internationalisation peut profiter aux financements nationaux et régionaux, en permettant, par exemple, l’afflux de ressources étrangères. Dans ce contexte, les subventions pour la recherche, notamment si elles sont attribuées au-delà des frontières nationales (par le Conseil européen de la recherche - l’ERC, par exemple), peuvent constituer un outil viable pour contourner les limites de l’intégration et, par conséquent, favoriser l’échange d’idées. > Marc Ivaldi a effectué son doctorat en économie à l’Université de Toulouse en 1982 et à l’Université de Pennsylvanie en 1990. En 1990, il est devenu directeur de la recherche de l’Institut d’Économie Industrielle (IDEI). Depuis 1998, il est professeur de sciences économiques à TSE et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Il est expert en économie industrielle, en régulation et en politique de la concurrence, principalement dans le secteur des transports. Il est également le directeur du TIGER Forum, le rendez-vous annuel de TSE (voir pages 10-11). Moment clé 27 février 2014 Conférence d’inauguration de COEURE à Florence. TSE & FP7 Outre le programme COEURE, TSE est également membre de deux réseaux de recherche collaborative permanents financés par le septième programme-cadre : « Impacts Quantification of Global changes » En tant que coordinateur de ce réseau, TSE dirige 11 instituts de recherche européens dans 8 pays dans le domaine de l’économie de l’environnement. « Transparency of Food Pricing » Implique 13 universités et instituts de recherche partenaires dans 10 pays de l’Union européenne, dans le domaine des chaînes de prix, de la vente au détail et de l’économie de concurrence. EN SAVOIR PLUS www.coeure.eu @COEURE_FP7 www.global-iq.eu www.transfop.eu TSE Mag #5 - Printemps 2014 09

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ÉVÉNEMENTS TIGER FORUM 2014 Save the date : 2-6 juin 2014 Davantage de journées, de conférences et de participants. En 2014, le TIGER Forum est en passe de devenir l’un des événements phares dédiés à l’économie en Europe.. Les temps forts du TIGER 2014 écoles d’été 2 • CYBER-CRIMINALITÉ 8 débats  d’actualité • TRANSPORT conférences scientifiques 7 • VIEILLISSEMENT vers un futur décarboné » « Les soins de longue durée » • DÉVELOPPEMENT « De la recherche à la politique » • ÉNERGIE « L’industrie de l’énergie à la croisée des chemins : • SANTÉ « Conférence sur la santé et l’industrie pharmaceutique » • ARMÉE « L’armée dans la politique au 21e siècle » • RELIGION « Économie et religion » • TRANSPORT « Conférence annuelle de l’Association internationale de l’économie du transport (ITEA) » TIGER Insight • Cyber-criminalité • Nouvelles positions sur la mondialisation •  Réformes et défis de l’économie chinoise •  Les causes des guerres modernes : économie ou religion ? ROARING DEBATES •  Les défis de l’industrie pharmaceutique •  Politique industrielle pour une énergie et une mobilité durable •  Laïcité des entreprises : quelles limites ? •  La crise de l’état providence en occident Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’économie en 2001) Considéré comme l’un des meilleurs économistes au monde, Joseph Stiglitz est principalement connu pour ses recherches sur le filtrage et sa contribution à la théorie de l’asymétrie d’information, pour laquelle il a remporté le Prix Nobel de l’économie aux côtés de George A. Akerlof et A. Michael Spence en 2001. Son travail a permis d’expliquer les circonstances dans lesquelles les marchés ne fonctionnent pas de manière optimale et la manière dont l’intervention ciblée de l’État peut améliorer leurs performances. Joseph Stiglitz enseigne actuellement à la Columbia Business School. 10 TSE Mag #5 - Printemps 2014 Lauréat du Prix Jean-Jacques Laffont 2014 Lors de la cérémonie de remise du prix Jean-Jacques Laffont, Joseph Stiglitz donnera une conférence sur le thème : « Créer la société de la connaissance : une nouvelle approche de la croissance, du développement et du progrès social ».

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ÉVÉNEMENTS Comité de pilotage du TIGER Forum 2014 > Ancien directeur général de la BNP > Président du Comité de pilotage Ancien directeur général (1993 - 2003) et Président (2003 - 2011) de BNP Paribas, Michel Pébereau est souvent considéré comme étant à l’origine du développement de l’une des plus grandes banques au monde. En 1993, il a organisé la privatisation de la BNP et, en 2000, il a orchestré la fusion de la société avec une autre banque française, Paribas. Depuis 2013, BNP Paribas est la 5e plus grande banque au monde en termes de valeur d’actifs. Les inscriptions au TIGER Forum sont maintenant ouvertes sur le site Internet. Michel Pébereau Dernières infos et extraits vidéos www.tiger-forum.com @TIGERForum André Chieng ÉVÉNEMENTS À VENIR 3-4 avril 2014 Huitième conférence bisannuelle sur l’économie des services postaux « E-commerce, Digital Economy and Delivery services » 10-11 avril 2014 Élections et institutions électorales 18 avril 2014 TSE Student Workshop 16-17 mai 2014 13e atelier en partenariat sur l’organisation industrielle Conférence sur l’économétrie financière 22-23 mai 2014 2e atelier sur l’économie et la biologie de Toulouse 2-6 juin 2014 TIGER 2014 > Directeur d’AEC Né à Marseille en 1953 de parents chinois, André Chieng est le président actuel de l’AEC, une société de conseil aidant les sociétés européennes à renforcer leur présence en Chine. Il est également Vice-président du Comité France-Chine et Conseiller du commerce extérieur de la France en Chine. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie en France, il s’est installé à Pékin en 2001. Thomas Enders > Directeur général du Groupe Airbus (anciennement EADS) Thomas (« Tom ») Enders a été nommé Directeur général du Groupe Airbus (EADS jusqu’au 1er janvier 2014) le 1er juin 2012, après avoir été Directeur général d’Airbus depuis 2007. Avant de rejoindre l’industrie aérospatiale en 1991, il a été, entre autres, un collaborateur du ministre allemand de la défense. TSE Mag #5 - Printemps 2014 11

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GRAND TÉMOIN Stéphane Richard Un point sur le futur de l’industrie des télécommunications avec le PDG d’Orange À propos d’Orange Orange est l’un des principaux opérateurs de télécommunications dans le monde, avec un chiffre d’affaires de 41 milliards d’euros en 2013 et 165 000 salariés au 31 décembre 2013, dont 102 000 en France. Présent dans 30 pays, le Groupe servait plus de 236 millions de clients au 31 décembre 2013, dont 178 millions de clients du mobile et 15 millions de clients haut débit fixe dans le monde. Orange est également l’un des leaders mondiaux des services de télécommunications aux entreprises multinationales sous la marque Orange Business Services. 12 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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GRAND TÉMOIN Quelles furent les motivations d’ORANGE pour s’impliquer dans la création de la Fondation TSE en tant que Fondateur ? Stéphane Richard. Les liens entre Orange et l’école d’économie de Toulouse sont anciens puisque France Télécom a fait partie des partenaires fondateurs de l’Institut d’Economie Industrielle (IDEI) créé par Jean Jacques Laffont au début des années 1990. Lorsqu’Orange a été sollicitée pour s’impliquer dans la fondation au moment de la création de Toulouse Science Economique, il nous est apparu de la responsabilité comme de l’intérêt de l’entreprise de soutenir ce projet. En effet, je considère l’émergence en France d’un centre d’excellence de rayonnement mondial en analyse économique, notamment en matière d’économie industrielle, comme une chance pour les entreprises françaises. Quelles sont d’après-vous les bénéfices croisés ORANGE / TSE de ce partenariat ? SR. Les conventions de recherches avec l’Institut d’Economie Industrielle sont pour nous l’occasion d’avoir au sein de l’entreprise une meilleure compréhension des avancées de la recherche en économie, et aussi la possibilité de confronter nos préoccupations aux analyses et aux critiques des économistes toulousains. À l’inverse, les chercheurs de Toulouse trouvent dans leurs échanges avec des praticiens, avec nous mais aussi avec les autres acteurs des débats nombreux et passionnés qui traversent notre secteur, de quoi nourrir leurs réflexions, identifier des sujets émergents et produire des recherches novatrices. Pourquoi le secteur des télécoms a-t-il besoin des économistes ? SR. Les enjeux de développement économique mais aussi social et culturel liés à notre secteur sont extrêmement riches, et notre industrie est le théâtre d’interactions fortes entre les acteurs publics, les acteurs privés, sans oublier les utilisateurs et la société civile. L’analyse économique permet d’aborder toutes ces questions de façon rationnelle, en clarifiant les enjeux, le rôle des chacune des parties prenantes, et montrant comment s’articule l’intérêt de la société dans son ensemble avec les intérêts des différents acteurs. Facebook vient de s’offrir pour 14 milliards de dollars le réseau Whatsapp, soit 80 fois son chiffre d’affaires estimé : est-ce le retour des bulles spéculatives dans l’internet ? SR. Je ne sais pas si c’est le retour d’une bulle spéculative, mais cela traduit aussi le fait que les entreprises dites « Over the Top », qui ne sont pas soumises aux mêmes régulations, taxes, et lois concurrentielles que les opérateurs prennent la plus grosse partie de la valeur générée par les nouveaux usages numériques ; cela alors même que les investissements nécessaires au déploiement et à l’entretien des réseaux , clés pour supporter les offres des OTT, sont uniquement portés par les opérateurs. Il est clair que nous devrons trouver un plus juste équilibre, en commençant par appliquer la même réglementation à tous les acteurs de l’écosystème numérique, opérateurs ou acteur « Over the Top ». Le rachat de SFR par Numericable pose de sérieux problèmes concurrentiels qui devraient justifier a minima des remèdes structurants. Y aura-t-il encore 4 opérateurs dans le mobile en France en 2015 ? SR. Il est trop tôt pour le dire. Nous accueillons favorablement les projets de consolidation qui répondent à la déstabilisation du marché que nous dénonçons depuis plusieurs mois et qui seuls pourraient permettre une égalisation des conditions de concurrence et répondre à la nécessité pour tous de financer de lourds investissements. En ce sens, si le rachat de SFR par Numericable pose de sérieux problèmes Que pensez-vous des débats actuels sur l’éthique et les conflits concurrentiels qui devraient justifier a minima des remèdes structurants, il d’intérêts au sein des économistes ? Comment garantir la ne règle en rien la situation du marché mobile français. liberté de recherche de l’économiste dans un contexte de relations étroites avec les entreprises ? Stéphane Richard en bref SR. TSE est un organisme public de recherche et à ce titre le principe constitutionnel de l’indépendance des chercheurs s’impose. > 2009 - Présent - Directeur Général Adjoint chargé des Les travaux de recherches menés au sein de TSE satisfont aussi aux exigences Opérations France, puis Directeur Général et PDG - Orange les plus élevées en matière d’évaluation scientifique, et doivent passent au crible du jugement par les pairs pour être publiés dans la littérature >2  007 - 2009 - Directeur de cabinet - Ministère de l’Économie, économique, selon des critères sur lesquels, fort heureusement, ni les de l’Industrie et de l’Emploi entreprises ni les autorités publiques n’ont d’influence. Enfin l’indépendance scientifique de TSE est également confortée par >2  003 - 2007 - Directeur Général Adjoint l’indépendance financière que lui apporte le capital de sa fondation. Véolia Environnement Directeur de France Télécom - Orange Il est clair que nous devrons trouver un plus juste équilibre, en commençant par appliquer la même réglementation à tous les acteurs de l’écosystème numérique, opérateurs ou acteur « Over the Top ». >1  992 - 2003 - Adjoint au Directeur Financier - Compagnie Générale des Eaux Directeur Générale - Phénix Président - CGIS (devenue Nexity) Stéphane Richard est diplômé de l’École des hautes études commerciales et de l’École nationale d’administration. TSE Mag #5 - Printemps 2014 13

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PARTENARIAT SCOR : L’attitude du partage des risques SCOR, société de réassurance internationale exerçant ses activités à l’échelle mondiale, appuie les travaux d’une équipe de chercheurs de TSE dans le domaine des mécanismes de partage de risques. Ce partenariat est mené dans le cadre de la chaire de recherche « SCOR-IDEI » sous l’égide de la Fondation Louis Bachelier. Stéphane Villeneuve, professeur en mathématiques appliquées à TSE, est à la tête de l’équipe de chercheurs prenant part aux activités de cette chaire. Interview de Stéphane Villeneuve > Comment ce partenariat est-il né et quelles sont les domaines de prédilection de cette chaire ? Stéphane Villeneuve. La chaire SCOR-IDEI a été créée en 2007 dans le but de financer la recherche appliquée et théorique sur les mécanismes du partage de risques. Cette chaire associe des méthodologies provenant de l’économie financière, de l’organisation industrielle et de l’économétrie. Ce partenariat entre dans sa septième année et les travaux de recherches accomplis au sein de cette chaire couvrent une large gamme de thèmes : > Mécanismes du partage de risques : réglementation, risques de liquidités et de solvabilité, fixation du prix des actifs pour comprendre l’impact des normes réglementaires en matière de liquidités et de solvabilité sur le marché des assurances. > Attitude face aux risques : ambiguïté et influence psychologique, pour étudier l’attitude face aux risques en cas d’ambiguïté, lorsque la quantification de la distribution des pertes est incertaine. > Risques extrêmes et interdépendance, pour étudier des méthodes économétriques originales afin de quantifier les risques extrêmes et la corrélation entre des événements. > Risques de longévité, soins de longue durée et assurance (sociale), pour étudier les différents aspects de l’assurance sociale concernant l’importance croissante de la longévité, notamment la dimension des soins de longue durée qui lui est associée, en utilisant des outils de la théorie du risque, des analyses microéconomiques, une 14 TSE Mag #5 - Printemps 2014

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PARTENARIAT SCOR en chiffres Lancée il y a 7 ans Plus de 50 publications Plus de 10 récompenses et bourses de recherche Philippe Trainar, Directeur des risques - Groupe SCOR SCOR est intimement convaincu que la capacité à incorporer rapidement puis à diffuser les conclusions de la recherche universitaire la plus avancée constitue un avantage compétitif indéniable en réassurance, surtout quand cette recherche porte sur le risque et sur la prise de décisions optimale dans des situations incertaines. C’est le cas pour les deux chaires financées respectivement par la Fondation du Risque-IDEI et TSE. Un mot de dynamique macroéconomique, une fiscalité optimale, l’économie politique, l’économie publique et/ou la théorie de l’assurance. > Quelles sont les activités menées au sein de la chaire SCOR-IDEI ? SV. Des activités universitaires et non universitaires sont organisées à intervalles réguliers, notamment des ateliers, des conférences, des séminaires, la publication de recherches, etc. L’objectif principal de la chaire est de proposer une recherche de qualité et de publier des articles dans des revues d’économie de renom. Au cours de ces sept dernières années, la chaire a dirigé plus de cinquante publications, dont huit ont été publiées dans des revues d’économie prestigieuses comme Econometrica, l’American Economic Review, le Royal Econometric Society et le Journal of Finance. Une dizaine d’entre eux ont reçu un prix et/ou une subvention de recherche. Consultez la liste des publications ici >> > À quelle fréquence ses membres se réunissent-ils ? SV. Assez souvent, principalement lors des ateliers et réunions organisés par la chaire. Les ateliers thématiques font partie intégrante de la chaire ; les chercheurs y présentent leurs travaux et discutent avec d’autres membres de l’évolution de leur projet de recherche. Ces ateliers ont lieu deux fois par an. Cette année, par exemple, une équipe de chercheurs de l’IDEI a présenté ses travaux sur les soins à long terme, la longévité et l’assurance sociale(« Long term care, longevity and social insurance ») à l’équipe SCOR et aux représentants de la compagnie d’assurances au siège de SCOR à Paris. Une conférence annuelle IDEI-SCOR se tient également au siège de SCOR à Paris. De plus, les chefs de projet de l’IDEI se réunissent au moins une fois par an avec les représentants de SCOR lors d’un comité de pilotage. Ce comité est l’occasion pour les chercheurs de l’IDEI de présenter les résultats de leurs recherches et permet aux représentants de SCOR d’exprimer leurs besoins en termes de recherche. Il détermine également la direction que la recherche appliquée doit prendre afin de répondre aux besoins exprimés par la direction de SCOR. > Quels sont les moments forts à venir ? SV. Cette année, la chaire SCOR va être directement concernée par le TIGER Forum annuel de TSE dans le cadre d’un atelier dédié au vieillissement et aux soins de longue durée. Des sujets intéressants et variés vont être examinés lors de cet événement avec des chercheurs qui présenteront leurs dernières publications dans ce domaine. Note de l’éditeur : voir pages 10-11 pour obtenir tous les détails ! TSE Mag #5 - Printemps 2014 15

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