Kit Citoyen: campagne "0 phyto, 100% bio!" dans ma commune!

 

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Kit citoyen: des outils pour s'informer et agir

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KIT CITOYEN DES OUTILS POUR S’INFORMER ET AGIR Villes et villages bio et sans pesticides www.0phyto-100pour100bio.fr

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SOMMAIRE LE PROJET & LE KIT LES MAIRIES PIONNIÈRES & LES SOLUTIONS LE GUIDE JURIDIQUE L’ANTISÈCHE LES OUTILS, LES RESSOURCES & LES DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER p.3 p.6 p.10 p.13 p.17 Que contient ce kit citoyen ? DES EXEMPLES CONCRETS Des communes qui prouvent chaque jour que la bio comme le zéro phyto, ça fonctionne ! DES EXTRAITS DE LOIS Nul n’est censé ignorer la loi, et plus encore lorsqu’on se veut un représentant de l’Etat ! Soutenir la bio et la réduction des pesticides, c’est aussi une obligation qui engage la responsabilité légale des élus. DES COURRIERS TYPES À envoyer à votre maire et aux autres candidats. DES PISTES CONCRÈTES Pour relayer le projet sur le terrain, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Des outils pour s’informer, sensibiliser et agir DES RESSOURCES UTILES Ouvrages, films, liens web... tout pour s’informer. DES ARGUMENTS FORTS Pour démonter les préjugés (prix, alternatives...) sur ces questions devenues de véritables enjeux de santé publique qui devraient être à la base des préoccupations de toute personne soucieuse de représenter les intérêts des habitants dont elle brigue le suffrage. DES OUTILS PRATIQUES Pour mettre en place des actions locales : réunions, interviews, débats... Kit citoyen 2

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POURQUOI LE PROJET ? Pour encourager et valoriser les bonnes pratiques de certaines communes, mais aussi pour inciter chacune d’entre elles à s’améliorer et à s’engager pour l’avenir, en s’appuyant sur la période des élections municipales de mars 2014. LE SITE PLATEFORME www.0phyto-100pour100bio.fr QU’EST-CE QU’UN PRODUIT PHYTOSANITAIRE ? C’est un PESTICIDE, une substance chimique, souvent toxique, utilisée pour contrôler des plantes, insectes et champignons. Contrairement à ce que le mot pourrait laisser entendre, il ne s’agit pas d’un produit pour «soigner » la plante, mais de détruire des éléments naturels jugés parasites, pour des raisons agronomiques comme esthétiques. Largement utilisé dans l’agriculture chimique, ces produits sont également appliqués par les services de voiries, ainsi que les jardiniers amateurs. LA CARTE DES VILLES ET VILLAGES SANS PESTICIDES pour afficher les communes qui s’engagent à réduire, voire à supprimer l’usage des pesticides dans les espaces publics municipaux. www.villes-et-villages-sans-pesticides.fr/ LA CARTE DES VILLES ET VILLAGES BIO pour répertorier les communes qui s’engagent vers une politique de développement de l’agriculture biologique dans les champs et l’introduction de produits bio en restauration collective publique. www.villes-et-villages-bio.fr/ QU’EST-CE-QUE LA BIO ? L’agriculture biologique n’est pas seulement un système de production respectueux de l’environnement, sans utilisation de pesticides de synthèse et/ou d’OGM. C’est également UN MODÈLE D’AGRICULTURE EFFICACE ÉCONOMIQUEMENT ET SOCIALEMENT. La bio est un projet de société, déjà porté par les citoyens et certains agriculteurs, mais qui demande encore davantage de soutien des politiques publiques afin de rendre accessible à tous une alimentation saine et non polluée. LE KIT CITOYEN Pourquoi un kit citoyen ? En tant que citoyen, nous avons tous un rôle à jouer dans le changement des mentalités et la construction d'un cadre de vie plus sain. Pour atteindre cet objectif il faut faire entendre sa « voix » au-delà des urnes, en créant du débat et en dialoguant avec les élus ou les candidats à l'élection afin d'obtenir de tous des engagements concrets. Kit citoyen 3

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On veut des communes bio et sans pesticides ! Pour préserver la santé des habitants, et plus particulièrement des populations les plus sensibles : enfants, femmes enceintes... Pour préserver la santé des travailleurs : les agriculteurs, les agents en charge des espaces verts, techniciens de la voirie… Pour améliorer le cadre de vie, renforcer les liens sociaux, soutenir l’emploi et l’agriculture locale Pour préserver l’environnement : qualité de l’eau, de l’air, des sols... Pour préserver la biodiversité : protection des abeilles, des insectes, de la flore... Comment faire ? - La formule magique LA VOLONTÉ DES ÉLUS Elle est essentielle pour que la transition des pratiques soit assumée par les services techniques, notamment en cas de demandes des habitants. La défense de la santé publique et la protection d’un cadre de vie sain devraient être des préoccupations majeures de tout élu. L’IMPLICATION DES SERVICES TECHNIQUES Les agents en charge de la voirie et des espaces verts sont les premiers concernés car il s’agit autant de leurs outils de travail que de leur santé. Un élu de Pornichet témoigne : « Bien que l’équipe municipale ait changé en 2007 au cours de la démarche engagée [vers le zéro phyto], il a été possible de la poursuivre grâce à la forte motivation des services techniques » permettant ainsi que les pratiques perdurent au-delà des mandats. De même, sans le soutien des gestionnaires et du personnel de cantine, l’introduction d’aliments bio s’avérera plus difficile. LA SENSIBILISATION DES CITOYENS De nombreuses associations disposent de matériel pédagogique, d’expositions itinérantes ou de dépliants vous permettant de dialoguer sereinement avec tous, et vos élus en particulier. + + Et chez vous ? • Votre commune est engagée sur une de ces thématiques ? Faites en sorte qu’elle apparaisse sur une des cartes de recensement des villes et villages vertueux en signalant cette initiative à vos élus. • Elle peut faire (beaucoup) mieux ? Fournissez les clés de la réussite à votre maire grâce aux outils du kit citoyen. • Que proposent les candidats aux élections ? Interrogez-les et faites circuler l’information, par les réseaux sociaux ou la presse locale afin que chacun s’engage pour l’avenir ! Kit citoyen 4

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A VOUS ! 1 DEVENEZ ENQUÊTEUR sur le web pour recenser les communes sur : www.0phyto-100pour100bio.fr LES MOYENS D’ACTIONS À VOTRE DISPOSITION 4 5 RENCONTREZ VOTRE MAIRE et donnez-lui le kit. PARTICIPEZ AUX RÉUNIONS PUBLIQUES De nombreuses réunions publiques s’organisent pendant la campagne électorale, c’est l’occasion de porter vos exigences en matière d’agriculture et d’alimentation. IMPLIQUEZ VOTRE CONSEIL MUNICIPAL Vous pouvez vous adresser aux conseillers municipaux pour qu’ils soumettent une question orale au maire lors du conseil municipal, auquel vous pouvez prendre part, dont la réponse sera alors retranscrite dans le compte-rendu de séance. 7 RELAYEZ LE KIT CITOYEN Diffusez le kit citoyen par mail et via les réseaux sociaux. Vous pouvez aussi l’imprimer et l’offrir ! 2 MENEZ VOS PROPRES INTERVIEWS Nous vous encourageons à filmer et partager les déclarations des élus et des candidats sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse d’un engagement comme d’un refus, que chaque électeur puisse être informé. 3 ENVOYEZ DES COURRIERS à votre maire et aux autres candidats aux élections. Vous trouverez des modèles de lettres dans les pages suivantes invitant votre maire à répondre au recensement des villes et villages bio et sans pesticides. Encouragez également tous les candidats à s’engager pour le prochain mandat en les interpellant. 6 ÉCRIVEZ DANS LA PRESSE Si 3 personnes écrivent à un journal local, le thème évoqué sera considéré comme courant d’opinion et votre lettre sera publiée dans le courrier des lecteurs. 8 Crédit photo - Sébastien Pictur3s Pour vous aider, appuyez-vous sur le kit qui contient des arguments simples que vous pourrez vous approprier, des exemples de villes engagées que vous pourrez citer et des extraits de lois sur lesquels vous reposer. En matière de citoyenneté, vous êtes le seul expert ! Kit citoyen 5

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Les solutions alternatives aux pesticides en zone urbaine quelques exemples •DÉSHERBAGE À L’EAU CHAUDE Le désherbage à l’eau chaude (ou système aquacide) est un procédé qui permet une sortie de vapeur d’eau à 130°, la chaleur fait éclater les cellules de la plante qui meurt. •DÉSHERBAGE THERMIQUE OU BRÛLAGE À LA FLAMME •DÉSHERBAGE MÉCANIQUE ET MANUEL Provoque un choc thermique sur la plante et provoque une évaporation de l’eau contenu dans la plante qui se dessèche ensuite. Des appareils mécaniques à couteaux ou rabots grattent le sol afin de désherber une allée en un seul passage. Les agents municipaux sont aussi encouragés à utiliser des binettes ( l’huile de coude ) pour l’arrachage des « mauvaises herbes ». Crédit photo - Dame Cécile •LUTTE BIOLOGIQUE L’utilisation d’auxiliaires (coccinelles, chrysopes) et de protection des prédateurs naturels (oiseaux, araignées...) est une solution alternative aux traitements insecticides, en particulier dans les serres, contre les insectes et acariens indésirables. •MODIFICATION DES PRATIQUES PAYSAGÈRES Par exemple, le paillage naturel à base de broyat remplace progressivement les herbicides sélectifs dans les massifs d’arbustes et permet d’économiser l’arrosage dans les massifs fleuris. Les parterres de fleurs peuvent aussi être remplacés avantageusement par des « prairies fleuries » à l’aspect naturel très esthétique. Crédit photo - S.Priou AIDE ET FORMATION : l' association de professionnels Plante & Cité est une plateforme nationale d' expérimentations et de conseils techniques à destination des services espaces verts des collectivités territoriales et des entreprises du paysage. Elle met à disposition des élus et des services techniques municipaux des fiches et synthèses regroupant des connaissances techniques de base, rédigées à partir de résultats d' essais, connaissances bibliographiques et autres connaissances validées sur le terrain. Les associations (notamment certains FREDON), les autres communes (Rennes et Paris par exemple), les agences de l'eau, les Conseils régionaux ou Généraux peuvent également vous apporter leur expertise. Les pouvoirs publics ont par ailleurs développé un site dédié dans le cadre du plan Ecophyto. Kit citoyen 6

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Les mairies pionnières … L’engagement pour un cadre de vie et un environnement plus sains devrait être la motivation première de tout candidat désireux d’accéder à la Mairie. Des maires de tous horizons géographiques et politiques s’y engagent depuis de nombreuses années. Les communes ci-après, pour n’en nommer que quelques-unes, peuvent ainsi être citées en exemple pour leurs initiatives et leurs résultats non négligeables en réduction – ou suppression- des pesticides et développement de la bio. ... dans le « zéro pesticide » Depuis 2004, la VILLE D’ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN (BAS RHIN) n’utilise plus de pesticides et d’engrais chimiques dans les espaces verts. Pionnière, la petite ville a été suivie dans cette démarche par la communauté urbaine de Strasbourg en 2008. La Ville offre également un nichoir aux habitants qui s’engagent à n’utiliser aucun pesticide sur leur balcon et dans leur jardin. Crédit photo - Club Photograff’ LA VILLE DE RENNES et les 37 communes de la métropole se sont engagées dans une démarche concertée vers le « Zéro phyto ». La capitale bretonne a ainsi réduit progressivement sa consommation de produits phytosanitaires, passant de 775 kilos par an en 1996 à 298 kilos par an en 2003 puis à 60 kilos par an en 2008, soit une réduction totale de 92 % en 10 ans, avec un objectif affiché d’en bannir définitivement l’usage. Crédit photo - Sébastien Perrault EN RÉGION PARISIENNE, 70% à 80% des collectivités ont banni l’usage de pesticides dans les espaces verts et le fleurissement, mais ces produits toxiques restent encore majoritairement utilisés sur les terrains de sport, la voirie et les cimetières, d’après une étude de Natureparif. De 1998 à 2008, la quantité employée de désherbant a tout de même été réduite de 87% dans les cimetières, et une soixantaine d’espaces verts parisiens ont reçu un label écologique. Crédit photo- @Gondwana En 2008, le CONSEIL GÉNÉRAL DE CÔTE D’OR abandonnait l’usage des herbicides en bordure des routes départementales, soit une réduction nette de 5 à 600 litres d’herbicides par an. Crédit photo- Wikimedia Commons Kit citoyen 7

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Introduire la bio dans les cantines : les solutions clés •ASSOCIER TOUS LES ACTEURS CONCERNÉS Parents d’élèves, salariés en entreprise, élus d’une commune ou d’une collectivité territoriale, cuisiniers ou gestionnaires dans une cantine, agriculteurs ou groupements d’agriculteurs bio locaux, ils interviendront aux différentes étapes du projet. •ÉVALUER LES BESOINS ET LES CAPACITÉS DE L’ÉTABLISSEMENT EN SE POSANT LES BONNES QUESTIONS Les repas sont élaborés sur place ou confiés à un prestataire extérieur ? Qui prend les commandes ? Qui décide des menus ? Quel budget doit être consacré aux repas ? •SE RENSEIGNER SUR LA FILIÈRE BIO LOCALE •S’ADAPTER Volume de production, saisonnalité des produits, délais de livraison, disponibilités, transformateurs et transporteurs, etc. AUX CAPACITÉS ET AU RYTHME DES PRODUCTEURS ET FOURNISSEURS Planifier en fonction des saisons des produits et des volumes disponibles localement et passer les commandes à l’avance. •PRENDRE EN COMPTE LA SPÉCIFICITÉ DES PRODUITS BIO C’est s’adapter au temps de cuisson de certains produits bio qui nécessitent parfois plus de temps (les céréales complètes par exemple) ; c’est aussi ajuster les quantités servies en fonction des teneurs en matière sèche des produits bio. •MAÎTRISER LES COÛTS Éviter le gaspillage (distribution du pain bio en fin de self par exemple), planifier les approvisionnements à l’année, proposer des repas à quatre composantes au lieu de cinq, supprimer les exhausteurs de goût, diversifier les apports de protéines (animales et végétales) et consommer des fruits et légumes locaux et de saison. •ACCOMPAGNER ET VALORISER l’arrivée des produits bio, aux saveurs plus marquées. Différentes animations et actions de sensibilisation peuvent être proposées (tables découvertes, intervention d’acteurs de la filière, visite à la ferme). AIDE ET FORMATION : le réseau FNAB accompagne chacun des acteurs (élus, services techniques, producteurs, cuisiniers.. ) désireux d'introduire des produits bio en restauration collective et met à leur disposition des outils et des guides qu'il est possible de retrouver sur le site www.repasbio.org. Kit citoyen 8

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... dans le développement de la bio et son introduction en restauration collective La COMMUNE DE BARJAC (Gard, 1 546 habitants) avec l’aide de Terre de Liens a investi dans une ancienne ferme abandonnée, qu’elle a mise en location au profit d’agriculteurs prêts à produire bio pour la cantine du village. Depuis, 300 repas sont préparés chaque jour dans la cuisine centrale et distribués aux élèves de la commune et de ses alentours, ainsi qu’aux personnes âgées ou handicapées qui bénéficient d’un service de portage à domicile. Crédit photo - Phototèque Européenne Le VILLAGE VITICOLE DE CORRENS (Var, 879 habitants) a connu une crise liée à la perte de qualité de sa production de vin dans les années en 1996. La municipalité convainquit alors les paysans de passer à l’agriculture biologique. Aujourd’hui, 95% de la surface agricole est cultivée en bio, soit près de 250 hectares, et la production viticole s’est bonifiée, permettant ainsi de pérenniser la production et de relancer la croissance démographique. Crédit photo - Phototèque Européenne Suite à un manque de maraîchers bio sur sa commune, et pour satisfaire son envie de fournir des menus intégralement bio dans les cantines scolaires, LA MUNICIPALITÉ DE MOUANS-SARTOUX (Alpes-Maritimes, 10 243 habitants) a fait l’acquisition d’un ancien domaine agricole de 4 hectares afin d’y développer une régie municipale à destination des restaurants scolaires. Depuis janvier 2012, les menus sont préparés avec des aliments 100 % bio et une grande partie des légumes proposés provient de la régie agricole. Crédit photo - Phototèque Européenne Crédit photo - Phototèque Européenne A SAINT-ÉTIENNE, (171 961 habitants, Loire), les repas bio sont préparés dans la cuisine centrale depuis septembre 2009, par la société de restauration concédée « Elior ». L’objectif de 100% bio a été atteint en janvier 2014 pour les 2800 repas servis dans les cantines des écoles maternelles et primaires. L’heure du déjeuner est devenue l’occasion de sensibiliser les élèves au développement durable, la lutte contre le gaspillage, la promotion des produits régionaux et de l’agriculture biologique, les principes de compostage... Les communes de Grande-Synthe (Pas-de-Calais, 20 901 habitants) avec 540 repas et d’Ytrac (Cantal, 3 868 habitants) avec 200 repas sont aussi passées au 100% bio. Kit citoyen 9

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Guide juridique : «nul n’est censé ignorer la loi» ! Sortir du tout pesticide, une obligation légale LE PLAN ECOPHYTO Mis en place en 2008 par le Ministère en charge de l’agriculture suite au Grenelle de l’Environnement, le plan Ecophyto vise à réduire, « si possible », de moitié l’usage des produits phytosanitaires en zones agricoles et non agricoles d’ici à 2018. Il s’agit de réduire l’usage de ces produits toxiques afin de limiter leur impact sur l’environnement et la santé humaine. L’axe n°7 du programme, « réduire et sécuriser l’usage des produits phytopharmaceutiques dans les zones non agricoles (ZNA) » est spécifique aux jardins particuliers, espaces verts, parcs et jardins, cimetières, terrains de sport ou de loisirs, les voiries et trottoirs, et les zones industrielles, terrains militaires, aéroports, ou voies ferrées. Plusieurs arrêtés encadrent également l’utilisation des pesticides en instaurant certaines règles (limite de vent, zone non traitée le long de certains cours d’eau etc.) ou en interdisant l’utilisation de ces produits dans les lieux fréquentés par le grand public ou des groupes de personnes vulnérables. Il est parfois surprenant de constater que ces réglementations ne sont pas toujours connues des élus chargés de leur application ou qu’elles sont ignorées de manière intentionnelle... NOUVELLES OBLIGATIONS DE CERTIFICATION POUR LA DISTRIBUTION, l’usage et la manipulation de produits phytosanitaires. Dans le cadre du plan Ecophyto 2018, le 1er octobre 2014, les techniciens des collectivités territoriales devront obligatoirement détenir un certificat individuel (« certiphyto ») pour la manipulation et l’utilisation de produits phytosanitaires délivré par la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de leur région. Vérifiez que cela est bien le cas ! Même si ce certificat est peu contraignant, il a au moins l’intérêt d’exister – Exigez la preuve de son obtention par les agents qui effectuent les traitements. LA LOI CHANGE ! Une nouvelle loi a été adoptée en janvier 2014 pour interdire l’usage des pesticides dans certains espaces publics, surtout les parcs, d’ici à 2020. Elle vise également à stopper la vente de ces produits pour les jardiniers amateurs d’ici à 2022. Si cette loi marque une réelle avancée vers la nécessaire réduction de l’exposition du public et des travailleurs aux pesticides, elle n’est cependant pas totalement satisfaisante. Pourquoi attendre si longtemps pour bannir ces produits toxiques de notre quotidien ? Ce délai ne stimulera pas suffisamment l’industrie et les élus pour les inciter à adopter des alternatives. Du fait du jeu électoral, un risque pèse sur ce texte qui pourrait être attaqué avant sa date de mise en application. De plus, un amendement adopté au Sénat pour les substances classées « à faible risque » (une notion vague et non définie dans le règlement européen), remet en cause le principe d’interdiction des pesticides de synthèse. Kit citoyen 10

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UNE SÉRIE D’ARRÊTÉS QUE NUL ÉLU FRANÇAIS N’EST CENSÉ IGNORER, SOUS PEINE DE POURSUITEs. ARRÊTÉ PESTICIDES Le principal arrêté qui encadre l’utilisation des pesticides date du 12 septembre 2006 « relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L.253-1 du code rural ». Il stipule notamment qu’il est interdit d’épandre des pesticides lorsque le vent est supérieur à 3 sur l’échelle de Beaufort (19km/h – soit en gros lorsque les feuilles bougent dans les arbres). ARRÊTÉ ESPACES PUBLICS Arrêté du 27 juin 2011 relatif à « l’interdiction d’utilisation de certains produits mentionnés à l’article L253- 1 du code rural dans les lieux fréquentés par le grand public ou des groupes de personnes vulnérables. » Il est ainsi interdit d’user de certains pesticides très toxiques dans « les cours de récréation et espaces habituellement fréquentés par les élèves dans l’enceinte des établissements scolaires ; espaces habituellement fréquentés par les enfants dans l’enceinte des crèches, des haltes-garderies et des centres de loisirs ; aires de jeux destinées aux enfants dans les parcs, jardins et espaces verts ouverts au public. » Des dispositions similaires doivent être appliquées dans un rayon de 50 mètres à proximité de « bâtiments d’accueil ou d’hébergement des personnes vulnérables » comme les hôpitaux ou les maisons de retraites. De façon générale, les produits les plus toxiques (cancérigène, mutagène ou bioaccumulable) sont interdits d’utilisation « dans les parcs et les jardins, les espaces verts et les terrains de sports et de loisirs ouverts au public ». Cependant, la loi précise que « cette disposition ne s’applique pas si l’accès aux lieux mentionnés peut, en tout ou partie, être interdit au public pour une durée totale ne pouvant être inférieure à douze heures après la fin du traitement », ce qui signifie que les agents municipaux restent encore exposés à ces substances nocives, et des produits toxiques restent utilisés dans les lieux publics, fréquentés par les familles. Il faut donc demander à votre maire de garantir la prohibition totale de ces pesticides en toute circonstance et en tout lieu. Par ailleurs, certaines substances comme les désherbants à base de glyphosate, première source de contamination de l’eau potable, pourraient avoir une toxicité sous-évaluée, et doivent aussi être interdits. Kit citoyen 11

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La bio, ce n’est pas facultatif ! Les obligations légales « LA CIRCULAIRE DU 3 DÉCEMBRE 2008 RELATIVE À L’EXEMPLARITÉ DE L’ETAT au regard du développement durable dans le fonctionnement de ses services et de ses établissements publics » précise que la politique d’achat de l’Etat doit se faire dans une approche de développement durable. Elle ordonne a chaque ministère de mettre en oeuvre un « Plan Administration Exemplaire » dans lequel ils doivent inclure les objectifs et actions des 20 fiches annexes. La fiche n°5 concerne l’alimentation, et vise à « réduire les impacts environnementaux de la consommation des denrées et produits alimentaires en orientant la restauration collective publique vers des produits issus de modes de production respectueux de l’environnement, notamment en termes de préservation de la qualité des sols, de la biodiversité et des ressources en eau ». L'objectif était d'atteindre 15 % de produits issus de l'agriculture biologique dans les services de restauration de ces administrations et établissements publics sous tutelle pour 2010 et 20% pour 2012 au travers des actions telles que : favoriser le groupement de commandes, diminuer la ration moyenne de viande ou favoriser les produits de saison. LE PLAN AMBITION BIO 2017 fixe à 20% le volume d’achat en bio en restauration collective (qui ne représente aujourd'hui que 2,4 %) et vise à doubler le pourcentage de surface agricole en agriculture biologique pour passer de 3,8% fin 2012 à près de 8% d'ici fin 2017. La recherche, la sensibilisation des élèves, enseignants et parents, la structuration de filières et la formation des acteurs sont aussi au programme des 6 axes du plan. LE GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT a fixé plusieurs objectifs en 2007, pour la France, notamment en terme d’agriculture biologique. Étaient notamment prévus dans le Plan « Agriculture biologique : horizon 2012 » un triplement des surfaces cultivées en bio (soit 6% de la surface agricole française) et l’introduction de produits biologiques dans la restauration collective publique à hauteur de 20%. Aujourd’hui, bien que le nombre d’agriculteurs en bio ne cesse de croître, les terres bio ne représentent qu’un peu moins de 4% de la surface agricole utile (SAU). Tout juste 3% des produits en restauration collective publique sont issus de l’agriculture biologique, bien loin des objectifs annoncés. Il revient donc aux élus d'affirmer leur engagement et de développer les actions locales nécessaires, pour atteindre et dépasser ces objectifs légaux en termes de restauration collective bio. Kit citoyen 12

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Des arguments contre les idées reçues : l’antisèche. Les arguments en faveur de la réduction ou suppression des pesticides Pour répondre aux continuels « Les pesticides sont utiles contre les mauvaises herbes, les pesticides ne sont pas dangereux... » « LE ZÉRO PHYTO, CE N'EST PAS POSSIBLE DANS LES ESPACES À CONTRAINTE COMME LES CIMETIÈRES ! » FAUX ! « On a un problème avec les cimetières », reconnaît Fabienne Giboudeaux, l’adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts de Paris en 2013 lors de la Semaine pour les alternatives aux pesticides. Et dans le même temps, « laisser pousser l’herbe est souvent perçu comme irrespectueux » pour la mémoire des défunts. Aussi, depuis 2011, Paris tente de « changer le regard » sur le cimetière pour en finir avec le marbre, les gravillons et les pots de chrysanthème en plantant des prairies, avec des espèces indigènes, dans certaines parties des cimetières. A Angers, dans les cimetières, le zéro phyto fonctionne déjà grâce à de nouvelles pratiques paysagères : des carrés végétalisés, des massifs d’arbustes dans les zones non piétinées, et des vivaces couvre-sol pour les entourages de tombes. Sur ces espaces à contraintes, il est nécessaire qu’élus comme techniciens se forment auprès d’organismes certifiés pour adapter leurs pratiques. Un effort sur l’aménagement paysagé, et une sensibilisation des citoyens devraient les encourager à changer leurs regards, et gagner en tolérance sur quelques « herbes folles ». A titre d’exemple : 775 kg/an étaient utilisés en 1996 dans la Ville de Rennes ; en 2012 elle n’utilise plus aucun herbicide nocif, et est même passée au 0 phyto dans les cimetières. Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’il faudra un peu de temps et la volonté pour y parvenir ! « LE ZÉRO PHYTO, C'EST TROP CHER ! » FAUX. De nombreux exemples attestent des économies faites grâce au recours aux alternatives comme le montre ce témoignage du maire de Le Poinçonnet dans l’Indre. L’abandon des produits phytosanitaires a eu une conséquence immédiate sur les finances : la Ville dépensait 7.500 €, chaque année pour acheter 220 litres de produits, en 2003. Dix ans plus tard, elle ne dépense que 370 € pour 40 litres d’achats. « LE ZÉRO PHYTO, C'EST AUSSI POSSIBLE POUR UNE PETITE COMMUNE ? » VRAI. Des communes de toutes tailles passent au 0 phyto : de Versailles à Paris en passant par Loc-Envel (Côtes-d’Armor, 100 habitants) ou encore Saint-Samson-sur-Rance (Côtes-d’Armor, 1300 habitants). Kit citoyen 13

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« LE ZÉRO PHYTO, UNE DEMANDE CITOYENNE ? » VRAI ! Tous les sondages montrent que les citoyens n’ont pas confiance dans l’usage fait des pesticides : 80% des Français sont favorables à l’interdiction de l’utilisation des pesticides dans les lieux publics. Des associations apportent leur conseil pour aider les citoyens et les élus à faire évoluer leur regard sur la végétation spontanée dans les lieux publics. Aussi, chaque année de multiples acteurs démontrent lors de la Semaine pour les alternatives aux pesticides qu’il est possible de se passer des pesticides. « LES PESTICIDES NE SONT PAS SI DANGEREUX POUR LA SANTÉ ! » FAUX ! Ces produits ne sont pas anodins : le suffixe en « cide » signifiant « tuer ». Aujourd’hui des études scientifiques concordent pour montrer les risques sanitaires - même à faible dose - et environnementaux de ces produits chimiques. La recherche médicale française (INSERM) a montré en 2013 que cette exposition aux pesticides engendrait des risques accrus de développer certains cancers ou des maladies neurodégénératives de type Parkinson. Que ces produits aient une mention « Emploi Autorisé au Jardin » ou pas, ce sont les mêmes molécules que celles utilisées en agriculture, à l’exclusion de certaines, et on y trouve malgré tout des substances suspectées d’être des perturbateurs hormonaux par exemple comme le glyphosate (que l’on trouve dans le célèbre Roundup) . Des scandales récents ont démontré les faiblesses des évaluations de ces produits, notamment pour ce qui est d’une exposition sur le long terme et à divers pesticides, dit « effet cocktail ». Pourtant ces effets ne sont pas évalués ! Cela signifie qu’une exposition régulière à de multiples molécules, même à faibles doses, peut avoir des conséquences néfastes pour les personnes qui y sont exposées – et ce risque est d’autant plus fort pour les populations vulnérables comme les enfants ou les femmes enceintes. 7,4. C'est le nombre, par million d' enfants américains, d' écoliers malades à cause de l' exposition aux pesticides qu' ils subissent à l 'école ; pesticides utilisés dans les écoles elles-mêmes, ou par les exploitations agricoles environnantes.. « LES AGENTS MUNICIPAUX SONT DES PROFESSIONNELS, ILS SE PROTÈGENT ET ILS N' ENCOURENT AUCUN RISQUE ! » FAUX ! L’agence française de sécurité au travail et de l’environnement (actuelle ANSES) a publié un rapport démontrant l’inefficacité des Equipements de protection individuelle (EPI). En outre, des témoignages recueillis de certains agents tendent à démontrer qu’il n’est pas rare que lors des traitements les agents ne prennent pas le temps de mettre leurs EPI (combinaisons et/ou masques) et encore moins de les changer régulièrement ce qui est nécessaire à cause du risque de pénétration du produit au travers de la combinaison. Kit citoyen 14

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Les arguments pour préjugés sur la bio démonter les Pour répondre aux continuels « La bio c’est cher, c’est compliqué, c’est pas bon... » « LA BIO EST RÉSERVÉE AUX RICHES ! » FAUX. Le prix est souvent cité comme frein majeur à l’achat de produits bio. Pourquoi ces derniers sontils en moyenne plus chers ? D’une part, parce que les coûts de production bio sont supérieurs car la main-d’oeuvre est plus importante, la rémunération des producteurs plus juste, et les coûts des contrôles renforcés. En France, 80% des aides attribuées vont à seulement 20% de grosses exploitations industrialisées. De nouveaux modes de distribution permettent de réduire les coûts : vente directe, vente de paniers, boutiques spécialisées, coopératives, groupements d’achat. Un changement de régime alimentaire, comme la réduction de la consommation de viande, ou encore dans la façon de cuisiner permet d’arriver à des dépenses d’alimentation bio égales à celles d’un panier d’aliments conventionnels, et toujours largement inférieures aux prix des plats cuisinés. « LE BIO EST MEILLEUR POUR LA SANTÉ ! » VRAI. L’Agence Francaise de Sécurité Sanitaire des Aliments reconnait que: « Le mode de production biologique en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits, pour la santé humaine.» Cette alimentation sans résidus de pesticides a un impact très important sur votre niveau de contamination corporel et donc votre santé. Le fait de passer à une alimentation biologique élimine très rapidement les résidus de pesticides les moins persistants de votre organisme. Ainsi, un étude conduite sur des dizaines de groupes d’enfants montre que le passage à une alimentation bio fait disparaitre les résidus d’insecticides organophosphorés de leur organisme, avec la disparition de ces insecticides dans les urines des enfants pendant les 5 jours d’alimentation biologique ! « LA BIO, ÇA COÛTE PLUS CHER À LA COLLECTIVITÉ ! » FAUX. Sans changer nos habitudes, il y a effectivement un léger surcoût, mais il peut être facilement maîtrisable en faisant évoluer les pratiques dans la restauration collective en veillant à certains points : • Éviter le gaspillage. • Diversifier les apports de protéines. • Planifier les approvisionnements à l’année. • Faire des repas à quatre composantes au lieu de cinq. • consommer des fruits et légumes locaux et de saison. • Supprimer les exhausteurs de goût, souvent coûteux. Le soutien aux agriculteurs bio coûte 28 fois moins cher que la dépollution de l' eau liée aux pratiques agricoles polluantes ! Il s'agit là de choix politiques réversibles. Kit citoyen 15

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