Bulletin de l'ACIPA n°40 - Février 2014 - A Nantes le 22 février !

 

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Bulletin d'information de l'ACIPA qui s'oppose au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) - Février 2014

Popular Pages


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BULLETIN D’INFORMATION AUX ADHÉRENTS No 40 – Février 2014 À Nantes le 22 février ! Notre-Dame-des-Landes À toute la grande famille militante : Vive 2014 avec Santé, Solidarité et Amitié à tous ! Toutes et tous à Nantes le 22 février et pas une voix aux élections pour ceux qui soutiennent les grands projets inutiles destructeurs et ruineux. Toute l’année, avec DÉTERMINATION, nous marcherons sur le chemin des luttes pour conserver la Vie sur notre planète et vers un monde plus juste et plus humain. Michel TARIN Manif à Nantes Samedi 22 février 2014 Préfecture 13 h Plus d’infos : http://22fevrier2014.blogspot.com NOUS COMPTONS SUR VOUS ! MANIFESTATION à NANTES – Samedi 22 février 2014 – Préfecture – 13h Illustration : TANXXX.

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Vinci à nouveau candidat à un 2e Pinocchio « plus vert que vert » des Amis de la Terre ? Les vœux de Françoise Verchère Nantes Atlantique – samedi 11 janvier 2014 En ce début d’année, sacrifions non pas le bocage et les espèces qu’il abrite, mais sacrifions à la tradition des vœux ! Il y a d’abord tous ceux à qui je n’ai pas vraiment envie de souhaiter une belle année 2014, mais pour qui je vais tout de même formuler des vœux… Aux élus d’aujourd’hui qui pensent de manière très étonnante que l’avenir de leur territoire passe par la perte de milliers d’emplois. Nous leur souhaitons de se souvenir « qu’un tien vaut mieux que deux tu l’auras ! » car les temps sont rudes, il se crée peu d’emplois (la logique du système est plutôt l’inverse), il s’en transfère surtout (les emplois de recherche dont on nous parle pour remplacer les emplois perdus ici seront surtout des emplois déjà pourvus). À Vinci que l’on ne peut espérer convaincre de la justesse de notre cause, nous souhaitons qu’il comprenne qu’il a plutôt intérêt — au moins pour des raisons d’image — à sortir de ce bourbier et qu’il pourra négocier sans problème avec l’État pour continuer à gagner beaucoup ici, à Nantes-Atlantique. À l’État dont la parole est de plus en plus décrédibilisée, nous souhaitons de prendre enfin conscience que les citoyens sont intelligents, matures et responsables, mais fatigués de la confusion totale des valeurs et du gaspillage d’argent public. À Monsieur le Ministre des transports et Monsieur le Ministre de l’écologie, nous souhaitons qu’ils se souviennent de leur promesse orale et écrite de rendez-vous (toujours pas accordé). À eux et à leurs collègues, à tous les élus qui mentent ou sont dans le déni de la réalité (le mensonge et le déni ont mille formes : des comptes cachés, à la prétendue inversion de la courbe du chômage, en passant par les conflits d’intérêts), nous souhaitons qu’ils aient enfin le temps et la volonté de regarder le fond des dossiers (celui-là entre autres) s’ils veulent que les citoyens ne rejettent pas en bloc la démocratie. Le 6 janvier dernier, Aéroport du Grand Ouest a publié une superbe plaquette illustrée qui garantit « la mise en œuvre et l’efficacité des mesures environnementales ». Un observatoire environnemental, un comité scientifique, un comité restreint de suivi des mesures compensatoires, en plus du comité de suivi déjà en place. Qui dit mieux ? Tenir compte des réserves de la commission des experts scientifique était trop difficile. Mais pour la communication « greenwashing », totale maîtrise ! Passons maintenant à ceux à qui j’ai envie de souhaiter une belle année 2014 ! Bonne et heureuse année aux plus de 2 000 personnes qui travaillent aujourd’hui à Nantes-Atlantique, habitent en grande majorité au sud-Loire et dont l’emploi serait transféré de l’autre côté du pont de Cheviré en cas de construction de NDL ! Comme il n’y a aucune chance qu’AGO ou l’État leur paie un déménagement ou leur donne des bons d’essence, nous leur souhaitons de continuer leur carrière ici ! Bonne et heureuse année à Airbus Industrie et à ses plus de 2 000 travailleurs qui ont la chance d’avoir un carnet de commande plein et l’assurance, semble-t-il, de garder la piste nécessaire à toute usine aéronautique. Mais comme personne ne sait qui paierait l’entretien de la piste (Airbus soi même ? L’État ? Les collectivités locales ? ) nous leur souhaitons que l’aéroport reste là où il est, ce qui est la meilleure garantie de la pérennité de la construction aéronautique à Bouguenais. Bonne et heureuse année aux élus de demain puisque 2014 est une année d’élections. Nous leur souhaitons de savoir changer de modèle de développement, de savoir répondre à l’attente des Français qui disent majoritairement qu’il faut préserver l’environnement malgré la crise, car la crise ne se résoudra pas par plus de « croissance » à l’ancienne car la croissance à l’ancienne veut surtout dire croissance des inégalités. Bonne et heureuse année aux oiseaux du lac de Grandlieu dont les ennemis ne sont pas les avions, mais bien l’urbanisation et certaines pratiques agricoles qui ont un impact négatif sur la qualité des eaux du lac. Nous leur souhaitons de ne pas voir disparaître les oiseaux d’acier ou de matériaux composites qui les survolent aujourd’hui, mais de vivre dans des eaux claires et plus limpides. Bonne et heureuse année aux habitants de Bouguenais et Saint-Aignan qui sont les premiers touchés par les nuisances sonores mais qui savent aussi ce que la présence de l’aéroport et de sa zone d’activités associée a apporté comme moyens à leurs communes et donc comme services aux citoyens. Nous leur souhaitons de comprendre que ce n’est pas du tout pour leur santé qu’on veut déménager NA, mais pour des raisons financières et notamment immobilières. Nous leur souhaitons que des mesures concrètes soient prises en revanche pour atténuer les effets du bruit : poursuite du financement à 100 % Dessin : Marcel de la gare.

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des travaux d’isolation comme je l’ai demandé au ministre en décembre, arrêt ou au moins réelle diminution des vols de nuit, procédures moindre bruit comme cela se fait ailleurs. Bonne et heureuse année aux espèces protégées (la protection est théorique vous l’avez compris !) : arvicola sapidus, triturus cristatus, triturus marmoratus, salamandra salamandra et bien sûr zadistus diversus et agricola robustus. Qu’ils vivent heureux longtemps dans leur biotope si riche (un biotope qui n’est pas riche en argent mais riche de vie, de diversité, de courage et de solidarité) sous la protection de la loi sur l’eau et sous la protection de tous ceux qui, comme vous, ne veulent pas d’un projet inutile, coûteux et fondé sur des mensonges éhontés. Bonne et heureuse année à l’aéroport de Nantes-Atlantique. Nous lui souhaitons d’être relié rapidement au tram ou au rail afin de ne plus obliger ses utilisateurs à payer la dîme des temps modernes : le stationnement dans ces parkings en nombre toujours insuffisant ! Nous lui souhaitons aussi de s’agrandir si le nombre de passagers transportés continue à croître car vous le voyez, l’espace ne manque pas. Bonne et heureuse année au bocage de Notre-Dame-desLandes et à ceux qui y vivent. Bonne et heureuse année à vous tous qui le défendez. La modernité, l’avenir vivable c’est vous, c’est nous ! On ne lâchera rien ! F Verchère – coprésidente du CéDpa (Collectif d’élu-e-s) Deux focus ont alors été proposés : Le groupe de travail (élu-e-s, pilotes) ayant participé aux travaux en préfecture sur les plans d’expositions au bruit (PEB) prévisionnels et l’aménagement de Nantes-Atlantique a clairement démontré que les études réalisées par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ont été menées de manière très complaisante ; L’association Nexus a, quant à elle, présenté ses travaux sur l’étoile ferroviaire nantaise en lien avec l’optimisation du réseau ferré pour desservir l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. La motion suivante a été votée à l’unanimité : L’ACIPA, réunie en assemblée générale ordinaire le 8 novembre 2013, déclare apporter son soutien sans faille aux familles des paysans exploitant sur la zone ainsi qu’aux habitants qui sont aujourd’hui expropriés et expulsables à tout moment mais dont la non-expulsion est toujours garantie par l’accord politique passé avec le PS et les collectivités territoriales (région Pays de la Loire, conseil général 44 et Nantes Métropole) à la demande du Président de la République François Hollande, en mai 2012. De même, l’ACIPA se mobilisera pour tous les lieux de vie occupés sur la zone du projet d’aéroport et de ses dessertes et s’opposera à l’expulsion de leurs habitants et à la destruction de ces lieux. Les travaux de déplacement des espèces protégées ne doivent pas commencer car : – les recommandations de la commission du dialogue portant sur le plan d’exposition au bruit et le réaménagement de Nantes-Atlantique n’ont pas été menées à leur terme ; –les 12 réserves soulevées par la commission des experts scientifiques n’ont pas été levées ; – des recours juridiques vont être déposés dès la parution des arrêtés d’autorisation de déplacement-destruction des espèces protégées et de la Loi sur l’Eau Aucune situation irréversible sur le terrain ne doit être enclenchée. La mobilisation des opposants ne s’arrêtera qu’avec l’abandon de ce projet et l’engagement de maintenir NantesAtlantique en contribuant à son amélioration. AG 2013 de l’ACIPA : une nouvelle assemblée très combative ! 600 adhérents étaient présents ou représentés le vendredi 8 novembre dernier pour une nouvelle assemblée générale pleine de vie, qui a montré la détermination sans faille des opposants à aller jusqu’au bout de la lutte ! Après la lecture d’une lettre pleine d’encouragements et de force de notre ami Michel Tarin, le rapport d’activités et le rapport financier ont été présentés et adoptés à l’unanimité. Les divers avocats travaillant sur le sujet NDL ont ensuite, chacun dans leur domaine, montré que le volet juridique prend une part essentielle dans la lutte et que, associé à une mobilisation citoyenne sans faille, il peut mener à la victoire. Cultivons la ZAD – Photo : J-Ronnet-Nicolle.

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Rencontre des comités de soutien du 18 janvier Plus de cinquante comités, plus de deux cents personnes au plus fort, une excellente ambiance. Beaucoup d’idées pour la manifestation du 22 février en particulier des animations diverses autour de la biodiversité et des espèces protégées. La mobilisation est d’ores et déjà exceptionnelle. Le matériel de communication (affiches, flyers…) a manqué et a du être réservé aux comités les plus lointains. Une réimpression a du être programmée en urgence ! Les comités ont fait preuve d’une grande inventivité dans les propositions pour défendre la zone en cas de tentative de passage en force pour les travaux préparatoires, bloquer la région pour les plus proches et occuper les lieux de pouvoir partout en France, pour les plus lointains, ceci en fonction de leurs envies et de leur capacité. Beaucoup de personnes se préparent, individuellement ou collectivement, et pas seulement avec des mots… Le groupe de travail dénonce le travail de complaisance réalisé par les services de l’État et demande une expertise indépendante sur ces travaux. Un tract d’information a été réalisé pour le grand public par le collectif d’élu-e-s ; en voici un extrait : « Sauvons Nantes-Atlantique ! Alors qu’il peut être réaménagé, alors que les nuisances sonores ne progresseront pas et ne pénaliseront donc pas les projets urbains actuels, une nouvelle menace pèse sur lui, le zèle de fonctionnaires de l’Aviation civile. Sans doute pressés d’inaugurer un nouvel aéroport, les auteurs des études « bruit » et « coût de réaménagement » demandées par la commission du dialogue, ont chargé la barque. Mais plus ils chargent, plus leurs manipulations sautent aux yeux ! Sur la question du bruit, ces spécialistes refusent d’intégrer les évolutions technologiques des avions alors que plusieurs modèles deux fois plus silencieux que ceux d’aujourd’hui auront 15 ans à l’horizon 2030 ! Sur la question du coût de réaménagement de Nantes-Atlantique, ils choisissent des objectifs curieux : accueillir très occasionnellement des avions de 700 places qui seraient déroutés, bâtir des aérogares d’un certain standing… Le souci des deniers publics ne parait pas les concerner […] ». L’ensemble de ce tract d’information est disponible sur le site du CéDpa : http://aeroportnddl.fr et il est également disponible en version papier auprès de l’ACIPA. N’hésitez pas à le demander pour vous informer et le distribuer autour de vous. Commission du dialogue – suite et fin ! Le préfet a suspendu les travaux engagés entre les opposants et la DGAC mis en place suite aux recommandations de la commission « du dialogue », annulant ainsi toute possibilité d’aller vers la concertation sérieuse et constructive annoncée. 2030 ? Davantage de bruit selon la DGAC… Moins de bruit selon Adecs Airinfra ! DGAC : PEB 2030 Scénario arrivées Nord alignées ADECS AIRINFRA : PEB 2032 Scénario prudent avec flotte évolutive

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Enfin les arrêtés, pour tout faire arrêter ! C’est fait ! La préfecture a publié le 21 décembre dernier, les arrêtés « Loi sur l’Eau » et « Destruction des espèces protégées » concernant à la fois le projet de plate forme aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes et ses dessertes routières. Nous avons eu droit au même écran de fumée de la part des pro-aéroport qu’à l’automne 2012, se félicitant de proposer un projet Haute Qualité Environnementale, préservant les milieux naturels, les zones humides et les zones agricoles. Annonçant même un démarrage des travaux imminent ! Les membres de la coordination juridique (associations, élus, juristes et avocats) n’ont eu aucune surprise à la lecture de ces 4 arrêtés. Nous n’avons relevé aucune évolution notoire ; aucune prise en compte de l’avis et des réserves émises par le comité d’experts en avril dernier qui avait notamment invalidé la méthode expérimentale de compensation des zones humides et indiqué les insuffisances du diagnostic environnemental. Nos premiers recours sur le fond contre ces 4 arrêtés préfectoraux viennent d’être déposés, auprès du tribunal administratif de Nantes au nom de l’ACIPA et du CéDpa, vont suivre ceux des associations naturalistes et d’Europe Écologie Les Verts. Nous restons extrêmement vigilants pour accélérer les procédures juridiques, si nous constatons toute intervention préparatoire au démarrage des travaux : destruction des espèces protégées, création ou amélioration de mares de compensation, coupes ou arrachage de haies ou de taillis, etc. Avec ces nouveaux recours, nous entrons dans une bataille juridique au long cours. Pour la première fois, nous allons pouvoir exposer les aspects environnementaux qui sont une des principales faiblesses du projet de nouvel aéroport. Rappelons aussi que l’enjeu est national car la méthode de compensation environnementale que veulent expérimenter AGO-Vinci et l’État a vocation à être généralisée. Si tel était le cas, ce serait la mort des lois sur l’eau et de protection de la nature qui se sont succédées depuis 50 ans ! Cette menace est telle qu’elle nécessite la mobilisation de tous, ici et ailleurs. Notre résistance est populaire, citoyenne, politique et juridique. C. Dougé Au sujet des « compensations environnementales » « Éviter, réduire, compenser », voilà ce que dit la loi sur l’eau. Avant de détruire un milieu, une zone humide, il faut regarder si on peut éviter de le faire (donc étudier une ou des alternatives) ; si l’on ne peut pas éviter la destruction, il faut en réduire l’impact (en superficie notamment) et enfin il faut compenser la destruction. Passons rapidement sur le fait que pour le cas qui nous occupe, il n’y a pas eu d’alternatives sérieusement étudiées (les dernières études faites par la DGAC sont une caricature d’objectivité), pas plus que de volonté de réduire les impacts (parkings à l’horizontale, gaspillage d’espaces agricoles) et regardons le principe de compensation et son application à Notre-Dame-des-Landes. L’idée même de compensation vient des États-Unis où les grandes industries ont ainsi répondu à la demande croissante de protection de l’environnement. Compenser en un point B ce qu’on a détruit en un point A, c’est une manière de continuer à détruire tout en créant en plus un nouveau marché : celui des « actifs de nature ». De nombreuses banques de compensation La sûreté des aéroports est totale, la preuve par l’exemple… à Bordeaux ! Le numéro deux de la Direction générale de l’aviation civile a affirmé lors d’une réunion à la préfecture qu’il n’y avait pas de toilettes dans la nouvelle aérogare de Bordeaux et qu’il ne pouvait donc imaginer d’agrandir Nantes-Atlantique comme là-bas. Vérification faite : il y a bien des toilettes ! Mais la sécurité de l’aéroport a empêché notre témoin de faire la photo ! L’œil de la DGAC serait-il partout, pour éviter qu’on la prenne en flagrant délit de mensonges ? Quiconque rapporte LA photo a gagné… le droit de l’apporter au Premier Ministre ! Carnet NDDL page 98 – Croquis MCmarco.

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ont ainsi vu le jour dans les pays anglo-saxons. En France, la première expérience est celle d’une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, la CDC Biodiversité qui gère des espaces dans la plaine de Crau (sud de la France) et vend ses « actifs de nature » aux porteurs de projets qui cherchent où réaliser les compensations qui leur sont demandées. Le cas de NDL est si particulier (surfaces importantes à détruire sur une vaste zone humide, aux milieux très divers, avec une faune et une flore très riches) qu’il a obligé AGO et l’État à inventer une méthodologie spécifique de compensation. Cette méthode paraît rationnelle et mathématique (on parle en « unités de compensation » dont le nombre très précis (avec deux chiffres derrière la virgule !) crée l’illusion de la rationalité et du sérieux. En réalité, on a allègrement simplifié un biotope complexe, en décrétant des équivalences et des valeurs pour un milieu, une fonction, une espèce… On peut ainsi tout comparer, tout mélanger et prévoir à la sortie de la boîte noire des mesures de compensations dont l’efficacité et la pérennité sont bien loin d’être garanties. La commission scientifique chargée d’évaluer cette méthode ne s’y est d’ailleurs pas trompée, puisqu’elle a purement et simplement invalidé les principes de la compensation prévue et son application à NDL. C’est pourtant sur cette méthode que les arrêtés préfectoraux viennent d’être pris ! L’enjeu des recours engagés est donc très important : si la méthode proposée à NDL était validée, alors c’est la loi sur l’eau et sur la protection des espèces qui serait aussi broyée sous les engins chargés de détruire le bocage et ses habitants… F. Verchère risques potentiels engendrés par la disparition d’une telle superficie de zones humides fonctionnelles. * ZNIEFF : zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. La compensation, c’est une illusion ! Extrait du tract des naturalistes disponible en version papier à l’ACIPA Lettre du Président de L’UNION INTERNATIONALE POUR LA CONSERVATION DE LA NATURE (UICN) à Philippe Martin, ministre de l’Écologie, 30 décembre 2013 Extrait Ces milieux naturels devenus rares, issus de pratiques agricoles extensives séculaires ne peuvent évidemment pas être reconstitués ! Les zones humides préservées qui relient les sources de différentes rivières sont un élément de la géographie indispensable à plusieurs espèces rares, que rien ne peut compenser ! On ne peut pas reconstituer une nappe d’eau et les sources. Le sol pauvre des landes humides a une histoire millénaire. Les simples arbres creux des talus ont mis un siècle à se faire. Chaque espèce a ses particularités et a des relations uniques avec les autres espèces et avec le terrain. Les maîtres d’ouvrage et leur bureau d’études ont créé une méthode de compensation sur mesure qui ne prend pas en compte la totalité des espèces protégées, trop nombreuses sur le site. Ils ont édicté des règles de compensation inédites, tentant ainsi de contourner des lois de protection de la nature qui, étant donné l’ampleur pharaonique du projet, ne peuvent pas être strictement appliquées à Notre-Dame-des-Landes. Pour ne pas ignorer totalement la loi, les porteurs du projet ont estimé la « valeur » d’une partie de la diversité biologique de la ZAD en la réduisant à des points de destruction qui s’additionnent. La « valeur » des projets de compensation, estimée cette fois-ci sous forme de points de réparation, s’additionnerait également pour arriver au même total que les points de destruction. Bien entendu, cette estimation de la « valeur » de la biodiversité n’est pas réalisée par un organisme indépendant mais bien par le porteur de projet lui-même, qui a tout intérêt à la minimiser afin de réduire la facture des compensations ! Ceci est une manœuvre de manipulation ! […] […] Ce site est d’une grande importance écologique, au sens large. En effet, il englobe deux ZNIEFF* et accueille une quarantaine d’espèces d’intérêt national et/ou communautaire, pour certaines protégées par les Directives « Oiseaux » et « Habitats », au même titre que plusieurs communautés végétales. Mais surtout, de par la configuration topographique, leur situation géographique, et leurs conditions d’usages, ces zones humides jouent un rôle clé dans la régulation de la ressource en eau, dont l’écrêtement des crues. La destruction de cet écosystème, même accompagnée de mesures compensatoires adéquates, aura des impacts autant quantitatifs que qualitatifs sur les masses d’eaux de surface, souterraines et de transition à une échelle bien plus large que celle du site, sans oublier l’augmentation du risque d’inondation pour les habitants des villes alentours. […] Le Comité français de l’UICN estime donc qu’il est nécessaire, avant le lancement de tous travaux, de compléter les connaissances par la réalisation d’études permettant d’aboutir à une connaissance approfondie des impacts du projet sur les systèmes écologiques du site et de ses alentours. Il est notamment indispensable de disposer de données précises sur les fonctions liées à la gestion de la ressource en eau et sur les Information à la population Actuellement, AGO-VINCI (porteur du projet d’aéroport) est à la recherche de mares et de terres agricoles pour pouvoir réaliser les compensations environnementales obligatoires au titre de la Loi sur l’Eau. Photo : Philofauna – Olivier Swift ©2013.

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Ainsi AGO (Aéroport du grand ouest) ou la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) rend visite à des propriétaires pour leur proposer d’acheter des terres agricoles ou des mares déjà existantes ; ils proposent aussi de les louer pour une durée de 55 ans, durée obtenue pour la concession de l’aéroport. NOUS INVITONS LA POPULATION À REFUSER TOUTE TRACTATION AVEC LES DÉMARCHEURS d’AGO-VINCI car pour nous, l’achat ou la location de mares ne peut pas compenser la destruction d’une zone humide ; AGO et Vinci sont en train d’inventer un nouveau système de compensations qui ne saurait être acceptable. Un juriste souligne que « c’est un peu comme si, en compensation de la destruction du château de Chambord, il serait proposé le ravalement et le changement des huisseries du château voisin de Chenonceau ». Si vous êtes contactés dans le cadre de ces démarches, nous vous invitons à téléphoner au plus vite à l’ACIPA. Tous ensemble résistons contre ce projet inutile ! nution constante et accélérée des niveaux de bruit malgré l’augmentation du trafic ». « Les avions qui arrivent à partir de 2016 vont encore réduire les nuisances de plus de 50 % » et il explique qu’aujourd'hui, il est possible de limiter les vols de nuit et d’épargner tout survol de Nantes, 60 % de l’année ! Et quant à l’estimation du coût pour réaménager Nantes-Atlantique, il ne comprend ni les chiffres avancés, ni les choix : « On voudrait pour NTE du standing ! », les investissements pour Nantes-Atlantique « devraient être de l’ordre du dixième de ce qui est indiqué dans l’étude de la DGAC ». Et au sujet de la réfection de la piste « gondolée » de Nantes, il cite bon nombre d’aéroports dans la même configuration que NA et qui trouvent des solutions pour entretenir et rénover leur piste sans la fermer 6 mois ! Enfin, il conclut que « c’est une aventure politico-administrative sans aucun fondement économique ou commercial » et propose une contre-expertise qui se ferait « dans le cadre d’une coopération et d’un dialogue ouvert entre experts nommés par les opposants » et Vinci. Ce que réclame depuis le début les opposants au projet. La lettre dans son intégralité : http://communiquesacipa.blogspot.com/2014/01/lettre-ouverte-de-jacques-bankir-m.html D. Belœil « Nantes se tire une balle dans le pied » C’est ce qu’affirme Jacques Bankir dans une interview d’Ouest-France le 13 novembre dernier. En effet, professionnel incontestable du transport aérien, Jacques Bankir a pris officiellement position contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes lors d’une réunion publique organisée par le CéDpa et le collectif des pilotes, puis dans une lettre ouverte à l’intention de Monsieur Gandil (DG de l’aviation civile) et de Monsieur Huillard (PDG de Vinci). « Dans le projet de NDL, rien ne paraît crédible » affirme t-il. Il cite et compare des aéroports équivalents à Nantes-Atlantique réalisés en France et en Europe qui, avec une gestion différente, optimisent nettement mieux leurs capacités. Il souligne que le projet de NDL « ne correspond à aucune étude de marché ou prévision sérieuse », « qu’un aéroport ne crée pas de trafic ». En fait, il démontre, en citant des exemples tel que Ciudad Real en Espagne, que plus un aéroport est éloigné des clients potentiels, plus il coûte cher et ne fonctionne pas à terme. Ciudad Real a fermé trois ans après sa création, plus d’un milliard d’euros jetés par les fenêtres ! Jacques Bankir revient sur la présentation du projet faite par Vinci le 13 mars 2013 et s’interroge sur l’estimation des coûts : « quelque 500 millions semble ridiculement faible. Pour le justifier à tout prix, on a chiffré une phase 1 limitée à une capacité de 4 millions de passagers. C’est la négation même du besoin d’un nouvel aéroport qui n’offrirait que la capacité correspondant au trafic actuel de Nantes ». La DGAC avance du bout des lèvres une estimation de 800 millions d’euros pour NDL mais sans prendre en compte le coût des infrastructures complémentaires telles les routes, autoroutes, ponts, etc. Il s’étonne du fonctionnement de la commission de dialogue : « L’étude de la DGAC a pris six mois. Les opposants ont eu quinze jours pour réagir ». Il n’adhère pas non plus aux résultats de l’étude « La DGAC a fait une étude fouillée et détaillée, mais sur des hypothèses contestables ». En effet, l’étude porte sur plusieurs points dont la nuisance sonore : « la DGAC conclut à une augmentation des nuisances là où toutes les mesures faites sur (...) d’autres aéroports, montrent une dimi- 2 500 emplois de haute technologie directement menacés ! Le jeudi 5 décembre à Vallet (44) Vinci et la chambre de commerce et d’industrie de l’ouest organisaient une réunion pour les chefs d’entreprise de la région. Étaient présents une trentaine de chefs d’entreprises, quelques élus locaux et une poignée d’opposants au projet d’aéroport de NDL… Lors de la présentation de Nantes-Atlantique et son environnement économique, nous avons compris que tout va bien : les chiffres d’affaires sont en hausse, le trafic aéroportuaire est en progression constante et Nantes-Atlantique donne entière satisfaction aux usagers. Une présentation de NDL veut nous convaincre que NDL sera un aéroport HQE (haute qualité écologique… haute qualité économique…) et qu’il est indispensable pour l’avenir de la région. Sa zone de chalandise s’étendra à deux heures de voi- Une leçon aux donneurs de leçon Dans Ouest-France du 22.11.2013, l’association « Des ailes pour l’Ouest » s’étonne que Jacques Bankir, ancien PDG de Régional « vienne donner des leçons d’aviation civile à la DGAC ». Et de rajouter qu’il « ne représente que lui-même et n’a pas davantage de compétence pour juger de la pertinence du transfert de l’aéroport que les experts de l’aviation civile… ». Partant de ce principe, que dire des compétences d’un président de collectivité territoriale régionale ou départementale, d’un président de Chambre de Commerce et d’Industrie, d’un président de la CGPME ou encore d’un ancien président du CESER Pays de la Loire, en matière d’aviation civile (sachant qu’aucun n’a travaillé dans l’aérien) ?

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ture autour de NDL : Bretons, Angevins, Vendéens sont concernés et n’auront pas d’autres choix. Seules deux questions ont été posées par les chefs d’entreprises présents : – Quand NDL entrera-t-il en service ? Réponse évasive du représentant de Vinci : pour le début des travaux en 2014, il faut le feu vert de la préfecture et la zone doit être sécurisée. – Y aura-t-il des vols internationaux ? Non dans un premier temps ; plus tard seulement… si les compagnies aériennes viennent à NDL et les proposent. La majorité des questions a été posée par les opposants présents* notamment sur le devenir de l’usine Airbus : financement de la piste, délocalisation éventuelle en cas de réalisation de NDL. Vinci affirme que des entreprises — dont Airbus — resteront à Nantes-Atlantique. La piste et l’aérogare resteront en place et Airbus pourra utiliser les infrastructures. L’utilisateur paiera l’entretien de la piste. Vinci se déclare incompétent sur le sujet de la délocalisation. Les représentants de la CCI ont eux avancé que la piste et les infrastructures feront l’objet de négociations ultérieures. Sur la possible délocalisation, ce fut LE CLOU de la soirée : « Airbus est souveraine quant à son devenir industriel. Ce n’est pas non plus une catastrophe si Airbus part de Nantes. Les investissements futurs devraient se faire plutôt à Saint-Nazaire » ! * Le débat fut écourté quand les organisateurs ont réalisé leur présence… R. Proux Les « Bonnets Rouges » et NDL L’annonce faite par Christian Troadec, maire de Carhaix et porte-parole des « Bonnets Rouges », réaffirmant sa totale opposition au projet d’aéroport de NDL et appelant à participer à la manifestation du 22 février prochain à Nantes, a fait sensation et a créé de la méfiance chez les opposants historiques locaux et bretons. En effet, le mouvement des « Bonnets Rouges » n’est pas bien connu ici. Il est très hétérogène : des patrons de l’agro-alimentaire bretons alliés aux agriculteurs productivistes de la FNSEA sont rejoints par des salariés de l’agro-alimentaire désemparés face à l’ampleur des licenciements qui s’abattent sur la filière agricole (usines d’aliment pour bétail, abattoirs, etc.) fidèle au dogme dépassé du productivisme. Nous accueillons le soutien de Christian Troadec sur le constat que le projet d’aéroport de NDL isolerait encore plus la pointe bretonne et accélèrerait la concentration des activités économiques autour de la métropole Nantes-Saint-Nazaire alors que notre opposition à ce projet milite pour une répartition équilibrée de l’activité économique et le maintien de l’agriculture paysanne sur l’ensemble des territoires français ainsi que l’instauration d’une justice sociale pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs de quelque secteur que ce soit. J. Durand Les échos du net (au 21.01.2014) La fréquentation des différents sites et réseaux sociaux de l’Acipa poursuit son régime de croisière : le compteur du site en est 614 792 visites (+ 48 250 visites), plus de 8 814 personnes aiment la page Facebook (+ 685), qui a touché jusqu’à 11 000 personnes sur une journée, 4 668 abonnés (+ 466) au fil Twitter, plus de 15 000 tweets et plus de 4 489 (+ 389) abonnés à la lettre d’info. La revue de presse a dépassé les 9 600 articles depuis 1972. Enfin, le nouveau site Internet est en chantier. Plus d’infos à ce sujet prochainement. Réunions publiques d’information en février Lundi 3 : réunion publique à Rezé (44). Vendredi 7 : à Vigneux-de-Bretagne (La Pâquelais) (44). Dimanche 9 : à Mûrs-Érigné (49). Lundi 10 : à Fontenay-le-Comte (85). Vendredi 14 : à Pont-l’Abbé (29). Samedi 15 : à Bouaye (44). Samedi 22 : manifestation à Nantes (13 h, préfecture). Mercredi 26 : à Carquefou (44). Jeudi 27 : à Lorient (56). Dessin de LOLO – 2013. • Illustration têtière : Pogam • Fabrication : Parenthèses • Imprimé sur papier recyclé. Directrice de publication : Anne-Marie CHABOD • Comité de rédaction : les membres de la commission communication • ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes – 06 71 00 73 69.

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