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Sommaire Préface .................................................................................................................................................................................................. 8 9 11 22 25 51 67 115 131 avant-ProPoS ............................................................................................................................................................................... L’HiStoire deS PigeonS de voL ............................................................................................................................ Le cLub françaiS deS PigeonS cuLbutantS et Haut-voLantS chapitre 1 : Le Pigeon et Son éLevage ..................... ............................................................................................. chapitre 2 : débuter en PigeonS de SPort 10 règLeS de baSe ................ chapitre 3 : Le Pigeonnier fixe .................................................................................................................... chapitre 4 : Le Pigeonnier tranSPortabLe chapitre 5 : LeS PerteS ............................................................................ ............................................................................................................................................. QueLQueS HiStoireS étonnanteS ................................................................................................................. 144 chapitre 6 : L’aLimentation deS PigeonS de SPort ....................................................... 153 chapitre 7 : La SéLection génétiQue chapitre 8 : LeS concourS .................................................................................................. 181 209 .................................................................................................................................. chapitre 9 : LeS raceS de PigeonS de voL ................................................................................... 219 chapitre 10 : LeS PigeonS de voL d’exPoSition ....................................................................... 331 chapitre 11 : LeS jeux traditionneLS ................................................................................................... 335 conclusion .................................................................................................................................................................................... 347 349 auteurS et remerciementS ................................................................................................................................. bibLiograPHie ............................................................................................................................................................................... 351 tabLe deS matièreS ............................................................................................................................................................. 353

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ou culbuter et sur leurs couleurs et dessins particuliers a pu aboutir à la fixation génétique stable de ces caractères et à la création progressive des races que nous connaissons actuellement. Il est nécessaire de les conserver en respectant le travail de sélection des éleveurs qui les ont créées. La notion moderne et scientifique de race est une considération théorique récente et occidentale. Le concept en est très différent en Asie et au Moyen-Orient. Il faut donc considérer ces pigeons dans leur globalité et non pour l’une ou l’autre de leurs caractéristiques les plus spectaculaires, car une sélection en ce sens aboutirait à les dénaturer. Le pigeon a toujours été porteur de grands symboles. (Fresque de Subiaco, Italie.) La symbolique du pigeon Notre passion pour cet oiseau tient autant à ce qu’est le pigeon et à nos convictions qu’à ce qu’il représente dans notre inconscient et qui est le vecteur d’émotions toujours renouvelées quand on assiste à ses évolutions aériennes. De tout temps, le pigeon a été porteur de grands symboles : l’amour, la douceur, la fécondité, l’attachement et la fidélité à son lieu d’origine, à son conjoint, la réciprocité et l’équilibre dans le couple et les soins aux jeunes. Mais aussi la paix et l’amitié, Dieu, le mysticisme et l’Esprit saint, et bien sûr le pouvoir de voler et le sentiment de liberté ainsi que les émotions qui s’y rattachent. Le pigeon est aussi remarquable pour les soins méticuleux qu’il apporte à la propreté de son plumage et pour son désir permanent de séduire, mais il incarne également le courage et la combativité. Les pigeons comptent plus de héros médaillés de guerre que toutes les autres espèces animales confondues. Libérer cet oiseau, le voir voler parfois très haut dans le ciel et le faire revenir à nos côtés procure des émotions qu’on ne peut pas toujours expliquer ni partager avec nos proches pour qui cette passion peut paraître parfois singulière. Elle relie pourtant le rêve à la réalité et existe sans doute dans le cœur de tous ceux qui ont aimé cet oiseau depuis les tout débuts de sa domestication, il y a près de 8 000 ans. Le pigeon est le plus ancien oiseau domestiqué et a donc accompagné les rêves de nombreux hommes, rendant peut-être ainsi leur vie plus belle. 10 Photo J. Luchtmeijer

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L’HIStOIrE DES PIgEONS DE vOL Le pigeon sauvage des origines L’aire initiale de répartition du pigeon biset sauvage (Columba livia), qui est l’espèce d’origine de tous les pigeons domestiques, et donc de vol, couvrait initialement le souscontinent indien, à l’exclusion du massif de l’Himalaya où l’on trouvait le pigeon des neiges (Columba leuconota), et allait de l’Asie centrale à l’Afrique du Nord. Elle s’est ensuite étendue à l’Europe, pour englober l’ensemble des côtes méditerranéennes, la péninsule ibérique, les côtes de Bretagne et des îles Britanniques. Au cours des âges, l’espèce a vraisemblablement colonisé ces territoires d’est en ouest à partir de l’Inde, s’installant sur les zones côtières rocheuses. D’autres colombidés, comme la tourterelle turque plus récemment, ont suivi cette vague colonisatrice vers l’Occident. Des restes de pigeons bisets sauvages ont été identifiés dans de nombreux assemblages fossiles du Midi de la France et de Corse datant du début de l’ère quaternaire (– 400 000 à – 150 000 ans, Pléistocène supérieur). On a également retrouvé des fossiles de bisets sauvages en Jordanie et en Palestine, témoins de sa présence il y a plus de 310 000 ans. Attiré par les cultures céréalières, cet oiseau a dû ensuite se rapprocher des humains lors du développement des premières civilisations sédentaires agricoles. Cette prédomestication relevait plus du commensalisme avec la mise à disposition pour l’espèce des champs de céréales. Les pigeons sont sans doute venus nicher à proximité de cette manne. Les bisets sont très représentés dans divers sites néolithiques datant de 12 000 ans en Afrique du Nord et en Israël, mais leur domestication à cette époque demeure encore très incertaine. Après la domestication, la forme domestique de l’espèce s’est progressivement répandue au gré des voyages humains sur l’ensemble des autres continents, notamment aux États-Unis dès le début du xviie siècle. Quelques populations sauvages vivent encore à l’heure actuelle en Corse et dans les Baléares. Les débuts de la domestication Le pigeon biset serait donc le premier oiseau à avoir été domestiqué. Le phénomène aurait commencé il y a 8 000 à 10 000 ans, peutêtre davantage. On comptait à l’époque de nombreuses populations de bisets sauvages installées sur les côtes orientales rocheuses de la Méditerranée et de la mer Noire, alors formée de plusieurs lacs d’eau douce. Ceci explique certainement que ces régions soient aussi le berceau de tant de races de vol. Il est difficile de dire si la domestication du pigeon a commencé au Moyen-Orient ou dans son aire indienne d’origine. Il est vraisemblable qu’il y a eu plusieurs foyers de domestication distincts, plus ou moins simultanés, et que les souches domestiquées se sont répandues ensuite. Le pigeon a sans doute d’abord été chassé par les populations locales, qui ont constaté L’histoire des pigeons de voL 11

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La mission essentielle du CFPCHV est la sauvegarde des races de pigeons de vol, la sélection et l’amélioration de leurs qualités sportives ainsi que la diffusion de leur élevage. (Ici : Culbutant arménien.) 24 Photo J.-M. Diogo

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CHaPItre 1 Le PIgeon et son éLeVage Ce chapitre est destiné aux futurs amateurs de pigeons de sport qui n’ont encore jamais pratiqué l’élevage de cet oiseau. Ils pourront ainsi acquérir rapidement les connaissances de base qui leur permettront de mieux le connaître et d’en démarrer la reproduction sans encombre. À l’orIgIne Le pigeon biset, dont le nom latin est Columba livia, appartient à la famille des columbidés et à l’ordre des columbiformes. C’est un oiseau domestiqué depuis plusieurs milliers d’années et malgré la variabilité génétique de l’espèce, de nombreux caractères généraux sont restés stables. Le pigeon biset Columba livia est l’espèce à l’origine de la création de toutes les races de pigeons domestiques, et donc également celles de vol, à l’exclusion du pigeon ramier, Columba palumbus, et du pigeon colombin, Columba oenas, qui sont des espèces distinctes. Le pigeon biset est à l’origine de Les pigeons bisets sont sociables, ils vivent spontané- la création de toutes les races de ment en petites colonies d’oiseaux étroitement appa- pigeons domestiques. rentés et nichent à l’origine dans les anfractuosités des falaises côtières. on en trouvait alors sur les pourtours de la Méditerranée et de la mer noire. Il en subsisterait quelques rares populations sauvages dans quelques îles méditerranéennes comme la Corse ou les Baléares. Contrairement aux pigeons ramiers, ils ne nichent pas volontiers dans les arbres. à l’état domestique, ils sont granivores. Les pigeons sauvages ont des repas plus variés comprenant également de la verdure et de petits invertébrés, insectes, mollusques, vers ou arthropodes divers. Photo marcobarone – Fotolia.com Quelques caractères généraux de l’espèce Le squelette Le squelette du pigeon est formé d’os pneumatisés pour la plupart, c’est-à-dire dont les parois osseuses contiennent des vacuoles d’air pour les alléger tout en conservant leur solidité. Ceci concerne les os crâniens, les os des membres ou les vertèbres. Le squelette du pigeon est remarquablement solide. Certains os, comme les coracoïdes, sont les points d’application des forces pendant le vol et n’ont pas leur équivalent chez les mammifères. Ils forment la ceinture scapulaire. Les os pneumatisés contiennent des diverticules des sacs aériens et jouent un rôle dans les échanges gazeux et l’oxygénation de l’organisme, à l’instar des poumons. L’aptitude au vol n’est pas seulement liée au fait que les oiseaux possèdent des ailes mais dépend également de leur structure osseuse globale et de toute leur physiologie. Les tendons des membres inférieurs possèdent un système d’accrochage dans la gaine ténosyviale (c'est-à-dire du tendon) Le pigeon et son éLevage 25

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Pour savoir quel style de vol et quel type de race vous attirent, vous pourrez par exemple, lors d’un championnat, aller voir voler des pigeons de diverses races et en parler avec les éleveurs. (Ici : Rouleur de Rakovnik.) diverses races, à l’occasion d’un championnat par exemple, d’en parler avec leurs éleveurs, de bien se renseigner et d’aller voir voler les pigeons chez eux. Avant de se lancer, il faudra bien estimer si on aura le temps libre disponible, la place, le budget et la persévérance nécessaires pour faire voler et entraîner correctement la race qui nous aura séduits. Certaines demandent plusieurs années de sélection et d’entraînement bien conduits avant d’obtenir des résultats probants. Pour exemple, une démonstration de vol de plongeurs pourra faire croire au débutant qui dispose de peu de temps et qui recherche le spectaculaire que c’est cette race qui lui convient, car son vol est bref et le résultat est impressionnant chez un éleveur expérimenté. Mais souvent, les apparences peuvent être trompeuses. Certaines de ces races sont difficiles à mettre au vol, leur entraînement peut être long et laborieux, ne réussit que si on maîtrise la procédure avec doigté et doit être régulier avant d’obtenir une prise d’altitude et un plongeon corrects. Il faudra aussi compter avec l'éducation des droppers (pigeons appelants) et tout ceci demandera beaucoup de temps, d’efforts et de persévérance, avec son lot d’échecs et de découragement. Par ailleurs, il est recommandé aux débutants de commencer plutôt par la pratique du vol sur pigeonnier fixe et de ne passer au transportable que lorsqu’ils auront une maîtrise et des connaissances suffisantes. Il existe certaines races de culbutants, rouleurs ou claqueurs qui volent volontiers, présentent un vol varié et parfois spectaculaire et pardonnent davantage l’inexpérience. D’une façon générale, l’entraînement sur pigeonnier fixe des culbutants, claqueurs ou Photo N. Girard QuelQues erreurs à éviter pour le débutant Les races les plus spectaculaires ne sont souvent pas les plus faciles. Telle race aux acrobaties ou aux plongeons époustouflants ou volant des heures à hauteur des nuages, qu’on aura vue chez un éleveur chevronné, pourra se révéler totalement décevante et décourageante entre les mains d’un débutant et ne pas quitter le bord du toit du voisin. Son entraînement nécessite en effet un tact, des connaissances et une expérience particuliers et l’erreur ne pardonne pas. La pratique du pigeonnier transportable produit un effet magique et riche en émotions, mais elle demande de l’expérience, du tact, beaucoup de temps libre et un entraînement assidu. Tous ces pigeons sont plus beaux et passionnants les uns que les autres et le néophyte risque rapidement de se transformer en collectionneur, en multipliant les races et les styles de vol. Il risque d’être assez vite submergé et de ne plus pouvoir consacrer à chacune le temps et l’attention nécessaires et de ne pas les faire voler suffisamment et correctement, ce qui à terme aboutira à des résultats décevants. Le croisement de deux races différentes, un rouleur et un plongeur par exemple, aboutit immédiatement à la perte des qualités de l’une et l’autre race dans la descendance. Leurs produits ne cumulent en aucun cas les qualités acrobatiques de leurs parents. 52

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rouleurs demande moins de temps et de disponibilité que celui des haut-volants et Tipplers ou que la pratique du pigeonnier transportable. Les races classiques de culbutants et rouleurs permettront au débutant de faire ses premières armes sans essuyer un échec, avant de passer peut-être un peu plus tard à des races plus difficiles. Comme vous pourrez en juger en consultant la deuxième partie de cet ouvrage, le choix des races de sport est très large dans chacune des catégories de vol, mais vous ne pourrez en juger vraiment qu’après les avoir vues voler et c’est peut-être là que vous aurez le coup de foudre pour l’une d’elles… Pour commencer, il est recommandé de ne se consacrer qu’à une seule race, au maximum deux, jusqu’à ce qu’on les connaisse et les maîtrise bien. Chaque race a des exigences bien spécifiques et ce n’est qu’en la « comprenant » que l’on parvient à obtenir des résultats et, par là même, de la satisfaction. Il n’est pas raisonnablement envisageable de toucher un peu à tout et d’espérer posséder, au sein de chaque race, des pigeons de qualité correctement entraînés, il faudra faire des choix. La plupart des races de sport ont un style bien particulier et il ne sera guère possible d’en faire voler plusieurs simultanément, sous peine d’altérer leur comportement et de faire disparaître ce qui fait leur spécificité. La race apparaissant en plus grand nombre pouvant imposer son style à tout le groupe de vol, il faudra les entraîner séparément, ce qui prendra du temps et demandera des installations adaptées. Par ailleurs, et quel que soit votre choix, sachez qu’il n’existe pas de race « facile ». Pour couper court à une tentation classique du débutant, les pigeons de vol ne s’élèvent qu’en race pure. Le croisement de deux races est une hérésie totale et en aucun cas les qualités de vol et d’acrobaties des deux races ne se cumuleront. C’est exactement le contraire qui se passera, le croisement fera perdre les qualités de l’une et l’autre race et ceci définitivement car il sera impossible de revenir aux races souches à partir des descendants du croisement. Tout le travail de sélection ayant abouti à créer les deux races pures serait totalement ruiné. Vous pouvez le croire sur parole, d’autres ont essayé avant vous… Les raisons de ce phénomène seront expliquées plus en détails dans le chapitre consacré à la génétique. Pour débuter, si vous voulez réussir dans votre passion, il vous faudra donc concilier vos goûts avec votre disponibilité, votre motivation, votre expérience et votre budget. Les éleveurs expérimentés de la race qui vous plaît, que vous pourrez contacter au sein du club, vous aideront et vous conseilleront toujours volontiers. N’hésitez pas à les consulter. Règle 2 : choisir son pigeonnier et l’organiser au mieux Même si on conseille un certain type de pigeonnier décrit plus loin pour les pigeons de sport, beaucoup de locaux différents peuvent faire l’affaire, pourvu qu’ils soient agréables et confortables et que les pigeons et l’éleveur s’y sentent bien. L’essentiel est que le pigeonnier soit suffisamment clair, aéré, sec et propre, abrité des vents glacés dominants et des courants d’air, construit dans un matériau isolant, bien orienté au sud-est, tempéré l’hiver, ombragé l’été. Classiquement, l’éleveur doit disposer d’un pigeonnier pour les reproducteurs et d’un ou deux pigeonniers séparés pour les équipes de vol. Il est nécessaire que, dans le pigeonnier des reproducteurs, chaque couple possède sa case et que dans le pigeonnier de vol, il y ait assez de perchoirs individuels pour tous, plats, suffisamment larges (4 cm) et confortables pour que les pigeons puissent s’y reposer tranquillement après l’entraînement. Ils doivent se sentir en sécurité et au calme dans leur pigeonnier. On évitera absolument une ambiance poussiéreuse ou trop humide, les nettoyages et désinfections devront être réguliers. Il est préférable que les pigeons disposent d’une volière attenante au pigeonnier de Débuter en pigeons De sport 53

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La méthode avec des adultes Cette méthode permet de gagner beaucoup de temps et d’obtenir de vrais vols sur P.T. en moins d’un mois. Le gros changement par rapport à la méthode précédente vient du fait qu’on ne démarre pas avec des pigeonneaux mais avec des adultes qui ont fait leurs preuves sur pigeonnier fixe et dont on connaît déjà la valeur en vol. De ce fait, pour obtenir une équipe de vol, il ne faudra théoriquement adduire que trois bons sujets (six pour les Kelebeks), la sélection étant déjà effectuée. Mais attention : faire voler des sujets adultes sur P.T. alors qu’ils n’y ont jamais été entraînés nécessite d’avantage de fermeté et de doigté. Certains sujets ont un peu de mal à changer leurs habitudes. Il sera donc préférable de prévoir un ou deux pigeons en plus de l’équipe espérée. Ceux qui auront du mal à s’adapter seront remis sur pigeonnier fixe. Avec un peu d’habitude, tous les pigeons doivent pouvoir s’adapter à cette méthode. C’est aussi à l’éleveur d’apprendre ! • Première étape Comme dans la méthode classique, le pigeon doit apprendre que le P.T. est sa nouvelle maison. Le premier jour, les pigeons sont très méfiants et ne mangent pas dans cet environnement nouveau. Néanmoins, il faut leur faire comprendre que c’est désormais ici qu’ils mangeront. En fin de journée, on place un pigeon dropper à l’intérieur et on lui jette une petite quantité de millet. On prend les autres pigeons en main un par un pour leur montrer le pigeon et le millet au travers du trou situé sur le dessus du P.T. On les y fait glisser doucement. On laissera seulement un ou deux pigeons à l’intérieur. Il faut éviter de surcharger le P.T., source de cafouillage au début. Si ce pigeon n’a pas commencé à manger dans la minute qui suit, c’est qu’il n’a pas suffisamment faim. Il peut être remplacé par le suivant. Trois à quatre jours sont nécessaires pour que les pigeons se familiarisent avec le P.T. et acceptent d’y manger. Il va sans dire qu’ils n’ont pas à manger en dehors des quelques graines de millet qu’ils peuvent manger le temps où ils restent dans le P.T. Paradoxalement, on cherche par ce moyen à mettre à la diète nos pigeons confirmés pour réduire temporairement leur aptitude au vol. Le but est de focaliser leur attention sur le P.T. pour ne pas qu’ils s’égarent par la suite. Ils auront bien sûr à boire normalement après la séance. Cette période peut être très courte car les pigeons comprennent vite ce que l’on attend d’eux. À sav oir D’une façon générale, les mêmes pigeons ont tendance à mieux voler et moins bien culbuter sur P.T. que sur pigeonnier fixe. On choisira donc pour le P.T. des souches culbutant ou roulant très bien et souvent, même si leurs temps de vol sont un peu faibles. • Deuxième étape Elle vise à ce que les pigeons entrent seuls dans le P.T. On pose les pigeons sur le P.T. ouvert. Ils plongent rapidement par le trou pour manger les petites graines situées à l’intérieur. Il faut le faire un par un, surtout au départ. À deux, ils risqueraient de s’effrayer mutuellement et de s’envoler. Une cage posée sur le P.T. permet aux pigeons de mémoriser l’environnement. (Ici : Culbutants pie.) À sav oir Les pigeons doivent être très excités quand on leur montre le P.T. Cette attitude effraie souvent le néophyte, lui donnant l’impression qu’il ne les nourrit pas assez. Le pigeon s’exprime en remuant dans tous les sens, les ailes écartées pour montrer son excitation à la vue du repas Photo N. Girard 124

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jusqu’à les lancer en l’air sans qu’ils n’aient d’autre envie que de retourner dans le P.T. où se trouvent les droppers. • Quatrième étape Elle va aborder les premiers vrais vols. La question du retour étant en principe acquise, il faut désormais récupérer les aptitudes au vol de nos athlètes confirmés. Lors des premiers vrais lâchers en rase campagne, il peut être rassurant d’utiliser un lien qui bloque les rémiges du vol. Il n’est cependant pas indispensable si la dose de nourriture est bien rationnée et si les droppers sont présents. Il faut petit à petit augmenter la quantité de nourriture pour les inciter de nouveau à voler. En plus grande quantité, le millet devient très long à manger et un peu trop riche. On peut passer à des graines plus grosses comme l’orge. L’idée étant néanmoins de rationner suffisamment sévèrement pour que les pigeons aient tout de même envie de rentrer. Certains éleveurs utilisent de l’orge seule. À l’inverse du blé, par sa richesse en cellulose, l’orge maintient un état de faim qui est très utile sur P.T. D’autres utilisent des mélanges plus riches mais coupés d’orge. Les goûts, les méthodes et choix de chaque éleveur divergent un peu. L’important est de trouver la ration qui permettra de faire voler correctement sans pertes. Des pigeons trop nourris échappent à tout contrôle et n’ont pas de rappel. Certains pigeons mangent très vite et du coup trop par rapport aux autres, ils retournent en caisse de transport avant les autres. Ceux qui volent plus longtemps qu’on ne le désire, ou qui traînent à rentrer, mangent seulement quelques graines de millet à l’intérieur du P.T. pour ne pas perdre les bonnes habitudes et rentrer dans le droit chemin le jour suivant. Il faut bien suivre chaque pigeon individuellement. Certains pigeons sont obéissants et comprennent sans difficulté, d’autres paraissent plus rebelles ou ne comprennent pas. Il ne faut pas vouloir aller trop vite. Ceux qui ne s’adaptent pas aussi rapidement que les autres doivent être mis un peu à part. Le pigeonnier transportabLe 125 Photo N. Girard Le P.T. doit être le seul repère familier pour les pigeons. qui arrive. C’est impressionnant les premières fois, mais c’est normal. Comme dans la méthode traditionnelle, quand les pigeons sont entrés correctement, on les attrape pour les reposer sur le P.T. après qu’ils auront mangé quelques petites graines, toujours en présence du dropper. De cette manière, ils vont plonger plusieurs fois de suite pour bien assimiler le geste. À ce stade, vous pouvez avoir plusieurs pigeons en même temps dans le P.T. Celui qui est sur le P.T. voit les autres manger et de ce fait est tenté d’aller y manger à son tour. • Troisième étape Elle aborde le premier petit vol et le retour au P.T. Quand ils ont bien compris, on lâche nos pigeons à quelques dizaines de centimètres, puis à quelques mètres du P.T. Ils doivent voler immédiatement sur le P.T. pour y plonger. Cette étape peut paraître risquée, mais en principe, un pigeon resté sur sa faim montre une très vive envie d’aller manger dans le P.T. À sav oir Si vous doutez de sa motivation, ne le lâchez pas ! Remettez cela au lendemain. La faim doit être plus forte que toute envie de fuite. L’utilisation du millet pour débuter avec cette méthode est très importante. Il permet de manipuler les pigeons pendant une longue période sans qu’ils puissent se remplir rapidement le jabot. En une dizaine de jours, on doit pouvoir lâcher ses oiseaux sans aucune appréhension,

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Photo T. Roy Kelebeks telkuyruks.

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chapitre 6 L’aLimentation des pigeons de sport L’alimentation n’est pas une science exacte, les quantités et le type de nourriture peuvent varier d’une race à l’autre, d’une situation à l’autre. Chaque éleveur devra faire ses choix, selon son expérience et ses goûts. Cependant, il existe tout de même quelques règles fondamentales à respecter. Les principes généraux qui suivent vous permettront d’éviter les erreurs grossières pouvant porter préjudice à la santé et aux performances de vos pigeons. comme chacun le sait, l’alimentation est le carburant des organismes vivants animaux, et le pigeon n’échappe pas à cette règle. Bien sûr, la nature même des aliments, leur composition, les quantités ingérées ne sont pas sans influer sur l’état de santé et les performances en vol de l’oiseau. de même que l’alimentation des sportifs humains obéit à des règles de diététique, celle des pigeons de sport répond aussi à des critères définis. et même si on peut obtenir des résultats en vol avec une alimentation empirique ou respectant la tradition, il va sans dire qu’une analyse raisonnée de l’alimentation permet à nos oiseaux, avec quelques corrections de rationnement, d’exprimer pleinement leurs capacités et d’améliorer nettement leurs performances. c’est la combinaison judicieuse des nutriments de base en fonction des buts recherchés qui permettra d’assurer l’ensemble des besoins nutritifs du sportif et un entraînement réussi. Les nutriments fondamentaux et les besoins alimentaires des pigeons Photo N. Girard Les protéines Les protéines ou protides sont des substances organiques azotées complexes, différentes en fonction du grain dont elles proviennent. l’alimentation des pigeons de sport 153 L’alimentation est un élément essentiel, qui aura une influence sur les performances des pigeons.

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Les culbutants La culbute en figures décomposées. Les culbutants1 constituent, en nombre de races, un groupe important de pigeons d’acrobatie. Leur figure principale est la culbute arrière simple. La culbute classique consiste en une figure acrobatique brève durant laquelle le pigeon interrompt son vol normal, rejette la tête en arrière, redresse son corps les ailes semiouvertes, relève la queue et pratique une rotation du corps en « saut périlleux arrière » autour d’un axe horizontal fictif transversal au sens du vol et passant au niveau de son dos. Puis il se retrouve dans sa position initiale et reprend le cours normal de son vol, en ayant perdu plus ou moins d'altitude. On peut considérer qu’une figure est parfaite si elle est réalisée avec fluidité et maîtrise et donne l’impression qu’elle fait partie intégrante du vol sans rupture dans le mouvement. Les culbutes sont appréciées selon le style particulier à chaque race. Décomposons une figure, telle qu’on la voit en regardant évoluer un jeune pigeon. Dans un premier temps, beaucoup font ce que l’on 1 Les culbutants sont appelés tümmlers en Allemagne et tumblers en Angleterre. appelle des « tape-culs ». Le pigeon commence a perdre un peu de vitesse, se cambre sur la queue et se laisse tomber sur une certaine hauteur. Puis vol après vol, l’oiseau maîtrise mieux son impulsion, elle devient plus rapide et la cambrure du corps aboutit à l’étape suivante, le salto arrière. On voit parfois le pigeonneau terminer encore sur la queue et essayer de maîtriser à nouveau son vol pour rejoindre l’équipe qui l’accompagne. Évidemment la disctinction nette de trois étapes, l’impulsion, le salto arrière et la sortie de culbute se matérialisant par la reprise immédiate du vol, constitue un cas d’école. Quand le pigeon maîtrise l’ensemble du processus, il ne s’agit plus de statuer sur chacune des étapes, puisqu’elles ne font plus qu’une seule et même figure rapide : la culbute parfaitement réalisée. Pour résumer, le pigeon effectue une impulsion plus ou moins visible, qui engendre un salto arrière net et isolé de toute autre figure et se termine par une réception stabilisée. Dans la double culbute, le pigeon effectue également une impulsion plus ou moins visible, qui engendre deux culbutes arrière 222 Dessin T. Roy

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Le CuLbutant français Origines Le berceau de la race serait le Nord de la France, comme pour les Culbutants lillois et belge, tous deux en voie de réhabilitation comme races de sport. Aucune donnée vraiment précise n’existe sur l’origine exacte de ce pigeon. Comme pour beaucoup de races de pigeons, il semble que l’histoire du Culbutant français soit liée à des conquêtes militaires. Les écrits relatifs au Culbutant français font en effet souvent référence à un Culbutant viennois existant au xviie siècle. Or en 1683, les armées ottomanes ont dû abandonner le siège de Vienne face aux forces coalisées du maréchal Eugène de Savoie. Lors de la reconquête des pays occupés par les Turcs, notamment en Hongrie et dans les Balkans, les Autrichiens ont trouvé dans les colombiers militaires et d’agrément des Turcs des culbutants, haut-volants et autres messagers. Ce sont ces pigeons, ramenés dans le Nord de la France, qui auraient permis la création de notre Culbutant français. La race du Culbutant français a surtout vu le développement des souches d’exposition. Ceci à tel point que les souches de vol de Culbutant français avaient pratiquement disparu jusqu’à récemment. C’est grâce au travail acharné d’entraînement et de sélection de quelques éleveurs français que notre culbutant national a pu recouvrer ses lettres de noblesse en reprenant le chemin du ciel. Le travail de réhabilitation du Culbutant français en tant que pigeon de vol débuta en 1976. À cette époque, les seuls Culbutants français existants étaient issus de souches d’exposition, volaient peu et ne culbutaient plus. La culbute fut réintroduite dans la race par croisements ponctuels avec des claqueurs asiatiques et sans doute des Culbutants de Transylvanie pour certaines lignées, avec ensuite un retour sur le type classique du Culbutant français et une sélection visant à retrouver son style de vol et de culbute. Les races de pigeons de voL 223 Photo S. Naud L’impression dégagée par l’équipe de vol peut être très différente selon la race de culbutant considérée. (Ici : Culbutants français.) enchaînées rapidement, sans plané ni battement d’ailes intermédiaire, et se termine également par une réception stabilisée. Le pigeon peut enchaîner ainsi plusieurs culbutes distinctes d’affilée. Cette acrobatie peut être plus ou moins groupée autour de l’axe de rotation, plus ou moins rapide et fréquente. De même qu’au terme de la culbute, le pigeon peut perdre plus ou moins de hauteur, ou bien conserver sa position, voire prendre de la hauteur, comme dans le cas des claqueurs par exemple. La plupart des races exécutent leurs culbutes rapidement, presque sur place, sans perte d’altitude, contrairement à ce que l’on voit sur le dessin. Le style de vol et d’exécution des culbutes change complètement d’une race à l’autre et l’impression dégagée par l’équipe de vol peut être très différente selon la race de culbutant considérée. À sav oir Qu’il soit dit ici, une fois pour toutes, que les pigeons exécutant prétendument une culbute « avant » sont une légende. Aucune race de pigeons n’est capable d’exécuter cette figure assimilable à un « salto avant ».

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