Bulletin de l'ACIPA n°14 - Juin 2005 - Non, c'est non.

 

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Bulletin d'information de l'ACIPA qui s'oppose au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) - Juin 2005

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Bulletin d’information aux adhérents Juin 2005 – No 14 Non, c’est Non. Énième étape de notre feuilleton «SCÉNARIO DE PISTES» : le A3 amélioré a été choisi et pourra être « affiné » selon la préfecture. Ce scénario, de toute façon catastrophique pour les populations et l’avenir de nos communes rurales, mais aussi le plus pénalisant pour l’environnement, a reçu le soutien complet de l’ensemble des collectivités locales qui, au prétexte de « protéger les populations », non seulement refusent de dire un vrai NON au projet et à ses décideurs, mais participent aux études ! Notons aussi le retournement de veste du conseil général qui, après avoir juré ses grands dieux qu’il n’accepterait jamais un barreau routier sud, n’y trouve plus rien à redire ! Une fois encore, on essaye de nous tromper en martelant jusqu’à l’intérieur de la mairie de Vigneux, que très peu de personnes seraient touchées par les nuisances (2 693 en 2050 !), qu’un droit de délaissement serait mis en place pour le rachat des propriétés, que des indemnités importantes seraient versées pour l’isolation des maisons, que les oppositions au projet sont légitimes, etc., etc. Bref, tout est fait pour nous endormir… L’un de nos maires disait récemment, lors d’une réunion publique : « L’aéroport nous empoisonne la vie ! », qu’attendent donc nos élus pour s’opposer réellement à ce projet avant qu’il nous empoisonne définitivement la vie, au sens propre, comme au sens figuré ? S’ils voulaient enfin se battre pour faire respecter les votes d’opposition de mai-juin 2003 émis par les conseils municipaux et notre communauté de communes Erdre & Gesvres, ils seraient largement suivis et soutenus par la population. L’ACIPA continue de se battre et invite ses adhérents et sympathisants à être nombreux, une fois de plus, lors du pique-nique du 26 juin à Vigneux, pour s’informer, débattre et redire haut et fort notre opposition à ce projet inutile et néfaste. Malgré ce qu’on veut faire croire, il est encore possible de faire annuler ce projet qui n’est qu’un vaste gaspillage d’argent public. Ce combat sera de longue haleine, mais pour nous NON, c’est NON, le bon sens finira bien par l’emporter ! Restons mobilisés ! Agnès BELAUD, Claude COLAS, Jean LELOU. Dimanche 26 juin, à Vigneux, pique-nique de l’Acipa. Accès fléché à partir de Vigneux. 14 H - Débat avec les associations : quelles alternatives à la construction d’un nouvel aéroport ? Avec le soutien de deux goupes locaux : à 15 H 30 - KLAKTONCLOWN et à 17 H 30 - LES JAMBONS

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Les philosophes sont avec nous : «PENSER, C’EST DIRE NON. VIE DE L'ASSOCIATION MAIS QUE FAIT DONC L’ACIPA ? L'ACIPA, soutenue par une solide équipe de correspondants locaux et d'autres personnes toujours prêtes à réagir, continue ses actions tous azimuts et n'a pas ménagé ses efforts depuis le début de l'année ; voyez un peu… • Rencontres-discussions avec des avocats, certains conseillers généraux, des étudiants en économie, l'ACNUSA, la Chambre d'Agriculture… • Contacts réguliers avec la presse sous forme de communiqués ou de rencontres plus personnelles. • Présence dans les conseils municipaux, au SIVU, à la CCEG • Intervention suite aux conférences de Jean-Marie Pelt (Natura – Rezé ) et de Philippe Labat sur le thème du «Peak Oil» à Nantes, lors d'une réunion à Guémené sur l'Agriculture avec M. Mareschal, de la manifestation « Place des Résistances » au Gruellau, à Treffieux et aux débats publics des Assises Régionales. • Distribution de tracts lors du salon Natura, de la conférence «Environnement et Santé», de la Foire Internationale de Nantes, du salon Terre à Lanester, des rassemblements « Sortir du nucléaire »et « Place des Résistances »… • Organisation, avec une quinzaine d’associations, du Forum Environnemental de Guémené-Penfao. • Remise de dossiers à divers organismes ou associations qui veulent nous connaître. • Lettres aux « décideurs » et aux élus, rédaction de votre bulletin d’information, sans oublier la mise à jour du site, unanimement apprécié ! Tout ceci nous tient fort occupés, sans compter les réunions mensuelles du CA et des diverses commissions. L'ACIPA vit à 100 à l'heure et a besoin de vous pour renouveler ses forces ! Rejoignez-nous vite en contactant votre correspondant local (coordonnées sur votre carte d’adhérent et dans le précédent bulletin). REMARQUEZ QUE LE SIGNE DU OUI EST D’UN HOMME QUI S’ENDORT. AU CONTRAIRE, LE RÉVEIL SECOUE LA TÊTE ET DIT NON » (Allain). ces aéroports sont tous, sauf un, en déficit et renfloués par les deniers publics. Inutile, parce que la prétendue « saturation » prochaine de l’aéroport de Nantes est un mensonge, comme l’a confirmé l’expertise indépendante réalisée au cours du débat public et comme le confirment les chiffres (une impressionante progression de… 1,79 % en 2004, qui est en réalité un recul sur objectif : 1 938 447 passagers en 2004, au lieu des 2 100 000 annoncés). Inutile, parce que le transport aérien va évidemment être fortement affecté dans les prochaines années par la chute de la production de pétrole et la forte augmentation des prix qui va en découler (« Le transport aérien n’a pas dix années à vivre », dit Philippe Labat, polytechnicien, ancien responsable chez Elf). Néfaste, parce qu’il serait source de nuisances sonores et de pollutions considérables ; parce qu’il détruirait irrémédiablement une riche région bocagère et l’agriculture qui s’y pratique ; parce qu’il augmenterait fortement la production de gaz à effets de serre alors que la réduction de ceux-ci est au programme officiel de tous nos décideurs ; parce qu’il entraînerait inévitablement des expulsions dont il faut être naïf pour croire qu’elles seront généreusement dédommagées. Néfaste, parce qu’il coûterait fort cher aux collectivités locales et régionales et entraînerait inévitablement une amputation des budgets d’autres domaines (santé, éducation, etc.) et une augmentation des impôts. À l’heure même où ces collectivités se plaignent du désengagement de l’État et estiment qu’elles ne peuvent assumer le coût de construction d’un nouveau pont sur la Loire — 200 à 300 millions d’euros —, où vont-elles trouver les 4 à 5 milliards nécessaires à la construction de cet aéroport et de ses infrastructures de raccordement routières et ferroviaires ? L’ACIPA confirme qu’elle ne se laissera pas aveugler par la poudre aux yeux des déclarations des porteurs du projet, qu’elles se veuillent rassurantes ou intimidantes. L’ACIPA reste déterminée à empêcher la réalisation de cet aéroport inutile et néfaste. L’ACIPA appelle les populations concernées à ne pas se laisser abuser par l’intox des tam-tams « officiels » et à se joindre à elle pour montrer aux « décideurs » qu’elles ne les laisseront pas prendre des décisions nuisibles pour la grande majorité des habitants de cette région et de ce pays. SCÉNARIO A3 dit « AMÉLIORÉ » Confrontée à l'effet d'annonce tapageur du scénario provisoirement définitif de l'implantation des pistes du projet d'aéroport du Notre-Dame-des-Landes, l'ACIPA constate, qu'une fois de plus, les porteurs de ce projet ont recours au bricolage et au baratin pour essayer de faire admettre leur choix. Que ce soit dans le jeu de cache-cache des pistes (Je sors ? Je ne sors pas ?) ; dans le dessin subtilement sinueux du Plan d'Exposition au Bruit qui évite gentiment les zones sensibles; ou dans les affirmations minimisant grossièrement le nombre de personnes qui seraient affectées par les nuisances, c'est en prenant les gens pour des idiots qu'ils espèrent leur faire avaler cette énorme couleuvre. L’ACIPA rappelle que ce projet est inutile et néfaste. Inutile, parce que le grand ouest compte déjà 10 aéroports commerciaux ayant une capacité totale de 11 millions de passagers où le trafic n’a été que de 3,6 millions en 2004, parmi lesquels l’aéroport d’Angers qui est un gouffre financier avec un trafic quasiment nul (7 200 passagers en 2004) et qui pourrait fort bien servir à soulager Nantes s’il en était besoin. Rappelons que • Louis CERCLERON, maire de Notre-Dame-des-Landes, toujours aussi déterminé. Lors de la réunion du conseil municipal du 30 mars 2005, les conseillers ont pu voir leur maire très remonté contre le périmètre de droit de délaissement du scénario de piste final. Il est déterminé à s’opposer à ce périmètre très restreint qui correspondrait approximativement à la zone B du Plan d’Exposition au Bruit (PEB) de l’aéroport. Il avait la même détermination pour que les pistes soient impérativement situées dans le périmètre de l’ex-ZAD : on connaît le résultat !

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11 MARS 2005 : RAOUT À LA MAIRIE DE VIGNEUX Pour fêter la publication du énième scénario « amélioré », dans lequel nos élus locaux se sont investis dans un « travail de fond (où leur) vigilance (a) permit d’infléchir la position des services de l’État… », M. Ménager n’avait invité que du beau monde. Rien n’avait été négligé pour assurer la réussite du « cocktèle » : vin blanc sucré, petits gâteaux, maréchaussée… et opposants. La petite centaine de pandores avait ordre de les contenir et comprimer le long de l’étang, en face de la mairie. Certains de ces amis de l’ordre se targuaient d’en pousser à l’eau, 4 mètres plus bas, s’ils ne se tenaient pas bien. Ils ne furent pourtant pas de trop pour garder, à l’arrivée de l’arrogant Ayrault et du préfet Boucault, toute la largeur de route due à leur importance. Cela n’a pas empêché les huées de « NON À L’AÉROPORT » de s’abattre sur Ayrault, son complice de la préfecture et le coupeur de ruban qui ont préféré s’enfermer dans la Mairie pour se gargariser de l’excellence de leur projet d’aéroport. Les quatre-cents manifestants n’avaient sans doute pas bien compris que « l’occupation de l’espace maîtrisé et la mise en valeur du cadre de vie existant constituent des ambitions majeures du projet de territoire d’Erdre & Gesvres et que toute la confiance doit être accordée (aux élus) pour atteindre ces objectifs »*. Ah, ingrats électeurs… * Magazine « Erdre & Gesvres Actualités » de février 2005. • ALTRO ÉCOLO ? L’Association Logistique Transport Ouest (ALTRO) préconise le développement du rail (mais aussi durable) au travers d’un projet dénommé Transversale Alpes-Atlantique (TAA) en créant de nouvelles voies ferrées, mais aussi en utilisant l’existant. Cette association prétend que leur TAA est au service : • du développement durable • d’un aménagement du territoire équitable et équilibré • d’un environnement protégé Le problème est qu’elle s’appuie sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour, entre autres, ouvrir une ligne TGV entre Nantes et Rennes. Alors, ALTRO, écolo ou rigolo ? pour le moins incohérente et déplacée, tout comme les tags réalisés dans la nuit du 10 au 11. Pour tout cela, je ne serais pas fier d’afficher mon appartenance à ces groupes organisateurs». L’ACIPA ne considère pas « incohérente et déplacée » une manifestation rappelant qu’il existe une forte opposition au projet d’aéroport au moment de l’inauguration d’un bâtiment dont les services auront un rôle à jouer dans l’installation, ou non, de cet aéroport et dans la gestion des nombreuses conséquences qu’une telle installation aurait sur la vie des Vignolais. S’il s’agit, comme on nous le dit, de préparer « les décennies à venir », ce sujet ne nous semble pas négligeable. D’autant que les discours officiels prononcés à l’occasion de cette inauguration, évoquant tous et très longuement les bienfaits du futur aéroport, ont bien démontré que ce projet d’aéroport est bien ce qui rassemblait-là la majorité des notables invités. L’ACIPA considère plutôt « incohérente et déplacée », de la part d’une municipalité s’étant prononcée majoritairement contre ce projet d’aéroport, l’attitude consistant à recevoir chaleureusement les principaux promoteurs de ce projet, sans leur faire la moindre remarque quant à son « opposition » à celui-ci, mais au contraire en dénigrant ceux qui osent l’exprimer. L’ACIPA trouve tout-à-fait calomnieux le fait d’assimiler sa manifestation à celle d’un groupe de « tagueurs » qui ne sauraient que souiller les belles mairies toutes neuves. Le combat de l’ACIPA a un sens qui est clair et ne peut être comparé à du vandalisme. Il est effectivement dommageable que le nettoyage des inscriptions incriminées ait coûté aux contribuables vignolais la somme de 382,72 euros. Mais dira-t-on à ces mêmes contribuables, pour prendre la juste mesure de ce préjudice, ce que leur a coûté la réception « municipale », mais surtout ce que leur coûterait, par impôt interposé, cette folie d’aéroport ? J.-M. AYRAULT : « Comme j’aimerai bien vivre à Vigneux ! » DROIT DE RÉPONSE (refusé par M. Ménager dans le journal municipal de Vigneux) Ayant appelé à la manifestation du 11 mars dernier contre le projet d’aéroport, l’ACIPA se considère mise en cause par la reproduction dans le Petit Journal de Vigneux-de- Bretagne (mai 2005) d’un «extrait du discours de M. le Maire pour l’inauguration de la mairie» où Claude Ménager parle de : « La manifestation extérieure qui n’a aucun rapport avec le sujet qui nous rassemble et qui est Le projet d’aéroport est inutile et néfaste. L’ACIPA est donc fière de ne pas — contrairement à d’autres — varier dans ses prises de position, en restant opposée à ce projet et en le manifestant partout où cela mérite de l’être.

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DU PÉTROLE OU DES IDÉES ? Un aspect du développement de la production pétrolière, jusqu’ici insuffisamment remarqué, vient renforcer notre conviction que l’aéroport est inutile. Il s’agit de la décroissance prévue de la productivité mondiale de pétrole. Rappelons que le pétrole est une énergie fossile qui s’est formée il y a environ 600 millions d’années et constitue un bien non renouvelable. Or, selon les experts, nous approchons du moment — nommé « Peak Oil » ou « Pic de Hubbert », du nom de celui qui en a le premier estimé l’émergence — où la production mondiale de pétrole va commencer à décroître (entre 2015 et 2025 selon les estimations les plus optimistes) puis progresser vers son total épuisement, à plus ou moins long terme selon la consommation qui en sera faite. En fonction du rythme actuel, on parle d’une cinquantaine d’années. Dans le même temps, la consommation de pétrole ne cesse de croître et devient structurellement supérieure à l’offre. Cela signifie qu’avant sa disparition totale le prix du pétrole ne va cesser d’augmenter à un point tel que cela va avoir d’énormes conséquences sur de nombreux secteurs de l’économie, à commencer par le transport aérien. Le 18 mars dernier, la coordination des associations opposées au projet d’aéroport, a invité, pour une conférence publique à Nantes, Philippe Labat, consultant international, travaillant depuis plus de 30 ans dans l’industrie pétrolière. Son exposé, très clair, a montré : • que le recul de la production pétrolière et l’augmentation des prix affecteront très fortement des pans entiers de l’économie (la pêche, l’agriculture productiviste, les transports, le tourisme…) ; • que l’impact sur le transport aérien sera considérable et entraînera certainement une forte régression de celui-ci ; • qu’il n’y a, à l’heure actuelle, pas de solution crédible de recours à des carburants alternatifs ; • que les décideurs politiques font l’autruche sur ce problème, se contentant d’apaiser provisoirement les mécontentements professionnels confrontés à l’augmentation galopante du prix du pétrole en lâchant des subventions ; ce qu’ils ne pourront pas faire toujours. Tandis que les entrepreneurs, eux, s’inquiètent et étudient les alternatives possibles, mais en catimini, sans le dire au grand public pour ne pas décrédibiliser leurs discours progressistes ; • que ce phénomène est déjà la cause réelle de guerres comme celle d’Irak et que ça ne va pas s’arranger. Sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la conclusion de Philippe Labat, est que : • l’évolution prévisible de la production d’énergie est défavorable au projet ; • ce projet ne sera sans doute jamais rentabilisé ; • le nouvel aéroport gaspillerait des ressources précieuses qui pouraient être mieux employées ; • le nouvel aéroport stériliserait d’importantes surfaces de terres, alors que l’agriculture aura des défis énormes à relever ; • le nouvel aéroport a tout pour devenir un nouvel éléphant blanc : « réalisation qui a coûté très cher, mais dont l’utilité est faible » (Larousse). Pour notre part, nous estimons pouvoir commenter ces informations en reprenant les mots d’Albert Jacquard, pour considérer que le comportement de nos « décideurs » est « scandaleusement destructeur. Faire confiance à la science et à la technique en croyant qu’elles apporteront des réponses aux problèmes que génère ce comportement est une attitude infantile. La finitude de la planète est une donnée qui ne peut être écartée. (…) Soyons conscients de notre responsabilité face à une Terre que nous risquons de rendre inhospitalière. » (De l’Angoisse à l’Espoir – Leçons d’Écologie Humaine). L’ACIPA ÉCRIT À LA PRESSE NATIONALE Alors que le projet d’aéroport du nord-ouest de Nantes (dit improprement « de Notre-Dame-des-Landes ») est aussi important et préoccupant que ceux de Chaulnes (hier) ou de Toulouse (aujourd’hui), nous nous étonnons et déplorons de n’avoir vu dans la presse d’envergure nationale, aucun article consacré à l’opposition importante qu’il rencontre. Aussi, nous permettons-nous de vous faire parvenir un dossier qui devrait vous éclairer sur ce projet et les raisons qu’il peut y avoir de le contester, en espérant qu’il vous serve de base pour aborder ce sujet. Ce dossier est volontairement un résumé des problèmes essentiels. Nous l’avons voulu ainsi afin de ne pas vous accabler par une documentation trop abondante. Mais aucune des affirmations qui s’y trouvent n’est gratuite. Nous avons sur chaque point, exposé des dossiers détaillés et précis qui ont valeur d’expertise. Et nous pouvons vous en fournir copie si vous souhaitez des précisions. Nous sommes bien entendu à votre disposition pour répondre à vos questions. Avec tous nos remerciements pour l’attention que vous voudrez bien prêter à ce dossier, nous vous prions d’agréer l’expression de nos salutations concernées. À suivre… • CENTRE D’ENFOUISSEMENT TECHNIQUE OU AÉROPORT ? La préfecture remet à plat les études du Syndicat Mixte Nord-Atlantique (Ouest-France du 10/03/05) concernant l’implantation d’un CET sur Fay-de-Bretagne ou Grandchamp-Héric pour cause de proximité avec l’hypothétique aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Comment peut-on laisser faire des études de sol avec sondages, laisser organiser des réunions publiques d’information et réaliser au dernier moment qu’il y aurait incompatibilité avec un aéroport ? Où est l’urgence, entre un C.E.T. bientôt saturé (Treffieux) et un aéroport (NantesAtlantique) loin d’être engorgé ? Nos technocratres viennent peut-être aussi de réaliser qu’il y avait de la vie autour de Notre Dame des Landes. Toujours est-il que cela montre la « bonne » coordination des Services de l’État.

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C’est le titre très évocateur d’une pièce de théâtre créée, à la demande de l’association Solidarités Écologie, par la troupe amateur La Fourmilière : Nous sommes en 2055, une grandmère et sa petite fille sont dans un respirarium pour retrouver les odeurs d'autrefois. La grand-mère raconte à sa petite fille qu'il avait été prévu de construire un aéroport à cet endroit. Avec humour, nous traversons les souvenirs de jeunesse de la grand-mère, les discussions passionnées dans les familles de paysans autour de ce projet, les visites des « spécialistes »sur le terrain… Et même les débats-réalité télévisés à grand spectacle et grand enjeu. On s'y croirait ! Cette comédie légère a déjà rencontré un vif succès à Treillières, La Chapelle-sur-Erdre et Guémené-Penfao, mais d’autres représentations sont prévues le 1er octobre à Fay-de-Bretagne et le 26 novembre à 20H30 à Grandchamp-des-Fontaines. Ne la manquez pas! Le théâtre et l’humour font passer bien des messages. plan d’exposition au bruit a calculé a minima, ce qui concerne à peine quelques dizaines d’habitations. Quant à la non-dépréciation de la valeur, on sait comment ça se passe quand c’est l’acheteur qui a le pouvoir de fixer le prix et quand le vendeur doit traiter sous la menace : tu prends ce qu’on te donne ou tu subis les nuisances ! Ça s’appelle avoir le « choix »… d’être grugé ou assommé. À ce propos, il n’est pas inintéressant de voir comment ça se passe autour de l’actuel aéroport : sur 530 dossiers d’insonorisation acceptés, 455 sont en souffrance faute de finances disponibles. Un habitant des Couëts remarque : « Au train où ça avance, il y a des riverains qui obtiendront le feu vert pour faire poser leurs doubles vitrages le jour où il n’y aura plus d’avions » (Ouest-France du 2 avril 2005). Indemnisations = Pièges à c… ! RÉADHÉSION 2005, courrier d’une adhérente « Veuillez trouver ci-joint ma contribution à votre association. Je vous félicite pour le combat que vous menez car aujourd’hui peu de personnes ont le courage de se battre contre les abus financiers. Beaucoup de promoteurs et amis de promoteurs voudraient transformer notre planète en une marchandise toujours prête à vendre. Merci d’être là pour préservez la nature. Nous n’avons pas besoin d’aéroport, ni d’un 2e pont sur la Loire qui viendra aussi saccager des sites en Pays de Retz. J’habite Saint-Viaud, si cet aéroport se faisait, les nuisances se propageraient jusqu’à Frossay, puisqu’il est prévu des trajectoires aériennes sur Frossay et, plus loin, Vue. Je pense qu’il faudrait en parler dans vos revendications car la population du Sud Loire n’a pas pris conscience de l’enjeu. Pour le 2e pont, c’est pareil, les études prévoient un pont Nord Sud. Qu’en est-il des habitants qui, lorsqu’ils ont acheté leur maison ne pensaient pas être expropriés ou dérangés par d’énormes nuisances routières et aériennes ? Les expropriations ne concernent jamais les élus qui votent ce type de projet ! On ne parle jamais suffisamment de ces problèmes. Bien amicalement. » PLACE DES RÉSISTANCES L’ACIPA était présente à cette manifestation le samedi 30 avril dernier, au bord de l’étang du Gruellau à Treffieux. Il s’agissait pour nous de montrer que notre lutte ne se limite pas à «défendre nos bouts de jardin» comme on nous le reproche encore de temps en temps, mais qu’elle s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large : droit de diriger nos vies comme nous l’entendons et non pas comme une poignée de « décideurs » l’entendent, refus d’une démocratie dite « participative » qui fait semblant d’écouter, remise en question d’un mode de vie totalement soumis aux seules valeurs de marché, vision à long terme pour limiter la destruction de la planète Terre, etc. Nous avons dit et redit que ce projet est inutile et néfaste. Le contact a été facile, la pétition largement signée et l’intervention de notre porte-parole, aux côtés d’autres associations en lutte contre des projets de même type a été intéressante. Cette journée, nous a mis du baume au cœur et on s’est senti moins seuls ! UNE INFO POLITIQUE Nous apprenons que la section locale PS Erdre & Gesvres a voté une résolution contre le projet d’aéroport qui se conclut par « Soucieuse de promouvoir un véritable développement équilibré, la section PS d’Erdre et Gesvres s’oppose à un projet dont l’utilité n’a pas, à ce jour été démontrée, et dont le coût, en terme de conséquences environnementales et de charges financières, dépasse de très loin les hypothétiques retombées en terme de développement économique ». L’ACIPA est heureuse de voir que des militants de base du PS ne sont pas du même avis que leur leader. VOUS DITES « INDEMNISATIONS » ? Pour calmer les inquiétudes des riverains de leur éventuel futur aéroport, les porteurs du projet laissent entendre que des indemnisations larges, sans dépréciation de valeur, seront possibles pour ceux qui voudraient partir. En réalité, si on regarde le détail de leurs déclarations, ces indemnisations ne sont envisagées que dans les deux premières zones de bruit intense que leur • Michel HUNAULT, ex UMP, aujourd’hui UDF, bientôt chez les Verts ? En effet, il se rapproche déjà de Jacques FLOCH (PS), en ce qui concerne le oui à la Constitution Européenne, mais il s’oppose aussi à l’amendement présenté par Serge POIGNANT sur l’énergie éolienne. Il déclarait dans Ouest France du 31 mars 2005 : « Nous regrettons le choix de l’UMP de passer en force sur le sujet des éoliennes, ce qui ne manquera pas de fragiliser les engagements de la France par rapport aux objectifs de Kyoto. » Comment peut-on défendre les accords de Kyoto et militer pour le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? Directrice de publication : Agnès BELAUD • Comité de rédaction : les membres de la commission communication • ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes • Fabrication : Parenthèses. COMME UN PARFUM DE KEROSÈNE

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Julien DURAND, agriculteur à Notre-Dame-des-Landes et membre de la Confédération Paysanne, répond aux questions de l’ACIPA Depuis longtemps, avec les autres associations s’opposant au projet d’aéroport, vous dénoncez la politique de non relocation des maisons inoccupées de la ZAD par le Département. — Quatre maisons sont actuellement inoccupées sur la ZAD. Nous avions déjà interpellé M. Trillard sur ce sujet. La mairie de Notre-Dame-des-Landes s’était quant à elle prononcée pour la relocation. Au changement de majorité, nous avons relancé M. Verger, maire de Bouvron et conseiller général. En octobre 2004, nous avons tenu une conférence de presse, devant l’une de ces maisons, pour dénoncer cette gabegie alors que tant de personnes ont des problèmes pour se loger. Nous avons aussi sollicité les conseillers généraux membres de la Confédération Paysanne. Ce n’était plus un secret pour personne qu’il y avait un blocage au plus haut niveau du département : son président, M. Mareschal. Selon lui, ces maisons n’étaient pas relouées au prétexte que leurs mises aux normes coûteraient trop cher en regard du peu d’années qu’il resterait avant la construction de l’aéroport. M. Mareschal, ce champion de la démocratie, pense comme l’insolent M. Mustière qui fut tant hué au débat public… que « la messe est dite ». Il oublie, un peu vite, qu’on en est encore qu’au stade de projet et que l’enquête publique n’a pas eu lieu. Les premiers promoteurs de cet aéroport nous l’avaient déjà promis pour 1985 ! À l’assemblée générale de la Confédération Paysanne en mars 2005 où nous traitions du problème de l’installation des agriculteurs j’ai interpellé, pour la seconde fois, M. Mareschal, sur ce scandale. Il n’a pas daigné répondre et s’est vite éclipsé de l’assemblée. Où en sommes-nous aujourd’hui ? — Le harcèlement porte ses fruits : les mairies concernées ont reçu l’assurance que ces maisons pouvaient être relouées par l’intermédiaire des CCAS, à charge de celles-ci d’effectuer les travaux nécessaires. On peut s’étonner que cette nouvelle majorité, qui se réclame du changement, continue la même politique aveugle que la précédente, et s’apprête à vouloir détruire une région agricole prospère pour une opération aventureuse, dans un contexte de développement du transport aérien des plus incertains. On ne peut crier partout à qui veut l’entendre que l’on n’a pas d’argent pour les pro- Angers-Marcé, vendredi 04/02/2005, 14 H 00 : Épinglé au tableau des outrages grammes sociaux (éducation, aux contribuables. santé logements,etc.) quand on se prépare à dépenser des millions pour un équipement inutile et aberrant. L’aéroport d’Angers à 100 km d’ici a coûté 150 millions de francs : Il est neuf et… vide. Il ne suffit pas de faire de grands discours sur « la préservation des sites et des milieux comme objectifs essentiels » et clamer que l’on veut une agriculture forte aux portes de Nantes et n’avoir qu’une idée : la détruire. Cela me rappelle Olivier Guichard qui voulait bétonner les marais salants de Guérande et qui dut abandonner ce projet sous la pression de la population. Votre entreprise a besoin de changer d’air, dit le panneau… C’est fait : les parkings sont totalement vides ! Il est important que ces maisons soient de nouveau occupées, que l’agriculture continue de se développer sur la ZAD et autour, que le département ne puisse plus acheter de terrain et que cesse cette politique de désertification de la campagne. ✂ ACIPA 2005 – ❑ ADHÉSION – ❑ RÉADHÉSION À remplir en lettres majuscules SVP (cochez les cases correspondantes). ❑ Adhésion familiale 15 € Nom ❑ Adhésion individuelle 12 € Prénom Date de naissance ❑ M. ❑ Mme ❑ Mlle Adresse ...................................................................................................................................................................................................................................................... Code postal ...................................................... Commune ....................................................................................................................................................................... Téléphone ........................................................ E-mail ............................................................................................................................................................................. Pour une adhésion familiale, veuillez indiquer ci-dessous les noms, prénoms et dates de naissance des autres adhérents âgés de 18 ans et plus : Conjoint ❑ M. ❑ Mme ❑ Mlle Enfants ou autres membres majeurs de la famille : Nom Prénom Date de naissance Souhaitez-vous participer à la vie de l’association au niveau local ? ❑ Régulièrement. ❑ Occasionnellement. Dans une de ses commissions ? ❑ Oui. ❑ Non. Règlement par chèque à l’ordre de : ACIPA – Adhésions – B.P. 5 – Notre-Dame-des-Landes (ou à remettre au correspondant local). Site Web : http://acipa.free.fr – Téléphone 02 40 57 20 29 – E-mail : acipa.info@free.fr Les informations demandées ne seront utilisées que pour la gestion de l’association. Conformément à la loi Informatique et Libertés (article no 34), vous disposez d’un droit d’accès et de modification aux informations qui vous concernent. Pour l’exercer, adressez-vous à acipa@free.fr ou à ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes.

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