"Quelles équipes-projets pour les Politiques de la Ville de demain ?"

 

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Les actes de la Journée nationale des professionnels du Développement Social Urbain - Metz - 23 mars 2012

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7èmejournéenationaledesprofessionnels dudéveloppementsocialurbain quelleséquipesprojetspour lespolitiquesdelavillededemain vendredi23mars2012cnfptd alsacemoselle lesactes

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actesdela7èmejournéenationaledesprofessionnelsdudéveloppementsocialurbain cnfptd alsacemosellemetz23mars2012 unejournéecoorganiséepar l interréseauxdesprofessionnelsdudéveloppementsocialurbain l unadel plateformedesmétiersdudéveloppementterritorial lagazettedescommunes enpartenariatavec l associationamadeus lecarrefourdespayslorrains lecentrederessourcespolitiquedelavilleenlorrainecploriv lafédérationdépartementaledescentressociauxdemoselle aveclesoutien dusecrétariatgénéralducomitéinterministérieldesvillessgciv del agencenationalepourlacohésionsocialeetl egalitédeschancesacsé delavilledemetz 2 cesactesontétéréalisésàpartird enregistrementsaudioetvidéodelajournée responsabledelapublication sylvierebièrepouyade­présidentedel irdsu coordinationetrédactiondesactes marieclairebarrépourcapacitéingénieriedeprojetcapacite@caramail.com irdsu­3placedubonpasteur­44000nantes­0240891018­contact@irdsu.net mai2012

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sommaire avantpropos«quelleséquipesprojetpourlespolitiquesdelavillededemain?» 1ouverturedelajournée 2tableronde«oùensontlesmétiersdudéveloppementsocialurbain?» 3regardsd experts1«quellesévolutionsdurôle,desactivitésetdescompétences desprofessionnelsdudsu?» 4regardsd experts2«commentprogresserversdesmodesdetravailplus coopératifsetcréerlesconditionsdel innovation?» 5echangesdepratiques atelier1«equipesintégrées/équipessegmentées comments organiserpour articulertouteslesdimensionsduprojet?» atelier2«développerlepouvoird agirdeshabitants oui,maiscomment?le changementdeposturedesprofessionnelsetdesbénévolespouraccompagnerles habitants» atelier3«observation,évaluation descompétencesàdévelopper,denouvelles organisationsàconstruire» atelier4«regardscroiséssurlesapprochesprofessionnellesdelapolitiquedela villeenfranceetenallemagne» 6allocutionsdeclôture annexe1contributiondel acséàlajournéenationaleirdsudu23mars2012 59 4 5 8 3 18 29 40 40 48 51 54 57 annexe2noteirdsu:«pouraméliorerlamiseenoeuvredelapolitiquedelaville:l enjeu d uneingénierielocaleadaptée» 61 annexe3elémentsbibliohistoriquesdela«plateformemétiers» 64

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avantpropos «quelles équipesprojet pour lespolitiquesdelavillededemain?» les trois prochaines années seront stratégiques pour la politique de la ville entre les élections nationalesdecetteannéeetlesélectionslocalesde2014elleserarepensée et parce qu il n y a pas de projet de territoire de qualité sans équipeprojet de qualité la question de l ingénierie et des métiers du développement local doit être aussi au coeur de ces débats or,demêmequela politiquedelavilleetdedéveloppementsocialurbain achangédepuisson apparitiondanslesannées80,leséquipesquilamettentenoeuvreontévolué.lesformationsse sont structurées la reconnaissance de ces métiers s est affirmée et les profils même des professionnelsontchangéaufuretàmesurequeleursprincipesetleursméthodesfaisaientévoluer lespolitiquesterritoriales cetteingénieries estégalementétofféepours adapterauxdéveloppementsdespolitiquesdela ville.lafigurehistoriqueduchefdeprojetgénéraliste,responsabledela maîtrised oeuvreurbaine et sociale laisse progressivement place à des équipesprojet pluridisciplinaires parfois inter institutionnelles elles réunissent des agents de développement de quartier comme des directeurs territoriaux des chefs de projet généralistes comme des spécialistes développement social rénovationurbaine,éducation,santé,prévention,luttecontrelesdiscriminations,économie et c est en prenant en compte cette diversité qui apporte de nouvelles dimensions au développementsocialurbainqu ilfautmaintenantposerlaquestiondel ingénierie maiscedéveloppementestégalementmarquépardesinégalitésentreterritoires:parmanquede moyensoudevolonté,certainesvillessontdémuniesetn ontpasleséquipesnécessaires.ellesont donc besoin d incitations de solidarités locales et d un soutien renforcé de l État pour développer leuringénierie la7ème journéenationaledesprofessionnelsdudsu aétél occasiond ouvrircedébat les échanges ont permis de faire le point avec des experts mais surtout avec les professionnels euxmêmes sur l évolution de leurs missions et de leur organisation pour mieux articuler les différentesdimensionsduprojetdeterritoire.maisaussisurlesmoyensd ingénierieàmettreen oeuvre sur le renouvellement de nos pratiques participatives avec les habitants et sur le développementdenoscoopérationsaveclesautresacteursdelapolitiquedelaville cette journée a donc permis de réfléchir individuellement et collectivement pour construire une ingénieriededéveloppementlocalplusàlahauteurdesenjeuxdenosterritoiresetauservicedes habitants lebureaudel irdsu­mars2012 4

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1ouverturedelajournée isabellekaucicadjointeaumairedemetzenchargedelapolitiquedelaville sylvierebièrepouyadeprésidentedel irdsu,directricedugipdsudel agglomération bayonnaise céciledeblicsecrétairedel unadel,directriceducarrefourdespayslorrains 5 isabellekaucicadjointeaumairedemetzenchargedelapolitiquede laville madame la présidente mesdames messieurs bienvenue à metz je suis particulièrement heureused accueillirlajournéenationaledel inter réseaux des professionnels du développement socialurbain et je voulais vous dire au nom de la municipalité quenousvousremercions,etcepourdeuxraisons toutd abordparcequecelapermetsurementàun certainnombred entrevousdedécouvrirlavilleet d y revenir plus tard n ayant plus en tête cette image souvent caricaturée de ville grise de garnison nous avons même réussi à faire en sorte quecettevillesoitensoleillée!c estçafinalement le pouvoir d agir la deuxième raison est le sujet que vous allez traiter aujourd hui sujet particulièrement important pour la ville de metz commepourl ensembledesterritoiresurbainsqui connaissent aujourd hui un certain nombre de difficultés je suis en charge de la politique de la ville depuis 2008 également en charge de la rénovation urbaine nous avons intégré l équipe rénovation urbaine depuis 2011 ce qui permet d avoir une action concertée sur la question de l urbainetdelacohésionsociale voussavezbiensûrcarcen estpasàvousqueje vais l apprendre que la politique de la ville connait sinon une difficulté en tout cas de gros questionnements nous sommes dans des moments extrêmement stratégiques des échéancesélectoralesarrivent,biensûr,maisaussi parce que l on nous promet depuis plusieurs années la révision de la géographie prioritaire et parcequesurdenombreuxterritoires,lesmoyens de l etat sont en diminution face à ces questionnements et à ces incertitudes les habitants ont encore davantage besoin d ingénierie et de qualité et c est pourquoi des organisations comme les vôtres sont tout à fait indispensables vous avez construit pendant des années des moyens en termes de professionnalisationetdeformation.etaujourd hui noussavonstousquepourcesterritoires,audelà de la gestion des dispositifs qui sont bien sûr importants pour les habitants il est aussi important de construire sur le long terme des investissementsquivontdurer c est tout l enjeu de la gestion urbaine de proximité qui est avant tout une gestion des investissementssurlesobjetsurbains,maisquiest aussi un enjeu de capacité à accompagner les acteursquisontenpremièrelignesurlesquartiers c estàdirelesassociations.jecroisquelàaussi,ily a des attentes fortes par rapport aux élus et aux pouvoirs publics de manière générale mais aussi par rapport aux acteurs que vous êtes en prise directe et qui sont finalement les relais entre ces structures qui agissent auprès des habitants et les pouvoirspublics pour toutes ces raisons madame la présidente mesdames messieurs encore une fois je vous encourage je pense que beaucoup d élus sont à vos côtés parce que nous savons que sur des questions aussi complexes que les territoires en difficultés une des réponses est bien sûr à la fois l intelligenceetlaproximité jevousremercie.

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sylvierebierepouyadeprésidentedel irdsu bonjouràtousetmercid êtrevenussinombreux avecl interréseauxdsu,nousensommesànotre 7èmejournéenationale.cellesetceuxquiontsuivi la vie de l association qui existe depuis la fin des années 90 savent que nous arrivons maintenant à un point d inflexion nous l avons évoqué hier lors de notre assemblée générale nous sommes en train de redéfinir notre projet associatif pour les années 20132015 et il y aura certainement des évolutions,évolutionsstatutairesbienévidemment mais également des évolutions portant sur le fond de notre projet et sur nos perspectives de développement notre enjeu majeur est de nous ouvrir à la communauté professionnelle encore plus largement,danstoutesadiversitéetderépondre encore mieux aux professionnels que nous représentons pour mémoire l interréseaux c est environ 7800 professionnels qui sont touchés aujourd hui et nous avons eu ces dix dernières années une monté en puissance qui nous permet de nous inscrire dans le paysage de la politique de lavilleetdudsu notre journée nationale porte sur les équipes projet «quelles équipesprojet pour quelles politiquesdelaville».onpeutêtresurprisdevoir la politique de la ville au pluriel mais c est parce que les évolutions récentes nous obligent à réfléchirsurlesmutationsencoursquitraversent le dsu et qui font que l on ne peut pas rester sur des représentations et schémas d ingénierie tels que l on pouvait encore les avoir il y a encore quelquesannées je voudrais remercier la ville de metz pour son accueil et notamment madame kaucic qui nous a rappelé que les réseaux de professionnels étaient importantspourlesélus.d ailleurs,l irdsutravaille enlienaveclesélus,notammentavecl association des maires de ville et banlieue je voulais aussi remercier alexis lambert et emmanuel bertin respectivement chef de projet cucs et directeur politique de la ville qui nous permettent d être ici et qui ont dû en amont fournir un gros travail de préparationpourcetévénement je remercie aussi la gazette des communes et notamment hervé jouanneau pour son partenariatparcequejepensequecelamontreque l on a su ces dernières années délivrer des messages clairs intéressants pertinents et qui pouvaient compter les actes de cette journée feront l objet d une publication dans la gazette celapourraservirdanslefuturpuisquelapolitique delavilleestappeléeàmuter,quoiqu ilensoit,et nous devrons apporter nos contributions en la matière je vais laisser la parole à l unadel avec qui nous travaillons depuis déjà très longtemps sur la question des métiers et notamment avec laquelle nous avons construit le référentiel métier qui est maintenantreconnuetopérationnel je nous souhaite de passer une journée où l on va pouvoir échanger apprendre les uns des autres et surtout produire des connaissances et des orientations qui seront utiles quand il s agira de contribuer à l élaboration des futures politiques publiques.lefilrougedenoscontributionsserade dire je pense que l ingénierie est bien évidemment importante mais aussi que les politiques publiques ne peuvent se réduire à de simples programmes il ne faut pas confondre quandonfaitdelapolitiqueetqu onaencharge la vie des habitants des quartiers les plus en difficulté les réalisations qui sont visibles bâtiment aménagement etc et les résultats attendus qui visent l amélioration des conditions deviedeshabitants 6 céciledeblicsecrétairedel unadel bonjour quelques mots pour vous saluer au nom de l unadel union nationale des acteurs et des structures du développement local et aussi au nomdelalorraine l unadelquejevaisvousprésentersousl angle des convictions plutôt que de vous faire une présentation de cette association est un ovni unréseaud acteursdudéveloppementlocalquia 20ansetquiestbasésurunetripleconviction.la

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première est que le développement local tient davantagedu«faireavec»quedu«fairepour» c est sans doute un des principaux fils rouges de cette association je signale d ailleurs que l unadel avec un certain nombre d acteurs comme l adels qui malheureusement a disparu danssaformeactuelleettoutuntissuassociatif,a travaillé à l élaboration d un livre blanc de la décentralisation «décentralisons autrement» pour essayer de redonner de la voix aux acteurs dans les politiques publiques la deuxième conviction est que l action doit être développée sur un territoire cohérent certes mais aussi volontaire c estàdire où les gens ont envie de travailler ensemble la troisième conviction est que l action ne doit pas être sectorielle elle ne doit pas simplement se référer aux lignes budgétaires mais elle doit être transversale cela faitéchoauxproposquivontêtretenusdanscette journée et qui ont déjà commencé hier lors de l assembléegénéraledel irdsu.lamanièredont vous travaillez est sans doute imprégnée de tout cela a cette triple conviction s en ajoute une autre:celle de la place du professionnel la matière grise l ingénierie les professionnels ce n est pas du fonctionnement ce n est pas une charge c est un investissement pour l avenir je remerciebeaucoupisabellekaucicpourlavillede metz d insister sur ce point ce n est pas toujours aussi clair dans le discours de nos élus c est pourtant important que l on se le rappelle tout s apparente à des défis qui vont être abordés au coursdecettejournée,parexemple,surlefaitde travailler en transversalité sur le fait de décloisonner sur la reconnaissance des métiers etc.etc estsansdoutepourcelaque,depuis2001 l unadel anime une plateforme inter institutionnelle.l unadel,c esttoutpetit.maissa grandeforceestdesavoirtravailleraveclesautres en s appuyant notamment sur l irdsu très actif danscetteplateforme;merciàeux.merciaussià tous les partenaires qui gravitent autour de cette plateformedesmétiers jevoudraismaintenantvoussaluerentantqu une des«localesdel étape»,etenparticulierentant pourallerplusloin quedirectriceducarrefourdespayslorrains.c est un autre ovni le carrefour des pays lorrains est néavecladécentralisation.ilfêtedoncsestrente ans il fédère en son sein des élus plutôt d intercommunalités que des communes des professionnels,quiontleurproprecollègeausein de notre association et les réseaux associatifs fédérations des centres sociaux fédération des mjc fédération des familles rurales foyers ruraux etc les chambres consulaires et des personnes à titre personnel tous estiment qu il est important de travailler à plus de mutualisation à se doter d outils de formation de sensibilisation et de réflexion pour pouvoir être force de proposition c est une sorte d auberge espagnole cette auberge espagnole a beaucoup produit elle a notamment dit qu il ne fallait pas ghettoïser les espaces ainsi comme vouspouvezl entendredanssonnom,lecarrefour des pays lorrains est plutôt né d une démarche qui venait des acteurs du milieu rural ceux qui ontcommencéàsouffrirlespremiersetquisesont ditqu ilfallaitretrousserlesmanchesetagir.mais ilyaeuunerencontreàlafindesannées90,avec ceux qui souffrent dans les villes dans les quartiersetquisesontaussiditqu ilsdevaientse prendre en main et c est ainsi que les professionnels lorrains du développement social urbain sont venus interpeller le carrefour en lui disant «vous mettez déjà en lien les professionnels du développement local alors ce serait intéressant si vous nous aidiez à nous mettre également en réseau» plus récemment nous avons souhaité faire le lien entre le réseau desprofessionnelsetl ensembledesacteursdela politiquedelaville,cequifaitqu avecl oriv,nous portons ensemble le tout jeune centre de ressourcespolitiquedelavilleenlorrainedepuis deuxans je vous souhaite de bons travaux auxquels bien sûrnousallonsparticiper.jesouhaitevousdirede manière forte de ne pas garder votre mouchoir dans votre poche je le dis avec d autant plus de facilitéquejesaisquel interréseauxsaitdirehaut et fort ses convictions et sa manière de voir pour faireavancerleschoses.jevousremercie 7 lesitedel irdsu:www.irdsu.net lesitedel unadel:www.unadel.asso.fr lesiteducarrefourdespayslorrains:cpl.asso.fr lesitedelavilledemetz:www.mairiemetz.fr/

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2 table ronde «où en sont les métiers du développementsocialurbain?» gillesjeannotchercheur,professeuràl ecolenationaledespontsetchaussées annesauvayredirectriced étudesaucabinetfors,responsabledel étudemenéepourl acsé sur«l ingénierielocaledelapolitiquedelaville» emmanuellethiollierchefdeprojetàvilledeparis,membreducadel irdsuetdela«plate formedesmétiersdudéveloppementterritorial» philippecarbassechefdeprojetdsuadjointàperpignan,membreducadel irdsuetdoctorant àl universitédeperpignan tablerondeaniméeparhervéjouanneaujournalisteàlagazettedescommunes l essentieldelatableronde laproblématique lespratiquesdudéveloppementsocialurbainsesontpourl essentielforgéesdanslesannées80autravers d expérimentations dans lesquelles des élus et des professionnels engagés ont permis de formaliser de nouveauxmodesd intervention,d éprouverdesméthodesetdesconcepts.durantcettephase,lesfonctions spécifiques des professionnels du dsu se sont progressivement dessinées expertise dans l analyse et la compréhension du territoire interface entre élus partenaires et habitants aide à la décision médiation complexe animation de collectifs accompagnement des acteurs approche globale de projet ces références«fondatrices»sonttoujoursvivantes«malgré»uneforteextensionetuneinstitutionnalisationde cettepolitique l irdsu a contribué avec d autres à la construction et à la reconnaissance des métiers du développement territorial,notammentdanslecadredelaplateformenationaledesmétiersaniméeparl unadel une définition globale a été élaborée «le professionnel du développement territorial favorise l aide à la décision et constitue un appui technique aux élus généraliste ou thématique il se définit comme un professionnel ayant une vision transversale du développement d un territoire communal ou intercommunal laquelles inscritnécessairementdansuneperspectiveglobaleetdelongterme.ilparticipeàlaconceptionetà lamiseenoeuvred unestratégieglobaledudéveloppementetdedynamisationd unterritoireenintégrantdes préoccupationsd ordreéconomique,touristique,social,culturel,agricole,environnemental,d aménagementet d urbanisme.interfaceentrelesélusetlesacteurslocaux,ilfaciliteletravailpartenarial,suscitelaparticipation des habitants et met en réseau des compétences diverses c est un métier dont la partie animation doit être prédominantesurlapartieadministrative.»«référentieldecompétencescoeurdesmétiers»2005;p.6 les finalités du développement ont également été réaffirmées «une transformation sociale du territoire versunmieuxêtreglobal,aumoyendedémarchesdeprojet,avecvalorisationdesressourceslocalesdansune visiondelongterme» 8

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nousavonscependantconsciencequecemodèleestfortementmisentension.eneffet,d unepart,latradition «française»d interventionpublique«bureaucratiqueetdescendante»,aétéaccentuéecesdernièresannées parledéploiementdesméthodesdumanagementpublicetd autrepart,l approche«pathogène»despublics et des territoires domine par les carences et les «écarts de développement» rendant plus problématique la mobilisationdespotentialitésdespopulationsdecesterritoires ceciillustreparfaitementunedescaractéristiquesprincipalesdudsu,unchampd interventionextrêmement sensible aux évolutions politiques institutionnelles et aux contextes locaux de mise en oeuvre de plus ces évolutions sont complexes à appréhender tant elles s accompagnent d une forme de reconnaissance de diffusion de la culture du développement approche projet transversalité et de discours contradictoires enfin,nousoeuvronsdansuncontextenousplongeantaucoeurdesenjeuxsociétauxderéconstructionduvivre ensemble.lesprofessionnelsdudsunepeuventêtreseulementdesexécutants.ilscontribuent,eneffet,àla diffusiond unecertaineconceptiondel actionpubliquetoutenadaptantencontinuleurspratiquesauregard des évolutions de l environnement et en veillant notamment aux équilibres entre des notions en tensionpermanente urbain/social national/local structuration de services/appui aux initiatives citoyennes expérimentation/institutionnalisation a cela s ajoute la grande diversification de la communauté professionnelle en termes d expertises spécialiséesquicontribuentàlamiseenoeuvredesdifférentesdimensionsdesprojets.enconséquence,plus que de métier ou de profession nous parlons de professionnalité c estàdire d un mouvement continu de constructiondepratiquesdanslequelnoussommesundesacteurscollectifs 9 lesprincipauxapports grâce aux interventions des quatre témoins chercheurs ou professionnels engagés nous pouvons affirmer notamment que la figure originelle du professionnel de la politique de la ville n existe plus elle a été remplacée par une myriade de situations et de profils qui se dessinent au gré des générations et des contextesd exercice en souhaitant répondre aux questionnements de l acsé sur «qui sont les chefs de projets généralistes» et «quelle est leur capacité d agir?» le cabinet forsétudes sociales a redessiné les contours de ces professionnels parmi l extraordinaire hétérogénéité de situations quelques traits saillants dominent ces professionnels sont plus jeunes largement féminisés de plus en plus diplômés non débutants dans la vie professionnellemaissouvent«nouvellement»arrivésdanslapolitiquedelaville.parmilesdéterminantsdela capacité à agir fors a mis en lumière les enjeux de positionnement dans l organisation selon la tension «pouvoir»/«terrain».ainsi,lamargedemanoeuvred unprofessionnelestplusgrandes ilcumuleàlafoisla proximitédeslieuxdedécisionsproximitédumaireoud unélufortaveclaproximitédesacteursdeterrain connaissancedeshabitants,associations,professionnelsdeterrain cette «normalisation» de la profession avec notamment une montée en puissance du nombre de fonctionnaires occupant ces fonctions est considérée comme rassurante car la profession est quelque peu stabilisée mais la typologie des «4 figures du chef de projet généraliste» elle n est pas indépendante du contexted exercice.onpourraitégalementêtretentésdefaireunetypologiedescontextes.làoùlapolitique delavilleestdevenueunepolitiquetransversale,endialogueavectouteslesautrespolitiquespubliques,le pari est réussi a contrario dans les cas où la bureaucratisation et la gestion des dispositifs a pris le pas la politiquedelavillen apporteplusquepeudechoses face à tous ces changements la plateforme nationale des métiers du développement territorial pfmet poursuitsonactionetcherche,avecdesprofessionnelsetdesuniversitaires,àanalysercommentl évolution du contexte influe sur les pratiques et impacte les valeurs fondatrices de la politique de la ville l institutionnalisation,laspécialisationenprogrammes,l alourdissementd unegestionadministrativetoujours plusprégnantechangentconsidérablementladonne.l objectifdelaplateformeestdoncdedéterminerquelle culture professionnelle faire perdurer et de savoir comment s adapter au contexte c est toute la question du sensquel ondonneàsontravail.c estlaquestiondevouloiretdepouvoirêtreacteurd uneprofessionet défenseurd unedéontologie.

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hervéjouanneaujournalisteàlagazette descommunes cequel acsévoulait,c étaitd abordsavoirquisont ces professionnels pour aller audelà des hypothèsesderajeunissementetdeféminisation je vais donc vous dire juste un petit mot de la méthode car la façon dont nous avons travaillé nous a immédiatement amenés à nous poser des questionssurlesmétiersetsurcettefigure l acsé nous avait demandé de faire une enquête par questionnaire pour réussir à cerner justement touscesprofessionnels.quisontils?quelâgeont ils quelles formations quelles fonctions etc mais pour faire ce questionnaire il fallait d abord repérer les gens puisqu il fallait le leur envoyer nous avons donc dû constituer un répertoire et pour le constituer nous avons consulté les préfectures les centres de ressources politique de la ville avec cette définition «qui sont pour vous les référents cucs et politique de la ville qui ne sontpasdédiésàunethématiqueouàundispositif particulier?» l exercice de constitution du répertoire nous a immédiatement plongés dans l hétérogénéité des situations occupées par les professionnels aujourd hui.quandonparledelafigureoriginelle souventunhomme,caractériséparuneposition très particulière dans les organigrammes ou hors del organigrammemaisenliendirectavecunélu fortouunmaire,ehbien toutcecin existeplus nous nous sommes donc retrouvés à certains endroits,avecparexempledeuxpersonnes,unchef de service et quelqu un qui s appelait «chef de projet cucs» et d autres qui pouvaient être des chefs de projet politique de la ville de quartier sur lemêmesite il était important pour nous de garder cette diversitédesituationspourchercheràcomprendre l existant et de s intéresser à ces intitulés et à ces fonctions diverses nous avons ensuite envoyé ces questionnaires 543 professionnels ont répondu à notre enquête et nous les en remercions et ensuite,36d entreeuxnousontaccueillispourune phase qualitative à l occasion de très longs entretiens voilà pour un petit détour par la méthode caravantd envenirauxenjeuxetauxrésultats,je voulaissimplementdirequecettefigurehistorique s est véritablement éclatée en une importante diversité de situations particulières ce qui est un despremiersenseignementsdecetteétude nous allons donc parler «métiers» aujourd hui précisément nous allons nous pencher sur ces métiers du développement local de l ingénierie locale qui parallèlement à l évolution de la politiquedelaville,ontconnudestransformations importantes c est d ailleurs le principal enseignement d une enquête menée par le bureau d études fors recherche sociale qui a été réalisée au printemps 2011etdontvousavezpeutêtreentenduparler bonjour à tous les 4 et merci infiniment pour votre présence j évoquais il y a quelques instants cette enquête réalisée par le bureau d études forsrecherche sociale.annesauvayre,vousenêteslacoauteure ilnousasembléindispensable,pourentamernotre débat de planter le décor pouvezvous nous rappeler les principaux enseignements de votre enquête >l étudeforssurles«chefsde projetgénéralistes»pourl acsé annesauvayre­directriced étudesau cabinetforsrecherchesociale 10 avantdevousdonnerlesprincipauxenseignements de l enquête j aimerais juste refaire un point pour vousrappelerquelleaétélacommande l étude nous a été commandée par l acsé qui demandait de nous intéresser à une figure professionnelle que le cahier des charges appelait «les généralistes de la politique de la ville» et cettefigure,ilfallaitlatrouverdansl évolutionde lafigurehistoriquedu«chefdeprojetpolitiquede la ville» telle qu on avait pu la connaître à la fin desannées80etdébut90 ladéfinitiondeschefsdeprojetquenousavionsà étudier était celle de professionnels qui aujourd hui dans un univers où la politique de la ville s est beaucoup spécialisée et segmentée en thématiques,n étaientpasdédiésàunethématique particulière ou à un dispositif particulier qui sont les référents pour leur ville de la politique de la ville.

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>lesenseignementsdel étudefors hervéjouanneau vousl avezdéjàévoqué,undespremiersenjeuxde cette étude était de dresser un portrait robot de cesprofessionnelsgénéralistes.alors,qu estcequi enressort annesauvayre le portrait robot à grands traits ce sont effectivement des professionnels qui se sont féminisés un peu plus de la moitié des professionnelssontdesfemmesaujourd hui.ilsont aussi rajeuni 40 ans en moyenne seuls 13 avaient moins de 30 ans et étaient donc vraiment de «jeunesprofessionnels » et un seul était dans sapremièreexpérienceprofessionnelle.unedenos hypothèsesdetravailétaitquecetypedefonction comme c est le cas avec des professionnels du travailsocialquisortenttoutjustedeleursmaster et qu il faut beaucoup accompagner était occupé par ce même type de profil de très jeunes professionnels débutants et là non les collectivitéschoisissentsurtoutdesprofessionnels quiontdéjàunecertaineexpérienceetquisonten capacité d exercer l intégralité des missions qui leur sont confiées on retrouve plutôt les très jeunes dans les dispositifs sectoriels par exemple dans les pre programmes de réussite educative donc premier enseignement ces professionnels généralistessontplusjeunesquedanslesportraits des«figureshistoriques»maispastantquecela deuxième enseignement nous ne nous y attendions pas du tout c est que ces personnes étaientarrivéesassezrécemmentdanslapolitique de la ville la moitié des personnes interrogées occupait leur poste depuis moins de cinq ans en fait depuis la signature des cucs cela veut dire qu ilyaeuunrenouvellementtrèsimportantdela population.iln yavait,aumomentdel étude,que 7 des gens qui travaillaient depuis 2000 dans la politique de la ville et la moitié de l échantillon était constituée de personnes qui n étaient pas débutantes professionnellement mais dont c était làlepremierpostedansledomainedelapolitique delaville outrecerenouvellement,etlerajeunissementdont nous avons déjà parlé on se trouve face à des professionnels également de plus en plus diplômés ce qui constitue le troisième enseignement parmi les jeunes il s agit pour presque tous de bac +5 et plus les formations selon les générations changeaient beaucoup on a quatre type de formation en master 2 pour les moins de 35 ans développement social et urbanismepourl essentiel,maisaussisociologieet sciences politiques et quand on avance en âge auprèsdesquarantenairesetcinquantenaires,ona davantage de formations autour des sciences de l éducation et du travail social ce sont des formations initiales qui disparaissent totalement chezlesjeunesgénérations donc on a une évolution des formations initiales un renouvellement des générations et un renouvellement des compétences et des façons d aborderlemétier 11 >latypologiedesprofessionnels hervéjouanneau alors dans votre étude vous vous êtes aussi efforcés de dresser une typologie des professionnels selon leur rapport au terrain et selonleurrapportà l autorité municipale.pouvez vousnousendiredavantage annesauvayre oui en effet nous avons cherché à répondre à la questionquenousposaitl acsénonseulementsur «qui sontils?» mais aussi sur «quelle est leur capacité d action mais à chaque fois que la question nous était posée avec des déclinaisons précises nous avions envie de répondre «ça dépend » car ça dépend en effet de plein de chosesetnotammentducontexte.donc,enplusde l enquêteparquestionnaire,nousavonsréalisédes entretiens qualitatifs très longs avec 36 professionnels mais aussi avec leurs élus et leurs responsables hiérarchiques nous nous sommes donc attachés à comprendre quels étaient les déterminants de cette capacité d action nous avons testé beaucoup de choses et nous sommes arrivés à la conclusion qu il y avait deux déterminants très forts on n a pas la même posture professionnelle on ne peut pas réaliser le même genre d action selon que l on est plus ou moinsprocheduniveaupolitiqueetplusoumoins procheduterrain quand on arrive à avoir les deux c estàdire quandonesttrèsproched unélufortoudumaire ­etdonccapabledepesersurlastratégieeten

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même temps que l on a un grand niveau de proximité avec le terrain c estàdire un relationneltrèsfortaveclesacteursdeterrain,ça donne une position forte quand on n a ni l un ni l autre c estàdire quand on est assez éloigné du politique par sa position dans l organigramme ou que l on travaille tellement dans l ingénierie et la gestiondedispositifsquel onn estplustellement procheduréseaud acteurssurleterrain,onperd considérablementdecapacitéd action >quellescapacitésd agirpources professionnels hervéjouanneau très bien alors chacun pourra aller voir dans l étude les réflexions que vous avez menées mais peutêtre en un mot pouvezvous nous dire comment ces différentes figures de professionnels s emparent de leurs missions et ont des capacités d agir différentes puis nous dire quelles réflexions celavousinspire hervéjouanneau peutêtrepeuton passer en revue cette typologie il y a les superviseurs à distance les chefs d orchestre les ingénieurs les animateurs de territoires annesauvayre toutd abord,lesfigurestellesquenouslesavons présentées sont des archétypes et même si certainespersonnalitésnousontinspirécesfigures les professionnels cumulent souvent des caractéristiques d une ou deux figures ou se déplacentsurcetteéchelle.celanousaidesurtout à réfléchir et pour moi un des enseignements est l importance du lien au politique et du portage politiquedanscesmétiers,encoreaujourd hui nous sommes sur des métiers stratégiques parce qu ils agitdel avenird unterritoire,deréfléchirà la fonction d un territoire en difficulté dans une commune,dansuneville,dansuneagglomération etd aiderlespolitiquesdanscetteréflexion.etles professionnels qui par leurs collectivités sont orientés à ne faire que de la gestion de dispositifs ontbeaucoupdemalàatteindrecepositionnement stratégique on voit donc bien que la question des positionnements va considérablement peser sur la capacité d action la capacité de développement desprofessionnels annesauvayre oui.nousleuravonsdonnédesnoms.onaappelé les «chefs d orchestre» ceux qui ont la chance d avoir un positionnement stratégique fort c est àdireceuxquiontàlafoisuneproximitépolitique forte d un côté et un relationnel et une capacité à maintenir des liens avec le terrain de l autre ce positionnement s accompagne généralement d une position dans l organigramme assez haute parmi la populationétudiée nousavonsappelé«ingénieurs»ceuxquiétaient àlafoislespluséloignésduniveaupolitiqueetdu terrain parce qu ils se consacrent surtout à de la gestion de dispositifs et à des fonctions du type observation,diagnostic,évaluation nous avons appelé «animateurs de territoire» ceux qui travaillent à l animation des acteurs et partenaires d un territoire ils sont chefs de projet sur un ou deux quartiers assez loin du niveau politique enfin,les«superviseursàdistance»quinesont pas du tout chefs de projet sont des gens qui dans des petites communes sont souvent directeurs généraux de services ou directeurs généraux adjoints qui se sont vus octroyer la responsabilité de la politique de la ville lorsque leur commune a signé un cucs ce ne sont donc pasdesprofessionnelsdelapolitiquedelaville;ils la supervisent nous les avons donc appelés les «superviseurs» >larelationavecl etat hervéjouanneau il y a me sembletil également un point très important,celuidelarelationavecl etat.dansune période de recomposition et d incertitude vous pointez des relations distendues entre les professionnelsetl etat 12

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annesauvayre les entretiens ont été réalisés en novembre et décembre 2010 et 2010 était une période très difficile pour les services déconcentrés de l etat puisque l on était en pleine période de mise en oeuvredelargpprévisiongénéraledespolitiques publiques mais c était également une période trèsdifficilepourlapolitiquedelavillepuisqu on ne savait pas si les cucs allaient être renouvelés nousétionsdoncnonseulementdansunepériode d incertitude mais aussi dans une période de recompositiondeséquipesauniveaudel etat,avec ces nouvelles directions que sont les ddcs directions départementales de la cohésion sociale c était donc très frappant nous avons fait le constatquelesreprésentantsdel etatlocaletles professionnelsdescollectivitéslocalesneparlaient plus la même langue on avait des professionnels qui,enfonctiondeleurspossibilités,essayaientde promouvoirduprojetetdudéveloppement,cequi restelecoeurdeleurtravail.etonavaitenfacedes agentsdel etatquineconnaissaientpasbeaucoup la politique de la ville parce qu ils venaient d arriver qui eux passaient leur vie à gérer des dispositifs et à demander des dossiers et des indicateursetconnaissaienttrèspeulesagentsdes collectivités et il y avait donc à ce momentlà commedeuxdéfinitionsdelapolitiquedelaville d uncôtélagestiondeprogrammesetdel autrela stratégie de territoire qui avaient beaucoup de malàseparler et du côté des agents de l etat cela cachait une certaine détresse ce que nous avons souligné auprèsdel acsé.parmicesagentsquenousavons rencontrés,quiétaientmisendemeuredefairede l évaluationalorsqu ilssavaientàpeinecequ était l évaluation qui étaient soumis à beaucoup d obligations dont ils s acquittaient comme ils le pouvaient on voyait bien qu il y avait une demande d être accompagnés dans la compréhension de ce qu était cette chose mystérieuse qu est la politique de la ville avec cette nouvelle génération d agents de l etat qui viennentd arriver,ilyadoncabsencededialogue oudialogueentredeuxmondesdistincts lachosequimefrappeleplusétaitlatensionentre l objectif de développement et la gestion de dispositifs ainsi ceux que l on a appelés «ingénieurs» ce sont des gens qui de manière caricaturale ne peuvent faire que de la gestion de cucs de vvv opérations villes vie vacances parce qu il n y a pas de projet politique ni de réflexion politique sur les territoires ce sont des professionnels très malheureux et c est important de le dire car ce sont des professionnels qui se sentent empêchés dans le coeur de leur métier qui est de faire du développementetdeproduireduchangementau sein de leur collectivité du changement sur les territoiresdontilss occupent.cettetensionexiste donc en permanence il y a une tentation de techniciser au lieu de faire des politiques de développement,cequiestunenjeuàdépasser >lesmutationsdelacommunauté professionnelle hervéjouanneau merci anne sauvayre pour votre présentation vousversezdesélémentsquiserontreprisaucours dudébatetégalementdansl ateliersuivantauquel vousparticiperezavecemmanuellethiollier,pour approfondir je me tourne vers vous gilles jeannot vous êtes professeur à l ecole nationale des ponts et chaussées merci beaucoup d être avec nous vous travaillez de longue date sur cette question des métiers de l ingénierie territoriale que vous qualifiiez il y a quelques années de «métiers flous».l enquêteducabinetfors,quenousvenons d entendre,metl accentsurunchampprofessionnel en pleine mutation quelle lecture faitesvous de cette enquête et plus largement de la transformationdecesmétiers?qu estcequecela vousinspire 13 gillesjeannotchercheur,professeurà l ecolenationaledespontsetchaussées ce qui est décrit dans le volet quantitatif de l enquête s inscrit dans une logique d évolution continue de long terme en 2008 j avais eu l occasion de traiter les données d une enquête menées par l anru auprès de ses correspondants professionnels dans les villes et les intercommunalités.lapopulationn étaitpastoutà faitlamêmequepourl étudeforsmaislesmêmes tendancessedessinaient.parexemplecesdgsqui sont présents parce qu il y a un dossier à traiter mais qui ne se sentent pas «professionnels de la politiquedelaville».enrevanchecertainsaspects que j avais notés alors sont moins présents dans cetteenquêteplusrécente.lesgipsemblentmoins

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présents ils étaient cependant importants car même s ils étaient en nombre limité ils concentraientd importantsbudgets.laquestionde l obligation de transfert aux epci etablissements publicsdecoopérationintercommunaleposeaussi problème car selon les configurations ce n est pas toujours le meilleur niveau de traitement de cette politique ce qui ressort alors de l enquête c est une relative normalisation de ces métiers avec des bonnes nouvelles par exemple le fait qu il y a de plus en plus de fonctionnaires et donc des gens qui ne courent plus après le contrat ce qui n est pas négligeable on observe aussi la présence d un grand nombre de jeunes femmes professionnelles àhautsniveauxdequalificationdansdespositions subalternes.lesociologueàpeinenarquoisvous diraquecelaestuntrèsbonsignecarcelamontre que tout ceci s est normalisé et que c est donc devenucommepartoutailleurs on note toutefois que cette normalisation n a pas suivi le modèle de la profession cela fait tout de mêmequelquesannéesquejeviensparlerdevant vos instances et que je me montre sceptique devant l idéal de la «profession» indépendante qui aurait une autonomie une éthique etc ce modèle semble définitivement enterré au passage les liens avec le groupe des travailleurs sociaux organisé lui selon un modèle de quasi profession ne semblent pas non plus s être renforcés.jevousrappellequelamoitiédurapport brevanpicard vous ne le relisez peutêtre pas comme moi tous les matins disait «nous avons ratélelienaveclestravailleurssociauxetc estlàla prochaineétapeàvenir».dansl étudefors,vous nous dites que les seuls travailleurs sociaux que vousavezrencontréssontàdeuxdoigtsdepartirà la retraite et que l on ne voit pas apparaître la nouvelle garde que nous proposait le rapport brevanpicard politique transversale qui est en dialogue structurelavectouteslesautres.maislorsqueiln y a pas une telle prise en charge par la municipalité les nouvelles ne sont pas extraordinaires la tendance est à la bureaucratisation les professionnels instruisent de manière routinière des dossiers de subvention ils ont du mal à coopérer ils sont isolés et là cela ne semble pas beaucoupévoluer cettedualitédecontexteinterrogesurlemaintien du même discours sur la politique de la ville depuis30ans.peutontenirindéfinimentlemême discoursfaceàdessituationssidifférentes >quellecultureprofessionnelle défendrefaceàcesmutations hervéjouanneau merci à vous monsieur jeannot je reviens vers vous dans un instant mais je voudrais également recueillir la réaction de philippe carbasse au titre de l irdsu je précise que vous avez deux casquettes vous êtes chef de projet adjoint à perpignan et vous êtes également doctorant je croissavoirquevouspréparezunethèsededoctorat surcettequestiondesmétiers.quelregardportez vous sur cette transformation des métiers du développement local dont la mission initiale était l animation de projet et qui aujourd hui tendent à remplirdestâchesplustechniques,plusdegestion philippecarbassechefdeprojetdsu adjointàperpignan,membreducade l irdsuetdoctorantàl universitéde perpignan comme il est difficile d y répondre en quelques secondes je vais d abord faire un préambule et saluer les «figures historiques» qui sont dans cette salle car ils existent encore et que l on en croise régulièrement je souhaite vous dire aussi quedanscetespacepartagéavecl unadelquiest la plateforme des métiers nous essayons entre professionnelsetavecdesuniversitairesd analyser comment cette évolution du contexte influe sur nos pratiques et comment cette institutionnalisation qui génère cet éclatement cette spécialisation en programmes cet alourdissement de la gestion administrative impactenotreaction >dansdescontexteshétérogènes 14 les résultats de l enquête qualitative sont en revanche plus inquiétants on voit en effet se dessinerdefortesdifférencesselonlescontextesde prise en charge locale de la politique de la ville dans les villes où la «politique de la ville» est devenue «la politique» de la ville au sens «politique de la municipalité» on voit bien que l on a un accomplissement du discours officiel de la politique de la ville elle est vraiment une

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je nuancerais assez volontiers ce que dit gilles jeannot sur le fait d essayer de faire perdurer la figure du professionnel indépendant notre questionnementestplutôtd arriveràsavoirquelle culture professionnelle nous souhaitons essayer d entretenir et comment s adapter aux contextes que l on ait été forgé dans un contexte d expérimentation des années 80 ou que l on soit plutôt dans un contexte plus institutionnel et plus normé la question reste de savoir à quelle culture professionnelleonseraccroche,quelsensondonne à son travail qu estce que l on met derrière le terme de «développement territorial» À cela s ajoute quelle que soit sa position proche du terrain ou pas proche des élus ou pas et quelle quesoitlamasseadministrativequel onaàgérer la question de savoir comment on arrive à faire vivre les valeurs les méthodologies du développementterritorial je suis donc dans cette positionlà malgré les difficultés,essayonsd êtreacteur,essayonsdene passubir,essayonsdefairevivreunedéontologie etunecultureprofessionnelledansuncontextequi abiensûrfortementévolué aussi présente dans un certain nombre de collectivités territoriales là on est dans une doublecontrainte donc cette philosophie d action où l on est de moins en moins dans une relation contractuelle rend plus difficile la mise en place de logiques de développementterritorial hervéjouanneau partagezvouscetavis,gillesjeannot gillesjeannot oui pour le dire de manière peutêtre un peu abstraiteetsimplifiée,onestpasséd unesituation où la bureaucratie était opposée au partenariat à une situation où elle se trouve désormais opposée aunewpublicmanagement.ledébatdecesvingt dernières années opposait la démarche bureaucratiquededécoupagedesfonctionsetdes attributions de moyens à la démarche partenariale transversale projet c est ce qu un trèsbeaurapportavaitexpriméaveclesimagesdes «tranches de cake et du millefeuilles» toute votre histoire professionnelle est l histoire du combat entre ces deux manières de découper l interventionadministrative.or,onestentrainde vivre un autre combat qui pour l instant se joue plutôt ailleurs entre la logique bureaucratique et la logique du «new public management» et d ailleurs,annesauvayreautilisétoutàl heurele terme d «indicateur» qui en est une figure émergente il y a plusieurs symptômes de ce nouveaumodèle.premièrementlalogiquedemise en concurrence des territoires ce que renaud epstein a très bien cerné avec l anru mais aussi audelà avec les «plans universités» deuxièmement il y a la loi d orientation sur les loisdefinance,lalolf,etjustementlanécessité deproduiredesindicateurs.lebudgetdel etatsuit aussi ces règles troisièmement on observe des formes de contrôle de l activité et de mise au travail des agents publics à travers des nouveaux outilsdegestioninformatisés j observecephénomèneactuellementàtraversune enquête qui est menée par le centre d etude de l emploi et qui permet d apprécier l usage de ces instruments de gestion on voit émerger un modèle de gestion qui est un modèle de mise au travail très opérationnel et très direct des fonctionnaires avec des engagements sur des objectifs très précis partiellement validés par un retour sur salaire cette enquête montre que le ministèredesfinancesaujourd huiestplusengagé 15 etfaceàlamutationdespolitiques publiques hervéjouanneau ilyaeneffetuncontextenouveau,quiestceluide la rgpp la révision générale des politiques publiques cette politique qui depuis 2007 a mis les effectifs de l etat à la diète la rgpp c est le non remplacement d un fonctionnaire sur 2 à la retraite permetelle de faire du développement territorial philippecarbasse toutd abord,ilfautdirequelargpp,cen estpas uniquement le non remplacement d un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite c est aussi toute une philosophie de mise en oeuvre de l action publique certains chercheurs comme renaud epstein ont bien saisi le phénomène en parlant de «pilotage à distance» et d un nouveau modedefonctionnementoùl onmetlesterritoires enconcurrencecesontlesappelsàprojetsetoù l etat animateur n existe plus la rgpp c est tout cela c est une philosophie de l action publique deuxième élément à souligner c est que cette philosophielàn estpasspécifiqueàl etat,elleest

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