L'Oraison #4 Cul-béni

 

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L’Oraison s’est miraculeusement décidé à rentrer dans les ordres. Lesquels vous demandez ? Mais tous ! Des plus absurdes croyances jusqu’aux plus absurdes encore, il flirte désormais avec le divin. Il serait dommage de rater le train de l’obscurantisme po

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l r o on est un jou ais rn a e et retrouv z-l ez te le dont nous ne faisons heureusement plus partie etait-ce écrit l oraison s est b cul-béni méditorial nous trompons pas dieu et ses plus beaux prophètes n ont jamais été autant présents qu en ce moment parmi nous et en chacun de nous bhl le nouveau prophète d une réflexion judaïque aussi crédible que botul soit inversement proportionnelle à ses yeux qu elle ne l est aux yeux du monde visant à combattre autant par l esprit qu à la force du poignet serait d accord ricanez il vous absoudra néanmoins a condition que vous ne vous moquiez pas ouvertement de lui bien entendu croix de bois croix de fer ne vous trompez pas de dessins ou nous seront en mesure de professer un cocktail ­ de représailles ­ détonnant au cas où vous vous le demandez sachez que la rue de la liberté est hautement volatile je le confesse volontiers c est indéniable l ordre l tif situé a rna uc te oe al énissez pardonnez les ignorants miraculeusement décidé à rentrer dans les ordres lesquels vous demandez mais tous des plus absurdes croyances jusqu aux plus absurdes encore il flirte désormais avec le divin il serait dommage de rater le train de l obscurantisme pour une erreur de choix n estce-pas le concept de dieu mérite néanmoins réflexion et ne parlons pas du crime de lèse-majesté d en oublier la majuscule voulez-vous même si l on peut convenir que ce soit déjà aller trop loin aux yeux de certains ainsi l oraison jure de se laver la bouche d une fraiche gorgée bénie dès la fin de ce laïus si la question qui va suivre peut s appliquer à tout autre artiste qu il soit chansonnier peintre écrivain au chômage ou tout simplement un habile mystificateur elle prend une tout autre connotation dès qu il s agit du charpentier suprême fautil être un monstre d égo pour pouvoir créer la question n est pas si saugrenue qu elle peut en avoir l air quel genre d individu ne supporte pas de se restreindre à sa seule personne et ressent le quand la simple croyance besoin de créer des alias fictifs ou aveugle suffit il semble d autres univers où se répandre aujourd hui que nous un égocentrique absolu tout manquions de repères au simplement n est pas blasphème que point de tout transformer simple extrapolation de la mégalomanie en divinités n allons-nous non-assumée d un être qui aurait créé pas jusqu à faire des sacrifices illustration l homme à son image mais le problème d avenir essentiellement sur l autel colette saint yves du marché pour les apaiser laissonss est peut-être posé à nous à l envers si au contraire dieu n est qu une fable humaine tout nous guider et ne manquons pas de taper s explique en voilà un créationnisme acceptable sur le consumérisme diabolique et diabolisé avant d aller taper sur ceux qui ne le pratiquent pas correctement création paresseuse ou paresse intellectuelle le choix afin de se rassurer versons quelques versets de belle vous est laissé comment-ça cette tournure de phrase ne morale par-dessus le tout comme la dalle de béton qui laisse qu une apparence de choix comment une pensée recouvre notre caveau car il n en faut pas plus pour dogmatique pourrait-elle être perverse c est un non-sens améliorer le monde n est-ce pas ainsi psalmodionsabsolu comment oser douter même avec l esprit critique le halte au développement place au durable haro sur hérissé comment douter en cet âge de grande tolérance la guerre sale passons ou « repassons » car après tout dont nous savons si gré comment douter à la vue de l histoire c est du passé à la croisade tout sera bien plus ces printemps derniers bouleversants et arabisants qui propre bien plus sain car nous marchons vers le salut laissent aujourd hui place à la rude trêve hivernale ­ c est indéniable défendre ce que l on croit sans penser à non pas celle du doux repos éternel du guerrier mais de ses congénères en voilà une idée charitable vraiment l établissement branlant de croyants pour lesquels tous comment ne pas tout croire aveuglément ghk types d émulsion collective ne saurait être tolérable ne l de ur agora ctu fe ui l mondial est aujourd hui celui de la croyance en diverses divinités forcément supérieures pour nous avides de belles fables il est si simple de tomber dans le panneau dieu serait-il le premier des communiquant a quoi bon user de preuves et de démonstrations

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o u l histoire vraie du « comment j ai raté ma rencontre quel manque de culte de la jugeant communauté surveillance que l>organisation de la porter atteinte à la de l homme elle est ce pays comme une n>est pas reconnue toujours l>objet de » elle fut ainsi déchue par le gouvernement fédéral de son statut religieuse et placée sous de l>État celui-ci certaines activités de scientologie pouvaient démocratie et aux droits au final considérée dans entreprise commerciale comme religion et fait surveillance de la part des avec la scientologie » ceci est l histoire véridique d une manipulation avortée l histoire d une alternative à la psychanalyse qui cherche à faire ressentir le pire avant de faire miroiter le mieux la scène qui suit s est passée il y a de cela une dizaine d années en allemagne fathia alors âgée d une trentaine d années s est installée depuis trois mois dans le pays travaillant dans le tourisme elle y a été mutée afin d y perfectionner sa langue alors qu elle marche seule dans la rue un soir d avril un homme d âge mûr l aborde en brandissant un formulaire il lui propose de participer à un sondage voyant là une occasion de pratiquer son allemand elle va accepter de lui répondre au départ centrées sur le quotidien au coeur du pays les questions vont devenir de plus en plus personnelles au fil de la conversation pendant que le sondeur ne manque pas de cocher ses réponses sur ses feuillets une fois terminé il va expliquer à fathia qu afin de connaître les résultats de ce qui sera alors présenté comme un test de personnalité gratuit elle doit le suivre dans un immeuble proche sentant instinctivement que l on risque de tenter de l embrigader dans quelque chose elle décide néanmoins de le suivre par goût du jeu son interlocuteur l emmène alors dans un bâtiment du voisinage ­ puis dans une salle d attente où elle se retrouve en compagnie d autres sondés ­ pour patienter le temps de l analyse scientifique selon ce qu on lui dit de ses réponses elle y constate une pièce totalement neutre où rien ne laisse transparaître quant à la nature de l « entreprise » où elle se trouve et un personnel affable qui ne manque pas de lui dire bonjour avec le sourire son tour venu elle est conviée dans une autre salle ­ toute aussi neutre ­ dans laquelle elle se retrouve en tête à tête avec son sondeur la sentence y tombe sans appel fathia n est pas quelqu un de stable il s agit de quelqu un de trop sensible qui serait profondément perturbé psychologiquement comme elle le raconte aujourd hui rien de positif n est sorti de la bouche de son interlocuteur celuici ne perd néanmoins pas de temps pour lui expliquer que tout cela n est pas une fatalité il est en effet possible de l aider à aller mieux ainsi il va lui proposer un traitement qui serait une alternative à la psychanalyse une solution aux résonnances scientifiques dont il va retracer les fondements en lui parlant de ron hubard le fondateur de la scientologie dont beaucoup n ont pas encore entendu parler à l époque il attendra la fin de son hiatus pour mentionner à mi mot le nom de « scientologie » en dehors de raisons peut-être évidentes pourquoi cette discrétion pour cela faisons un bref retour sur la situation de la scientologie en allemagne si sa considération et sa légalité est fluctuante en fonction des pays en allemagne elle fût considérée comme une secte en 1997 elle inquiète alors le gouvernement fédéral qui l>accuse de chercher à « exercer une influence totalitaire sur les institutions et la société services de renseignement le tribunal administratif recours de la scientologie surveillance et le 24 mars ont perdu un procès intenté l>onu à ce sujet le land seize länder à avoir refusé le 11 novembre 2004 de cologne a rejeté un demandant la fin de cette 2004 trois scientologues contre l>allemagne devant de berlin est le seul des depuis 2003 de surveiller les agissements de l>Église de scientologie sur son territoire selon le scientologue ­ presque assumé ­ ci-présent les résultats sont indéniables car prouvés scientifiquement par machines et ce en dépit des protestations de fathia qui affirme ne pas avoir de problème émotionnel mais elle persiste elle va bien vexé par sa réaction il va alors lui rétorquer avec un énervement sous contrôle et une logique imparable que l « on ne voyage pas si l on n est pas perturbé » voyant qu elle s obstine à le contredire l homme va commencer à se faire de plus en plus insistant allant jusqu à la conduire dans une autre pièce pour continuer la conversation espérant que le changement de lieu induise un changement de comportement chez elle et lui fasse peut-être perdre ses repères dans cet autre lieu plus calme il ne va pas lui parler d argent mais simplement évoquer la possibilité d un ersatz de thérapie de groupe auquel elle pourrait participer il va renchérir sur le fait que de nombreuses personnes peuvent l aider à partir de certaines techniques qui leurs sont propres mais lorsqu il lui propose de rejoindre le groupe en lui présentant un formulaire fathia lui répond « vous savez je suis quelqu un de fort et jamais je ne me laisserai faire » pourtant l homme ne veut toujours pas la laisser partir se montrant de plus en plus agressif il va aller jusqu à essayer de la briser mentalement presque au bord des larmes elle finira par se lever en lui déclarant « maintenant ça suffit je suis sûre de ne pas avoir de problèmes » avant de claquer la porte en laissant toute sa documentation gracieusement offerte sur la table l individu avait voulu lui offrir un exemplaire du livre de l ron hubard qu elle n a pas voulu prendre si même les best-sellers n ont plus le droit à un peu de respect où va l être humain ghk

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colette saint yves

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bons e lendemain matin comme prévu avait été difficile alors que mon vieux réveil s était mis à tambouriner « sept heures trente » ma tête avait manqué d imploser si j avais pu tenir si longtemps avec mes problèmes d alcool c était parce que j avais pris l habitude de ne jamais me lever avant midi en regardant par la fenêtre complétement groggy j avais remarqué qu il faisait un temps effroyable le monde entier semble au bord des larmes aujourd hui avais-je alors pensé pas moi qui ne semble jamais rien ressentir d autre que la gueule de bois n ayant pas eu le courage de me préparer un petit-déjeuner je m étais contenté d un toast et d un café froid avant de sortir de mon appartement le toast à demi mâché le café à moitié recraché pour me mettre au travail a la vue du ciel je n avais pas manqué de prendre mon imper et mon chapeau en sortant cela faisait si longtemps que je n avais pas eu d affaire que s en était presque enthousiasmant malgré ma nausée avant de monter dans ma petite volvo j avais pris soin de retirer les amendes qui en encombraient le pare-brise heureusement j avais à l époque un ami dans la police qui m assurait de ne pas perdre encore plus d argent c était également une chance que je n aie jamais été un joueur invétéré ­ hormis pour une partie de roulette russe que je m autorisais de temps en temps avec ma seule existence en jeu c était le seul risque avec celui du mariage que je m autorisais habituellement à prendre je sentais que cette affaire pouvait changer les choses mais je me trompais souvent l a rien affaire privee mon but était d aller faire un tour aux abords de l université la photo de la gamine en poche afin de questionner ses camarades potentiels outre leurs réticences spontanées face à mon apparence la mission fut un échec retentissant aucun des gamins que j avais rencontrés ne l avait jamais aperçue peut-être que le père avait raison et qu il n y avait rien à trouver là-bas et vu l allure de la petite je n aurais pas été surpris qu elle n y ait jamais mis les pieds avec une gueule et un cul comme ça on n a pas besoin de faire des études je m étais dit que j aurais peut-être plus de chance de rencontrer quelqu un qui la connaissait dans un des bars environnant l université moi-même j avais passé bien plus d heures à boire qu à aller en cours durant ma jeunesse et les soulards sont rarement les derniers à remarquer les jolis lots il n y avait qu un bar à proximité situé dans la rue adjacente un petit pub trop propret pour être honnête aucun charme aucune ambiance une musique actuelle infâme et un choix d alcool des plus restreints c était aussi l occasion de faire passer ce goût lancinant de café froid qui demeurait dans ma bouche et devait se ressentir dans mon haleine il n était que dix heures du matin mais je m étais accoudé au bar seul individu à la ronde commandant une bière quand pris de remords j avais changé d avis pour commander un café ­ chaud cette fois ­ à la place je m étais retourné discrètement pour y rajouter une goutte de whisky la seule manière dont je pouvais en boire sirotant ce qui me réchauffait et me réveillait enfin j avais demandé au barman s il connaissait la fille de la photo lui expliquant franchement que j avais été engagé par le père pour la retrouver ­ tu sais des poulettes il en passe pas mal par ici j aurais du mal à pouvoir m en souvenir et même à les différencier pour être honnête m avait-il répondu ­ regarde bien quand même tu es sûr qu elle ne te dit rien ­ certain mais d un autre côté tu vois les filles là-bas et bien elles étaient là hier soir et je ne les ai même pas reconnues tu devrais demander à kevin qui est en train d essayer de récupérer leurs numéros de téléphone lui il ne les oublie jamais c était un nouvel échec il ne l avait jamais vue ou du moins ne s en souvenait pas et je le croyais je pouvais me tromper mais j étais persuadé qu il était gay il m avait redirigé vers une tablée proche où se trouvait un groupe de cinq personnes ­ quatre filles et un type ­ que j avais superbement ignoré en arrivant le garçon un peu plus âgé que les filles était en fait un autre barman qui profitait du manque de clients pour draguer gentiment les étudiantes attablées avec un aplomb certain j étais alors allé m assoir en leur compagnie gratifiant le garçon d un « hey laisse m en un peu » accompagné d une tape deuxieme partie 1 sur l épaule qui avait dès le départ plombé l ambiance j avais passé l âge de passer inaperçu et j avais la finesse d un éléphant en rut kevin avait accepté à contrecoeur d abandonner ses proies pour venir discuter à l écart dès que son poing s était refermé sur le billet que je lui avais tendu ­ tu te souviens de cette étudiante lui avais-je demandé en lui montrant la photo ­ ouais je m en souviens elle venait souvent à une époque le vendredi soir pas vue depuis un moment ­ c est-à-dire « un moment » ­ pas depuis un mois je dirais sacré châssis ­ tu lui as déjà parlé ­ non pas plus que ça je l ai servie quelques fois c est tout enfin « servie » je lui amenais les verres qu on lui offrait la plupart du temps ­ Ça m étonne de toi tu n as pas l air d hésiter à fraterniser avec les clientes avaisje ajouté en montrant de la tête le petit groupe auquel il ne cessait de jeter des regards pour s assurer qu il n allait pas partir ­ avec elle je savais à quoi m en tenir crois-moi tu te trompes ce n est pas une étudiante bon excuse-moi je dois retourner travailler « travailler » tu parles mais qu avaitil voulu dire par ses dernières phrases ce qui était sûr c est que cette fille devait brûler la vie par les deux bouts je comprenais ces types qui lui offraient des verres j aurais sûrement fait la même chose à leur place si ma propre consommation n avait pas déjà raison d une trop grande partie de mon pécule je n avais rien d autre en tête que d attendre le soir pour me rendre au one note le club de jazz ainsi j étais retourné au bar pour y patienter le reste de la journée ­ sept heures environ ­ ne m avait pas laissé un souvenir impérissable il semblait que l alcool m avait rendu un peu trop insistant auprès des demoiselles et qu on avait fini par me forcer à repartir c est en tout cas ce que je m étais dit en me relevant du caniveau j avais alors remis mon chapeau sorti mes clés et repris ma volvo pour me rendre en direction du club qui se situait dans la partie huppée de

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bons a rien la ville garé à proximité raisonnable du one note j avais pris dans la boite à gants mon vieux revolver et mon appareil photo prêt à m exécuter dans un premier temps je voulais repérer les lieux et le type de clients avant d y entrer a ma grande surprise en scrutant les environs j avais remarqué une berline un peu à l écart dans la semi obscurité semblant faire de même de ma position je pouvais voir qu il s agissait de mon employeur bascombe une paire de jumelles à la main que foutait-il là peutêtre menait-il sa propre enquête en parallèle surveillant l entrée du bar dans l espoir d apercevoir sa fille après tout l amour ­ paternel ou non ­ peut stimuler tout un tas de comportements irréfléchis j en avais néanmoins profité pour le prendre en photo on ne sait jamais m étais-je alors dit un quart d heure plus tard alors que sa voiture était toujours là mais qu il semblait s être endormi j avais fait mon entrée le videur ne s était pas donné la peine de me fouiller ce qui m avait arrangé en rentrant dans la salle baignée d un doux solo de saxo et d une lumière tamisée que seule venait briser les lampes allumées sur les tables rondes de la salle j avais été frappé par la couleur des murs pourpre la seule variation ­ infime ­ venait du rideau de velours bleu qui encadrait la scène je m étais vite installé sur une table disposée près du mur qui me donnait l avantage d une visibilité globale les yeux rivés sur la salle je n avais vu aucune trace de la fille mais la nuit était encore jeune peut-être le serveur avait-il remarqué mon regard trainant sur le bar car il n avait pas traîné avant de venir me demander si je voulais boire quelque chose en compagnie de mon puis de mes verre de vin blanc j avais entrepris d ausculter l audience pendant que le groupe présent sur scène reprenait un classique d ella fitzgerald en vérité mack the knife n est pas d elle mais du threepenny opera cependant il faut bien avouer que sa version est excellente même si celle à laquelle j avais assisté était loin d être aussi fameuse le public présent n était pas jeune au contraire ce qui m avait agréablement changé du reste de ma journée j avais d ailleurs trouvé assez cocasse de affaire privee constater que le jazz est aujourd hui devenu une musique de snobs quand elle avait su être celle de la jeunesse contestataire à une autre époque mais celle d aujourd hui peut-elle seulement l être encore la salle était aux trois-quarts pleine et certains dînaient en compagnie de leur légitime du moment ou de l instant tout en profitant de la musique a cette pensée j avais souri en pensant à hemingway plus personne ne dit « légitime » aujourd hui ces gens savaient se comporter en société « la bonne éducation était un atout quand on regardait un menu ou qu on cherchait un boulot surtout quand on cherchait un boulot » je crois que c était chinaski qui avait dit ça un jour la musique était vraiment bonne il ne fallait pas que j oublie l adresse je préférais cette ambiance à celle des festivals où je ne savais jamais être à l aise communier avec la foule je n y arrive pas et n y arriverai jamais toujours en décalage il n y a que quand elle se désespère et rentre chez elle que je me sens bien par esprit de contradiction probablement mais par goût de la solitude avant tout peut-être par goûts divergents tout simplement en toute occasion j ai toujours trouvé que l arrière scène recèle des mystères passionnants et que le balbutiement est bien plus exaltant que toute émotion réputée « vraie » alors que ma soirée commençait à prendre le tournant de toutes les autres à savoir une soirée perdue je la vis rentrer magnifique dans sa robe verte moulante anna était là devant moi en pleine formes de toute évidence son entrée n avait laissé personne indifférent ­ même les hommes accompagnés s étaient retournés sur elle avant de retrouver le regard empli de reproches de leurs femmes son arrivée avait paru obscurcir tout ce qui existait aux alentours la musique semblait moins bonne et moins forte tout comme la luminosité seule elle resplendissait c était bien la première fois que j étais aussi ravi de retrouver quelqu un mais je ne voulais pas la rendre à son père je la voulais pour moi car même la différence d âge semblait avoir s être amenuisée si c était possible elle était encore plus séduisante qu en photographie une beauté virginale et pourtant si vénéneuse elle suintait le sexe alors que le deuxieme partie 2 groupe jouait maintenant to love somebody à la façon de nina simone c était à mon tour de lui offrir un verre ­ vous donnerez à cette jeune femme un verre de ce qu elle souhaite avais-je dit au barman en m approchant d elle au bar ­ alors ce sera une vodka-7 merci beaucoup monsieur ­ monsieur thompson raymond ­ alors merci ray m avait-elle répondu avec un clin d oeil coquin qui m avait autant provoqué un pincement au coeur qu arraché un bouton de mon pantalon ­ j ai du mal à croire que vous ne soyez pas accompagnée vous attendez quelqu un ­ malheureusement non pourquoi avezvous tant de mal à le croire elle savait parfaitement qu on ne pouvait pas lui résister je l avais imaginée nue sur une affiche portant la mention « 20 ans le bel âge » la première publicité inattaquable pour mensonge ­ simplement parce que j en suis à l âge où lorsque l on boit seul dans un club c est que la vie ne nous a pas épargné vous êtes trop jeune pour mériter la tristesse ­ dans la vie on n a pas ce qu on mérite mais ce qu on réussit péniblement à obtenir je pensais qu à votre d âge on le savait nouveau clin d oeil sa conversation me plaisait fine et spirituelle le fruit est tombé bien loin de la branche avais-je pensé je ne m étais jamais senti aussi proche d un vermisseau j aurais donné n importe quoi pour en croquer un morceau et le père somnolant dans sa voiture m était complétement sorti de l esprit ­ tout le reste aussi d ailleurs ­ voulez-vous vous joindre à ma table je suis seul également ­ je m en serais douté ray que vous étiez seul également bien sûr ­ c est si évident ­ vous ne seriez jamais venu m offrir un verre dans le cas contraire non ­ en vérité j étais simplement venu m en offrir un autre au départ ­ si vous le dites je suis désolée mais je vais refuser ­ ah ­ oui je préférerais que vous m emmeniez

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chez vous le deuxième bouton venait de sauter ­ et bien allons-y alors que nous allions sortir et que le videur venait d ouvrir la porte la pensée du géniteur en embuscade m était revenue en même temps qu un bref accès de panique heureusement la pluie tombait de nouveau ce qui m avait donné une excuse idéale pour la grimer ­ tenez mettez mon manteau et mon chapeau il pleut dehors la précaution s était avérée inutile il n y avait plus personne nous avons pris ma voiture pour rentrer une fois chez moi nous nous sommes installés sur mon canapé pour boire écouter de la musique et discuter nous en étions déjà à trois bouteilles de mauvais vin rouge qu elle avait ingurgités sans que sa conversation en ait semblé affectée ­ je t aime bien tu sais avait-elle dit ­ moi aussi mais c est déjà moins surprenant ­ arrête tes bêtises je parle sérieusement tu es un homme sans artifices tu ne cherches pas à plaire plutôt le contraire d ailleurs ­ c est à peu près juste c est le repoussant qui t attire ­ peut-être c est bizarre non tu es plutôt laid mais c est ce qui te rend magnifique finalement tu comprends ­ nous devons partager un certain goût pour le dégoût ­ ouais tout juste mon gros hahaha tu vois derrière le dégueulasse il y a le pathétique avec toi on sait ce qu on a tandis qu avec les types d aujourd hui on s imagine qu il peut y avoir autre chose avant d être déçue toi tu ne peux que me surprendre agréablement alors l arrière scène de ton appartement tu m y emmènes quand je ne croyais pas à ma chance cette petite pouvait avoir n importe qui mais elle me voulait moi les bouteilles devaient m avoir porté chance mais puisque nous avions bu tous les deux je ne m étais pas senti coupable j avais terminé la dernière bouteille avant de l emmener dans ma chambre au passage nous l avions renversé trop ivres pour s en préoccuper j avais éprouvé un sentiment de honte à la vue de ma litière mais elle n en avait pas été gênée une seconde entreprenant de se déshabiller à peine la porte franchie pendant que j en faisais de même après nous être embrassés et caressés pendant de longues minutes elle avait simplement dit « maintenant » s en était suivi une des rares scènes qui me forcent à rester dans le présent alors que suivant ses ordres je rentre en elle je comprends qu il s agit de sa première fois elle est tellement étroite que ses yeux avant même qu un rictus n arrive expriment la douleur j ai l impression de la violer ou de la transpercer à coups de couteaux instinctivement je veux arrêter de lui faire mal arrêter tout ça elle non elle veut me rassurer en m invitant à continuer mais son choix de mots est désastreux « rassure-toi ça me fait ça à chaque fois » le « chaque » me perturbe dans un sens je vais probablement continuer pour la punir de ces paroles je ne bouge pas alors qu elle s est empalée sur moi ­ la comparaison ne saurait être plus juste ­ maîtrisant pleinement sa souffrance elle semble méditer prier peut-être pour se mettre dans un état où la douleur n existerait plus elle me dit « c est bon » après en avoir soufflé de soulagement mais quand je bouge à peine elle me fait signe d arrêter ses yeux trahissant ce qu elle essaie de minimiser a partir de là tout va mieux même si à mes yeux c est affreux tout simplement elle a beau être sublime ces fesses ces pieds ces seins cette bouche ces yeux je n arrive pas à m ôter de l esprit que je suis coincé dans un piège à rats pendant un cours instant je me fourvoie en pensant être un monstre d anatomie ­ une pensée absurde et typiquement masculine ­ et puis ça me revient « à chaque fois » la chose à peine terminée je l avais regardé droit dans les yeux pour exiger des explications ­ « a chaque fois » nom de dieu j ai cru que tu étais vierge ­ et alors tu as eu ce que tu voulais non qu est-ce que ça peut bien faire ­ je ne sais plus ce que je dois croire maintenant tu avais vraiment mal quand même cette phrase ne m a semblé d un égoïsme forcenée que bien plus tard en repensant à la scène dans ma salle de bain ­ oui enfin j en ai rajouté un peu tu sais ça plaît beaucoup le côté vierge effarouchée mais qui s avère incroyablement perverse ­ Ça plaît mais à qui ­ bin à mes clients couillon ­ a tes clients ­ bah oui qu est-ce que tu croyais je suis une pute je ne l avais pas vu venir une seule seconde j étais vraiment un imbécile tout se mettait pourtant en place notamment quand je repensais au barman de ce matin je ne le réalisais pas encore mais quelque chose commençait à sentir très mauvais ­ et merde je te dois combien j étais fou de rage de m être fait avoir j avais pourtant l habitude des prostituées comment une fille comme ça aurait-elle pu partir avec

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bons a rien moi autrement que dans ces circonstances et pourtant en dépit de tout elle me plaisait Étais-je si seul que ça ­ tu ne me dois rien du tout je ne travaillais pas ce soir je l ai fait parce que j en avais envie je ne mentais pas tout à l heure je t aime vraiment bien t es un chouette type et pour le coup je suis vraiment loin d avoir menti sur tout ­ moi aussi je t aime bien mais laisse-moi quelques minutes pour me remettre du choc merci pour tout anna dis la question peut paraître absurde mais tes parents sont au courant de ce que tu fais ­ c est même complétement con comme question t es le premier type à me demander ça ­ s il te plaît réponds-moi ­ ils ne le sont pas et ne risquent pas de l être j ai perdu mes parents dans un accident de voiture quand j avais douze ans mais si c est l écart d âge entre nous qui te perturbe on peut le refaire et je t appellerai « papa » il y a des types que ça branche je te pensais moins tordu ­ tu as déjà connu des types que ça branchait vraiment ­ ouais un connard qui voulait me posséder complétement il n a pas supporté que je ne veuille plus le revoir parce qu il était trop tordu et violent il a fini par me frapper en plein dans le one note depuis ils ne le laissent plus y rentrer mais je l ai déjà vu rôder devant dans une grosse caisse grise l enculé m avait menti sur toute la ligne il voulait que je mette la main sur la fille pour lui tout simplement je ne savais pas encore pour quelle raison ­ dis « anna » est-ce que c est ton vrai nom un doute m avait soudain assailli ­ ca dépend des soirs mais en vrai c est matilda je m étais fait baiser sur toute la ligne le lendemain matin j avais été réveillé à sept heures par la sonnerie du téléphone qui semblait me hurler de me méfier encore trop endormi je n y avais pas prêté attention je n avais jamais fait confiance aux machines de toute façon c était un coup de fil de bascombe mon employeur à défaut d être affaire privee le père que je croyais qui voulait que l on se voit lors de notre entrevue il m avait dit qu il passerait à mon bureau pour prendre des nouvelles de l enquête j avais été ravi qu il se rétracte pour donner rendez-vous dans le centre-ville ­ dans un lieu plus proche de son bureau ­ lorsque je lui avais annoncé avoir du nouveau cela m évitait d avoir à trouver une excuse pour qu il ne vienne pas chez moi je ne savais pas comment j allais régler cette affaire mais je comptais l envoyer chier lui et sa prétendue affaire et sortir cette petite de la rue elle pourrait rester chez moi autant qu elle le voulait sans date limite le téléphone n avait pas su la sortir de son sommeil ainsi j avais pris soin de ne pas la réveiller ­ elle dormait paisiblement dans mon lit lovée contre mon oreiller ­ et lui avais simplement laissé une note sur la table où j avais écrit brièvement « je suis parti chercher de quoi déjeuner et quelques bouteilles pour tenir la journée fait comme chez toi a tout à l heure raymond ps fait attention au verre par terre je nettoierai ça en rentrant » après quoi j avais entrepris de faire démarrer ma voiture qui ne semblait pas encline à se mouvoir d aussi bonne heure ce n est qu au troisième coup de démarreur qu elle s était décidée à m emmener au lieu du rendez-vous un café situé sur la cinquième dans lequel tous les types cintrés semblaient se donner rencard avant d aller travailler le café était bondé mais je ne voyais aucune trace de mon homme en l attendant je m étais installé dans un box alpaguant la petite blonde tristounette qui faisait office de serveuse en cette journée orageuse j avais commandé un café noir j en étais à la fin de celui-ci quand en regardant l heure j ai commencé à m inquiéter avant de laisser passer un dernier quart d heure et de me décider à rentrer le type ne viendrait jamais j avais quand même vérifié mon carnet sur lequel j avais noté l adresse ­ pas de doute c était bien ici ne pas venir à un rendez-vous ce n était pas le genre de ce que le bonhomme avait laissé transparaître d un coup la vérité me frappa brutalement j avais encore une fois été berné il fallait que je rentre vite alors que je m empressais de retourner à ma volvo en colère contre moi-même je deuxieme partie 4 me demandais comment je pouvais être con à ce point on m avait éloigné de chez moi c était tellement évident bascombe devait nous avoir suivi ou tout simplement vu repartir ensemble et merde il n avait même pas besoin de ça il lui suffisait de nous savoir dans le club pour deviner la suite des événements sachant très bien la nature de matilda/anna et la mienne il savait qu elle ne repartirait pas de chez moi j étais pris au piège et elle aussi si je ne rentrais pas vite une atrocité allait se passer me laissant comme seul coupable apparent le triple de mes honoraires ne valait pas une fin de vie en prison forcément ma voiture ne fut pas plus conciliante qu à l aller le temps filait et j étais peut-être déjà un criminel qui s ignore en rentrant dans l immeuble je pris soin de faire le moins de bruit possible s il était là j allais le surprendre sortant mon arme je m appliquais à monter les marches jusqu à mon deuxième étage le plus silencieusement possible la porte semblait intacte peut-être n était-ce qu une mauvaise intuition stimulée par mes fantasmes d affaires mais après tout peut-être que matilda lui avait ouvert en pensant me retrouver derrière la porte les mains chargées d alcools et de croissants doucement j avais tourné la poignée puis étais rentré le canon de mon arme ouvrant le chemin aucun son avec une bouffée de soulagement j étais en train de me dire qu elle dormait encore paisiblement quand baaaam je reçu un coup sur la tête qui me mit instantanément k.o je ne savais combien de temps j étais resté inconscient quand un cri de douleur suivi d un autre nettement plus strident me réveilla il me fallait encore quelques instants pour remettre mes idées en place mais il était évident qu une femme essayait de hurler à pleins poumons un seul de ses hurlements avait suffi à me sortir de ma torpeur ­ heureusement car c était le seul qu elle avait été en mesure de laisser échapper tant son agresseur s escrimait à lui empêcher de le faire j en déduisis que le premier cri avait probablement été celui de l agresseur mordu par matilda la douleur était effroyable le coup m avait presque

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bons a rien fendu la tête en deux mais je n avais pas de temps à perdre ma bouche était bâillonnée mes mains attachées dans mon dos et mon pantalon baissé ­ pour je ne sais quelle raison ­ alors que ma ceinture avait servi à lier mes pieds ­ le pantalon ne tenait pas sans la ceinture bascombe devait avoir utilisé mon rouleau d adhésif pour les mains et la bouche il ne semblait pas avoir appliqué le même procédé sur les lèvres de sa proie devant avoir d autres projets pour celles-ci cette pensée me révulsait mais j étais coincé je pouvais néanmoins essayer de gesticuler afin de rouler sur le côté et de ramper tel un ver sur le sol de mon emplacement je ne pouvais distinguer la chambre dont la porte était de toute façon fermée ce qui était aussi un avantage pour moi de là-bas des sons filtraient par intermittences j entendais des coups frappés recouvrant des pleurs étouffés en scrutant la pièce pour trouver comment m en sortir c est alors que je les vis sous la table basse les morceaux de la bouteille en verre laborieusement je parvins à me rapprocher d eux petit à petit aux prix d énormes efforts assis dos à eux je tentais d en attraper pour trancher ce qui retenait mes mains a plusieurs reprises je senti le verre couper ma peau à la place de l adhésif je pouvais ironiquement remercier le bâillon qui m empêchait de crier ma douleur les mains ensanglantées je parvins enfin au bout de quelques minutes à retrouver un semblant de liberté récupérant enfin toute ma mobilité et mon habilité ­ contenue ­ à hurler ma rage je me précipitais alors pour récupérer mon arme et merde il me l a prise s il tire je suis bon pour la chaise comment faire ce salaud était en train de la violer il allait probablement la tuer ensuite avant de maquiller ça pour me faire porter le chapeau et m achever ensuite le tout avec ma propre arme c était horrible tant le plan qui m est venu impliquait d attendre mais la seule idée qui me venait était de le prendre par surprise dans la salle de bain celle-ci avait pour particularité d avoir deux entrées l une dans ma chambre et l autre depuis la cuisine après avoir en avoir terminé avec elle il y avait de fortes chances qu il aille pisser affaire privee c était une quasi-certitude tant les hommes sont prévisibles je pensais me cacher dans la baignoire en fermant le rideau de douche avant de lui sauter dessus en théorie il devrait poser son arme au moins quelques secondes discrètement je m étais alors exécuté en ne manquant pas de prendre un couteau dans la cuisine me faufilant jusque dans la salle de bain pour y attendre le moment opportun afin de sauter sur bascombe heureusement la porte de la chambre donnant sur la pièce était également fermée ainsi je ne risquais pas d être vu de là j entendais plus clairement ce qui se passait dans la chambre quelques mots éparses me venaient jusqu aux oreilles dont seul les fragments « tu n as ce que tu mérites salope » « je regrette simplement de ne pas pouvoir lui couper et de te les faire bouffer » et « comment tu as pu supporter de baiser avec lui tu n es vraiment qu une pute » me parurent intelligibles il me semblait qu il gémissait comme un bébé mais je pouvais me tromper en revanche les couinements provenant du lit ne laissaient aucune place à une erreur d interprétation la chose était intolérable qui plus est je n avais pas pensé à un détail et s il décidait de d abord vérifier si j étais toujours là je ne pouvais pas attendre j avais ouvert la porte de la salle de bain avec violence pour lui lancer un couteau avant de l attaquer le lit qui était déjà ensanglanté par le traitement qu il avait infligé à matilda se vit cette fois recouvert d un jaillissement vermillon j avais touché juste et son hurlement raisonnait comme une première victoire le couteau ne s était pas planté mais l avait suffisamment amoché pour me laisser suffisamment de temps afin de lui porter une estocade enlacés l un contre l autre tombant alors ensemble du lit nous nous débâtions maintenant sur le sol les mains enserrées sur nos gorges tâchant de faire le plus possible mal à l autre sa rapidité contre mon poids en somme malheureusement le combat n avait jamais été mon fort si bien qu un coup de sa part dans mon entre-jambe m a vite laissé horsjeu alors qu il se ruait sur mon arme pour découvrir qu elle était désormais entre les mains de matilda le regard meurtrier sous son visage tuméfié deuxieme partie fin ­ tu veux vraiment perdre deux clients le même jour spontanément elle détourna vers moi son attention pendant la seconde de faiblesse qu avait provoquée cette phrase bascombe tenta de lui arracher son arme il était presque parvenu à le faire quand elle appuya sur la gâchette lui tirant alors une balle dans l épaule la douleur qui suivit lui fit stopper toute velléité et se fut l occasion pour moi de me relever afin de me préparer à lui ressauter dessus mais c était trop tard une deuxième détonation avait retenti matilda venait de lui tirer en plein coeur s en était fini elle venait de tuer le père j ai placé le corps dans la baignoire en attendant de prévenir la police nous allions tout leur expliquer cela avait beau être mon arme nous étions deux témoins et toute l affaire était consignée dans mes notes nous ne risquions plus rien j ai appelé le commissariat et en attendant pour nous remettre de tout ça nous avons bu le restant des bouteilles que j avais laissé dans ma voiture ­ tu sais je n ai jamais pu coucher avec lui il n en était pas capable m avait-elle dit ­ j ai cru qu il t avait tu sais ­ en quelque sorte oui tu vois ton arme et bien ­ oh ­ tu ne voudrais pas rester un peu avec moi un téléphone s est mis à sonner le portable de feu notre père de substitution lui que je haïssais lui qui l aimait ­ je te laisse réfléchir je reviens vais éteindre cette saloperie quand je suis revenu dans le salon il n y avait plus personne elle avait pris le vinyle que nous avions écouté la veille et le mot que je lui avais écrit le matin alors que je me tiens maintenant à côté de cette baignoire je suppose que c est son odeur difficilement supportable qui me met les larmes aux yeux j entends les sirènes et réalise enfin qu être détective c est juste bon pour les romans le monde entier semble au bord des larmes aujourd hui et pourtant d aussi loin que je me souvienne j ai toujours voulu devenir détective privé ghk

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colette saint yves

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l y a des sujets qu on regretterait presque avoir fouillé j avais vaguement entendu parler des réseaux pédocriminels il y a quelques années mais je n étais pas encore prêt à connaître l horreur je préférais faire comme beaucoup feindre de croire que cela ne pouvait exister le hasard de la vie m a subitement confronté à cette problématique en effet un soir à la défense je fis la rencontre d une mère dont l enfant avait été victime du réseau dit de « zandvoort » ce nom a résonné dans mon esprit j ai tout de suite pris en considération ce témoignage direct et démarré quelques investigations de là je suis allé de découvertes en découvertes dans cet univers sordide pour contextualiser on peut distinguer trois types de pédo-criminalité la pédo-criminalité dite « classique » concernant les cercles familiaux et proches de la victime la « saisonnière » qui concerne des escapades sexuelles dans des pays peu regardants sur les droits de l enfant vietnam maroc à proximité de la france et enfin la plus insupportable de toute celle qui est organisée par nos propres concitoyens d autant qu elle serait protégée par une partie de la justice et de nos élites politiques on sacrifie les enfants de la republique i car le marché est juteux et dans ce milieu bien peu ont des scrupules pour donner un ordre d idée un snuff movie viol et sévices entrainant la mort de l enfant face caméra peut se négocier entre vingt-cinq mille et un million d euros selon la commande le marché de ces consommateurs est donc plus que restreint car d une gamme d un coût incroyable certains témoignages d enfants en nombre significatif et vérifiés par des experts-psychiatres mentionnent des éléments très spécifiques à une sous partie de ces réseaux les cercles occultes costumes processions avec crucifix peu communs sacrifices d enfants dont les têtes se retrouvent parfois fichées au bout d une pique victimes utilisées pour servir d autel aux exactions des membres de ces réseaux des éléments littéralement « inimaginables » pour des enfants dont l innocence exclut la possibilité de création d un tel mensonge le bon sens aurait voulu que des investigations sérieuses soient menées mais la réalité fût toute autre a titre d exemple l épisode des « portraits de zandvoort » est saisissant en effet 81 familles ont reconnu leurs enfants disparus depuis des années et ont demandé que les pièces soient ajoutées aux dossiers judicaires au point mort les devrais-je dire le verdict à ces requêtes a été systématiquement défavorable parfois pour d étranges motifs invoqués les photos dateraient des années 70 les enfants seraient des sosies et que faut-il dire des pertes de preuves et de la non-utilisation d éléments allant dans le sens de l existence de réseaux pédocriminels dans les affaires marc dutroux et emile louis au sujet de ce dernier son histoire avait rendu un gendarme un peu trop curieux l homme selon les éléments relevés se suicida de deux balles dans la tête en prenant soin d ensuite faire disparaître la partie de son crâne qui aurait pu être déterminante dans la cause de sa mort chapeau l artiste concernant la corruption de la justice elle s opère selon le modèle du cheval de troie un magistrat ayant des intérêts personnels ou pécuniaires à protéger ces réseaux nomme peu à peu des complices et la zone est protégée mais démasquer ceux qui salissent la république n est pas une mince affaire trop peu de moyens bien trop de censure les enquêtes policières restent au point mort j ajouterai qu il est impressionnant de voir la pauvreté de la couverture médiatique et littéraire de ces réseaux quelques journalistes résistants se sont risqués à braver la société civile ce fut notamment le cas de serge garde et laurence benneux tous deux journalistes et auteurs du livre de la honte qui en firent les frais faut-il voir ici une conspiration de nombreux éléments dont certains nécessitent une étude approfondie du sujet semblent faire pencher le verdict dans ce sens je vous invite donc à vérifier les éléments que je rapporte afin que vous vous fassiez votre propre avis j aimerais vous mentir en fait et ne pas penser qu à l heure où j écris ces lignes et que vous les lisez ces exactions barbares continuent isolés nous pouvons bien peu mais notre devoir de citoyen la démarche que j essaie de vous insuffler c est d aller s informer et cela est déjà un acte révolutionnaire soyez vos propres maîtres j moadab

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avec la vie de brian sorti en 1979 l idée générale de la troupe des monty python est de traiter de la religion d après eux il n y a rien à critiquer de jésus mais en revanche les suiveurs et les croyants sont eux ridicules jésus ne sera donc pas le personnage principal mais la trouvaille sera de faire de brian une sorte de voisin de palier de jésus permettant d égratigner le bouillonnement religieux en gestation à cette période le film a pourtant failli ne jamais avoir lieu si dans un premier temps la société emi est intéressée pour financer le film à hauteur d un budget de 2 millions de dollars elle annule pourtant après avoir lu le script prenant peur de l aimant à polémiques qui constitue le scénario du film1 alors que le tournage devait commencer en avril 1978 le salut vient de l ancien beatles george harrison qui devenu ami avec la troupe et plus particulièrement avec eric idle quelques années auparavant prend en charge la production et sauve le film il fonde avec denis o brien handmade films littéralement « les films fait à la main » une société de production qui connaitra le succès durant la décennie suivante2 et qui devient plus ou moins la société de production officieuse des python on ne peut d ailleurs s empêcher de comparer les controverses qu a engendrées la vie de brian avec celles occasionnées par la déclaration selon laquelle les beatles étaient plus grands que jésus si le film est devenu aussi célèbre ce n est pas que par l aura des python mais bel et bien par le scandale qui l entoure bien qu au final beaucoup de scènes qui auraient pu rendre le film encore plus polémiques aient été coupées quasiment ¾ d heure ce sont notamment des scènes qui auraient risqué de se mettre à dos la communauté juive terry gilliam raconte à ce sujet qu eric idle vivant alors à hollywood ne voulait pas se risquer à aliéner cette communauté dans laquelle se trouvait-un grand nombre de producteurs dans un fait rare à relever la troupe a donc ici fait preuve d autocensure3 pour autant la sortie du film en 1979 s accompagne d une grande vague de protestations de la part des catholiques le film est d ailleurs banni dans beaucoup de pays d amérique du sud il déclenche une fureur pour laquelle la vision du film comme en de nombreux cas similaires est facultative si les python s accordent à dire que le film soit hérétique ils réfutent en revanche qu il soit blasphématoire ne s attaquant pas au concept de dieu aux etats-unis la première salve d attaques de ce qui est devenu par la suite une guerre religieuse à base de 1 bob mccabe dark knights and holy fools orion media 1999 london p 78 2 ibid p 79 3 ibid p 84 a every sperm is sacred déclarations est lancée quand le 19 août 1979 rabbi abraham hecht le président de la rabbinical alliance of america4 déclare s exprimer au nom d un demi-million de juifs en disant dans variety « jamais nous n avons rencontré un film aussi répugnant dégoutant et blasphématoire auparavant » et ajoutant que le film avait été « produit en enfer » après ces déclarations de nombreux leaders religieux se sont succédés devant chaque micro qu ils croisaient pour déclarer tout le mal qu ils pensaient d un film qui ne devrait pas être diffusé selon eux en contraste avec d autres religieux plus modérés qui défendaient le droit au film d être montré sans pour autant en approuver le contenu chez les protestants robert e.a lee du concile luthérien a notamment déclaré que le film était une attaque disgracieuse envers les sensibilités religieuses et ce dans une émission diffusée sur un millier de stations de radios à travers les etats-unis enfin le film fut noté « c » comme « condamné » par l office de contrôle des films catholique implorant les fidèles de ne pas se rendre dans les cinémas jouant le film et allant jusqu à considérer qu il serait un pêché que d y aller au final ces déclarations et protestations ont grandement contribué à faire parler du film et à l entourer d une aura sulfureuse augmentant ainsi ses recettes alors qu il était envisagé de diffuser le film sur 200 écrans américains à travers le pays la stratégie fut changée et le chiffre monta à presque 600 sur un plateau de télévision cleese déclara d ailleurs « en fait ils m ont rendu riche je pense que je devrais leur envoyer une caisse de champagne ».5 social responsibility a continué sa lutte contre le film en diffusant des écrits contre le film et en allant même jusqu à encourager leurs fidèles à prier pour l échec du film compte tenu du climat les distributeurs du film ont adopté une attitude prudente programmant le film dans un seul cinéma londonien avant d attendre la fin de la période des fêtes de noël pour la sortie générale en conséquence la sortie britannique se fit avant tout au plaza le 8 novembre 1979 malgré des foules de protestataires à l extérieur du cinéma le film généra 40 000 £ de recettes dans sa première semaine occultant le précédent record détenu par les dents de la mer également en raison d une habile campagne publicitaire qui fut récompensée comme la meilleure publicité radiophonique de 19796 a la sortie nationale à l aube de la nouvelle année la bataille se transforma à nouveau puisque la censure touchant le film était désormais régionale comme l expliqua m palin « il y avait un trou dans la loi les autorités locales avaient un droit de contrôle sur certains cinéma pour des raisons de santé et ils ont usé de cette clause extraordinaire pour bannir les monty python sous prétexte que nous aurions été malsains je ne sais pas s ils pensaient que l épidémie pouvait se répandre dans les cinémas » au final le film fut banni en harrogate dans certaines zones du surrey dans l est devon où les censeurs refusèrent même de le voir considérant que l « on n a pas besoin d avoir une porcherie sous les yeux pour savoir que ça pue » et au cornwall mais comme l a expliqué gilliam « en angleterre il était banni dans différentes villes mais les gens y organisaient des convois et allaient dans les villes voisines où il passait en revanche aux etats-unis il a été banni dans les etats de la bible belt7 où personne n a pu le voir « vous voyez les britanniques ne peuvent pas être contrôlés mais les américains si c est la leçon que l on peut en tirer » terry gilliam8 ghk idem la bible belt littéralement la ceinture de la bible est une zone géographique et sociologique des États-unis dans laquelle vivent un pourcentage élevé de personnes se réclamant d un protestantisme rigoriste fondamentalisme chrétien l expression provient de h l mencken qui la forgea au début des années 1920 et désigne globalement nombre d etats du sud-est américains anciennement sécessionnistes comme l alabama l arkansas la caroline du nord ou le texas 8 the guardian « welease bwian monty python s the life of brian was the most controversial film of its time » the guardian 28 mars 2003 6 7 4 le conseil rabbinique de l amérique rca est l une des plus grandes organisations de rabbins orthodoxes du monde on l affilie à l union de congrégations juives orthodoxes de l amérique plus communément connue comme l union orthodoxe ou ou la plupart des rabbins du rca appartiennent au judaïsme orthodoxe moderne 5 the guardian « welease bwian monty python s the life of brian was the most controversial film of its time » the guardian 28 mars 2003 en grande-bretagne la guerre contre la vie de brian a été différente les critiques les plus dures sont venues du nationwide festival of light un mouvement de chrétiens britanniques inquiets par le développement d une société plus permissive à la fin des années 60 ils ont fait pression sans réussite sur le british board of film censor devenu classification depuis le bbfc l organisme responsable d évaluer la classification des films et des jeux vidéo au royaume-uni pour refuser un certificat au film le censeur britannique de l époque james ferman a d ailleurs publiquement défendu la décision « nous avons considéré que dès 14 ans les individus sont tout à fait capables de faire la différence entre une satire et une attaque sérieuse sur les croyances des gens » malgré cette défaite the festival of light soutenu par ce que l on pourrait traduire comme étant l église britannique pour la responsabilité sociale the church of england board for

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cette époque-là m tuttle n était franchement pas resplendissant son corps s emballait pour tout et n importe quoi avant de retomber complétement flasque et inutile vidé par un tel effort lui laissant alors le moral dans les chaussettes l abus de boissons et de trop nombreuses heures passées à ruminer son manque de cul y étaient sans doute pour quelque chose il n était pas essentiel de posséder un beau diplôme afin de le percer à jour lui-même n avait jamais percé qu un trou dans le mur après avoir décroché le sien nous étions dans l un de ces soirs où ce clown à l allure triste ­ si bien que l on peut se demander s il avait vraiment su être drôle un jour ­ aurait dû étaler sa verve envers et contre tous sur papier puisqu il faisait office de journaliste quand bien même il avait tant de mal à produire des bons mots à un rythme régulier mais il n en était rien si l ordre des choses avait été respecté il aurait dû être en plein griffonnage de son carnet afin de pouvoir envoyer le résultat à open pussy un magazine féminin pour lequel il rédigeait une chronique sarcastique sur les contradictions d un homme à femmes des temps modernes ­ paraphée de son nom véritable fox tuttle sachant bien que les femmes ne sont pas des jouets il avait terminé sa dernière rubrique en écrivant qu « il fallait bien l avouer avec honnêteté parfois baiser est la seule chose dont on a besoin peu importe le reste » loin de lui pourtant tout machisme ostentatoire et même bien caché car ce double inavouable à la schizophrénie latente n en était pas à une contradiction près il aimait à se faire haïr pour ce qu il écrivait et l aurait bien fait à titre gracieux si ce n est pour deux raisons fondamentales il avait besoin d argent pour continuer à entretenir son malheur et paradoxalement il n avait jamais eu autant d aventures que depuis qu il jouait au salaud toutes voulaient savoir jusqu à quel point il était ce scribouillard libidineux ou prouver qu il ne l était pas tant que ça et il n était pas rare que l une de ces catégories mène à l autre si bien qu il lui arrivait bien souvent de récidiver avec les mêmes lectrices n en déplaise parfois à leurs époux mais cette chronique si fructueuse commençait à le lasser il y avait bien longtemps qu il n avait pas eu à écrire quelque chose de plus sérieux et s évertuer à reproduire ce qui plait à son lectorat était la pire chose qu il considérait pouvoir arriver à un auteur la guerre des sexes allant bien quelque temps il lui fallait un autre combat c est alors que la chance vint faire sonner son téléphone objet qu il méprisait tant lorsque le rédacteur en chef de l apothéose ou des funérailles ­ le nom lui échappait sans arrêt ­ l appela pour être honnête il pensait que son entreprise littéraire avait coulé depuis longtemps tant ce type ne savait pas gérer son affaire quand bien même ­ ou peut-être « parce que » ­ il lui ressemblait beaucoup ­ allô m tuttle c est ton inconscient collectif il avait toujours été sidéré par la grandiloquence de ce type mais sa revue laissait de nombreux avantages à commencer par une liberté de ton absolue ­ ou presque ­ oui c est pourquoi et pour quand avait-il répondu immédiatement ­ c est pour partir en guerre ­ oh tu sais j ai déjà du mal à chasser une mouche ce n est pas mon truc de faire du mal à de pauvres bougres qui ne se rendent même pas compte qu ils ne sont pas des hommes mais bien de la chair à canon je suis trop intelligent pour ça ­ et tu es surtout bien trop fainéant et lâche pour ça plus sérieusement il s agit plus d une guéguerre que je te propose tu sais bien que nous ne sommes malheureusement pas très lus ­ allez ne commence pas à te plaindre et rentre dans le vif du sujet tout de suite ne me fait pas mariner s il y avait bien quelque chose que m tuttle détestait encore plus qu aller à la messe c était le téléphone quoiqu il ait assisté à tellement de funérailles ces dernières années qu il en était arrivé à la conclusion que tous deux devaient avoir un lien étroit avec le cancer ­ bon tu connais la ligne du journal ­ oui « aucune » tout et n importe quoi ­ a peu près oui engagés cinglants mais drôles si possible et bien pour un prochain numéro nous voulons partir sur un concept de journal épistolaire je sais d avance que tu aimeras ça ­ ce qui était vrai leur collaboration avait d ailleurs débuté par une correspondance le but est de nous attaquer aux symboles de l establishment par le biais de correspondances factices une multiplication des « j accuse » en somme ­ pas mal tu as une idée précise pour moi ­ bon dieu non c est à toi de voir je te laisse te mettre au travail tu as un mois engage-toi personnellement au plaisir de te lire bientôt il raccrocha sur cette dernière phrase laissant tuttle dans ses pensées en colère contre tous symbolisme il se disait qu il aurait des difficultés à faire un choix quand l évidence le frappa il se souvint d une anecdote datant de quelques années quand il s était baladé aux abords d une université avant d y croiser une église une de ces bâtisses a chaste a l homme

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modernes immondes qui laisse à penser que même l architecture ne peut plus être implorée comme dernier rempart à la sauvegarde de coutumes obsolètes pris d une soudaine envie de déverser là quelques traits de sa rancoeur de façon puérile il avait été choqué à la vision d un panneau disposé en évidence pour interpeler les étudiants passant par là sur celui-ci était inscrit « rejoignez-nous pour une vraie connaissance de l histoire » c en avait été trop pour lui pour lui qui méprisait toujours autant ce type de bassesses intellectuelles ces pieds de nez à l intelligibilité c en était toujours trop quelques trop longs moments passés dans un établissement catholique lui avaient laissé pour toujours un goût amer il n avait jamais pu se résoudre à assister aux messes offertes aux étudiants et avait préféré passer son temps à écrire des petits pamphlets anticléricaux qu il distillait dans les boîtes aux lettres des professeurs et dans les casiers des étudiants mais en dehors de cette infime épine dans leur pied il n avait jamais su lutter efficacement contre ces cul-bénis a titre personnel il avait été baptisé par ses parents une démarche qu il n avait jamais totalement compris tant ces derniers n avaient jamais eu une once de cléricalisme en eux certes il pouvait envisager l influence de la tradition et après tout son grand-oncle avait été abbé un homme tellement saint qu il avait toujours exécré son défunt père sans raison par ailleurs lui-même n avait jamais envisagé de suivre un enseignement religieux n avait jamais effectué sa communion et n avait mis les pieds dans cet établissement que par un hasard c était le seul qui l avait accepté ­ peut-être croyaient-ils en sa possible rédemption a la réflexion faite la chose à faire lui semblait évidente il avait entendu dire qu il était possible de se faire débaptiser il ne suffisait en vérité que d envoyer une lettre au curé de la paroisse responsable de son baptême comment joindre l utile à l agréable ­ et dans ce cas au professionnel aussitôt il se jeta avec avidité sur son carnet pour y écrire l ébauche de sa lettre ce qu il fit d une traite en voici la retranscription fidèle ci-dessous dès le lendemain il se hâter de la poster relativement ravi de son coup attendant avidement une réponse il pensait avoir trouvé le concept parfait de son article sa radiation effectuée il pourrait bricoler un petit quelque chose pour en tirer un échange des plus cinglants ­ et drôle ­ sur l étroitesse de l esprit religieux mal lui en apprit puisque lorsqu il reçut la réponse il lut que sa débaptisation avait été refusée le secrétaire de l évêché avait joué sur ses propres mots pour lui expliquer qu il n était pas possible de se faire débaptiser pour se refaire baptiser un jour quelle blague se faire prendre au piège des mots par un homme d eglise il est vrai que ces hommes savent habilement se jouer de la réalité dans un ton des plus bureaucratiques l homme lui expliquait ­ entrecoupé de citations de sa propre lettre ­ qu il n était dans le fond pas nécessaire de se faire retirer des registres du baptême puisque cet engagement n était ni doté d une grande importance réelle ni un marqueur de la foi de l individu l homme allant jusqu à comparer cet événement au registre de l état civil le baptême comme symbole de laïcité un concept intéressant et novateur n est-ce-pas tuttle se retrouvait ainsi pris au piège de ce qu il avait lui-même évoqué un jour en déclarant que « les choses ne changent pas sans imagination or l ère de la bureaucratie c est l étouffement de ce qui nous rend humains » la moralité de cette histoire est qu il ne faut jamais au grand jamais se moquer de la religion sinon un grand châtiment vous attend l immobilisme au moins que dieu en soit le témoin ghk

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