La Lettre du Défap n°19

 

Embed or link this publication

Description

La Lettre du Défap n°19

Popular Pages


p. 1

trimestriel www.defap.fr Service protestant de Éditorial Respect et fraternité Un missionnaire américain, John Chau, est mort en novembre 2018 sur une île de l’archipel indien d’Andaman-et-Nicobar, sous les flèches d’une tribu autochtone qui vit volontairement sans contact avec le monde extérieur. Pour protéger l’île des Sentinelles, lieu exact de l’événement, une loi indienne de 2010 interdit formellement de s’approcher à moins de 5 kilomètres des côtes. John Chau en a fait fi pour aller prêcher l’Évangile à cette tribu et il en est mort. Aujourd’hui, il existe encore de nombreux peuples premiers plus ou moins coupés du reste du monde, y compris de leurs États d’appartenance. Certains vivent bien, selon leurs coutumes ancestrales, d’autres cherchent leur voie avec plus ou moins de bonheur entre tradition et modernité. Culte dans la communauté pygmée en République centrafricaine. © Défap VTh Entre entraide et autonomie… Plusieurs de nos Églises partenaires accompagnent ces populations, notamment en Afrique. Elles aussi cherchent leur chemin entre partage de l’Évangile et respect des croyances traditionnelles. Au Came- roun, au Congo, en République Centrafricaine, des • République centrafricaine 2-4 - Politique : Les deux Centrafrique - Formation théologique : projets d’Églises se développent sur cette ligne de crête entre entraide et respect de l’autonomie, en particulier des gens de la forêt. Sommaire Baboua, école-modèle - Voyage chez les Pygmées Le Défap est amené, de temps à autre, à accompagner certains de ces programmes et c’est avec • France - Delégations kanak à Paris - Radicalisation : Le défi de vivre ensemble • Forums Mission en région 5 6 beaucoup de crainte et de précaution qu’il apporte son soutien aux Églises locales investies dans ces missions car, évidemment, il ne s’agit pas de faire comme John Chau. Au contraire, avec ceux qui les soutiennent et les protègent contre les appétits démesurés de ceux qui veulent exploiter les res- • Méditation et prière 7 - Le cycle de Joseph (suite et fin) sources des territoires sur lesquels ils vivent, nous voulons faire entendre leur parole, unique. • Livres et carnet 8 Pasteur Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap Lettre du Défap - n° 19 - Février 2019

[close]

p. 2

République Centrafricaine (RCA) Politique Les deux Centrafrique Il y a deux Centrafrique. Celle de la capitale, Bangui, donne l’impression que les institutions fonctionnent, que la sécurité est assurée et que la paix est revenue. L’activité urbaine témoigne d’une certaine reprise économique, perçue par le biais des services (banques, commerces, hôtellerie, restauration) et des télécommunications (le sacro-saint portable…). Les usines de transformation tournent à plein régime : boissons, sucre, cigarettes même si l’agriculture reste malgré tout le principal contributeur au PIB (pour 43 % en 2017) avec le café, le coton, le palmier à huile et le bois. À Bouar, ville où est installée l’administration de l’Église évangélique luthérienne de Centrafrique (EELRCA), les Casques bleus des Nations unies font office de gendarmerie, un blindé posté au carrefour principal en guise de dissuasion. La région est grosse productrice d’or et de diamants alluvionnaires (les fameux diamants de Centrafrique…) et la forêt pluviale permet l’exploitation des bois précieux. Les trafics sont intenses. Il est fréquent de croiser des camions grumiers le La RCA engrange donc des recettes fiscales liées à toutes ces activités économiques (9,1 % du PIB en 2017) mais elles restent en deçà des dépenses (14,9 % du PIB), ce qui signifie une forte dépendance visà-vis de l’aide extérieure (FMI, Banque mondiale, Banque africaine de développement, Union européenne et France). La seconde… La « seconde Centrafrique » est celle de la province. Près de 80 % du pays – du centre à l’est – est aux mains des bandes armées, dirigées par des chefs de guerre se comportant comme de petits proconsuls, tout-puissants et violents. L’ouest est plus tranquille. Certes, il y a toujours des voyous qui jouent les coupeurs de routes, mais ils se satisfont en général de quelques francs CFA. Carte de la Centrafrique. Presque rien ne fonctionne en dehors de la capitale Bangui. Et presque rien ne fonctionne  : quasi-absence de réseau téléphonique, pas ou très peu d’eau courante, pas d’électricité hormis lorsque les groupes électrogènes sont en marche, quelques heures à la nuit tombée parce que le carburant doit être utilisé avec parcimonie. Les pistes sont dans un état lamentable, défoncées, inondées  et les routes dites goudronnées sont souvent effondrées  ; il n’y a pas d’écoles publiques sauf dans les villes et très peu d’hôpitaux. D’où l’importance du réseau que l’EELRCA a réussi à mettre en place en ce qui concerne l’éducation et la santé. soir et la nuit, alors qu’ils devraient avoir quitté les pistes à 16 h 30 (la nuit tombe vers 17 h). Les diamants peuvent être « pêchés » par tout un chacun et les collecteurs, qui ont pignon sur rue dans la moindre bourgade, font des bénéfices de l’ordre de 1 pour 10 000… A Carnot, préfecture et plaque tournante du commerce des pierres, certaines maisons ressemblent à des palais des mille-et-une nuits. Mais pour un sultan, 10 000 pauvres bougres se tuent au travail. Valérie Thorin, envoyée spéciale 2 // Lettre du Défap

[close]

p. 3

RCA Formation théologique Baboua, école-modèle En mission pour le Défap en tant que responsable-pays, j’ai pu visiter l’école de théologie de Baboua. Pourquoi un établissement si loin de la capitale ? Justement, parce que la capitale, Bangui,, et sa faculté de théologie (FateB) sont à une journée de route… ! Or il fallait dispenser des formations de qualité pour les futurs pasteurs de la région, où l’Église évangélique luthérienne de Centrafrique (EELRCA) est fortement implantée avec plus de 500 paroisses. Les locaux sont en très bon état et bien entretenus. Tout va bien, mis à part l’éternel problème d’électricité, fournie en majeure partie par le groupe électrogène qui connaît quelques pannes récurrentes, d’où les difficultés d’accès à Internet. Les étudiants sont motivés et bien encadrés. Il y a parmi eux une École de théologie de Baboua. La directrice, Antoinette Yindjara, au milieu des futurs pasteurs. © Défap- VTh femme, ce qui n’est pas si fréquent. Quant aux épouses, elles sont prises en charge et bénéficient d’une petite formation. La directrice, la bienconnue Antoinette Yindjara, première femme à être devenue docteur en théologie, a présenté un projet de voyage à effectuer en fin de troisième année, pour 12 à 16 personnes en moyenne. Il s’agirait de leur faire découvrir cette capitale qu’ils ne connaissent pas : l’Assemblée nationale, le grand hôpital central, la Maison de la radio-télévision, le stade… Des rencontres seraient organisées avec l’autre Église protestante partenaire du Défap (Église protestante du Christ-Roi), et une ou deux conférences auraient lieu à la Fateb – où ils seraient logés – et au Grand Séminaire catholique Saint-Marcde-Bimbo. Une demande en ce sens sera présentée à la prochaine Commission des projets. Bibliothèque de l’école de théologie de Baboua. © Défap-VTh Valérie Thorin, envoyée spéciale N° 19 - Février 2019 // 3

[close]

p. 4

République Centrafricaine Voyage chez les Pygmées Il y a plusieurs années que les Pygmées de Mbanza ont quitté leur habitat traditionnel, la forêt profonde, et arrêté le nomadisme. Leur village a été édifié en « banlieue » de Mbanza, en pays G’Baya. Ils se sont peu à peu acclimatés à cette vie différente : ils portent des vêtements « à l’occidentale », comprennent et parlent la langue g’baya ; ils font aussi un peu d’agriculture (bananes fruits notamment), qui leur permet de faire quelques échanges avec Mbanza. Mais en arrivant auprès des autres hommes, leurs presque semblables pourtant, ils ont découvert avec stupéfaction quelque chose qu’ils ignoraient : le rejet. L’ostracisme. Ils se Le chef du village et son épouse, sa fille et l’un de ses petits-enfants. «Il n’y a plus assez de nourriture en forêt. Nous voulons rejoindre les hommes grands…» © Défap-VTh Une femme Pygmée et le catéchiste devant une case traditionnelle (feuilles et bois). © Défap-VTh sont vus moqués, méprisés, leurs enfants chassés et battus. Trop petits, trop laids, trop stupides… Eux qui savent se glisser silencieusement sous les frondaisons, lire d’infimes traces et se confondre avec la terre pour chasser en embuscade, eux qui connaissent les plantes, les racines et les feuilles qui soignent… Les villageois ont d’autres références, des mœurs différentes, ils se réfèrent à la médecine du Blanc et à ce qui est enseigné dans les écoles. « Peu importe, explique le chef de la communauté pygmée, nous voulons rester. Il n’y a plus assez de nourriture en forêt. Nous voulons rejoindre les hommes grands… » Triste constat : la surexploitation du bois réduit l’habitat des animaux et handicape leur reproduction. Les Pygmées parcourent des distances de plus en plus grandes pour faire leurs cueillettes en laissant suffisamment de baies et fruits sur les arbres pour que leurs graines donnent de nouveaux plants. L’EELRCA a édifié un temple dans le village pygmée. Un pasteur et un catéchiste – formé à l’école de Baboua – y sont affectés. Un second catéchiste, Pygmée, est en cours de formation. L’urgence aujourd’hui est d’édifier pour eux des maisons « en dur ». Valérie Thorin, envoyée spéciale 4 // Lettre du Défap

[close]

p. 5

France Des Kanak à Paris Ils ont logé à la Maison des missions, boulevard Arago, parce que c’est le Défap qui avait facilité les contacts et la rencontre (de gauche à droite sur la photo) : le pasteur Yvon Dea et son collègue Marc Perrin, des Assemblées de Dieu de Nouvelle-Calédonie, le pasteur André Beinon, président de l’Église évangélique libre de NouvelleCalédonie, le pasteur Var Kaemo et son épouse, la pasteure MarieClaire Kaemo, de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calé donie (EPKNC). Trois Églises, trois délégations venues expliquer à leurs homologues protestants de France ce Les délégations de Kanaky Nouvelle-Calédonie à l’assemblée générale de la Fédération protestante de France (janvier 2019) © Albert Huber qu’elles vivent sur place, aux antipodes. Tous sont repartis en disant que, pour un meilleur avenir ensemble, ils pourraient discuter d’une éventuelle fédération protes- tante de Nouvelle-Calédonie V.Th. Le défi de vivre ensemble Il est extrêmement difficile, aujourd’hui, de parler de radicalisation tant ce sujet touche des domaines variés : religion certes, mais aussi politique, éthique, logues, se sont intéressés aux personnes radicalisées ayant commis des violences, voire des attentats terroristes. Jugées et emprisonnées, celles-ci sont pour un psychologie, sociologie… temps hors d’état de nuire, mais un jour viendra où, Le dernier numéro de la revue Perspec- leur peine purgée, elles se retrouveront 76 à nouveau au milieu de leurs conci- tives missionnaires était justement consa- 2018 cré à ce sujet, étudié au prisme du Revue protestante de missiologie toyens, nous-mêmes. D’où l’urgence de considérer ces «  sujets radicalisés  » dialogue interreligieux. En marge de cette comme des « sujets moraux », selon le question, un colloque a également eu mot du Pr Olivier Abel, organisateur lieu, qui a permis de trait er de quelques   problématiques transversales : les effets   de la mondialisation dans le champ reli- de ces journées : « Il nous faut connaître, travailler l’univers de sens des djihadistes, tout comme notre univers de sens gieux européen  ; ou encore les Églises par rapport à leurs actes, nos peurs et dites « affinitaires », c’est-à-dire celles dans nos rejets, pour pouvoir les réinsérer lesquelles on peut retrouver   sa propre communauté – géographique, culturelle – Rdaiadloicgauliesmineteertreligieux dans la société et mieux vivre ensemble », a-t-il déclaré. face au risque de repli identitaire, etc. Valérie Thorin A l’Institut protestant de théologie (IPT), deux journées d’études ont aussi été consacrées à la radicalisation. Les intervenants, philosophes, magistrats, anthropo- À lire, pour aller plus loin : Perspectives missionnaires n° 76 « Radicalisation : quel défi pour l’interreligieux ? » En vente au Défap (bibliotheque@defap.fr) ou sur www.perspectives-missionnaires.org - 10 euros. N° 19 - Février 2019 // 5

[close]

p. 6

France Ta mission sur terre… Notre mission sur terre ! Une série de « Forums Mission » s’est tenue le 7 octobre 2018 dans la région Centre-Alpes-Rhône. Organisés par l’équipe régionale Mission-Relations internationales, ils se sont déroulés avec l’appui du Défap et en partenariat avec le réseau Bible et création. Vécus simultanément dans les consistoires du Dauphiné à Mens, de la Loire à Saint Etienne, des Portes du Midi à Rochemaure, dans les ensembles du Valentinois, du Dauphiné-Vivarais à Peyraud et du pôle Allier à Montluçon, ils ont rassemblé 650 personnes au culte. Par ailleurs, l’ensemble Confluence à Privas a organisé son mini-forum une semaine plus tard, tandis que le consistoire de l’Eyrieux-doux organisait une journée missionnaire, et qu’à Lyon, les 10 ans de l’Espace protestant Théodore-Monod-paroisse Est-Lyonnais avait pour thème : Ta mission sur terre. Ainsi la majeure partie de la région s’est-elle mobilisée pour la mission. rences, partage : la diversité était au rendez-vous. Parmi les moments exceptionnels, notons ceux des témoignages d’enfants de missionnaires, la réflexion menée sur les enjeux éthiques liés à une vision de la création, les portraits de missionnaires et la présentation du Défap aujourd’hui, éclairée par son action en Centrafrique, en Nouvelle-Calédonie et à Madagascar. Bien sûr, le repas a été partagé avec cette prière : © D.R Nos cinq pains et nos deux poissons Seigneur nous te les offrons Partage-les, pour la faim des hommes Et tous ensemble nous louons ton nom ! Pasteur Dina Radafiarijaona Nous avons faim de paroles partagées Temps intergénérationnel, jeu catéchétique, ateliers, débats, confé- Sur la lancée du Forum national qui a eu lieu en 2016 à Sète, l’idée avait germé d’organiser des «mini forums» dans les régions. C’est aujourd’hui chose faite. L’équipe est à la disposition de tous ceux qui souhaiteraient mettre en œuvre un événement similaire. Animation participative lors du Forum Mission à Valence. © Hélène de Visme 6 // Lettre du Défap

[close]

p. 7

Méditation prière Le cycle de Joseph (suite et fin) Que transmettre quand on sent la mort venir ? Comme faire pour accepter sa simple condition de mortel, ce qui semble de plus en plus difficile dans nos sociétés post-modernes. par Florence Taubmann Cette question domine toute la fin du cycle de Joseph, quand Jacob-Israël, alors qu’il va mourir en Égypte, réaffirme l’alliance que Dieu a conclue avec Abraham et sa postérité, qui concerne non seulement la constitution du peuple mais également son lieu d’existence : « Voici je vais mourir. Dieu sera avec vous et il vous ramènera au pays de vos pères ». Au nom de cette transmission nécessaire, Jacob s’approprie les deux fils de Joseph, les mettant au même niveau que ses propres fils, comme s’il tentait de réparer les effets de l’exil en les instituant ses héritiers directs. Alors se vit la scène de la bénédiction. Jacob ne voit plus très clair, comme Isaac dans des circonstances similaires. Néanmoins, en étant conscient de ce qu’il fait, il croise les mains puis bénit le cadet Ephraïm de sa main droite et l’aîné Manassé de sa main gauche. Il inverse donc l’ordre de priorité, comme lorsque Jacob lui-même usurpa la bénédiction de son frère Esaü. Même si nous partageons le mécontentement de Joseph pour ce qui semble injuste et dangereux pour l’harmonie fraternelle, cette inversion ne relève pas de l’arbitraire mais de la reconnaissance de la vocation et de la mission de chacun. Il est vrai que Manassé, dont le nom est construit sur la racine qui signifie « oubli », semble plus tourné vers le passé, alors que le nom « Ephraïm » suggère la fructification. Ce moment intense de la transmission entre les générations nous interpelle, en particulier si nous avons vécu ou vivons des situations d’exil ou de diaspora. Comment considérons-nous nos enfants ? Avons-nous des regards différents sur les uns et sur les autres ? Pouvons-nous les charger de retourner vers le pays que nous avons quitté ? Pour quelle mission ? Retrouvez-nous chaque jeudi sur le site, www.defap.fr Psaume 85 Au chef des chantres. Des fils de Koré. Psaume Tu as été favorable à ton pays, ô Éternel ! Tu as ramené les captifs de Jacob ; Tu as pardonné l’iniquité de ton peuple, tu as couvert tous ses péchés ; Tu as retiré toute ta fureur, tu es revenu de l’ardeur de ta colère. Rétablis-nous, Dieu de notre Salut ! Cesse ton indignation contre nous ! T’irriteras-tu contre nous à jamais ? Prolongeras-tu ta colère éternellement ? Ne nous rendras-tu pas à la vie, afin que ton peuple se réjouisse en toi ? Éternel ! Fais-nous voir ta bonté, et accorde-nous ton salut ! J’écouterai ce que dit Dieu, l’Éternel ; car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, pourvu qu’ils ne retombent pas dans la folie. Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, afin que la gloire habite dans notre pays. La bonté et la fidélité se rencontrent, la justice et la paix s’embrassent ; La fidélité germe de la terre, et la justice regarde du haut des cieux L’Éternel aussi accordera le bonheur, et notre terre donnera ses fruits. La justice marchera devant lui, et imprimera ses pas sur le chemin. N° 19 - Février 2019 // 7

[close]

p. 8

Livres par Valérie Thorin Rendez-vous sur le site du Défap : www.defap.fr ou par mail : courrierdeslecteurs@defap.fr trimestriel La lettre du www.defap.fr Service protestant de Le Défap est le service protestant de mission de trois Églises : Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (UNEPREF). Textes et images © Defap sauf indication contraire Reproductions et traductions autorisées sur demande Publication gratuite - ISSN 2431-3629 Président du Défap : Joël Dautheville Directeur de publication : Jean-Luc Blanc Rédactrice en chef : Valérie Thorin Réalisation : J-M Bolle / Majuscules communication Imprimerie : Graph2000, Bd de l’Expansion - 61200 Argentan 02 32 43 43 43 www.defap.fr 102, boulevard Arago, F – 75014 Paris Tél. : 01 42 34 55 55 Écrire la parole et parler par écrit Si l’on écrit « comme on parle », avec les mêmes mots et la même syntaxe, le résultat est souvent décevant, ennuyeux à lire ou même parfois incompréhensible. La transformation de la parole en écriture entraîne des modifications de texte. Un phénomène similaire se produit lorsque l’on transforme l’écrit en paroles, et surtout lorsqu’il s’agit de la Parole de Dieu. Le livre du pasteur et théologien Olivier Pigeaud décrypte ces processus dans un petit livre utile et éclairant. OLIVIER PIGEAUD, De l’écriture à la parole, Dieu parte-t-il par écrit ? Éditions SMPP, 72 pp. 8,50 € La puissance de l’amour Au Biafra dans les années 1970, la vie est difficile non seulement parce qu’il y a la guerre civile, mais aussi parce que, loin de la révolution sexuelle qui atteint l’Occident à la même période, l’homosexualité y est encore un crime. La jeune héroïne de ce magnifique roman, Ijeoma, va vivre un douloureux combat pour comprendre les transformations qui s’opèrent en elle. Sur fond d’une société en plein bouleversement c’est, comme en miroir, à une mini-révolution individuelle à laquelle assiste le lecteur. Passionnant pour comprendre comment les mentalités évoluent. ChINELO OKPARANTA, Sous les branches de l’Udala, Éditions Belfond, 371 pp, 22 € Violette Baudraz « Je sais en qui j’ai cru » (1Tim 1, 12) Carnet Née le 15 mai 1923, Violette Baudaz s’est éteinte le 12 janvier 2019 à 96 ans. Infirmière et sage-femme, elle reçoit une formation à l’Ecole des missions de la SMEP à Paris, boulevard Arago, de novembre 1949 à mai 1950, avant de se rendre au Cameroun. Ses lettres à sa mère, publiées dans un recueil intitulé Infirmière au Cameroun au temps du maquis (Éd. Mémoire Vivante / DMÉchange et mission) rendent compte de son ministère au cœur de la violence et des troubles politiques de la période de décolonisation. En témoigne un événement significatif, qui lui vaudra son surnom de « demoiselle aux soixante bébés » : ce sont en effet soixante nourrissons qu’elle a fait évacuer de son hôpital dans un camion, installés sur deux étages avec du grillage de poulailler, jusqu’en pays Bamoun où ils sont arrivés, couverts d’une poussière rouge due aux 100 km de piste en latérite, mais sains et saufs. Après l’hôpital de Bangwa, Violette Baudraz sera sage-femme à Bafoussam puis au Gabon pendant une année. De retour au Cameroun en 1971, elle regagne Bangwa avant d’être chargée de la maternité de Ndoungué et des cours à l’école d’aides-infirmiers et aides-soignantes. En 1986, elle a pris sa retraite en Suisse. Discrète et humble, c’était une femme et une missionnaire exceptionnelle. 8 // Lettre du Défap - N° 19 - Février 2019

[close]

Comments

no comments yet