La Lettre du Défap n°18

 

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Lettre du Défap n°18, octobre 2018

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trimestriel www.defap.fr Service protestant de Éditorial Le triangle missionnaire communauté congolaise déclarée « champ de mission » en France par l’Église du Congo, s’associe au Défap pour créer une association de soutien à la Faculté de théologie de Brazzaville, notre partenaire depuis de nombreuses années. Des Camerounais missionnaires en France se sont récemment adressés au Défap pour demander de l’aide au développement d’un projet de bibliothèque théologique pour leur Église d’envoi... etc. Participantes à la rencontre sur le ministère féminin au Cameroun. Les mêmes thématiques traversent les Églises ici ou ailleurs. ©Défap • Cameroun 2-3 - Politique - Ministère pastoral féminin - Retour de mission • Session 2018 de la formation au départ 4-5 • Les boursiers nouveaux sont arrivés 6 • N° 75 de Perspectives Missionnaires 6 • Méditation et prière 7 • Livres 8 • Carnet 8 Entre le Sud et le Nord, dans un sens puis dans l’autre, la mission s’est souvent située sur un axe bilatéral. Aujourd’hui, peut-être faut-il se représenter la mission comme une relation triangulaire ? Certaines Églises du Sud considèrent leurs communautés en France comme des Églises missionnaires, alors même que nous avons des envoyés et soutenons des projets dans leurs pays d’origine ; et des communautés, de plus en plus nombreuses, se tournent vers le Défap pour soutenir la mission de leurs Églises d’origine ! Ainsi, la Étrange triangle de la mission dans lequel les Églises d’ailleurs, de France et issues de l’immigration sont entraînées dans un même mouvement pour le rayonnement de l’Évangile ici et là-bas. Le Défap se retrouve au carrefour de ces relations, non seulement en France, entre les Églises historiques et celles issues de l’immigration (programme Mosaïc), mais aussi entre ces dernières et leurs Églises d’origine. Au moment où nous entrons dans une dynamique de refondation, c’est une dimension de la mission que nous prenons en compte, d’autant plus que des paroisses nous interpellent régulièrement sur cette question. Pasteur Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap Lettre du Défap - n° 18 - octobre 2018 Sommaire

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Cameroun Stabilité ou immobilisme ? Il a 85 ans mais s’adapte à la modernité : Paul Biya, président sortant du Cameroun, a twitté le 13 juillet dernier : « Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle », en l’occurrence celle du 8 octobre 2018. La comparaison numérique avec son homologue américain Donald Trump s’arrête là : les 350 000 abonnés du premier ne pouvant rivaliser avec les 54,5 millions du second. Après trente-cinq années de pouvoir, malgré une contestation de sur toute l’étendue du territoire : elle détient 148 des 180 sièges de l’Assemblée nationale et 81 % de ceux du Sénat. Crise séparatiste Bien que peu présent sur la scène nationale, Paul Biya perçoit les bénéfices d’une économie en relative bonne santé : + 3,7 % de croissance en 2017, investissements en hausse et bonne production pétrolière. En revanche, près de 40 % de ses concitoyens vivent encore sous mondiale et l’administration de ces populations. Autant dire que la revendication séparatiste n’est pas liée uniquement au sentiment de marginalisation d’une minorité, mais bien plutôt à la forme actuelle de l’État camerounais, la qualité de sa gouvernance et la place des anglophones dans l’appareil d’État. Soutenus plus ou moins ouvertement par les populations locales, qui voient en eux des cousins, des voisins ou des membres de leur communauté, aidés par la diaspora aux États-Unis, en Grande-Bretagne voire en Afrique du Sud, alimentés en armes et munitions par les Nigérians, les irrédentistes se présentent en groupes fractionnés, affaiblis par la présence de bandes criminelles qui profitent de la situation et multiplient attaques et embuscades dans une région boisée qui y est particulièrement propice. Affiche en deux langues pour l’élection présidentielle du Cameroun - Octobre 2018. D.R. plus en plus vive et la présence d’opposants de mieux en mieux outillés pour la compétition, il s’est représenté sans inquiétude pour un septième mandat. Paul Biya est en effet la vraie et seule incarnation du très puissant Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), formidable machine électorale et formation politique la mieux implantée le seuil de pauvreté et, surtout, la crise est toujours en cours dans les régions anglophones. Cette affaire complexe a été particulièrement mal gérée  : aux méthodes brutales des uns a répondu une répression féroce des autres qui n’a fait qu’attiser le conflit. Celui-ci plonge ses racines dans l’histoire de la décolonisation allemande après la Première guerre En 2008, la situation sociale tendue à l’extrême par les « émeutes de la faim », qui avaient fait 140 morts, n’était pas parvenue à empêcher les Parlementaires de voter la réforme constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Dix ans plus tard, Paul Biya continue à être vu comme un rempart contre la déstabilisation du pays. Mais peut-il être à la hauteur de cette situation nouvelle ? Valérie Thorin 2 // Lettre du Défap

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Cameroun « Ministère pastoral féminin : mimétisme ou vocation divine ? » Tel était le thème de la rencontre organisée fin juillet 2018 par Madeleine Mbouté, doyenne de la faculté de théologie protestante de Ndoungué (Cameroun). Une cinquantaine de femmes y ont participé, la plupart occupant un poste pastoral, quelques-unes étudiantes et d’autres évangélistes. Des intervenant(e)s ont nourri les discussions à partir d’exposés sur l’Ancien et le Nouveau Testament, mais aussi sur l’histoire et l’avenir du ministère féminin au Cameroun et en France. Les femmes, qui peuvent entrer dans le ministère pastoral depuis le début des années 2000 au sein de l’Eglise évangélique du Cameroun, constituent environ 10 % du corps pastoral. Répondant à un questionnaire, elles ont témoigné en général d’une forte conscience personnelle de leur rôle et d’une bonne reconnaissance de leurs paroissiens, même si leurs collègues hommes bénéficient encore d’une prééminence dans l’attribution des postes. Lors du colloque, la parole a été bien distribuée à l’ensemble des participantes, entre la génération des aînées et celle des plus jeunes, avec un réel désir de transmission. Ont été également abordées des questions d’éthique sexuelle, non seulement autour de problèmes de harcèlement, mais du point de vue de la responsabilité des femmes dans le maintien du respect qu’on leur doit. Ce colloque a été l’occasion d’envisager de nouvelles rencontres régulières de pasteures et théologiennes, comme il y en avait dans le passé, mais plus depuis un certain temps. Florence Taubmann Mission courte pour deux envoyés du Défap Patricia Champelovier et Jean-Marc Bolle ont passé 15 jours avec l’équipe médicale de l’hôpital de Messangsang à Bafia (Came- roun). Impressions de retour. «16 août 2018  : le Dr Célin Nzambé nous attend à Yaoundé avec nos six valises chargées de matériel médical et de rouleaux pour peindre. Dix-huit mois que l’idée de cette mission Défap a vu le jour, à l’occasion d’une visite du Dr Nzambé en France». Depuis trois ans, ce « médecin des hôpitaux malades » exerce à Bafia (120 km de Yaoundé) pour soigner les habitants de la région (consultations, vaccinations, chirurgie, maternité, urgences jour et nuit,…), et redonner travail et salaire à l’équipe hospitalière. Mais il n’y a pas d’eau potable et les sanitaires sont à reconstruire. Camerounais sur la santé communautaire et les spécialités locales. Ils ont bien ri en voyant « papa et maman blancs » sur une moto-taxi ! Nous avons assisté aux cultes dans différentes Eglises et rencontré des responsables de l’Eglise presbytérienne Camerounaise (EPC), dont son secrétaire général, le pasteur Bessala.» L’hôpital de Donenkeng a été créé en 1963 par des missions américaines avec trois annexes dont celle de Messansang/Bafia et trois centres de santé. L’ensemble a ensuite été légué à l’EPC. Patricia, infirmière, a participé aux soins et aux actions de prévention en santé communautaire avec l’équipe soignante pendant que Jean-Marc organisait le nettoyage et la peinture du bâtiment. « Nous avons partagé nos situations de vie respectives, le questionnement des Une partie de l’équipe médicale de Messangsang à Bafia. © JMB N° 18 - octobre 2018 // 3

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Session 2018 de la fo Vingt futurs envoyés se sont retrouvés au siège du Défap à Paris, pour une form Ingrid HARDOUIN Haiti Hélène MIHIERE et Olivier DEAUX Guadeloupe Shannon WIRTZ Magali JEZEQUEL Noé HERMANN Sénégal Patricia MOUGEL Tunisie Jean-Marc BOLLE et Patricia CHAMPELO Loïs MINARD Aurélie CHOMEL Cameroun 4 // Lettre du Défap

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ormation au départ u mois de juillet à la Maison des missions, mation longue. Un gage de réussite. Soledad ANDRE Liban OVIER Delphine et Timotheé MINARD Mathilde RICKLING Guillem AURENCHE Paul HUMMEL Madagascar Timotheé NEHLIG et Lorène SPIELEWOY Egypte Quentin MILAN LAGUERRE Congo (Brazza) N° 18 - octobre 2018 // 5

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France Les boursiers nouveaux sont arrivés Comme chaque année, les boursiers du Défap arrivent du monde entier : six femmes et quatre hommes en provenance du Bénin, du Congo, de Madagascar, de République démocratique du Congo, du Cameroun et… de Tahiti. Les boursiers sont répartis entre les facultés de théologie de Strasbourg et de Montpellier et pour l’un d’entre eux, il y aura une seconde affectation à Paris dans quelques mois. Une seule étudiante, malgache, est partie à Grenoble pour préparer son Certificat d’aptitude à la profession d’avocat, grâce à la générosité d’un donateur privé. Outre cette jeune femme et la jeune Tahitienne qui vient achever sa maîtrise en théologie, tous les autres viennent faire des recherches pour leur thèse de doctorat. Les sujets choisis sont toujours aussi divers : pour le Nouveau Testament, il y a « La place de Jean 21 dans le quatrième Évangile et la pertinence de la figure de Pierre» et « Influence de la culture sur la pensée éthique de Paul dans 1 Corinthiens ». L’éthique est en effet au centre des préoccupations de plusieurs doctorants  de cette année avec deux sujets centraux : « Église et conditionnements culturels : sortir des rétrécissements éthiques » et « Ethique protestante et transformation sociale : l’éducation à la citoyenneté responsable ». Les bourses du Défap sont souvent considérées comme un point de départ non seulement pour la formation de pasteurs et de professeurs cultivés et compétents, mais aussi parce qu’elles créent des liens entre les personnes, membres du Défap ou enseignants dans les facultés de théologie et boursiers qui se souviendront toujours de leur passage par la Maison des missions. former des pasteurs béninois, doctorants ou post-doctorants. Aujourd’hui c’est mon tour  : je viens faire des recherches en bibliothèque car celles d’Afrique ne sont pas assez fournies », nous explique-t-il. Son sujet : « Trinité, entre tri-théisme et monothéisme ? » Un thème plutôt difficile pour des paroissiens, non ? D.R. C’est notamment le cas de Jérémie Gandonou (photo), de l’Église protestante méthodiste du Bénin, dont c’est la première visite à Paris. « Je connais le Défap par mon Église, car il est intervenu plusieurs fois pour « Mais pas du tout, réplique-t-il dans un grand sourire. Il faut expliquer et conceptualiser pour bien se faire comprendre. Je suis en faveur d’une Église ouverte, œcuménique, et pour le dialogue avec les musulmans et les vaudouisants, qui sont nombreux dans mon pays. Ceux-ci ont tendance à me dire que le christianisme, c’est du polythéisme… Je m’emploie à leur démontrer le contraire, et j’ai des arguments ! » Rien de ce que Jérémie lira ne sera perdu ! Valérie Thorin Le numéro 76 de Perspectives missionnaires Thème du dossier : « Radicalisation : quel défi pour l’interreligieux ? » Le mot « radicalisation » renvoie aujourd’hui presqu’automatiquement à un islamisme violent. Pourtant, la Bible autant que le Coran, contiennent des « versets douloureux ». Quant au processus de révélation, il porte en lui-même l’idée de radicalité en s’emparant de tout l’être, corps, esprit et cœur. En faisant irruption dans l’histoire humaine, il génère adhé-   sion ou refus et luttes de toute sorte, croisant a  ussi le fer avec le politique. Le n° 76 de Perspectives missionnaires, questionn  e la radicalisation, quelques paroles scandaleuses de Jésus et les défis que relève aujourd’hui le dialogue interreligieux.   À commander au Défap par téléphone ou par mail : bibliotheque@defap.fr. - 10 € le numéro. 2018 76 Revue protestante de missiologie Rdaiadloicgauliesmineteertreligieux 6 // Lettre du Défap

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Méditation-prière Le cycle de Joseph Jusqu’à la fin de l’année 2018, le pasteur Florence Taubmann vous propose sur le site internet du Défap (www.defap.fr) un cycle hebdomadaire de méditations (les méditations du jeudi, onglet à droite sur la page d’accueil) sur le cycle du patriarche Joseph. On trouve dans cette histoire tous les thèmes de l’existence humaine, ce qui peut nous ouvrir à une lecture interculturelle enrichissante. La Lettre du Défap vous propose le premier de ces textes : la double mission de Joseph (Gn 50, 15-21) « Quand les frères de Joseph virent que leur père était mort, ils dirent : Si Joseph nous prenait en haine, et nous rendait tout le mal que nous avons fait ! Et ils firent dire à Joseph : Ton père a donné cet ordre avant de mourir : Vous parlerez ainsi à Joseph : Oh ! pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal ! Pardonne maintenant le péché des serviteurs du Dieu de ton père ! Joseph pleura, en entendant ces paroles. Ses frères vinrent eux-mêmes se prosterner devant lui, et ils dirent : Nous sommes tes serviteurs. Joseph leur dit : Soyez sans crainte ; car suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte : je vous entretiendrai, vous et vos enfants. Et il les consola, en parlant à leur cœur. À notre époque de mondialisation, chacun peut être appelé à quitter son pays pour se rendre ailleurs, puis à revenir ; chacun peut vivre une double mission : visà-vis de ceux qui lui sont proches par l’origine, et visà-vis de ceux que la vie, Dieu ou le destin proposent comme nouveaux proches. Dans cette perspective le patriarche Joseph fait figure de précurseur, car son exil forcé lui a permis d’exercer une mission vis-à-vis de l’Égypte puis de sa propre famille. Vendu par ses frères, Joseph arriva dans ce pays où, après maintes péripéties, il devint le ministre de Pharaon. Il sauva le peuple de la famine, grâce à son intelligence et à son charisme d’interprète des songes, qui lui permirent d’organiser la conservation des récoltes. Puis il sauva sa propre famille, mais non sans ce don spirituel particulier qui lui rendit possible l’effacement de la faute de ses frères. Alors toute la famille de Jacob reçut également de la nourriture. « Un peuple nombreux fut sauvé » De Joseph retenons aussi que c’est un homme qui pleure. Ces larmes sont universelles, elles nous parlent de la condition humaine en ce qu’elle a d’unique, audelà des cultures et des appartenances. Larmes de douleur, d’exil, pleurs sur le mal subi et sur le mal commis. Les larmes sont un don spirituel, elles ont une mission humanisante. Ce peut être comme une source originelle où nous sommes invités à nous retremper, à faire mémoire que nous sommes une et même humanité, si petite devant le Créateur et Père ! Nous prions pour tous ceux qui se mettent en route et en mission dans toutes les Églises d’ici et d’ailleurs. (Méditation et prière à retrouver chaque jeudi sur notre site, www.defap.fr) Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux !... Et qui n’avait pas une pierre où poser la tête. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !... Et qui a pleuré devant la tombe de son ami. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux les humbles, car eux hériteront la terre !... Et qui s’est agenouillé devant ses disciples pour leur laver les pieds. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car eux seront rassasiés !... Et qui a touché le lépreux pour protester contre son rejet. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux les miséricordieux, car à eux il sera fait miséricorde !... Et qui a arrêté les religieux qui voulaient lapider la femme adultère. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu !... Et qui a laissé une femme verser un parfum de grand prix sur ses pieds. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux les artisans de paix, car eux seront appelés fils de Dieu !... Et qui a refusé de se défendre lorsqu’on est venu l’arrêter. Je crois en l’homme qui a dit :  Heureux les persécutés à cause de la justice, car le Royaume des Cieux est à eux !... Et qui a été injustement condamné et crucifié. Je crois que cet homme  est vivant par son Esprit et qu’il nous appelle à vivre dans l’esprit des Béatitudes. Amen Antoine Nouis, La galette et la cruche, tome 3, p. 108, Édition Olivétan N° 18 - octobre 2018 // 7

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Livres par Valérie Thorin Violence et beauté Premier roman d’Yvonne Adhiambo Owuor, notamment récompensé en 2015 par le « Jomo Kenyatta Prize for Literature », la plus haute récompense littéraire kenyane, La maison du bout des voyages est un roman poétique, mais qui dresse un portrait sans concession du Kenya, pays à facettes multiples et peuples divers. Récit des violences terribles qui ont marqué l’histoire, mais aussi de certains moments de grâce et de beauté sauvage, ce premier roman est passionnant et son auteur, une femme à suivre. Yvonne ADhIAMBO OwUOR, La maison au bout des voyages, Actes Sud, 448 p.s, 23 € / 16,99 € l’édition numérique Aller les uns vers les autres Une sage-femme noire, un couple de suprématistes blancs, une avocate… Le point de rencontre de ces trois destins est un événement tragique : la mort du premier enfant de Turk et Britanny, que Ruth est accusée d’avoir tué. La couleur de sa peau ne la condamne-t-elle pas d’avance ? Le grand « mal américain » du racisme, qui touche d’ailleurs tout l’Occident et par conséquent, concerne chacun d’entre nous, est évoqué avec maestria par Jodi Picoult dans ce vaste roman, qui se lit comme une chronique à rebondissements. Jodi PICOULT, Mille petits riens, Éditions Actes Sud, 208 pages, 23,50 € / 17,99 € l’édition numérique. Rendez-vous sur le site du Défap : www.defap.fr ou par mail : courrierdeslecteurs@defap.fr trimesstriel La lettre du www.defap.fr Service protestant de Le Défap est le service protestant de mission de trois Églises : Église protestante unie de France (EPUdF), l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL), l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (UNEPREF). Textes et images © Defap sauf indication contraire Reproductions et traductions autorisées sur demande Publication gratuite - ISSN 2431-3629 Président du Défap : Joël Dautheville Directeur de publication : Jean-Luc Blanc Rédactrice en chef : Valérie Thorin Réalisation : J-M Bolle / Majuscules communication Imprimerie : Graph2000, Bd de l’Expansion - 61200 Argentan 02 32 43 43 43 www.defap.fr 102, boulevard Arago, F – 75014 Paris Tél. : 01 42 34 55 55 Jeannine Coffre Carnet Jeannine Coffre est décédée à Rouen, à la fondation Lamauve, le 13 février 2018. Après une carrière uniquement dédiée la mission, Jeannine s’était installée à Rouen, dans le quartier de son enfance, juste à côté de sa chère maison paroissiale de la rue de Buffon où elle se rendait si souvent… Elle vivait avec la nostalgie du voyage, et un très grand détachement pour toutes les possessions terrestres. Les trésors de sa vie étaient les livres et trois malles de fer (une par pays), où elle avait soigneusement rangé des écrits, des photos et quelques objets souvenirs de Tahiti, de Nouvelle-Calédonie et du Togo. Ces malles, trônant dans une chambre de maison de retraite, intriguaient beaucoup le personnel ! Quand (moi, l’une de ses nièces), voulant lui donner le sentiment d’être chez elle, je lui ai proposé d’accrocher quelques tableaux au mur, elle a refusé catégoriquement. Nous les avons juste posés, comme si elle n’était que de passage, prête à repartir. Quand je lui rendais visite à la fin de sa vie, la lecture d’un article sur la mission ou la Nouvelle-Calédonie lui donnait l’occasion de repartir dans ses souvenirs et de raconter. Jeannine aimait à enseigner la liberté de penser. Et avant même que cette question ne devienne cruciale dans notre pays, elle a su parler aux étrangers, s’intéresser et fraterniser avec eux. C’était un don, et sa démarche était naturelle et sincère. Et quand on lui demandait ce qui était important dans sa vie, elle répondait spontanément : la lecture, (elle lisait Le Monde tous les jours) et la prière ! 8 // Lettre du Défap - N° 18 - octobre 2018

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