Environnement Nouvelle-Calédonie 28 - 2018

 

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Le magazine de l'environnement en Nouvelle-Calédonie : Recherche, énergies, déchets, bâtiments et infrastructures, agriculture

Popular Pages


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ÉDITION 2018 / N°28 / 600 F Environnement Nouvelle-Calédonie ENERGIES RENOUVELABLES LE SOLAIRE COMPTE SUR SES MOUTONS TRANSPORT LE NÉOBUS ANNONCE SON ARRIVÉE BÂTIMENT LA HQE GAGNE DU TERRAIN KEA TRADER UN NAVIRE DANS LA TOURMENTE DOSSIER SPECIAL PACIFIQUE UN OCÉAN D’OPPORTUNITÉS AGRICULTURE LE BIO VS L’AGRICULTURE RESPONSABLE NEW ! FIND THE FULL MAGAZINE PROGRAM IN ENGLISH MILIEU MARIN CALÉDONIEN NOTRE ENVIRONNEMENT EXCEPTIONNEL GESTION DES DECHETS / MINES / FORMATION DURABLE / RECHERCHE…

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La Banque de Nouvelle Calédonie partenaire des talents calédoniens Suivez-nous BANQUE DE NOUVELLE CALÉDONIE SA au capital de 12 097 944 000 FCFP – RCS de Nouméa 74 B 047 688 – Ridet 047 688 001 – Siège social : 10 avenue du Maréchal Foch - BP L3 – 98 849 Nouméa Cedex – Nouvelle-Calédonie – intermédiaire en assurances – assurance professionnelle et garantie financière conformes aux articles Lp 512-6 et Lp 512-7 du Code des assurances. Tél : (687) 25 74 00 – Fax : (687) 27 41 47 – Courriel : contact@bnc.nc - Mai 2018

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Environnement Nouvelle-Calédonie 2018 - N°28 EDITO ÉDITEUR / PUBLICITÉ Sarl Azur Média Vanessa Guéroui Tél. : 77 37 32 Email : azurmedia@lagoon.nc Site : azurmedia-nc.com COORDINATION Marianne Page RÉDACTION Marianne Page, Noémie Debot-Ducloyer, Adeline Louault, Aude-Emilie Dorion, Marine Fouquet TRADUCTION Marianne Page MAQUETTE Feather Matthieu DUCAMP Tél : 97 37 63 PHOTOS DR, sauf mentions contraires Marianne Page, Adeline Louault IMPRESSION Imprimerie certifiée depuis 2009 Un avenir Pacifique l’heure où la Nouvelle-Calédonie va prendre des décisions qui engageront son avenir institutionnel, dans la continuité ou le renouveau, elle s’ancre plus profondément dans son environnement géographique. Les Calédoniens ont souvent tendance à l’oublier, ils sont entourés par un grand nombre d’états insulaires aux statuts différents : certains bénéficient de la pleine souveraineté, d’autres sont rattachés à une Nation proche ou lointaine. Membre à part entière du Forum des îles du Pacifique, depuis 2017, le territoire héberge aussi le siège de la CPS, organisation internationale réunissant 22 Etats et territoires anglophones et francophones de la région. En Nouvelle-Calédonie comme dans la grande région qui l’entoure, au cœur de la zone océanique la plus vaste du globe, les possibilités de développement sont loin d’être totalement explorées. Bassin émergent de l’innovation, le Pacifique intéresse de nouveaux investisseurs. Dans ce numéro, votre magazine Environnement consacre un dossier à ces opportunités d’investissement avec des exemples de réalisations dans des domaines tels que l’ingénierie ou le secteur bancaire. Vous y trouverez également les rubriques habituelles de votre magazine. Bonne lecture, Marianne Page 3

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SOMMAIRE ZOOM SUR… 12   12. L ’ADN environnemental, un nouvel outil de suivi de la biodiversité des cours d’eau calédoniens GESTION DE L’EAU   62. U n séparateur à hydrocarbure, une solution fiable et durable… 62   14. L es milieux marins néo-calédoniens : des environnements d’exception ?   22. L ’expédition Tara se penche sur nos récifs   24. U ne appli pour identifier les poissons comestibles   26. L ’ISEA, un grand pôle de sciences exactes dans le Pacifique   28. U ne thèse participative sur les raies manta   30. L es biotechnologies appliquées à la cosmétique   32. K ea Trader : un navire qui fait des vagues   35. L es remorqueurs mobilisés pendant plus de 8 mois DOSSIER SPÉCIAL PACIFIQUE 36   36. B NC : le service international sur mesure   38. S ’allier pour exporter son savoir-faire   40. L e Fonds Pacifique, un soutien à l’intégration régionale   42. U n vent d’innovation souffle sur le Pacifique   46. L a politique régionale discutée au sein du Forum  64. SOROCAL à Ducos, votre spécialiste assainissement... ÉNERGIES RENOUVELABLES 66   66. L a transition énergétique en marche   68. E nercal Energies Nouvelles : les grands projets se concrétisent   72. L ’habitat collectif autorisé à produire du solaire   48. L a CPS : 70 ans d’activité dans le Pacifique   50. L a CPS peut intervenir dans tous les secteurs, interview de Cameron Diver, directeur général adjoint de la CPS   58. L a Calédonienne des Eaux exporte son savoir-faire dans le Pacifique   74. D es moutons pour l’entretien du parc photovoltaïque   76. Y até aura sa ferme éolienne en 2019 BATIMENT   78. R éduire les impacts environnementaux avec la HQE 78 4

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SOMMAIRE   80. L e Médipôle de Koutio, un hôpital HQE   84. L e premier hôtel HQE d’Outre-mer FILIÈRE BOIS 90   90. F ilière bois : vers une amélioration de la qualité   98. A CGM, l’interlocuteur unique de votre projet bois FORMATION 108 108. Le Campus des Îles s’ouvre à l’international 112. A nova, un lycée éco-responsable 114. U n lycée écolo et ouvert au monde AGRICULTURE 116 116. L ’agriculture biologique : des valeurs universelles 123. Où acheter bio ? GESTION DES DÉCHETS 124 124. Adapter la collecte aux besoins spécifiques de chaque entreprise MINE 100 100. La SLN redresse la barre 102. Les jeunes d’Ouroué redonnent « bonne mine » au Plateau 118. Ils consomment bio 120. L’agriculture responsable, un gage de qualité 122. Pesticides sous surveillance TRANSPORT 104 104. Néobus : des villes en transition 128. Wallis-et-Futuna exporte ses déchets dangereux 130. Sofaplast - Cellocal : gros chantier de déconstruction pour EMC JEUX 134 106. Un premier charter en provenance de Chine RÉPERTOIRE DES ANNONCEURS 136 AB TERRASSEMENT SARL - Terrassement - Fosse - Assainissement - Tarière - Démolition - Enrochement Tél / Fax : 41 93 68 - Mob : 84 82 21 5

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BRÈVES Le compostage testé en habitat collectif Du 18 novembre 2017 au 31 janvier 2018, la Ville de Nouméa a lancé une opération de « compostage partagé en pied d’immeuble » destinée aux résidents d’habitat collectifs. P artant du constat que près de 50 % des Nouméens résident en habitat collectif, la Ville de Nouméa a lancé une opération pilote de compostage collectif en 2018, en faisant appel à des résidences volontaires. Depuis 2013, différentes actions sont ainsi mises en place en vue de développer la pratique du compostage pavillonnaire, dans le cadre du Programme local de prévention des déchets (PLPD). L’objectif de cette nouvelle opération, baptisée « compostage partagé », est de mobiliser des résidences afin de mettre en pratique le compostage collectif en pied d’immeuble et ainsi réduire les bio-déchets ménagers. Le but ? Alimenter et produire du compost à plusieurs voisins, chacun apportant ses épluchures et déchets verts et tous bénéficiant d’un compost à terme. La mise en œuvre opérationnelle du compostage partagé débutera au premier semestre 2018 avec 6 résidences pilotes. Les foyers des résidences participantes seront formés, équipés et accompagnés par la Ville de Nouméa. Le but est, à terme, de réduire le volume des ordures ménagères et des déchets verts collectés dans les grands ensembles résidentiels mais aussi de les valoriser au bénéfice des résidents. A l’image de ce qui se fait déjà en métropole, la Ville de Nouméa lance une opération pilote de valorisation des déchets en habitat collectif par le biais du compostage. La filière « déchets dangereux » en Nouvelle-Zélande En juillet dernier, une délégation calédonienne de 12 professionnels de la gestion des déchets s’est rendue en Nouvelle-Zélande pour étudier les filières de traitement des déchets dangereux. © INTEGRE CPS Une douzaine de professionnels calédoniens se sont rendus en Nouvelle-Zélande pour étudier la filière « déchets dangereux ». Sur le territoire, un important gisement de déchets toxiques ne bénéficie toujours pas de filières structurées ou de débouchés accessibles, si bien que l’équilibre économique des filières de collecte et de traitement des déchets reste précaire. Pour tenter d’y remédier, des représentants des trois Provinces, de la ville de Nouméa, de la direction de l’industrie, des mines et de l’énergie (DIMENC), de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-NC), de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), du SIVM de La Foa mais aussi du secteur privé (Trécodec, Acotred Pacifique, Socadis et Mésachimie) se sont rendus en Nouvelle-Zélande, du 24 au 28 Juillet 2017. Cette mission à l’initiative de la province Sud, avec l’appui du programme européen INTEGRE, a permis aux participants de rencontrer une trentaine de professionnels lors de 12 visites d’entreprise ou d’organismes de gestion des déchets dans l’île du Nord. Des visites de terrain ont été également organisées à Auckland, Wellington, Hastings et Napier. Les membres de la mission ont ainsi identifié une quinzaine de propositions susceptibles de faire progresser la prévention et la gestion des déchets dangereux en Nouvelle-Calédonie. Le bilan de la mission est consultable sur le site : http:// integre.spc.int/ 6

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Une centrale photovoltaïque avec stockage en 2018 La réalisation d’une nouvelle centrale photovoltaïque, construite et gérée par la société Quadran Pacific, a été autorisée par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. BRÈVES Surnommée « Boulouparis 2 », c’est une centrale avec stockage qui doit voit le jour, dès cette année, dans la plaine de Boulouparis. Le projet, qui avait été déposé au Gouvernement en août 2016, s’inscrit dans un cadre règlementaire. Cette 3e centrale de la société Quadran Pacific, filiale du groupe français Quadran, est « un projet d’envergure », selon son directeur, Cédric André : « on a le foncier, soit un terrain de 80 hectares, et le temps de réalisation sera limité. Le choix de Boulouparis s’est affirmé grâce à la présence d’un transformateur avec une très haute tension de 150 000 volts à proximité. Cette centrale rendra le prix de l’électricité très compétitif, même pour les métallurgistes. C’est une alternative au projet hydroélectrique de La Ouinné. » Avec plus de 18 ans de présence locale, via la société Aérowatt-NC et des réalisations dans le domaine de l’éolien, Quadran Pacific s’engage à présent dans le secteur solaire photovoltaïque en réalisant des projets d’énergie renouvelable. Cela va des études techniques au financement en passant par la construction et jusqu’à l’exploitation (lire la rubrique « énergie renouvelable »). © Quadran Pacific La nouvelle centrale « Boulouparis 2 » sera située à proximité de la plus grande centrale photovoltaïque locale, inaugurée l’an dernier et déjà en voie d’être détrônée. 7

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BRÈVES Gestion des déchets Calédoclean soutient l’environnement participatif © Facebook/ Calédoclean Le ramassage des déchets, comme ici à la Dumbéa avec Aventure Pulsion, fait partie des actions de Calédoclean. T hibaut Bizien, président de Calédoclean, est l’infatigable « monsieur Propre » de Nouvelle-Calédonie. Fondée en mai 2012, cette association soutient « toutes les actions liées à l’environnement et en particulier la collecte des déchets, mais c’est loin d’être sa seule action », précise son responsable. En bientôt 6 ans, la petite asso de bienfaiteurs de l’environnement a fait du chemin. Elle associe désormais volontiers ses actions avec celles d’autres associations, comme SOS Mangrove, le WWF, Mocamana ou encore les Vélos du Cœur. Côté nettoyage, plusieurs dizaines de tonnes de déchets ramassés sont à l’actif des bénévoles, de plus en plus nombreux à gonfler les rangs de Calédoclean de façon ponctuelle ou régulière. «  Lors de notre dernière sortie à la rivière de la Dumbéa, avec une quinzaine de bénévoles, on a pu récolter plus d’une tonne et demi de déchets sur à peine quelques kilomètres », confie Thibaut Bizien. Au total, la quinzaine de volontaires a pu collecter plus d’une tonne et demi de déchets sur seulement quelques km de rivière. Dernier appel en date : développer une pépinière destinée à reboiser les zones ravagées par les gros incendies de l’été avec des plants apportés par des particuliers. Et nul besoin de faire partie de l’association pour participer à ce geste éco-citoyen. Quand la lumière de Dieu provient des énergies renouvelables A près l’archevêché de Nouméa, équipé en novembre 2017, c’est au tour de la paroisse du Cœur immaculé de Marie, aussi appelée église du Vœu, à Nouméa, de se doter de 36 panneaux photovoltaïques. Les travaux viennent de commencer. Installés sur le toit de la maison commune, qui abrite des bureaux et des salles de classes pour le catéchisme, ils permettront de réduire la dépense d’électricité de l’église et du foyer. Le Père Pierre, qui officie à l’église du Vœu, a reçu l’appui des paroissiens pour les démarches administratives auprès d’EEC et des organismes agréés pour la réalisation des dossiers techniques. Le prêtre appelle également les fidèles à participer au financement du projet par l’intermédiaire de dons. Fidèle aux prescriptions du pape François qui, dans son encyclique Laudato si, demande aux fidèles d’agir pour préserver la planète, le diocèse de Nouméa entend poursuivre ce type d’installations dans le plus grand nombre de paroisses. © A. Louault Attenant à l’Eglise, le bâtiment paroissial du Vœu verra prochainement son toit équipé de panneaux photovoltaïques. 8

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BRÈVES La BNC s’implique dans l’environnement L a Banque de Nouvelle-Calédonie est l’une des première banque du territoire à s’être impliquée dans l’environnement en réalisant son propre bilan carbone. « Chaque année, depuis près de 10 ans, nous livrons à nos actionnaires les données de notre consommation d’électri- cité, de carburant ou encore de billets d’avion. Nous faisons en sorte d’être respectueux des limites normée car nous avons un engagement moral vis-à-vis de nos partenaires et de nos actionnaires », explique André Simon, Directeur de la Communication et des relations ins- titutionnelles. Par ailleurs, cette banque locale participe au financement de nombreux projets de développement durable en Nouvelle-Calé- donie, comme l’hôtel Gondwana, le premier hôtel certifié HQE d’Outre-mer, ou encore les investissements de la société Quadran Paci- fic : la ferme photovoltaïque Boulouparis 2 et le parc éolien Eole Yaté dont les travaux viennent de démarrer. Ces projets sont tous présentés dans les pages de votre magazine Environnement. © MP La BNC a été la première banque locale à comptabiliser son propre bilan carbone. 9

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BRÈVES Parutions Un accompagnement linguistique pour les fermiers bio Dans le cadre du projet européen INTEGRE, coordonné par la Communauté du Pacifique (CPS),  le Centre de ressources en langues (CRL) de l’Université de Nouvelle-Calédonie (UNC) a développé des produits de communication bilingues (français-anglais), adaptés aux besoins professionnels du réseau des fermiers bio dans les Pays et territoires d’outre-mer (PTOM). Le projet d’accompagnement linguistique vise à appuyer l’intégration des PTOM francophones dans la région du Pacifique majoritairement anglophone. Il s’adresse ainsi aux agriculteurs de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna. Le kit pratique de communication réalisé par le CRL, en partenariat avec la Chambre d‘agriculture de Nouvelle-Calédonie (CANC) et l’association Biocaledonia, est constitué de deux supports bilingues reprenant les situations socioprofessionnelles les plus courantes : un cahier de 16 fiches de vocabulaire avec des exemples de phrases types (sur les fruits et légumes, les semences et les plants, la labélisation, etc.) associé à une application web pour la partie audio et vidéo. Il sera présent en libre accès sur les sites web des contributeurs (UNC, CANC, Biocaledonia, CPS). Le guide d’identification des macrosinvertébrés des cours d’eau de NouvelleCalédonie vient d’être mis à jour. Le cahier de 16 fiches bilingues est associé à une application web. Des macro-invertébrés indices de la qualité de l’eau Les macro-invertébrés benthiques des rivières de Nouvelle-Calédonie sont étudiés depuis près de deux décennies. Ces organismes, principalement des larves d’insectes, qui vivent sur le lit du cours d’eau, sont réputés à travers le monde pour être de bons indicateurs de la qualité de l’eau. Les espèces sensibles disparaissent quand la qualité du milieu se dégrade (pollutions organiques, matières en suspension, substances chimiques), ou bien elles se multiplient, quand la qualité de l’eau est bonne. Leur durée de vie est suffisamment longue pour intégrer les perturbations de leur milieu (quelques semaines à quelques mois). Ils sont relativement sédentaires, diversifiés et abondants pour que leur étude soit significative. Leur examen sur le territoire repose sur l’utilisation de deux guides locaux : le guide méthodologique et technique de mise en œuvre des indices biotiques ainsi que le guide d’identification des macros-invertébrés des cours d’eau de Nouvelle-Calédonie. La mise à jour de ce dernier vient d’être financée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Le premier guide d’identification a été réalisé en 2000 sur la base des connaissances acquises à partir de 1996 et permet d’identifier la faune des cours d’eau grâce aux clefs d’identification et aux schémas proposés. La version révisée du guide de 2017 intègre 80 pages de plus. Il sera distribué sous format papier ou proposé en téléchargement sur le site de la DAVAR à tous les organismes ou acteurs concernés. 8106

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biodiversité Connaître pour comprendre Comprendre pour décider déCider pour agir et améliorer PôLE HYDRObIOLOGIE • Suivi physico-chimique. • Suivi biologique, inventaires & bio-indicateurs : poissons, invertébrés, diatomées. • Gestion Intégrée de la Ressource en Eau (GIRE). • Réhabilitation écologique des cours d’eau. PôLE cOnsERvatIOn • Diagnostic et plan de gestion environnementaux. • Planification & stratégie biodiversité. • Gestion des Espèces Exotiques Envahissantes. • Economie de l’environnement : services écosystémiques, mécanismes financiers. PôLE R&D • Développement d’outils de bioindication (diatomées, diagnose rapide des plans d’eau…). • Programmes visant à améliorer la compréhension du fonctionnement des socio-écosystèmes. Faisabilité Conception Construction Réalisation Exploitation Réhabilitation « Notre devise, vous assurer un service clef en main » « Nos clients : aménageurs publics ou privés, industriels, miniers mais aussi collectivités et institutions » « A chaque métier un chef de projet qualifié & expérimenté. » « La communication et la concertation garants de l’acceptabilité de tout projet » Permitting éviter, réduire, réhabiliter,Compenser dans le cadre d’une approche environ -nementale intégrée • Faisabilité environnementale et réglementaire. • Étude d’impact. • Demande d’Autorisation Environnementales : Défrichement, Ecosystème, Espèce protégée. • Demande d’occupation du Domaine Public Maritime. • Demande d’autorisation d’exploitation : Installations Classées, carrières. • Déclaration d’Utilité Publique, Mise en Compatibilité des PUD. • Études d’impact sanitaires. • Bilan Carbone. • Étude de danger. • Concertation et communication avec le grand public. • Plans de compensation • Pilotage environnemental « Chantier Vert » (phase chantier et exploitation). 7 bis rue Suffren - Immeuble Le Kariba 98800 Nouméa - Tél : (687) 25 04 88 bioeko@bioeko.nc - www.bioeko.nc Référents Bio Eko : Emmanuelle Ruet-Garioud Yannick Dominique

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ZOOM SUR… L’ADN environnemental, un nouvel outil de suivi de la biodiversité des cours d’eau calédoniens La biodiversité de notre archipel le rend unique sur le plan international. Une singularité qui s’exprime tant au sein des écosystèmes terrestres (massifs forestiers, maquis miniers) que dans les milieux aquatiques calédoniens (lagon, plan d’eau et cours d’eau). Parce qu’elle est menacée depuis plusieurs décennies par le développement des activités humaines (activité minière, artificialisation des paysages, feux de forêts, introduction d’espèces exotiques envahissantes,…), il devient donc urgent de disposer des outils les plus adaptés pour assurer la conservation de cette richesse. 12

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ZOOM SUR… La pêche électrique Méthode la plus utilisée pour réaliser l’inventaire des populations de poissons en eau douce, elle consiste à envoyer une décharge électrique dans le cours d’eau. Cette décharge va agir sur les poissons en les forçant à nager vers l’appareil à l’origine de la décharge. Les poissons plus petits seront paralysés et tomberont sur le fond. Dans nos eaux peu minéralisées, la faible conductivité réduit l’efficacité de cette approche qui montre ses limites notamment lorsque la profondeur du cours d’eau augmente (> 1 m). Les poissons peuplant les cours d’eau de l’archipel font partis des ces espèces compliquées à détecter et à suivre. A l’heure actuelle, l’inventaire de cette composante de la biodiversité calédonienne se fait à l’aide de pêche électrique (cf. encadré) ou au travers d’observations en PMT*. Ces techniques ont chacune leurs limites et donnent des résultats loin d’être satisfaisants, notamment pour les espèces rares ou les espèces cryptiques**. Il y a plus d’une dizaine d’années maintenant, l’idée d’utiliser l’ADN que les espèces laissent derrière elles (ADN environnemental ou ADNe) pour les inventorier a vu le jour au sein de plusieurs laboratoires de recherche. En particulier, celui d’Ecologie Alpine (CNRS – Université Grenoble Alpes – Université Savoie Mont Blanc) et la Start up Spygen, société de biotechnologie issue de ce laboratoire, qui font aujourd’hui figure de référence dans le développement des méthodes de suivi de la biodiversité à l’aide de l’ADNe. En captant les fragments d’ADNe laissés par les différentes espèces dans leur milieu, ces outils d’écologie moléculaire se prêtent relativement bien à la détection et au suivi des espèces aquatiques. Car contrairement aux fragments laissés dans les sols, l’ADNe se dégrade rapidement dans le milieu aquatique. Ainsi, sa présence traduit le passage récent d’une espèce et non un passage plus ancien. Il suffit donc de récupérer de l’eau et d’analyser les traces d’ADNe présentes pour dresser un inventaire de la biodiversité de l’échantillon en laboratoire. Simple en théorie, la mise en pratique de cette technologie nécessite néanmoins quelques précautions pour prélever proprement les échantillons d’eau et éviter toute contamination avec des traces d’ADNe venant d’ailleurs. Actuellement, inventorier de manière efficiente la biodiversité des communautés de poissons des eaux douces calédoniennes n’est pas sans difficul- Dans les laboratoires de Spygen, les échantillons sont analysés grâce à des techniques d’extraction, d’amplification et de séquençage du matériel génétique spécifique de groupe taxonomique ciblé dont on veut détecter la présence. Les fragments d’ADN sont récoltés dans le milieu par filtration de l’eau au travers d’un filtre à maille très fine (0,45µm). *PMT : palmes – masque - tuba **Cryptique : des espèces cryptiques sont des espèces distinctes mais qui présentent une telle similarité morphologique qu’elles en demeurent difficiles à dissocier. tés. Aussi, Bio eKo Consultants s’est rapproché de Spygen, en 2016, afin d’adapter cette technologie sur le territoire. Soutenu par un financement du CNRT Nickel et son Environnement, le consortium a lancé, en 2017, un programme pour développer un nouvel outil de suivi de la biodiversité des poissons des eaux douces calédoniennes basé sur l’ADNe. Pendant 18 mois, les consultants travailleront à la définition du protocole d’échantillonnage de l’ADNe dans les cours d’eau calédoniens (quels paramètres d’échantillonnage, quels outils,…). Il s’agira également de séquencer l’ADN des poissons calédoniens afin d’établir la banque de référence nécessaire pour identifier les espèces des cours d’eau à travers leur ADNe. In fine, ce programme permettra de disposer d’un nouvel outil de monitoring pour détecter et suivre de manière efficiente les communautés de poissons des cours d’eau calédoniens. Plus largement, les résultats compléteront ceux des études en cours sur l’utilisation des outils d’écologie moléculaire dans le suivi de la biodiversité. 13

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ZOOM SUR… Les milieux marins néo-calédoniens : des environnements d’exception ? Les espaces marins néo-calédoniens ont été pris comme « cas d’école » par l’Institut Français de la Mer pour traiter de la question « 11.000.000 km2, pour quoi faire ? ». L’océanologue Lionel Loubersac, directeur d’Océan Avenir NC et manager du Cluster Maritime NC, présente les principaux atouts qui font des milieux marins néo-calédoniens des environnements d’exception. 14

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ZOOM SUR… La géo-diversité sous-marine La carte ci-dessous, présente l’extension et la topographie des fonds de la ZEE Calédonienne. L’océanologue Lionel Loubersac, directeur d’Océan Avenir NC et manager du Cluster Maritime NC. On y découvre : > Une fosse, zone de chevauchement de la plaque tectonique australienne et de la plaque Pacifique. > D eux volcans actifs émergés : Matthew et Hunter > Une dorsale océanique vraisemblable, siège d’activité hydrothermale (seul site de ce type avec la dorsale de la ZEE de Wallis & Futuna à caractériser la ZEE nationale), Synthèse des données bathymétriques notamment acquises dans le cadre du programme ZoNeCo par l’Ifremer, le SHOM et l’IRD et réalisée par la DTSI. Les espaces marins et leur hydrographie Quelques chiffres spécifient nos espaces marins : > Surface ZEE : 1.422.596 km2 (14% de la ZEE nationale) > Surface terres émergées : 19.332 km2 > Linéaire côtier : 3473 km > Surface du lagon de la Grande Terre : 23.400 km2 (plus grand lagon du monde) > Surface cumulée des récifs éloignés (Bellona, Chesterfield, d’Entrecasteaux, Pétrie, Astrolabe) : 16.100 km2 > Longueur de la Grande Barrière corallienne calédonienne : 1.600 km (seconde barrière au monde et la première véritablement continue) > P rofondeur maximale dans la fosse des Nouvelles-Hébrides : -7.570 m, (zone la plus profonde de toute la ZEE nationale). > 150 reliefs sous-marins de plus de 1.000 m de hauteur, (13% de la superficie de la ZEE), dont une quarantaine dépassent 2.500 m > Epaisseur des sédiments dans le bassin Ouest calédonien : plus de 7.000 m. 15

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