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Bimestriel - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 N°92 Lumières Spirituelles {Lumière sur Lumière, Dieu guide à Sa Lumière qui (Il) veut.}(35/24) DIALOGUE de L’IMAM ar-RIDÂ(p) avec les Chrétiens LA PIERRE NOIRE PARLE À l’Imam as-Sajjâd(p) SUR LES TRACES d’AHL al-KAHF(p) en Jordanie (2) 8e CONCOURS SUR LE NAHJ al-Balâgha 1439 L’HÉROÏSME DU PEUPLE www.lumieres-spirituelles.net - Fb: lumieres spirituelles - Telegram: @baa_fr yéménite ! 1

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S O M M A I R E du N°92 Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 3 - Éditorial 4 - La Prière De la pureté de l’intention (2-2) 6 - Le Coran  Sourate al-‘Âdiyât (100) Les Coursiers (4) 8 - La relation avec l’Imam(qa) Al-Mahdi(qa), présent parmi nous (2) 9 - L’invocation du dimanche 10 - Connaître Dieu par la connaissance de Son Imam(p) (3) 11 - La Voie de l’Éloquence 11-Le contentement de soi et l’avidité 12-8e concours sur le Nahj al-Balâgha 1439 13 - Méditer sur une photo composée L’homme et la nature 14 - Notre réelle Demeure Les trois « jours/lieux » de l’homme (4) 15 - Des états spirituels Sur le chemin du Hajj 16 - Méditer sur l’Actualité 16-L’héroïsme du peuple yéménite 18-La victoire dans le suivi du Coran 18 - Le Bon Geste Utiliser le siwâk p13 L’homme et la nature 19 - Expces Spirituelles des Infaillibles(p) La pierre noire parle à l’Imam as-Sajjâd(p) 20 - Exemples des grands savants Sayyed ‘Alî al-Qâdî face à la pauvreté 21 - La Bonne Action La prière du dernier jour de Dhû al-Hujjah 22 - Notre Santé 22-Le fanatisme - 1-Définition (2) 24-Les sauterelles (al-jarâdat) 25-La bouche - ce qui la bonifie (1-4) 26 - Les Lieux Saints Sur les traces d’Ahl al-Kahf(p) en Jordanie 28 - Entretien avec l’Imam ar-Ridâ(p) Le dialogue avec les Chrétiens 30 - Expces Spirituelles des autres Le shintoïsme au Japon 31 - Le Courrier du lecteur Que signifie la station de l’Imamat ? 32 - Le Livre du Mois «Connaître le soleil de l’Imâmat» d’Ansarî 34 - Le sommaire des sommaires 35-Petits mots de lecteurs 36 - Le Coin Notes p26 Sur les traces d’Ahl al-Kahf(p) en Jordanie p19 La pierre noire parle à l’Imam as-Sajjâd(p) ! p28 Le dialogue de l’Imam arRidâ(p) avec les Chrétiens 2 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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ÉDITORIAL Les dix jours de la Noblesse (al-Karâmah) de l’homme ! Nous voici arrivés au mois de Dhû al-Qa‘deh, le premier des trois mois sacrés qui se suivent, avec ses dix premiers jours qui ont été appelés les « Dix jours de la Noblesse (al-Karamah) de l’homme ! ». Sans doute cette appellation est en référence à la naissance de sayyidah Fâtimah al-Ma‘sûmah(p) (la sœur de l’Imam ar-Ridâ(p)), le 1er de ce mois, et celle de l’Imam arRidâ(p), le 11e jour de ce mois. Ils(p) nous ont appris la noblesse, la dignité, en défendant l’Esprit authentique de l’Islam, par leur pratique, leur dialogue avec tous, leur sagesse, leur morale. Ils(p) se référaient à l’Unicité et à la Justice divines dont ils étaient une des plus parfaites manifestations sur terre, nous montrant la nécessité de rester attachés à la Révélation divine et à la Lieu-tenance divine sur terre représentée par l’Imam de la descendance du Prophète Mohammed(s) après lui(s). Profitons de cette occasion pour faire plus ample connaissance d’eux, nous inspirer d’eux dans notre vie quotidienne et montrer au monde entier le véritable visage de paix et de justice de l’Islam, malgré toutes les tentatives des impies de vouloir éteindre la Lumière de Dieu. Pendant que l’Imam ar-Ridâ(p) était dans la cour d’al-Ma’mûn, il(p) ne se préoccupait pas des richesses apparentes, mais de comment profiter de cette situation pour faire passer le message de la guidance à toute nation islamique, notamment à l’adresse de ces pays nouvellement convertis ou conquis, qui ne connaissaient de l’Islam que ce que les califes/rois leur avaient indiqué. A nous de faire de même, en profitant des moyens à notre disposition, pour, fermes dans notre foi et nous remettant totalement à Dieu, défendre les vraies valeurs de l’Islam – à l’instar du peuple yéménite, qui, armé de sa foi en Dieu et de sa confiance en Lui, résiste avec héroïsme aux agressions arrogantes des grandes puissances. Le mois de Dhû al-Hujjah est riche en commémorations d’évènements qui nous rappellent la voie à suivre : le grand rassemblement annuel des Musulmans du monde entier au Hajj, le 10 ce mois ; le Jour de la Fraternisation et de l’Allégeance au Lieu-tenant de Dieu sur terre – l’Imam al-Mahdî(qa) – le Jour d’al-Ghadîr ; le Défi lancé aux Chrétiens, distinguant ceux qui recherchent la Vérité derrière le Prophète ‘Issa(p) (Jésus) et ceux qui, égarés, cherchent les biens éphémères de ce monde – le Jour d’al-Mubahalah.  N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 3

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A propos de la pureté (de l’intention) (2-2) (explications) Le propos du Messager de Dieu(s) montre que c’est l’intention qui détermine la finalité de l’émigration. •Si l’intention est vers Dieu (et son Messager(s), ce qui revient à Lui), alors son émigration a lieu vers Lui. •Si elle est vers ce bas-monde (pour acquérir de ses biens) ou vers une femme (pour s’unir à elle), alors son émigration a lieu vers ce qui a été désiré. Puis l’imam al-Khomeynî(qs), s’appuyant sur un verset coranique qu’il cite, parle de deux types d’émigration : 1)celle formelle, physique : expression d’un déplacement d’un lieu à un autre, comme aller chez le Messager de Dieu(s) de son vivant ou comme changer de milieu (d’un milieu corrompu à un autre croyant) ; 2)celle morale, intérieure : à l’heure actuelle, le Messager de Dieu(s) n’est plus parmi nous. Donc nous émigrons vers lui(p) par nos cœurs. Le point de départ de ce voyage est la maison obscure de l’âme – la sortie de l’âme avec comme but Dieu Tout-Puissant. A partir de cette supposition, l’imam al-Khomeynî(qs) déduit ce qui est sans doute le plus important paragraphe de ce livre et qui doit être présent dans notre esprit tout au long de notre vie. Il y a d’un côté, une recherche sincère de Dieu. Alors doivent s’effacer, disparaître toute trace du « moi ». Dans ce cas, la récompense incombe à Dieu. Et de l’autre, si le pèlerin prétend la recherche sincère de Dieu mais se voit lui-même arriver dans la proximité de Dieu, ou aspire à se voir luimême parmi les Proches Elus de Dieu, alors son intention n’est pas pure. Ce n’est pas une intention pure (ce n’est pas l’« ikhlâs »). Il n’est pas sorti de la maison de son âme. Il n’a fait que voyager à l’intérieur de son âme. Et même s’il a acquis certaines perfections de l’âme, il n’a pas émigré vers Dieu. Viennent deux questions : 1)La première : l’être humain peut-il découvrir de lui-même s’il émigre vers Dieu ou s’il ne fait que se déplacer à l’intérieur de la maison de son âme ? R. : Oui, il le peut et il n’est pas difficile de le découvrir. Dès que l’individu se pose lui-même (son âme) devant lui et s’interroge sur ce qu’il veut réellement, se déclarant être prêt à lutter contre son âme (le jihâd al-akbar), la vérité ne peut qu’apparaître avec l’aide de Dieu. Dieu Tout-Puissant dit, dans Son noble Livre : {Au contraire ! L’homme est clairvoyant par rapport à lui-même.}(14/75 al-Qiyâmah) Il est impossible que quelqu’un qui veut connaître ce qu’il y a en lui ne le sache pas. Il sait ce qu’il veut. S’il est sincère, il ne peut que le découvrir.. 2)La seconde : peut-on éviter le voyage à l’intérieur de l’âme quand on veut émigrer vers Dieu ? R. : La réponse sera donnée la prochaine fois. 4 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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L A P R I È R E  l’ascension vers Dieu C/Règles de conduite concernant des éléments de la prière Des règles de conduite concernant l’intention 2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (2) Nous sommes en train de voir une des règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes pour l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention. Selon ce qui a été rapporté, le Messager de Dieu(s) dit : « A chacun selon son intention. Ainsi, l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers Dieu et Son Messager, est vers Dieu et Son Messager. Alors que l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers ce bas-monde en vue de l’atteindre ou vers une femme en vue de l’épouser, est vers ce vers quoi il a émigré. » [Dieu] (qu’il soit Glorifié) dit : {Et à celui qui sort de sa maison émigrant vers Dieu et vers Son Messager, que la mort atteint, la récompense incombe à Dieu.}(100/4 Les Femmes) Peut-être que ce verset béni concerne l’ensemble des niveaux de la pureté d’intention : •l’un deux étant l’émigration formelle, physique. Si cette émigration n’a pas eu lieu, pure pour Dieu et Son Messager, même !, si elle était pour les plaisirs(1) de l’âme, elle n’était pas une émigration vers Dieu et Son Messager. Cela est le niveau de la pureté d’intention, formel, juridique. •l’autre est l’émigration morale, le voyage intérieur. Il a pour point de départ la maison ténébreuse de l’âme et pour but Dieu (qu’Il soit Exalté) et Son Messager(s) – ce qui revient à Dieu aussi, parce que le Messager, en tant que Messager, n’a pas de dépendance. Même ! Il est un Signe, un Miroir, un Représentant. L’émigration vers lui(s) est une émigration vers Dieu (l’amour pour un particulier/élu de Dieu étant l’amour pour Dieu) –. Le sens du noble verset déduit selon cette supposition est : •à celui qui a émigré de l’émigra- tion morale, •qui a voyagé du voyage du cœur, de la connaissance spirituelle (gnostique), •qui est sorti de la maison de l’âme et de la demeure de l’égoïsme •et qui a émigré vers Dieu sans vision de lui-même, de son âme et de sa structure, la récompense incombe à Dieu (qu’Il soit Exalté). Et si le pèlerin demande, dans son cheminement vers Dieu, un plaisir(1) de l’âme, même si c’est pour atteindre les stations, pour atteindre la Proximité de Dieu, dans le sens qu’il (son âme) arrive à Dieu, alors ce cheminement n’est pas un cheminement vers Dieu ! Il n’est pas sorti de la maison ! Il a voyagé à l’intérieur de la maison, d’un pilier à un autre, d’un coin à un autre. Ainsi, le voyage dans les niveaux de l’âme pour atteindre les perfections de l’âme n’est pas un voyage vers Dieu, mais un voyage de l’âme vers l’âme. d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-sSalât de l’Imam al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III – Chap.2 (pp172-173) (1)En arabe « hazh », pl. « huzhûzh » = part, chance de façon générale, plaisir ou jouissance (de l’âme). *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ». Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : que l’intention de l’acte soit exclusivement pour Dieu. Si c’est pour autre chose, le voyage n’est pas vers Dieu, mais de l’âme vers l’âme. N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 5

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L E C O R A N réfléchir sur les versets Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100 (4) ‫سورة العاديات‬ ‫ِب ْسِم الَّلِالَّر ْ َح ِن الَّر ِحيِم‬ Bi-smi-llâhi arRahmâni ar-Rahîmi, Par le Nom de Dieu, le ToutMiséricordieux, le Très-Miséricordieux, )1(‫َوالَْعاِديَا ِت َضبْ ًحا‬ ))32()(‫ا‬4‫ففََفَاأَاْلثَُْلُِْغرويَِنرَريَِبااِهِِتتنَقُْقَصًعْدبْا(ًًححا‬ )5(‫فََو َس ْط َن ِب ِه َ ْج ًعا‬ Wa-l-‘âdiyâti dabhâ, fa-l- mûriyâti qad’hâ, fa-l-mughîrâti subha, fa-atharna bihi naq‘ann, fa-wasatna bihi jam‘ann Par les coursiers rapides et haletants(1) qui font jaillir des étincelles,(2) puis qui attaquent au matin,(3) puis font voler la poussière,(4) puis pénètrent au centre de la troupe !(5) ‫إَِّن اْلِن َساَن لَِرِبّ ِه‬ ‫َعلَى‬ ‫َوإَِنّ ُه‬ ‫)ُه‬7ّ‫ه)يٌدَو(إَِن‬6ِ (‫لََذلَِكُنَكولٌَدَش‬ )8(‫ِ ُل ِّباْ َلْ ِيلَ َش ِديٌد‬ Inna-l-insâna li-rabbihi lakanûdunn wa innahu ‘alâ dhâlika lashahîdunn wa innahu li-hubbil-khayri lashadîdunn Reprise de la sourate, verset par verset, (en nous aidant des interprétations de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzân », de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm », de docteur Mahmoud Bostani dans « at-Tafsîr al-binâ’î lil-Qurân al-karîm », de shahîd al-Mutaharî dans son « Drûs min al-Qurân » (pp89-92), de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân »). Quant à l’interrogation réprobatrice. A-fa-lâ ya‘lamu idhâ bu‘thira mâ fî-l-qubûri )9(‫أَفََل يَ ْعلَُم إَِذا ُب ْعِث َر َما ِف الْقُُبو ِر‬ t« A-fa-lâ » : « a » particule d’interrogation = est-ce que ? ; « fa » lié à « idhâ » = alors ; « lâ » particule de négation = ne.. pas. Donc une interrogation de protestation. t« ya‘lamu … inna » : verbe « ‘alima » (qui signifie de façon fondamentale la présence et la compréhension de toute une chose), à la 3e p.s. au présent (mudârâ‘), complété par la particule « in » ou « inna » selon que la phrase qui suit est verbale ou nominale = ne sait-il pas que.. ? t« idhâ .. fa » : particule qui introduit le moment où va arriver ce qui suit. Si la réponse est une phrase nominale ou commence par un impératif ou une particule, elle est précédée de la particule « fa » = lorsque, quand, si.. alors t« bu‘thira » : verbe « ba‘thara » (mettre en désordre, disperser, renverser sens dessus dessous) à la 3e p.m.s. à la forme passive (majhûl), le sujet apparent étant « mâ » = être renversé, bouleversé. t« mâ fî » : « mâ » pronom relatif, d’habitude employé pour les choses (ce que, ce qui).  Et « fî » préposition indiquant le lieu ou le temps (dans, durant) = ce qu’il y a dans. Mais pourquoi avoir utilisé le pronom relatif employé pour les choses alors que le sens vise les morts ? Est-ce parce qu’il n’y est fait allusion qu’aux corps, bien que la résurrection ait lieu de corps et d’esprit ? t« al-qubûri » : pluriel du nom « qabr » = les tombes. Le bouleversement des tombes signifie la résurrection des morts et leur sortie des tombes. Et cette allusion aux tombes ne veut pas dire que ceux qui n’ont pas de tombe ne seront pas ressuscités. L’homme ne sait-il pas qu’il va être ressuscité, que le contenu des tombes va sortir ? wa hussila mâ fî-s-sudûri )10(‫َو ُح ِّص َل َما ِف ال ُّصُدو ِر‬ t« hussila » : 2e forme dérivée du verbe « hasala » (à l’origine pour l’extraction du cœur de l’écorce, celle des métaux et leur purification, puis, de façon absolue, extraire, séparer, avoir lieu, surgir, arriver pour un évènement), à la 3e p.m.s. à la forme passive (majhûl), le sujet apparent étant « mâ » = être tiré, extrait. t« as-sudûri » : pluriel du nom « sadr » (la poitrine qui renferme le cœur (centre de la vie) et qui le contient (que ce soit du point de vue matériel ou spirituel)) = les poitrines. Pourquoi ce mot ici et non pas par exemple l’âme, le cœur, l’esprit ? Pourquoi parler de façon générale des « poitrines des gens » ? De même, l’homme ne sait-il pas que ce qui est en son for intérieur va apparaître au grand jour ? Que va être séparé le bien du mal, la foi de l’incroyance, les vertus des vices. Ce Jour-là, tout sera bien distinct et apparent. Et ne sait-il pas ce qui va arriver alors, ce qui l’attend ? La rétribution des actes de chacun ! 6 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100 (4) ‫سورة العاديات‬ inna rabbahum bihim yawma’idhinn la-khabîrunn )11(‫إَِّن َرَبّ ُهم ِب ِهمْ يَْوَمِئ ٍذ َّ َلِبيٌر‬ t« rabba-hum » : (vu plus haut) = leur Seigneur. Il se termine par un « a » (mansûb) à cause de « inna ». t« bi-him » : « bi- » particule introduite par le mot « khabîr » et « him » pronom personnel au pluriel. A qui renvoie-t-il ? t« yawma’idhinn » : expression adverbiale (= ce jour-là) formée à partir de « idh » indiquant l’arrivée d’un acte ou d’un rapport dans le passé, pour indiquer ici le Jour du Jugement. t« la-khabîrunn » : mot dérivé du verbe « khabira » dont l’idée fondamentale unique est l’information complète et précise (savoir, connaître, apprendre) suivi de la particule « bi » = très bien informé de façon complète et précise. Et le « la » d’insistance déjà vu plus tôt. Si lui ne le sait pas, en tout cas qu’il sache que Dieu est Celui Qui sait toute chose, Qui est très bien Informé. Et en ce Jour, Dieu jugera et sanctionnera en parfaite connaissance les actes des hommes. Nous savons que Dieu (qu’Il soit Glorifié) sait en permanence ce qu’il y a dans les poitrines (pas uniquement le Jour du Jugement). Alors pourquoi l’indiquer ici ? Parce que la trace de ce savoir sera apparente au Jour du Jugement ? Est-ce une forme de mise en garde comme pour éveiller chez les gens le sentiment du Retour à Dieu ? LIEN ENTRE LES TROIS PARTIES Nous avons d’un côté des gens sincères prêts à sacrifier leur vie dans la voie de Dieu, prêts au Retour vers Dieu à tout instant, et de l’autre, des gens ingrats devant les Bienfaits de Dieu, qui se sont noyés dans ce monde ici-bas, l’ont aimé au point d’oublier le Retour inévitable vers Dieu et les Dons divins. Aussi la troisième partie parle-t-elle des conséquences des actes de l’homme qui seront alors connues de tous et de leur rétribution finale. L’HOMME EST-IL INGRAT PAR NATURE ? Peut-on déduire du sixième verset que l’avarice et l’ingratitude relèvent de la nature humaine ? Prétendre cela serait en contradiction avec la conscience de l’homme dont il est fait allusion dans le septième verset en tant que témoin de ce qu’il fait, et avec sa fitra (sa nature première) qui l’appelle à remercier Celui qui donne. Dans le noble Coran, il existe d’autres versets où il est fait allusion à des aspects négatifs de l’homme, disant qu’il est faible, pressé, injuste, ignorant, inquiet, avare.. Alors ? L’être humain aurait deux dimensions existentielles. Il peut s’élever et atteindre les plus hauts degrés de la perfection et au contraire s’abaisser et atteindre les plus bas niveaux. S’il suit les enseignements de Dieu, développe sa saine fitra et éduque son âme, il pourra être meilleur que les Anges. Mais s’il s’éloigne de la foi, de la piété, suit les passions de l’âme, alors il deviendra la pire des créatures. Parler de l’ingratitude de l’homme, est une sorte de mise en garde contre ce second aspect, la première dimension étant suggérée par ce sur quoi le serment a été fait. LES FAVEURS DE LA SOURATE « Celui qui récite cette sourate et la met en pratique dans sa vie, sera ressuscité le Jour du Jugement avec l’Imam ‘Alî(p) et placé parmi ses amis proches. »(Imam as-Sâdeq(p), Majma‘ al-Bayân, vol.10 p527) Selon des propos rapportés, cette sourate équivaut à la moitié du Coran.(ad-Dûr al-manthûr, vol.6 p383) Certes, l’homme est ingrat envers son Seigneur,(6)en est témoin(7) et est très fort/sévère pour l’amour du bien !(8) ‫أَفََل يَْعلَُم إَِذا‬ ‫ُب ْعِث َر َماِف‬ )9(‫الْقُ ُبو ِر‬ ‫َو ُح ِّص َل َماِف‬ ‫) إَِّن‬10(‫ال ُّصُدوِر‬ ‫َرَبّ ُهم ِب ِهمْيَْوَمِئٍذ‬ )11(‫َّ َلِبيٌر‬ A-fa-lâ ya‘lamu idhâ bu‘thira mâ fî-l-qubûri wa hussila mâ fîs-sudûri inna rabbahum bihim yawma’idhinn la-khabîrunn Ne sait-il donc pas que quand sera bouleversé ce qui est dans les tombes(9) et que sera tiré [au grand jour] ce qui est dans les poitrines,(10) leur Seigneur sera très bien Informé d’eux en ce jour ?(11) N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 7

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A V E C L ’ I M A M A L - M A H D I (qa) L’Imam al-Mahdî(qa) est présent parmi nous (2) - Héritier de tous les Prophètes(p) - Nous avons vu la dernière fois, qu’à la différence des autres confessions religieuses, les Shi‘ites croient que l’Imam al-Mahdî(qa) est réel, présent parmi nous. Voici la suite de la traduction des conférences* tenues par l’imam al-Khâmine’î(qDp) sur ce sujet. « Je vais indiquer de façon globale des points concernant la question d’al-Mahdî(qa).  Voici le premier : L’existence sanctifiée de la Présence de la Permanence de Dieu (Baqiyyat Allah) (que nos esprits soient en rançon pour lui) exprime la permanence des Prophéties et des Appels divins depuis le début de l’histoire jusqu’à ce jour. On peut lire dans l’invocation de la Lamentation (an-Nudbah) : « Ainsi, celui que Tu as installé dans Ton Jardin. »(1) (il s’agit de [nabi] Adam(p)) (…) « Jusqu’à ce que Tu aies fait aboutir l’ordre. »(2) C’est-à-dire jusqu’à aboutir au sceau de la Prophétie [le Prophète Mohammed](s) ; et après lui(s), à la question de la délégation (al-wasiyyat) et des Gens de la Maison de ce Prophète grandiose pour arriver à l’ordre de l’Imam du Temps. L’ensemble exprime une chaîne continue coordonnée dans l’histoire humaine. Cela indique que ce mouvement grandiose de la Prophétie et de ces Appels divins par l’intermédiaire de Messagers ne s’est jamais arrêté, à aucun moment. L’humanité a besoin de Prophètes, d’Appels divins ainsi que de prédicateurs divins. Et ce besoin est resté jusqu’à ce jour. Et plus le temps passe, plus le genre humain devient proche des enseignements des Prophètes. Ainsi, la société humaine connaît aujourd’hui beaucoup des enseignements des Prophètes (grâce au progrès réalisé sur les plans de la pensée, du sens civique et de la connaissance) qu’elle n’avait pas la capacité de connaître des dizaines de siècles auparavant – comme les questions de la justice, de la liberté, de la noblesse de l’être humain. Les expressions en cours dans le monde à l’heure actuelle sont des paroles des Prophètes. *« L’Être Humain de 250 ans » de l’imam alKhamine’i(qDp) qui rassemble ses conférences sur les quatorze Infaillibles(p) et les leçons tirées de leur vie. Trad. en français à partir de celle en arabe de s. A. Noureddine. Ed. Markez Nûn 2013. Au début, les gens communs ne comprenaient pas ces concepts. Avec la présence des Prophètes et la diffusion de leurs appels, ces idées se sont enracinées dans l’esprit des gens, dans leur nature fondamentale (fitra) et dans leur cœur, génération après génération. La chaîne des prédicateurs divins ne s’est jamais interrompue jusqu’à ce jour. L’existence sanctifiée pour la Permanence de Dieu (Baqiyyat Allah) le plus Grandiose (que nos esprits soient en rançon pour elle) exprime la permanence de la chaîne des prédicateurs divins que l’on peut lire dans la « Ziyârat Yâ Sîn » : « Que la paix soit sur toi, ô celui qui appelle à Dieu et manifeste Ses Signes seigneuriaux ! »(3) C’est-à-dire, vous voyez aujourd’hui la matérialisation de l’appel du [Prophète] Ibrahim(p), de celui du [Prophète] Moussa(p), de celui du [Prophète] ‘Issa(p), de celui de l’ensemble des Prophètes(p) et des réformateurs divins et de celui du dernier Prophète [Mohammed(s)], en l’existence de la Présence de la Permanence de Dieu (Baqiyyat Allah). Cette personne grandiose est l’héritière de tous. Elle a, entre ses mains, l’ensemble de leurs appels et de leurs bannières. Elle appelle l’humanité et lui expose ces connaissances avec lesquelles sont venus les Prophètes durant un temps étendu. Cela est le [premier] point important. » (29/06/1384) L’Être Humain de 250 ans de l’imam al-Khamine’i(qDp) pp372-373 (1)Mafatih al-Jinân, Ed. B.A.A. p1630 (2)Mafatih al-Jinân, Ed. B.A.A. p1632 (3)Mafatih al-Jinân, Ed. B.A.A. p1598 8 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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L’invocation pour le dimanche « La Louange à Dieu l’Unique, Celui qui subjugue, le Très-Puissant/Digne, Celui qui pardonne, à Qui les secrets ne sont pas dissimulés et que les regards ne saisissent pas, le Créateur du Paradis et de l’Enfer, Très-Puissant/Digne, Très-Sage ! Mon Dieu, honore-moi de la piété, écarte de moi les malheurs, loge-moi dans le Paradis du Refuge, pare-moi de la mansuétude et de la sagacité, secours-moi contre l’ennemi ! Ô le Meilleur de ceux qui sont sollicités ! »Ô le plus Noble de ceux en qui on a espoir !  Tirée de Abwâb al-jinân citée par Diyâ as-Sâlihîna p303 L’I N V O C A T I O N s’entretenir avec Dieu Bi-smi-llâhi ar-rahmani ar-rahîmi Al-hamdu-li-llâhi al-wâhidi al-qahhâri, al-‘azîzi alghaffâri al-ladhî lâ tukhfâ ‘alayhi al-asrâri wa lâ tudrikuhu alabsâru, khâliqu al-jannati wa-n-nâri, ‘azîzunn hakîmunn. Allâhumma akrimnî bi-t-taqwâ wa jannibnî al-balwâ wa askinnî jannata-l-ma’wâ wa zayyinî bi-l-hilmi wa-n-nuhâ wa-nsurnî ‘alâ al‘idâ yâ khayra-l-mas’ûlîna, wa akrama-l-ma’amûlîna. ‫ِب ْس ِم ال َّل ِه ال َّر ْحم ِن ال َّر ِحي ِ‏م‬ ‫ ال َع ِزي ِز ال َغ َّفا ِر‬،‫ال َح ْم ُد ِل َّل ِه ال َوا ِح ِد ال َق َّها ِر‬ ‫ا َل ِذي لا ُت ْخ َفى َع َل ْي ِه ال َأ ْ َسا ِر َو لا ُت ْد ِرُك ُه ال َأ ْب َصا ُر‬ .‫ َع ِزي ٌز َح ِكي ٌم‬،‫َخا ِل ُق ال َج َّن ِة و ال َّنا ِر‬ ‫الل ُه َّم أَ ْك ِر ْم ِني ِبال َت َق َوى َو َج ِّن ْب ِني ال َب ْل َوى‬ ‫َوأَ ْس ِك ِّني َج َّن َة المَ ْأ َوى‬ ‫َو َز ِّي ِني َبال ِح ْل ِم و ال ُّن َهى و ا ْن ُ ْص ِن َع َل ال ِع َدى‬ .‫ َو أَ ْك َر َم المَ َأ ُمو ِلي َن‬،‫َيا َخ ْ َي المَ ْس ُؤو ِلي َن‬ N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 9

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CONNAÎTRE DIEU b Connaître DIEU par la connaissance de Son Imam(p) (3) Dans les deux numéros précédents de la revue Lumières Spirituelles, ont été reproduits des propos rapportés indiquant que l’on ne peut pas connaître Dieu sans connaître Son Imam (après la connaissance de Ses Prophètes et Messagers). Nous allons essayer de comprendre la quintessence de ces propos en reprenant le commentaire du 38e hadith (que nous avions publié dans le No22 de la revue) fait par l’imam al-Khomeynî(qs) dans son livre « 40 Hadîthann ». Mohammed fils de Muslim dit : « J’ai interrogé Abû Ja‘far (l’Imam al-Bâqer(p)) sur ce qu’ils rapportent que « Dieu créa Adam à Son Image ». L’Imam(p) répondit : « C’est une image (ou forme), advenue, créée. Dieu l’a choisie et l’a préférée à toutes les autres différentes images (ou formes). Il Se l’est alors ajoutée (ou attribuée) à Luimême, comme Il S’est ajouté (ou attribué) la Ka‘bah à Lui-même et l’Esprit à Lui-même. » Puis il(p) dit : {Ma Maison}(1) et {J’ai insufflé en lui de Mon Esprit}(2) [en allusion aux versets coraniques]. » »(3) Ce propos rapporté provient des propos rapportés connus aux temps des Imams(p) jusqu’à nos jours. Certains ont remis en cause la véracité de ce propos ou du moins ont douté que l’adjectif possessif dans « Son Image » revienne à Dieu Tout-Puissant. Ils ont allégué que cet adjectif possessif revient à la personne à qui le Messager(s) s’adressait quand il cita ce propos, se référant à un autre hadith du Messager(s) rapporté par l’Imam ar-Ridâ(p) (présent dans ‘Uyûn Akhbâr arRidâ(p)) où il est fait allusion à la présence de deux personnes qui s’insultaient. Quoiqu’il en soit, le sens de ce propos rapporté de l’Imam al-Bâqer(p) est présent dans d’autres nobles hadiths comme ceux que nous avons cités et d’autres que l’imam al-Khomeynî(qs) va expliquer, avec la Volonté de Dieu. (cf. Imam al-Khomeynî(qs), Hadith 38 in 40 Hadîthann pp700-702 aux Ed.Dâr at-Ta‘âruf-Liban) L’imam al-Khomeynî(qs) a commencé par expliquer les mots du noble Hadîth. « Adam ». Dans son Sihâh, al-Jawharî dit  : le fondement de ce mot est « a.’.da.ma » selon la forme « a.f.‘a.la », le second hamzeh (‘) s’étant transformé en « a » et le « a » en « wa » avec son attribution des voyelles, le pluriel donnant « awâdima ». Selon un autre avis, il est supposé que la cause de l’appellation du père de l’humanité d’« Adam » vient de ce qu’il(p) avait le teint le plus brun des gens d’où son appellation «âdam» (le plus brun). Et selon certains propos rapportés, la cause de son appellation « Adam » remonte à son origine, parce que provenant de la croûte, surface (adîm) de la terre, c’est-à-dire de la surface de la terre.(4) (cf. Imam al-Khomeynî(qs), Hadith 38 in 40 Hadîthann p702 aux Ed.Dâr at-Ta‘âruf-Liban) (1)125/2 al-Baqarat ; 26/22 al-Hajj – (2) 29/15 al-Hijr – (3)Selon une chaîne de transmission continue remontant au majestueux sheikh, pilier de l’Islam, Mohammed fils de Ya‘qûb (que Dieu soit Satisfait de lui) d’un nombre de nos compagnons (d’Ahmed fils de Mohammed fils de Khâled, de son père, d’Abdallah fils de Bahr, d’Abû Ayyûb al-Khazzâz, de Mohammed fils de Muslim), in Usûl al-Kâfî, vol.1 Kitâb at-Tawhid Bâb 43 ar-Rûh H4 p184 – (4)L’Imam as-Sâdeq(p) : « Adam fut appelé ainsi parce qu’il a été créé de la surface de la terre. » (‘ilal ash-sharâ‘i, vol.1 p26). 10 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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‫نهج‬ ‫البلاغة‬ Du contentement de soi et de l’avidité Le fait d’être content de soi empêche l’accroissement. du Prince des croyants(p) in Nahj al-Balâgha, Qasr al-kalâm n°167 (ou 157) p689 L’avidité est un esclavage perpétuel. idem n°180 (170 ou 179) p690 N A H J A a l - B A L Â G H A (la Voie de l’Éloquence) et nous .‫اْلِ ْع َجا ُب َيْنَُع اْلِ ْزِديَاَد‬ Al-i‘jâbu yamna‘u al-izdiyâda. .‫ال َّطَم ُع ِرٌّق ُمَؤَبٌّد‬ At-tama‘u riqqunn mu’abbadunn. Le contentement de l’individu de lui-même, se voyant parfait, l’empêchera de demander davantage et de s’efforcer à acquérir davantage de perfection. S’en attribuant l’origine, [il s’associe à Dieu et fait donc de l’associationnisme] et il se détournera de Celui qui donne en Vérité, en abondance, Dieu le Pourvoyeur. Non seulement, il ne se perfectionnera pas mais au contraire, il regressera. Le contentement de soi est une des trois choses citées par le Messager de Dieu(s) qui mènent l’individu à la perdition. L’avide est celui qui regarde en permanence ce qu’il y a chez les autres. Il est l’esclave de ce dont il est avide. Il vit dans l’humiliation et le mépris et accepte l’assujettissement et l’avilissement. Il ne se sépare pas de l’adoration pour son avidité, pour la personne ou la chose dont il est avide. Il faut voir ici un appel à abandonner l’avidité et à se satisfaire de ce que Dieu Tout-Puissant lui a imparti [et à ambitionner les choses auprès de Dieu]. (d’après Sharah Nahj al-Balâgha de S. Abbas ‘Alî al-Moussawî, vol.5 p348 & p354) •al-i‘jâbu : ‫ الاِْْع َجا ُب‬nom d’action de la 4e f. dérivée du verbe « ‘ajiba » (= être étonné, saisi d’étonnement) = le fait d’être content, satisfait de soi-même, de voir en soimême une perfection et de s’en attribuer l’origine. •yamna‘u : ‫ َيْنَ ُع‬verbe «mana‘a» (faire advenir ce qui empêche l’agent d’agir ou ce qui nécessite la réalisation de l’action) = empêcher. •al-izdiyâda : ‫ الاْْز ِديَا َد‬la 4e f. dérivée (donnant un sens factitif ou causatif) du verbe « zâda » (= ajouter qqch à autre ch, après avoir été complété) = augmentation, accroissement. •at-tama‘u : ‫ ال َّط َم ُع‬nom d’action du verbe « tami‘a » (qui indique les penchants (positifs ou négatifs) de l’âme vers ce qui est en dehors de son emprise (le contraire de sa suffisance). Ils sont négatifs quand ils se portent sur des choses auxquelles elle n’a pas droit, comme convoiter les biens des autres) = la convoitise, la cupidité (pour argent, biens), l’avidité. •riqqunn : ‫ ِر ّق‬nom d’action du verbe « raqqa » (= être asservi, devenir serf) = esclavage, le fait d’être esclave. •mu’abbadunn : ‫ ُمَؤَبّد‬nom dérivé du verbe « abada » (= durer, subsister, continuer d’exister) = qui n’a pas de fin, perpétuel. N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 11

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8e concours à propos du Nahj al-Balâgha 1439 En l’honneur de la commémoration de la fête d’al-Ghadîr, participez au 8e concours annuel sur le Nahj al-Balâgha vu durant cette année.Atout quiz répondu correctement, des prières et un cadeau matériel (d’une valeur de 100$), à condition que les réponses nous arrivent avant la publication du numéro suivant où les réponses sont données. N’hésitez pas à revoir les anciens numéros de cette année. 1-Qu’est-il préférable de faire ? I-a-beaucoup d’actes d’adoration jusqu’à s’en lasser ? b-peu d’actes d’adoration et s’y maintenir en permanence ? II-a-faire la prière de la nuit et s’endormir sur le tapis de prière avant la prière du matin ? b-faire la prière du matin à temps quitte à ne pas faire la prière de la nuit ? III-a-faire les actes surérogatoires, quand l’âme en a envie (est avenante) ? b- faire les actes surérogatoires, même si l’âme n’en a pas envie pour l’éduquer ? 2-Qui sont vos amis (I) et qui sont vos ennemis (II) ? I-Mes amis : II-Mes ennemis : a-mon ami ; b-mon ennemi ; c-l’ennemi de mon ami ; d-l’ami de mon ami ; e-l’ennemi de mon ennemi ; f-l’ami de mon ennemi. 3-Parmi ces phrases, lesquelles expriment une négation dans le passé ? a-Lâ taqûl mâ lâ ta‘limu b-Lam yadhhab min mâlika mâ wa‘azhaka c-Lan ta‘rifû ar-rushda d-Lam yusbih layluhu e-Mâ wadda‘aka wa mâ qalâ f-Lam yalid wa lam yûlad ‫ َل َت ُقول َما َل َت ْع ِلم‬-a ‫ َل ْم َي ْذ َه ْب ِم ْن َما ِل َك َما َو َع َظ َك‬-b ‫ َل ْن َت ْع ِر ُفوا ال ُّر ْش َد‬-c ‫ َل ْم ُي ْص ِب ْح َل ْي ُل ُه‬-d ‫ َما َو َّد َع َك َو َما َق َل‬-e ‫ َل ْم َي ِل ْد َو َل ْم ُيو َل ْد‬-f 4-Complétez les phrases du Prince des croyants(p) : a-Craignez de désobéir à Dieu dans l’isolement car .............................................................................. b-Ne dis pas ce que tu ne sais pas. Même !, ne dis pas .......................................................................... c-Tes trois amis sont ton ami, l’ami de ton ami et................................................................................... d-Ce qui te rapproche de Dieu,............................................................................................................... e-Le contentement de soi........................................................................................................................ 5-Reliez les mots français avec leur contraire en arabe et leur sens : Al-qalîl (‫)ال َق ِليل‬ Al-farîdat (‫)ال َف ِري َضة‬ Qarraba (‫) َق َّر َب‬ Mana‘a (‫) َم َن َع‬ An-nuqsân (‫ال ُن ْق َصان‬ As-saddîq (‫)ال َص ِّديق‬ a— b— c— d— e— f— —I Bâ‘ada (‫) َبا َع َد‬ —II Al-izdiyâd (‫)ال ِا ْز ِد َياد‬ —III Al-kathîr (‫)ال َك ِثير‬ —IV An-nâfilat (‫)ال َنا ِف َلة‬ —V Al-‘adû (‫)ال َع ُدو‬ —VI A‘tâ (‫)اَ ْع َطى‬ I— II— III— IV— V— VI— —1 l’augmentation —2 le beaucoup —3 donner —4 l’ennemi —5 le surérogatoire —6 éloigner 6-Les faux frères : à vous de lier le mot avec son sens en français (révision) a-al-fitnah (‫(ال ِفط َنة‬ b-adh-dhanab (‫(ال َذ َنب‬ c-adh-dhanb (‫(ال َذ ْنب‬ d-al-fitnah (‫(ال ِفت َنة‬ 1-queue  2-division 3-intelligence 4-péché  12 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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MÉDITER SUR UNE PHOTO COMPOSÉE Ce n’est pas le monde qui englobe l’être humain mais l’être humain qui englobe le monde. N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 13

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N O T R E R É E L L E D E M E U R E le Barzakh et l’Au-delà Par le Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux {Certes, nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons.}(156/2) Les trois « jours/lieux » de l’homme (4) Tant que l’individu se trouve dans le monde ici-bas (ad-dunia) (qui est le monde des actes), il peut se perfectionner. Est-ce qu’après sa mort, l’individu peut continuer à se perfectionner ? « Sept causes d’écrire des récompenses au serviteur après sa mort : 1-un homme qui a planté un palmier ; 2-un homme qui a creusé un puits ; 3-un homme qui a fait couler une rivière ; 4-un homme qui a construit une mosquée ; 5-un homme qui a écrit un livre ; 6-un homme qui a légué un savoir ; 7-un homme qui a légué un enfant vertueux qui demande pardon pour lui après sa mort. » (du Messager de Dieu(s), Majmû‘at warân, vol.2 p110) « Trois choses suivent l’homme en récompense après sa mort : 1-une aumône faite durant sa vie et qui continue à circuler après sa mort jusqu’au Jour de la Résurrection ou une aumône arrêtée qui ne s’hérite pas ; 2-une tradition d’une bonne guidance qu’il a prise comme règle, selon laquelle il agissait et que d’autres continuent de mettre en pratique après sa mort ; (...) 3-un enfant vertueux qui demande pardon pour lui. » (de l’Imam as-Sâdeq(p), al-Khisâl de sh. Sadûq p151) « ‘Issa fils de Mariam(p) passa à côté d’une tombe dont le propriétaire était en train d’être châtié. Il(p) passa une seconde fois devant la tombe et la personne n’était plus torturée. Il(p) dit : « Ô Seigneur ! Je suis passé devant cette tombe une première fois et son propriétaire était en train d’être torturé. » Dieu Tout-Puissant lui inspira : « Ô Esprit de Dieu ! C’est qu’il a eu un enfant vertueux, qui s’est préoccupé de réformer sa vie, qui a hébergé un orphelin. Alors Je lui ai pardonné pour ce qu’a fait son fils. » » (du Messager de Dieu(s), Bihâr, vol.3 p153) (cf. Al-ma‘âd bayn ar-rûh wa-l-jasad, sh. Mohammed Taqî Falsafî, vol.1 pp263-265) Ainsi, tant que le Jour de la Résurrection ne s’est pas dressé, les gens dans le monde intermédiaire peuvent se perfectionner et s’élever, les récompenses et les châtiments peuvent diminuer ou augmenter en relation avec le monde ici-bas (dunia). (Cf. Al-ma‘âd bayn ar-rûh wa-l-jasad, sh. Mohammed Taqî Falsafî, vol.1 p261) Le Jour de la Résurrection correspond à la disparition des mondes, au dressement de l’heure, à la Résurrection des morts, au Jugement dernier qui va statuer de la demeure éternelle (le Paradis ou l’Enfer). {Nous n’avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux deux qu’en Vérité et [pour] un terme fixé.}(3/46 al-Ahqâf) Dans l’Islam, il n’y a d’éternel et de perpétuel que Dieu Tout-Puissant. Aussi, la disparition du monde correspond à une évolution fondamentale et radicale. (Cf. Al-ma‘âd bayn ar-rûh wa-l-jasad, sh. Mohammed Taqî Falsafî, vol.1 p298) Y a-t-il un lien entre le mouvement de perfectionnement de l’individu et l’évolution des mondes ? Entre ces trois « jours » de l’individu et les « Jours de Dieu » évoqués précédemment (cf. L.S. No 54 : le Jour d’al-Qâ’im, le Jour d’alQarrat, le Jour d’alQiyâmat) ? C’est ce que nous allons chercher à mettre en évidence prochainement. 14 www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018

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D E S É T A T S S P I R I T U E L S dans le cheminement vers Dieu Sur le chemin du Hajj Une année (en l’an 1280 H), sayyed Ahmad Mousavi Reshti décida d’aller en pèlerinage à la Mecque. Il fit étape dans une grande ville où il espérait trouver une caravane pour se rendre au Hajj. Comme il n’en trouva pas, il décida, après quelques jours, d’aller seul à l’étape suivante. En chemin, il fut rejoint par deux autres personnes. Ensemble, ils continuèrent la route et entrèrent dans une autre ville qu’ils quittèrent tôt le lendemain matin, avant l’aube. En chemin, la neige commença à tomber fort et ses deux compagnons, plus jeunes que lui, le devancèrent. Sayyed Reshti se retrouva seul, dans un endroit désertique, n’ayant pas pu les rattraper. Pour se protéger des bandits, il préféra s’arrêter jusqu’à l’aube avant de revenir sur ses pas. Soudain il aperçut en face de lui un jardin dans lequel se trouvait un jardinier parlant le persan. Le jardinier, le voyant, lui demanda s’il avait un problème. Puis il lui conseilla d’accomplir la prière de la nuit et de continuer sa route. Sayyed Reshti fit la prière de la nuit mais n’eut pas le courage de partir. Le jardinier revint à lui et lui conseilla de réciter la ziyârat al-Jâmi‘at avant de partir. Ce que fit Sayyed Reshti. Mais comme il ne partait toujours pas, le jardinier revint à lui et lui dit de réciter la ziyârat ‘Ashûrâ’ avant de reprendre le chemin. Mais, comme, après avoir récité les ziyârâts conseillées, Sayyed Reshti ne partait toujours pas, le jardinier alla à sa rencontre, monté sur son âne, et lui dit de le suivre. Il le ramena auprès de ses amis, non sans lui avoir demandé, par trois fois, avec insis- tance, pourquoi il ne faisait pas la prière de la nuit, ni ne récitait la ziyârat al-Jâmi‘at et la ziyârat ‘Ashûrâ’. Puis le jardinier s’en alla, sans laisser de trace derrière lui.  Après son départ, Sayyed Reshti se demanda qui était cet homme qui parlait le persan alors qu’il se trouvait dans une région chrétienne et turcophone ! (Raconté par al-Hajj Mirza Housein Nouri) N°92 - Dhû al-Qa‘deh-Dhû al-Hujjah 1439 - Juillet-Août-Sept. 2018 www.lumieres-spirituelles.net 15

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