EDUFORM AFRIQUE N30 VERSION FRANCAISE

 

Embed or link this publication

Description

Premier magasine panafricain digital d'information en éducation

Popular Pages


p. 1

REFLEXION La réforme annoncée du baccalauréat français : simple allègement ou réforme en profondeur ? par Bruno MAGLIULO, Inspecteur d’académie honoraire- Formateur/conférencier PREMIER MAGAZINE PANAFRICAIN DIGITAL D’INFORMATION EN ÉDUCATION Magazine N°030 DE OCTOBRE 2017 GRAND REPORTAGE Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) Le Sénégal et la France coparrains REPORTAGE Rapport sur le développement dans le monde 2018 MINI - FORUM DU COPED « La chimie face aux défis sanitaires et environnementaux en Afrique » au centre des réflexions Grave crise d’apprentissage dans l’éducation mondiale, révélée ZOOM Défi du capital humain qualifié en Afrique Subsaharienne Le PASET, la solution menée par l’AfriqueEDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Octobre 2017 1

[close]

p. 2

SOMMAIRE P 4-5 Editorial ... Grand Reportage P * - ... P 7-11 Reportage P 12-15 Bon à savoir P 24-27 Zoom P 16-23 Bourse P 28- 31 Les personnes à besoins spécifiques toujours victimes P 4-5 Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) : Le Sénégal et la France coparrains P 7-11 Rapport sur le développement dans le monde 2018 : Grave crise d’apprentissage dans l’éducation mondiale, révélée P 12-13 Journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle: La 18ème édition célébrée cette année P 14-15 Mini - forum du COPED : « La chimie face aux défis sanitaires et environnementaux en Afrique » au centre des réflexions P 16-19 22 EDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Octobre 2017

[close]

p. 3

Annonce P 32-37 Actu-Afrique P 44-49 Réflexion P 38-42 BON A SAVOIR P 24 - 27 Executive Master ou MBA ? Pas toujours évident de s'y retrouver EDUFORM AFRIQUE N°2008/0163/DEP–ATL-LITT/SG/SAG/ASSOC IFU : 6201001183605 Siège Afrique : N° 913, Route Nationale Inter – Etat N°2, Rue 12.191 Cotonou BENIN Email : eduformafrique@outlook.fr Editeur Magazine Magazine digital panafricain d’information, spécialisé en éducation accessible sur www.eduformafrique.org Siège Afrique : N° 913, Route Nationale Inter – Etat N°2, Rue 12.191 Cotonou BENIN Compte BOA Bénin N° : 002968390004 Tél. : (00229) 21 13 85 57 / 95 45 98 95 / 96 37 71 16 Email : eduformafrique2008@yahoo.fr ACTU-AFRIQUE Bureau Hors Afrique : 3 rue de la tour du Pin 33 000 Bordeaux - France Email : eduformafrique@gmail.com CÔTE D’IVOIRE Présidence de la République : Ouattara distingue la directrice générale de l’Unesco P 44 BURKINA FASO Commémoration de la journée mondiale de l’enseignant 2017 : 70 distinctions honorifiques décernées P 45 COORDONNATEUR GENERAL DIRECTEUR DE PUBLICATION Bernardin AGBOKPE COORDONNATEUR REGIONAL AFRIQUE MAGHREB Djamal Alpha T KANE COORDONNATRICE REGIONAL AFRIQUE DE L’OUEST Ablavi Akoua DJEME COORDONNATEUR REGIONAL AFRIQUE DE L’EST Alioum Mann KONATE COORDONNATEUR REGIONAL SUD AFRIQUE Peterson willis TETEVI COORDONNATEUR REGIONAL AFRIQUE CENTRALE Jean Pierre T. EDJANG COORDONNATEUR ZONE HORS AFRIQUE Clovis D. LAPORTE DIRECTEUR DE LA REDACTION Ousmanne K. TOURE DIRECTRICE DES SERVICES GENERAUX Charlotte A.B. BRUN NIGER Tous engagés pour un meilleur apprentissage des filles en math et sciences DIRECTEUR ADMINISTRATIF ET FINANCIER ***** CONSEILLERS À LA REDACTION Jules AGANI Honoré MEGBEMADO Samöel KPENGLA P 47 CHEF SERVICE SECRETARIAT DE REDACTION Georges BADA UNESCO Journée internationale de CHEF SERVICE GRAPHISME Léonard TINDEDJROHOUN l’alphabétisation 2017 : FunDza de l’Afrique du Sud lauréat CHEF SERVICE WEB Francky ADEOSSI P 49du Prix UNESCO-Confucius d’alphabétisation REALISATION Eduform Afrique EDUFORMCAoFpRyrIQigUhtEOMctAoGbAreZ2IN01E2 EDITION Octobre 2017 3 3

[close]

p. 4

éditorial f Les personnes à besoins spécifiques toujours victimes Transmettre le savoir, le savoir-faire, forger le savoir être chez tous les apprenants sans exclusive, tel est le challenge constant de l’enseignant dans sa classe, face à une population d’enfants aussi différents que leur visage. Diversité, lorsqu’on considère les dimensions liées à l’ascendance, à la culture, à l’origine ethnique, à l’identité fondée sur le genre, à l’orientation sexuelle, à la langue, aux capacités physiques ou intellectuelles, à la race, à la religion et au statut socioéconomique. C’est donc à juste titre qu’une éducation équitable et inclusive qui répond aux besoins individuels, qui reconnaît et élimine les obstacles, renforce le sentiment d’appartenance à la classe, source de l’excellence. Dès lors, un traitement juste et respectueux de toutes ces différences individuelles, constitue pour l’enseignant, une contrainte professionnelle, laquelle est difficilement respectée à défaut de ne pas l’être. Accueillir à l’école, des élèves présentant un déficit physique ou mental, par exemple, est source de crainte, chez des enseignants, de ne pas pouvoir être à la hauteur de la tâche, se doutant de n’en avoir pas la compétence. Ce qui augmente le risque de voir une importante frange de la population de ces enfants exclus de fait, du système éducatif formel et ce à travers, des problèmes comportementaux en salle de classe, un intérêt moindre pour l’école, une baisse du rendement entrainant des taux de décrochage élevés. 44 EDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Octobre 2017

[close]

p. 5

Malheureusement, les Etats dans leurs efforts pour une éducation véritablement équitable et inclusive se trouvent confrontés à une situation à polémique. En effet, si l’encadrement de tous les enfants sans exclusive par un enseignant dit « généraliste » a montré ses limites, ce qui d’ailleurs fait penser à une éducation équitable et inclusive, basée sur les principes d’acceptation et d’inclusion de tous les élèves ; la logique qui consiste à préparer des enseignants spécialistes dits « professionnels » capables de prendre en charge de façon spécifique, des enfants jugés différents parce que s’écartant de la norme scolaire, est considérée comme une action à connotation ségrégationniste qui éveille le sentiment de stigmatisation des enfants. Que faire donc lorsque l’on veut que l’école soit toujours plus ouverte à une plus grande diversité, vu que dans les milieux d’apprentissage où l’enfant se sent accepter et soutenu, il est plus motivé et atteint son plein potentiel ! Il s’agit là d’une problématique toujours entière qui probablement aurait amené l’Équipe Spéciale Internationale sur les Enseignants pour l’EPT à organiser il y a quelques années, un forum en ligne sur l’inclusion et l’équité dans les politiques et les pratiques enseignantes. Une rencontre qui aura permis aux initiateurs d’agréger plusieurs approches, chacune avec ses échecs et succès afin d’en dégager, la meilleure pratique susceptible d’être diffusée à travers toute l’Afrique. Si l’initiative et la démarche de l’Équipe Spéciale Internationale sur les Enseignants pour l’EPT sont à saluer, il est à souhaiter que les grandes conclusions soient effectivement vulgarisées afin de permettre d’espérer un avenir meilleur pour ces milliers de personnes à besoins spécifiques qui continuent malheureusement d’être victimes d’une discrimination qui réduit leur capacité d’accès au savoir. Vivement une solution. Bernadin AGBOKPE EDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Octobre 2017 55

[close]

p. 6

REPORTAGE EDUFORM AFRIQUE Magazine 9 Le magazine panafricain Y retrouvez toute l’information en éducation de toute l’Afrique 9 Le magazine spécialisé Rien que de l’information en éducation(les acquis, les défis et les perspectives du secteur éducatif, de l’Alphabétisation et de la recherche en Afrique) 9 Le magazine digital Utilise une des dernières technologies de diffusion de la presse écrite, offrant toutes les commodités requises (téléchargement, impression, etc) REFLEXION LIBERTÉS ACADÉMIQUES ET Ebrima SALL, Administrateur dDuRProOgrIaTmSmeDLiEberLté’sHAcOadMémMiqEues PREMIER MAGAZDINDPéLERE’vAOSRPeMAEAsCPNOlsoTOTAoIIpFROOcRNTNpIAiSCaeDAGDEtImEEiNoLS’AeDnPPIAnPGRMRtITTO(EAoPANLRnAIDMAIdR’TIEiIDNOaSFN)lDOesEDR’EMLpeS’ÉAonRDTÉIguUOSCraNUALlTgeTEIANOeTNSÉDUCAAllSeeTPUIrsEOBtRepNSFAaGsOHuyRRArsAMRlfeINArEaNDNfanCNciREbEoEDlePFpEROhSnAoRiNSvnTYCeAeSOaTGsPuÈdHEMdO’AEeNSfsErÉiqa(DRucUAeqCPuPASTOiusIRbFsTSscNaEoPhN°lAaaS0AirErFiee1CRsnI82Qdn0U1eaMD4En)EsaJAgNaVzIEiRn2e016 9 Le magazine distribué via internet Adressé directement (par newsletters à partir d’une base fournie) ou indirectement (par les réseaux sociaux) à des centaines de milliers de lecteurs, qui y accèdent partout dans le monde. «INd…eTEJsReoVcMciIoéEntWét.sinEduJX’eiCnudLit’UaisaSftfiIitVvrmeiEsne,rdqeMucerlé’.éactioDolne,OadEcD’iUtNnFuOveReMlGlneAFtRiavBIQifUtaEéiMÉlelAiGtHAàdZIsNeEaOdEméDIUvTisIeOsNloNiopJanpnDveidemr’é2Ée0d1ni6fit c…1a»ti.on Avec Rayonnez à l’échelle africaine et internationale Plus d’info sur www.eduformafrique.org ou écrivez à eduformafrique2008@yahoo.fr Tél. : +229 96 37 71 16 Cotonou - Rép. du Bénin 6 EDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Octobre 2017EDUFORM AFRIQUE MAGAZINE EDITION Août 2013 6

[close]

p. 7

GRAND REPORTAGE CONFÉRENCE DE FINANCEMENT DU PARTENARIAT MONDIAL POUR L’ÉDUCATION (PME) Le Sénégal et la France coparrains Le 8 février 2018 à Dakar au Sénégal, se tiendra la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME); une rencontre coparrainée par le Sénégal et la France qui rassemblera les pays donateurs et en développement, les organisations multilatérales, la société civile, le secteur privé et les fondations philanthropiques. Mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période 2018 – 2020, est l’objectif de ce rendez-vous de Dakar. Il s’agit de soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement dans lesquels vivent 78 % des enfants non scolarisés dans le monde. Ce sera aussi la première fois qu’un pays donateur et un pays en développement parraineront ensemble une telle conférence, symbolisant ainsi l’esprit du partenariat, véritable essence du PME.  EDEDUUFOFORRMMAAFRFRIQIQUUEEMMAAGGAAZZININEE EDEDITIITOIONN OcOtcotborbere22001177 77

[close]

p. 8

GRAND REPORTAGE En effet, la reconstitution des ressources du PME marque le début d’une nouvelle ère en matière de financement de l’éducation, qui vise à renverser la tendance à la baisse de l’aide dans ce secteur; surtout que, les spécialistes et les responsables de tous pays reconnaissent qu’une augmentation importante de la mobilisation de financement est nécessaire pour faire face à la crise mondiale de l’éducation. Aussi, la Commission internationale pour le financement de possibilités d’éducation dans le monde (Commission de l’éducation) recommande -t-elle d’augmenter les ressources du PME au rythme de 2 milliards de dollars par an d’ici 2020, puis de 4 milliards de dollars par an d’ici 2030. Cela introduirait dans le secteur de l’éducation un niveau de financement comparable à ceux qui ont permis d’obtenir des succès à grande échelle dans le secteur  8 EEDDUUFFOORRMM AAFFRRIIQQUUEE MMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree 22001177

[close]

p. 9

GRAND REPORTAGE de la santé. Une recommandation que partage le PME. A cette première étape, le PME cherche à reconstituer ses ressources pour les trois prochaines années (2018-2020) avec pour objectif, d’atteindre les 2 milliards de dollars par an d’ici 2020. Ce montant permettra au Partenariat d’améliorer les résultats scolaires et l’équité pour 870 millions d’enfants et d’adolescents vivant dans 89 pays. Les projets ambitieux du PME au cours de la prochaine décennie nécessiteront un doublement de cette somme à 4 milliards de dollars par an d’ici 2030. L’annonce de ce parrainage conjoint du Sénégal et de la France, a été faite par le Président sénégalais Macky Sall et le Président français Emmanuel Macron lors d’une réunion de haut niveau sur le financement de l’éducation organisée au siège de l’ONU en présence de son Secrétaire Général António Guterres, de plusieurs chefs d’État et de responsables de l’éducation dans le monde. Ce sera la première fois qu’un pays donateur et un pays en développement parraineront ensemble la conférence de financement du PME.  EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIQIQUUEEMMAAGGAAZZININEE EEDDITITIOIONN OOccttoobbrree22001177 9

[close]

p. 10

GRAND REPORTAGE Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations-Unies Pour Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies « Investir dans l’éducation est le moyen le plus rentable de stimuler le développement économique, d’améliorer les compétences et les opportunités pour les jeunes et de débloquer les progrès réalisés sur l’ensemble des 17 objectifs de développement durable. La conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation est notre première occasion de transformer l’engagement politique en un soutien tangible. Le financement de l’éducation est en effet le meilleur investissement que nous pouvons faire ». Il sera renchéri par Julia Gillard, Présidente du Conseil d’administration du PME pour qui, « cette conférence sera l’occasion d’un changement radical indispensable pour permettre aux bailleurs et aux pays en dé- 10 EEDDUUFFOORRMM AAFFRRIIQQUUEE MMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree 22001177 veloppement de montrer leur engagement financier en faveur de l’éducation. Le fait que le Sénégal et la France parrainent conjointement la conférence de financement du PME démontre la détermination des deux États à aider le Partenariat à étendre son soutien pour bâtir des systèmes éducatifs robustes dans les pays en développement.» La France est un bailleur du PME depuis 2005. Un choix validé par le Président Macron qui a souligné qu’une de ses priorités absolues était d’investir dans l’éducation. « J’appelle la communauté internationale à se joindre à nous en février 2018 à Dakar pour la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation, que la France co-présidera avec le Sénégal » a-t-il lancé. 

[close]

p. 11

GRAND REPORTAGE Pour le Sénégal qui, avec le soutien du PME depuis 2006, a fait d’énormes progrès d’investissement dans l’éducation (24 % de ses dépenses publiques), le Président Macky Sall a déclaré que « le Partenariat mondial pour l’éducation a investi de façon substantielle dans l’éducation, aidant ainsi 72 millions d’enfants supplémentaires à aller à l’école primaire depuis 2002, y compris au Sénégal. Nous sommes honorés d’accueillir la prochaine Conférence de financement du Partenariat à Dakar, et nous nous réjouissons de continuer notre étroite collaboration avec lui », a-t-il manifesté. « C’est un moment charnière exaltant pour le PME et l’éducation dans le monde » a assuré Alice Albright, Directrice générale du PME. « Cette conférence de financement permettra au PME de réaliser son objectif : devenir une opération de 2 milliards de dollars annuels à l’horizon 2020. À ce niveau de mobilisation de ressources financières, le PME aura un impact bien plus grand pour offrir une éducation d’une qualité meilleure aux enfants dans le monde. » Ousmanne K. Touré Julia Gillard, Présidente du Conseil d’administration du PME EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIQIQUUEEMMAAGGAAZZININEE EEDDITITIOIONN OOccttoobbrree22001177 11

[close]

p. 12

c REPORTAGE RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT DANS LE MONDE 2018 Grave crise d’apprentissage dans l’éducation mondiale, révélée Attention ! des millions de jeunes élèves dans les pays à revenu faible et intermédiaire font face à la perspective d’une perte d’opportunités et des salaires plus bas dans la vie plus tard, car leurs écoles primaires et secondaires ne les ont pas éduqués pour réussir dans la vie, telle est l’alerte donnée par le Rapport sur le développement dans le monde 2018 de la Banque mondiale: «Apprendre à réaliser la promesse de l’éducation». Un nouveau rapport qui soutient que sans apprentissage, la scolarisation n’est pas seulement une occasion manquée, mais aussi une grosse injustice pour les enfants et les jeunes du monde entier. Il s’agit d’un avertissement à propos d’«une crise d’apprentissage». Une grave crise qui prend toute son envergure lorsqu’on se rend compte que, même après plusieurs années à l’école, 12 EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIIQQUUEEMMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree22001177 des millions d’enfants ne peuvent ni lire, ni écrire ou faire des calculs de base. Une crise d’apprentissage qui malheureusement élargit les écarts sociaux au lieu de 

[close]

p. 13

les réduire. Tenez, les jeunes étudiants qui, déjà désavantagés par la pauvreté, les conflits, le genre ou le handicap, atteignent l’âge adulte sans même les compétences de vie les plus élémentaires. Or, le Rapport sur le développement sur le monde 2018: «Apprendre à réaliser la promesse de l’éducation» soutient que, sans apprentissage, l’éducation ne parviendra pas à respecter ses promesses d’éliminer l’extrême pauvreté et de créer des opportunités et une prospérité partagées pour tous. C’est donc à juste titre que le Président du groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, dira de cette crise d’apprentissage, une crise morale et économique. En effet, «lorsqu’il est bien rendu, l’éducation promet l’emploi des jeunes, de meilleurs gains, une bonne santé et une vie sans pauvreté. Pour les communautés, l’éducation stimule l’innovation, renforce les institutions et favorise la cohésion sociale. Mais ces avantages dépendent de l’apprentissage. Une scolarité sans apprentissage est donc une opportunité gaspillée. Plus que cela, c’est une grande injustice puisque les enfants dont les sociétés échouent le plus, sont ceux qui ont le plus besoin d’une bonne éducation pour réussir dans la vie » a déploré le Président. Selon le rapport, lorsqu’on a demandé récemment à des élèves de troisième année du primaire au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda de lire en anglais ou en swahili une phrase du genre « le nom du chien est Fido », trois quarts n’ont pas compris ce que cela voudrait dire. Dans les campagnes indiennes, près de trois quarts des élèves de troisième année du primaire n’ont pas pu faire une opération de soustraction à deux chiffres comme dans « 46 - 17 ». En cinquième année du primaire, la moitié en était toujours incapable. Bien que les compétences des Brésiliens âgés de 15 ans se soient améliorées, vu leur rythme actuel d’évolution, ils n’atteindront pas la note moyenne en mathématiques des pays riches avant 75 ans, et il leur faudra 263 ans pour la lecture. Encore que ces chiffres ne tiennent pas compte des 260 millions d’enfants qui, du fait de conflits, de discriminations, de handicaps et d’autres obstacles, ne sont inscrits ni dans le primaire ni dans le secondaire. Bien que tous les pays en développement n’affichent pas des résultats aussi déprimants, beaucoup sont largement à la traine de ce qu’ils ambitionnent. Des évaluations internationales de référence en matière de lecture, de calcul et d’écriture révèlent que les notes de l’élève moyen d’un pays pauvre sont inférieures à celles de 95 % des élèves de pays à revenu élevé — ce qui signifie qu’un tel élève serait admis à un programme de remise à niveau dans un pays à revenu élevé. De nombreux élèves affichant d’excellentes performances dans certains pays à revenu intermédiaire — garçons et filles se classant dans le quartile supérieur de leur cohorte — se retrouve- raient dans le quartile inférieur des élèves d’un pays plus riche. Au regard de tout ce qui précède, le rapport recommande des mesures politiques concrètes pour aider les pays en développement à résoudre cette grave crise d’apprentissage dans les domaines des évaluations d’apprentissage plus solides, en utilisant des preuves de ce qui fonctionne et ce qui ne sert pas à guider la prise de décisions en matière d’éducation; et mobiliser un mouvement social fort pour pousser à des changements éducatifs qui défendent «l’apprentissage pour tous». Brice ASKY EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIIQQUUEEMMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree22001177 1133 REPORTAGE

[close]

p. 14

REPORTAGE c JOURNÉE AFRICAINE DE LA TECHNOLOGIE ET DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE La 18ème édition célébrée cette année « Propriété intellectuelle et emploi des jeunes » est le thème de la célébration. À travers ce choix, l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) veut inciter l’activité inventive en milieu jeune et mettre un accent particulier sur l’impact de la gestion de la propriété intellectuelle dans l’épanouissement social des jeunes. Les manifestations officielles de la célébration de cette 18ème édition ont été à Yaoundé au Cameroun, le mercredi 13 Septembre 2017, mais précédées de la 7ème édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Innovation Technologique (SAIIT) qu’organise l’institution. Le 13 Septembre de chaque année, la communauté africaine célèbre la journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle. Instituée en 1999, plus précisément le 14 juillet 1999 à Alger, par la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres de l’Union Africaine, lors de sa 35ème session ordinaire, cette journée permet aux Etats, à la société civile et aux partenai- 14 EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIIQQUUEEMMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree22001177 res au développement, d’analyser les politiques, les stratégies et les pratiques impliquant la propriété intellectuelle et la technologie en vue de parvenir à une diversification de l’économie et des emplois décents. Une célébration qui vise in fine, à encourager les africains à protéger et à sécuriser leurs créations par la 

[close]

p. 15

ÂÂ REPORTAGE JOURNÉE AFRICAINE DE reconnaissance de leurs droits LA TECHNOLOGIE ET DE LA nière solennelle et rota- de propriété intellectuelle. PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE tive dans les Etats mem- Pour l’Organisation, le choix du thème «Propriété intellectuelle et emploi des jeunes » de la célébration s’explique par le lien fort entre la Propriété Intellectuelle et la création d’emploi. En effet, de nombreuses études ont démontré que les jeunes sont de plus en plus impliqués dans les actifs de propriété intellectuelle. Ces actifs sont à l’origine de la création de nombreuses entreprises de production, d’exportation, de distribution et contribuent à la croissance économique des Etats, à la création des richesses et d’emplois. C’est ce qui est observé dans la plupart des pays développés et émergents. VISE À SENSIBILISER DAVANTAGE LE PUBLIC À LA FAÇON DONT LES TITRES DE PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE INFLUENT SUR LA VIE QUOTIDIENNE ; ENCOURAGER LES CRÉATEURS À PROTÉGER ET À EXPLOITER LEURS ŒUVRES ; CÉLÉBRER LA CRÉATIVITÉ AINSI QUE LA CONTRIBUTION DES CRÉATEURS ET DES INNOVATEURS AU DÉVELOPPEMENT DE LA SOCIÉTÉ ; FAIRE MIEUX COMPRENDRE COMMENT LA PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE PERMET DE FAVORISER LA PROMOTION DE LA CRÉATIVITÉ ET DE L’INNOVATION; ET FAIRE DAVANTAGE CONNAÎTRE L’ORGANISATION ET SES MISSIONS...» bres. La célébration de la 18ème édition de la Journée africaine de la technologie et de la propriété intellectuelle, le mercredi 13 Septembre 2017 a été à Yaoundé au Cameroun et vise à sensibiliser davantage le public à la façon dont les titres de propriété industrielle influent sur la vie quotidienne, à encourager les créateurs, à protéger et à exploiter leurs œuvres, à célébrer la créativité ainsi que la contribution des créateurs et des innovateurs au développement de la société, à faire mieux comprendre comment La population de notre pays est constituée, en grande partie, par des jeunes capables de créer, d’innover et d’utiliser le système de la Propriété Intellectuelle pour créer des emplois. la protection des droits de propriété intellectuelle permet de favoriser la promotion de la créativité et de l’innovation; et à faire davantage connaître l’Organisation et ses missions. Aussi, les Gouvernements des pays membres doivent-ils faire de la création d’emploi, une priorité et encourager toute initiative allant dans le sens de l’utilisation de la Propriété Intellectuelle, à l’instar des nouveaux capitaines d’industries de la « Silicon Valley » qui ont bâti leurs entreprises autours des actifs de la propriété industrielle. A travers cette célébration, il est question d’informer sur les innovations technologiques, de sensibiliser à la protection des créations et d’inciter les jeunes à plus de créativité. Il s’agit également d’établir le lien qui existe entre la propriété intellectuelle et la création d’emploi et de démontrer l’intérêt économique de la valorisation des actifs de la propriété intellectuelle dans le processus de création d’emplois et de richesses. Cette journée, célébrée diversement chaque année, a pris une ampleur particulière à partir de 2009 lorsque, à l’initiative de la Direction générale, le conseil d’administration, par sa résolution n°47/9 du 17/12/2007 a approuvé la formule de l’organisation de la célébration de ma- Les activités ont été l’organisation d’une journée « portes ouvertes » visant l’information et la sensibilisation du public. Elle sera marquée par des expositions des inventions réalisées par des jeunes et qui sont dans une dynamique de création d’entreprises, et par conséquent d’emplois et de richesses. La Conférence-débat autour du thème « Propriété intellectuelle et emploi de jeunes » à l’auditorium de l’OAPI avec la participation des inventeurs qui ont créé des entreprises à partir des brevets d’invention et des Jeux-concours avec de nombreux lots à gagner. Ces activités ont été précédées, de l’organisation par l’OAPI, du 17 au 21 avril 2017, à Cotonou, au Bénin, la 7ème édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Innovation Technologique (SAIIT). Rappelons à toutes fins utiles que le 13 septembre, Journée africaine de la Technologie et de la Propriété intellectuelle est également la date anniversaire de l’OAPI. Un double évènement, à savoir le 55ème anniversaire cette année de l’institution panafricaine. Steeves Pake GODSON EEDDUUFFOORRMMAAFFRRIIQQUUEEMMAAGGAAZZIINNEE EEDDIITTIIOONN OOccttoobbrree22001177 1155

[close]

Comments

no comments yet