Spécial Marathon du Médoc 2013

 

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Description

Numéro spécial de Running Mag sur le marathon du Médoc 2013

Popular Pages


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SPECIAL MARATHON DU MEDOC 2013 RESAUVLELTECASTTSOU!!S N°HS - Septembre 2013 UN MONDE... ...SI ÉTRANGE !! Tous les classements, tous les interviews, toutes les réactions et toutes les photos !!

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Le sommaire 3 EDITO EDITORIAL Les coureurs qui ont découvert pour la première fois le marathon du Médoc cette année, ont pu constater que la rumeur, les « on-dit » ou les légendes sur cette course ne relèvent pas de la Science Fiction ! Pour cette 29° édition en effet, tous les ingrédients qui ont créé et qui engendrent « le Médoc » étaient de nouveau réunis : - Le SPORT avec ses 42km et quelques hectomètres à parcourir à la découverte de la presqu’île médocaine ; à ce jeu là, Thierry Guibault chez les Hommes et Stéphanie Viaud Briand chez les Femmes ont conquis respectivement leur troisième et second sacre sur l’épreuve. - La SANTE avec son colloque médico-sportif du vendredi après-midi animé par Bernard Faure, sans compter l’assistance médicale toujours plus nombreuse avec les médecins, les infirmiers, les kinés et les podologues. - La CONVIVIALITE avec 8500 coureurs venus d’horizons divers et lointains (37% d’étrangers), parés de leurs plus beaux déguisements pour partager ces 42 km. Mais également des ravitaillements tous les 2,5Kms sur le parcours. - La FETE avec plus de 50 animations sur le tracé, les tests oeno-sportifs et les 1500 bénévoles le long du parcours au service des coureurs. La météo clémente de cette année a permis à plus de 8000 participants de fouler le tapis rouge de l’arrivée et donc de se voir remettre la médaille du Marathon si durement méritée. Pour sa deuxième année d’existence, la WebTV du marathon du Médoc a réuni le jour de la course 21 000 spectateurs derrière leur écran d’ordinateur, de tablette ou de smartphone ; à noter que cet auditoire se répartit dans de très nombreux pays. Cette Web TV vous attend encore quand vous le désirez : vous pourrez visionner les meilleurs moments de cette édition sur www.dailymotion.com/ MARATHONDUMEDOC. Un grand merci donc à vous chers coureurs, mais aussi à nos fidèles et amis Partenaires, aux 3500 bénévoles sans qui rien ne serait possible, aux propriétés et châteaux viticoles du Médoc pour leur soutient indéfectible chaque année ; sans oublier l’ensemble de la population médocaine pour l’accueil exceptionnel qu’elle réserve aux marathoniens et leurs accompagnants. Pour 2014, nous vous attendons le samedi 13 septembre, pour la trentième édition du marathon des châteaux du Médoc. Qui dit anniversaire, dit forcément spectacle exceptionnel : faites-nous confiance, nous y travaillons d’ores et déjà ! Premier secret dévoilé dès maintenant pour vous : le thème qui sera « les Pays du Monde et leurs Carnavals ». The runners who discovered the Medoc Marathon for the first time this year, have been able to notice that the rumors or the legends about this race are not a Science-Fiction story! For this 29th edition indeed, all the ingredients which created and engendered « the Medoc » were again combined: - The SPORT with its 42km and a few hundred meters to be run through the discovery of the Medoc peninsula; at this game, Thierry Guibault for the Men and Stephanie Viaud-Briand for the Women conquered respectively their third and second victory on the event. - The HEALTH with its medical-sports colloquium on Friday afternoon led by Bernard Faure, without forgetting the medical assistance always more numerous with the doctors, the nurses, the physiotherapists and the chiropodists. - The CONVIVIALITY with 8 500 runners coming from diverse and distant horizons (37% of foreigners), adorned with their most beautiful fancy dresses to share these 42km. But also the refreshments every 2,5km along the track. - The PARTY with more than 50 animations on the race, the oenosport tests and 1 500 volunteers along the route for the pleasure of the runners. The nice weather of this year allowed more than 8 000 participants to cross the finish line and thus obtain the marathon medal so hardly deserved. For its second year, WebTV of the Medoc Marathon mobilized 21,000 watchers the day of the race behind their screen of computer, tablet or smartphone; this audience is amazingly spread from numerous countries. This WebTV still waits for you when you wish for it: you can view the best moments of this edition on www.dailymotion.com/MARATHONDUMEDOC. Thus, thank you very much for you, dear runners, but also to our faithful and friendly Partners, to the 3 500 volunteers, without whom nothing would be possible, to the Chateaux of Medoc for their support every year, not forgetting the whole Medoc population for the exceptional welcome which it reserves to the marathon runners and accompanying persons. For 2014, we are waiting for you on September 13th for the 30th edition of the Medoc Marathon. Who says Anniversary, says necessarily exceptional entertainment : trust us, we already work hard on it ! First leaking secret for the time being: the 2014 theme will be « The Countries of the World and their Carnivals ». Bien sportivement, Le Comité directeur AMCM - 5 rue Etienne Dieuzède - 33250 Pauillac Tél. 33(0)5 56 59 17 20 Site : www.marathondumedoc.com Email : contact@marathondumedoc.com Best regards, The Organizing Team LE SOMMAIRE L’ambiance (P. 4, 5 et 15) On ne peut résumer l'ambiance du Marathon du Médoc à quelques lignes dans un livre de résultats... Il faudrait un bouquin tout entier Running Mag est édité par la société R.P. Presse au capital de 400€. 9 Impasse du Col du Soulor 31240 L’UNION Remy : Tél. 06 13 36 08 87 et Tél. 05 31 22 66 24 E.Mail: krj@sfr.fr et runningmag@sfr.fr Rédaction : 9 impasse du Col du Soulor 31240 L’Union Directeur de la publication-: R. Jégard Gérant de la société-: Rémy Jégard Ont collaboré à ce numéro-: Kris - Hubert Rocher - Didier Excoffier- l’AMCM - Nathalie Würry - Cyrielle Chappuis La famille Couget - Patrice Bruel Montage-: Rémy Impression-: Capitouls à Frouzins N° ISSN-: 1766-9057 N° CPPAP : 0218K83326 pour raconter chaque histoire individuelle, pour décrire chaque costume, pour conter chaque pasta, chaque repas....Bref on vous livre ici un bref aperçu de l'ensemble ! La course (P. 6 à 9) Et une troisième pour Thierry Guibault. Et une deuxième pour Stéphanie Viaud-Briand. L'histoire du marahon continue à s'écrire et le palmarès favorise souvent les mêmes passionnés de cette épreuve hors normes... Ce fut une édition de coeur et d'émotion...

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4 L’ambiance TOUT AUTOUR D Quand les avatars d Le marathon du Médoc de septembre, c’est un peu le carnaval de Rio de février. Un défilé intemporel et sans discontinuer qui dure des heures et des heures, hauts en couleurs, en émotions, en mimiques et en espiègleries en tous genres. Un jeu de sons et de lumières où les costumes transcendent les gens, les transportent aussi dans d’autres époques et d’autres contrées. Bref c’est un moment à part qui ne peut se vivre qu’une fois par an en France ! Le marathon du Médoc de septembre, c’est un peu le carnaval de Rio de février. Un défilé intemporel et sans discontinuer qui dure des heures et des heures, hauts en couleurs, en émotions, en mimiques et en espiègleries en tous genres. Un jeu de sons et de lumières où les costumes transcendent les gens, les transportent aussi dans d’autres époques et d’autres contrées. Bref c’est un moment à part qui ne peut se vivre qu’une fois par an en France ! Debout derrière la ligne. Juste à côté des balustrades qui contiennent des milliers de spectateurs, je pourrais rester des heures ainsi à voir finir les coureurs. Aucun ne se ressemble vraiment. Il peut y avoir deux mêmes costumes dans ce ballet incessant où l’imagination règne en maîtresse incontestée, il n’y a pas de deux mêmes émotions. Chacun vient ici pour chercher quelque chose. C’est indéfinissable ou alors très clair d’emblée. On vient au Médoc pour s’éclater, pour tout oublier, pour rompre avec la monotonie, pour échanger aussi avec des amis, des potes d’enfance ou des copains de clubs. Mais on peut aussi venir pour rendre hommage à quelqu’un ou bien encore pour se prouver quelque chose, comme d’ailleurs que l’on aime bien les bons vins et les bonnes chairs… Ah ah !! Après la ligne, les corps s’affaissent, les foulées et les pas ne sont plus les mêmes. Les forces miraculeuses qui auront permis d’atteindre le fameux tapis rouge des deux cents dernières mètres s’envolent avec les dernières vapeurs de tout l’alcool ingurgité. Mais est-ce seulement de l’alcool ? Non juste du vin rouge ! Les visages libèrent des émotions enfouis au plus profond des âmes. Les avatars pleurent, les extra-terrestres tombent dans les bras les uns des autres. Si si. Même les « Surpeman » semblent de suite plus humain. Cette Japonaise montre le ciel du doigt comme pour invoquer un Dieu tout puis- sant. Ce français torse nu, la bidoche à l’air, va vomir un peu à l’écart tout ce qu’il a bien pu avaler ici et là. C’est le double effet kiss-cool !! Il a du mal à parler mais les yeux remplis d’émotion. Il voulait participer au moins une fois dans sa vie. Allez au bout, courir jusqu’au bout. Allez chercher sa médaille en moins de 6h30. Pendant des heures et des heures, je reste ainsi à me rincer l’œil. J’essaye de saisir le message de certains, j’essaye de compren- dre les autres. Je me remplis de couleurs, j’emmagasine l’énergie. Tout est mélange, tout est émotion sur cette ligne. Les organisateurs applaudissent, remercient, crient et chantent. C’est beau aussi. D’une beauté de l’instant partagé sans paroles. Juste un moment à vivre. Fort et bref. Je me rappelle la pasta party d’hier soir. Cette année encore, nous avions choisi avec quelques autres la « Pâtes à caisses » pour sa convivialité légendaire. Mais il y avait

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L’ambiance 5 DE L’EVENEMENT défient Superman ! en même temps les « Milles Pâtes » plus guindés et puis aussi des dizaines d’autres rendez-vous à même les quais, au gré des clubs sportifs de la ville qui ont mouillé une nouvelle fois le maillot pour proposer ce qu’il y a de mieux. Et puis il y a tous les autres qui sous les tentes, dans les camping-cars, sur le bord des routes et dans n’importe quel petit restau du coin, se réunissent pour former de petits groupes de passionnés et passer ainsi une magnifique soirée. Car à n’en pas douter, le Marathon du Médoc commence bien avant l’heure fatidique du grand départ. La pasta fait partie de la fête. A Saint-Estéphe dans la salle des fêtes, Steffie, comme à son habitue, met le feu à l’ambiance. Elle monte sur les tables, chante, prend tout le monde à partie. « Y-a-t-il des écossais dans la salle ? » Et oui. Deux pauvres petits malheureux avec leur kilt en plus. Ils auront droit aux honneurs des 1000 convives du soir. Avec incursion sous la jupe des hommes. Ah, ah. Steffie nous fait partir aussi dans un autre monde. On éteint la lumière et on profite d’un petit spectacle de lumière. Les époux Martin qui sont en charge depuis des années de la partie « spectacles et animations » sur l’ensemble du week-end marathon se sont surpassés. Une nouvelle fois. Et pourtant la vie n’est pas toujours facile !! Dehors un groupe de hard-rock, les « Biotox » accueillent d’une manière plus que décalée les derniers arrivants. Mister Couget, devenu avatar endiablé, tout de bleu peinturluré, dépose dans chaque main des godets remplis d’un breuvage vert fluo. C’est bien là le thème du moment. La science-fiction. L’étrange même. La soirée se poursuit tard dans la nuit. Tant pis pour les esprits qui auront du mal à se réveiller le lendemain matin. Mais le samedi, jour de la course, est un autre jour et au Médoc, chaque jour à son importance. Du vendredi au dimanche où aura lieu la fameuse « Balade » ouverte à tous les rescapés. Du côté de Cissac au Château Lamothe-Cissac ! Près de 3500 marcheurs en récupération et plus de 1500 convives. Ouf, ça me donne le tournis tout ce monde. Je suis encore sur la ligne d’arrivée. Les derniers viennent de passer. A genoux sur le tapis. Les barrières se ferment. Les organisateurs qui ferment la course portent des pancartes dans le dos. C’est la voiture balai en quelque sorte. J’ai des frissons dans le dos. Encore une nouvelle édition de terminée. Le Marathon du Médoc ; c’est une solution contre la morosité sociale ambiante. Cela devrait être remboursé par la sécurité sociale. J’adore !! Et je serai là pour le fameux 30ème anniversaire!! R.J.

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6 La course DANS LE VIF Guibault gagne.. Cette année, pour sa 29ème édition, le marathon du Médoc, avait choisi pour thème « la science-fiction ». Aussi le nombre d’avatars, de superman, de Spok et surtout de CNI (coureurs non identifiés) étaient légions parmi les 8500 engagés et les couleurs variées et éclatantes donnaient à l’ensemble une allure de carnaval. Même si, évidemment, et comme d’habitude, pour quelques poignées de champions, il ne s’agissait pas de faire la fête ! Km23. Passage vers le Château Pibran. La température est idéale. A peine une vingtaine de degrés. Pas de vent. Pas de soleil. Une petite bosse à la sortie de la propriété. Thierry Guibault, double tenant du titre, accélère un poil. Oh, pas grand-chose. Une foulée un peu plus appuyée. Il maintient son rythme dans la difficulté. Ses compagnons d’échappée commencent à piocher. C’est bon pour le moral. Pour son moral. A ce moment, il sait que, sauf défaillance, il devrait gagner son troisième Médoc d’affilée. Mais il sait aussi qu’il reste 19 kilomètres et que cela ne va pas être facile. Car jusque là, il a eu tout le temps de se poser des tas de questions. En effet fait assez rare sur le Médoc pour être souligné, ils sont passés encore à quatre au semi. A quatre au coude à coude et sur un rythme diablement élevé. 18km pour remplir l’heure. Cela, vous l’aurez compris, nous rapproche allègrement du record de l’épreuve, tout près des 2h20’ ! Et dans ce groupe, pas vraiment des outsiders, plutôt des favoris. Les quatre favoris du moment. Fraser Thompson, l’homme des démarrages rapides et des places de troisième. L’Anglais nous avait sidéré il y a deux ans avec un semi seul en tête et puis une fin de course sur les genoux. L’an dernier, il avait été plus sage et avait suivi le rythme. Cette fois, on se dit qu’il a acquiert une sagesse de fin tacti- cien et qu’il doit être bigrement en forme. C’est d’ailleurs lui qui relance vers le 19ème quand il fait la jonction avec Thierry qui avait déjà pris quelques mètres. Il y a là aussi David Antoine, quintuples vainqueur de l’épreuve, qui avouera par la suite, n’être pas aussi entraîné qu’auparavant mais qui fait toujours peur à tout le monde, eu égard de son magnifique palmarès. Et puis enfin, Samson Kiplagat. Et oui, vous avez bien entendu, un Kenyan sur le Médoc. Ce n’était quasiment jamais arrivé. Il a annoncé à l’engagement un record à 2h20’. Tout le monde se prend à penser que le marathon le plus festif du monde ne va pas non plus échapper au vent des haut-plateaux africains… Mais Samson n’était pas le frais du lot. Il tient jusqu’au semi et commence à craquer. On le reverra plus. David Antoine, plus sage, a été le premier à lâcher sur le démarrage de Thierry, mais il sera aussi le plus à même de gérer sa remontée. Et finalement il va aller chercher une belle deuxième place, à deux petites minutes du vainqueur du jour. Pas si mal ! Derrière ces quatre là, qui, il faut bien l’admettre, étaient donc au-dessus du lot, même si le Kenyan n’arrivera jamais à Pauillac, une belle bagarre va aussi se dérouler pour les places d’hon- neur. Un petit groupe va se former, se défaire, s’entredéchirer… Une poignée d’hommes à la quête d’une cinquième place au classement qui deviendra donc pour finir une quatrième place ! Chanu, Morvan, Bruel, Destrade, Ingles, Ferreira, Davion…. Ils seront constamment en ligne de mire. Une fois Patrice Bruel, parti plus

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La course F DU SUJET ..dans la réalité ! 7 vite, semblera en mesure de prendre quelques mètres. Et puis une autre fois, c’est Christophe Morvan qui s’en va. Et puis qui flanche un peu. Et finalement Mathieu Davion, qui lui, est parti beaucoup plus prudemment, finit comme un boulet de canon. Dans les deux derniers kilomètres, il ramasse même Christophe qui ne peut pas suivre. Il prend cette belle quatrième place en 2h36’. Chez les féminines, une athlète ressortait de tous les pronostics : Stéphanie Viaud Briand. Et elle n’a pas déçu. Elle qui avait remporté la mise à la surprise générale, il y a deux ans, empêchant donc la marche en avant de Nathalie Vasseur qui en était déjà à dixième victoire, ne revenait pas pour faire de la figuration. Et on a pu le constater d’entrée. Bien épaulée par son mari, Joël, qui lui a servi de lièvre un moment avant de suivre le rythme à son tour, elle a pris d’entrée les commandes. Nathalie, onze fois lauréates ici, puisque l’an dernier, elle était remontée donc sur la plus haute marche du podium, en l’absence de sa grande rivale, est dans un groupe d’hommes, un peu en retrait. L’écart n’est pas immense mais elle sera victime d’une chute sur des pavés, vers le 36ème kilo et mettra pas mal de temps à s’en remettre. Dommage ! Elle finit deuxième tout de même… mais à 8’. Stéphanie, elle, est vingtième au scratch et double la mise sur une course, qui décidemment, lui va comme un gant ! Sarah Dinclaux complète le podium, mais à près de 25’ de la gagnante du jour ! Mais bien sûr, tout cela s’est déroulé dans la réalité des châteaux du Médoc, car pour tout le reste, pour tous les déguisés, tous ceux qui ont profité des dégus- tations et autres divertissements, il fallait se plonger dans un monde étrange et parallèle… dans de la science-fiction. Il tarde déjà tellement de fêter le 30ème anniversaire ! Rémy Jégard

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8 La course LES REACTIONS “Je suis tombée et...” Thierry Guilbaut (vainqueur) “Franchement cette année, je savais que ce serait compliqué car le niveau me semblait tout de même plus dense que les autres fois. Il y avait le Kenyan, et puis David Antoine aussi très motivé sans oublier Thomson Fraser qui est capable de tout. Bref quand c'est parti sur des allures très hautes, j'ai préféré d'entrée lever le pied. J'ai entendu quelques journalis- tes dire tout de suite que je n'étais pas dans un bon jour, mais bon sur le Médoc, il vaut mieux savoir gérer. C'est une épreuve pas facile. Du coup j'ai fait ce qu'il fallait et quand je suis parti après la mi-course, je me sentais bien... J'ai un peu souffert sur la fin, mais bon c'est une nouvelle victoire et même si je suis encore loin du record de Philippe Rémond, cela fait une de plus !" en gérant bien, je reviens en deuxième place et finalement je finis pas si loin que ça. Mais bon Thierry est très fort en ce moment et cel n'enlève rien à son exploit. Il est vraiment dur Médoc. J'ai donc battu Nathalie... Cette année, c'était donc un peu différent pour moi. J'étais attendue, repèrée... et je suis très contente de l'emporter. Je suis bien épaulée par mon mari, à battre. Je vais essayer de revenir mieux pré- même si il a quelques difficultés à suivre à un David Antoine paré l'an prochain, même si avec l'âge c'est de moment donné. Mais bon c'est ma deuxième plus en plus difficile..." ici et j'espère pouvoir revenir." (deuxième) “J'ai fait de mon mieux mais je n'ai pas Stéphanie Viaud-Briand Nathalie Vasseur préparer l'événement comme je le souhaitais. Bref je n'étais pas au mieux de ma forme et (1ère femme) (deuxième) c'est dommage car cela aurait pu être serré jusqu'au bout. Mais bon là pour le coup, je ne peux qu'être satisfait de ma performance car longtemps je me suis retrouvé en quatrième position et puis en restant prudent, “Je suis venue, il y a deux ans, pour gagner à al surprise générale et j'ai eu l'impression alors que cela avait été un peu mal perçu parce que personne ne m'attendait vraiment sur le “Je savais que cela serait difficile car Stéphanie est une grande championne, mais je pense avoir fait mieux que de résister jusqu'à ce que je tombe vers le 36ème kilomètre. Je sais pas ce qui s'est produit. Manque de lucidité, fatigue, en tout cas j'ai glissé sur des pavés et je me suis affalée. Je me suis ouvert la bouche et j'ai mis un moment avant de repartir. Heureusement que Yves Bruneau était là. Il m'a attendu, il m'a encouragé jusqu'au bout et je finis tout de même en moins de 3h. Je suis déçue, c'est certain. Mais je n'y eux rien, c'est ainsi !" Cyril Chanu (septième) “D'habitude, je fais surtout des trails. Mais là comme j'ai changé d'entraineur, on s'est orienté vers un marathon pour voir un peu ce que je pouvais faire. Et là avec 2h40' au compteur sur ce genre de parcours, je suis vraiment content. Cela veut dire que mes efforts ont payé. Je fais une belle course en remontant de l'arrière !"

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Les insolites 9 UN DEFI A PART "La boule au ventre..." Grégory Mouyen a 31 ans. Il est hémiplé- cités physiques et mentales nécessaires pour gique suite à un AVC enfant. Pour lui le concrétiser mes rêves sportifs. Finalement je Médoc est un vrai défi.... suis assez fier d’avoir réussi à dépasser mes "Licencié à Bordeaux Athlé, je bénéficie des difficultés et surtout d’être considéré comme conseils d’Eric Dubus, mon entraîneur, et du un valide. Il faut croire en la vie et de dépasser soutien de mon partenaire en particulier Isoxan ses rêves ...Bien sur les efforts sont deux fois Sport . Je suis né le 24 mai 1982 à Mont de plus importants, mais quel bonheur de pouvoir Marsan, j’ai passé mon enfance à Morcenx, aller jusqu’au bout! J’ai également participé et j’ai découvert la course à pieds à 18 ans. deux fois au marathon des Sables avec mon Cette démarche est importante pour dépasser père, en 2012 et 2013, et je suis arrivé au bout un handicap et rêver. En effet, petit, j’ai été de l’épreuve à chaque fois. Je craignais être victime d’un AVC (accident vasculaire céré- encore trop fatigué du MDS pour enchaîner bral), et je souffre d’une hémiplégie gauche. sur le Médoc, mais grâce aux personnes qui Après 10 ans de pratique, je fais mon premier m’entourent et à mon mental d’acier, je me marathon en 2010 à Paris et puis un deuxième suis remis à courir en juin. J’effectue trois à dans la même année. La course à pied donne quatre entraînements par semaine, sur les un nouveau sens à ma vie. Cela me donne la capacité à affronter les événements de la vie et me permets de délivrer de l’énergie dans tout ce que j’entreprends. A priori cet handicap n’aurait pas du me permettre de pratiquer la course à pied, mais avec le soutien de mes proches (passionnés également de course à pied), j’ai réalisé que je possédais les capa- quais de Bordeaux principalement, un endroit magnifique pour courir. Je rencontre également d’autres passionnés à l’occasion de sessions spéciales qui sont organisées chaque semaine (a2 running). Ce matin donc, j'ai pris le départ de mon deuxième Médoc avec la boule au ventre, comme à chaque fois, en tant que Handisports nous partons un quart d’heure plus tôt, nous sommes quatre, deux joëlettes, Philippe Croizon et moi. Je suis surpris de terminer en 5h20, je suis deuxième handisport, mais l’essentiel était de finir et surtout en bonne santé Je suis heureux d’avoir fini ce marathon qui est très dur... Il me tarde de faire mon neuvième 42,195 bornes, et j’aimerais faire le dixième avec mon amie." UN CHAR DANS LE PELOTON "Nous, c'est la Denrée !" C’est un des chars les plus remarqués de cette édition du Médoc. La fameuse soucoupe volante et sa célèbre soupe aux choux. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ces extra-terrestres à la descente facile ! « Nous sommes une quinzaine de potes de Saint-Brieuc en Bretagne » explique Claude, d’emblée, à peine remis de ses 6h d’efforts et d’émotions. « Nous avons pris l’habitude de nous retrouver au Médoc. C’est comme un pèlerinage. Moi à titre personnel, cela fait ma huitième participation, mais il y a quelqu’un du groupe, Gérard, qui a participé quatorze fois… L’an passé, pour le thème de la révolution, l’idée nous est venue de le faire en équipes, tous ensemble, et donc naturellement de créer un char… Nous étions habitués à le faire en individuels chacun de son côté et de nous retrouvez pour faire la fête après et avant. Là c’était un autre challenge, un autre concept aussi… » Mais si l’idée de la soupe aux choux et de son extraterrestre est venue assez facilement, il a bien fallu construire la fameuse soucoupe et pour se faire, c’est le grand-père de Guillaume, l’un des coureurs, qui habite à Boulazac, qui s’y est collé. « C’est lui qui s’est proposé d’emblée » poursuit Claude, surnommé Le Glaude pour l’occasion. « C’était suite à un repas chez Guillaume et comme Pierre, son grand-père, venait de prendre sa retraite et surtout qu’il était un sacré bricoleur, il a dit banco tout de suite. » Après quelques jours de travail, la soucoupe voit le jour. Solide mais hyper légère, faite de cartons et polystyrène. Delphine, elle, la compagne de Guillaume, s’occupait pendant ce temps de confectionner les costumes. Et comme on le voit bien sur la photo, les petits bonhommes jaunes ont fait fureur depuis. « Cela, c’est très bien passé… On a vraiment profité au maximum des ravitaillements. La soucoupe avançait tout le temps et certains qui en profitaient un peu plus pour boire et manger nous rattraper par la suite et on se relayait. Ainsi tout le monde s’est vraiment bien éclaté. L’expérience est à renouveler, c’est certain ! » Tout le groupe pouvait donc logiquement aller récupérer son carton de bouteilles de grand cru. Les Claude, Henri, Thierry, Gérard, Guillaume, Corinne, Delphine, Jérôme, Yannick, Philippe et j’en passe, pensaient déjà à poursuivre la fête tard le soir sur les quais de Pauillac avant le retour sur la Bretagne !

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10 Le vécu A L’INTERIEUR “Et bientôt j'aperçois le ta Pour Une vie de coureur à pied , ce sont bien sûr des milliers de kilomètres parcourus mais aussi une vie intérieure riche de toutes les pensées qui vivialité partagée et quelque chose qui vous Bouchemit. Ils courent tous pour des Châteaux dit qu’il va aussi falloir courir pour les autres , concurrents : il faudra s’efforcer de les distanpour l’équipe , quoi ! Je suis content de revoir cer. Au fait , une pensée me vient : je n’ai pas ces visages maintenant familiers : entre autres vu mes parents ce matin , sans doute perdus , Christophe Rey , Ludovic Dimi , Anthony Rey dans la foule bigarée … Bah , qu’importe ! accompagnent notre pratique , avant , , notre capitaine et bien sûr Thierry Guibault , Je sais qu’ils sont là pour me soutenir , avec pendant et après l’effort… vainqueur de la précédente édition , notre fer Hira , et cela participe à me remplir d’énergie de lance … Nous échangeons des mots sur , d’autant que je me sens plutôt bien . Tandis Cette année , au moment d’ aborder mon sixième Médoc et mon 104 ème marathon , c’est plutôt l’incertitude qui m’habite , quant à mon état de forme et à ma capacité même à gérer la distance du marathon , que je connais pourtant bien . En effet , ma dernière expérience sur la distance a été plutôt décevante , au marathon de Sauternes que j’ai bouclé péniblement en 2h 53 , en ayant même marché par instants . Rassuré quand même par mes derniers entrainements du mois d’ Août , je reste quand même serein et goûte la satisfaction d’emmener avec moi mes plus fidèles supporters : mes parents et ma compagne , Hira . Nous faisons donc route pour le Médoc , le vendredi 6 septembre au soir : les amis de l’équipe Brane -Cantenac nous attendent au château pour la « pasta » offerte par Henri Lurton , le propriétaire du domaine . C’est cela « le Médoc » : des instants de con- nos dernières compétitions et nos attentes concernant la course du lendemain . Tandis que je m’adresse aux uns et aux autres , une petite voix me dit « Tous ces gars sont de bons coureurs , des sportifs confirmés : serai-je à la hauteur ? « Comme si j’étais un débutant : eh oui , on est toujours dans le doute avant un marathon , c’est bien ce qui fait de cette épreuve une aventure passionnante ! En attendant , histoire de relâcher un peu la pression , nous nous délectons des nectars qui trônent sur les tables : je mets un point d’honneur à courir le Médoc avec du Brane - Cantenac dans les veines … Lever matinal le lendemain et départ sans tarder pour Pauillac , d’où nous nous élancerons pour 2 heures et demie ou …6 heures pour d’autres . Au « Médoc » , on a le temps , si on veut se le donner ! Pour l’heure il s’agit d’arriver à Pauillac sans se laisser coincer dans les bouchons : à 7 h 30 il y a déjà affluence …A qu’une espèce de cosmonaute suspendu à des ballons au-dessus de nos têtes finit d’exécuter sa chorégraphie aérienne …ça y est : le départ est donné ! Le rythme adopté par les premiers me convient et je décide donc de rester aux avant-postes tant que je le pourrai …tout en repensant quand même à la promesse que je m’étais faite d’adopter une stratégie d’attente , une tactique prudente : je me laisse porter par l’instant et goûte la satisfaction de me trouver à nouveau parmi les leaders d’un marathon …C’est aussi un peu pour cela que je cours : pour essayer d’être devant . A ce moment là , j’ai complètement oublié la multitude chamarée qui , derrière nous , va son train de sénateur : il y a vraiment plusieurs courses dans la course au « Médoc » , mais finalement chacun peut faire ce qui lui plait et aborder l’événement comme il l’entend . Un esprit de liberté souffle sur cette épreuve : David Antoine , mutiple vainqueur de la compétition , côtoie notre entrée dans Pauillac Batman ! , nous plongeons d’emblée Me voilà donc dans le poloton de tête du dans l’ambiance carnava- Marathon du Médoc après seulement trois lesque de cette épreuve : kilomètres courus , mais qu’importe, je suis des créatures vertes , des déjà très content d’y arriver et cela me met sur monstres rouges et autres de bons rails : je peux quand même m’appuyer êtres improbables nous sur mon expérience et je sais qu’un marathon barrent la route …bienve- est peut-être d’abord un parcours mental où il nue en Science - Fiction , faut s’efforcer d’entretenir des pensées posi- thème retenu cette année tives pendant deux heures trentes pour aller par les organisateurs . au bout … De plus , mes jambes répondent D’ailleurs , les copains de bien et je suis tout à ma satisfaction de voir l’équipe arborent un dégui- que je suis le rythme de Christophe Morvan , sement gris ( couleur « que j’ai connu sur la France en Courant , et qui soucoupe volante « si l’on est assurément bien plus rapide que moi …Il veut ) avec un couvre-chef faut donc veiller à ne pas se brûler les ailes : surmonté d’un globe de en ce début de course, tout est une « question cette même couleur. Celle d’équilibre » , comme dirait Francis Cabrel , du ciel ce matin ! Le ciel dont les qualités de coureur à pied ne sont est donc de plomb et l’air néanmoins pas démontrées à ce jour ! frais …conditions à priori Mais plutôt que de nous égarer , revenons favorables pour l’exercice au milieu des vertes vignes du bordelais , qui nous attend. Après parsemées de châteaux et autres domaines avoir dû abandonner préci- tous plus majestueux les uns que les autres pitamment Hira qui m’ac- , où le 29ème marathon du Médoc déroule compagnait vers la ligne son long ruban de bipèdes aux accoutrements de départ , pour aller me bigarrés et souvent farfelus . J’atteins le 8ème placer aux avant-postes et kilomètre en à peine 29 minutes , tout content attendre le coup de pistolet d’être encore aux côtés de Christophe qui, du starter , je retrouve mes peut-être surpris de me voir là , me prodigue amis coureurs souvent des conseils de modération , tout en m’infor- croisés sur les compéti- mant du rythme plutôt soutenu qui est le nôtre tions aux quatre coins de : nous sommes, me dit-il ,sur les bases d’un France : Manuel Ferreira temps de 2h 34 à l’arrivée , ce qui est une , Denis Bismes, Mickaël perspective raisonnable pour lui mais …beau-

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Le vécu 11 R DU PELOTON apis rouge du marathon...” coup moins pour moi , surtout sur un parcours aussi exigeant et vallonné … J’ai peut-être déjà commis l’irréparable en partant trop vite , me dis-je alors . Tant pis ! On verra bien : pour l’instant les quelques faux-plats et autres allées de graviers déjà passés ne m’ont pas entamé et je goûte au plaisir de courir avec Christophe , que j’apprécie par ailleurs . Et puis une autre pensée me fait avancer : nous avons quand même laissé derrière nous des gens comme Manuel Ferreira , Ludovic Dilmi ou Matthieu Davion , marathoniens confirmés s’il en est … Je viens d’ailleurs de décrocher aussi Francis Inglès , très bon coureur de la région bordelaise, vainqueur notamment du Marathon des Côtes de Blaye et dont le potentiel est sans nul doute supérieur au mien : décidément , je me sens bien ! Christophe est toujours là , quelques mètres devant moi : j’ai quelque part décidé qu’il serait mon baromètre sur cette course . Son éloignement éventuel pourrait bien sonner comme un avis de tempête …Donc je veille au grain …attentif au moindre signe de « changement de temps » . Nous arrivons bientôt au 16ème kilomètre et un certain R.J , journaliste sportif de son état , me demande si mes sensations sont toujours au beau fixe . «- Oui , mais ça ne veut rien dire » : telle est est ma réponse car je sais que le marathon ne livre jamais son verdict aussi tôt . Je me laisse pour l’instant porter par l’enthousiasme du public , étant encore assez lucide pour taper dans les mains des gamins qui nous tendent leurs petits doigts dès qu’ils le peuvent : leur manière à eux d’être avec nous dans l’effort ,dans cette communion festive et populaire avec les extra-terrestres du bitume ou les monstres courants multicolores aux allures pachydermiques , qui se font plus nom- breux à mesure que la caravane des coureurs égraine sa joyeuse multitude . Cependant , c’est sous les vivas d’un public enthousiaste que les coureurs les plus à l’avant de la course rentrent dans Pauillac pour franchir le seuil du semi -marathon … Je suis de ceux -là mais …quelque chose a changé depuis tout à l’heure : je ressens le besoin de m’ « accrocher » à des signes rassurants . Je voudrais apercevoir Hira et mes parents . Et là je pense Oserai-je l’avouer ?? « Décidément …! Depuis qu’ils viennent me voir sur des courses , ils ne sont pas fichus de se placer correctement !! » Mauvaise foi , bien sûr , mais il est un moment où il faut savoir s’exaspérer de n’importe quoi , comme pour entretenir une espèce de colère qui aide à avancer lorsque l’effort devient pénible …Oui , je sens que le vent tourne pour moi au 23ème kilomètre : Inglès , Davion et Ferreira sont revenus dans mes pattes , alors que je commence à serrer les dents . Manuel Ferreira a beau être un ami , il affiche un sourire insolent de facilité qui me met hors de moi , surtout qu’il a pris depuis quelque temps la « fâcheuse » habitude de me laisser sur place au bout de 25 kilomètres ! Piqué au vif , je me lance dans un sprint suicidaire de quelques hectomètres ..! Pur bluff ! Nous ressortons de Pauillac et le parcours se fait nettement plus vallonné : les montées qui s’accumulent , le gravier qui fuit sous la semelle dans les allées des propriétés. Les cuisses commencent à s’asphyxier . Je cherche à boire à tous les ravitos. Un ballon de rouge ? Non , merci ! Je n’ai pas la tête à ça. Christophe a disparu de mon horizon depuis plusieurs kilomètres …Inglès m’a décroché , lui-même dépassé par Matthieu Davion. Seule consolation , je n’ai pas vu revenir Ferreira …A présent , les accla- mations du public m’apparaissent comme des vociférations et le son des cuivres des bandas m’agresse …Je suis mieux dans mon effort dans les portions où le tumulte populaire est moindre : je peux entendre à nouveau les messages que m’envoient mes mollets maintenant durcis par la lassitude …Je m’octroie quelques ravitaillements impromptus : un peu de raisin « chipé » sur le cep , Médoc oblige …Je vois se profiler la côte interminable qui mène au Cos d’ Estournel , majestueuse propriété juchée sur sa crête : on approche du trentième kilomètre…le début de la fin , sur marathon . Cette côte est un peu le « juge de paix » sur le Médoc : la passer correctement , c’est voir s’ouvrir le sésame d’une fin de course réussie. A défaut le chemin de croix peut commencer ! Mes muscles se tendent donc vers le sommet de cette butte , où une foule conséquente s’est massée : j’ai l’impression de monter assez aisément et cette sensation me redonne le moral . C’est alors que j’aperçois à nouveau Francis Inglès , comme englué dans la terre des sentiers qui traversent les vignes : ses pieds semblent « fichés » dans le sol , sa grande carcasse apparait bien pesante …rien d’extra-terrestre , ni même d’aérien là dedans. « Je vais bien mieux que lui ! » : cette seule pensée va me porter sur les dix derniers kilomètres , tout comme la vue du kényan annoncé comme favori , mais que je trouve déambulant comme une âme en peine au milieu des ceps , vers le 36ème kilomètre . Je rejoins le bitume et entame la longue ligne droite longeant la Gironde habité par les pensées positives que je dois à ceux que j’ai vu défaillir : merci Francis …! Alors que j’entends à nouveau le micro de l’animateur , présage d’un retour prochain vers la ligne d’arrivée , j’ai la conviction que je ne baisserai plus de rythme et j’atteins le célèbre stand de « l’entrecôte »( réjouissances carnées arrosées des meilleurs crus pour qui le souhaite ) animé de toute l’énergie que je peux encore mobiliser. Bientôt , le tapis rouge de l’arrivée qui fait de chaque arrivant du Médoc la star incontestable du film animé et coloré de son aventure personnelle. Mon long métrage à moi aura duré 2h 41 cette année , avec en guest -stars pour la réussite du scénario: Christophe Morvan pour la première partie , et Francis Inglès pour le dénouement . Merci , chers héros malgré vous de mon film médocain …Mais ce n’est que le mien … Chacun des huit mille participants a le sien , et tous , nous garderons de ce Marathon du Médoc , cuvée « Science-fiction »2013 ,des étoiles plein la tête ! P. Bruel , marathonien …parfois dans la Lune

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12 L’organisation RENCONTRE AVEC JEAN-MARC DESTRIBATS L'homme des 6h30 ! Jean-Marc est surtout connu des coureurs parce qu’il porte dans le dos la pancarte, la fameuse pancarte du chrono à ne pas dépasser « 6h30 » et qu’on le voit ainsi de loin. Pour chaque coureur, quoiqu’il arrive, il faut absolument finir devant JeanMarc pour pouvoir prétendre aux multiples cadeaux d’après-course… et comme à chaque fois, la limite du temps est un peu étirée pour approcher allégrement des 7h. Bonjour, Jean-Marc. Pouvez-nous dire déjà comme vous en êtes arrivés à jouer ainsi les maîtres du temps ? Oh pour moi l’histoire du marathon du Médoc remonte à plus de 23 ans. J’ai débuté en 90. Au début j’ai surtout couru les éditions. J’ai dû faire 3h16’ pour mon meilleur chrono. Mais je me souviens d’avoir participé avec un ami à la Vasaloppet, célèbre course de ski de fond internationalement reconnue, et comme il connaissait bien les organisateurs du marathon, j’ai aussi sympathisé avec eux. Cela s’est donc fait naturellement. Quand j’ai un peu moins couru, je suis passé de l’autre côté de la barrière. Je me suis beaucoup occupé de la zone d’arrivée et départ et depuis cinq ou six ans, j’ai accepté ce rôle d’homme-balai. Moi j’aime bien car cela me permet de rester en contact avec les coureurs, de trottiner aussi un peu. Mais bon je suis aussi au conseil d’administration de l’association et puis le samedi soir, je suis à fond sur le village des partenaires ! » On sait bien que dans les der- niers concurrents, certains trainent aussi joué au rugby en 1ère division à Boucau et trainent tant et plus et qu’il y en a « C’est vrai que je suis dans le vif du sujet à l’époque. J’ai toujours baigné dans le sport même chaque année qui sont refou- et donc souvent avec ceux qui en profitent à et au Médoc, j’y trouve vraiment mon compte. lés sur le tapis rouge car ils arrivent fond, si je puis dire. Je pourrais raconter des Bon par contre, comme je compte bien passer hors-délai. Ce n’est pas trop dur tas de choses, mais encore aujourd’hui, il y en ma retraire du côté de Bayonne, ma région comme rôle finalement ? a qui a eu vraiment beaucoup de mal à finir. Au d’origine, je ne serais peut-être plus autant 35ème kilomètre déjà, il était dans état piteux impliqué dans l’association. Je vais voir. » « C’est vrai qu’il faut faire un peu le gen- mais on l’a reboosté, on la portait et à la fin, il darme mais cela se passe le plus souvent dans nous a vraiment remercié. Cela fait partie de Un petit mot pour conclure ? la bonne humeur. Les coureurs savent qu’ils notre rôle. Pas juste de symboliser le temps doivent terminer devant nous. C’est la règle et limite ! » « Oui j’adore ces marathons et épreuves liées nous sur certains ravitos, on leur met un peu la au challenge de la convivialité. Pour moi c’est pression et les forcent à repartir. Ils nous tapent Et toi personnellement, tu ne fati- l’essence même de la camaraderie. Les gens souvent dans le dos pour se rassurer, pour se gues pas un peu ? Cela te plait tou- font du sport et ne se prennent pas la tête. persuader que c’est la limite du temps. Sinon il jours autant ? J’ai déjà participé au marathon du Cognac y en a certains qui resteraient des heures dans par exemple. L’association y va chaque année certains châteaux et on n’arriverait jamais à « Ah oui vraiment. C’est énorme de voir tous pour donner un coup de main mais cela ne clore le marathon… » ces déguisements, toutes ces joies, ces émo- m’empêche pas de courir. Je pense aussi au tions. Je ne m’en lasserai jamais. J’ai 62 ans Beaujolais. Bref j’ai vraiment beaucoup de Du coup, tu dois avoir des tas et je compte bien le faire tant que ma santé me chance. Je sais en profiter. » d’anecdotes en mémoire ? le permettra. J’étais éducateur sportif et j’ai

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Les indiscrétions 13 récupération du marathonien, la femme mara- thonienne, courir en chaussures minimalistes Les anniversaires Le tout se déroulant comme à l'habitude à la maison du tourisme et du vin de Pauillac. Vingt. Ni plus, ni moins. C'est le nombre d'anniversaires aui aura été fêté durant le Le stand des "Petits Creux" jour du marathon. Il faut bien avouer qu'il y a pire endroit pour se retrouver entre potes et La tente "tendresse" devenue celle des s'amuser comme il se doit... "Non déguisés, "Petits Creux" depuis 2009, est toujours tenue s'abstenir pour venir à mon anniversaire !" Ah, par les "joyeux tartineurs". Elle a une nou- ah, là ça coule de source ! velle fois eu de quoi faire pâlir de jalousie un organisateur qui propose des ravitos sur une Les cadeaux épreuve quelconque. On y trouve absolument de tout. Du café, de la bière, des jus de fruits, Au retrait des dossards déjà, vous êtes gatés de l'eau, du coca, mais aussi des tartines au pâté, à la crème, des gâteaux, des fruits frais (prunes, pommes, raisins...), des yaourts. Le coureur grâce à son dossard rentre sous une haie de bénévoles avant de s'être fait rafraîchir par un petit brumisateur à la fleur d'oranger et ensuite, il peut se prélasser sur une petite zone bien à lui en face de la Gironde. Avec chaises longues et tables à discussion. Le pied quoi ! Bénévoles garantie... Bravo à eux en tout cas ! Un petit mot pour saluer le travail effectué durant tout le week-end par tous les bénévo- Y a pas d'âge... les... Il y en a environ 3000 affectés à tous les avec un petit livre sur le marathon et un tee- postes et tous les travaux imaginables. Tous Cette année, ils furent seize en tout à prendre shirt, mais c'est surtout lorsque vous passez le un dossard sur le marathon, seize au-dessus fameux sas d’arrivée que ça vaut le coup. Une de 70 ans. Qui a dit que la course à pied ne bouteille grand cru dans sa caissette, une bou- conseravait pas? En tout cas, une fois déguisé teille d’eau, un sac bandoulllière aux couleurs et une fois dans la masse, impossible de dire du marathon, une médaille et toujours une qui a quel âge ! Et c'est pas plus mal comme rose si vous êtes une dame. Sans oublier donc ça, c'est un peu comme au carnaval... cette année le gobelet. Les coureurs les mieux déguisés ou les chars les plus remarquables se Jean-Yvon voyaient remettre un bon pour aller retirer une caisse de bonnes bouteilles, carrément! Quoi? Vous ne connaissez pas Jean-Yvon? Enfin tout le monde a pu recevoir ce numéro Et pourtant c'est une figure du peloton des avec tous les résultats... marathons. L'homme est âgé de... Non, on ne vous le dira pas. Il est vétéran 4, ça est sûr et Et la médecine dans tout ça? certain et un V4 hyper fringant. Cette fois il ter- mine deuxième de l'épreuve dans sa catégorie Le marathon du Médoc est, depuis ses ori- passionnés en tout cas et fiers que leur ville en 3h45'. A trois petits minutes seulement du gines, organisé par des médecins ou autres ou leur région participent à cet événement vainqueur... C'était aussi son deuxième Médoc. personnes très proches du milieu médical. Ce planétaire. Sans eux, on le répète souvent De quoi rajeunir tout ça non? n'est donc pas un hasard si le congrés médico- sur Running Mag, pas de course possible. Un sportif occupe une place aussi importante dans grand repas en regroupait quelques-uns sur Habitué le déroulé du week-end médocain. Ainsi cette les quais de Pauillac le samedi soir autour de deux agneaux à la broche. Ambiance mechoui André Ozanne ne raterait ce marathon du Médoc pour rien au monde. Une sorte de péle- rinage en sorte... Il en est à sa 26ème partici- Qui veut des photos ? pation et même si en tombant quelques jours avant la course, il s'est fêlé une côte, il tenait N’hésitez pas à nous contacter au 06 13 36 vraiment à être là pour participer.... et terminer, 08 87 pour recevoir un CD contenant près pusiqu'il finit tout de même encore deuxième de 300 photos souvenirs qui retracent tout le vétéran 3. Sacré bonhomme tout de même ! déroulement de ce fameux week-end de folie. Cela va de la course évidemment avec tous ses déguisements, en passant par les soirées, la balade, les ravitaillements. Bref beaucoup année, le congrés se tenait le vendredi avec de nombreux sujets au programme tels la d’ambiance ! Retrouvez également tout cela avec en plus des vidéos et des interviews sur le site www.runningmag.fr

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14 La balade et les Mille Pâtes AU CHATEAU Une nouvelle balade UIls étaient 4 000 heureux marcheurs à ne balade de 8 km, dans les vignobles du lourdes pour certains, l’esprit encore endormi avoir troqué leurs costumes de mons- Haut-Médoc, qui alternait entre marais, pour d’autres, c’est dans une ambiance calme, tres, robots, et autres personnages de fiction, contre un taste-vin et venus participer à la balade de récupération, qui a eu lieu le dimanche à Cissac-Médoc. sous-bois, vignes, et dégustations de vin, rythmée par des groupes de musiciens. C’est donc à 10h00 que le départ fût donné, au Château Lamothe-Cissac, superbe bâtisse néo-renaissance du 19ème siècle, où avait eu paisible et bercée par les premiers rayons du soleil, que les héros de la veille et leur famille ont commencé la randonnée. Chacun raconte sa course, ses anecdotes, on montre ses blessures « de guerre », on revit ces instants lieu le diner « Milles-Pâtes » ainsi que le feu magiques de l’arrivée. Après avoir traverser d’artifice du vendredi soir. Les jambes bien une première vallée de vignobles, le long ser- pentin entre dans les sous-bois. On sent que les regards en disent long sur le parcours. Un vrai sentier de trail où il ferait bon courir... Mais la distance de la veille a laisser des traces et Bienvenue au Château Lamothe-Cissac même si l’idée traverse l’esprit, personne ne se voit accélérer le rythme pour reprendre des foulées de course. Pourtant, a en croire certains, c’est pas l’envie qui manque ... Une Le château accueillait pour la première fois cette année le repas Mille-Pâtes ainsi que la Balade première dégustation, à la sortie du bois, de récupération . Cette propriété, gérée par Vincent Fabre, également Président de l’association réveille les papilles mais aussi les esprits . du marathon, appartient à sa famille depuis 1964. Cette double casquette cette année lui aura C’est en costume d’époque que les somme- demandé un gros travail quand à l’organisation du marathon mais aussi des réceptions dans liers accueillent leurs hôtes et l’on se remet son château. a parler en termes techniques... la texture, C’est pas moins d’une trentaine de salariés qui travaillent avec passion et accompagne Vin- la couleur, l’accroche, le nez, la robe …. La cent et sa famille. La bâtisse néo-renaissance à été construite à la fin du XIXème siècle sur file s’étire au fur et a mesure de la balade et les cendres de l’ancien domaine datant du moyen-âge. La propriété fait partie de l’appellation du temps passé sur les étapes. Ce seront en Haut Médoc, cru bourgeois, et s’étend sur 33 hectares, entre Pauillac et St Estèphe . Un cépage tout 12 châteaux présentés tout au long de la composé de 58 % de Cabernet sauvignon, 35 % de Merlot noir, 5 % de petit Verdot ainsi que du randonnée, sur 5 stands de dégustations. Des Cabernet franc, sur des sols composés de terrains argilo-calcaires et de graves argileuses . stands aux ambiances musicales différentes, Le vin est élevé en chêne durant 12 mois environ puis des soutirages sont réalisés afin de lui où l’on a pu s’abreuver au rythme de Rock, de permettre son oxygénation. Le vignoble est âgé d’une trentaine d’année environ ( comme le Jazz, de Pop, et visiter des chais aux décors marathon ! ). Sa robe rubis, ses notes de cuir et de sous bois, en font un vin subtil qui se marie soignés, typiques de la région et aux jardins parfaitement avec des viandes telles qu’un carreau d’agneau ou encore une entrecôte borde- magnifiques. Une belle surprise attendait les laise. participants au retour à Cissac. L’Association Sportive et Culturelle de la commune avait organisé un village gourmand, où là encore on

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La balade et les Mille Pâtes 15 LAMOTHE-CISSAC des gens heureux ! pouvait déguster de fameux vins, mais aussi des huitres, noisettines et bien d’autres agapes du Médoc. Un bel endroit donc, au cœur du village et au pied d’une église du XIème siècle, où étaient dressées des tables pouvant accueillir jusqu’à 2500 personnes . La boucle s’est terminée par une grande réception au Château Lamothe Cissac, où pouvaient déjeuner quelques 1500 marcheurs sous un immense chapiteau monté dans les jardins de la propriété. Mais là, le cadre étant prestigieux, il fallait s’y prendre à l’avance pour savourer ce délicieux repas au milieu d’une scène et d’une piste de danse animée par des danseuses endiablées. Une merveilleuse manière de clôturer cette 29ème édition, superbement réussie ! Une chose est sûre, ils seront encore nombreux l’année prochaine pour fêter l’âge de raison du Marathon des Châteaux du Médoc, et venir profiter de la balade qui aura lieu sur les terres de Margaux. Cyrille Chapuis Vincent Dogna, l'artiste-coureur ! Nous sommes nombreux à rêver un jour de quitter notre boulot «alimentaire» pour vivre de sa passion, d’allier ses talents artistiques à son loisir sportif... ah, le rêve ... C’est ce qu’à osé Vincent Dogna, coureur de fond et artiste peintre. Ce lorrain d’origine, aujourd’hui à Paris, expose ses toiles un peu partout en France et à l’étranger, et notamment sur des courses prestigieuses comme le Marathon du Médoc. Pourquoi sur des courses ? Car le thème de ses toiles, vous l’aurez compris c’est la course à pied ! Pourtant rien ne destinait cet «artiste en jambes» à ce qu’il fait aujourd’hui... « J’ai fait des études de dessins à Paris puis en Belgique dans les années 80 et à l’époque je faisais aussi quelques expositions de peinture en France et en Belgique. ( … ) Ne pouvant pas vivre de ma peinture je l’ai mise de coté et je suis devenu graphiste en agence de communication. En 1992 pour arrêter de fumer , je me suis mis à la course à pied (même si aujourd’hui je fume un cigare de temps en temps, je suis un épicurien...) » C’est donc après quelques kilomètres que Vincent est devenu « accro » et a commencer à enchainer les courses . « J’ai commencé par des 10 puis des semis et enfin je suis passé au Marathon. J’ai couru un peu partout, Paris, Londres, Berlin, New-York, etc… 28 Marathon(s) à ce jour avec mon dernier au Médoc en 2013 » Pourtant, Vincent n’est pas en quête de performance, mais son idée à lui, c’est prendre du plaisir . « Je suis déjà satisfait d’avoir réussi à en faire autant, en commençant le sport à 28 ans. J’ai un record perso en 3h16 à Prague en 2004, mais depuis les temps sont à la baisse, mais ce n’est pas grave, l’important étant d’être suffisamment préparé pour finir sans trop de bobos et de pouvoir profiter pleinement de cette grande messe qu’est le Marathon. » En 2006, une tendinite l’empêche de courir durant six mois, et durant sa convalescence, Vincent ressors les pinceaux. Au bout de 6 mois, il peut recourir et continue en même temps la peinture Mais c’est 3 ans plus tard que les choses prennent tournure... « un peu poussé par mes proches, je décide de franchir le pas et de montrer mon travail artistique. Je commence alors à frapper aux portes du monde du sport et c’est au culot que je décroche ma première exposition au Ministère de la Jeunesse et des sports ! En même temps, mes premiers articles sortent dans la presse spécialisée. La même année, un de mes tableaux « Blue line » est sélectionné au Salon des artistes Français et me voilà à mettre en avant le Running sous la coupole du Grand-Palais à Paris. » Suite à du changement dans l’entreprise où Vincent est salarié et de l’intérêt suscité par ses toiles, il décide en 2010 de quitter son poste et de se lancer corps et âme dans ces deux passions en essayant d’apporter une autre vision de la course à pied. Depuis, il essaye de vivre de sa passion. «J’expose un peu partout où l’on m’invite, en France et à l’étranger. Et comme je suis graphiste de profession, j’ai réalisé des affiches de courses. Je suis ouvert à toutes propositions pour la création d’affiche. » A l’occasion du Médoc, Vincent Dogna est venu exposer de nouveaux tableaux dont un spécialement réalisé pour la 29ème édition « J’en ai profité pour participer à la course avec mon ami Eric d’Xtenex et bien sûr, nous avons cédé aux diverses dégustations de produits solides ou liquides !!, mais seulement à partir du 22ème kilomètre, avant nous avons été sobres.. » Vous pouvez retrouvez tous les tableaux disponibles à la vente ainsi que des tirages d’art, cartes postales, mais aussi les réalisations graphiques de Vincent Dogna sur son site Internet : www.ARTandRUN.com

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