Spécial Marathon du Médoc 2016

 

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Description

Numéro spécial de Running Mag sur le marathon du Médoc 2016

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SPECIAL MARATHON DU MEDOC 2016 RESAUVLELTECASTT SO  U!!S  N°HS - Septembre 2016 à la vôtre !! Tous les classements, tous les interviews, toutes les réactions et toutes les photos !!

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EDITO Le sommaire EDITORIAL  La 32ème édition placée sous le signe de la chaleur et du plaisir malgré des conditions de sécurité hors du commun, dictées par les autorités en réponse à ceux que notre civilisation dérange a été de nouveau un beau succès. The 32th edition of Medoc marathon occured with hot weather and shared great pleasure for more than 8 000 runners in spite of exceptional security measures which were dictated by the Authorities to prevent us all from any possible terrorist action. L’équipe organisatrice vous remercie pour votre compréhension et votre bonne humeur face à ces nouvelles contraintes. It was this year again a great and unanimoulsly recognized success. Le nouveau champion Freddy Guimard a détrôné Thierry Guibault en quête d’un 6ème succès mais Nathalie Vasseur n’a pas laissé échapper sa 14ème victoire !!!! Un remerciement spécial au Château Lamothe-Bergeron pour son implication et la beauté du cadre proposé le vendredi et le dimanche. The Organizing team thanks you all for your full cooperation and good mood. The new winner Freddy Guimard took over Thierry Guibault’s reign in search of his 6th victory, but Nathalie Vasseur caught her 14th victory! A special thank to Chateau Lamothe Bergeron for its implication and the wonderful welcome they offered us on the events of Friday and Sunday. Nos partenaires fidèles que nous remercions ont bien compris l’essence même de ce marathon où se mêlent de grands champions mais aussi beaucoup de coureurs anonymes voire débutants pour une grande partie. We also thank our faithfull Partners as well as the Chateaux of Medoc area who have been supporting the spirit of our marathon where the champions but also many anonymous runners even beginners are so happy to participate. La fête fût réussie aussi et surtout grâce aux 3500 bénévoles qui Our 3 days event could not be a success without the 3 500 volunteers ont à cœur de montrer le Médoc sous son plus beau jour avec cette who are eager to show the Medoc under its best profile with his legendary convivialité légendaire. conviviality. Certains ont oublié cette année, et c’est dommage pour eux, que le marathon devait se courir avec un brin de fantaisie et de déguisement, nous veillerons à l’avenir de remercier comme il se doit ceux qui sont dans l’esprit et spécialement les chars qui ont fait la légende du « Médoc ». Some of you forgot this year, and it’s a pity for them, The Medoc marathon must be run fancy dressed.We shall in coming editions reward esspecially runners who are in this spirit, particularly the carts which made the legend of the « Medoc ». Toujours pas de cachets, donc toujours pas de chasseurs de prime, le Médoc c’est la mise en circuit du sport plaisir avec ses châteaux, ses musiques, ses dégustations variées, ses animations, ses nombreux cadeaux pour tous les coureurs du premier au dernier. No price money, thus no bounty hunters, the Medoc marathon is always and forever a sporting event driven by pleasure with Medoc Chateaux, music bands, unrivaled wine tastings, departure show and fireworks, generous presents for all finishers, from the winner to the last one. Rendez-vous pour ceux qui aiment le sport plaisir pour la 33ème édition où la Gironde et le Médoc vous accueilleront sur le thème : « Le Médoc en musique »… en évitant de faire 33 tours. Bien sportivement, Le Comité directeur We are already looking forward to welcoming you on Saturday, September 9, 2017, to celebrate together the 33th edition of the « Medoc », with the 2017 theme : « the Medoc in Music »… come and check if the run has 33 loops ! Just because our Medoc region is under the administration of the « Gironde » county which got the number 33 ! Best regards, The Organizing team AMCM - 5 rue Etienne Dieuzède - 33250 Pauillac Tél. 33(0)5 56 59 17 20 Site : www.marathondumedoc.com Email : contact@marathondumedoc.com Running Mag est édité par la société R.P. Presse au capital de 400€. Lieu dit "Fourneri" 81500 TEULAT Remy : Tél. 06 13 36 08 87 et Tél. 05 31 22 66 24 E.Mail: krj@sfr.fr et runningmag@sfr.fr Rédaction : Lieu dit "Fourneri" 81500 Teulat Directeur de la publication‑: R. Jégard Gérant de la société‑: Rémy Jégard Ont collaboré à ce numéro‑: Kris - Hubert Rocher - Didier Excoffier- l’AMCM - La famille Couget - Christophe ReyNathalie Wurry - Rémi Boileau Montage‑: Rémy Impression‑: Capitouls à Frouzins N° ISSN‑: 1766-9057 N° CPPAP : 0218K83326 LE SOMMAIRE L’ambiance (P. 4, 5 et 8) On ne peut pas résumer toute l'ambiance d'une épreuve comme le marathon du Médoc en quelques pages seulement. Il y a tellement à dire. Aussi nous vous livrons ici un tout petit aperçu... pour donner envie ! La course (P. 6 et 7) Et pas de sixième pour Thierry Guibault. Freddy Guimard est passé par là et a donc mis fin à la belle série ! Le niveau est monté d'un cran et cela est allé très vite cette année... Et une quatorzième pour Nathalie Vasseur qui reste la grande Madame de ce marathon !

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 L’ambiance TOUT AUTOUR D Des petits moment Une ambiance. Des ambiances. Une dans quelques minutes une horde de coureurs tout. Chaque coureur a son moment. Chaque image. Des images. Une histoire. Des histoires. Le Marathon du Médoc ne peut se raconter entièrement. Il se lais‑ se juste apprivoiser par petites touches d’une année sur l’autre. Il faut venir le vivre. C’est tout ! bariolés et endiablés va déferler en ces lieux. Cela fait partie de la magie du marathon du Médoc. Mélange des genres, mélange des castes. Tout le monde s’attarde à l’écoute de la voix enchanteresse, le son du violon nous attire inexorablement. C’est plus fort que tout. Un peu comme la flûte du jeune homme qui coureur a sa vie médocaine. Je pourrai par exemple vous parler de ces quelques minutes qui ont précédé le départ. Avec ses géants U a envoûté les rats de la fable. Justement le ne violoniste en herbe. Une voix qui thème du marathon est là pour nous rassurer transperce les murs. Comme un petit : « Contes et légendes ». On se laisse donc air d’opéra du côté du château Lafite- bien volontiers charmer par cette joueuse d’un Rothschild. La scène est irréaliste, hors du autre temps, sortie de nulle part. Et tous les temps et pourtant tellement dans le tempo, tel- coureurs à ce moment, du plus rapide au plus lement dans le rythme. Le parc du château est aviné, ne peut que basculer et chavirer. Ici au propre comme un sou neuf. Rien ne dépasse, 36ème km on prend son temps. On s’arrête, on tout est coupé au cordon. En contrebas un petit souffle et on en profite. Inoubliable instant dans lac respire la quiétude et la zénitude. L’allée un décor de rêve digne d’un tableau de Van qui mène à l’entrée du château est nickel, Gogh. L’arrivée est encore loin… et pourtant si ajustée et prête à en prendre plein les miret- proche. Le marathon du Médoc n’est qu’amtes. Plus haut le château et quelques bâtisses biance. Moments éparses et disséminés sur adjacentes sont là pour nous en mettre plein quarante deux kilomètres de bonheur. On peut les yeux. Le décor est planté. Il est sublime. tout raconter en quelques pages. Il faudrait Petit moment d’éternité volé à la société trop des livres entiers pour pouvoir s’épandre sur speedée. Ici on retient son souffle même si les milliers d’anecdotes recueillis un peu par-

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L’ambiance DE L’EVENEMENT ts hors du temps...  déguisés en créatures venues d’autres mon- d’un départ si proche pendant qu’un funam- l’oreille. L’ambiance est partout. Omniprésente. des, d’autres époques. Virevoltant au son d’une bule assurait toujours le reste du spectacle Je pourrai tout aussi bien vous raconter ma musique, une autre, envoûtant et lancinante. Ils sans filet, ni sécurité dix mètres plus haut. On surprise à l’entrée de la grande tente de raviont capté l’attention, ils ont repoussé le stress ne sait plus où donner de la voix, où donner de taillement que tout le monde rejoint une fois la ligne franchie. Moment de fraîcheur, de détente et de retrouvaille. Mais aussi et surtout moment de fête à l’unisson. Ou comment des centaines de coureurs en redemandent et ne veulent plus quitter les lieux. Les Lacs du Connemara de Sardou sont entonnés par tous et jamais la fraternité des hommes ne se ressent autant qu’à des tels instants figés dans l’histoire de nos mémoires. Certains diront que les effluves d’alcool absorbé ici ou là remontent à nos pieuses narines et nous font penser que tout cela est un peu surfait ou provoqué mais qu’en avons-nous à curer ? Le bonheur n’est pas feint. Les hommes et les femmes forment une gigantesque farandole et oublient tout ou une partie de leur vie. C’est tout cela et bien plus encore le Marathon du Médoc. Une autre douce folie en solution de la folie du monde qui tourne pas toujours rond !

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 La course DANS LE VIF Et Thierry a subi Le Marathon du Médoc est d’abord dre présent sur la ligne de départ. Et une une suprématie. Treize victoires à une histoire de personnes. D’amitiés puis il y a la série entamée donc il y son compteur avant de se lancer dans aussi. Personne n’oubliera la saga de a une poignée d’années par Thierry cette nouvelle édition. Voici donc le Philippe Rémond qui a remporté neuf Guibault. Cinq victoires quasi d’affilée. décor planté…. fois l’épreuve et qui malgré le poids Nathalie Vasseur est encore à part. A des années n’hésite jamais à répon‑ son niveau, ce n’est plus une série mais Cette année, le thème du Marathon est donc « Contes et Légendes ». Cela englobe tellement de choses, tellement de possibilités que l’on voit de tout sur la ligne de départ et toutes les couleurs. Même si la Fée Clochette et Peter Pan semblent arriver largement en tête ! Comme quoi, chacun voit un conte à sa porte ! Si l’on peut dire. Cette année aussi, c’est un peu le branle-bas de combat côté sécurité. Je ne vous fais pas un dessin. La France est en « guerre » et les préfectures de partout ne veulent surtout pas prendre de risque. C’est légitime. Heureux tout de même que l’épreuve ait pu avoir lieu, c’est le sentiment général. Les rires, les excès, les débordements en tous genres, sans parler évidemment des dégustations, font tellement de bien à tous que l’épreuve devrait être qua- siment remboursée par la sécurité sociale. On en redemande ! Aussi les sas de sécurité sont nombreux. Quelques rues adjacentes sont éga- lement barrées. Il faut se laisser palper, fouiller.

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La course  F DU SUJET la loi de Freddy ! Mais tout se passe dans la bonne humeur, dans la compréhension. Et tant pis si il n’y a pas autant de foule sur les quais du départ, les spectateurs sont juste un peu plus loin. Et partout sur le reste du parcours. Le Médoc reste immense, inégalable, inimitable. Indestructible aussi. Aussi les organisateurs serrent les dents et se plient aux nouvelles mesures du moment. Ce n’est jamais facile de rajouter des barrières, des bénévoles, des zones de secours et j’en passe quand le dispositif est dans son ensemble tellement gigantesque. A quelques minutes du départ toutefois, alors que tous les favoris se pressent sur la première ligne, la tension palpable retombe d’un cran. Le spectacle, lancé par un funambule sur son fil à dix mètres de hauteur, sans sécurité s’il vous plait (nota : et oui, lui s’en est passé !), n’est que légèreté, allégresse, mouvement et déguisement. Des êtres venus d’autres mondes, hommes et femmes montés sur des échasses invisibles, imposants de grandeur, déambulent et virevoltent. L’effet est garanti. On se laisse prendre au jeu. On se laisse emporter. Moment de poésie qui calme toutes les ardeurs. C’est la séquence émotion du marathon. Une parmi tant d’autres me direz-vous ? Une belle en tout cas ! Mais revenons sur terre. Les favoris se sont laissés prendre à la poésie du moment. Mais pas très longtemps. Dans trois minutes maintenant ; c’est le grand départ. Sur le papier, le grand favori reste Freddy Guimard. Bien sûr, lui n’a jamais gagné le Médoc, il ne connait pas le terrain mais son palmarès plaide en sa faveur. Champion de France en titre du 10km et auteur surtout d’un beau 2h20’ sur la distance alors qu’il n’est pas spécialiste en la matière. Sauf grosse défaillance, il sera dur à battre. Mais sur le Médoc, tout est toujours possible. Tout le monde vous le dira. Le parcours est si exigeant, si biscornu, si unique. Freddy est très concentré. Devant lui se trouve Sébastien Beltran. Lui a déjà brillé en ces terres. Mais il avoue avoir un peu relâché l’entrainement. Il ne sera donc pas de la fête aux premières loges. Juste un peu plus loin, on reconnait Philippe Rémond. Mais c’est une autre histoire. Il y a aussi quelques étrangers dont on ne sait pas grand-chose finalement. Côté féminines, Nathalie Vasseur connait tellement bien son affaire et s’est aussi une nouvelle fois tellement bien préparée pour «sa» course, qu’il sera difficile de «casser» ses plans. Sa chevauchée vers une 14ème victoire. Simplement. Sa principale rivale sera une nouvelle fois, Stéphanie Briand Viaud. La seule qui a pu la battre en quinze ans. C’était il y a trois ans. Tout le monde se souvient encore des larmes de Nathalie. Depuis elle a repris son trône. Et sa marche en avant. Les deux femmes se sont même échauffées ensemble. Peut-être un signe finalement que tout est déjà joué. On verra bien. Après un premier kilomètre, comme à l’habitude, où tout le monde essaye de se montrer sur la photo et donc où ça va très vite avec un passage en 3’, on rentre dans le vif du sujet. Freddy prend très vite les commandes de la course. Il se sent bien. C’est lui le favori aujourd’hui. Thierry Guibault est déjà en retrait mais loin d’avoir abdiqué. On le connait. Un troisième homme a décidé de s’inviter à la messe. Il s’agit du Suédois, Frédrik Uhrbom. Inconnu chez nous, mais rapide sur une certaine distance. Il suit donc le rythme de Freddy durant quasiment quinze bornes. Puis calera. Et puis finira beaucoup plus loin. Vers la douzième place. A partir de ce moment-là, le duel se jouera donc à distance. Freddy ne cessera de relancer le rythme, de maintenir la cadence. Toujours à demander son écart avec Thierry. Toujours à s’inquiéter finalement. Comme craignant un coup de moins bien, une défaillance. Elle ne viendra jamais. Freddy est léger, bien positionné, la foulée est ample et les pieds tapent quasiment les fesses à chaque retour de foulée. C’est énorme. Pas économique bien sûr mais en tout cas magnifique à voir. L’écart se creuse. 2’ au passage du semi. Pas tout à fait même. On pense encore que Thierry peut revenir. Mais il commence à donner des signes de fatigue. Il n’est pas dans un de ses grands jours. Il ne pourra rien faire. Il finira même avec plus de 5’ de retard. Freddy signe un beau 2h25’44’’, véritable exploit sur ce parcours. On se souvient que lors d’une de ces cinq victoires, Thierry avait tout de même réalisé 2h26’35’’. Ce n’est pas si loin. La bagarre aurait pu être plus serrée sûrement. Adrien Guiomar complète le podium. Ils ne sont que 29 à passer sous la barre des 3h et parmi eux, bien sûr, l’éternelle Nathalie Vasseur. Pour elle, métronome parmi les métronomes, tout s’est joué très vite. Vers le 15ème km, Stéphanie Briand Viaud est encore dans le même groupe qu’elle, mélangée à une dizaine d’hommes. Un peu plus loin, elle lâche prise. Elle ne réalisera donc pas l’exploit de 2014. Et se fait même doubler par une étonnante bretonne, au doux nom de Sandra Gouault, qui n’en demandait pas tant. Elle qui rêvait juste d’une place sur le podium, était la plus comblée des femmes, une fois la ligne passée ! Mais évidemment, cette fameuse ligne, quatre heures durant, sera le théâtre de tellement de joies, tellement de détresses, tellement d’émotions, tellement de beauté aussi, tellement de félicitations, tellement d’embrassades, tellement de lâchers prise que l’on ne peut qu’en oublier tout le reste et en redemander forcément déjà ! Vivement donc la 33ème édition. Vite, vite !! Rémy Jégard

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 Les à-côtés UN CHAMPION HABITUE Mon 20ème Médoc ! Christophe est un habitué du Médoc. Et des premières places, qui plus est. Partons avec lui quelques minutes dans son aventure... Récit ! Cette 32ème édition du marathon du Médoc, « LE MEDOC » comme on dit, aura donc été le théâtre de ma 20ème participation à cette course hors norme. Hors norme pour son ambiance, son profil, ses paysages, ses dégustations … mais aussi car le départ et l’arrivée sont à Pauillac, ville où j’ai passé mes années de lycéen. Donc au-delà de tout ce qui peut rendre cette course extraordinaire, elle est pour moi LA course à ne pas rater, mes championnats du Monde comme j’aime à le raconter. J’y retrouve chaque année ma famille et mes amis médocains, trop longtemps perdus de vue depuis que j’ai quitté cette région en 1991, année où j’ai participé pour la 1ère fois à cette épreuve. Alors chaque année depuis 1991, rien ne peut m’empêcher de rejoindre ce vignoble girondin. C’est vrai, il y a bien eu quelques absences pour cause de blessure ou empêchement, mais le cœur y est à chaque fois comme on dit. Et puis au-delà de tout ceci, depuis quelques années, j’ai la chance de concourir au sein du challenge des châteaux dans l’équipe du château Brane Cantenac. Depuis 2 ans, je suis d’ailleurs responsable de l’inscription des marathoniennes et marathoniens qui composent cette équipe et de l’organisation du WE, avec l’aide de Marie-hélène, car il s’agit bien d’un WE et non simplement d’une course … on pourrait même parler de pèlerinage. Le vendredi, tous rejoignent le château pour 19h30, par les airs, le rail, la route … tous ont hâte de se retrouver au château où le propriétaire, Henri Lurton, remet les dossards aux protagonistes du lendemain matin. Henri accompagne toujours cette remise d’un coffret de plusieurs de ses flacons à chacun d’entre nous, histoire de bien planter le décor ! C’est aussi l’occasion de récupérer les déguisements confectionnés par la maman d’un coureur, cette année c’est en Peter pan et Fée clochette que nous prendrons le départ. Nous tenons absolument à nous déguiser même si nous ne le cachons pas, nous essayons d’obtenir le meilleur résultat possible. La traditionnelle photo de groupe est prise. Allez, c’est l’heure de rejoindre le départ, 20 Peter Pan et Fée Clochette flanqués du maillot Noir et Or de Brane Cantenac (couleurs de l’étiquette) se dirigent vers la ligne. Tiens, apparemment nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée de déguisement …. 09h30, après un magnifique spectacle au-dessus de nos têtes et le passage d’avions de l’Armée de l’Air, nous nous élançons pour « 42 km et des brouettes » (c’est comme ça au Médoc, l’essentiel n’est pas là) à travers vignes, propriétés, villages. Les premiers kilomètres se passent sans encombre jusqu’au premier « test œnologique » où un concurrent parti très vite et déguisé en « petit chaperon rouge mi-fée mi-diablotin » me tend un verre de vin. Dans l’euphorie, je le prends et en bois une partie du contenu. Déjà dans les 20 premiers, cela provoque une vague d’encouragement du nombreux public placé à cet endroit. J’espère très vite que je ne le regretterai pas mais mes jambes ne m’en tiennent pas rigueur. Les kilomètres s’enchainent et je reviens sur Antoine, également dans mon équipe. A ce moment-là nous sommes 17 et 18ème et 6 et 7ème de l’équipe Brane Cantenac, les 5 premiers comptant pour le classement. Le premier semimarathon est le plus facile, quelques faux-plat qui épousent le profil des vignes, quelques passages dans des propriétés mais rien de méchant. Et puis on sait que la famille et les amis nous attendent à mi-parcours. Ca y est, je les vois, tout va toujours très bien, je prends énormément de plaisir et je me dis que tout va pouvoir commencer à partir du semi-marathon où je passe en un petit peu moins de 1h21’. Les écarts sont déjà conséquents et je suis alors 15ème. Le 2ème semi est beaucoup plus compliqué, les faux-plats deviennent de belles côtes et les passages dans les propriétés avec leurs allées graveleuses ou sablonneuses se multiplient. Mais je ne me déstabilise pas pour autant, je garde toujours en tête mon objectif de passer sous les 2h50’ avec pourquoi pas une belle surprise aux alentours de 2h45’. Les kilomètres s’enchainent, j’ai trouvé un partenaire de balade et nous resterons ensemble jusqu’au 30ème km environ où il me laisse prendre quelques hectomètres. Allez, il faut maintenant se dire que je vais faire les 12 derniers seul. Une seule obsession, arriver dans le meilleur état au 38ème kilomètre, qui marque le début de 4 kilomètres en ligne droite le long de la Gironde jusqu’à l’arrivée. On y est, plus que 4 kilomètres, après ma mère qui m’a accompagné en vélo sur les tronçons autorisés, mon père me rejoint, également en vélo, pour m’encourager une partie de cette ligne droite. Je vois un concurrent au loin qui semble aller moins vite que moi, je suis à 15 km/h, c’est le 10ème ! Un top 10 au Médoc, mon Médoc, incroyable, je ne faiblis pas, je reviens progressivement et je le dépasse, plus que 2 kilomètres et c’est maintenant le 9ème que j’aperçois, il alterne marche - course mais il est trop loin et j’ai déjà la tête ailleurs, je vais passer au 41ème et revoir ma famille et mes amis et surtout je vais finir main dans la main avec Arwen, ma fille. On arrive sur le tapis rouge ensemble, on « tchèque » comme disent les jeunes et je savoure ces 200 mètres avec elle. Cela fait quelques kilomètres que je sais que l’objectif sera atteint et malgré les quelques mètres offerts en sus par l’organisation et je franchis la ligne en 2h46’44’’, en 10ème position et 5ème de l’équipe. Mon 2ème meilleur temps au Médoc puisque j’avais déjà réalisé 2h46’34’’ en 2007 (j’avais alors 35 ans !!!) mais c’est bien ma meilleure place. Thierry, quintuple vainqueur de l’épreuve, termine 2ème, Adrien 3ème, Stéfan et Laurent se suivent en 7ème et 8ème position. C’est bon, le challenge châteaux « hommes » revient chez nous ! Derrière ça s’enchaine, Antoine 14ème, Franck 21ème, Patrice 36ème, Antony 42ème …. Et nos filles? Marion 43ème et 4ème féminine, Isabelle 48ème et 5ème féminine, Gwénaëlle 60ème et 8ème féminine, Maud et Jennifer ont fait une super course et permis à Brane Cantenac de gagner pour la deuxième année consécutive le chalenge châteaux « femmes ». Direction le 41ème kilomètre en marchant ou nous regardons, autour d’un sympathique pique-nique, la procession des marathoniens, tous déguisés et savourant une glace distribuée au stand situé à quelques mètres de nous. Tout le monde a fait de son mieux dans un super état d’esprit, c’est maintenant l’heure de se séparer pour mieux se retrouver l’année prochaine pour la 33ème édition. Tiens, 33 !! comme le département de la Gironde, quel sera le thème des déguisements … Déjà hâte d’y être ! Christophe REY 33 marathons dont 20 « Médoc » Meilleure performance 2h39’02’’ en 2008 à Paris

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Les insolites  LES LARMES DE CHAMPIONS Séquence émotion ! On se souvient tous encore des larmes de ils sont tout de même Nathalie Vasseur en 2011 où Stéphanie habitués à cotoyer Viaud Briand stoppait enfin sa belle série les premières places de dix victoires consécutives en l'emportant et donc à couper des pour quelques secondes seulement. Nathalie lignes d'arrivée de très avouait qu'elle s'y attendait forcément, que nombreuses fois. Aussi cela devait bien arriver un jour et que, pourtant, les larmes de Thierry elle avait du mal à l'assimiler, à l'accepter. Guibault cette année Et elle fondait en larmes donc au micro du en ont ému plus d'un speaker médusé. C'était une belle image où à l'arrivée. Il était resté les deux femmes se sont réconfortées et ont sur cinq victoires d'af- appris à se connaître, à se cotoyer aussi car filée et espérait bien depuis, elles ont donc pris l'habitude de se profiter de sa belle retrouver sur la célèbre épreuve médocaine. forme du moment C'est même leur grand rendez-vous de l'an- pour poursuivre la née et on notera au passage que depuis une série même si il savait quinzaine d'années, ce sont les deux seules pertinemment que sur difficulté de ce parcours qu'il connait si bien, femmes à être descendues sous les 3h. Aussi, le papier, le grand favori cette fois n'était pas que Freddy allait peut-être craquer. Aussi il si il n'est pas rare de voir craquer de nombreux lui. Aussi quand il arrive sur les acclamations cherche ses phrases au micro et commence coureurs lors de cette course qui est sûrement du public tout acquis à sa cause, quelques tout simplement à pleurer. Moment d'émotion plus enclin à porter vers le débordement que longues minutes après le vainqueur, Freddy touchant qui nous a rappelé donc la même bien d'autres, il est de fait que l'on a tout de Guimard, il ne peut cacher sa déception. Il a image quelques années plus tôt avec Nathalie. même moins l'habitude de voir s'effondrer les tout donné sur la totalité du parcours, il n'a Comme quoi ce Médoc, il est dans le coeur des champions au bout du long tapis rouge, tant jamais lâché pensant au fond de lui, grâce à la coureurs. De tous les coureurs ! UN CHAR DANS LE PELOTON On s'était dit rendez-vous... C’est devenu un rituel. Comme un pélerinage en fait. Tout commence en 2004 quand une bande de copains décide de faire le marathon du Médoc pour s'y retrouver et faire la fête. Vous savez des potes de fac, des potes d'enfance aussi. Et du coup la sauce prend tout de suite. Quel meilleur endroit pour s'éclater vraiment que cette épreuve magique? Mais les copains ont aussi pris l'habitude, évidemment, puisqu'étant disséminés aux quatres coins de la France désormais, de se retrouver tranquille la veille de la course et puis de réserver un petit carbet en bordure de Garonne le soir de celle-ci pour finir en toute décontraction ce long week-end de retrouvailles. Bref 12 ans après, l'histoire tient toujours. Le noyau dur d'une poignée de potes est toujours là, les cheveux grisonnant déjà pour certains, mais surtout le groupe a copieusement grossi avec les amis des amis et puis les petits bouts de famille qui se sont greffés ici ou là. "Cette année nous sommes 17 autour du char, " explique JeanMarie Larrieu, véritable maître d'oeuvre. "dont 5 femmes. Il y a Jacques, pascal, Babette, Laurent, Gwnaëlle et j'en passe... Dès que les inscriptions sont ouvertes en début d'année, nous nous appelons au téléphone et nous faisons le point pour savoir qui peut venir ou pas. Et puis tous les dossards sont réservés d'un coup ! Ensuite il nous reste juste à adapter le char en fonction du thème du moment. Cette année, nous avons bien rigolé, malgré une crevaison qu'il a fallu réparer. mais bien sûr, nous avons l'habitude de ces petits désagréments à force. Nous avons tout le matériel pour réparer sous le char, juste à côté de toutes les bouteilles que nous avons glaner sur l'ensemble du parcours..." Car nos amis sont très connus désormais et attendus au tournant. Il y a bien sûr leur ami, Monsieur Gardinier du château Phélan Ségur avec qui le champagne coule à flots et qui les acceuille chaque année la veille de course, mais il y aussi pas mal d'autres endroits où leur sont offerts quelques bonnes bouteilles qui ne passent pas au contrôle, si l'on peut dire, et qui se retrouvent directement dans la petite malle sous le char. Sorte de cave ambulante ! "Je ne vois pas pourquoi on ne continuerait pas," conclut Jean-Marie. "Nous sommes tous encore dans la fleur de l'âge et c'est une belle occasion de se revoir et de faire la fête. C'est vraiment un grand moment que nous attendons tous avec impatience le reste de l'année. "

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10 Le vécu A L’INTERIEUR “Le centième Patricia Boileau est une habituée des un marathon inventé par une équipe composée accréditée du village voisin de Vergèze, une marathons. Pourtant elle souhaitait absolument fêter son centième du côté du Médoc. Comme une évidence ! de docteurs qui sont persuadés que le vin bu trentaine de membres, se sont donc inscrits et avec modération, ne peut qu’avoir des effets n’ont à aucun moment regretté de faire partie bénéfiques. Car en effet, la particularité de ce du groupe. Venus en train ou en voiture, tous marathon, c’est de traverser d’immenses pro- se sont retrouvés à l’hôtel pour récupérer leurs Il y a des moments qui nous marquent à jamais. Un premier marathon par exemple sera dans nos tête jusqu’à la fin de nos jours. On aura tendance a oublier les mauvais passages rencontrés durant certains kilomètres, pour ne garder que le souvenir de notre arrivée au beau milieu d’une rangée de spectateurs enthousiastes, qui nous considèrent l’espace d’un instant comme de véritables héros. Des héros le temps d’une course de 42 km en étant allés au bout de nos forces et ayant surmonté nos muscles endoloris et nos jambes transformées en bois. Des gladiateurs des temps modernes en quelque sorte. Parmi la trentaine de membres du club gardois « Courir à Vauvert » 9, faisaient leur tout premier marathon lors du 32e anniversaire du marathon du Médoc, priétés viticoles et des châteaux plus beaux les uns que les autres, que les habitants des lieux n’ouvrent qu’une seule fois par an, c’est ce jour là. Avec 23 dégustations et au moins autant d’orchestres, la fête devient au fil des kilomètres plus belle pour certains mais un peu moins pour ceux qui n’avaient pas prévu les 26 degrés à l’ombre qui allaient les accompagner tout au long de leur périple. Pour en revenir à nos gardois, si pour certains c’était leur première expérience sur la distance, pour l’une d’entreeux, Patricia Boileau pour ne pas la nommer, c’était son 100e marathon. Quelques temps auparavant, elle avait demandé aux membres de son association dont elle est la présidente, qui voulait bien l’accompagner pour fêter cet événement exceptionnel ? Par l’intermédiaire de Moonraker tours, une agence de voyage dossards retirés par l’agence et pour manger une pasta party bien dans la tradition des marathoniens. Après une nuit passée a gamberger pour beaucoup et pas seulement pour les novices, les voilà partis pour Pauillac, village qui sert de départ à ce grand carnaval où, tous les coureurs se doivent d’être déguisés. En ce qui concerne nos vauverdois, ceux-ci avaient choisis le déguisement de pâtissier en revêtant un shirt fabriqué pour l’occasion avec au dos marqué « 100ème marathon Patricia » et une toque de rigueur qui, pour l’anecdote, aura offert un magnifique trait de bronzage sur quelques crânes dégarnis. La vedette du jour était, elle, transformée en gâteau dans une robe prêtée par une amie. On ne compte pas le nombre de photos qui ont été prises du groupe en général et de Patricia en particulier, sans parler de l’étonnement de tous ceux qui n’en croyais pas leurs yeux, qu’un petit bout de femme pouvait courir 100 marathons tout en ayant survécu. Les questions du genre : mais à quel âge vous avez commencé ? Et l’admi- ration de tous ceux qui l’ont croisée ce jour là, ont du lui faire sacrément plaisir. A mesure que les kilomètres s’égrainaient, certains pâtissiers ne pouvaient plus suivre la cadence et c’est sagement qu’ils décidaient de ralentir ou de marcher selon l’état de forme pour s’économi- ser car le mot d’ordre était : « quoi qu’il arrive, on va chercher la médaille et on la ramène à Vauvert ». De toute façon, il était prévu un regroupement à 200 m de l’arrivée juste avant le tapis rouge, lieu ou les accompagnateurs attendaient impatiemment leurs héros. Après 6h et 10 minutes de course et de marche et après avoir déguster vin, canelets de Bordeaux, huîtres, maïs, entrecôtes, fromage et glaces pour finir, le plus gros de la troupe pouvait enfin allumer les 4 fumigènes qui entouraient le gâteau d’anniversaire sur patte pour un final d’anthologie ou les caméras se sont précipité pour effectuer une interview de désintéressée qui a avoué qu’elle se faisait exempter de sport quand elle était à l’école et qu’aujourd’hui, elle n’en revenait pas d’avoir couru son 100e marathon tout en ayant une pensée pour tous ses amis qui l’avaient accompagnée ce jour là et aussi pour tous ceux qui n’avaient pas pu venir. Aujourd’hui, chacun est rentré chez lui avec des souvenirs pleins la tête, des étoiles dans les yeux qu’aucun autre marathon ne peut procurer et ceux qui disaient « je ne crois

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R DU PELOTON de Patricia !” Le vécu 11 pas que je recommencerai à courir un autre le Médoc en 2017). Quand à Patricia, son sement de dalmatien. Quelle drôle d’idée un marathon, c’est trop dur » ont déjà oublié et 101eme elle le courra à Munich en Allemagne dalmatien….101 dalmatiens, ça y est, j’ai se projettent déjà vers de nouvelles aventures avec pourquoi pas, comme le suggérait un compris !! marathoniennes (Barcelone, Athènes et même coureur croisé pendant la course, un dégui- "On ne remerciera jamais assez les bénévoles !" Moi Lyse et moi Christelle, deux copines réunies par la course à pied il y a 8 ans, nous avons fait nos débuts ensemble dans la compet. Nous nous sommes engagées dans ce marathon du médoc 2016 car cela nous rappelait l’édition 2010 qui était pour nous notre premier marathon (symbolique au niveau sportif et festif). C’était aussi le retour véritable de l’une d’entre nous dans cette distance, suite à une pause bébé. Un simple clic sur le site du Marathon du Médoc nous a permis de concrétiser notre inscription. En fait, participer à cette épreuve était pour nous l’occasion de partager un moment sportif exceptionnel, de profiter de l’ambiance festive et joyeuse de ce super marathon et aussi d’aller jusqu’au bout mais sans la contrainte du chrono. De ce fait, notre préparation physique durant cet été a été en dent de scie  entre les vacances de l’une et les vacances de l’autre même si l’une d’entre nous a pu faire un peu de volume et 2 courses locales entre 2 apéros.... J-7 Il est temps de se préoccuper de notre tenue. Nous nous orientons vers le déguisement de blanche neige en relation avec le thème «Contes et Légendes». Après essayage, non convaincues par les finitions (exigeantes les filles !), notre choix s’est porté sur une tenue de «gladiatrice». Nous voilà tous les 4 avec 2 copains de plus, supers heureux d’être là dans le peloton de départ sous un beau soleil. En attendant le coup d’envoi, nos regards se sont portés vers les hauteurs où dominaient des acrobates. Le départ est lancé dans une ambiance des plus festives et nous voilà partis dans une explosion de paillettes d’or entourés des plus beaux costumes. Départ des plus tranquilles en alternant marche et petite course compte tenu de la forte affluence de coureurs dans la rue. Des embouteillages arrivent dès le 1er ravitaillement qui nous contraignent à stopper et à avancer tant bien que mal. A l’occasion d’une dégustation de vins, nous perdons de vue nos 2 copains qui eux comptaient bien profiter des diverses pauses «dégustatives locales». Ce rythme durera pendant une bonne dizaine de kilomètres. Nous restons tout de même enchantées d’être là. Nous passons les 3 premières heures à admirer les magnifiques Châteaux que nous traversons sans compter les kms, à profiter des animations musicales et des ravitaillements très copieux, entourés de nombreuses Blanches neige, Fées clochette, Princesses, Robins des bois.... Tout au long du parcours, nous sommes encouragées par les spectateurs, famille amis et collègues. ça fait du bien car nous commençons sérieusement à ressentir les douleurs aux jambes dûes à la sécrétion d’acide lactique à partir du 32eme kilo. D’ailleurs, c’est étonnant nous n’avons pas vu l’arche représentant le «mur des 30kms» ! Normal il était au 34eme km. Pour avancer dans les meilleures conditions, nous nous fixons mentalement des buts tous les 2 kms : comme aller voir une collègue au point de secours du 36eme et poursuivre ainsi jusqu’au bout. A l’arrivée sur les quais au 38ème km, changement de paysage (moins attrayant) et un terrain plus roulant, on se concentre alors devant cette très longue ligne droite. Plus de bla bla entre nous sauf pour quelques encouragements et des sourires de remerciements aux bénévoles. 500 mètres avant l’arrivée, famille et amis présents, nous signalent l’approche du tapis rouge que nous franchissons main dans la main, Nous sommes ravies d’avoir participé à ce marathon que nous avons vécu pleinement en profitant de la fête...sans pression. Classées sous la barre des 1000 premiers arrivants. Un grand remerciement aux bénévoles qui pendant tout le parcours ont été très accueillants et chaleureux. Christelle Amélineau

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12 L’organisation RENCONTRE AVEC PHILIPPE BLANC "Une seule fois en 96..." Bonjour Monsieur Blanc, Vous êtes membre du comité directeur du Marathon du Médoc et aussi directeur du prestigieux Château Beychevelle, pouvez-vous nous préciser vos missions au sein de ce comité ? Je fais partie de l’équipe des bénévoles du marathon depuis 1997 grâce au parrainage de notre ami Fidel Eliceche avec qui je participe à l’élaboration du circuit chaque année. Fidel était au départ de la création du marathon du Médoc. Au sein du CA, je suis secrétaire ou scribe et participe aux côtés des 8 autres membres du CA mais aussi des membres du Bureau élargi, aux choix à mettre en œuvre pour la réussite de chaque édition. Etant impli- qué dans le monde du vin, je peux aussi faire le lien avec nos interlocuteurs des châteaux et de la Commanderie du Bontemps Médoc et Graves - Sauternes Barsac, commanderie qui est notre parrain et co-organisateur depuis 1984. Nous essayons d’apporter quelques tou- ches différentes, pour faire aussi bien que nos illustres prédécesseurs dont cinq ont passé la main. Il s’agit avant tout de conserver l’esprit Médoc qui est une valeur sûre mais peut-être un peu menacée de nos jours. Depuis combien d’années êtes-vous investi dans cette organisation et quelles ont été vos motivations pour en faire partie ? Etant coureur depuis de nombreuses années (premier marathon à New York en 1988), j’ai redécouvert le marathon quelques jours après mon arrivée à Beychevelle et j’ai repris l’entrainement pour courir « le Médoc » en 1996. Puis compagnon d’entrainement de Fidel, j’ai couru Paris et Bordeaux pour aller un peu plus vite. Etant en charge d’un château qui accueille le parcours, sert nos vins aux coureurs c’était une belle opportunité de participer à cette merveilleuse épreuve et de la soutenir de l’intérieur. Participer à l’organisation du marathon donne le bonheur d’offrir bonheur et plaisir à des milliers de coureurs désormais du monde entier et c’est particulièrement gratifiant. Qu’appréciez-vous particulièrement dans les missions qui vous sont confiées ? Aux côtés de Vincent Fabre qui porte la présidence depuis plusieurs années, nous avons mis en place une organisation extrêmement saine, dans une ambiance formidable et responsabilisante pour les membres et bénévoles qui font un travail incroyable, le tout avec sérieux et bonne humeur. Je ne suis donc qu’un maillon parmi nous tous et ne porte pas de mission particulièrement marquante. La création du circuit chaque année nous met en contact avec les propriétés de Saint Julien à St Estèphe mais nous nous connaissons tous bien et nous voyons tout au long de l’année donc les demandes que l’on peut présenter aux propriétés sont presque toujours exaucées. Je suis donc un simple bénévole au sein d’une super équipe et c’est ce qui est super et change du milieu professionnel. Vous êtes ancien coureur, pendant combien d’années avez-vous couru ? Combien de marathons ? Votre record perso ? J’ai toujours aimé courir en fond, et pratiquait le ski de fond. Après le premier semi-marathon en 1983, j’ai fait mon premier marathon en 1988 à New York, avec un temps 2h54, puis le Médoc en 1996 en 3h07 (ça monte le Médoc !) Par la suite, j’ai toujours été en moins de 3 heures. Mais ce n’est pas toujours facile de concilier un peu de travail professionnel et 6 sorties par semaine pour se préparer sérieusement. En 2003, j’ai établi mon record personnel à 2h47, j’étais content car je buttais toujours sur le 15km/h ! Un problème de santé par la suite ne m’a jamais empêché de courir mais plus de supporter une charge d’entrainement pour un marathon. J’ai repris à un rythme de vétéran (52 ans) à Paris en 2014, temps de 3h15, sniff, c’est la vieillesse ! Puis la S5L1 m’a interdit d’aller plus loin donc désormais il faut faire du vélo, du roller ou marcher ainsi que le si fun gainage. Je suppose que vous avez participé en tant que coureur à plusieurs éditions du Médoc, combien exactement ? De quelle manière les avez-vous courus ? Façon marathon le plus long du monde ou sérieusement ? Une seule en coureur sérieux 1996 puis ensuite, travail comme tous les bénévoles pour accueillir nos 8 500 invités. Mais en 3 éditions, j’ai participé aux coureurs balais aux côtés de Jean Marc, Michel et Coco mais c’est un rythme de marcheur que de faire le parcours en 6h30 ou 7h00 ! C’est très éprouvant, et il faut déguster à tous les points oenosportifs, dire bonjour à tout le monde, c’est une autre épreuve ! Vous avez comme beaucoup de châteaux une équipe qui a participé au marathon, combien de coureurs étaient-ils cette année ? Pour nous château Beychevelle depuis des décennies, c’est un moyen de soutenir le marathon et de faire participer des salariés ou clients ou amis qui le souhaitent, découvrent ou courent encore et encore le marathon. Aucun objectif de gagner quoi que ce soit et en aucun cas tentative de constitution d’une équipe de champions comme chez certains chateaux. Juste le plaisir de faire participer et de vivre ce fantastique évènement ! Donc 6 à 8 dossards affiliés à l’équipe Beychevelle. Une anecdote amusante, il y a 3 ans, l’équipe comprenait un kényan nommé Kiplagat ce qui a semé un certain trouble au départ et pendant 20 km mais il a abandonné, frigorifié car il venait de Jakarta et Thierry Guibault avait finalement bien gagné !

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Les indiscrétions Les cadeaux Au retrait des dossards déjà, vous êtes gatés avec un petit livre sur le marathon et un teeshirt, mais c'est surtout lorsque vous passez le fameux sas d’arrivée que ça vaut le coup. Une bouteille grand cru dans sa caissette, une bou- 1 La musique en 33 tours ! Et oui pour fêter son 33ème anniversaire, ce sera donc le thème de l'année prochaine. teille d’eau, un sac bandoulllière aux couleurs Déjà dévoilé en avant-première. Cela promet du marathon, une médaille et toujours une rose quelques tenues disco à la John Travolta ou si vous êtes une dame. Sans oublier donc le autres coupes de cheveux volumineuses. Il gobelet. Les coureurs les mieux déguisés ou tarde d'y être ! les chars les plus remarquables se voyaient remettre un bon pour aller retirer une caisse de bonnes bouteilles, carrément! Enfin tout le monde a pu recevoir ce numéro avec tous les résultats... Qui veut des photos ? N’hésitez pas à nous contacter au 06 13 36 08 87 pour recevoir un CD contenant près de 300 photos souvenirs qui retracent tout le déroulement de ce fameux week-end de folie. Cela va de la course évidemment avec tous ses déguisements, en passant par les soirées, la balade, les ravitaillements. Bref beaucoup d’ambiance ! Retrouvez également tout cela avec en plus des vidéos et des interviews sur le site www.runningmag.fr Et la médecine dans tout ça? Le marathon du Médoc est, depuis ses origines, organisé par des médecins ou autres personnes très proches du milieu médical. Ce n'est donc pas un hasard si chaque année un colloque médico-sportif y est organisé en aparté de la course. Cette année, il s'est donc déroulé le vendredi du côté de la maison du tourisme. Au programme, on a donc pu assister à quelques thèmes de choix dont "vin et santé" animé par le Dr Fanny Gelli ou encore "l'impact de la foulée sur les blessures du coureur à pied" avec le Dr Jérémy Volante aux manettes. Le stand des "Petits Creux" La tente "tendresse" devenue celle des "Petits Creux" depuis 2009, est toujours tenue par les "joyeux tartineurs". Elle a une nouvelle fois eu de quoi faire pâlir de jalousie un organisateur qui propose des ravitos sur une épreuve quelconque. On y trouve absolument de tout. Du café, de la bière, des jus de fruits, de l'eau, du coca, mais aussi des tartines au pâté, à la crème, des gâteaux, des fruits frais (prunes, pommes, raisins...), des yaourts. Et l'ambiance cette année y a été véritablement folle...mais folle ! Retrouvez les meilleures videos du Marathon du Médoc

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14 La balade et les Mille Pâtes DU COTE DU CHATEAU "L'équipe d'organisation Ils étaient plus de 3 000 heureux mar‑ Médoc gère parfaitement bien cette organisacheurs à avoir troqué leurs costumes de tion. Au bout de 32 ans, c’est une affaire bien Un moment à part ! Lfée clochette, Peter Pan et autres héros de contes et légendes contre un tastevin et venus participer à la balade de récupération, qui a eu lieu le dimanche à Cussac Fort Médoc. aurent Mery, directeur du Château Lamothe-Bergeron à Cussac Fort Médoc Pour cette 32è édition, le Château Lamothe Bergeron fut l’hôte pour la soirée 1000 pâtes de vendredi soir, ainsi que pour le repas gourmand lors de la balade du dimanche. A cette occasion, son directeur, Laurent Mery a bien voulu nous accorder un entretien. Est-ce la première fois que vous accueillez le repas Mille pâtes et la balade ? Oui, pour nous c’est une première, mais il faut savoir que cela tourne tous les ans, car il y a beaucoup de châteaux et nombre d’entre eux huilée. Il devait y avoir une bonne centaine de bénévoles. Cette année, il me semble qu’ils étaient 1500 vendredi soir, idem pour le repas de dimanche avec 3000 participants pour la balade. Notre propriété a été toute refaite depuis son rachat en 2009 par le groupe de Cognac Hardy et Polignac. Le château remonterait au moyen âge, il aurait été édifié à l’emplacement du château « la Motte » de Cussac. Au cours du 18è siècle, le château Lamothe est acquis par la famille Bergeron, dont l’un des descendants s’illustrera par de nombreuses expérimentations dans la vigne dont une technique de greffe qui portera son nom (méthode Bergeron). Par la suite, le château reste dans la famille par le jeu des alliances et à la fin du 19è siècle il change de propriétaire suite à une succession. Ensuite il changera plusieurs fois de propriétaires au cours du 20ème siècle jusqu’à devenir notre propriété. Il est classé cru Bourgeois depuis 2009. La Balade Le marathon ayant lieu traditionnellement le samedi matin, l'organisation a depuis longtemps eu l'idée de garder "ses" coureurs dans le coin pour proposer, à ceux qui le souhaitent évidemment, de se retrouver pour une petite virée au rythme délicat le dimanche matin. On y vient plus relax, on y vient pour digérer les excès de la veille ou bien alors pour remettre le couvert entre quelques dégustations contrôlées et expliquées et un repas grandiose dans le château hôte. Cette année, c'est à Lamothe-Bergeron que cela s'est passé, tout près de Cussac Fort Médoc. Les coureurs et accompagnateurs sont arrivés par grappes et puis on remplit des parkings spécialement aménagés à leur attention. Les corps se trainaient un peu, les traits étaient tirés mais tous les coeurs plus légers aussi. Bref une belle balade sous un ciel propice (cette fois !) pour se raconter les exploits de la veille, refaire la course comme on dit et puis ont les dimensions et les infrastructures pour accueillir tous ces coureurs et leurs accompagnants. Nous étions ravis de les accueillir et nous savons que l’équipe du marathon du Quelle superficie représente votre propriété ? Nous avons 65 hectares de vignes, nous ne produisons que du rouge, soit 400 000 bou- faire durer encore un peu plus la magie du moment ! Grandiose !

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La balade et les Mille Pâtes 15 LAMOTHE-BERGERON est vraiment formidable !" teilles par an avec deux appellations : château Lamothe-Bergeron et les demoiselles de Bergeron (second vin). Une vingtaine de personnes travaillent sur notre propriété, elles sont toutes été bénévoles pour la pasta party et la ballade de dimanche. Depuis mon arrivée, outre les importantes rénovations que nous avons faites, nous avons aussi développé une activité oenotouristique, avec différents parcours pour une visite de château allant de 8 à 25 euros selon les choix des visiteurs. Le château est donc ouvert 7 jours sur 7. La qualité de l’accueil et l’originalité du parcours ont d’ailleurs été récompensés un Best of Wine Tourism 2016, dans la catégorie « Découverte et innovation ». Cette activité nous apporte de 500 à 600 visiteurs par mois. Avez-vous une équipe dans le marathon aux couleurs du château ? Oui, bien sûr, nous avons monté une équipe de cinq à 6 coureurs. Ils ne sont pas parmi les meilleurs, mais l’essentiel est qu’ils se fassent le badmington que je pratique souvent. Il faut chose qui m’échappe. plaisir. courir après la balle pour marquer des points, Etes-vous coureur vous-même ? cela me motive, je ne trouve aucune motivation dans la course pour la course, je ne com- Propos receuillis par Nathalie Wurry Photos Yves Maingguy Non, je n’aime pas courir, je suis sportif mais prends pas très bien d’ailleurs ce qui motive les je n’aime pas courir pour rien. Je préfère les coureurs à parcourir tant de kilomètres. Mais jeux de raquettes, comme le tennis, le squash, à chacun son plaisir, il y a forcément quelque

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