Spécial Marathon du Médoc 2014

 

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Description

Numéro spécial de Running Mag sur le marathon du Médoc 2014

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SPECIAL MARATHON DU MEDOC 2014 RESAUVLELTECASTT SO  U!!S  N°HS - Septembre 2014 un anniversaire... ...mémorable !! Tous les classements, tous les interviews, toutes les réactions et toutes les photos !!

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Le sommaire  EDITO EDITORIAL Costumes d’arlequin, masques vénitiens, des airs de samba, des Harlequin’s costumes, Venetian masks, samba‘ music, Chinese dragons, dragons chinois, des géants et de très nombreux chars... Aucun doute Giants and a lot of fancy carts... No doubt «Médoc» has now its international le « Médoc » possède désormais son Carnaval international ! Carnival ! Pour cette 30° édition, de nombreuses nouveautés ont été organisées : le nombre de participants a augmenté de 8 500 à 10 000, le sens du parcours a repris son tracé originel, le nouvel aménagement des quais de Pauillac a nécessité des modifications logistiques ; par contre l’ambiance exceptionnelle diffusée par la foule multicolore des coureurs était une nouvelle fois au rendez-vous ! Merci à vous tous coureurs, seuls ou en groupes, déguisés ou poussant un char ! For this 30th edition, numerous novelties have been proposed : the number of participants increased from 8 500 to 10 000, the direction of the race went back its original plan, the new arrangements of the Pauillac‘ riverbanks required some logistic modifications ; on the other hand, the exceptional atmosphere spread by the multi-coloured crowd of the runners was again on the front of the stage ! Merci pour ce magnifique spectacle offert aux milliers de spectateurs venus en masse vous encourager tout le long du parcours. Thanks to every single runner, either as individual or in a group, disguised or pushing a cart ! Côté course, des fidèles du Médoc, Nathalie Vasseur chez les dames et Thierry Guibault chez les hommes, ont tenu à inscrire leurs noms tout en haut du palmarès de ce trentième anniversaire. La WebTV Marathon du Médoc a permis à 21 000 personnes de visionner vos exploits en direct dans les quatre coins de monde ; vous pouvez voir et revoir votre prestation ainsi que les meilleurs moments de la course sur le lien http://www.dailymotion.com/ MARATHONDUMEDOC. Nous remercions également nos Partenaires ainsi que l’ensemble du monde viticole médocain sans qui le Marathon des Châteaux du Médoc ne pourrait pas exister : grâce à la fidélité de ces nombreux partenaires, le «Médoc» a pu rayonner pendant ses trois premières décennies et nous pouvons organiser la 31° édition avec une volonté renouvelée de réussir ce merveilleux défi. Et enfin, un GRAND BRAVO aux 3000 bénévoles qui ont œuvré tout le long du weekend pour votre accueil, vos conditions de course et votre bien-être, afin que ce 30° anniversaire du marathon du Médoc reste longtemps gravé dans toutes les mémoires. Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous en 2015, le samedi 12 septembre, pour fêter ensemble la 31° édition du «Médoc ». Le thème sera : « Le marathon du Médoc se met sur son 31 ! ». Bien sportivement, Le Comité directeur Thank you for this magnificent show offered to thousands of spectators who came massively encourage all of you during the race. For this 2014 race, regular winners of the Medoc, Nathalie Vasseur for the ladies and Thierry Guibault for the men, were very motivated to register their names on the very top of the prize lists of this 30th anniversary : so they won ! The Medoc Marathon WebTV allowed 21 000 persons to view your performance in live all over the world ; you can still watch and appreciate again your exploit as well as the best moments of the race on the following link http: // www.dailymotion.com / MARATHONDUMEDOC. We also thank our Partners as well as all the Chateaux of the Medoc without which the Medoc Marathon could not exist : thanks to the loyalty of these numerous partners, «Medoc» has been able to shine since three decades. So we can organize serenely the 31th edition with the will to renew and to transform again this wonderful challenge into a great success. Finally, a WARM CONGRATULATIONS to the 3000 volunteers who worked during that weekend at your welcome, to your race conditions and to your well-being, so that this 30th anniversary of the Medoc Marathon remains for a long time engraved in all the memories. We already take an appointment with you on Saturday 12th September 2015, to celebrate together the 31th edition of the «Medoc». The theme will be : « The Medoc Marathon dressed up to the nines ! » or if you prefer : « The Medoc Marathon will wear its Sunday Best » Best regards, The Organizing team AMCM - 5 rue Etienne Dieuzède - 33250 Pauillac Tél. 33(0)5 56 59 17 20 Site : www.marathondumedoc.com Email : contact@marathondumedoc.com Running Mag est édité par la société R.P. Presse au capital de 400€. 9 Impasse du Col du Soulor 31240 L’UNION Remy : Tél. 06 13 36 08 87 et Tél. 05 31 22 66 24 E.Mail: krj@sfr.fr et runningmag@sfr.fr Rédaction : 9 impasse du Col du Soulor 31240 L’Union Directeur de la publication‑: R. Jégard Gérant de la société‑: Rémy Jégard Ont collaboré à ce numéro‑: Cristel Sautter - Hubert Rocher - Didier Excoffier- l’AMCM - Nathalie Würry - Lionel Blampain La famille Couget - Sylvie Rollin Montage‑: Rémy Impression‑: Capitouls à Frouzins N° ISSN‑: 1766-9057 N° CPPAP : 0218K83326 LE SOMMAIRE L’ambiance (P. 4, 5 et 15) On ne peut résumer l'ambiance du Marathon du Médoc à quelques lignes dans un livre de résultats... Il faudrait un bouquin tout entier pour raconter chaque histoire individuelle, pour décrire chaque costume, pour conter chaque pasta, chaque repas....Bref on vous livre ici un bref aperçu de l'ensemble ! La course (P. 6 à 9) Et une quatrième pour Thierry Guibault. Et une onzième pour Nathalie Vasseur. L'histoire du marahon continue à s'écrire et le palmarès favorise souvent les mêmes passionnés de cette épreuve hors normes... Ce fut une édition à la hauteur de l'anniversaire...

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 L’ambiance TOUT AUTOUR D Pour quelques ins Je suis debout après la ligne d’arrivée. Je suis là depuis plus de deux heures déjà. Je n’en finis pas de voir défiler les coureurs qui en finissent de ce marathon. Les minutes défilent et pourtant je ne m’en lasse pas. Comment pourrais-je voir le temps passer, ressentir la fatigue ou quelconque lassitude quand devant moi j’assiste à un spectacle extraordinaire. Je vois ces gens qui s’enlacent, qui se félicitent et ces gens qui pleurent aussi… Ils sont allés au bout de leur rêve, au bout de leur défi au bout de ce tapis rouge qui symbolise les derniers 195 mètres de course. Ils craquent simplement comme des humains de passage. Ils ne se connaissent peut-être pas. Ils se sont aidés, soutenus durant quelques instants et quelque chose s’est crée entre eux. Un fil a été tissé pour les relier à jamais. Aussi je laisse mon regard passer des uns aux autres. J’en ai presque à mon tour les larmes aux yeux. Ici la place est faite à l’émotion. On ne pense plus à tout le reste. On a laissé ses tracas à la maison, ses ne s’est pas arrêté déguster au moins un grand 40000 demandes d’inscriptions refusées. C’est soucis dans le coffre de la voiture. On se livre cru ? Qui ne s’est pas laissé tenter par la petite aussi ça le Médoc ! L’épreuve mythique qui fait sans retenue, on se lâche et on s’extériorise. entrecôte ou une petite huitre ? Juste une. Une envie à toute la planète. Celle qu’il faut courir Point de réseau social qui nous force à nous petite tentation. Sportif ou pas sportif. Juste au moins une fois dans sa vie. Celle que l’on travestir, point d’emploi du temps un peu fou humain. Juste homme ou femme qui veut en veut faire durer, encore, encore… sur plus de qu’il nous faut tenir coûte que coûte. Ici on profiter et vivre sans penser à demain. Le long 7h. Et oui, ce n’est pas rien si le slogan reste : prend le temps, on savoure, on déguste. On en serpentin des arrivées n’en finit plus de finir. « le marathon le plus long du monde ! » Aussi prend plein les yeux et plein la panse. Tout est Et dire que cette année, anniversaire oblige, comme tous les ans, je me dis et je vous dis beau et tout est magique. Des couleurs plein ce sont plus de 11000 dossards qui se sont par la même occasion, qu’écrire un papier sur les photos et des odeurs plein les narines. Qui arrachées. 55 pays représentés et peut-être l’ambiance au Médoc, c’est un peu comme décrire une Pèche Melba à un vrai gourmand. C’est quasiment un pléonasme. Rien que le nom de «Marathon de Médoc » permet à lui seul de cerner le phénomène. D’ailleurs sur de nombreuses autres courses, ne dit-on pas : « oh c’était super l’ambiance ici, ça me rappelait presque le Médoc !! » Et je ne vais pas donc pouvoir en quelques lignes raconter toutes les aventures individuelles, retracer tous les miniévènements qui se sont déroulés durant tout le week-end, décrire tous les déguisements de tous les coureurs et puis revenir sur tous les préparatifs dans tous les châteaux traversés. Il me faudrait plus d’un ouvrage de 300 pages pour se faire. Non. Je préfère pour bien résumer l’histoire vous renvoyer à toutes ces photos qui ont été prises par milliers et que l’on retrouve ici ou là sur des dizaines de sites et puis aussi vous raconter cette soirée qui m’a profondément marqué. La pasta-party du samedi soir dénommée aussi « pâtes à caisse » avec ce fabuleux partage entre coureurs, cette convivialité hors-norme entretenue par des

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L’ambiance  DE L’EVENEMENT stants d'éternité... bénévoles fabuleux qui attendent ce moment avec tant d’impatience d’une année sur l’autre et qui en redemandent. Et cela fait trente ans que ça dure ! L’action se situe sur le parking de la salle des fêtes de Saint-Estéphe. Quelques tables ont été placées de visu comme pour tracer une allée qui nous dirige vers l’entrée de la salle. Les coureurs invités, pas loin de 1200 tout de même, arrivent petit à petit. Les premiers sont là vers 19h ou un peu avant, mais cela se fera par petites vagues successives, jusqu’à 21h… Un groupe de musiciens créoles (des Réunionnais !) proposent une musique colorée. Le punch, distillé à merveille par des Martiniquais qui ont tenu un stand cette année sur l’épreuve à grands renforts de quelques milliers de bananes, coule à flots. Votre verre est à peine vide qu’il se remplit de nouveau comme par magie. Le soleil se couche doucement à l’horizon et bientôt une fraîche brise vous berce vers d’autres contrées. Les serveurs et serveuses, tous déguisés dans le thème de l’année (Carnaval de tous les pays), sont en pleine forme. Les taquineries fusent, l’ambiance est bon enfant. Même Jésus se demain ce sera dur pour prendre le départ. ses d’autres endroits. On échange aussi des laisse attendrir (pas le vrai bien sûr mais l’ha- L’important c’est maintenant ! » On aimerait mails ou des téléphones. Au menu pâtes avec bitué des marathons toujours déguisé en Jésus que l’instant justement dure éternellement. différentes sauces, petit salade de pâtes aussi, avec sa croix sur le dos que l’on ne présente L’équilibre semble parfait. Bientôt avant que fromage, pâtisserie et vin à volonté. On danse, plus !) et il nous lâche tendrement : « Il faut la nuit noire ne tombe, il faut passer à l’inté- on crie, on rigole… Vers 23h, c’est l’heure du savoir profiter de ces moments de détente et rieur. Là c’est Steffie qui enflamme les lieux. gâteau immense d’anniversaire avec sa pin-up de joie. Je connais beaucoup de monde ici, se La chanteuse des marathons est debout sur à l’intérieur. On applaudit les bénévoles qui sont devenus mes amis au fil des années, un les tables et fait l’état des personnes en nous accueillent, ceux qui se sont démenés peu comme une seconde famille. Aussi dans présence. C’est devenu une habitude. « Y a- pour que cette ambiance légendaire perdure cette période de crise où chacun a tendance t-il des Japonais dans la salle ? Y a-t-il des à travers les décennies… Et puis il est alors à regarder l’autre avec jalousie ou envie, cela Irlandais ? Et ainsi de suite… » On échange temps d’aller se coucher, petit à petit, la salle fait du bien de se lâcher un peu, et tant pis si avec ses voisins. On se raconte d’autres cour- se vide. Demain c’est course… mais ça c’est autre histoire ! R.J.

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 La course DANS LE VIF Les favoris fêtent dign Rarement la ligne d’arrivée du Marathon du Médoc, cette mythique ligne qui fait suite à 195 mètres de tapis rouge, n’aura été sujette à tant d’émotions. Des émotions de ceux qui sont allés au bout de leur rêve, étrangers de plus en plus nombreux mais aussi français de tous bords, mais aussi des émotions des lauréats du jour qui sont allés chercher de nouveaux succès jamais vraiment faciles à remporter ! Bien sûr sur le papier, comme ça, si je vous écris que Nathalie Vasseur remporte l’épreuve pour la douzième fois et que Thierry Guibault gagne encore et pour la quatrième fois consécutive, vous allez me répondre que ce 30ème marathon du Médoc, même paré de ces plus belles couleurs d’an- niversaire, n’a pas dû être très passionnant à suivre. Et bien détrompez-vous car ces 42km médocains ne sont jamais joués d’avance et tous ceux qui y ont déjà goûté, au moins, une fois sont formels là-dessus. Ainsi je ne peux, pour vous en persuader, que vous livrez quelques images prises sur le parcours. Des petits flas-back qui en disent plus longtemps sur le suspense de cette belle édition qui a donc abouti sur quelques scènes d’émotions juste après la ligne d’arrivée franchie. Nous sommes donc au kilomètre 24. La ligne droite qui fait suite à la traversée de Pauillac est interminable. A peine une légère courbe pour casser la monotonie de ce fil de bitume interminable. Et une petite brise marine pour rafraîchir cette atmosphère déjà chaude. Un petit groupe passe avec deux ou trois hommes, et bien abritée, Stéphanie Briand-Viaud, la tenante du titre. Elle ne quitte pas la foulée de son mari qui lui sert de lièvre. L’allure est altière, la foulée rasante, le visage marqué par la douleur. Elle souffre mais elle ne faiblit pas. Un peu moins d’une minute derrière, un autre petit groupe. Même scénario. Trois ou quatre hommes peutêtre et puis dans le paquet, Nathalie Vasseur, onze fois victorieuse au Médoc et seize fois sur le podium en 17 participations. C’est Madame Médoc ! La princesse des lieux. Connue de tous et toutes, quasiment l’enfant du pays. Elle suit la foulée d’Yves Bruneau, le Boucher de Bages, comme on le surnomme. Le vétéran qui ne s’arrête jamais. Cela fait des années et des années que ces deux-là ne se quittent plus sur cette épreuve. Le scénario est bien huilé. Rien ne bouge. Nathalie ne faiblit pas d’un yota. La cadence est la même depuis le tout début. 15 km/h au compteur et advienne que pourra. Pourtant une petite phrase perdue dans ce contexte fait son impression. C’est Nathalie qui dit à son poisson-pilote : « Allez là c’est perdu, on recollera jamais, tant pis ! » Et lui de répondre : « Non Nathalie, ne dis pas, on ne sait jamais ! » L’effet visuel est frappant. Trois cent mètres séparent les deux femmes. La grande et la petite. La gazelle et l’abeille. Trois cent mètres qui semblent un océan infranchissable. L’écart est là depuis quasiment le début et n’a pas bougé. Jamais Nathalie n’a pu battre Stéphanie. Jamais. Et cet écart qui ne faiblit pas. La messe semble dite, même si la cloche de l’église de Pauillac n’a pas encore résonné. C’est sans doute à cet instant que quelque chose d’imperceptible est en train de se passer. C’est à ce moment là que Stéphanie va commencer à flancher. Comme quoi les règles du sport ne sont jamais écrites dans le marbre. Le coup de bambou ne va pas

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La course  F DU SUJET nement l'anniversaire ! tarder, il approche et est à prêt à faire mal. Peut-être la chaleur ? Allez savoir. En tout cas Nathalie commence à revenir et l’écart à faiblir. Petit à petit. Au 32ème kilomètre, c’est déjà la jonction. Et puis la défaillance. Stéphanie finira loin. Deuxième certes, mais loin. Nathalie est donc bien allée chercher son 12ème bouquet, sans nul doute l’un des plus beaux, tant cela faisait un moment qu’elle n’avait pas regoûté à cette joie immense. Elle peut laisser éclater sa joie une fois la ligne passée. Elle vient tout juste d’avoir 50 ans et semble intouchable à ce moment magique. Son coach la prend dans ses bras et la soulève du sol. Puis c’est au tour d’Hubert Rocher, l’emblématique organisateur, puis à celui de Thierry Guibault, vainqueur chez les hommes, puis d’autres amis et aussi Yves… A peine si l’arrivée de sa dauphine passe inaperçue. En tout cas, elle sera la première à la féliciter. Cela s’est joué une nouvelle fois sur le pavé. C’était écrit. Une histoire d’anniversaires sans aucun doute ! Une demi-heure plut tôt, tout juste, c’était donc Thierry Guibault qui fondait en larmes au micro de l’animateur. Et pourtant, il faut bien l’admettre, le suspense n’aura pas duré aussi longtemps chez les hommes que chez les femmes. Un peu comme l’an passé d’ailleurs. Car, et là aussi, cela devient une vieille habitude, un homme, un seul, est assez fou pour mettre le faut au départ du Médoc, et il s’agit de l’Anglais Thompson Frazer. Ce dernier ne part pas tambour battant comme il avait fait quatre ans plus tôt pour finir ensuite très, très loin, presque en marchant, mais tout de même, il ne peut contenir sa fougue. Aussi quand Thierry et David Antoine, maintes fois vainqueur ici même, se retrouve rapidement devant, c’est bien lui qui fait monter les pulsations de tout le monde. Des petites accélérations incessantes qui ont le don d’en agacer plus d’un, mais qui font mal aussi. Qui dessinent la course finalement. Car David est vite distancé et Thierry décide de calmer le jeu et laissant faire un peu en retrait mais en gardant toujours une marge de manœuvre pour avoir son adversaire en ligne de mire. Et puis, comme à l’accoutumée donc, Thompson va marquer le pas. Déjà vers le 15ème kilomètre, les deux hommes sont ensemble, au coude à coude. Et puis au semi précisément, Thierry va prendre quelques mètres. Juste après une petite montée. L’écart va monter tranquillement. D’abord et pendant un bon moment une cinquantaine de mètres et puis plus nettement. Frazer n’en peut carrément plus sur la fin. Il se fera même doubler pour la deuxième place. Tant et si bien que Thierry, encore une fois, et même si cette année le sens du parcours avait été inversé, aura le temps de savourer amplement son quatrième succès. Il est accueilli à l’arrivée par Philippe Rémond, en personne, le recordman de victoires sur le Médoc avec neuf titres, qui voit donc son ami revenir petit à petit sur lui… Philippe était blessé cette année et ne pouvait donc prendre le départ de son épreuve fétiche ! Derrière David Antoine s’est fait une petite frayeur. Lui qui avait préparé, on ne peut mieux cette course, lui qui a été sacré deux fois aux Frances de marathon, il y a quelques années de cela désormais, s’est mal fait aiguillé vers le 21ème kilomètre. Il va perdre ainsi environ 600 mètres avec un aller et retour malencontreux. Du coup, une fois remis sur le bon chemin, il se retrouve quasiment en cinquième position et va devoir puiser dans ses ressources pour ne pas craquer complètement. Il finit donc tout de même deuxième. Un moindre mal et derrière Thompson complète le podium. Bien entendu, on ne vous parle pas ici de tous les challenges personnels, tous les défis de groupes, de toutes les joies et de toutes les peines, on ne vous parle pas de tous ses sprints pour passer sous les heures piles de course, de tous ses clichés hauts en couleurs. De toute cette émotion accumulée et qui rejaillit comme un feu d’artifice… On ne vous en parle pas car il faudrait un livre entier pour n’oublier personne. Le marathon du Médoc, finalement, ça se vit. Simplement. Et c’est très bien ainsi ! Rémy Jégard

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 La course LES REACTIONS “Ce n'est jamais facile...” Thierry Guilbaut (vainqueur) “C'est toujours une grande joie de rempor- ter le Marathon du Médoc. Pour moi cela est désormais devenu un rendez-vous incontour- nable et j'ai en ligne de mire le record de Philippe Rémond. Mais il faut bien admettre que ce n'est jamais évident et que je ne pars jamais en me disant que c'est acquis d'avance. Je sais bien que cela reste un marathon moins relevé que les autres où il n'y a pas au départ de Kenyans pour tomber les chronos, mais cela ne veut pas pour autant dire que tout reste facile. Je fais une préparation spécifique pour cette épreuve et je passe mes vacances avec ce seul objectif devant moi. Sur une course, tout reste toujours possible et je ne sais jamais qui j'aurai pour adversaire. Donc pour la pression est bien réelle et le satisfcation immense quand je gagne à nouveau. Cette année, Thompson est encore parti comme un fou. Je ne comprends toujours pas pourquoi il garde une telle cadence sur la première partie de course, mais à un moment donné, je me suis dit que ça allait de nouveau trop vite et qu'il valait mieux temporiser... Et puis il a commencé à faiblir... " Nathalie Vasseur (lauréate) “Je suis aux anges, je ne peux pas dire mieux. Franchement regoûter ainsi à la victoire ici après quelques années sans, et surtout le lendemain de mon anniversaire, c'est tout simplement fabuleux. Comme vous le savez, je suis un peu chez moi au Médoc, les gens m'aiment, m'encouragent, crient mon prénom partout... J'ai l'impression de faire partie d'une grande famille. Ne dit-on pas que je suis la fille spirituelle de Hubert Rocher, l'organisateur? Franchement, à un moment donné, vers le 30ème, je n'y croyais plus. L'écart n'avait jamais baissé... et puis quand j'ai vu que je revenais enfin sur Stéphanie, cela a été extraordinaire pour moi !" Stéphanie Viaud-Briand (deuxième) “Je ne sais pas ce qui m'est arrivée, j'ai eu un coup de moins bien, un coup de pompe. Je ne pense pas que cela soit lié à la chaleur. J'y suis habituée... Pourtant je me suis bien alimentée, j'ai essayé de ne rien oublier. Non, c'est comme ça, c'est la course. Nathalie a joué le coup jusqu'au bout à fond et elle a eu raison. Je la félicite au passage. C'est une victoire amplement méritée pour elle, même si, évidemment, je suis tout de même très déçue !" Yves Bruneau (2ème VH2) “Pour moi, cette épreuve a toujours occupé une place à part dans mon coeur. Je ne la raterais pour rien au monde. Je suis en quelque sorte, le lièvre de Nathalie, et inutile de préciser que nous nous entendons à merveille depuis le temps que nous courons ensemble ici. Pour moi c'est le rendez-vous du partage, de la communion et, quand ça veut rire comme ce fut le cas cette année, du bonheur..."

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Les insolites  UN DEFI A PART "Dadine and co" ! "Dadine and Co" au marathon du Médoc. sur cette épreuve Nadine est âgée de 60 ans, c’est une et pourtant une pionnière du football féminin de Reims des forte image de paix années 1970 et a été championne de France. est présente. Même Puis elle s’est mise à la course à pieds sur les français ne route et a participé à Marseille Cassis, Paris râlent pas …Pour Versailles, les 24 H du Mans en relais pour les personnes qui ne nommer que les plus connues. La maladie nous ont suivis et de Charcot l’a rattrapée il y a dix ans. Elle est accueillis, cela leur atteinte de la S.L.A et ne se déplace qu’en fau- a donné envie de teuil roulant. A son grand regret, elle n’a jamais courir, participer à pu faire de marathon. Voilà comment est née ce marathon est un l’idée de l’aider à réaliser ce rêve. C’est une remède contre les amatrice de bon vin, vous comprendrez pour- coups de blues, ils quoi le Médoc. Nous voilà partis une équipe ont partagé notre de 8 coureurs, tous de régions différentes, une joie de franchir la joelette et Nadine sous le nom DADINE AND CO. ligne d’arrivée en L’ambiance, l’esprit festif, la solidarité envers 6h09. L’objectif est nous (merci à Julien de Toulouse et Guillaume, atteint, Nadine est ils se reconnaitront, pour nous avoir aidé sur le parcours à pousser) sont les points forts de cette course. Nous avons été aussi impres- Marathonienne et a réalisé deux rêves en cette journée : visiter 22 châteaux du Médoc et faire un marathon. nombreux mois et qui a su garder la surprise pour Nadine jusqu’au bout. sionnés par le nombre de costumes tous très Tout cela a pu se faire grâce à Catherine qui différents. De nombreux pays sont représentés a organisé ce merveilleux week end depuis de UN CHAR DANS LE PELOTON Les Pompiers venus en force ! Impossible de passer à côté de ce char, tant il est coloré et nécessite énormément de personnes pour le pousser. Il s'agit en effet d'une réplique d'un engin de secours des pompiers des années 70. Et c'est donc bien une équipe d'environ une centaine de pompiers, un mixte de Parisiens et de Bordelais qui s'est retrouvée sur le bitume médocain pour en découdre et essayer d'arriver le plus vite posssible au bout. "Nous n'avons pas traîné outre mesure" explique d'emblée Bruno Kermoal, responsable de la section course à pied des pompiers de Bordeaux. "Nous nous sommes arrêtés par deux fois comme il faut, mais à chaque ce fut une vraie difficulté de repartir... Le char est vraiment lourd, il pèse un ane mort et il a donc fallu unir toutes nos forces pour rejoindre l'arrivée. Nous avons fonctionné à deux équipes qui se sont relayées régulièrement. Nous finissons finalement en 5h25' et premier char sans souci. C'était un mini-objectif. Nous sommes plus que satisfaits..." Et c'est vrai que cette équipe de pompiers reste très compétitrice dans l'âme. Car en plus de ceux qui s'occupaient de tirer le char, d'autres étaient inscrits en individuels et on aura pu noter que l'un d'eux finit 4ème de l'épreuve et un autre 67me. Bref les Pompiers sont toujours de très bon athlètes. Qui aurait ou croire le contraire."Le responsable du dispositif s'appelle Pierre Laumonde, " continue Bruno. "C'est lui qui s'est occupé de faire tourner tout le monde, qui a géré et planifié notre avançée.. Mais l'ambiance fut tout de même très bonne entre nous. Nous n'avons pas arrêté de plaisanter, de nous encourager. Même si donc, comme je l'ai déjà dit, nous n'avons pas d'extra... Nous allons nous rattraper maintenant." Parmi ce "gros" groupe de courageux volontaires, se trouvaient également deux "myo-lib" pour permettre à deux filles atteintes de la maladie de profiter de la fête et également faire connaître ce moyen de locomotion, encore peu connu, et qui n'a rien à voir avec les joëlettes qui sont désormais plus connus. Tout le monde est donc rentrés au port comme prévu et tous avaient la banane, quelques minutes après, assis sur le tarmac directement en train de savourer une bonne bière fraîche, synonyme de relâchement. Chacun racontant à l'autre comment il a vécu ce moment en son fort intérieur et tous se promettant de revenir dès l'année prochaine !

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10 Le vécu A L’INTERIEUR “Cela ne nous Lionel connait ce marathon sur le bout des doigt et c'est donc en tant que spécialiste mais aussi que passionné qu'il nous conte ici son aventure. des années où l’évènement ne peut avoir lieu. challenge des courses festives reconnues en Petit retour en arrière. Cette sortie du Médoc France. Le tracé de ce marathon en campagne est programmée de longue date et pour cause. au pied du Lubéron avait été agréable, même L’épreuve dont la réputation pour son côté fes- si il n’offrait pas, comme celui du Médoc, un tif et convivial n’est plus à faire, est très prisée profil très plat. Embarquez-vous avec lui sur les traces et surtout bien au-delà des frontières hexago- Début septembre, nous sommes dans la Ed'un Médoc inédit ! n ce début d’automne, la Gironde se prépare à fêter un évènement à dimensions internationales, il s’agit du marathon du Médoc. 2014 est une année anniversaire, c’est la 30ème édition de ce marathon dont la première édition a donc eu lieu au siècle dernier, en 1985. Cela ne rajeunit personne et évoque un brin de nostalgie et m’amène à ouvrir une première petite parenthèse. A cette période, je m’intéressais un peu au football qui n’était pas aussi pourri qu’aujourd’hui par l’argent et des joueurs sans moralité. Le club des girondins de Bordeaux était un des clubs les plus performants de l’hexagone avec notamment des joueurs comme Alain Giresse, Jean Tigana et Patrick Battiston qui auront marqué une génération. Peu de marathons peuvent afficher une telle longévité. Parmi les plus connus, Paris 38 éditions, Albi 37, Annecy 35 sont ceux qui me viennent à l’esprit pour les avoir courus. D’autres s’en rapprochent, comme La Rochelle dont la 24ème édition aura lieu le 30 novembre prochain. Il est à noter que tous les marathons n’affichent pas une longévité « continue », certains connaissant des périodes, nales. A l’instar de quelques autres courses, les périodes d’inscription sont très courtes, ne pouvant se faire que par internet, mieux vaut ne pas se louper pour celui qui en fait un objectif. En fin d’année 2013, Pascal, un ami de Haute-Garonne, a lancé le projet de sortie pour ce rendez-vous incontournable pour lui, 2014 sera sa 5ème participation. Très rapidement un groupe se forme autour de sa personne afin de vivre un week-end des plus agréables qu’il soit. Les critères requis pour une sortie réussie étant la convivialité et la festivité, je serai du groupe. Je ne peux m’empêcher de repenser à l’année 2004, qui était donc l’année du 20ème anniversaire. Je me souviens d’avoir porté à l’époque un peu d’intérêt à l’évènement ; ce devait être en janvier, période où les inscriptions devaient avoir lieu. J’avais appelé en fin de mois et visiblement, de mémoire, les inscriptions devaient être closes, je renonçai à poursuivre toute démarche. Je pratiquais alors le footing depuis environ un an et demi et venais de courir quelques semaines plus tôt, mon premier marathon, celui du Lubéron dont certains membres du club au sein duquel j’évoluais étaient bénévoles. Le marathon du Lubéron faisait partie, comme le Médoc, du dernière semaine précèdent l’évènement. Les informations concernant l’adresse du lieu d’hébergement nous sont communiquées. Les covoiturages s’organisent en fonction des lieux de résidence et des emplois du temps de chacun. Au niveau du groupe, nous ne sommes que deux à partir de Montauban, Isabel et moi. Isabel est devenue adepte du footing récemment, en début d’année 2014, principalement des trails. Elle s’est inscrite pour vivre le weekend avec le groupe mais ne participera pas à la course car elle sait qu’elle sait qu’il faut un minimum d’entraînement pour terminer une telle distance. N’ayant pu s’y astreindre et avec la sagesse qui la caractérise, elle a décidé de renoncer. Avec elle donc, nous compléterons une voiture dans laquelle il y déjà trois personnes de Haute-Garonne. Deux d’entre elles ont des visages connus, le troisième ne l’est pas, il s’agit de Chantal, la conductrice du véhicule. Le trajet sera très agréable. Le dialogue s’installe sur divers sujets dont bien entendu la course qui nous attend. La bonne humeur est là, la route se fera assez rapidement, enfin…. jusqu’à ce que l’on sorte de la rocade de Bordeaux pour aller en direction de Pauillac où nous devons retirer nos dossards. A l’heure à laquelle nous sommes sur cette route, la circu- lation est importante; d’autres personnes vont également retirer leurs dossards comme nous, aucun retrait n’étant prévu le samedi matin. Ce ralentissement passé, nous arriverons finale- ment à Pauillac pour 20h 30. Nous retrouvons sur place des ami(e)s qui partageront le même hébergement que nous. Parmi eux, un couple juste rentré en matinée de congés sur l’Ile de Beauté qui n’avait pu avoir qu’un seul dossard ; finalement ils auront pu en racheter un autre, certaines personnes devant renoncer suite à blessure préférant revendre leur dossard que de perdre leur engagement. Après avoir récupéré notre sésame, nous nous dirigerons vers la buvette afin de s’hydrater quelques peu. Un autre groupe connu du « 31 » a déjà pris position autour du lieu, j’ai eu l’occasion de participer avec certaines personnes au relais du Gaillac primeur en novembre 2012, un souvenir également festif. Nous repartîmes peu après pour effectuer la dernière partie du chemin qui doit nous conduire à Montalivet où nous dormons. Il sera plus de 22h à notre arri- vée. Rapidement nous prenons place dans les chambres puis nous nous restaurons afin de

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Le vécu 11 R DU PELOTON rajeunit pas...” d’avoir des ressources pour le lendemain. Samedi 13 septembre. La nuit a été bonne, le réveil après 7h. Le ciel est dégagé, une journée très agréable s’annonce, tant mieux, ce ne sera que plus agréable. Après concertation générale, il n’est pas prévu d’arriver avant 8h 30 à Pauillac. De toute façon, nous devons laisser nos véhicules respectifs stationnés à une distance assez importante de la commune. Chacun s’est préparé avec le déguisement prévu pour le groupe. Il s’agit d’une tenue short&body très légère de couleur léopard. Certains ont agrémenté cette tenue de quelques effets personnels donnant une originalité supplémentaire. En ce qui me concerne, il m’a été difficile de composer avec la tenue proposée car entre-temps, une amie m’a suggéré un déguisement plus original et avec lequel il était vraiment difficile de passer inaperçu. Je ne vous en dirai pas plus, les photos suffiront. Plusieurs photos de groupe sont prises avant notre départ pour Pauillac. Dans le véhicule, lors du trajet, Chantal nous mets un CD de musique classique assez rythmé, Vivaldi, visiblement ce n’est pas le genre de musique qui semble motiver les collègues passagers, bien au contraire, ils ont l’impression qu’on les amène à l’échaffaut… Nous arrivons sur place vers 8h 45, le départ est donc tout proche. Nous nous retrouvons en fin de peloton, d’autres participants étant arrivés certainement à partir de 8h où même avant. Le peloton est très important, je suppose que le record de participation dot être battu, 10000 personnes étant attendues. Dans ce contexte, il est difficile de retrouver des connaissances. 9h le départ est donné. Pas de stress (mesuré) comme lors d’une course que je qualifierais d’ordinaire, aujourd’hui j’en ai même volontairement oublié la montre. Le portable sera plus utile afin de faire quelques photos, de conserver des souvenirs. Nous marchons plus que nous courons car le flôt des coureurs a du mal à s’allonger. Rapidement nous trouverons un premier ravitaillement avec des viennoiseries mais aussi des cannelés, spécialité locale. Nous resterons groupés pendant un certain temps puis le groupe éclatera quelque peu. Deux chefs de file sortent du groupe de part leurs participations au Médoc. Il s’agit de Pascal, notre gentil organisateur de la sortie qui en sera à son 5ème Médoc mais qui est battu d’une unité par Thierry. Certains courant leur premier marathon auront à cœur de le terminer et si possible dans le temps fixé par l’organisation ; la chaleur étant importante, trente minutes supplémentaires sont données aux compétiteurs pour rallier l’arrivée soit avant 7h. Pour autant, certaines personnes écourteront leurs arrêts au stand de dégustation de manière aussi à ne pas se trouver dans la difficulté plus tard sur ce parcours pas si roulant. Et ce n’est pas si mauvais calcul. Je crois qu’en 2h, nous avions parcouru entre 12 et 14 kms, il faudra donc accélérer un peu sur la fin pour ne pas être hors délai. A ce moment de la course, je distingue un coureur certes inconnu, mais qui porte un maillot avec une publicité d’une enseigne de Pertuis. C’est la ville du Vaucluse où j’ai donc fais mes premiers pas de coureurs dans une association. Maria, une amie m’avait dis que leur club avait prévu un déplacement de grande envergure, jugez-en vous-même : un car de 50 coureurs et un char pour la course. Un peu plus loin, je distingue un nouveau maillot noir de Pertuis, je reconnais Claude, un des membres fondateurs du CAVAL Pertuis en 1997. Nous discutons un peu et accélérons pour rattraper le char qui n’est pas très loin. Je retrouve donc Maria mais aussi d’autres anciens du club et un certain nombre de nouveaux ; l’accolade durera quelques instants et il faudra reprendre notre route respective. Le passage au semi-marathon doit être en plus de 3h 30’ ce qui confirme l’allure très lente de la première partie de course. Une photo symbolique avec deux anglaises pour marquer l’instant. Un peu plus loin, nouveau cliché avec une autre anglaise à la tenue plus colorée. Par moment, je dois avoir la voiture balai juste derrière moi, il me faut faire des périodes de fractionnés pour retrouver Pascal et certains de ses amis. Après le 25-30ème km, on essaiera de ne plus se perdre, de maintenir une allure un peu plus élevée pour avoir un peu de marge avant d’arriver dans les derniers kilomètres où il est peu aisé de courir. Vers le 35-37ème on aura la compagnie de Nathalie et Bernard. Ce dernier qui n’a pas couru des distances de plus de 15kms, et qui est très courageux de s’être lancé dans ce défit, semble ressentir une douleur au niveau d’un genou. Des kinés sont là, il envisage de se faire masser et de repartir ensuite. A ce stade de la course et du peu de temps restant, je lui déconseille fortement cet arrêt ; j’argumente qu’il va devoir attendre et qu’il ne serait pas plus en forme pour repartir une fois le message terminé. Il écoutera mon conseil et aura passer la ligne d’arrivée en 6h 58’, soit juste sous la barre des 7h, un grand bravo à lui pour avoir su se surpasser. Finalement tout le groupe se retrouvera comme prévu à quelques encablures de l’arrivée, toutes et tous ayant fini dans le temps limite. Un long moment de détente, de restauration s’ensuivit. Puis nous somme retournés en fin de journée à Montalivet où certains ont pu gouter d’une eau vivifiante de l’atlantique en guise de récupération musculaire. Plus tard en soirée, le repas fut un nouveau moment de convivialité ou chacun a pu faire part de ses impressions de course. Une projection des photos est réalisée et la soirée se terminera tardivement...demain le réveil sonnera ou pas ! Lionel Blampain

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12 L’organisation RENCONTRE AVEC LUCIEN CINTRAT L'homme de la ligne d'arrivée ! Cela fait plus de vingt ans désormais que Lucien Cintrat officie au sein de l’organisation du Marathon du Médoc du côté de la zone d’arrivée. Avec son allure débonnaire, il est pourtant infatigable et terriblement organisé, bref c’est l’homme de la situation, celui qui fait que vous êtes aussi bien accueilli quand vous franchissez cette ligne mythique ! Vous souvenez-vous comment vous avez intégré l’équipe du marathon ? Oui bien sûr. C’était en 1990. Après avoir vu passer l’épreuve sous ma fenêtre durant quel- ques années, j’ai décidé de me lancer à mon tour dans l’aventure et de le courir. Cela c’était en 1990. J’étais régisseur d’un château du côté de Saint-Estèphe et je m’enthousiasmais vraiment de voir tous ces gens déguisés une fois par an. Je me suis entraîné durant près d’un an et j’ai donc franchi à mon tour la ligne d’arrivée. C’était en 1991. L’année qui a suivi, comme j’étais souvent en train de courir avec des gens de l’association, c’est tout naturelle- ment que l’on m’a demandé de venir renforcer les rangs. Je me souviens aussi que c’était précisément lors du marathon de Châtellerault que cela s’est passé. Hubert Rocher m’a parrainé et je suis rentré officiellement dans l’association. Pas les grandes évidemment qui sont installées par des sociétés mais tout le reste… Acheminer les barrières, les tables, les chaises, les podiums, les camions ect… ect… Et puis répondre à toutes les sollicitations de partout. blème au genou il y a pas mal de temps, mais quand j’assiste au départ, j’ai à chaque fois un pincement au cœur. Je me dis que j’aimerais vraiment faire partie du peloton. C’est ainsi. Et puis l’ambiance au comité directeur est vrai- Et vous avez aussitôt géré le site d’arrivée ou bien… Si les kinés me demandent une arrivée d’eau, je le fais aussitôt. Si il manque quelques tables à la tente des « joyeux tartineurs » et bien, ment très bonne. Je l’ai intégré, il y a cinq ans déjà. Nous sommes neuf en tout et nous nous soutenons et encourageons mutuellement. Non j’ai commencé tout d’abord par un peu tout et rien à la fois. Je me suis occupé des ravitos, du placement des orchestres, de la logistique… Bref j’intervenais partout où on le disait. Cela a duré 5 ou 6 ans comme ça et puis je suis devenu le bras droit de Bruno Davin sur toute la zone d’arrivée. Là le travail est immense car c’est là que tout se passe ou presque. Il y a les tentes à installer, le grand ravitaillement, l’emplacement des cadeaux, les kinés etc… etc… Et quand Bruno a décidé d’arrêter, il y a trois ans et bien c’est naturellement que j’ai pris son poste. je vais en trouver. Evidemment la journée du samedi est la plus éprouvante car on est sur le pont à partir de 6h du mat et puis une fois que tout le monde est arrivé, on commence déjà à tout nettoyer et à tout redémonter. C’est pour cela aussi que je prends ma semaine du mardi au lundi qui suit. Cela me permet de ranger encore tout le dimanche et de commencer un peu à souffler avant de reprendre le boulot. C’est éreintant et à chaque fois que je reviens chez moi après une édition, on me dit que j’ai l’air vraiment fatigué. Pourtant j’adore ça. C’est plus fort que moi et je ne compte vraiment pas m’arrêter. Nous nous réunissons au minimum une fois par mois et bien sûr beaucoup plus le dernier mois. C’est vraiment une belle famille. Pour conclure, s’il y avait une image qui vous reste de toutes ces années marathon? Et bien sans hésiter, je dirai le jour où Bruno a annoncé qu’il arrêtait. Pour moi cela dépasse en émotion tout le reste. Il m’a tellement apporté sur cette épreuve, on a tellement fait de choses ensemble et passer de bons moments sur la course que ça m’a vraiment Pour être plus concret, cela consiste en quoi? Justement jusqu’à quand vous pensez pouvoir assurer au niveau physique ? attristé qu’il se retire. C’est un ami ! Et cela se passe souvent comme ça sur le Médoc, à coups de véritables amitiés qui perdurent au fil Et bien déjà, je prends une semaine de congés tous les ans pour arriver à tout faire comme il faut. Il faut positionner toutes les petites tentes qui forment la zone d’arrivée. J’ai 53 ans actuellement et franchement il me tarde la retraite pour m’investir encore plus à fond dans l’association. C’est une passion. Bien sûr j’ai arrêté de courir suite à un pro- du temps qui passe !

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Les indiscrétions 13 La tente "tendresse" devenue celle des Les cadeaux "Petits Creux" depuis 2009, est toujours tenue par les "joyeux tartineurs". Elle a une nou- Au retrait des dossards déjà, vous êtes gatés velle fois eu de quoi faire pâlir de jalousie un avec un petit livre sur le marathon et un tee- organisateur qui propose des ravitos sur une shirt, mais c'est surtout lorsque vous passez le épreuve quelconque. On y trouve absolument fameux sas d’arrivée que ça vaut le coup. Une de tout. Du café, de la bière, des jus de fruits, bouteille grand cru dans sa caissette, une bou- de l'eau, du coca, mais aussi des tartines au teille d’eau, un sac bandoulllière aux couleurs pâté, à la crème, des gâteaux, des fruits frais du marathon, une médaille et toujours une (prunes, pommes, raisins...), des yaourts. Le rose si vous êtes une dame. Petit bonus pour coureur grâce à son dossard rentre sous une l'anniversaire : un petit carton avec des verres haie de bénévoles avant de s'être fait rafraîchir de dégustation de vin ! Sans oublier donc par un petit brumisateur à la fleur d'oranger et cette année le gobelet. Les coureurs les mieux ensuite, il peut se prélasser sur une petite zone bien à lui en face de la Gironde. Avec chaises longues et tables à discussion. Le pied quoi ! La Corrida était là ! Le Médoc et la Corrida de Toulouse, c’est une histoire vraie, une histoire d’amitiés entre les hommes, une histoire dont on dit parfois qu’elle ne s’arrêtera jamais. Songez que depuis 1999, nous nous y sommes rendus a 12 reprises ! Si ça, ce n’est pas de «l’amour», ça y ressemble pour la 9éme, 11éme, 14éme, 16éme fois ... en tout cas fortement. Pour rien au monde Notre équipe pouvait se targuer d’aligner des nous n’aurions raté ce 30 éme anniversaire. coureurs que l’on qualifiera d’expérimentés, Nous sommes venus, nous étions tous là, 44 aux côtés de néophytes dont l’émerveillement déguisés ou les chars les plus remarquables se coureurs joyeusement déguisés aux couleurs affiché faisait plaisir a voir. Quel départ de folie voyaient remettre un bon pour aller retirer une aux lumiéres et aux sons d’un feu d’artifice aux caisse de bonnes bouteilles, carrément!  dimensions planétaires voire galactiques ! Un Enfin tout le monde a pu recevoir ce numéro départ comme celui-ci, sous un soleil encore avec tous les résultats...  plus brillant que nulle part ailleurs, on s’en sou- vient toute une vie. Grandiose. Et que dire de Et la médecine dans tout ça? tous ces châteaux traversés, tous plus beaux les uns que les autres, de ces orchestres et de Le marathon du Médoc est, depuis ses ori- leurs musiciens, au diapason de l’évènement, gines, organisé par des médecins ou autres de ces dégustations toutes plus inventives et personnes très proches du milieu médical. Ce conviviales... On dit de ce marathon qu’il est n'est donc pas un hasard si le congrés médico- «le plus long du monde». Hônnetement, dans sportif occupe une place aussi importante dans l’équipe, tout le monde vous dira le contraire le déroulé du week-end médocain. Cette année tellement on aurait voulu qu’il dure encore l'assitance médicale a prodigué pas moins de davantage. Entre 03h30 et 06h30, tout notre 2500 massages et soins podologiques dans 15 joyeuse bande «corridienne» aura passé la tentes prévues à cet effet. Tout est ainsi noté du carnaval de Rio ... De la couleur orange ligne d’arrivée, non sans avoir dégusté sans et consigné dans un recueil intitulé : "Creuset de la Corrida 2014, vendredi soir au Château modération le grand moment final qui consiste de recueil de données médicales". Lors du d’ssan, nous sommes passés au vert et jaune a fouler le fameux tapis rouge long de 180m. marathon, des équipes médicales sont bien sûr du Brésil, le lendemain matin, pour 42km de Communier, a ce moment là, avec ce mer- postées tout au long du parcours à environ tous pur bonheur. Au sein de notre équipe, certai- veilleux public qui vous acclame peut vous les 4 ou 5 km ! nes et certains se lançaient sur cette distance donner la sensation d’être devenu un héro. pour la premiére fois, d’autres, le couraient Les héros, ne nous y trompons pas, ce sont avant tout les organisateurs de ce Marathon "Le stand des "Petits Creux" unique au monde. Une chose est sûre, la Qui veut des photos ? Corrida de Toulouse reviendra ! N’hésitez pas à nous contacter au 06 13 36 08 87 pour recevoir un CD contenant près de 300 photos souvenirs qui retracent tout le déroulement de ce fameux week-end de folie. Cela va de la course évidemment avec tous ses déguisements, en passant par les soirées, la balade, les ravitaillements. Bref beaucoup d’ambiance ! Retrouvez également tout cela avec en plus des vidéos et des interviews sur le site www.runningmag.fr International On le sait depuis longtemps, ce marathon est sans doute l'un des plus international de France. Mais cette année, on aura noté que sur les 9600 finishers, pas moins de 3100 étaient des étrangers. C'est tout simplement énorme !

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14 La balade et les Mille Pâtes AU CHATEAU Tout est question une couleur Rubis à la valeur inestimable et dont le Château Margaux, 1er Grand Cru Classé, fait la réputation mondiale de cette appellation viticole. Parce que Margaux est bien une appellation qui ne se réduit pas à un seul château, comme il y en a tant dans le Bordelais, et plus particulièrement dans le Médoc. Chaque appellation a sa typicité, son caractère, n’en déplaise à celles et ceux qui au nom du marketing voudraient réduire les appellations des vins de Bordeaux ou d’autres régions françaises pour que le consommateur s’y retrouve. Mais ici, quand on parle d’un Margaux, d’un Saint Esthèphe, d’un Saint Julien ou d’un Pauillac, on sait qu’il s’agit de quatre types de vin différents, que ce sont des Médoc et non des Graves, et que le château en question est classé ou pas. Tout ceci est une affaire de culture, qui ETous les coureurs le savent, le lende‑ main d’un marathon, il faut décrasser. Alors, on peut décrasser en allant faire mérite que l’on s’y intéresse, au même t ils étaient très nombreux ces prome- titre que la classification des différents neurs du dimanche dans les vignes châteaux. Le sujet est vaste et infini, parce de Margaux, bien reconnaissables à que chaque château a aussi son propre un petit footing qui fait bien mal aux leur tout nouveau Tee Shirt collector rouge, terroir, ses propres méthodes de culture cuisses, et en respectant toutes les bon‑ floqué au 30è marathon du Médoc. Une et de vinification. Il y a près de 10 000 nes règles de la récupération au niveau nuée de coccinelles à l’assaut non pas propriétés dans le département, autant de hydratation et alimentation, ou l’on des pucerons qui pourraient se loger sur vins différents, à tous les prix, de toutes les peut aller décrasser à la façon Médoc les grappes de raisin, mais bel et bien des qualités. La Balade donne donc l’occasion : une bonne marche à un rythme ultra- tables et bouteilles de Grands Crus, géné- de rencontrer d’un peu plus près ce terroir motivé, entre copains, où l’objectif est reusement offerts par les grands châteaux prestigieux de Margaux avec ses châteaux un château et une dégustation. de ce village dont le nom résonne à la fois qui en imposent. comme un prénom, mais surtout comme Et c’est donc du château Issan que fut donné le départ, aux environs de 10h. Emmanuel Cruse, 45 ans, qui est l’un des descendants de la Dynastie qui a crée le château vers le 17è siècle s’occupe de sa gestion depuis 1998, il est également consul de Finlande puisque la famille ins- tallée depuis le 17è siècle dans le borde- lais en est originaire. Le domaine exploite 53 hectares de vignes, et le château est 3è grand cru classé du Médoc. La Balade, lon- gue de 12 km, à parcourir entre vignes et châteaux, n’est pas si tranquille que cela. Peu après le départ, les promeneurs ont pu traverser les abords du Château Margaux, malheureusement pas offert à la dégusta- tion. Dommage ! Près de 2000 personnes qui se pressent pour goûter ce nectar parmi les cinq meilleurs classés au monde, ç’aurait été une belle image quand même. Puis ce fut le passage devant Palmer avant

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La balade et les Mille Pâtes 15 ISSAN de décrassage ! de bifurquer vers Rauzan Gassies et et Rauzan-Segla, où une première dégusta- tion sous un grand chapiteau était servie. Un nectar délicieux, qui donne envie d’y revenir, mais c’est sacrément charpenté, alors il ne faut pas abuser de ce jus de raisin si spécial et si subtil qui reste long- temps en bouche. Il faut repartir, et après encore quelques kms de marche sous un soleil plombant, ce fut l’arrivée dans les allées de Cantenac Brown, encore un nectar magnifique dont le long passage en fut de chêne laissait exprimer tous les arômes. Allez, on y retourne une deuxième fois, c’est irrésistible. Certains en profi- tent pour envahir un peu la pelouse et se reposer, car la température continue de monter, et mine de rien, 10 km de marche c’est long, un lendemain de marathon. La Balade se poursuit, les discussions vont bon train, et évidemment ça parle du marathon de la veille, et chacun se refait le film, comme d’habitude. Et puis surtout, on petite tuerie ! Pour les allergiques au Bœuf, pendant et après, et bien sûr, on court tout parle des prochaines courses, de celles où il y avait tout ce qu’il faut sur d’autres de même au milieu et tout cela dans des l’on est déjà inscrits, de celles où l’on va stands, avec un orchestre pour continuer la décors de rêve, loin de toute l’agitation s’inscrire, de celles que l’on voudrait faire, fête et danser sur tous les tubes à jamais urbaine. mais on ne se sent pas encore capable, rentrés dans la légende, de Village people . etc. Et puis c’est le moment de goûter un à Johnny, en passant par Dave, AC/DC et Nathalie Wurry troisième château, avant de terminer par le bien d’autres. Les marathoniens avaient château Kirwan, encore un cru qui envoute retrouvé la pêche pour mettre le feu sur le les palais. Il est midi, passé, l’estomac dance floor improvisé dans le village. commence à crier famine. Et comme sur Le marathon du Médoc c’est ça ! le marathon, on se demande, si l’arrivée Gastronomie, œnologie, culture, fête avant, c’est pour bientôt, et l’on commence à se renseigner autour de soi, on va vers les signaleurs, toujours aussi souriants. Un sitting un peu plus important s’impro- vise à Kirwan, comme si les coureurs ne voulaient pas que ce s’arrête. Il faut tout de même continuer et aller au bout. La ballade se termine par une dégustation de Rosé, de quoi faire un petit apéro avant de rejoindre la place où les producteurs de viande girondins se sont regroupés pour proposer une belle tranche de steak/frites avec ses petites échalottes, une viande fondante comme le beurre dans la bouche. Ah, vraiment rien à voir avec la viande de supermarché ! Bravo au cuisinier bénévole qui a passé une bonne partie de la journée à faire cuire cette viande, exactement dans la tradition bordelaise : grillé à l’extérieur juste ce qu’il faut et saignant au cœur. Une

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