Spécial Marathon du Médoc 2015

 

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Description

Numéro spécial de Running Mag sur le marathon du Médoc 2015

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SPECIAL MARATHON DU MEDOC 2015 RESAUVLELTECASTT SO  U!!S  N°HS - Septembre 2015 La classe !! Tous les classements, tous les interviews, toutes les réactions et toutes les photos !!

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EDITO Le sommaire EDITORIAL  Cravates, Haut-de-Forme, Noeuds papillon, Robes de soirée,… Pas de doute, le Marathon du Médoc s’est mis sur son 31 ! Ajoutez à cela une humeur festive exigée, et vous obtenez une journée de gala réussie ! Cette 31° édition, marquée par une météo incertaine, a vu 8 500 coureurs s’élancer et parader dans Pauillac jusqu’au km0 disposé 700 m au-delà du spectacle d’acrobates aérien de la ligne de départ. Le parcours, inédit encore une fois, emmenait le cortège direction Saint Estèphe, traversait Pauillac à la mi-course, rejoignait Saint Julien pour la dernière boucle, avant une arrivée triomphale sur les quais de Pauillac. L’ambiance fut de nouveau au rendez-vous : MERCI à vous ! En tête du peloton, Nathalie VASSEUR chez les dames et Thierry GUIBAULT chez les hommes ont remporté respectivement leur 13ème et 5ème victoire en terre médocaine, au prix d’une course idéalement gérée. Vous êtes passés trop vite, un détail vous a échappé ? N’oubliez pas que vous pouvez revoir votre prestation ainsi que les meilleurs moments de la course sur la WebTV du Marathon du Médoc (http:// www.dailymotion.com/MARATHONDUMEDOC). Nous remercions également nos Partenaires ainsi que l’ensemble du monde viticole médocain sans qui le Marathon des Châteaux du Médoc ne pourrait pas exister. Merci pour votre fidélité et votre soutien indéfectible ! Et enfin, un GRAND BRAVO à la population médocaine et aux 3 000 bénévoles qui ont œuvré tout le long du weekend pour votre accueil, vos conditions de course et votre bien-être, afin que cette 31° édition du marathon du Médoc reste longtemps gravée dans toutes les mémoires. Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous en 2016, le samedi 10 septembre, pour fêter ensemble la 32° édition du «Médoc ». Le thème sera : « Contes et légendes ». Au plaisir de vous revoir, Bien sportivement, Le Comité directeur Ties, Top hats, Bow ties, Evening gowns, … No doubt, the Medoc Marathon was indeed dressed up to the nines! Add it a required festive humor, and you get a successful gala day! This 31th edition, marked by a slight wet weather, saw 8 500 runners dashing and parading in Pauillac until km0 set 700 m beyond the acrobats’ air show of the starting line. The route, new once again, took the direction of Saint Estephe, went through Pauillac at the mid-race, reached Saint Julien for the last loop, before a triumphant finish on the Pauillac river quays. The festive atmosphere was here again : THANKS TO all of you! Leading the race, Nathalie VASSEUR for the ladies and Thierry GUIBAULT for the men won respectively their 13th and 5th victory in the Medoc marathon, after an ideally managed race. You ran too quickly, you missed something? Don’t Forget you can watch and appreciate your exploit all over again as well as the best moments of the race on the Medoc Marathon WebTV (http: // www.dailymotion.com / MARATHONDUMEDOC). We also thank our Partners as well as the Chateaux of the Medoc area without which The Medoc Marathon could not exist. Thank you for your loyalty and your indestructible support! Finally, WARM CONGRATULATIONS to the Medoc population and to the 3 000 volunteers who worked during the weekend in order to offer you such a welcome, perfect race conditions and all the care, so that this 31th edition of the Medoc marathon remains for a long time engraved in all memories. We already looking forward to meeting you on Saturday 10th of September 2016, to celebrate together the 32th edition of the «Medoc». The theme will be: « tales and legends «. See you soon, Best regards, The Organizing team AMCM - 5 rue Etienne Dieuzède - 33250 Pauillac Tél. 33(0)5 56 59 17 20 Site : www.marathondumedoc.com Email : contact@marathondumedoc.com Running Mag est édité par la société R.P. Presse au capital de 400€. 9 Impasse du Col du Soulor 31240 L’UNION Remy : Tél. 06 13 36 08 87 et Tél. 05 31 22 66 24 E.Mail: krj@sfr.fr et runningmag@sfr.fr Rédaction : 9 impasse du Col du Soulor 31240 L’Union Directeur de la publication‑: R. Jégard Gérant de la société‑: Rémy Jégard Ont collaboré à ce numéro‑: Kris - Hubert Rocher - Didier Excoffier- l’AMCM - La famille Couget - Franck Ricottier - Stéphanie Mercury Montage‑: Rémy Impression‑: Capitouls à Frouzins N° ISSN‑: 1766-9057 N° CPPAP : 0218K83326 LE SOMMAIRE L’ambiance (P. 4, 5 et 8) On ne peut pas résumer toute l'ambiance d'une épreuve comme le marathon du Médoc en quelques pages seulement. Il y a tellement à dire. Aussi nous vous livrons ici un tout petit aperçu... pour donner envie ! La course (P. 6 et 7) Et une cinquième pour Thierry Guibault. Et une treizième pour Nathalie Vasseur. Les habitués restent maîtres des lieux au Médoc et pourtant rien ne fut vraiment facicle chez les hommes. Comme si la densité aux avant-postes montait d'un cran année après année !

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 L’ambiance TOUT AUTOUR D Des petits moment Le marathon du Médoc de septembre, c’est un peu le carnaval de Rio de février. Un défilé intemporel et sans discontinuer qui dure des heures et des heures, hauts en couleurs, en émo‑ tions, en mimiques et en espiègleries en tous genres. Un jeu de sons et de lumières où les costumes transcendent les gens, les transportent aussi dans d’autres époques et d’autres contrées. Bref c’est un moment à part qui ne peut se vivre qu’une fois par an en France ! Il est 20h sur les quais de Pauillac. La météo est fraîche mais la pluie qui est venue cette année, exceptionnellement jouer les trouble-fêtes, est déjà un mauvais souvenir. A quelques mètres de l’arrivée du mythique marathon, une grande tente blanche est sur le qui-vive! L’endroit est déserté pour l’heure. Tous les coureurs, par milliers, qui sont passés par là quelques instants plus tôt, fourbus, cassés de partout, heureux comme jamais, sont partis vers d’autres cieux. La plupart sont déjà rentrés chez eux. D’autres ne sont pas si loin. Dans quelques restaurants de la ville, sous d’autres tentes plantées là pour l’occasion par les associations pauillacaises pour festoyer sans retenue. C’est la grande fête à Pauillac. Un 14 juillet qui aurait changé de date dans le calendrier. Comme par magie. Le samedi du marathon, en soirée, tout le monde se lâche, c’est bien connu. Ceux qui n’ont pas osé trop se « donner » la veille au soir, prétextant fort justement de quelques 42km à se coltiner, peuvent enfin libérer le frein à main. Tous les châteaux alentour retentissent également de belles réceptions qui n’ont pour la plupart rien à envier à celles de l’ambassadeur. Mais là, vers 20h, c’est un autre endroit qui nous préoccupe donc. Tout prêt de la ligne d’arrivée. Là où il n’y a plus personne. Mais que se passe-til donc dans cette immense tente qui quelques heures plus tôt, accueillait par milliers des courageux sportifs en cherche de réconfort et de ravitaillement ? La fête ne semble pas avoir pris fin. Y aurait-il des coureurs qui auraient raté l’heure à ce point ? Qui auraient mis 12h plutôt que 7h ? Non. Ce sont tout simplement des bénévoles. Les bénévoles de ce marathon si généreux qui ne veulent surtout pas se quitter si vite. Comme un petit village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. L’agneau tourne sur la broche depuis un bon bout de temps. On se sent ce fabuleux fumé à des lieux à la ronde. Il y a la grande famille du marathon. Le noyau dur avec aussi bien des instances dirigeantes que des gardiens de carrefour. Les gens se cotoyent ici comme des frères et sœurs de combat. Bien sûr, les yeux sont lourds, la fatigue se fait ressentir sur tous les corps après cette journée si longue mais le cœur désormais est léger. Cette 31ème édition s’est très bien placée. Aucun gros incident. Juste quelques gouttes inhabituelles. Mais tel- lement de monde. Enormément de monde. On se raconte ici les anecdotes que l’on a tenues secrètes jusqu’alors. C’est de bonne guerre. La bandas « Pates à Caisse » est toujours là. Et oui celle-là même qui animait la veille au soir la célèbre pasta-party du même nom. C’est d’ailleurs la fierté de Michel Martin, responsa- ble en chef de toutes les animations qui com- posent cette édition. « J’ai réussi cette année

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L’ambiance  DE L’EVENEMENT ts hors du temps... le petit tour de force de trouver deux bandas pour les deux pastas qui ont le même nom que celles-ci. Il y a donc eu la Pate à Caisses pour la soirée à Saint-Estéphe et la « Mille Pâtes » pour la soirée du château de Sanilhac. Il a fallu chercher un peu…ah ah !! » Entre blagues, rires et récits, les heures passent et c’est déjà l’heure du feu d’artifice. Fabuleux en vérité. Moment qui signe quelque part la vraie fin des festivités. Le lendemain matin avec la Balade, traditionnelle et regroupant encore quelques milliers de survivants, malgré la pluie, sera tout autre, déjà tournés vers l’année qui suit et son autre thème : « Contes et légendes ». Tout un programme. L’imaginaire travaille déjà ! Les cœurs se serrent un peu et on se dit aurevoir. Pas adieu. Avec toutes ses images qui vont bercer notre sommeil. Des déguisements par milliers, colorés, recherchés, inédits. Ces chars grandioses qui ont demandé tant d’ingéniosité parfois et de travail. Ces joies et ces pleurs aussi. Ces débordements en tous sens, véridiques ou fantasmatiques, ces peines immenses et ces bonheurs incomparables. Il y a aussi ces fameuses pasta-party qui n’exis- par un spectateur déjà bien imbibé. Tout le nisation. Un passionné du marathon. Un vrai de tent qu’au marathon du Médoc ! Une « Mille monde chante, tout le monde s’éclate. On fait vrai. Qui ne le louperait pour rien au monde. Et Pâtes » qui se veut plus guindée. Apéritif pris la chenille, le paquito. On roule sur et sous les on le comprend bien ! Mais ça tangue un peu sur la pelouse du parc du domaine de Senilhac. tables. Le vin coule à flots. Il est si bon. Du dans les esprits. Toutes ces images, tous ces Moment de grâce posé sur une musique idéale. Saint-Estéphe bien sûr puisque l’on se trouve à moments s’entrechoquent dans une grande Laisser-aller dans un coucher de soleil. Et puis la salle des fêtes de la commune. Petits nœuds farandole. Chutt ! Il est heure de dormir ! A un repas attablé, raffiné, étudié finalisé par papillon autour du coup. Il est offert à l’entrée l’année prochaine ! quelques danses et un beau feu d’artifice. Le de la salle. C’est le thème du marathon cette premier du long week-end donc ! Une « Pâtes année. « Le Médoc se met sur son 31 ! ». Les à caisses » qui se veut plus endiablée. Où heures filent si vite à cette pasta. Vers minuit, Steffy, l’animatrice chanteuse, qui monte sur ceux qui sont encore là, fêteront même l’anniles tables. Qui tombe aussi parfois rattrapée versaire de Guy. Un des piliers aussi de l’orga-

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 La course DANS LE VIF Guibault et Vasseur se Et finalement, ce sont toujours les mêmes qui l’emportent. Nathalie Vasseur pour une 13ème fois en dixhuit participations et Thierry Guibault pour la passe de cinq. Mais autant cette année, sous une météo propice à la performance, ce fut facile pour la première citée, qui, dirons-nous, n’a pas eu à forcer son talent, autant pour Thierry, il aura fallu batailler jusqu’au bout du bout ! Je suis sur une moto. Je ne rate pas une miette du spectacle. C’est un peu le privilège d’être journaliste sur un marathon. Ou la chance diront certains. Bref c’est le bou- lot. Et vers le 31ème kilomètre, je suis obligé de quitter la tête de course. La pluie est tom- bée durant toute la nuit précédente et qui ne va pas tarder d’ailleurs, à réapparaitre, a rendu quelques portions du parcours particulièrement piégeuses pour des engins comme les nôtres. Pas vraiment adaptés. Mon chauffeur du moment ne prend pas de risque. A l’entrée d’un château, nous bifurquons. Juste le temps de voir Antoine Dewilde perdre quelques mètres. Ils ne sont désormais plus que deux en tête. Les deux plus rapides sur le papier. Thierry Guibault, maître du Médoc que l’on ne présente donc plus, qui va tenter la passe de cinq, déjà, et Sébastien Beltran, l’ancien ariégeois qui fait une carrière sur court formidable (cross, 10km et semi) et qui l’a tente sa chance sur la distance reine. Une fois en passant. Comme ça sur invitation d’un château prestigieux ! Ils sont au coude à coude. Sébastien a l’air terriblement bien avec sa foulée puissante, son gabarit de footballeur américain. Thierry suit, sans trop se poser de questions. Il semble gérer la situation. D’abord en retrait. Toujours présent. Et puis maintenant en se positionnant en tête juste aux côtés de Sébastien qui lui aura bien « donné » tout de même jusqu’à là. Difficile de dire, à cet instant, qui va prendre l’ascendant. On se dit même, à dix kilomètres du but, qu’ils pourraient tout aussi bien terminer ensemble. Mais deux kilomètres plus loin, juste avant le 34ème kilomètre, alors qu’on a juste le temps de garer la moto, tout a changé. Le passage au château Beychevelle aura donc été crucial. Une portion dans le gravier un peu plus dure à négocier. Un virage qui fait mal et devant mes yeux, je vois Thierry passer tout seul en tête. Là il ne fait plus dans la dentelle. Il ne s’économise plus du tout. Sa foulée est ample, légère, aérienne. Il est à bloc. Même si il fait un petit geste avec sa main droite à quelques bénévoles qui l’encouragent en cœur. C’est qu’il commence à être bien connu dans le coin notre homme. Une centaine de mètres derrière lui, Sebastien Beltran s’est déjà fait reprendre par Antoine Dewilde qui n’a pas capitulé. Seb est allé au bout du bout. Peut-être aurait-il dû s’économiser un peu plus dans la première moitié de course ? Personne ne pourra le savoir et même lui, après coup, expli- quera qu’il se sentait tellement bien, en des- sous de son rythme habituel. Et puis ce fut le trou, le mur. Le fameux mur du marathon donc, qui pour lui, est survenu au 32ème kilomètre. Plus de jus, plus de force. Il va être obligé de rentrer au courage sur Pauillac et cela, il le sait déjà, alors qu’Antoine commence, mètre par mètre, à prendre l’ascendant. Le marathon du Médoc vient donc de se joue là. A la sortie d’un château. C’est toujours un peu la même his- toire. Tout semble possible jusqu’au 30ème kilomètre et puis à la fin, c’est toujours le plus endurant qui l’emporte. Thierry en l’occurrence. Il était préparé comme jamais. On l’avait croisé une mois plus tôt du côté de Dax sur la Feriascapade et il avouait, ce jour-là, avoir un

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La course  F DU SUJET e mettent sur leur 31 ! peu manqué de jus pour l’emporter, battu par un Pierre Urruty survolté, avec des charges de travail phénoménales et des semaines à plus de 150 bornes. Un peu plus loin, à cet endroit, David Antoine, maintes fois vainqueur aussi au Médoc, ancien champion de France de la spécialité, a su conserver un bon rythme. Il n’a pas abdiqué et serre les dents. Sébastien Charnay s’est fait doubler. Il limite aussi la casse. Et si Thierry s’en va donc vers une cinquième victoire qui ne semble plus devoir lui échapper, Antoine derrière lui, ne va pas baisser les bras pour autant. Une fois débarrassé de Seb sur le porte-bagages, il tente le tout pour le tout. Entre le 34 et le 38ème, il donne tout. Il allonge encore un peu plus sa foulée qui est déjà immense tant le coureur est grand. Il garde le contact à une trentaine de secondes. Deux hommes en vélo ne cessent de prendre les écarts. Celui-ci est stable ainsi pendant quatre kilomètres. Et si Thierry avait un coup de moins bien ? Et si… Mais que néni. Sur la toute fin de l’épreuve, alors qu’il reste encore quelques petites faux-plats montants, du fait même du changement de parcours, grande nouveauté de cette année, c’est bien Antoine qui cède. L’écart grimpe enfin. Thierry est bien le plus fort. Il maîtrise cette distance sur le bout des doigts et sa cave va donc se remplir encore un peu plus de quelques dizaines de bonnes bouteilles de grand cru. Au Médoc, en effet, on gagne son poids en vin. Et 60 kg, en gros, pour 5 victoires, cela en fait tout de même des litres de vin ! Tout avait donc commencé deux heures et demie plus tôt. Départ fictif sur les quais de Pauillac donc cette année et départ réel 700 mètres plus loin à la sortie de la ville. 9h30 pétantes. Sans pluie. Aussitôt, une poignée d’hommes prennent les commandes. Le champion Suisse qui a la meilleure marque sur le papier sur marathon, est venu pour faire la fête et en profiter. Il dit bonjour devant et puis s’arrête sur le premier ravito. On retrouve donc Philippe Rémond, éternel vétéran 2, neuf fois vainqueur du Médoc, Thierry, Sébastien et Antoine, dont j’ai longuement parlé déjà, auxquels il faut rajouter David Antoine et Sébastien Charnay. Pendant une dizaine de bornes, ce schéma ne change guère. Certains sont vraiment à l’aise et s’économisent donc en vue des combats futurs, d’autres sont déjà à bloc. Philippe craque le premier. Il finit tout de même septième en 2h37’et forcément premier vétéran. David et Sébastien baissent pavillon quelques bornes plus loin. Le trio qui se retrouve en tête, dès lors, ne va plus se quitter jusqu’au 30ème km. C’est sans aucun doute, une des éditions les plus denses, à ce niveau-là de la compétition. Une des plus dures victoires de Thierry comme il l’expliquera après coup ! David Antoine finalement doublera sur la fin Sébastien pour la dernière place du podium et puis Thomas Bénichou reviendra de l’arrière pour entrer dans le Top 6. Voilà donc pour la tête de course. Côté féminines, c’est beaucoup plus limpide. Comme on en a pris l’habitude désormais, c’est Stéphanie Briand Viaud qui prend les commandes. Elle va garder durant quasiment vingt bornes une cinquantaine de mètres d’avance. Pas plus. Et comme l’écart ne monte pas, on se dit bien qu’elle ne doit pas être au mieux de sa forme. En effet, quand elle l’avait emporté, il y a trois ans de cela, elle avait très vite pris ses distances et n’avait jamais vraiment été inquiétée. Là, tout semble croire que l’on est reparti sur la même version qu’en 2014. Quand Nathalie avait comblé mètre après mètre, sous l’impulsion de son poisson pilote, Yves Bruneau, son retard vers le 31ème kilomètre. Mais cette année Stéphanie grimace plus tôt que d’habitude. Le rythme est moins aérien. Au 20ème km, la jonction est déjà faite. Il n’y a donc pas de miracle possible. Nathalie Vasseur a de nouveau bien préparé son affaire et pour ses 50 ans, elle s’offre une nouvelle victoire sur sa course fétiche. Sa 13ème en 18 participations, c’est bien elle, la reine du Médoc. Elle peut tomber dans les bras d’Hubert Rocher, l’organisateur, son père spirituel, comme elle aime à l’appeler. La messe est dite. Elle boucle son parcours en 2h53’ en 17ème position au général. Stéphanie est bien plus loin en 3h et pour la dernière marche du podium, c’est Gwénaelle Chardon qui signe une très belle performance. Mais évidemment, à ce moment là de l’épreuve, après donc seulement 3h de course, ils ne sont qu’une poignée à avoir franchi la ligne. Une quarantaine. Et bientôt, vers midi et demi donc, la pluie va faire son apparition. Quelques gouttes d’abord et des trombes d’eau pendant presqu’une heure. De mémoire de spectateur de l’épreuve, cela n’était jamais arrivé. Il faudra donc attendre 14h30 environ pour voir le ciel redevenir bleu… et le soleil refaire son apparition. La 31ème édition fut donc bien arrosée. Si l’on peut dire. Les arrivées multicolores, douloureuses, emplies d’émotions et de joies, vont ainsi se poursuivre jusque dans l’après-midi. La voiture balai pointera la bout de son nez après 6h54’ de course alors qu’il était prévu 6h30 sur le règlement. 7530 coureurs franchiront donc la ligne sur les presque 9500 inscrits. Les organisateurs ont été généreux donc et ils ne seront que 400 environ à ne pas passer dans les délais, à ne pas profiter des fameux cadeaux du finisher. 7530 dont environ 3500 sont tout de même arrivés dans la toute dernière heure de course. Hallucinant ! Le 31ème marathon du Médoc pouvait donc en rester là. Avec déjà en ligne de mire une 32ème dont le thème a été dévoilé. Ce sera les « Contes et légendes ». Il tarde d’y être avec à n’en pas douter un peu plus de soleil. Comme d’habitude quoi ! Rémy Jégard

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 Les à-côtés LES BANDAS Vous avez dit bretons? Les mauvaises langues diront que dans le marathon du Haut Médoc, ce qui intéresse le plus les bretons c’est le Médoc… Ce n’est pas tout à fait exact. Nous, le marathon du Haut Médoc il nous faisait rêver depuis un bon moment. Ça parait dingue de se donner tout ce mal pour boire du vin, même s’il est très bon ! Dans notre fanfare le bon vin on connait, le marathon un peu moins. Comme nous venons de la Baie de Morlaix dans le Finistère, on a bien sûr quel- ques « semi-marathoniens » qui participent régulièrement au Semi ST POL – MORLAIX. Mais personne parmi nous, n’a encore avalé les 42 km. Alors le mieux pour savoir, c’est d’aller voir sur place. Fin 2013 nous contactons Michel Martin, responsable des animations du Haut Médoc, pour lui proposer notre enthou- Samedi 8H30 Ils invitent d’autres concurrents à les rejoindre siasme musical. 2014 c’est l’année des 30 Incroyable, il pleut ! Est-ce une attention de pour un « Paquito Chocolatero » qui rapidement ans du marathon et toutes les animations sont Michel pour éviter que l’on soit dépaysé ? Pas regroupe une vingtaine de marathoniens. C’est déjà prévues. Mais le nom de notre fanfare de problèmes, nous sommes une fanfare bal- le bazar, on se demande si c’est bien ça que «Les Pattes à Caisses » fait tilt. Dominique, néaire, et l’humidité ça nous connait. voulait Michel quand il nous disait « d’encoura- la femme de Michel, organise avec toute une 9H Nous nous plaçons à la marque des 500m ger » les concurrents ? Le morceau se termine, équipe de bénévoles la soirée du vendredi soir dans le 1er virage. La tension monte et le ciel on récupère les dossards qui trainent par terre qui s’appelle « Pattes à caisse »… Notre sort se dégage. On aperçoit au fond la ligne de et faut repartir. Xavier, le meneur de notre est entendu, un jour on sera de la fête ! Février départ et les funambules qui tournoient autour équipe belge, lance l’idée d’embarquer la fan- 2015, Michel nous appelle pour savoir si nous de cette gigantesque sphère. Ca fait déjà une fare avec eux pour franchir la ligne d’arrivée en sommes toujours partants. Il connait bien les demi-heure que nous jouons, nous saluons en musique. Là, c’est vraiment le bazar. Le temps fanfares bretonnes, et spécialement les Zebaliz musique le passage des joëlettes handisport. de réfléchir, Xavier a déjà récupérer la grosse de Brest qui sont déjà venus à plusieurs repri- Notre premier Médoc est lancé ! caisse, et part en petites foulées. Pas le choix, ses dans le Médoc. Michel nous fait confiance 9H30 C’est parti ! La vague des concurrents nous voici au milieu des concurrents pour ces et nous propose un programme de choix. Nous nous submerge. Certains partent très « sage- derniers 1500 mètres. Ça chante, ça danse, jouerons sur les trois jours. ment » en prenant le temps de faire une photo ça court aussi, et ce n’est vraiment pas facile ou d’esquisser un pas de danse avec nous. de jouer en même temps. Xavier continue à Vendredi 11 Septembre à 7H L’ambiance est géniale. Tout le monde est donner le tempo et nous voici face au portique Nous quittons Carantec. Les 19 fanfarons souriant, heureux d’être là et de participer à d’arrivée. Incroyable nous franchissons la ligne du voyage sont impatients de se mettre sur cette incroyable course. Au fait est-ce vraiment d’arrivée de notre premier Médoc, juste devant leur 31. Arrivés à Pauillac nous découvrons un une course ? la voiture balai. Nos marathoniens mélomanes fléchage « Pattes à caisse » que nous suivons 12H Nous rejoignons Dominique au kilomè- en veulent encore. Impossible de les arrêter, fièrement jusqu’à St Estèphe. Sur place la tre 41. Nous allons participer avec toute son c’est à se demander si le marathon du Ht bonne humeur et la complicité s’installent tout équipe à l’animation du dernier ravitaillement Médoc est assez long ? de suite avec Dominique et toute son équipe, avant l’arrivée. On annonce déjà le passage du Inoubliable, quelle ambiance ce Marathon de ainsi qu’avec Stéphie qui animera la soirée. premier, Thierry Guibault passe devant nous, Médoc ! La proximité et le contact chaleureux Cette bonne humeur est largement partagée rapide léger et souriant, impressionnant. Pas des coureurs tout au long de ces trois jours, par les concurrents présents. Tout le monde est de doute, le Marathon du Médoc est bien une nous ont vraiment bluffés. Un grand bravo visiblement venu ce soir pour s’amuser et dan- course. aux organisateurs. Merci à Michel, Dominique ser. Nous faisons la connaissance d’une équine 16H Michel nous suggère d’aller encourager et toute l’équipe des bénévoles pour votre de 5 joyeux lurons belges venus courir le ceux qui n’ont pas encore terminé, vers le accueil, pour votre gentillesse et votre effica- marathon. Pour le moment, ils nous ravitaillent square en haut de la rue Rabié, à 1,5 km de cité. C’est décidé, la prochaine fois on pose les en Crémant. Nous ne savons pas encore que l’arrivée. On voit bien que pour certains, ça instruments et l’on sera au départ ! J’espère nous allons nous revoir… La soirée est bien commence à être dur. Alors on y met encore qu’il y aura une bonne fanfare sur le bord du lancée, et Gabin qui fêtait ses 24 ans ce soir- plus de cœur pour leur souffler un peu d’éner- parcours pour nous aider à finir… là, se souviendra de sa soirée d’anniversaire gie, et finir ce 31e Médoc. Et soudain revoilà d’avant Médoc ! On a du mal à croire que nos amis belges, facilement reconnaissables demain on a un marathon à courir. avec leurs maillots jaunes fluo. Les retrou- Les Pattes à Caisses vailles depuis la veille sont très « animées ».

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Les insolites  LE SHOW DE DEPART Un moment à part ! Et puis il a ce moment. Ce petit moment de cette musique qui hors du temps où tout sembe s'arrêter. Ils nous prend aux tripes. sont des milliers à s'agglutiner derrière Bien sûr les nerfs sont cette ligne tracée au sol, cette corde tendue en à fleur de peau et il ne travers de la rue qui les empêchent de passer. peut en être autrement Certains sont là depuis déjà une heure. D'autres car aujourd'hui c'est le arrivent à toute vitesse pour ne pas le rater. Le grand jour. Mais pour fameux départ du marathon. Il y a tellement ces acrobates des airs, de monde, tellement de déguisements qu'une il ne faut pas se rater. mère n'y retrouverait pas ses petits. Pourtant C'est aussi le grand dans ce brouhaha uniforme, la pression monte moment pour eux. Ils doucement. Les tensions sont exacerbées par ont répété leur numéro l'attente. Dans quelques minutes, la meute de funambules durant sera lâchée et les corps s'en iront vers d'autres des mois et des mois lieux. Mais avant cette minute fatidique où et encore la veille au le coup libérateur retentira, il est un rituel soir, ils ont testé tout immuable sur cette épreuve : le spectacle d'avant-départ. Si l'on peut appeler cela ainsi. Comme un petit moment de grâce qui apaise tout le monde. Il ne dure qu'une poignée de minutes, il se déroule le plus souvent dans les airs pour que le plus grand nombre en profite et il nous touche en plein coeur. On voit même quelques larmes couler ici ou là, au rythme leur matériel bravant les conditions météos pas toujours faciles. Le vent est leur ennemi numéro un. Ils n'ont pas droit à l'erreur. Des milleirs d'yeux les fixent comme envoûtés. On en oublie presque durant quelques minutes qu'il va falloir s'en aller, qu'il va falloir courir et suer. La grâce de cet instant est magique et va rester graver dans les mémoires. Chaque année, le numéro change et chaque année la magie opère. Comme si le coureur avait besoin de se libérer un peu de cette lourde chape de tension accumulée. Mais chut ! Ils volent, ils virevoltent, ils nous offrent un peu de légèreté dans ce monde où finalement c'est toujours la pesanteur qui a le dernier mot ! UN CHAR DANS LE PELOTON Retrouvailles... C’est un petit char qui paye pas de mine. Une structure métallique comme socle principal et au-dessus un décor qui change d'année en année au fil des thèmes proposés. Mais il est solide. A n'en pas douter car cela fait désormais dix ans qu'il est de service. Cette année avec la pluie venue jouer les trouble-fêtes, le château trônant en début d'épreuve en carton a un peu flanché ou perdu de sa superbe. Mais bon, on reconnait tout de même la pâte de l'artiste. "Cela me prend environ deux week-ends entiers de tout créer" explique d'emblée Jean-Marie Larrieu, appelé affectueusement, le chef, par le reste de la bande. "C'est pas énorme mais bon je m'y applique. Cette année, comme le thème est "le Médoc sur son 31", j'avais pensé simplement à un grand et beau château... Mais si le char en lui-même que l'on pousse à tour de rôle est costaud, le papier utilisé l'est moins et là on ne reconnait beaucoup plus grand chose..." Mais visiblement, cela n'a pas l'air de beaucoup le tracasser. Il m'emmène dans une partie secrète du char, visible de luiseul. Comme un casier comprenant quelques bouteilles de vin. Certains semblent bien vides mais il en prend une délicatement dans les mains pour me la montrer. Un Phélan Saint-Estéphe 2008. Un vrai petit bijou. "Et oui cela fait plus de vingt ans que je fais le marathon. Moi et la dizaine de mes potes d'enfance. On ne manquerait pour rien au monde ce rendez-vous. Pour nous, c'est l'heure des retrouvailles. Certains viennent de Charentes, de Paris, du Pays Basque et bien sûr de moins loin, mais nous savons que durant ce week-end, nous serons de nouveau ensemble. Et depuis le temps, nous avons sympathisé avec quelques propriétaires de châteaux. Vous imaginez bien ! Ainsi Monsieur Gardinier, nous attend au tournant, si je puis dire, avec une belle surprise. C'est son petit cadeau de bienvenue !" Durant le marathon, aucun d'entre eux n'a vraiment fait d'excès. Ils sont là, avant tout, pour se faire plaisir, pour rejoindre l'arrivée et rigoler ensemble. Ensuite, ils vont tous se retrouver dans un petit carbert au bord de l'eau, non loin, et là peut-être, ce sera l'heure de se lâcher un peu plus. Les bouteilles seront ouvertes spécialement pour l'occasion et les langues se délieront à nouveau. Le Marathon du Médoc, c'est le grand rendez-vous de l'année !

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10 Le vécu A L’INTERIEUR “Et vous m'avez pe Stéphanie a fini son premier marathon les congés, les obligations… Malgré tout, j’y Ca peut enfin commencer. Quelques mètres cette année au Médoc. Ce n'était pas gagné d'avance mais elle a su aller au bout d'elle même. Récit poignant dans lequel beaucoup devrait se reconnaî‑ tre... étais. Les festivités commencent. La musique, plus loin mes parents nous attendent, Nikolett les gens qui applaudissent, le spectacle magni- et Philippe qui prend déjà le 2ème relais. Tout fique en hauteur, le décompte… Juste le va bien. On discute, on apprécie le paysage, les temps de faire quelques photos, de regarder en déguisements, les blagues des coureurs. rêvant le tapis rouge et l’arche d’arrivée si Philippe nous parle du vin, des châteaux, on en proches et CLAC c’est parti en un rien de prend plein les yeux. Je suis en terrain connu, P temps. Il faut d’abord parcourir 700m, c’est le j'avais déjà fait ce chemin lors de ma 1ère arfois un 12 septembre peut devenir «départ fictif». On est censés marcher mais, tentative de marathon l’an passé. En temps magique. Ce jour là, j allais courir un portés par la foule, on finit vite par courir... que bordelais et après plus de 10 participants marathon. Je dors assez bien cette nuit- L’arche de départ, la vraie, est la, devant nous. au médoc, Philippe connait bien le chemin. Il là. A peine réveillée, on me force à manger un On enclenche le chrono et c’est vraiment parti. me prévient des reliefs en amont, des lignes gâteau sport et à boire, boire, boire... On enfile Vincent est la «pour me porter» tout au long de droites à perte de vue... Les kilomètres s égrènotre déguisement « sur notre 31 », on fait la course, mon cousin Ricardo 1er relayeur du nent et je n'aperçois même pas certaines borquelques photos devant le gîte et on prend la 3ème dossard est la aussi. Je sais qu’ils sont nes kilométriques tellement je me sens bien. A route vers Pauillac. On se sépare rapidement, la pour moi. Au 1er ravitaillement, Vincent chaque ravitaillement, mes deux compagnons les « spectateurs » partent déjà nous attendre s’écarte pour aller me chercher une bouteille d me chargent en eau, coca, figolu, TUC, banaau 4ème kilomètre et nous, on suit la horde de eau et me demande de continuer en restant nes, oranges... J’ai jamais autant mangé de ma gens déguisés…Lorsque l’on s’installe dans le bien sur la droite... Mais on se perd déjà. Je vie mais ça me fait rire. Et plaisir aussi. Ils SAS de départ, Ricardo, Vincent et moi, je tente l'attends alors sous la borne du km2 pendant tiennent vraiment à que je franchisse la ligne de ne pas me laisser envahir par la pression. Je ce qui me semble une éternité. Je suis abattue d’arrivée. Au 13eme km j’ai un léger «coup de continue de déclarer que je ne vais « jamais » et je pense déjà que si je ne le retrouve pas je mou». Il faut dire qu’on court dans la boue y arriver mais dans ma tête c’est tout autre n’y arriverai jamais. Des centaines de coureurs depuis un moment et qu’il est difficile de lever chose. Je veux le faire. Il parait que la moitié se passent inlassablement devant moi. Je me les pieds... Mais ça passe vite. Ouf ! On alterne fait dans la tête ? Je n’étais pas assez préparée décide à avancer jusqu’au km3. Puis encore un soleil et nuages. Le temps est agréable il fait c’est sûr, le travail, la chaleur intense de l’été, peu et je l'aperçois enfin ! Je souris à nouveau. bon presqu’un peu chaud. Les châteaux sont magnifiques. J’ai envie de goûter le vin mais je m’y refuse j’ai peur de me mettre des bâtons dans les roues ou «du plomb dans les jambes». Tant pis, une prochaine fois. Quand on arrive vers le 21ème km j’ai des ailes. Je sais que je vais voir mes parents et ma famille et je suis déjà émue. J’ai envie de pleurer et je retiens mes larmes car à ce moment-là je sais que je vais finir ce marathon. Je le sais. Je suis à la moitié. Je peux tenir. En plus il commence à tomber quelques gouttes et je pense alors que c’est vraiment le schéma idéal, que ça va me rafraîchir un peu. On s’arrête pour s’échanger quelques mots. Les filles sont gelées de nous attendre. J'en suis un peu désolée mais égoïs- tement je suis contente de les voir. Philippe donne le dossard à mon père et nous voilà repartis. Je lui explique que je vais bien que mes sensations sont bonnes et que je ne puise pas. Je ne dis pas que je sais que je vais finir le marathon car j’ai peur de basculer de l’autre côté. La pluie s’intensifie très vite, comme une punition ou un rappel à l ordre. «Non non ça ne peut pas être facile». A ce moment-là on arrive sur de longues lignes droites en bitume, la pluie est battante. Au début on en plaisante un peu, les yeux me brûlent avec le sel et l’eau et je me bats avec mes lunettes de soleil. Puis on est trempés. On a froid. Je remets mon K-way qui -dieu merci- était resté dans le sac de Vincent. Les bornes kilométriques commen- cent à me sembler espacées. J’ai entendu

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Le vécu 11 R DU PELOTON ermis d'y arriver !” parler du mur du 30eme kilomètre et j'ai l'impression que je vais le percuter bien avant... Mes pieds massèrent dans l’eau et la boue, c’est difficile de courir. Je commence déjà à souffrir et ça me fait peur. Je prends même plus le temps de contourner les flaques, je vais en plein dedans ! J’en ai plein les jambes ! Je me découvre des parties du corps inconnues jusqu’à lors. A ce moment-là j’écoute un peu trop mes douleurs, les chevilles, les genoux, tendons, cuisses, dos, épaules, tout y passe... Je serre les dents et j’avance. J exprime à voix haute ma souffrance parfois, mais j'arrive encore à plaisanter. Mon père me dit que si je souris c’est que ça va. Il a raison. Ces douleurs là c’était vraiment rien... On tourne autour des 30km. Un coureur lance «quand on sera au 30ème il en restera plus que 12». Je commence à ce moment-là à faire vraiment le décompte. 12km ! Comme la « RomeuFontaine». On arrive dans des distances que je connais bien. JE PEUX LE FAIRE. Mais que ces bornes s éloignent, que ces kilomètres deviennent longs. Le dos me fait vraiment souffrir. Je m'arrête parfois, je m'étire ou je marche un peu mais je commence à sérieusement déguster. Mon père me propose d'aller me faire masser. J’ai peur de perdre trop de temps mais finalement je le tente. Ca dure une dizaine de minutes, c’est jouissif. J’ai envie de pleurer et de rire en même temps mais je n’ai surtout pas envie de quitter la table de massage. Quand je dois me relancer c’est terri- ble... Je commence à plus trop parler. J'ai encore du souffle mais je n'ai plus envie. Chaque ravitaillement je les passe sans m'arrêter en essayant de gagner quelques mètres supplémentaires pendant que les garçons ramassent à manger et a boire pour moi. Je me dis que ma mère est pas loin. Qu’elle m'attend au 36km ! Ca me motive de savoir qu’elle est là. Mais finalement j'apprends qu’elle sera sur la ligne d arrivée. Il faut absolument que j'y arrive. Elle y est déjà. Au km37 on récupère Ricardo. Ça fait un moment que je parle plus. Il me demande si ça va, j’ai envie de pleurer et de lui dire que «non, pas du tout». J'articule seulement un «bof». De temps en temps on me dit «ta mère ou ta sœur t'embrassent». Franchement à ce moment la j'écoute plus. Je commence à être sérieusement énervée. 5km encore ? Mais je vais mourir. Le même coureur blagueur que tout a l'heure repasse «hé, on fait vraiment un sport de cons!». J'esquisse un sourire, je me dis qu’il a bien raison mais je ne dis rien. On arrive aux huîtres. Les 3 garçons s'arrêtent. Je continue, ces quelques mètres sont importants. Je croise une fille qui me dit qu’elle souffre de partout. Je lui réponds que moi «j’ai envie de mourir» et on rigole. Je reconnais les paysages qui arrivent. Je sais que ça va monter et je me mets à chouiner... Je sais aussi que la barrière de temps est très proche comme une épée de Damoclès au dessus de la tête. Je commence à me dire que si les portes se ferment avant que j'arrive, je m'en remettrai pas. Les garçons me parlent beaucoup «allez c’est bientôt la fin Mais là j’ai la patience proche de zéro. Je n en peux plus. Je commence à voir trouble mais je ne lâche pas. On me met plein de choses à manger et boire dans la bouche. Grace à mon dossard les spectateurs crient mon nom souvent. Je pense que la souffrance se lit sur mon visage. Parfois je n'ai même plus la force de lever la tête en entendant mon prénom. Chaque geste compte. Je me demande vraiment ce que je «fous là». Au 40eme km j’ai envie d'abandonner de tout lâcher de me mettre au sol. Mais mine de rien ça fait déjà 1km que j'ai forcé l'allure. Je gémis parfois. J’ai conscience que Vincent va se moquer après mais je m'en fiche. Au 41eme il commence à me répéter Sans cesse «c’est énorme ce que tu fais, je suis fier de toi...» Il me dit de profiter, profiter, que ce sont les meilleurs moments. J'essaie. On me pousse mais je suis tellement fatiguée... Malgré tout je garde l'allure. J'entends le micro. Mais on s'éloigne. Quelle torture ! Mon père me dit que ma mère est positionnée sur la droite avant l'arche. Je ne sais même pas si je vais avoir la force de lever la main en la voyant... Ce tapis, il est où? Je le maudis... Je ne vois pas la borne 42. Je regarde ma montre toutes les 30s. Puis enfin. Nous y voilà. Mon père me crie que ce moment il est pour moi. Je vois qu’il est fier de moi. Vincent aussi. Je commence à sentir le feu d'artifice dans mon corps. Je sais que je vais bientôt pleurer. Je suis en train de le finir ce marathon, je me le répète sans cesse dans ma tête j'ai du mal à y croire. Je vois ma mère sur le côté... Enfin. Je l'embrasse et je me mets à pleurer a chaudes larmes. Je suis épuisée, soulagée, infiniment heureuse et fière aussi. Je passe la ligne, mon nom s'affiche sur grands écrans. Je m'effondre en pleurs dans les bras de Vincent, de mon père. Je n'en reviens pas. On me passe la médaille autour du cou. Je l'ai fait… On apprendra plus tard que la barrière s’est fermée 8mn plus tard. Je tiens à remercier mon équipe, mes parents, Vincent, Ricardo - Nikolett et Philippe. Je me suis battue avec moi-même mais Vous m avez porté. Je ne sais pas si j aurais réussi sans vous. Probablement pas. J’ai fini mon 1er marathon ! Stéphanie Mercury

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12 L’organisation RENCONTRE AVEC LOLY MORISSEAU "Avec des blousons en cuir..." Loly Morisseau a intégré l'équipe de l'AMCM depuis le tout début. Il y a donc 31 ans maintenant. Elle y a tenu le rôle de secrétaire pendant de très longues années. Aujourd'hui elle est toujours d'attaque et s'occupe du repas Mille Pâtes, de la Balade et des Challenges Château. Bref, elle n'en perd pas une miette et avec son caractère bien trempé n'est surtout pas prête à passer la main... Bonjour, Loly. Vous souvenez-vous de votre entrée dans l'organisation du marathon ? Et bien, cela s'est fait le plus naturellement du monde. En effet, il y a un peu plus de 31 ans donc, l'équipe d'organisation, les membres fondateurs, est venue trouver la Commanderie du Bontemps, basée à Pauillac à cette époque, pour savoir si elle pouvait leur prêter main forte pour organiser un marathon dans le Médoc. Je me souviens encore de la venue de Jo Pauly en nos locaux. J'étais secrétaire de la Commanderie, ce que je suis toujours d'ailleurs même si on a déménagé depuis à Bordeaux. Henry Martin, grand maître à ce moment-là, a été emballé par le projet. Même si, on peut l'admettre aujourd'hui, il pensait vraiment que cela ne durerait qu'une année en fait. Moi, je n'ai jamais quitté le navire. Je suis devenu aussitôt secrétaire de l'association qui allait prendre en main les rènes du marathon. Mille Pâtes et puis aussi la Balade. J'accueille dégénère. Aussi je suis allée chercher quel- En quoi consistait donc votre rôle les gens, je gère les flux d'entrée. Ce n'est pas qu'un de l'organisation pour qu'il leur explique. dans les premières années? toujours évident avec autant de monde. Je suis Cela a commencé à s'envenimer un peu jus- aussi en charge des challenges des Châteaux qu'au moment où ils nous ont enfin expliqué Et bien, j'étais au secrétariat en tant que avec Albert. Aussi bien pour les équipes que qu'ils étaient des coureurs, qu'ils avaient leurs bénévole. Il n'y avait pas un boulot monstre pour les entreprises, cela est devenu une invitations et qu'ils nous avaient fait marcher. au début. La première année, on a acceuilli vraie course dans la course. Il ne faut pas se Un grand moment ! 500 coureurs. Je prenais les inscriptions par téléphone. Je me souviens qu'avec toutes les femmes des organisateurs, nous étions postés louper. D'autant plus que la Commanderie du Bontemps a toujours été un partenaire privilégié de l'épreuve et fournit donc l'essentiel des Vous n'avez jamais eu envie d'arrêter, de souffller un peu ? sur la ligne d'arrivée pour enregistrer tous les vins, des repas etc... Un poste crucial donc ! passages avec les fameuses douchettes. Ce n'était pas aussi sophistiqué que maintenant. Nous avons tenu ainsi jusqu'à environ 7000 coureurs et puis nous avons embauché une N'auriez-vous, en 31 ans de services, une petite anecdote de derrière les fagots ? Oh non. Jamais. Pas une seule fois. Le Marathon, c'est un peu notre bébé. Qui aurait envie de dire adieu à son petit? Moi tant que j'ai la santé, je continue... C'est une équipe personne car la somme de travail devenait tellement formidable. Je prends toujours une donc phénoménale. Bon comme ça, à froid, ce n'est pas évident. semaine de vacances pour m'occuper de Mais une fois, j'étais donc à l'accueil du Mille- l'épreuve. Je ne le regrette jamais et il me Ensuite vous avez donc un peu Pâtes et je vois débarquer tout un groupe de tarde tous les ans que la date revienne. C'est changé de poste ? personnes habillées en cuir, avec blousons, une histoire d'amour. Il n'y a jamais eu de pluie chaînes et tout et tout.... Ils en imposaient au Médoc... toujours du soleil ! Ou presque ! Vous savez quand vous êtes dans une telle vraiment et ils voulaient absolument profiter organisation, il faut savoir s'adpater à toutes de la soirée. Comme cela se déroule toujours les demandes, à tous les postes. Aussi c'est dans des châteaux prestigieux, j'étais bien naturellement que je me suis tournée vers le embêtée et je ne voulais surtout pas que ça

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Les indiscrétions 13 Le stand des "Petits Creux" Les cadeaux La tente "tendresse" devenue celle des Au retrait des dossards déjà, vous êtes gatés "Petits Creux" depuis 2009, est toujours tenue avec un petit livre sur le marathon et un tee- par les "joyeux tartineurs". Elle a une noushirt, mais c'est surtout lorsque vous passez le velle fois eu de quoi faire pâlir de jalousie un fameux sas d’arrivée que ça vaut le coup. Une organisateur qui propose des ravitos sur une bouteille grand cru dans sa caissette, une bou- épreuve quelconque. On y trouve absolument de tout. Du café, de la bière, des jus de fruits, de l'eau, du coca, mais aussi des tartines au pâté, à la crème, des gâteaux, des fruits frais (prunes, pommes, raisins...), des yaourts. Le coureur grâce à son dossard rentre sous une haie de bénévoles avant de s'être fait rafraîchir par un petit brumisateur à la fleur d'oranger qui n'aura pas trop servi cette année, on l'aura compris, et ensuite, il peut se prélasser sur une petite zone bien à lui en face de la Gironde. Avec chaises longues et tables à discussion. Le pied quoi ! Bénévoles teille d’eau, un sac bandoulllière aux couleurs du marathon, une médaille et toujours une rose si vous êtes une dame. Sans oublier donc le gobelet. Les coureurs les mieux déguisés ou les chars les plus remarquables se voyaient remettre un bon pour aller retirer une caisse de bonnes bouteilles, carrément!  Enfin tout le monde a pu recevoir ce numéro avec tous les résultats...  Un petit mot pour saluer le travail effectué planétaire. Sans eux, on le répète souvent sur Running Mag, pas de course possible. Un grand repas en regroupait quelques-uns sur les quais de Pauillac le samedi soir autour de deux agneaux à la broche. Ambiance mechoui garantie... Bravo à eux en tout cas ! Qui veut des photos ? Et la médecine dans tout ça? Le marathon du Médoc est, depuis ses origines, organisé par des médecins ou autres personnes très proches du milieu médical. Ce n'est donc pas un hasard si chaque année un colloque médico-sportif y est organisé en aparté de la course. Cette année, il s'est donc déroulé le vendredi du côté de la maison du tourisme. Au programme, on a donc pu assister à quelques thèmes de choix dont "les fausses bonnes idées dans l'entrainement du coureur à pied" animé par Jean-Claude Vollmer du pôle France de l'INSEP ou encore "la compression et contention du corps du marathonien" avec le Docteur Dominique Midy aux manettes. Le débat sur le poids de forme et affûtage a également été très suivi... On s'en doute ! durant tout le week-end par tous les bénévoles... Il y en a environ 3000 affectés à tous les postes et tous les travaux imaginables. Tous passionnés en tout cas et fiers que leur ville ou leur région participent à cet événement N’hésitez pas à nous contacter au 06 13 36 08 87 pour recevoir un CD contenant près de 300 photos souvenirs qui retracent tout le déroulement de ce fameux week-end de folie. Cela va de la course évidemment avec tous ses déguisements, en passant par les soirées, la balade, les ravitaillements. Bref beaucoup d’ambiance ! Retrouvez également tout cela avec en plus des vidéos et des interviews sur le site www.runningmag.fr

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14 La balade et les Mille Pâtes AU CHATEAU Du baume au coeur Ils étaient 4 000 heureux marcheurs à « Marathon » pour la Balade mais aussi la soi- accepté de recevoir le marathon cette année », avoir troqué leurs costumes de mons‑ rée Mille Pâtes, qui s’est déroulée la veille sous poursuit Jean-Luc. « Et comme nous sommes tres, robots, et autres personnages de fiction, contre un taste-vin et venus par‑ ticiper à la balade de récupération, qui a eu lieu le dimanche à Cissac-Médoc. un beau petit soleil d’automne, ils doivent bien évidemment prendre en charge tous les petits tracas annexes occasionnés et n’ont de fait pas une minute à eux. «Nous devons très vite trouver une solution pour le parking » explique Loïs une des plus grosses propriétés de celle-ci, c’est tout naturellement que nous avons été concertés. Nous avons bien sûr accepté avec grand plaisir. Nous connaissons le sérieux d’une telle organisation et les retombées que Senilhac ! Senilhac ! Tout le monde descend. Nous sommes en plein cœur de la presqu’île du Médoc, sur les terres « fortes » de la commune de Saint-Seurin de Cadourne. La météo n’est pas de la partie. Les courageux qui sont venus participer à la fameuse balade de récupération du marathon en ce dimanche matin, doivent sortir les parapluies et autres coupe-vent. Quelques milliers de personnes tout de même, plus ou moins sportifs, qui font la queue pour récupérer sous la pluie leur petit « crachoir » qui va leur permettre de déguster quelques bons crus ici ou là sur l’ensemble des huit kilomètres du parcours qui leur est proposé. Loïs et JeanLuc, eux, maîtres de lieux, sont au four et au moulin. Au plutôt à la terre et aux ceps. Car si ils ont accepté cette année d’accueillir donc le à la volée. « Avec la pluie qui tombe, bientôt le grand champ que nous avons mis à disposition va devenir trop boueux pour que l’on puisse y faire rouler le moindre véhicule ! » La situation n’est pas critique mais comme tout, dans cette gigantesque organisation qu’est le « Marathon du Médoc », les problèmes sont pris à bras le corps et n’en sont très vite plus. Il ne reste alors plus que des solutions. Dans ce cas-là, les bords des routes deviennent des parkings qui s’étalent du coup à perte de vue. Et les autobus qui drainent tout ce monde des villes alentour n’ont plus qu’à aller faire des demitours improbables bien plus loin. C’est ainsi. Et comme tout le monde est là pour faire la fête et passer un bon moment, rien ne semble devoir ternir cette belle matinée. Même pas la pluie!« C’est la commune de Saint-Seurin qui a cela peut avoir pour nous qui essayons justement de nous améliorer au niveau de notre communication… Nous prêtons main forte au niveau de l’aménagement des tentes, la mise à disposition de quelques personnes mais il faut bien avouer que le Marathon se charge quasiment de tout !’ Ici pas de château opulent comme on peut en trouver un peu partout dans le secteur et c’est bien ce qui marque en premier lieu. Mais très vite aussi, on passe outre et on se laisse gagner par la sérénité de l’endroit, le calme qui s’en dégage. La charmante maison de maître de la deuxième moitié du 19ème réussit même à devenir imposante si on la regarde sous toutes ses coutures et l’ensemble harmonieux de bâtiments de caractère en très belles pierres blondes au milieu d’un immense parc naturel qui forme le reste du domaine a

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La balade et les Mille Pâtes 15 SENILHAC et un peu de pluie... vite fait de nous séduire définitivement. Pour l’histoire, c’est André Gassin, grand-père de nos deux hôtes, qui racheta le domaine de 150ha en 1938, alors qu’il était au plus mal avec seulement 3ha de vigne en production. Loïs et Jean-Luc, eux, prendront la relève de leur oncle et père, en 1991 seulement, alors que la polyculture était omniprésente. Il faudra donc toute la passion pour le vin et le détermi- nation de ces deux-là, qui n’ont jamais compté leurs heures, comme on dit, pour que le cru de Sénilhac renaisse en quelque sorte de ses cen- dres. Le « Château Sénilhac », c’est aujourd’hui un vignoble de 24ha d’un seul tenant, travaillé avec amour, passion et respect. Tout est mis en œuvre pour que le terroir donne le meilleur de lui-même et ce dernier n’a sûrement pas encore dit son dernier mot. Il a d’ailleurs été plusieurs fois médaillé d’or aux concours. Le plus grand soin est apporté à la vinification (baies ramassées à parfaite maturité), à l’as- semblage et à l’élevage, essentiellement en fût de chêne. Le cabernet domine (53%), le je m’occupais du club de tennis de Lesparre balade…pluvieuse mais joyeuse ! merlot représente 40% et le petit-verdot 7%. et pendant longtemps j’ai cotoyé les Michel Les vins de Sénilhac séduisent par leur sève, Moure, Christian Lambert et autres, qui allaient Rémy Jégard (avec la collaboration de Monique Nauzin) leur rondeur, leur souplesse, l’intensité de leur créer un peu plus tard le Marathon du Médoc. arôme, leur finisse aussi ! « Je me souviens » Comme quoi, il n’y a pas de hasard ! »Pour conclut Jean-Luc, pour l’anecdote. « En 1976, l’heure, bienvenue à Sénilhac pour une petite

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