Guide de gestion des systèmes de formation professionnelle et d’apprentissage en Afrique subsaharienne

 

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Guide de gestion des systèmes de formation professionnelle et d’apprentissage en Afrique subsaharienne

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1 ANNEXES 4.0 GESTION DU SYSTEME 3.0 ELEMENTS DE CONTEXTES 2.0 CADRE DE REFERENCES 1.0 INTRODUCTION

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Guide de gestion des systèmes de formation professionnelle et d’apprentissage en Afrique subsaharienne Publication réalisée dans le cadre du programme « Appui à l’insertion et à la formation professionnelle » de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sous la responsabilité de Mme Barbara Murtin. © Organisation internationale de la Francophonie – 2016

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éQUIPE de production Conception & rédaction Serge Côté Édition électronique Claude Lishou Révision linguistique Réjane Crouzet

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PArvoapnots. par Adama OUANE Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie Avec cet ouvrage, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) confirme son intérêt continu et accru pour la formation et l’insertion professionnelles des jeunes. Depuis 2015, la préoccupation de l’OIF de participer à l’amélioration de l’insertion professionnelle des jeunes comme employés ou entrepreneurs est inscrite dans deux stratégies centrales de l’Organisation, la Stratégie jeunesse et la Stratégie économique adoptées par le Sommet de Dakar (novembre 2014). Face aux enjeux du chômage, du sous-emploi et de la migration des jeunes en quête de mobilité et de mieux-être, un des éléments structurants de l’emploi est sans conteste la formation professionnelle dont l’objectif est de donner aux jeunes les compétences leur permettant d’exercer, à la fin de leurs études, un métier défini comme prioritaire par l’économie de leur pays. Durant ces vingt-cinq dernières années, la formation professionnelle, l’enseignement technique et l’amélioration de l’apprentissage traditionnel sont devenus une préoccupation des pays du Sud comme du Nord. En Afrique subsaharienne, cette question est d’autant plus importante que l’effort consenti depuis les années 2000 en faveur de l’éducation de base par les États, gouvernements, et partenaires techniques et financiers a permis une massification de la scolarisation des enfants qui, à la fin de l’école primaire et du premier cycle du secondaire, doivent pouvoir poursuivre des études générales ou professionnelles. 4

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Pour améliorer la poursuite des études des jeunes et leur donner les outils pour contribuer au développement économique et social de leur pays ainsi qu’à leur épanouissement personnel, l’OIF encourage le partage de réflexions, de méthodologies, d’outils que les pays francophones du Nord et du Sud ont mis en place dans leur système de formation professionnelle. Depuis 2008, cette mise en commun a permis de publier plusieurs ouvrages dont certains sont devenus une référence dans les ministères en charge de la Formation professionnelle. Pour continuer ce travail de réflexion, il est apparu que la gestion des systèmes de formation professionnelle et de l’apprentissage nécessite un appui pour relever le double défi de former les jeunes sortis de l’enseignement primaire – dont le nombre est en constante augmentation – et de les former de manière cohérente aux besoins du marché du travail. Avec la collaboration de représentants du Bénin, du Cameroun, du Mali, du Sénégal et de la Suisse, l’OIF a coordonné la rédaction de ce Guide de gestion des systèmes de formation professionnelle et d’apprentissage en Afrique subsaharienne. Outre le fait qu’il représente un outil pour les décideurs responsables de la formation professionnelle, ce guide est aussi la preuve que l’expertise francophone en matière de formation professionnelle et technique est riche et efficace. 5

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Remerciements L’Organisation internationale de la Francophonie exprime ses remerciements aux autorités gouvernementales du Bénin, du Cameroun, du Mali, du Sénégal et de la Suisse pour avoir accepté que leurs experts participent aux travaux du comité. Un merci particulier est adressé aux membres du comité technique qui ont consacré du temps à l’amélioration de ce document. Ce comité était composé des personnes suivantes : Du Bénin M. Charaf Dine GADO M. Ibrahima KPEKPASSI M. CosmeZinsou ZINSOU M. Sakpe Moïse ZINSOU Directeur de la programmation et de la prospective, ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle (MESTFP) Directeur de l’apprentissage et de la formation professionnelle (MESTFP) Président de la Commission de formation au Conseil national du patronat du Bénin. Directeur du Centre de formation professionnelle d’Abomey, (MESTFP) Du Cameroun M. Mathias BONONGO M. Moïse EVAN ENGONO M. Jean Pierre MBOHOU M. Philippe NGATHE KOM Mme Sophie Magloire Diamant NGO NGUIDJOL Attaché pédagogique à l’Inspection générale des formations MINEFOP Inspecteur des formations, ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) Conseiller principal d’orientation, chef du service des examens et concours (MINEFOP) Coordonnateur du programme C2D-formation professionnelle (MINEFOP) Directeur de la formation et de l’orientation professionnelles, (MINEFOP) 6

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Du Mali M. Sékou Mamadou SANGARE M. Ogobassa SAYE M. Cheick Fanta Mady TRAORE M. Aboubacar Sidiki TRAORE Président de la Commission de formation professionnelle de l’Assemblée permanente des chambres des métiers du Mali (APCMM), ministère de l’Artisanat et du Tourisme Directeur national adjoint, Direction nationale de l’enseignement technique et professionnel, ministère de l’Éducation nationale Coordinateur du Programme décennal de développement de la formation professionnelle pour l’emploi (PRODEFPE), ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle Conseiller du directeur général du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle M. Siré BA M. Dame DIOP M. Saliou DIOUF M. Abdou FALL M. Samba FALL M. Michel FAYE M. Ibrahima GUEYE Du Sénégal Conseiller technique n° 1 du ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat (MFPAA) Directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique Inspecteur général de l’éducation et de la formation, directeur de l’École normale supérieure d’enseignement technique et professionnel Directeur des ressources humaines (MFPAA) Directeur de l’apprentissage (MFPAA) Directeur de la formation professionnelle et technique (MFPAA) Inspecteur de spécialité – assistant technique, Association pour la promotion de l'éducation et de la formation à l'étranger (APEFE) M. Nicolas AUNE De la Suisse Secrétaire général de l’Union industrielle genevoise, Fédération des entreprises romandes, Genève M. Grégoire EVEQUOZ Directeur général du Département de l’Instruction publique, de la Culture et du Sport, Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue, république et canton de Genève M. Nicolas AUNE Secrétaire général de l’Union industrielle genevoise, Fédération des entreprises romandes, Genève 7

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Remerciements Nos remerciements vont également aux représentants des ministères et organismes publics et privés, des corporations et associations professionnelles ainsi qu’à ceux des partenaires techniques et financiers qui ont accepté de participer aux entrevues semi-structurées menées lors de la phase préparatoire de ce projet. Enfin, nos remerciements vont à MM. Fructueux S. Aho du Bénin, Alexandre Berthon-Dumurgier de Madagascar et André Blanchet du Québec qui ont accepté de relire et de commenter les premières versions du document. 8

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Présentation et utilisation de ce document Ce guide constitue un document de référence destiné à assister les responsables politiques et administratifs dans la gestion de la formation professionnelle. Il a été conçu pour, d’une part, dégager une vision d’ensemble du contexte et des impératifs de la gestion d’un ministère en charge de la Formation professionnelle en mettant le plus possible en évidence les bonnes pratiques de gestion et les approches novatrices expérimentées dans divers pays d’Afrique subsaharienne et, d’autre part, faciliter un accès rapide aux informations en lien avec la gestion et aux références bibliographiques. Après une section introductive qui rappelle sommairement les grandes étapes qui ont marqué l’évolution de la formation professionnelle et définit les principaux termes et concepts utilisés, viennent deux grandes sections. La première définit le contexte et les contraintes qui conditionnent la gestion ministérielle de la formation professionnelle. Cette section se subdivise en quatre sous-sections traitant respectivement des aspects légaux et réglementaires, socioéconomiques et partenariaux, de la gestion des ressources humaines et financières et de la gestion de la formation initiale en établissement et de l’apprentissage. On y trouve les principaux éléments de contexte qui caractérisent chacun de ces volets ainsi que les approches de gestion préconisées. 9

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La seconde aborde plus spécifiquement l’organisation structurelle d’un ministère et sa gestion fonctionnelle. En prenant appui sur les éléments de contexte de la section précédente, elle met l’accent sur le partage des responsabilités entre les unités administratives et l’identification des principaux produits et résultats attendus. Ces réalisations sont réparties à l’intérieur d’un cycle annuel de gestion en mettant en évidence les productions rattachées à la planification, à l’organisation, à la réalisation de la formation ainsi qu’à l’évaluation de la performance d’un système de formation professionnelle. Cette section se termine par la présentation des bases d’une politique de communication en formation professionnelle et de quelques outils susceptibles d’appuyer le travail des gestionnaires. Le document est disponible sous deux formats. Une version papier, où, en plus des outils de référence habituels – table des matières détaillée, liste des figures, tableaux et encadrés, glossaire –, on trouve des références internes et des onglets permettant de retracer rapidement un sujet particulier. Une version PDF interactive, mise à disposition sur le site de l’OIF (http://www.fpt-francophonie.org), qui permet une navigation rapide entre les sujets et les concepts. Dans la version papier, les onglets interactifs du document PDF prennent la forme de références internes qui apparaissent en rouge. De plus, pour en faciliter la consultation, l’OIF a réuni et rendus accessibles sur son site plus d’une centaine de documents complémentaires au présent guide, incluant les principaux documents publics de référence cités dans la bibliographie Il est possible d’accéder à ces documents en utilisant le présent lien. 10

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Sommaire Les pays d’Afrique subsaharienne, dans leur majorité, ont amorcé au début des années 2000 la réforme de leurs systèmes de formation professionnelle et partagent globalement les mêmes grands objectifs de lutte contre la pauvreté, d’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi et d’appui au développement économique en favorisant une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi, ainsi que l’amélioration de l’accès à une formation de meilleure qualité. La réussite de ces réformes repose sur la révision des politiques et des structures administratives et le renforcement des capacités de gestion des principaux gestionnaires concernés. Elle est également largement dépendante de l’aide internationale et de l’appui des partenaires techniques et financiers. Le contexte des reformes L’analyse et la prise en considération du contexte de chaque pays sont des éléments fondamentaux et essentiels lorsqu’on s’inscrit dans une perspective d’appui à la gestion des systèmes administratifs. Même si certains concepts et approches de gestion sont communs à l’ensemble des systèmes de formation professionnelle, la pertinence des pistes de consolidation, des approches et des outils présentés dans ce document sera d’autant plus grande qu’elle reposera sur la situation de pays présentant un environnement et un contexte de mise en œuvre similaires. C’est pourquoi le présent document traite principalement de la situation des pays francophones d’Afrique subsaharienne. On ne peut transposer les modèles et les outils de gestion de la formation professionnelle – incluant les programmes de formation professionnelle et d’apprentissage – de certains pays qui interviennent en tant que partenaires techniques et financiers (PTF) dans des pays en développement sans commencer par l’analyse du contexte et l’adaptation des approches de gestion et des outils et produits pédagogiques ou didactiques requis pour assurer le succès de leur mise en application dans l’environnement visé. On devra donc bien identifier les coûts d’opération ainsi que les conditions de gestion de ces approches ou outils qui prévalent dans le pays d’origine et se questionner sur leur réalisme et sur le potentiel de prise en charge par le pays bénéficiaire. L’analyse du contexte et des principales approches de gestion – incluant l’identification des meilleures pratiques en vigueur – susceptibles de contribuer à l’amélioration de la gestion des systèmes de formation se décline en quatre grands thèmes : • l’environnement réglementaire ; légal et • l’environnement socio-économique et partenarial ; • l’environnement de la gestion des ressources humaines et financières ; • l’environnement de la formation professionnelle et de l’apprentissage. 11

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L’environnement légal et règlementaire Il revient à chaque pays de déterminer le contenu de ses lois et de la réglementation afférente. Ces textes doivent prendre appui sur la vision, les valeurs, les orientations et objectifs des autorités politiques, mais également sur celles de leurs partenaires sociaux et économiques. Les éléments les plus structurants qui relèvent directement du cadre légal sont : • les missions, buts et objectifs de la formation professionnelle (champ d’application) ; • l’organisation ou la structuration du système de formation professionnelle ; • les types et durées des formations (initiales, continues, apprentissage, etc.) ; • les diplômes de formation professionnelle ; • les rôles et responsabilités des acteurs. La réglementation vient compléter et opérationnaliser une loi. Elle est susceptible de toucher un vaste champ d’application, dont principalement : • lesnormesetstandardsenmatière de production et de présentation des programmes de formation ou d’apprentissage ; • les bases ou règles en matière d’évaluation des apprentissages et de certification des formations ; • la répartition de l’offre de formation et des capacités d’accueil des établissements ; • les modalités de financement de la formation ainsi que les bases de gestion et de contrôle des engagements financiers. Le diplôme est le document officiel qui vient formaliser une démarche d’acquisition de compétences dans une formation professionnelle. Il est centré sur la maîtrise des compétences opérationnelles d’un métier ou d’une profession. Il ne devrait y avoir qu’un seul diplôme conduisant à un métier ou une profession. Pour chaque métier ou profession visés, l’élaboration d’une norme professionnelle ou d’un référentiel de métier-compétences permet de définir la portée et les tâches associées à un métier ou à une profession. Elle définit également les connaissances et les compétences opérationnelles que doivent posséder les travailleurs pour être considérés comme qualifiés. En se basant sur une même norme, il est possible d’élaborer des programmes différents adaptés par exemple à la formation initiale en établissement ou par apprentissage. Cependant l’évaluation des compétences et les règles de certification conduisant au diplôme devront reposer sur des règles et conditions identiques ou similaires pour s’assurer de la qualité et de la reconnaissance du diplôme par la profession. Les cadres nationaux des certifications (CNC) ou des qualifications (CNQ) sont des instruments utilisés par les États pour revoir, réformer et consolider leurs systèmes d’éducation et de formation. Des systèmes qui connaissent partout les mêmes problèmes : manque de transparence des certifications, duplication et rigidité des parcours et des modèles d’organisation de la formation, et difficulté d’adéquation entre la formation et l’emploi. 12

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Les CNCQ ont pour objectifs de proposer la visibilité nécessaire à l’identification des sous-systèmes existants, d’identifier les principales pistes de consolidation à mettre en place et de constituer un outil de cohérence entre eux. L’environnement socio-économique et partenarial  L’environnement politique peut changer, les contributions des partenaires techniques et financiers peuvent varier, seule une réforme du système de formation solidement ancrée dans la réalité du monde du travail et soutenue par les partenaires socioéconomiques est assurée de pérenniser les changements apportés. Passer d’une formation professionnelle centrée sur l’offre à une formation centrée sur la demande et assurer une meilleure insertion des diplômés sur le marché du travail requièrent de développer les mécanismes de liaison, de partenariat et de collaboration entre les responsables politiques, les représentants du monde du travail, les structures administratives centrales et les instances régionales directement concernées. Le partenariat ne se décrète pas, il se construit et chacune des parties doit y trouver son intérêt. Le succès du partenariat repose en premier lieu sur l’engagement des responsables politiques. On entend par responsables politiques aussi bien les responsables politiques gouvernementaux que les représentants des partenaires sociaux ou économiques et, s’il y a lieu, ceux des régions. Il est essentiel que ces responsables s’entendent et partagent une même vision ainsi que des objectifs et priorités stratégiques pour orienter le travail des instances administratives. La mise en place d’une structure ou instance nationale de partenariat permet d’assurer une visibilité à l’action politique et de consolider le consensus partenarial en lien avec les grands objectifs de la réforme. L’élaboration d’une politique de la formation professionnelle et l’adoption ou l’actualisation d’un plan stratégique de développement et de consolidation de la formation professionnelle constituent les principaux dossiers traités par cette instance. Le succès du partenariat repose également sur la mise en place de structures intermédiaires, instances administratives, commissions partenariales, groupes de travail qui prennent appui sur une délégation de responsabilités pour réaliser ensemble certaines activités, alimenter les travaux de l’instance nationale et donner suite à ses décisions. Tous ces travaux constituent, pour les responsables administratifs ministériels, les bases de la planification opérationnelle et de la gestion des travaux à réaliser. L’environnement de la gestion des ressources humaines et financières Avec l’appui de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les pays de l’Afrique subsaharienne se sont mobilisés au cours de la dernière décennie pour revoir et moderniser la gestion de leur Administration publique. 13

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Cette mobilisation conduit à la mise en place de nouvelles bases de gestion des ministères et organisations publics désignées comme le nouveau management public (NMP). Le NMP inclut l’introduction des systèmes de management de la performance, l’accroissement de la responsabilité des administrateurs publics, l’introduction des mécanismes du marché dans le secteur public, ainsi que des techniques de management de la qualité dont l’élément central est la gestion axée sur les résultats (GAR). Les partenaires techniques et financiers (PTF) appuient cette orientation en préconisant la mise en place de l’approche programme centrée sur un processus participatif d’élaboration d’une stratégie nationale de développement et sur la coordination par le pays bénéficiaire de l’ensemble des projets et des appuis financiers. L’instauration de la GAR dans la formation professionnelle signifie que chaque ministère doit revoir son mode de fonctionnement et ses approches en matière d’affectation et de gestion de ses ressources. Avec cette nouvelle approche, la base de la répartition de ces ressources est liée aux objectifs généraux et spécifiques que le ministère retient à partir des attentes gouvernementales, de la politique sectorielle et de la planification stratégique élaborées avec les partenaires socio-économiques. Avec l’introduction de la GAR, la gestion ministérielle n’est plus centrée sur l’existant et la reconduction des moyens octroyés antérieurement, mais sur la vision, la performance, les objectifs d’amélioration et les résultats à atteindre. Les plans d’action et de développement sont redéfinis par programmes administratifs et confiés à des responsables de programmes qui doivent associer l’octroi, la gestion ou la réaffectation des ressources humaines et financières aux résultats visés. L’implantation de la gestion axée sur les résultats ne pourra se concrétiser que si elle s’accompagne de gains significatifs en matière de gestion des ressources humaines et d’amélioration de la performance des unités administratives. C’est pourquoi certains auteurs n’hésitent pas à changer la dénomination de l’approche pour parler de « la gestion axée sur la performance et les résultats ». L’environnement de la formation professionnelle et de l’apprentissage En Afrique subsaharienne, c’est l’apprentissage traditionnel et informel qui contribue le plus à l’insertion. En effet, selon les pays, entre 60 et 90 % des jeunes de 15 à 20 ans entrent sur le marché de l’emploi par cette voie. Présentant de nombreuses lacunes, ce mode d’insertion continue à prédominer en raison du manque de ressources et de la faiblesse des systèmes d’éducation et de formation professionnelle en place. La formation professionnelle publique initiale en établissement, la formation privée et l’apprentissage formel de type dual constituent les trois approches de formation professionnelle qui permettent aux apprenants et aux apprentis d’accéder à un diplôme d’État. Ces trois approches sont complémentaires et susceptibles, chacune à leur manière, de participer activement à la réforme et à l’amélioration des systèmes de formation professionnelle. Dans la majorité des pays, l’apprentissage de type dual 14

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peine à se déployer et son effectif demeure faible, représentant moins de 5 % des effectifs estimés de l’apprentissage traditionnel et informel. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne partagent une vision commune des priorités d’amélioration de leurs systèmes de formation professionnelle. Ces réformes passent par une redéfinition de l’offre de formation en se centrant sur les besoins du marché du travail, une réingénierie de leur approche pédagogique, la formation et le renforcement des capacités des ressources humaines et la mise en place de partenariats fonctionnels avec les principaux acteurs de l’économie formelle et informelle. Le manque de financement constitue cependant l’obstacle le plus important à la conduite de ces réformes Si un réinvestissement des États s’impose, il devra s’accompagner de mesures importantes de stabilisation des structures, de refonte des modes de gestion et de renforcement des capacités de gestion des ressources humaines aussi bien dans les ministères que dans les établissements de formation. La contribution des partenaires techniques et financiers se révèle à cet égard extrêmement déterminante pour appuyer l’amélioration des systèmes nationaux. Même si la situation des systèmes de formation professionnelle diffère fortement entre les pays, on peut identifier certaines pistes qui devraient constituer autant de chantiers prioritaires pour les administrations concernées. Parmi les principales, mentionnons : • l’analyse de l’environnement économique et l’identification des filières porteuses ; • l’élaboration des outils pédagogiques en se basant sur l’approche par compétences ; • la consolidation des diplômes et des modalités de certification ; • l’amélioration des ressources physiques et matérielles mises à disposition des établissements publics de formation. Les mesures de consolidation de la formation professionnelle les plus structurantes consisteraient : - Pour la formation professionnelle publique initiale en établissement: • à assurer le renouvellement et le renforcement des capacités des gestionnaires et des formateurs ; • à améliorer l’accès à la formation pratique,aussibiendansledéveloppement des compétences que dans la mise en place des modalités Pour la formation professionnelle privée : • à organiser des activités de perfectionnement destinées aux gestionnaires et aux formateurs des établissements privés de formation portant principalement sur la gestion pédagogique des programmes de formation basés sur l’approche par compétences (programmes APC) ; • à revoir et consolider les règles en matière d’évaluation des apprentissages ainsi que les conditions de certification de ces formations. Pour l’apprentissage de type dual : • à consolider les structures de concertation avec les partenaires – corporations ou associations d’artisans ou autres – intervenant dans l’apprentissage aussi bien au niveau central que régional ; • à renforcer les modalités de suivi, de coordination et d’appui de l’apprentissage en entreprise. 15

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