Plus belle la ville, par le Collectif BalLades en Forest

 

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Description

Compilation de textes par le Collectif d'écrits Ballades en Forest, réalisé par un groupe d'enfants (10 ans) et un groupe d'adultes de Forest (Bruxelles)

Popular Pages


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bPlleaulsvlielle COLLECTIF BalLades en Forest Recueil de textes de 225 auteur-e-s sur les thèmes de la beauté et de la ville Isabelle De Vriendt, Rina Horowitz, Marianne Pero, Bénédicte Plovier, Christiane Scorier, Annaïck Nobels et ses élèves : Ainoa, Angela, Anna, Ayman, Feng, Gabrielle, Hajar, Izabella, Julia, Kadélé, Lamya, Marguerite, Meryem, Michel, Myriam, Silviu, Sophie, Souleyman et Wail accompagné-e-s d’Aissam et de Nora

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bPlleaulsvlielle COLLECTIF BalLades en Forest Recueil de textes de 225 auteur-e-s sur les thèmes de la beauté et de la ville Isabelle De Vriendt, Rina Horowitz, Marianne Pero, Bénédicte Plovier, Christiane Scorier, Annaïck Nobels et ses élèves : Ainoa, Angela, Anna, Ayman, Feng, Gabrielle, Hajar, Izabella, Julia, Kadélé, Lamya, Marguerite, Meryem, Michel, Myriam, Silviu, Sophie, Souleyman et Wail accompagné-e-s d’Aissam et de Nora

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Droits d’utilisation Plus belle la ville du Collectif est produit par ScriptaLinea aisbl et mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons (texte complet sur www.creativecommons. org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr) ScriptaLinea, 2017. N° d’entreprise BE 0503.900.845 RPM Bruxelles Éditrice responsable Isabelle De Vriendt Siège social Avenue de Monte-Carlo 56 1190 Bruxelles (Belgique) www.scriptalinea.org Si vous voulez rejoindre un Collectif d’écrits, contactez-nous via www.collectifsdecrits.org COLLECTIF BalLades en Forest ScRiPtaLinea Quelques mots sur ScriptaLinea La compilation de textes Plus belle la ville a été réalisée par l’aisbl ScriptaLinea dans le cadre du Contrat de Quartier Durable Abbaye (Forest, Bruxelles) et e a mis en lien les élèves de 4 primaire de l’École du Vignoble, un groupe d’habitantes et la bibliothèque francophone de Forest. ScriptaLinea se veut un réseau, un soutien et un porte-voix pour toutes les initiatives collectives d’écriture à but socio-artistique, en Belgique et dans le monde. Ces initiatives peuvent se décliner dans différentes expressions linguistiques : français (Collectifs d’écrits), portugais (Coletivos de escrita), espagnol (Colectivos de escritos), néerlandais (Schrijverscollectieven), anglais (Writing Collectives)… Chaque Collectif d’écrits rassemble un groupe d’écrivant-e-s (reconnu-e-s ou non) désireux de réfléchir ensemble sur le monde qui les entoure. Ce groupe choisit un thème de société que chacun-e éclaire d’un texte littéraire, pour aboutir à une publication collective, outil de sensibilisation et d’interpellation citoyenne et même politique (au sens large du terme) sur la question traitée par le Collectif d’écrits. Une fois l’objectif atteint, le Collectif d’écrits peut accueillir de nouveaux et nouvelles participant-e-s et démarrer un nouveau projet d’écriture. Les Collectifs d’écrits sont nomades et se réunissent dans des espaces (semi-) publics : centre culturel, association, bibliothèque… Il s’agit en effet, pour le Collectif d’écrits et ses lecteurs-trices, d’élargir les horizons et, globalement, de renforcer le tissu socioculturel d’une région ou d’un quartier, dans une logique non marchande. – PAGE 5 –

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Les Collectifs d’écrits se veulent accessibles à ceux et à celles qui veulent stimuler et développer leur plume au travers d’un projet collectif et citoyen, dans un esprit de volontariat et d’entraide. Chaque écrivant-e y est reconnu-e comme expert-e, à partir de son écriture et de sa lecture, et s’inscrit dans une relation d’égal-e à égal-e avec les autres membres du Collectif d’écrits, ouvert-e aux expertises multiples et diverses. Chaque année, les Collectifs d’écrits d’une même région ou d’un pays se rencontrent pour découvrir leurs spécificités et reconnaître dans les autres parcours d’écriture une approche similaire. Cette démarche, développée au niveau local, vise donc à renforcer les liens entre individus, associations à but social et organismes culturels et artistiques, dans une perspective citoyenne qui favorise le vivre-ensemble et la création littéraire. En 2017, la rencontre entre les Collectifs d’écrits aura lieu le 25 novembre et sera sera clôturée par un événement de MOTSbilisations ouvert à tous et toutes. Isabelle De Vriendt Coordinatrice de l’AISBL ScriptaLinea – PAGE 6 – COLLECTIF BalLades en Forest PRéSentation Le collectif en quelques mots Il était une fois, un jour d’automne… En franchissant la haute porte de l’Abbaye de Forest, 21 enfants de l’École du Vignoble, leur enseignante, la bibliothécaire et 4 adultes habitant le quartier ont croisé regards, paroles, sourires, puis se sont mis à marcher en emportant pour tout bagage plume et papier. Au hasard des trottoirs, la ville leur a ouvert les bras. Alors, ils ont avancé en confiance pour trouver la magie et recueillir la beauté. Désormais, le collectif était né. Pendant tout un long hiver, de trouvailles en découvertes, de rires en émotions, les baladins, petits et grands, se sont rencontrés, se sont reconnus, et se sont adoptés. Pendant leurs itinérances, ils ont semé des histoires dans l’espoir que, métamorphosées en mots, elles fleurissent au printemps. Plus belle la ville est le fruit commun issu de ces rendez-vous autour du livre où l’écrit est roi. 25 textes au sein desquels les alchimistes du tracé mélangent les essences d’ici et d’ailleurs, où l’imagination colore les sentiments et leur donne des allures d’arc-en-ciel. Cette publication est un puzzle où enfance et mémoire réussissent le pari du vivre ensemble et de construire un projet dans la joie et l’amour. Ainoa, Aissem, Angela, Anna, Annaïck, Ayman, Bénédicte, Christiane, Feng, Gabrielle, Hajar, Isabelle, Izabella, Julia, Kadélé, Lamya, Marguerite, Marianne, Meryem, Michel, Myriam, Nora, Rina, Silviu, Sophie, Souleyman et Wail – PAGE 7 –

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COLLECTIF BalLades en Forest SommaiRe Pour s'y retrouver 11 Éditorial 13 Ma liste de beauté(s), Bénédicte Plovier 14 Dans la ville, Rina Horowitz 17 L’arc-en-ciel, Ayman 19 Un jour et demi de ma vie de retraitée, Christiane Scorier 20 La beauté, Meryem 21 La beauté de l’amour, Lamya 22 Dans la ville, Rina Horowitz 24 La beauté de la nature, Kadélé 25 Le pays des licornes, Michel 26 Dans la rue, les ogres, Marianne Pero 30 L’Amour entre frère et sœur, Izabella 31 La beauté des animaux, Feng 32 La Beauté de la forêt, Anna 34 Dans la ville, Rina Horowitz 36 La Vie, Julia 37 La beauté de Noël, Silviu 39 Tableaux de ville, Isabelle De Vriendt 40 Le Blanc, Angela 41 Noël, Souleyman 42 Les planètes, Wail 43 Les couleurs, Marguerite 44 Dans la ville, Rina Horowitz 46 Je voyage à travers les paysages, Gabrielle – PAGE 8 – 47 Le plaisir d’enseigner, Annaïck Nobels 48 La nature, Hajar 49 La beauté, Myriam 50 Dans la ville, Rina Horowitz 52 La beauté de la nuit, Ainoa 53 La Beauté, Sophie 55 Les auteur-e-s 61 Les lieux traversés 67 Remerciements – PAGE 9 –

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COLLECTIF BalLades en Forest éditoRiaL éditorial La beauté, source de joie et de bonheur, on y puise l’énergie qui nous porte vers demain, on la construit aussi, guidé par un imaginaire qui rend possibles tous les rêves, par une passion à laquelle on laisse toute la place. La beauté, on la cueille dans la nature et jusque dans l’espace, mais aussi dans la ville et dans les sentiments d’amour, d’amitié et de fraternité. Tantôt elle s’habille d’élégance, tantôt elle revêt les couleurs de l’arc-en-ciel. Quand la beauté et la ville se rencontrent et que l’on teinte le gris des murs des couleurs de l’espoir, cela fait des étincelles ou même des coups de foudre. Mais la ville peut se faire témoin, complice ou victime de blessures longues à cicatriser. Il suffit parfois alors d’un rayon de soleil, d’une graine plus forte que le béton, d’un trait d’humour, pour que le vivant reprenne ses quartiers au cœur de la ville. Bonne lecture ! Le Collectif – PAGE 11 –

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COLLECTIF BalLades en Forest Beauté ma liste de beauté(s) au quotidien (ou non) Bénédicte Plovier – Le reflet d’un beau bâtiment dans une flaque de pluie, – Une pomme de terre en forme de cœur, – Un ciel rougeoyant un automne en fin de journée, – Le regard complice d’une maman et son enfant, – Deux amoureux seuls au monde au milieu de la foule, – La Ronde de Nuit de Rembrandt exposée à Amsterdam, – La lumière dans les vitraux de la cathédrale de Tournai, – Le jeu des ombres des arbres mêlées à celle de l’église sur le parvis de la Trinité, – Le chatoiement des couleurs des arbres en automne, – L’infini de bleu et de vert sur une rivière au Pantanal, – Le vol des hirondelles en partance pour leur migration vers les pays chauds, – Une main d’enfant dans la main d’un grand-père, – Les décors du théâtre de Namur, – Les rues étroites gorgées du soleil napolitain, – Les jeux d’ombre dans mon salon les matins où le soleil brille, – Les dégradés de couleurs dans une boîte de pastels, – Les paysages qui défilent par la fenêtre du train, – Les couleurs d’un bouquet de fleurs. – PAGE 13 –

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COLLECTIF BalLades en Forest ViLLe dans la ville Rina Horowitz Il y a dans la ville de la vie Il y a dans la ville de l’eau Il y a dans la ville des îles, des îlots. Il y a dans la ville des vélos, des autos, des motos Il y a dans la ville des bus, des trams, des messieurs des mesdames Il y a des gens qui écoutent la radio Il y a dans la ville des gens qui n’aiment pas la ville Il y a dans la ville des gens qui n’aiment pas la vie Il y a même dans la ville des gens qui n’aiment pas l’eau, c’est rigolo Il y a dans la ville des larmes de crocodiles et des crocodiles qui regardent la ville larmoyer avec ébahissement. Il y a çà et là des éléphants. Il y a que tu me manques Il y a dans ma ville des vigiles et depuis qu’il y a des vigiles dans ma ville il y a du Vichy dans ma tête – PAGE 14 – Il y a dans la ville, des jeunes, des vieux et des gens du milieu Il y a dans ma ville des parents qui tirent des enfants pleurnicheurs Il y a des enfants qui tirent des parents lécheurs de vitrines Il y en a qui lambinent Il y a dans ma ville des tireurs de valises à roulettes Il y a dans ma ville des flingueurs de familles qui s’endettent Il y a dirait-on des concours de jeteurs de canettes Il y a dans ma ville des gens qui traînent, des gens qui se dépêchent et çà et là des gens qui pêchent Il y a le ciel qui change de couleur Il y a l’horizon et des rêves de grandeur – PAGE 15 –

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COLLECTIF BalLades en Forest Beauté L’arc-en-ciel Ayman Dans l’arc-en-ciel, il y avait des lutins rigolos. L’arc-en-ciel était tout blanc et après, les lutins ont changé de couleur à l’arc-en-ciel. Ils ont fait la couleur bleue, mauve, jaune, verte, orange, rouge, rose. Après, le magicien est venu, il leur a dit de descendre pour jouer à la beauté et les lutins ont dit c’est quoi le jeu de la beauté ? C’est chercher des fleurs, des arcs-en-ciel, des nuages, des étoiles… Et les lutins ont dit OK, on va jouer à la beauté. Après, ils ont joué et les lutins ont perdu. – PAGE 17 –

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COLLECTIF BalLades en Forest ViLLe & Beauté un jour et demi de ma vie de retraitée Christiane Scorier Il est de ces soirées où l’on se croit privilégiée et où l’on se dit que tout va bien, que l’on habite la plus belle ville du monde, que toutes les prières que l’on a faites ont été entendues ; on oublie tous les coups durs, les chagrins, on oublie tout cela. Et on se dit : oublie hier, pense à ce soir et à tous les coins de la ville où tu es passée aujourd’hui et qui t’ont comblée; et à tous ces gens croisés, avec leurs visages familiers, réconfortants. Alors je suppose que les astres étaient avec moi aujourd’hui. Et la soirée se termina si vite que le sommeil m’a emportée avant l’heure. Le lendemain, je décide d’aller en ville en priant pour que la chance reste avec moi. Mes courses terminées, je m’installe dans un snack sympa. Devant mon jus d’orange, je jette un œil furtif à tout ce va-et-vient qui se transforme en cohue d’heure de pointe ; je décide donc de rentrer afin d’éviter ces cohues. Je vais chercher le métro. À peine ai-je franchi la dernière marche de l’escalator que mon regard est attiré par une silhouette et, quelle surprise, il m’a aperçue bien avant moi, celui qui, au temps de mes 15 ans, m’avait fait une cour à laquelle, à l’époque, je n’avais pas répondu. Je m’aperçois très vite qu’après tant et tant d’années, il a une personnalité complètement transformée, que je trouve très séduisante. À cet instant, je suis loin de me douter que j’en saurai plus sur sa personne, dans un futur tout proche. – PAGE 19 –

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– Puis-je vous offrir un café ? La surprise est de taille. J’ai cru rêver. J’accepte sa proposition avec joie. Je n’imagine pas un instant refuser une telle offre. – Vois-tu Brigitte, me dit-il, au temps de ma jeunesse, mes parents m’ayant convaincu de séduire Alice, la voisine, sous prétexte qu’elle faisait partie de notre milieu, un mariage s’en est suivi rapidement, trop rapidement. Alice s’identifiait au conte pour enfants Alice au pays des merveilles. Et moi, je croyais la rendre heureuse. Nous continuons nos bavardages en nous dirigeant, comme de vieux amis, vers un petit café, non loin de là, et on parle tellement que l’on ne voit ni le temps passer, ni les gens qui terminent déjà leur repas de midi. On se nourrissait de nos regards, de nos retrouvailles, d’anecdotes, en oubliant La beauté Meryem Olivia : – Bonjour, je m’appelle Olivia. Je suis trop moche, j’aimerais bien changer parce que je mets toujours des jupes. Je vais aller m’acheter des habits plus modernes, comme un pantalon noir, un tee-shirt, lâcher mes cheveux. Jack : – Oh ! Quelle belle fille ! Salut Beauté, comment tu t’appelles ? O : – Olivia et toi ? J : – Jack. Tu veux sortir avec moi ? O : – Oui, c’est quoi ton numéro ? J : – 048080005 C’est beau, l’amour. – PAGE 20 – le temps, tout en savourant le moment présent. Hier encore, je ne croyais pas que le lendemain me plongerait dans un autre univers, celui du rêve. J’avais oublié jusqu’à son prénom, il s’appelait Daniel. Je ne l’avais donc plus jamais revu si ce n’est ce fameux soir où un autre hasard l’avait mis sur ma route, mais le rendez-vous que l’on s’était fixé n’a jamais pu avoir lieu. Il était gendarme. Si Facebook avait existé, peut-être nous serions-nous retrouvés. Il m’a raconté sa vie privée, me confiant sa grande solitude, depuis plusieurs années déjà. Et voilà qu’aujourd’hui, nos chemins se croisent à nouveau, son destin m’ayant mis sur sa route. Je pense déjà à certains projets qui pourront peut-être enfin se réaliser dans un futur que l’on voit en couleurs. La beauté de l’amour Lamya « – Vas-tu m’acheter de beaux vêtements ?, questionne Gwen – Non, répond Lucas gêné. – Quoi ? dit-elle en colère. Je te quitte car tu ne fais pas attention à moi. – Non ! Je ferai un effort. Je te le promets, répond Lucas. » Une semaine plus tard… Lucas a mis une belle boite sur la table du salon. Lorsque Gwen arrive chez Lucas, elle aperçoit la boite. « – J’ai une surprise pour toi, Gwen. » Elle ouvre la boite et s’exclame : « – Waow c’est magnifique. Merci pour cette surprise, je te pardonne. Mais sache que le plus beau cadeau, c’est toi ! ». Ils sont heureux et ils s’aiment. – PAGE 21 –

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COLLECTIF BalLades en Forest ViLLe dans la ville Rina Horowitz Il y a dans ma ville des gens qui traînent, des gens qui se dépêchent et çà et là des gens qui pêchent Il y a le ciel qui change de couleur Il y a l’horizon et des rêves de grandeur Il y a dans la ville des gens qui aiment la ville Il y a dans la ville des gens qui aiment la vielle Il y a dans la vie des gens qui aiment le vice Il y a même dans la ville des gens qui aiment les veaux, c’est beau Il y a que parfois ça manque de joie Il y a dans la ville des chiens, des petits, des grands, des noirs, des blancs, des chats, des oiseaux Il y a dans ma ville des cacas de chiens sur les trottoirs, sur les souliers et parfois dans les frigos Il y a des soupirs et des froncements de sourcils et une souris qui rit sous le tapis Il n’y a presque plus de canaris en cage, Il y a des renards la nuit et des rêves de vie sauvage. – PAGE 22 – Il y a dans la ville des magasins, des pharmaciens, mais peu de libraires et presque plus de disquaires Il n’y a pas dans ma ville de waters pour dames, et c’est un drame Il y a dans ma ville des vigiles et depuis qu’il y a des vigiles dans ma ville il y a du Vichy dans ma tête Il y a dans la ville des couleurs et des grisailles Des papillons, des fleurs et des ordures qui trainaillent Il y a des peurs qui font mal Il y a dans la ville des bonheurs, des batailles Il y a dans la ville des charmeurs, des canailles, Des chômeurs, du travail Des voleurs, la flicaille, Des charmeurs, des chamailles Des rappeurs qui parfois font ripaille Des rieurs qui déraillent Il y a dans ma ville des baby-sitters et des cobayes Il y a aussi dans la ville des odeurs d’ail – PAGE 23 –

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COLLECTIF BalLades en Forest Beauté La beauté de la nature Kadélé Il était une fois deux parents et cinq enfants qui allaient à la mer. Un jour, le fils ainé rentra dans l’eau et vit un aileron. Il croyait que c’était un requin qui allait le manger. Quand l’animal jaillit de l’eau, c’était en fait un dauphin. Le jour prochain, ils sont revenus à la mer. Le garçon nagea jusqu’au dauphin et il appela toute sa famille. Ils étaient tous réunis pour jouer ensemble. COLLECTIF BalLades en Forest Beauté Le pays des licornes Michel Les licornes c’est mignon. J’ai trois licornes en peluche : Grizelda, Lola, Mini. « Licorne avec ta corne tu fais de la magie. Licorne, licorne, pourquoi voles-tu dans le ciel, près de ton arc-en-ciel ? Licorne, licorne, fais de beaux rêves. » – PAGE 24 – – PAGE 25 –

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COLLECTIF BalLades en Forest ViLLe & Beauté dans la rue, les ogres Marianne Pero J’ai quitté mon lit à cinq heures et demie La nuit ventait d’une voix sourde L’errance dans la ville endormie Pull noir, café noir, noire l’âme Je me suis apprêtée à sortir Même si j’étais K.O. Je n’arrivais pas à dormir Sous la couette encore chaude Mon chagrin s’était installé Il souriait en dormant Signe de bonne santé Sans demander son avis (Il avait son air retors) Je l’ai tiré par les pieds Et même s’il s’est énervé Je l’ai poussé dehors Pour le promener un peu Gare aux chagrins paresseux Qui ne cessent de grossir Ils deviennent comme les ogres Et te croquent avec plaisir – PAGE 26 – Le trottoir était luisant Sous la pluie tiède de l’été Mes yeux se sont mis au ton Pour ne pas démériter ; Mes joues étaient trempées De cet orage salé… Mais, j’étais dehors Et j’étais accompagnée ! Mon chagrin en amoureux M’enlaçait comme un fiancé La rue était déserte Pas un chat ne la traversait J’embrassais soudain le mur Où mon amour s’est brisé Je porte en moi les morceaux Pour pouvoir les recoller Sa moto est à sa place Sous l’arbre où il l’a laissée Maintenant qu’il est bien mort Ils ne font que circuler On les voit sur Google Earth Le dieu de l’immortalité Mon chagrin s’est mis en selle Dans l’espoir de démarrer Mais une chaine bloquait les roues Et il n’avait pas les clés Il était tellement furieux Qu’il m’a mordu le poignet La rage fait faire des choses Difficiles à expliquer… – PAGE 27 –

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Je continuais mon chemin Sans trop savoir où aller Mais à quoi servirait la rue Si ce n’est que pour transiter Personne ne demande à personne Pourquoi elle bouge ses pieds Aux émotions encore moins Ils ont du mal à parler Gare aux chagrins paresseux Qui ne cessent de grossir Ils deviennent tyranniques Surtout pour te faire souffrir J’ai fait les 100 pas, et un de plus En embrassant dans le vide À mon amour perdu Mon chagrin s’est mis jaloux Et m’a frappée aux genoux Alors je suis tombée Face à la boulangerie du quartier Là où j’achetais des croissants Quand ma vie était Celle qu’elle était Mon chagrin a eu la honte A voulu me consoler Il m’a tendu un géranium Qu’il venait juste d’arracher Je ne suis pas rancunière Je l’ai pris sans rechigner Mais quand il m’a tendu la main Je me suis mise à hésiter Supporter qu’on te malmène À un moment c’est plus qu’assez – PAGE 28 – Gare aux chagrins paresseux Qui ne cessent de grossir Ils deviennent comme les poux Dur, dur de les faire partir Tout d’un coup, Dans ces heures sombres Mon cœur se mis à irradier Dans l’éclaircie soudaine Mon chagrin s’est effacé Comme je changeais de trottoir Il s’est perdu de l’autre coté Sur les pavés glissants Je me suis vite éloignée ; Dans le labyrinthe des rues Il ne pourra pas me trouver Les fenêtres prenaient vie Dans les lueurs du matin Sans mon chagrin aux trousses Je respirerais enfin. Sur la place de la ville On préparait le marché De pure joie de me voir libre Je me suis mise à chanter Je ne sais pas danser le tango Mais j’ai quand même essayé Près de l’arrêt des bus Des sentiments trainaient, blasés ; Ils ont tous voulu me suivre Mais je les ai ignorés D’accord, ce n’est pas poli Mais pourquoi se sacrifier Il vaut mieux être toute seule Que très mal accompagnée – PAGE 29 –

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