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Sexy demain — Printemps 2017  CULTURE & LIFESTYLE     LILLE AMIENS PARIS Verlatour      Jessica Lajard      Dot Pierson      Villette Sonique     

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2 Exposition / 22 mars - 26 juin 2017 LLE MEYNSTAÈIRNE hauts- #expoLeNainde-france Louis Le Nain, Allégorie de la Victoire, vers 1635, Paris, musée du Louvre © RMN-GP (musée du Louvre) / Mathieu Rabeau

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Édito Printemps 2017 EN COUVERTURE Verlatour, ©Dinah Hayt Hair & Make-up Giulia Cohen @B-Agency  Stylisme Thu-huyen Hoang, Chemise Dirk Bikkembergs En cette période où certaines idéologies, où le repli sur soi semblent remettre en cause les acquis du siècle des Lumières, les avancées sur le droit des femmes à disposer de leur corps, l’égalité des chances pour tous, il est important de rester vigilant et alerte sur les droits fondamentaux de tout un chacun. Sans tomber dans la gravité, mais de manière subtile et légère, nous avons choisi pour ce numéro printanier et érotique de nous pencher sur les femmes et les hommes, artistes principalement, qui à juste mesure perpétuent la bataille des idées via le prisme de la sexualité. De la réalisatrice engagée Dot Pierson aux œuvres doucement transgressives de Jessica Lajard, de Colette et ses amies à l’univers de l’illustrateur Ruben Gérard, de l’exposition « Le Baiser, de Rodin à nos jours » au Musée de Calais à l’œuvre de Gwendoline Perrigueux, tous ont en commun ce rêve d’une société libre, ouverte, sans entrave et matinée de joie de vivre. Demeurons des êtres éclairés, empreints de liberté et libertins. L’ÉQUIPE Bon temps Bande originale de ce numéro, le titre inédit Soft sex de Floppy Disk Paradise Ltd. Téléchargement gratuit depuis notre page Facebook ou www.soundcloud.com/bontempsrecords 3

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4 www.garesaintsauveur.com Mimi Cherono Ng’ok, Sans titre, 2014 © Tiwani Contemporary, London

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Printemps 2017 Sommaire ÉDITO — 3 SOMMAIRE — 5 ILLUSTRATION Ruben Gérard — 7 PORTRAIT CULTURE #1 Lambert & Louise, Hobbies magazine, Paris — 10.11 PORTRAIT CULTURE #2 Catherine & Antoine, La Lune des pirates, Amiens — 12.13 PORTRAIT CULTURE #3 Didier Thibaut, La Rose des Vents, Villeneuve-d’Ascq — 14.15 ÉVÉNEMENT « French Kiss », le Musée des Beaux-arts de Calais — 18.19 EXPOSITION « Street Generation(s) », la Condition Publique — 21 FESTIVAL Villette Sonique 2017 — 22.23 SHORTLIST Élodie Bernard — 25 ART #1 Jessica Lajard, Émotions tactiles — 26.29 ART #2 Dorothée Pierson, Vénus Erotica — 30.33 ARTOTHÈQUE Gwendoline Perrigueux, Temps d’arrêt 1 — 34.35 LITTÉRATURE À rougir de plaisir — 36.37 MUSIQUE #1 Verlatour, De la moiteur à la noirceur — 40.43 MUSIQUE #2 Awir Leon, Let’s dance — 44.45 PLAYLIST — 46.47 DESIGN Rondeurs organiques — 50.51 ATTITUDE #1 Sexy demain, femme — 52.53 ATTITUDE #2 Sexy demain, homme — 54.55 AGENDA Lille, Amiens & Paris — 57.69 ÉVASION Le Blockhaus miroir de Dunkerque — 60.61 HÔTE Comme une parenthèse, écrin de verdure et d’eau — 63 UN CHEF, UN LIEU Hugo Desnoyer, la table d’hôtes — 64.65 FOODING Rôti de lotte au lard, Le Moulin des Écrevisses — 66 5 Sexy demain — Printemps 2017 RETROUVEZ Bon temps sur www.bon-temps.fr et sur DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & DE LA RÉDACTION Pascal Sanson DIRECTION ARTISTIQUE & CONCEPTION GRAPHIQUE Wilhem Arnoldy, WAG&W MAGAZINE Thu-Huyen Hoang, Olivier Pernot, Catherine Gossart, Élodie Bernard, Pascal Sanson PHOTOS Dinah Hayt, Mathieu Farcy, Ludo Leleu, Wilhem Arnoldy PUBLICITÉ NATIONALE dolivier@kamateregie.com Kamate Régie, 6 ter rue Rouget de Lisle, Courbevoie PUBLICITÉ HAUTS-DE-FRANCE bontemps.pub@gmail.com DISTRIBUTION PARIS CONTACT RÉDACTION bontemps.mag@gmail.com IMPRESSION Exagroup, papier 90g/m2 offset BON TEMPS ASSOCIATION 29, rue Philippe-Lebon, 80000 Amiens SIRET 801 905 381 00019 PÉRIODICITÉ Trimestrielle DÉPÔT LÉGAL à parution La rédaction n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité de leurs auteurs. Leur présence dans ce magazine implique leur libre publication. La reproduction, même partielle, de tous les articles, illustrations et photographies parus dans Bon temps est interdite. Bon temps décline toute responsabilité pour les documents remis.

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artwork agencemiracle.fr 6 AIR MODERAT JAMIE CULLUM AGNES OBEL CAMILLE VITALIC ODC LIVE BOYS NOIZE GREGORY PORTER TRENTEMØLLER MØME JACQUES PARCELS SLEAFORD MODS HER LORENZO THEE OH SEES FISHBACH THYLACINE PARADIS LESCOP LITTLE SIMZ GROUP DOUEH & CHEVEU AND MORE… 16, 17 ET 18 MAI : L’AVANT-GARDE, 3 JOURS D’EXPÉRIENCES SONORES AU CŒUR DE REIMS 19, 20 ET 21 MAI : CONCERTS, ATELIERS, TOKYO SPACE ODD AU PARC DE CHAMPAGNE LAMAGNIFIQUESOCIETY.COM

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Printemps 2017 Illustration 7 RUBEN GÉRARD, Touch of Beauty, for JRM Studio, digital drawing, 2016 — www.ruben-gerard.com

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8 POR-

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TRAITS 9 Printemps 2017

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10 LOUISE & LAMBERT Hobbies magazine, Paris — PHOTOGRAPHE Mathieu Farcy / Signatures INTERVIEW Pascal Sanson EN TROIS NUMÉROS, LAMBERT STROH, LOUISE DE MONTALEMBERT ET GRÉGOIRE BELHOSTE ont relevé le pari de mettre en orbite, autour de la planète presse indépendante, un magazine ovni, percutant Hobbieset graphique, le bien nommé . Semestriel à la ligne rédactionnelle et esthétique inspirée, le ma- gazine radiographie le monde des collectionneurs et des aficionados en tous genres. Rien n’échappe à l’œil d’Hobbies, ni les joueurs de boules de Ma- dagascar, ni les adeptes du circuit bending, ni les #Ikeahackers… Entre photographies documentaires, articles rigoureux et billets d’humeur, la revue pose un regard comportemental, sociétal, culturel sur nos passe-temps, nos passions, nos addictions. Un regard bienveillant et nécessaire sur ces moments de lâcher prise, où l’émotion l’emporte sur la raison.

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Portrait Culture #1 COMMENT EST NÉ HOBBIES ? ET QUELS EN SONT LES interviews, des portraits, des reportages. Il fallait que PRINCIPAUX ARTISANS ? les images qui illustrent ces textes soient de la photo- LAMBERT — Hobbies est né de la rencontre entre Gré- graphie pour montrer qu’il s’agit d’une réalité, d’un goire (journaliste), Louise (graphiste) et moi-même, témoignage. Quartier Libre, quant à elle, est un cahier au lycée. Après avoir tenu un webzine et publié deux plus libre, qui fait la part belle aux tribunes, aux billets fanzines, nous avions envie de nous lancer dans une d’humour, aux textes à la première personne. Il fallait aventure éditoriale un peu plus sérieuse. On s’est réuni que les images qui accompagnent ces papiers soient autour d’un verre, on a discuté de l’objet qu’on voulait elles aussi libérées. L’illustration était une évidence : on concevoir et on s’est lancé. Aujourd’hui, les principaux donne à un dessinateur libre cours à son imagination artisans sont nos talentueux contributeurs : journa- pour interpréter les différents textes. listes, photographes et illustrateurs. SI JE NE ME TROMPE, VOUS REVENDIQUEZ UNE SOCIÉTALE, HUMANISTE, COMPORTEMENTALE, CERTAINE PRÉDILECTION POUR LA PHOTOGRAPHIE CULTURELLE. QUELLE DÉFINITION CONVIENDRAIT DOCUMENTAIRE… LE MIEUX À VOTRE REVUE ? LO — Oui, parce qu’elle permet de montrer la vie L — Catégoriser Hobbies n’est pas simple, les libraires des gens, c’est un témoignage. Notre démarche ne nous le disent souvent. Grégoire et moi-même consiste pas à embellir les choses ou à les mettre sommes des lecteurs assidus de presse culturelle et en scène, mais à rendre compte d’une réalité. C’est je crois qu’elle nous influence beaucoup. Cepen- important pour nous.  dant, Hobbies est peut-être à ranger du côté des revues qui font une large place au photoreportage. QUELLES SONT SELON VOUS LES CARACTÉRISTIQUES GRAPHIQUES ET ESTHÉTIQUES DU MAGAZINE ? PELOTE BASQUE, TRAINS MINIATURES, COURSE DE L — Nous sommes allés piocher différents éléments LÉVRIERS, JANTES DE VOITURES, ARMES À FEU, SUR- dans des formats divers. Quartier Libre doit beau- VIVANTS DE LA TEKTONIK… VOUS EXPLOREZ TANT LES coup aux titres de presse comme Gonzai et aux COLLECTIONS QUE LES PASSIONS ET LES ADDICTIONS. publications de notre jeunesse Technicart et Nova MAIS AU-DELÀ DES COLLECTIONNEURS ET AFICIONA- Magazine. Pour ce qui est de la première partie, on DOS VERS QUEL LECTORAT TENDEZ-VOUS ? s’est inspiré de maquettes plus anciennes encore, L — On n’a jamais réfléchi en termes de « cœur de qui faisaient, elles aussi, la part belle au journaliste cible ». On s’adresse à la curiosité naturelle de tout de terrain et à la photographie : VSD et Paris Match, un chacun. Tout le monde aime avoir l’opportunité il y a fort longtemps. Aujourd’hui, il n’y a guère que d’explorer des univers qui ne sont pas les siens et qui M, le magazine du monde qui nous enthousiasme. sont riches et colorés, comme c’est le cas des diffé- rents loisirs cités. QUELLES PERSPECTIVES ENVISAGEZ-VOUS POUR LE MAGAZINE À MOYEN TERME ? HOBBIES S’ARTICULE AUTOUR DE DEUX PARTIES À L — Qu’il s’agisse de l’aspect éditorial ou commercial, LA FOIS COMPLÉMENTAIRES ET DISTINCTES. L’UNE on se bagarre au quotidien pour solidifier et péren- PORTÉE PAR LA PHOTOGRAPHIE ET L’AUTRE, QUAR- niser notre projet. C’est difficile dans la conjoncture TIER LIBRE, TOURNÉE VERS L’ILLUSTRATION ET LE actuelle et vue la force de frappe de notre petite GRAPHISME. POURQUOI CE CHOIX ? structure, mais on veut y croire. LOUISE — Cette répartition s’est faite très logiquement lorsque nous avons construit la revue. La première partie est vraiment journalistique, on y retrouve des — SITE INTERNET www.revue-hobbies.com Printemps 2017 11

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12 CATHERINE & ANTOINE La Lune des Pirates, Amiens — PHOTOGRAPHE Ludo Leleu INTERVIEW Olivier Pernot LA LUNE DES PIRATES FÊTE SES 30 ANS D’EXISTENCE avec une belle série de concerts au mois de mai. Au programme : Shannon Wright, Suuns, Albin de la Simone, Sandra Nkaké, etc. Catherine Lepot, présidente de l’association, et Antoine Grillon, directeur et programmateur, reviennent sur l’histoire de cette petite salle de concert atypique qui est un phare dans la culture amiénoise. COMMENT LA LUNE DES PIRATES A-T-ELLE ÉTÉ CRÉÉE IL Y A TRENTE ANS ? L’Amicale des Indiens Picards, un collectif d’artistes et de dénicheurs de talents, organisait déjà de nombreux événements sur Amiens et ailleurs. Il lui manquait un lieu insolite pour accueillir des « faiseurs

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Portrait Culture #2 de sons » de tous horizons. L’association a alors cement de La Lune est assez sympa, dans un quar- aménagé un ancien entrepôt de bananes, dans le tier festif à côté de la Somme, proche du centre quartier Saint-Leu qui était alors aux prémices de historique, et avec une loge qui a une vue sur la sa rénovation. Ce lieu, baptisé La Lune des Pirates, a cathédrale ! ouvert en mai 1987. EN TRENTE ANS, QUELS ONT ÉTÉ LES MOMENTS LES À QUEL MOMENT LA SALLE EST-ELLE DEVENUE UN PLUS MÉMORABLES DE LA SALLE ? LIEU BIEN IDENTIFIÉ ? L’ouverture de la salle reste l’un des moments les À partir de 1998 quand l’association Lune des Pirates plus mémorables. Le quartier Saint-Leu, alors en Spectacles a repris la gestion globale du lieu. Fini le léthargie, a soudainement été le lieu vers lequel café-concert, place à une salle de diffusion, d’ac- convergeait une foule de gens désireux de parta- compagnement et d’action culturelle, devenue par ger des moments de convivialité et de découvertes la suite une SMAC (Scène de Musiques actuelles) musicales. La salle a ainsi contribué à donner une labellisée par le Ministère de la Culture. Avec ces nouvelle image à cette partie d’Amiens, jusque-là nouvelles missions, La Lune s’est alors professionna- délaissée, voire dénigrée par une grande partie de lisée tout en conservant un vivier de bénévoles, né- sa population. cessaire à son fonctionnement et à son dynamisme. QUELS SONT LES ARTISTES QUE VOUS AVEZ AC- EST-IL DIFFICILE DE FAIRE VIVRE UNE SALLE DANS CUEILLIS DONT VOUS ÊTES LE PLUS FIERS ? UNE VILLE COINCÉE ENTRE PARIS ET LILLE ? La Lune peut s’enorgueillir d’avoir accueilli des La Lune reste un endroit à part. Peut-être que les artistes avant qu’ils ne soient médiatisés, comme lieux qui lui ressemblent le plus se trouvent davan- Noir Désir ou -M-. Cependant c’est l’ensemble des tage en Angleterre qu’en France. Sans avoir la pré- artistes, qu’ils soient locaux, nationaux ou interna- tention d’inventer quelque chose, nous aspirons à tionaux, qui ont emprunté cet escalier improbable faire vivre au public une expérience singulière, à pour descendre de leur loge et atterrir sur la scène travers un accueil, une ambiance et une program- exiguë, qui ont contribué à faire de La Lune ce mation. Nous vivons la proximité — relative — avec qu’elle est aujourd’hui. Paris et Lille comme un atout plus que comme une contrainte. COMMENT AVEZ-VOUS IMAGINÉ LA FÊTE DES 30 ANS ? L’événement, du 15 au 20 mai, sera à la fois un clin QU’EST-CE QUE LES ARTISTES, D’ICI OU D’AILLEURS, d’œil au passé avec la programmation de groupes APPRÉCIENT DANS VOTRE SALLE ? qui ont marqué La Lune (Suuns, Albin de la Simone, La Lune des Pirates est une salle qui a une âme. C’est Burning Heads), mais aussi la reformation de cer- l’une des plus vieilles salles de France et des milliers tains projets (The Name, Molly’s). Nous accueille- de musiciens de tous les styles s’y sont produits. C’est rons également Shannon Wright et Sandra Nkaké. Et quelque chose qui se ressent. Également, la configu- enfin, en clôture, il y aura un concert sur le parvis ration de la salle est assez atypique. Lorsque l’on est de la cathédrale avec Peter Hook & The light, Jab- sur scène, le groupe joue devant un mur de public, berwocky et French 79. Des expositions et d’autres avec la fosse, les gradins et la mezzanine. Et les musi- animations ludiques sont aussi prévues. Pas de quoi ciens ne peuvent pas se défiler de la scène, car il s’ennuyer donc ! n’y a pas de dégagement ! Ils sont obligés de passer par le public avant et après leur concert. Cela peut donner des scènes assez cocasses… Enfin, l’empla- — SITE INTERNET www.lalune.net Printemps 2017 13

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14 DIDIER THIBAUT La Rose des Vents, Villeneuve-d’Ascq — PHOTOGRAPHE Petra Hilleke INTERVIEW Olivier Pernot LA ROSE DES VENTS, SCÈNE NATIONALE DE LA MÉTROPOLE LILLOISE, FÊTE SES QUARANTE ANS CETTE SAISON. Didier Thibaut, son directeur, revient sur l’histoire mouvementée de ce lieu de culture né en 1974, et sur la programmation singulière et audacieuse qu’il défend depuis bientôt trois décennies. Rencontre avec cet artisan de la culture, engagé, ouvert sur l’Europe et le monde. LES DÉBUTS DE LA ROSE DES VENTS ONT ÉTÉ CHAOTIQUES. LE THÉÂTRE SE RETROUVAIT, PARAÎT-IL, COMPLÈTEMENT AU MILIEU DES CHAMPS. Le gouvernement français, dans son idée de créer des métropoles d’équilibre, a construit des villes

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Portrait Culture #3 nouvelles : la commune de Villeneuve-d’Ascq est lis dès leurs débuts à La Rose. Ce virage a été pour née ainsi, en 1970. Ce nouveau territoire est alors nous une évidence plus qu’un pari. En même temps relié avec la première ligne du métro automatique. s’ouvraient de nouveaux horizons européens. Nous Jacques Rosner, qui était alors directeur du Centre sommes donc partis aussi à la découverte de la nou- dramatique national du Nord, basé à Tourcoing, velle génération de metteurs en scène et de comé- décide la construction d’une salle dédiée au théâtre. diens de l’Europe de l’Est. Les travaux commencent en 1974. Et cette salle, un cube, est vraiment construite au milieu des champs. COMMENT UNE SCÈNE NATIONALE EN PÉRIPHÉRIE D’ailleurs, son nom, La Rose des Vents, vient de là, car D’UNE VILLE COMME LILLE, QUI A DÉJÀ UN CENTRE le bâtiment était ouvert à tous les vents. DRAMATIQUE NATIONAL, LE THÉÂTRE DU NORD, PEUT RÉUSSIR À VIVRE ? CETTE SALLE DE RÉPÉTITIONS EST FINALEMENT Il faut réussir à créer son public. Avec La Rose des DEVENUE UN THÉÂTRE. Vents, il y a un syndrome de banlieue. La salle est Jacques Rosner parti, ses successeurs ne voulaient excentrée. Et il n’y a pas moins prestigieux que d’aller pas de cette salle en plein champ. Finalement la au Théâtre du Nord, sur la Grand’Place de Lille. Mais, municipalité de Villeneuve-d’Ascq s’est réapproprié aller à La Rose des Vents… c’est plus branché ! Au fil le lieu pour en faire un vrai théâtre. des années, La Rose des Vents a dû créer une iden- tité artistique singulière qui la différencie des autres COMMENT TE RETROUVES-TU DANS CETTE AVENTURE ? théâtres. Il a fallu parfois casser les codes du théâtre Je suis arrivé en 1988, après avoir travaillé à l’Or- classique, faire confiance à des artistes émergents et chestre de Lille, où je me suis occupé des relations novateurs. Au final, c’est bien d’avoir plusieurs esthé- publiques, et après avoir dirigé pendant quatre ans tiques théâtrales dans une métropole comme Lille. le Centre de développement culturel de Boulogne- sur-Mer. Quand j’arrive, la salle est reconnue, mais QUEL EST L’AVENIR DE LA ROSE DES VENTS ? traverse une crise financière et de public. En 1990, le La grande question concerne la rénovation du bâti- Ministère de la Culture crée le label Scène nationale ment. Le projet architectural pourrait être réalisé et La Rose des Vents est l’un des premiers théâtres à en 2018 et les travaux en 2019. C’est mon espoir et être labellisé. ma bataille. L’État est prêt à mettre quatre millions d’euros. Il faut maintenant convaincre les collectivi- QUELS SONT JUSTEMENT LES PARIS ARTISTIQUES tés, la Région, la Métropole, la Ville. Voilà l’avenir de QUE TU AS PRIS ? La Rose des Vents. Au départ, j’ai beaucoup travaillé sur les écritures théâtrales françaises et wallonnes. Nous avions déjà ET LE TIEN ? une ambition transfrontalière. Dans cette période, J’aurai 65 ans l’année prochaine et je vais arrêter à nous étions dans un théâtre d’auteurs, de textes. Un la fin de l’année 2018. Je veux laisser ce projet, ce théâtre un peu académique dans sa forme, qui a bâtiment rénové, à un nouveau directeur. Ce serait fini par me fatiguer… Et puis, nous avons vu arriver bien qu’il apporte un nouveau souffle. J’ai envie de de la Flandre vers la fin 80 et début 90 un mouve- laisser cette maison en de bonnes mains. ment qui a fait voler en éclats le cadre traditionnel du théâtre. La question du corps et le mouvement étaient au cœur de ce théâtre post-dramatique, — RETROUVEZL’INTÉGRALITÉDE l ‘interview surwww.bon-temps.fr ouvert sur l’international. Les chefs de file étaient SITE INTERNET Jan Fabre, Alain Platel et Jan Lauwers, tous accueil- www.rose.fr Printemps 2017 15

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