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BULLETIN D’INFORMATION AUX ADHÉRENTS No 49 – FÉVRIER 2017 Tout notre soutien aux exproprié.e.s! Que 2017 soit une bonne année ! L’ACIPA vous offre ses meilleurs vœux, à vous nos chers adhérents et sympathisants, ainsi qu’à vos familles et vos proches. Il nous faudra à tous une bonne santé pour faire face aux mobilisations citoyennes que nous aurons à organiser en 2017. Réservons déjà notre week end des 8 et 9 juillet 2017 pour notre rassemblement annuel qui suivra de peu les diverses élections politiques. Nous devrons travailler le pilier politique de la lutte avec les élections présidentielles qui arrivent, puis celles des législatives. Cela fait déjà 5 ans, que François Hollande, alors candidat à la présidentielle de 2012, a promis de respecter les procédures juridiques jusqu’à leur épuisement ; il doit tenir sa parole jusqu’au bout de son mandat. Poursuivons nos actions dans ce domaine pour mettre en œuvre les meilleures conditions politiques qui permettront l’arrêt définitif du projet de NotreDame-des-Landes ! Nous constatons avec satisfaction que les va-t-en-guerre du PS ne sont pas sortis vainqueurs de la toute récente primaire citoyenne… Il nous faudra aussi une bonne dose d’optimisme car l’offensive juridique est de nouveau à l’ordre du jour avec le volet expropriations. Les ordonnances d’expropriation concernant le site aéroportuaire et le barreau routier avaient été envoyées à partir du 18 janvier 2012 — cela fait 5 ans — et aucuns travaux irréversibles n’ont commencé. Les expropriés peuvent donc demander la rétrocession de leurs biens : M. Doussot. terres agricoles, habitations et bâtiments d’élevage. Ils sont soutenus dans cette action par l’ACIPA et nos avocats Mes Boittin et Le Moigne. Le 24 janvier 2017, nos avocats ont adressé une demande de rétrocession des biens expropriés à l’État et à AGO-Vinci. Cela concerne une trentaine de dossiers. L’instruction n’est pas close. Si des expropriés souhaitent récupérer leurs biens, ils seront les bienvenus. Si vous en connaissez, encouragez-les à contacter l’ACIPA. La procédure se déroule en deux temps : un courrier de demande de rétrocession à l’amiable, puis, si pas de réponse ou réponse négative au bout de 30 jours, saisie du Tribunal de Grande Instance pour avoir une décision. Nous devrons enfin saisir toutes les occasions à notre portée pour continuer de travailler au ralentissement du projet avant l’inéluctable abandon final ! Souvenons-nous que c’est en 2017 que le nouvel aéroport devait ouvrir à Notre-Dame-des-Landes. L’ACIPA offre des vœux particuliers de solidarité aux paysan.ne.s et aux habitant.e.s qui vivent au quotidien sur la zone. Notre devise pour 2017 pourrait être celle de Mário Soares, père de la Démocratie portugaise : « Unité dans la diversité ». La résistance est toujours présente et déterminée, vive 2017 ! Vive 2017 ! Ensemble nous ne lâchons rien ! J. Durand, porte-parole de l’ACIPA NDL2017 : 8 et 9 juillet De nos terres à la Terre – Résister, Agir, Vivre Réservez d’ores et déjà votre week end ! Plus d’infos à venir…

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Primaire citoyenne du 29 janvier L’ACIPA constate que B. Hamon sort largement en tête de la primaire citoyenne du 29 janvier dernier. Il a dit vouloir la « suspension » de la déclaration d’utilité publique en s’appuyant sur l’étude diligentée par S. Royal ; ce n’est qu’un début qui doit aboutir rapidement dans ses déclarations à « l’abrogation » de la DUP. Le résultat du 29 janvier est — encore une fois — une réponse claire et nette de la base électorale de gauche aux élus locaux du PS sur le sujet de Notre-Dame-des-Landes. B. Hamon est arrivé en tête dans tous les départements des régions Pays de la Loire et Bretagne. Cela prouve que le choix du périmètre de la seule Loire-Atlantique pour la consultation du 26 juin 2016, était très tendancieux… Photo : J. Ronnet-Nicolle. Quand donc les élus du 44 vont-ils s’apercevoir que leur base électorale n’approuve plus leur choix sur Notre-Damedes-Landes ? Point juridique • La procédure d’infraction – Europe La France devait répondre à l’Europe dans le cadre du précontentieux sur l’analyse des impacts cumulés du projet d’aéroport et de ses projets connexes à la date du 2 janvier. Elle compte y répondre à travers le SCoT Nantes Saint-Nazaire concernant le projet de Notre-Dame-des-Landes. À l’heure où nous clôturons ce bulletin, la réponse de la France n’est toujours pas parvenue à l’Europe. • Jugement du 14 novembre 2016 sur les arrêtés préfectoraux « Loi sur l’Eau et destruction des espèces protégées » et « DUP programme viaire » Lors de l’audition du 7 novembre 2016, Madame la rapporteur publique avait longuement détaillé — en reprenant tous nos arguments — les raisons pour lesquelles elle proposait aux juges d’annuler les arrêtés Loi sur l’Eau et espèces protégées. Elle n’a pas été suivie par la formation de jugement. Tous nos recours ont été rejetés en bloc. Nous avons déposé un pourvoi en cassation au Conseil d’État le 14 janvier 2017 pour obtenir l’annulation des arrêts de la Cour administrative et l’annulation des arrêtés préfectoraux. Procédures toujours en cours ou à venir • Recours contre l’arrêté préfectoral concernant le campagnol amphibie : ce recours a été déposé le 14 octobre 2016 devant le Tribunal administratif de Nantes. Les défendeurs ne nous ont toujours pas répondu dans ce dossier. • Les permis de construire « aérogare » et « tour de contrôle » ne sont toujours pas déposés. Les autorisations de déboisement (bois d’État) ne sont toujours pas arrivées en mairie. • Le Conseil d’État reste saisi pour obtenir l’annulation de la DUP du 9 février 2008 au vu de nouveaux éléments : – les conclusions du rapport du ministère de l’Écologie « optimisation de l’aéroport actuel possible » et « surdimensionnement du projet de Notre-Dame-des-Landes » ; – la preuve du bidouillage de l’étude économique « coût/bénéfice » dans le document soumis à l’enquête publique de 2006. À ce jour, le Premier ministre n’a toujours pas répondu à notre recours, déposé il y a 5 mois, le 1er septembre 2016. • Expropriations : les propriétaires expropriés ont lancé la procédure pour obtenir la rétrocession de leurs biens (voir édito). Une liste alternative aux élections de la CCI : du jamais vu ! La CCI est censée représenter les 50 000 entreprises du 44 et pourtant l’opinion est unanime : la CCI ne sert à rien ! Des opposants à Notre-Dame-des-Landes ont osé se lancer dans la bataille des dernières élections, en présentant une liste de 17 noms et des propositions concrètes en opposition à la liste de vœux pieux d’en face… Au bout de 6 semaines de préparation (contre 18 mois pour les « légitimistes ») les résultats ont pulvérisé leurs espoirs les plus fous : de 15 à 40 % des suffrages selon les catégories professionnelles (il leur fallait 5 % pour récupérer leurs frais). Du coup Alternative 44 prend date pour l’avenir : « Il serait vain de croire que nous allons en rester là ! », dit l’un des porte-parole de la liste (O.F. du 09.11.2016). • Expulsions : depuis le 25 mars 2016, TOUS les habitants de la ZAD sont toujours expulsables. Restons particulièrement vigilants sur ce point précis ! • SCoT Nantes Saint-Nazaire : l’enquête publique s’est terminée le 21 octobre 2016 et les conclusions des commissaires enquêteurs ont été sans surprise : avis favorable assorti d’une réserve sur l’absence d’analyse des impacts cumulés du projet d’aéroport. Le SCoT a été voté par les élus du pôle métropolitain le 19 décembre et il devient donc exécutoire le 19 février 2017. Des recours ont été déposés le 6 janvier 2017 au Tribunal administratif de Nantes par l’ACIPA, le CéDpa et l’ADECA contre la délibération du 19 décembre, sur la partie « Notre-Dame-des-Landes » du SCoT. La Confédération paysanne 44 envisage aussi un recours, portant sur la question de la consommation de terres agricoles. 2

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SCoT Nantes Saint-Nazaire : des interrogations et des critiques de la part du CéDpa Extrait du point presse du CéDpa le 19 décembre 2016 […] Refus de la commission de prolonger l’enquête, avec des motivations bien curieuses « les documents ne sont pas faits pour être lus... ». Affirmation à plusieurs reprises par certains membres de la commission que le projet d’aéroport n’a rien à voir avec le SCOT. Jugement confirmé dans le rapport : page 8 « Une grande majorité des observations reçues, aussi bien sur les registres d’enquête que par courriers et mails, font très souvent référence au projet d’aéroport du Grand Ouest de NDDL ce qui a, de l’avis de la commission d’enquête, faussé considérablement la consultation du public sur le SCOT ». Les commissaires enquêteurs eux non plus ne savaient sans doute pas que la révision du SCOT était le moyen de régulariser l’infraction… Ils auraient visiblement préféré ne pas avoir tout ce travail de compilation des remarques et de classement (73 observations, 147 courriers, 805 mails…). Aucune phrase de plus de deux lignes sur le fond des questions, qui prouverait que les commissaires enquêteurs ont fait un vrai travail d’analyse des questionnements du public. À plusieurs reprises, la commission affirme que ce n’est pas le rôle du SCoT de répondre à la question de fond de l’évaluation globale et pourtant, à la fin, elle reprend l’idée sous forme d’une réserve à son avis (évidemment favorable). Cette réserve, justifiée uniquement pour la commission par le nombre de remarques sur ce point, est la reprise légèrement allégée d’une des réserves de l’Autorité environnementale (AE). L’AE recommande : • de préciser l’impact de tous les projets connexes au projet aéroportuaire, tels qu’ils sont appréhendés à ce jour et les éléments d’appréciation environnementale justifiant leur réalisation ; • de procéder à l’évaluation de l’impact de l’ensemble du programme, et à la détermination des mesures d’évitement, de réduction et de compensation nécessaires ; • d’améliorer l’analyse et la présentation, notamment cartographique, des mesures d’évitement, de réduction et de compensation dont la mise en œuvre est prévue au titre des incidences cumulées des différents projets du programme. Réserve de la commission : • établir un document récapitulant tous les projets connexes au projet aéroportuaire, et les éléments d’appréciation environnementale justifiant leur réalisation ; • procéder à l’évaluation de l’impact de l’ensemble ; • améliorer l’analyse et la présentation, notamment cartographique, des mesures d’évitement, de réduction et de compensation ? F. Verchère – coprésidente du CéDpa Manque de luminosité… Les élus PS du département veulent faire changer d’avis B. Hamon sur le sujet de NDL ! P. Grosvalet sera « totalement intransigeant » et invite B. Hamon à venir en Loire-Atlantique pour y recevoir « un autre éclairage » qui lui « permettra de porter un autre jugement sur ce projet »… Mais avec quelles bougies s’éclaire donc le PS 44 ? Nous ne manquerons pas de proposer aussi les nôtres… de lumières, à B. Hamon, s’il venait à passer par ici ! Audition au Sénat Une commission d’enquête, dont le rapporteur est Ronan Dantec, sénateur EELV du 44, a auditionné les opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes « sur la réalité des mesures de compensation des atteintes à la biodiversité engagées sur des grands projets d’infrastructures, intégrant les mesures d’anticipation, les études préalables, les conditions de réalisation et leur suivi ». L’ACIPA et le CéDpa ont été auditionnés le 17 janvier ; d’autres composantes de la lutte (avocats, organisations environnementales, professions agricoles, Copain…) le seront au cours du mois de février. Extraits du communiqué de l’ACIPA et du CéDpa suite à leur audition : […] « Les sénateurs et sénatrices présents ont été surpris d’apprendre par notre voix qu’en matière de compensation environnementale, d’une part, il y avait deux poids deux mesures avec des aspects réglementaires très stricts pour les projets de lotissements ou de zones d’activités des collectivités, alors que l’État et AGO-Vinci eux n’ont aucune obligation de résultat. Et, d’autre part, d’entendre qu’aucune mesure compensatoire n’avait été engagée à ce jour à Notre-Damedes-Landes et que plusieurs dizaines de paysans sur 8 000 ha autour de la ZAD avaient refusé d’y souscrire. Notre délégation a insisté sur le fractionnement des procédures d’autorisation environnementale qui conduisent à une non-prise en compte de l’évaluation globale des impacts environnementaux et à une absence de tentative réelle d’évitement de l’impact environnemental. Elle a aussi rappelé qu’à Notre-Dame-des-Landes, nous sommes en présence d’un écosystème naturel complexe, unique et entier, composé de multiples têtes de bassins versants avec leur bocage, boisement, prairies, landes, chevelus de rus et de ruisseaux sur les 1 650 ha de la ZAD. Nous avons conclu que si les procédures environnementales et démocratiques avaient été conduites dans le bon ordre, l’État aurait conclu de lui-même à éviter de retenir le site de Notre-Dame-des-Landes. Ainsi, les autres alternatives — dont celle de l’optimisation de Nantes-Atlantique — auraient été étudiées avant tout débat et consultation du public. Il n’est jamais trop tard… pour prendre une bonne décision. » Le CéDpa et l’ACIPA 3

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Convoi de foin vers la Normandie, du 13 au 16 décembre Photos : J. Ronnet-Nicolle. Action GPII à Nantes le 8 décembre. Photos : J. Ronnet-Nicolle. Rassemblement des tracteurs vigilants le 10 novembre à La Vache Rit. Photo : J. Ronnet-Nicolle.

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Réaction de l’ACIPA (GPII) par des politiques liés aux multinationales. à la pression du gouvernement pour l’évacuation de la ZAD 18 novembre 2016 En cas de tentative d’expulsion sur la ZAD de Notre-Damedes-Landes ou de début de travaux en lien avec le projet d’aéroport, l’ACIPA appelle la population et les militants antiaéroport à se mobiliser pour participer à une résistance nonviolente et déterminée. À l’ACIPA, nous sommes convaincus que notre lutte contre la construction d’un nouvel aéroport est légitime. Nous ne pouvons accepter la réalisation de ce projet déraisonnable, inutile, coûteux et destructeur, dont les fondements sont le mensonge et la manipulation. À l’heure de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, dont les représentants de la France se disent très fiers, nous ne pourrons accepter l’incohérence absolue qu’il y aurait à imposer un aéroport fossoyeur de terres agricoles, d’un bocage et d’une zone humide riches de biodiversité, un aéroport dont la plus que douteuse viabilité économique parie sur un développement sans limites du trafic aérien, gros émetteur de gaz à effet de serre. Le maquillage « vert » échoue à cacher l’incompatibilité avec les objectifs des COP21, 22 et futures. Nous attendons toujours l’étude indépendante sur l’alternative du réaménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique, demandée depuis des années. Nous voulons contraindre le Pouvoir et tous les promoteurs du projet d’aéroport à l’abandonner. En cas de tentative de passage en force par les pouvoirs publics, nous ne céderons pas. Nous ne laisserons pas détruire les terres de la ZAD, ni expulser ceux qui la font vivre, pour le seul intérêt des actionnaires de VINCI et autres spéculateurs immobiliers. Si le gouvernement envoie ses troupes militaires et policières ouvrir la voie aux machines de destruction, nous résisterons et nous appellerons à résister. Notre force sera notre nombre et notre détermination. D’ores et déjà, nous appelons tous nos soutiens, comités ou individus, à la résistance non-violente, pouvant aller jusqu’à assumer les risques de la désobéissance civile. Nous invitons chacun à manifester son opposition où qu’il vive, dans la mesure de ses capacités. Nous invitons tous les comités de soutien à organiser des actions non-violentes pour faire pression tout en étant soucieux de l’adhésion de la population. Les possibilités sont innombrables. Nous faisons confiance à votre imagination, à votre créativité, voire à votre humour. En cas d’expulsion ou de début de travaux, si vous êtes proches de la ZAD, nous vous appelons à prendre part aux diverses mobilisations de masse et à participer au soutien logistique de la résistance sur le terrain. La consultation du 26 juin, aujourd’hui renommée « référendum » en dépit de toute logique, a été taillée sur mesure pour obtenir un oui et n’a été qu’un simulacre de démocratie. Organisée au mépris de l’équité, du droit de l’environnement et des recours juridiques non épuisés, cette mascarade n’est pas parvenue à affaiblir notre mobilisation. C’est que l’enjeu de la lutte de Notre-Dame-des-Landes est de taille : il s’agit du monde que nous voulons laisser à nos enfants. Nous continuerons à persuader le plus grand nombre possible de citoyens que notre combat est celui de la justice et de la vérité, contre la violence d’un grand projet inutile imposé Si vous êtes loin et ne pouvez vous déplacer, vous trouverez vos propres moyens d’exprimer près de chez vous votre opposition et votre soutien au mouvement. Dans tous les cas, restez attentifs aux actions de désobéissance civile qui pourront vous être proposées. Quels que soient les moyens choisis — la diversité est une force — nous vous demandons de garder en tête la nécessité de la non-violence. Ne prenez pas le risque de blesser quiconque, agissez à visage découvert et, quelle que soit la situation, efforcez-vous de faire baisser la tension. N’alimentez pas la surenchère, ne répondez pas à la violence par la violence et veillez à la sécurité de toutes les personnes présentes sur les lieux de vos actions. Des soutiens à l’insu de leur plein gré… Il y avait eu le biologiste et botaniste Jean-Marie Pelt dont les propos avaient été déformés pour servir la cause des pro-AGO à l’été 2015 (L’Est Républicain 02.08.2015). Il y a maintenant la députée européenne Isabelle Thomas qui découvre qu’elle est inscrite sur une liste de soutiens au projet d’aéroport, sur le site web du lobby bétonneur. Au prétexte que dans une lettre à Jacques Auxiette elle disait « Je m’engage à suivre de près ce dossier important et délicat pour notre circonscription ». À l’heure où nous écrivons, M. Mustière oppose un refus catégorique à la demande de Mme Thomas de retirer son nom de cette liste (Ouest-France 27.01.2017). Rappelons aux Ailes pour l’Ouest que nous aussi, à l’ACIPA, nous suivons de près ce dossier « important et délicat »… Sans le soutenir pour autant ! Nous résistons à la violence d’un projet, d’un modèle de développement, d’un système, à la collusion entre décideurs et multinationales. Nous ne nous battons pas contre des hommes, fussent-ils policiers ou salariés d’entreprises du BTP. Notre résistance sera populaire, non-violente, déterminée et radicale, en permettant au plus grand nombre d’y prendre place. NB : En cas de menace avérée, une lettre d’infos spéciale vous sera envoyée. Surveillez votre messagerie ! NDL : des éléments nouveaux invalident le choix technique retenu pour les pistes La technique retenue par Vinci et l’État pour consolider le sol argileux et humide de Notre-Dame-des-Landes a été testée depuis 2008 par plusieurs laboratoires scientifiques. Ces tests invalident la méthode retenue : étant donnée la qualité particulière du sol de Notre-Dame-des-Landes — de l’argile conte- 5

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nant des micaschistes — l’humidité du sol annihilera rapidement le traitement de consolidation. Comme on ne peut imaginer des pistes gondolées, d’autres techniques seraient à prévoir, beaucoup plus chères. un réseau routier approprié et des maires qui acceptent le passage sur leur commune… Dans les deux cas, il est probable qu’AGO essaierait de faire financer le coût supplémentaire par l’État. Le contrat de concession, évasif sur ce point, pourrait le permettre. […] La méthode de consolidation des sols devait être testée avant le démarrage des travaux Fiche argumentaire no 24 : références et étude complète sur les sites de l’ACIPA et du CéDpa. Le contrat précise que « le sol sera traité avec un liant routier, dont les performances ont été validées par le Laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées d’Angers » [ndlr : en 2006]. La technique prévue consiste à introduire des liants hydrauliques (chaux ou un mélange chaux-ciment) sur 60 cm de profondeur. Au moment de la rédaction de ce contrat, il restait toutefois des interrogations puisqu’on lit aussi : « Les dispositions finalement retenues seront fonction des résultats des sondages géotechniques et hydrogéologiques complémentaires, ainsi qu’une étude de traitement avec les matériaux du site ; ces études sont réalisées durant la phase de préparation du chantier ». Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire (LNOBPL) : reprise et fin de la concertation L’ACIPA et le CéDpa ont refusé de participer aux nouveaux ateliers de l’étape complémentaire de la « concertation » sur le projet LNOBPL. Le CéDpa a expliqué ses raisons dans un courrier adressé à SNCF Réseau. Extrait de sa lettre : « L’invitation qui nous a été faite précise que le « débat public a permis de conforter l’opportunité du projet, au travers de ses grands objectifs ». Les études invalident la méthode Or, cette petite phrase nie tout simplement ce qui s’est passé initialement retenue Plusieurs recherches ont ainsi été menées sur l’efficacité des traitements par liants hydrauliques dans la consolidation des sols argileux, dans le cadre de projets associant plusieurs laboratoires techniques. Les cinq thèses de doctorat publiées sur ces recherches de 2008 à 2012 démontrent que la présence de certains composants chimiques (sulfures/sulfates, matières organiques, nitrates et phosphates) perturbe la consolidation du sol. Dans un certain type de sols argileux, ceux comprenant beaucoup de mica, comme celui de NDL, le traitement aux liants hydrauliques est inefficace. Sur des échantillons prélevés à Vigneux-de-Bretagne, dans la zone de NDL, consolidés puis humidifiés, le traitement a été annihilé en quelques mois ! À NDL, des blindages sont prévus sur les côtés des pistes avec des drains pour l’évacuation de l’eau. Il n’empêche que l’eau présente dans le sol sous les 60 cm d’épaisseur traités remontera par capillarité. Plus les éléments du sol sont fins (cas du sol de NDL), plus le phénomène de capillarité est important. L’eau atteindra la partie traitée et délitera petit à petit l’effet du liant. lors du débat de 2014-2015. Comme le montre en effet la lecture du rapport du 26 février 2015 de la Commission nationale du débat public, le projet a été contesté sur le fond : « les objectifs ont été au cœur du débat (...). Beaucoup (de participants) ont proposé des projets alternatifs. (...) La desserte de l’aéroport du Grand Ouest a été contestée et des demandes d’un scénario évitant sa desserte ont été vivement exprimées. (...) En période de crise et dans un contexte de remise en cause du modèle de développement ferroviaire français, LNOBPL n’est pas perçu comme un investissement prioritaire pour de nombreux citoyens ». Comment peut-on affirmer benoîtement « que l’opportunité du projet est confortée » ? À quoi bon une nouvelle phase de « concertation », un garant et une charte de participation, puisque de toute façon, on en restera aux grands objectifs si chers aux « décideurs » (État, SNCF Réseau, collectivités locales) et que seule la couleur du scénario retenu changera… Nous n’avons plus une once de confiance ni aucun espoir dans la loyauté du débat public. C’est pourquoi nous ne perdrons plus notre temps et notre énergie en réunions qui ne sont hélas qu’un alibi démocratique et nous ne cautionnerons Des pistes gondolées ou un chantier pharaonique ? pas les dérives de la décision publique. » Le CéDpa Vinci pourrait à la rigueur construire des pistes sur un tel sol « consolidé », mais elles se mettront à « gondoler » au bout de quelques années. Or les exigences de planéité des pistes sont rédhibitoires. Pour construire des pistes sur le sol de NDL, il faudrait alors avoir recours à une autre technique. Première solution : installer des quantités de pieux (coût pharaonique). Vannes : du rififi dans le tunnel Deuxième solution : des fondations beaucoup plus épaisses (sur plus d’1,60 m pour un CBR de 3), ce qui signifie du remblai sur 1,40 m d’épaisseur… C’est contraire au contrat de concession qui prévoit de ne pas avoir d’apport extérieur significatif et de limiter les transports (et donc les émissions Le tunnel de Kérino à Vannes est l’œuvre de Vinci… Son inauguration a eu lieu le 18 novembre dernier, jour où il laissait déjà apparaître des fuites, de l’oxydation et de la corrosion… De la belle ouvrage, en somme ! de gaz à effet de serre). Cette deuxième solution serait aussi très coûteuse. Pour les pistes seules, il faut environ 400 000 mètres cubes de matériaux, soit 840 000 tonnes, soit à peu Après les condamnations suite aux non respect des règles de compensations environnementales de filiales de Vinci et de Bouygues sur le chantier de la LGV Tours-Bordeaux, on ima- près 40 000 camions ! Il faut déjà trouver ces matériaux, avoir gine facilement à quel beau chantier et quel bel aéroport « écologique » on pourrait s’attendre si NDL se faisait ! 6

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Assemblée Générale de l’ACIPA : forte affluence L’Assemblée générale ordinaire annuelle de l’ACIPA s’est réunie à Sucé-sur-Erdre le samedi 26 novembre 2016. Une affluence record : plus de 700 personnes présentes ou représentées ! Des rapports d’activités et financier qui ont convaincu les adhérents. Les explications juridiques tombant à point après l’épisode de la Cour d’appel administrative du 14 novembre. Des nouvelles des activités — agricoles et autres — sur la ZAD comme suite à la motion de soutien à l’installation d’un jeune agriculteur lors de l’AG de 2015 et comme preuve de la richesse des initiatives lancées au cours de l’année écoulée. Des discussions et échanges qui ont, semble-t-il, satisfait nos adhérents et répondu à leurs attentes puisque le conseil d’administration se voit étoffé de trois nouvelles personnes. Nous déplorons cependant que le temps ait manqué pour nous projeter efficacement sur 2016-2017. En somme, une assemblée concentrée, attentive et toujours aussi déterminée qui fait confiance à ses administrateurs pour la conduite du navire « ACIPA ». Tous ensemble, gardons le cap ! L’ACIPA est une force reconnue. Les porteurs du projet de Notre-Dame-des-Landes savent qu’il faut compter sur nous pour ne rien lâcher ! Sont membres du conseil d’administration pour l’année 20162017 : Ariel ALIAGA (Nantes), Isabelle BAGAGLIA (Saint-Émilien-de-Blain), Agnès BELAUD (Vigneux-de-Bretagne), Lucien BOURDEAU (Héric), Anne-Marie CHABOD (Grandchamp-des- Dans la mare au canards, il y a aussi… les fous furieux fictifs de Fillon ! Décidément le — toujours pour l’instant — candidat LR à la présidentielle a une vision bien personnelle de NDL et de la vérité… Sur France Inter, il a affirmé « j’ai voulu y aller il y a un moment, j’ai pas pu rester plus de 10 minutes avant que ces fous furieux n’arrivent » (France Inter 06.11.2016). Voyons comment Ouest-France avait relaté cette visite : « À quelques dizaines de mètres, des opposants historiques qui posaient des affiches se sont respectueusement mêlés à cette visite éclair. » (OF 13.06.2016) Sans doute F. Fillon n’a-t-il pas apprécié que les mêmes militants historiques, peut-être un brin taquins, se soient placés dernière lui et B. Retailleau avec un beau panneau en triangle « Aéroport NON » et un drapeau ACIPA. Ce qui a été du meilleur effet sur les images des journalistes (voir par exemple OF du 14.06.2016, « François Fillon défend NDDL… à Notre-Dame »)… Fontaines), Alain CHARPY (Héric), Gérard CHOLET (Nort-surErdre), Claude COLAS (Notre-Dame-des-Landes), Julien DURAND (Notre-Dame-des-Landes), Dominique FRESNEAU (Notre-Dame-des-Landes), Régis FRESNEAU (Plessé), Christian GRISOLLET (Sucé-sur-Erdre), Rémi LEHN (Vigneux-deBretagne), Dominique LE LAY (Notre-Dame-des-Landes), Odile MARTIN-BELMIHOUB (Séverac), Gérard NOËL (Bouguenais), Philippe PENEAU (Saint-Herblain), Joël QUÉLARD (SaintNazaire), Chantal ROULLAUD (Treillières), Marcel TAILLANDIER (Nantes). Photo : J. Ronnet-Nicolle.

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Affiche : S. Deguerville. Bulletin 48 : au sommaire • Illustration têtière : Pogam • Fabrication : Parenthèses • Imprimé sur papier recyclé. Directrice de publication : Anne-Marie CHABOD • Comité de rédaction : les membres de la commission communication • ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes – 06 71 00 73 69. Le cauchemar du préfet La compagnie Mémoires Futures a présenté un monologue de Patrick Grégoire appelé « Le cauchemar du préfet » à NDL et Nantes début novembre 2016 et de nouveau à Nantes et en région début février 2017. Les salles furent combles à chaque représentation et les organisateurs très satisfaits de l’accueil du public. Patrick Grégoire reviendra en région Pays de la Loire début avril pour notre plus grand plaisir ! Qu’on se le dise ! Si vous souhaitez organiser une ou plusieurs représentations, contacter J.-P. Magnen via magnen.jean-philippe@orange.fr P. 1 Édito : Tout notre soutien aux exproprié.e.s ! P. 2 Primaire citoyenne du 29 janvier. Point juridique. P. 3 SCoT Nantes Saint-Nazaire : des interrogations et des critiques. Audition au Sénat. P. 4 Retour en images P. 5 Pression du gouvernement pour l’évacuation de la ZAD. Des éléments nouveaux invalident le choix technique retenu pour les pistes. P. 6 LNOBPL, reprise et fin de la concertation. P. 7 AG de l’ACIPA : forte affluence. P. 8 En bref. Les échos du Net. Les échos du net (au 29.01.2017) Sur les réseaux sociaux, 19 120 personnes aiment la page Facebook, qui a touché un pic de près de 38 000 personnes le 17.10. 9 812 abonnés (+ 639) au fil Twitter, plus de 26 500 tweets et près de 7 500 abonnés actifs à la lettre d’info (+ 400). * Il est toujours temps de vous inscrire à la lettre d’info via https://www.acipa-ndl.fr/a-propos-de-l-acipa/recevoir-la-lettre-d-info Dernière minute Françoise Verchère a reçu le 28 janvier le prix « éthique de l’envol du pouvoir citoyen » de l’association Anticor, pour avoir combattu avec les armes du droit les mensonges d’État. Elle a dédié ce prix « à tous les citoyens pour qui l’honnêteté morale et intellectuelle sont des valeurs fondamentales, et tout particulièrement à tous eux qui se battent contre le projet de NDDL ». Message transmis et bravo à Françoise pour cette belle distinction ! Toujours pas besoin d’avions pour décoller… Fest noz le samedi 11 mars à 21 H Salle de La Papiniè8re à Sucé-sur-Erdre

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