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Octobre 2016

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octobre 2016 Numéro 2 Vous désirez ? Un peu de poésie s’il vous plaît… EDITO La deuxième édition de Poésie en Matheysine s’achève avec le début de l’automne. De nombreuses actions ont ponctué l’année, croisière poétique sur le bateau La Mira, lectures, ateliers d’écriture, conférences et exposition. En mars, Emmanuel MERLE avait fait une conférence, à Notre Dame de Vaulx, sur Yves BONNEFOY. Depuis, ce très grand poète est décédé (1er juillet 2016). Nous ne pouvons que vous conseiller de le lire, notamment son dernier recueil, Ensemble encore suivi de Perambulans in noctem paru au Mercure de France. De nouveaux recueils et des revues, autant de lectures pour bien passer l’hiver au chaud, seront disponibles très prochainement à la MATACENA. Des recueils des poètes qui ont accepté de se joindre à cette deuxième édition, des revues qui ont accepté de participer au week-end de Poésie en Matheysine. Il y a également des recueils ou des livres de poètes qui viendront prochainement tel Patrick LAUPIN, un poète à découvrir de toute urgence. En fin de bulletin, vous retrouverez les poèmes ou haïkus des gagnants du concours de poèsie que l’association avait organisé. Dans ce numéro Lame de fond 2 13 poèmes taillés dans la pierre 2 Il faut repeindre le moteur 3 Poésies domestiques 4 Je n’ai jamais été mais il est encore temps 4 Entre les arbres 5 Les chiens errants n’ont pas besoin de capuche Fuyard debout 5 Aux marches d’escalier givrées Les Visages et les Voix. Le Chemin de la GrandCombe 6 Revues : Mange Monde, Ouste et Dissonances Poèmes du concours 2016

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Marlène TISSOT « Lame de fond » Inutile de présenter à nouveau Marlène TISSOT, voir bulletin N°1 ou se référer à son site : http://monnuage.free.fr/ . Notre appréciation : Caen. C’est l’hiver. Un vieil homme vient de mourir. Avec des splendeurs de vocabulaire (« le silence neigeait, lourd et lent »), des rapprochements en miroir, des émotions vraies… L’auteure parle à celui qui vient de partir, pour ne pas oublier ce qu’il lui disait, pour que sa sagesse ne l’abandonne pas, pour qu’il continue à faire partie de sa vie. Par petits textes courts, en italiques pour les souvenirs, elle avance avec courage et continue à vivre. Je gage que tout écrivain(e) aurait aimé avoir écrit ce recueil sur le deuil. I. Composé de textes courts, ce recueil fait immédiatement penser aux rouleaux des vagues qui viennent s’écraser sur la page blanche. Omniprésence de la mer, une quête existentielle, une recherche du passé qui s’éloigne emporté par les courants sous-marins, le temps qui coule entre les doigts et que l’on ne peut saisir. Seuls les mots s’accrochent. Jeter ses souvenirs d’une enfance qui s’efface, se brouille dans les fonds obscurs de la mémoire. La mer, la mort, des profondeurs à explorer pour se trouver, se retrouver. La mélancolie imprégne ce recueil, nous imbibe de gouttelettes douces-amères où brillent des reflets d’espoir : « Et aujourd’hui je suis prête à te croire, prête à laisser ta fin devenir un début ». Superbe ! A.. Patrick DUBOST : « 13 poèmes taillés dans la pierre » Après des études de mathématiques et de musicologie, Patrick Dubost a publié une quarantaine de livres et deux CD. Il s’est très tôt passionné pour l’écriture poétique. Un travail sur le langage, exigeant et expérimental, l’a mené à questionner la parole sous différents angles : visuel, sonore et sémantique. C’est ainsi que chaque livre est une aventure singulière, avec sa propre mise en page, son propre rapport au temps, aux rythmes, aux gestes, au corps, aux interrogations métaphysiques, au rire. Ses textes fortement ancrés dans l’oralité sont régulièrement mis en scène soit par des compagnies de théâtre, soit de plus en plus souvent par des compagnies de marionnettistes ou théâtre d’objets. Patrick Dubost vit à Lyon quand il n’est pas en résidence d’auteur en France ou à l’étranger. Source : http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/ Notre appréciation : L’auteur, en retraite à la Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil dans le Pas-de-Calais, se cherche, se trouve, se perd dans l’univers particulier qui l’entoure. Et ses poèmes prennent formes littéraire et graphique. Ce sont des sculptures en deux dimensions, habitées d’un homme, d’un chat invisible, d’un arbre… Le soin mis à imprimer ce recueil en gris et vert pâle, avec une couverture à foulage, relève encore, s’il en était besoin, l’amour de la poésie et du bel objet qui transparaît dans cet ouvrage. I.

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Ces 13 poèmes taillés dans la pierre ont été composés par Patrick Dubost dans un monastère de l’ordre des Chartreux. Leur forme s’est imposée lentement, dans ce lieu où les angles droits sont partout... Patrick creuse avec ses ongles dans les profondeurs du temps qui passe doucement à grands pas.. Contemplatifs, voire métaphysiques, ses poèmes ouvrent nos yeux de musaraigne. Il creuse encore et encore, laboure la terre, la perfore de souterrains avec des mots simples, avec pour lumière une chouette ou un oiseau dont on ne sait s’il existe. La mort s’approche, est présente, vite chassée par un souffle de vie qui court tout au long de ce petit recueil; tandis que l’amour qui ne se dit pas rôde toujours en arrière plan. Cette poésie fait penser à la poésie de Roberto JUARROZ, poète argentin, par sa beauté, sa force d’évocation en peu de mots et sa profondeur d’esprit. A lire absolument. A. Extrait de «Poésie verticale», de R. JUARROZ Se taire peut être une musique, une mélodie différente, qui se brode en fils d’absence sur l’envers d’un étrange tissu. L’imagination est l’histoire vraie du monde. La lumière fait pression vers le bas. La vie se répand soudain par un fil épars Se taire peut être une musique ou le vide aussi puisque parler c’est le couvrir. Ou se taire est peut-être la musique du vide.» Yves ARTUFEL : « Il faut repeindre le moteur » Yves Artufel est bouquiniste, éditeur et poète. Il écrit des livres, il lit les textes des autres, il les imprime, il les vend dans ce qu’il appelle son épicerie littéraire. Il prend aussi la route pour faire connaître son travail au-delà des horizons de Châteauroux-les-Alpes. Il est, selon ses propres mots, quelqu’un de “très possible”. Source : http://www.pierresquiroulent.fr/ Notre appréciation : Sous ce titre en hommage à Alain Jégou, l’auteur se livre tout au long de sa vie à une introspection - en prose, en vers libre ou en aphorismes - qui tend plutôt vers la nostalgie d’une autre vie qui aurait pu être la sienne. Son humeur dégingandée et la justesse de ses réflexions sur l’existence apporte un sourire au lecteur à travers les mille regrets évoqués. Mais c’est la vie… I. Lire Yves Artufel, c’est prendre une bouffée de bonheur. C’est comme avoir un pétard coincé entre la tempe et l’oreille, on ouvre n’importe lequel de ses recueils et ça vous pète les câbles qui nous maintiennent encore un peu à la raison. Et pourtant, sous l’humour, le rire, la folie, il y a souvent une réflexion teintée de bon sens et/ou d’une petite pointe d’amertume. Il y a aussi l’œil du peintre, il faut bien repeindre le moteur, cet œil qui nous fait voir les incongruités du quotidien qui nous échappent parce qu’on s’habitue à tout, même à l’absurde. Il nous dit entre les lignes qu’il faut réapprendre à voir... A.

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études. Il vit aujourd’hui à Lyon. Il se consacre autant à la page qu’à la scène et travaille avec des chorégraphes, des musiciens, tant qu’auteur, performeur ou des metteurs interprète. enEmscèanne,udeesl pCoèAteMs enPO : « Poésies domestiques » À partir de 2005, il s’investit dans des publie en collectifs revue, allant dduécéUlttanuhmdéâeebtsors.eueIstlatvudeix’tetseanpsufoajkeonenuncrpeduwà’bohGlruidcöi,, tàebLoyrogn,.pIul isseucnonausatrcereà Dijon autant jusqu’aux à la page participe à plusieurs créations et à l’animqatuio’ànlda’ésvcéènneemeetnttrsavauatiollueravec des chorégraphes, des musiciens, de l’écriture et del’oralité. des metteurs en scène, des poètes en tant qu’auteur, performeur ou En 2011, laquelle il iml èfnoenddeeslaprcoojemtspaargtnisitei,quÉetrsapnlgueiensntpPeperluarpsybrogèlnirtcoen,u.esnÀls’di(n,psvapaereutscittrsiaetdcilnedesa2dne0ets05d,esilcpoullbelciteifesnalrleavnuted,udéthcélaâmtree ses textes au spoken lectures publiques) et se consacre parwalolèrlde,mpeanrticàipedeàs pplursoijetusrs créations et à l’animation d’événements musicaux. Il joue aujourd’hui au sein du garuotuopuerPdaeplie’érBcrriutiut.re et de l’oralité. En 2011, il fonde la compa- gnie, Étrange Playground, au sein de laquelle il mène des projets artistiques plus personnels (spectacles et lectures publiques) et se consacre parallèlement à des projets musicaux. Il joue aujourd’hui Maeudsiesiqnudeu groupe PapierBru. l–’oSlreodsurcrehcieffr:ehstbtpie:/n/lraabnoguécsherielitteraire.eklablog.fr/ 0 gr/ m2 gr/m2 l’alphabet tout ça – a Nbioetnrdeeasplipmriétceisation : La vie quotidienne déployée sous nos yeux selon un humour pptsoeuevalur’pigeassteiroqurdlénuldteaaenerbnumeecltrseed.êera,maDttrunarueenisinnvàtlseeeeaensmsmnttsproaspuirànrossaf.euontnrsdeib,dlseeesle’t«oéQbvsuiedarnevndattjip’oéontu,ariusncpeaeuvtxiitsq»puseiorensnottndoneuerpleunbrtisen- délices, drôles et si bien vus… CIo.mme quoi tout a beau être trCac’éest frais, c’est singulier, l’humour est toujours présent : on«jedQcéruvoiaeyn.adisj’qéutaeislapbeatintde de Gaza c’était un groupe de rock » et puis ça devient profond et chaleureux. sont pas le fait du hasard ou de rencontres fortuites. Elles sAon.t un cheminement et un oésie contemporaine sur son billot. core préciser NATYOT : « »s mots et les notre blancs pdoeliltaiqpuaegeéddiiJstoetirllineanl’eat,ilm'ejsaasiemsnqcaue'iodsne épsoetéélseimedqisaueii:snnoioulusesirslr'taigfefuiernm. ceorornes tpeométiqpuse ième de laDcéojlàlecptrioénseSnutrélee bdiallonts. SlielebsuéldleittioinnsNla°1B,ouvcohierriseolnittésriateire: ne devaient avoir lio. nCianre, xcp’elhsotrtéltepol:ui/e/pueerouoùvtiijsekitmmé edeendoltaaisplfdooéesomied.e.tmtreideinbvloalgeusr.cloesméc/rits des auteurs. Là, où je pense y mets meNs troiptrees eat pmponréacmioautriodne la: poésie pour la poésie. Antoine Gallardo Des jeux d’écriture directement calqués sur les ateliers qu’elle — 5 1 r uaenimd ue.pAovnetcd, eenl ʼtÈozilee d—e 8fo4n2d4,0uLnae vTooluorn-tdéʼ Adei gmu eetstr—e aFurnaentccee e.com / q(u0’0e3l3l)e-n0-’e7s8t1p1a9s7, 6c9e7 ve/ rslaqbuoouciheelrlieelipttoeurarirrea.ietktleanbldorge.f.r Un hymne pN°eSrisreot n: 8n01el02à8 9l0’3év00o01lu2 tion de chacun. Sept illustrations en couleurs mettent en lumière ce devenir non précisé. I. Elle déroule ce qui l’insupporte pour mieux évacuer une colère sourde. Elle nous interpelle, nous secoue et ne s’oublie pas dans ce jeu de quilles. Le conformisme, les prescriptions sociales - toujours faire mieux, travailler plus vite, etc. Les tics langagiers, tout passe à la moulinette. Mais pas d’injonction, pas de remède, un cri pour ne pas sombrer dans l’air du temps, un cri qui s’adresse à tous et aussi bien à elle-même... A.

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Jacques MOULIN : « Entre les arbres » Un Normand des falaises de Seine Maritime qui vit à Besançon - d’un calcaire l’autre. Il co-organise avec Élodie Bouygues (universitaire) les rencontres mensuelles «Les Poètes du jeudi» dans le cadre de l’Université ouverte de Franche Comté. Il écrit souvent dans le compagnonnage de peintres, photographes et plasticiens. Notre appréciation : Portraits d’arbres tout en angles, en saillies, en jeux de mots, en allitérations sourdes. La ville est également présente dans ce recueil en prose et en vers libres, façonnant l’espace et ses oiseaux. De son repère, l’auteur regarde passer le jour, entend le bruit des pierres caressées, voit vivre au fil des saisons les mélèzes, tomber des peupliers. Un ouvrage en brillant décalé de secrets dévoilés. I. Thomas VINAU : « Les chiens errants n’ont pas besoin de capuche » Amateur de mots-miettes, de mots-poussières et de poèmes-allumettes, Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse. Auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de poèmes. Influencé par les poètes américains (Richard Brautigan), et militant du minuscule, Thomas Vinau signe en 2012 un Bric à brac hopperien , portrait du peintre. Thomas Vinau vit aujourd’hui près du Lubéron, plante des radis et taille des lilas, écoute les insectes grouillants qui organisent le monde, non loin des chauve-souris qui s’endorment, la tête au pied des mots… Source : https://www.franceinter.fr/personnes/thomas-vinau Notre appréciation : Il aimerait bien que les choses avancent mais son quotidien, dans les moments de doute, semble démontrer le contraire. D’où une certaine mélancolie doublée du sentiment d’être souvent perdu. De petits textes brefs mais concis qui construisent un univers que l’auteur contient à l’intérieur de son crâne. I. Thomas VINAU : « Fuyard debout » Notre appréciation : Un regard bienveillant sur les petits riens de la nature et sur les êtres que l’auteur côtoie, le tout accompagné en filigrane par l’envie pour lui de vivre quelque chose d’autre ? Mais non, la réalité quotidienne ne semble pas le décevoir, lui qui, au long de ses courts poèmes, décline ses actions, ses coups de cœur, ses frayeurs et ses partages. Peut-être faudrait-il souvent lire ses poèmes avant leurs titres… I.

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M-C REY : « Aux marches d’escaliers givrées » Titulaire d’une Maîtrise de Droit Privé, elle a commencé un DEA des Droits de L’Homme à l’Université de Grenoble. Journaliste pour une radio locale et pour des hebdomadaires, puis attachée de presse et libraire, elle est actuellement responsable du service internet et du site internet de la ville de Saint Martin d’Hères (Isère, France). Notre appréciation : Ecrits en 1985-1988, ces poèmes souvent rimés et en vers très courts décrivent les aspirations d’une femme à l’amour qu’elle ne semble pas souvent rencontrer. Une fois sur le pont de l’Alma, peut-être ? Mais non. En revanche, la femme au boa en 1900 qui se mourra d’attente amoureuse est touchante, vraie. I. Patrick LAUPIN : « Les Visages et les Voix. Le Chemin de la Grand-Combe » Né en 1950 à Carcassonne. A publié une vingtaine d’ouvrages de poésie, prose, récits, philosophie. Tentatives de restitution des lieux de la mémoire et de leurs effets vécus en corps. Depuis 2009, il organise à Lyon des journées de création et d’écriture ( une communauté attentive à l’exil personnifié et à l’étrange et merveilleuse présence du langage en chacun ) qui explorent les liens entre biographie, histoire et inconscient, et tentent de poser les fondements d’une transmission commune entre littérature, poétique, philosophie et psychanalyse. Dans les émissions de France Culture, animées par Colette Fellous, Francesca Piolot, Alain Veinstein, Mathieu Bénézet, les auditeurs ont à maintes reprises salué la douceur d’une passion attentive à une vérité expatriée et à la merveilleuse présence du langage en chacun. La Société des Gens de Lettres lui a décerné le Grand prix SGDL de poésie pour l’ensemble de son œuvre en 2013. Source : http://larumeurlibre.fr/auteurs/patrick_laupin Notre appréciation : Avec une prose infiniment poétique, Patrick Laupin laisse ressurgir du plus profond du paysage des Cévennes où il a grandi l’absence criante du monde d’avant, lorsque la mine et ses nombreux puits permettaient aux hommes d’affronter la nature frontalement pour leur offrir simplement de vivre, d’être fiers d’avoir surmonté le monde du fond. Il assimile cette disparition brutale à l’impossibilité de trouver le juste langage qui rendrait un hommage - inconnu de nos jours - au travail. I. A la recherche du monde perdu, ce n’est pas du Arthur Conan Doyle, non, c’est du Patrick LAUPIN. Une recherche de la mémoire ouvrière, en l’occurence minière. C’est absolument magnifique. Une écriture poétique et évocatrice... A.

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LES REVUES Une revue cousue main aux éditions Rafael de Surtis par Paul Sanda qui a toujours eu à cœur d’animer une revue. Mange Monde succédant à Pris de Peur est née en 2011. On trouve un attachement au surréalisme et à ses prolongements actuels dans la ligne éditoriale mais pour autant, elle fait preuve d’ ouverture car on y trouve des poètes d’horizons divers. Construite sur la même trame, on y découvre deux longs entretiens et une partie centrale qui donne la voix à des poètes étrangers poèmes en langue originale et traduits en français. Ainsi dans le dernier numéro, le premier entretien, passionnant, est avec Michel Cazenave (poète, homme de théâtre, producteur-coordonnateur à France Culture, le second, tout aussi intéressant, avec André Robèr (peintre, poète et éditeur originaire de la Réunion). Le cahier central, « Regard sur... » donne la parole, si l’on peut dire, aux ambassadeurs de la poésie sonore. Outre une longue présentation, à lire absolument, sont proposés un choix de textes des quatre coins du monde. Enfin, la création plastique n’est pas absente. A chaque numéro, un artiste illustre la couverture et quelques pages intérieures. Du très bel ouvrage ! MANGE MONDE OUSTE Tous les ans, au fil d’une centaine de pages, vous découvrez un mélange de poésie actuelle et de visuels singuliers, une rencontre entre auteurs confirmés et débutants, une exposition des dernières tendances créatives, sans souci de chapelle mais avec la volonté renouvelée d’extirper la poésie de son formol institutionnel. (source : http://ferocemarquise.org/). Une revue bien sympa. On y trouve des textes superbes, des nouvelles, des poésies. Dans le dernier numéro, quelques noms retiennent particulièrement l’attention, Julien Blaine, Lucien Suel, Rémy Checchetto, Samantha Barendson, Patrick Dubost, etc. L’ ensemble se tient très bien et la poésie y rencontre l’art actuel. Cette revue est très liée au Festival international d’art et de poésie actuels, Expoésie, puisqu’elle en est le support papier. Ce festival se déroule début juillet à Périgueux. Animée par Jean-Marc Flapp, Christophe Esnault, Côme Fredaigne, Alban Lécuyer et Mathilde Tasteyre, la revue Dissonances a pour thème dans son numéro 30 : le « bonheur ». A chaque numéro, un nouveau thème. Beaucoup de textes, une rubrique « Nos auteurs ont aimé », qui répertorie pour chaque participant au numéro, ses livres, ses musiques et ses films préférés du moment. Très bien faite et complète. Vous trouverez également un florilège de citations de personnes plutôt connues sur le thème, un entretien, la rubrique « Coups de cœur » (de lecture). Une revue qui vaut le détour... DISSONANCES

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POEMES Les poèmes gagnants du concours Gagnante catégorie moins de 12 ans LUCILLE DENANCÉ (10 ans) Des cordes, une planche ; Cela ne fait pas un territoire, non Mais cela fait mon territoire Mon endroit où je peux réfléchir Mon endroit où je peux me reposer Mon endroit où je peux chanter comme je veux Sur mon territoire je peux faire ce que je veux C’est comme si… le monde était sous mes pieds Et qu’il m’écoutait ou me regardait Mais cet endroit… C’est là où je vois tout Et surtout cet endroit c’est mon territoire Deuxième ex æquo KLEIN ESTEBAN (8 ans) « La forêt » Sous les feuilles des arbres, Sur la terre d’ambre, Dans les paisibles rivières, Naissent les souvenir d’hier. Sur les joyeux territoires Sur les bois d’ivoire, Sur les fleurs de couleur, Disparaît le malheur. Dans les intenses yeux des animaux Dans le gai chant des oiseaux, Apparaît dans la forêt La cabane du garde forestier. Deuxième ex æquo SALOMÉ ROBERT (10 ans) « Il va pas bien mon territoire » C’est important d’agir, Pour préserver la terre, Il ne faut pas salir La forêt ni la mer Les pesticides ça tue, Oiseaux, vers et tortues Recycler c’est la vie, Pour transmettre aux enfants Une terre sans soucis, Sans attendre longtemps Triez, trions tous ensemble Nous la sauverons Gagnant catégorie 12/17 ans ERWANN ADAM (12 ans) La nature et le vent me caresse Sur mon matelas de soie et de plumes Les oiseaux chantent Je me réveille Il y a un beau soleil

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Gagnante catégorie + de 17 ans Marie-Noëlle TEPPE Terre de sable ou terre de glace Enfant d’ébène ou enfant de porcelaine Ris-tu sous l’ombre des dattiers ? Ris-tu dans un univers de diamant bleuté ? Infinie limite du soleil et de l’eau Tandem de tajine et de taïga Oasis gelée dans la brûlure des banquises Imaginez une autre vie… Regardez bien loin autour du globe… Et ensemble vous referez le monde. Deuxième ex æquo Janine BADIN « L’étranger » Fuyant la mort Il quitta son pays Pas d’au revoir Juste l’espoir Celui d trouver Un ailleurs Un peu moins noir Epuisé Dans un port Il s’est amarré Mais Dans ce nouvel espace Pas de place Pour l’émigré Qui ne trouva Que fiefs clôturés Fils de fer barbelés Territoires cadenassés Alors L’odeur de la mort S’est remise à rôder Et une nuit Tout doucement L’étranger s’en est allé Humanité bafouée Deuxième ex æquo Christiane GENET Notre territoire du monde s’édite En sautant de timbre en timbre. Il roule sans cesse En cascade pétillante. Son tourbillon emporte toutes les fleurs D’amour offertes à l’homme d’à coté. Les océans aux dents longues grignotent Nos territoires. L’équateur se libère de nos tropiques Dessinés sur les cartes de géographie En les enjambant. Le feu-follet se moque de notre avenir Il se répand en écharpe autour du globe Les tsunamis ébranlent notre ordre humain. Glissant de plaque de misère en plaque de misère. Réchauffement, refroidissement Nous bondissons hors de nos gonds Bousculés de partout Lentille rouge après lentille brune. Notre tristesse s’embarque Sans mouchoir ajouré Pour pleurer nos morts terrestres.

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[Robert et Shana ParkeHarrison] AU PROCHAIN NUMÉRO...

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