Numéro Spécial Arras

 
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L’hebdo régional de référence de la construction Nord-Pas de Calais / Picardie du BTP N° 5201 23 juin 2016 ANumrérrao sspé,cliaal métropole qui ose L’Arrageois affiche ses ambitions Philippe Rapeneau, président de la Communauté Urbaine d’Arras : « Notre démarche est entrepreneuriale » Renaissance civile pour la citadelle - La caserne Schramm reprend du service - Rev3 avec Energido - Arras opte pour la biomasse - Cap sur la rénovation urbaine Olivier Danna à la FFB Lens-Artois, Décima, Payeux Restauration, Holbat, Lycée Jacques Le Caron

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Qui détient L’INFORMATION détient le POUVOIR Faîtes partie des acteurs du BTP les 1ers et les MIEUX INFORMÉS ! 15 000odp’apfofartiruensi/taéns n Pour avoir la primeur des projets d’investissement des collectivités avant la parution des appels d’offres n Pour recevoir, chaque jour, les appels d’offres du secteur et du métier choisi n Pour connaître les projets marchés privés Bulletin d’abonnement à retourner accompagné de votre réglement à La Chronique du Bâtiment 270, Boulevard Clemenceau - 59700 Marcq en Baroeul OUI, je m’abonne à LA CHRONIQUE DU BÂTIMENT abonnement privilège 320eTTC + accès privé illimité à notre site internet + alertes marchés quotidiennes par e-mail. Société....................................................................................................................................... Nom...................................................................................... Prénom...................................................................... Adresse...................................................................................................................................... Code Postal........................................................................... Ville.......................................................................... Tél.......................................................................................... Fax......................................................................... E-mail...........................................................@.......................................................................... > Mode de règlement par chèque à l’ordre de La Chronique du Batiment je désire reçevoir un mandat de prélèvement je désire recevoir une facture acquittée Signature obligatoire :

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édito Arras, l’audacieuse Elle a osé et gagné. La “belle endormie” s’est bien réveillée et sa vitalité n’est plus à démontrer. Avec sa gagne chevillée au corps, Philippe Rapeneau et sa méthode entrepreneuriale ont réussi le pari du développement économique. L’arrivée du LFB et d’Orchestra symbolise ce succès. Et les projets ne manquent pas, tant du côté des entreprises que vers la Troisième Révolution Industrielle, l’un des engagements phares du territoire. Renaissance du quartier de la Citadelle, chaufferie biomasse mais aussi rénovation urbaine, l’Arrageois se retrousse les manches et garde le pied sur l’accélérateur. Gardant les avantages d’une aire à taille humaine et les atouts d’un grand, il tire son épingle du jeu. En route pour une métropole qui ose ! Julie Dumez, Rédactrice en chef sommaire REDIGÉ, MAQUETTÉ ET IMPRIMÉ PASENDENOCARDLA/ IS LE M1A0G0A%ZLINOECADLU BTP 4 6 12 23 ••EnergieSprong débarque en région avec Vilogia ••SIA Habitat et Lto fusionnent ••Spécial Arrageois Interview de Philippe Rapeneau, président de la communauté urbaine d’Arras «Notre démarche est entrepreneuriale» ••Arras affiche ses ambitions ••Les grands projets de l’Arrageois Renaissance civile pour la citadelle Des logements en accession pour la caserne Schramm La biomasse pour chauffer Arras Avec Energido, les eaux usées chauffent les eaux propres Le Rev3 se vit à la résidence Goudemand ••Les acteurs du BTP de l’Arrageois Olivier Danna, FFB Lens-Artois, Décima, Payeux Restauration, Holbat, Lycée le Caron 28 30 34 ••Les indices et index du BTP systématiquement mis à jour ••Les projets de construction sélectionnés par la rédaction. Dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et en Picardie. ••Permis de construire ••Appels d’offres ••Attributions de marchés ••Annonces légales Pour nous contacter : Rédaction / 03 20 66 26 84 Secrétariat / Annie Dorne : 03 20 66 26 80 Crédit de l’image de Une © CUA Chronique BTP : 270 Bd Clémenceau - 59700 Marcq-en-Barœul - Tél. 03 20 66 26 80 Fax. 03 20 66 26 81 - contact@lachroniquebtp.com - www.lachroniquebtp.com SA à conseil d’administration au capital de 55 900 - RCS Rbx Tcg B 887 080 471 Principaux associés : FFB Nord-Pas de Calais, FRTP Nord-Pas de Calais, Fédération BTP Lens Président du conseil d’administration, directeur de la publication : Benoît Loison Directrice générale : Florence Bariseau Rédactrice en chef : Julie Dumez Équipe : Mathilde Colin (rédaction), Clémence Van Mullen (avant-projets), Sophie Fremaut (appels d’offres), Mathilde Hauwel (publicité, relation client), Annie Dorne (comptabilité) ISSN : 1638 -9751 Prix au N° 9 euros - Commission paritaire n°0118 T 79915 Dépôt légal : à parution - Hebdomadaire paraissant le jeudi Imprimerie : Impression Directe Roubaix 03La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Les immanquables de la semaine 15% Le chiffre c’est la progression des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la région. Source : RTE RÉNOVATIOn ErnergieSprong débarque en région avec Vilogia L’initiative née aux Pays-Bas essaime. Elle vient de décrocher 5,4 millions d’euros de fonds européens grâce au programme Interreg Nord Ouest Européen. En région, le bailleur social Vilogia est partenaire de l’opération qui vise la rénovation des logements en “zéro énergie”. L’ambition est de faire émerger une filière de rénovation lourde pour tendre vers une massification grâce une industrialisation des offres. Avec un objectif : atteindre un niveau passif couplé à une production d’énergie renouvelable, le tout adossé à un modèle juridico-financier viable. L’innovation testée aux Pays-Bas propose ainsi des rénovations clés en main en une semaine seulement ! Elle comprend la réfection du bâtiment (enveloppe extérieure, ventilation, isolation, étanchéité à l’air) mais aussi de l’intérieur avec salle de bains et cuisine pour un coût estimé à environ 55 000 euros. Littéralement “saut énergétique”, EnergieSprong s’appuie sur un consortium d’acteurs composé de Vilogia et ICF en France, Moat et Affinity Sutton au Royaume-Uni et le Fonds du Logement du Luxembourg. Si 800 réalisations sont d’ores et déjà livrées aux Pays-Bas, le programme en prévoit un volume de 111 000. De quoi faire baisser les coûts via des économies d’échelle et pousser les partenaires industriels à innover. Dans les starting-blocks, Vilogia espère livrer une dizaine de prototypes à horizon 2017. n J.D. En bref Piscine et maîtres d’ouvrage La Fédération Française de Natation publie la 7ème édition de son guide «Piscines : Aide à la conception pour les maîtres d’ouvrage» destiné aux collectivités et à l’ensemble des acteurs engagés dans un projet de construction-rénovation d’équipement aquatique. Des entreprises expertes se sont jointes à la rédaction de l’ouvrage comme BC Inoxeo, Dalkia, Savreux, AST, EAu Airs Système, ETT... Disponible gratuitement à: equipement@ ffnatation.fr Projet de loi « Sapin 2 » : la FFB mobilisée et entendue L’Assemblée nationale a adopté le 14 juin le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique dit « Sapin 2 ». Derrière ce texte, un arsenal anti-corruption mais aussi des dispositions impactantes pour les entreprises de BTP. Mobilisée contre “les velléités gouvernementales d’ubériser la profession”, la FFB a obtenu un certain nombre d’avancées. Le doublement du plafond du chiffre d’affaires des micro-entrepreneurs pendant deux ans a par exemple été supprimé et le double compte bancaire pour les microentrepreneurs est maintenu. D’autre part, le stage préalable à l’installation (SPI) demeure obligatoire pour tous les créateurs d’entreprises avant installation. Enfin, l’obligation de détenir une qualification pour exercer les métiers du bâtiment, définie par la loi de 1996, est préservée. La création d’une activité multi-services non soumise à qualification a quant à elle été abrogée. n 04 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Les immanquables de la semaine La phrase « La pelouse, c’est désolant ! » Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France de football, furax à propos de l’état de la pelouse du stade Mauroy lors du match France-Suisse de l’Euro 2016. Maxime Dufour bouchain Record à la centrale thermique A Bouchain, la première centrale à cycle combiné gaz naturel équipée de la turbine 9 Ha vient d’être inaugurée par EDF et General Electric (GE). Développée et produite par GE, cette turbine, d’une puissance maximale de 605 MW, est la plus performante au monde et rentre ainsi dans le Guiness des records. La centrale peut atteindre sa pleine puissance en moins de 30 minutes. Participant à l’amélioration du bilan carbone du groupe EDF, cette équipement nouvelle génération voit ses émissions de CO2 diminuées de 55 % par rapport à une centrale thermique classique. Lycée Derycke La Région relance la salle des sports Jusqu’à présent laissé en suspens, le dossier de construction d’une salle de sports pour ce lycée professionnel de Villeneuve d’Ascq vient d’être validé par le conseil régional. Au terme d’un investissement de 4,17 millions d’euros, l’équipement de 1 596 m2 comprendra notamment une grande salle multisports et 200 places en gradins. Les études doivent être notifiées en fin d’année pour un démarrage des travaux en 2018 pour une durée de 13 mois. En bref Dunkerque-Port Daniel Deschodt, 48 ans, intègre le direc- toire de Dunkerque-Port. Directeur commercial depuis février 2009, il a auparavant exercé les fonctions de directeur commercial et DG délégué du terminal à conteneurs de Dunkerque. Depuis 2010, il est également Consul honoraire du Royaume-Uni. Carrières du Boulonnais au top L’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG) a dévoilé les lauréats de son concours « Développement durable ». Le site de Ferques (Pas-de-Calais) des Carrières du Boulonnais a reçu le Grand Prix National. La biodiversité est en effet au coeur de sa stratégie. Elles ont notamment mis en place un pâturage de moutons de race locale permettant le développement d’orchidées remarquables, installé un rucher pédagogique et travaillé à la sauvegarde du Hibou Grand-duc. Logement social Sia Habitat fusionne avec Lto Habitat Le 1er juin, Sia Habitat et Lto Habitat, deux entreprises sociales pour l’habitat (ESH) appartenant au Groupe Sia (Caisse d’Epargne) se sont unies. L’objectif ? S’adapter à un marché du logement social en mutation et plus complexe. Le groupe compte désormais plus de 600 salariés, gère 43 100 logements et réalise 243 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette nouvelle organisation permettra de répondre aux clients et aux partenaires par une organisation plus efficace et plus adaptée aux nouvelles politiques sociales. Dès 2017, un nouveau centre de relation clientèle sera par exemple aménagé. Par l’agrandissement du patrimoine, les locataires accéderont aussi à un plus large choix vers l’accession à la propriété (vente de logements neufs, anciens et lots libres). Le groupe Sia Habitat, composé des sociétés : Sia Habitat et Escaut Habitat, se place à présent sur la 3ème marche du podium des ESH des Hautsde-France. Il est piloté par Christophe Cappe (photo), président du directoire de Sia Habitat. n M.C. 05La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Spécial Arras CUA Philippe Rapeneau Président de la Communauté Urbaine d’Arras « Notre démarche est entrepreneuriale » «L’emploi, l’emploi, l’emploi». C’est sur cette priorité que Philippe Rapeneau a décroché la présidence de la Communauté urbaine d’Arras en 2011. Un programme qu’il défend avec une farouche envie de réussite pour son territoire. Et sa méthode semble fonctionner, en témoigne les deux dernières implantations d’Orchestra et du LFB. Il n’en oublie pas moins son engagement dans la transition écologique. Pour la Chronique, il nous livre les ingrédients de sa recette. Rencontre. Comme le dit le Président de la République, est-ce que “ça va mieux” dans l’Arrageois ? Comme tout le monde nous avons vu le volume de travaux baisser. Pour autant, nous avons tiré notre épingle du jeu en maintenant un niveau de construction raisonnable. J’ai conscience qu’il y avait des secteurs géographiques plus en difficultés que nous. On sent une forme de reprise avec de nouveaux dossiers, notamment en développement économique. En 2015, nous avons eu deux belles signatures avec l’arrivée d’Orchestra et du LFB. La première tranche d’Orchestra sera terminée cet été. Pour le LFB, la construction s’étalera sur 2016 et 2017 avec à la clé 300 millions d’euros d’investissement. Au-delà des travaux de construction, l’aménagement des abords générera également pas mal d’activités. Sans compter la potentialité de 1200 à 1300 emplois à terme, et ceux induits pendant la période des chantiers. Parallèlement, nous avons plein d’autres dossiers à des échelles plus modestes, de 5-10 à 40-50 emplois. Globalement, ça se passe plutôt bien pour le territoire. Vous vous positionnez comme un véritable challenger dans la bataille territoriale pour attirer les entreprises. Quelle est votre méthode ? J’ai une devise : celui qui gagne est souvent celui qui en a le plus envie. Et pour gagner, il faut s’en donner les moyens. Moi, j’ai investi dans une équipe, une “dream team” notamment au développement économique, de gens motivés qui aiment ce qu’ils font, qui se battent pour le territoire, qui travaillent avec l’ensemble des services. Ils ont su nouer des relations de confiance avec 06 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Spécial Arras La citadelle accueille désormais le siège de la Communauté Urbaine d’Arras. les partenaires institutionnels, les services de l’Etat ou les apporteurs d’affaires. Nous faisons des efforts pour réduire nos délais d’instruction, pour être au maximum en amont, anticiper les attentes des investisseurs et y répondre qualitativement et quantitativement. Notre démarche est entrepreneuriale. Non pas à notre niveau, on ne gère pas une collectivité comme une entreprise, mais nous nous mettons à la place des chefs d’entreprise pour leur faciliter la vie. C’est aussi une commande politique : quand je suis arrivé en 2011, j’ai dit que j’avais trois priorités : l’emploi, l’emploi et l’emploi. Cela se décline aussi pour les transports et le logement, puisque tout est lié pour développer l’emploi. Je suis à l’écoute de ceux qui frappent à notre porte parce que nous avons un bon positionnement géographique, de bonnes infrastructures et que nous nous donnons les moyens. Je ne sous-estime pas non plus les entreprises déjà présentes, avec un accompagnement continu pour les fidéliser. voulu, et nous poursuivons nos opérations de revitalisation urbaine. Nous sommes en capacité à répondre à la demande avec des produits éclectiques, du pavillon en commune rurale à l’hyper-centre en passant par l’appartement dans la Citadelle. On connaît l’Arrageois pour ses entreprises d’agroalimentaire, de transport, de logistique. Cherchez-vous une spécialisation territoriale ? Il est vrai qu’Arras, sans se revendiquer pôle logistique, a attiré ces entreprises. Mais non, nous ne mettrons pas tous nos œufs dans le même panier. Ce n’est sûrement pas moi qui vais choisir ! Mon travail, est de faire en sorte que les entreprises choisissent la communauté urbaine d’Arras, donc la porte est ouverte ! On connaît trop les conséquences de la mono-industrie ou mono-activité le jour où elle se dégrade. Les activités sont aussi induites et s’alimentent : une entreprises agroalimentaire a besoin de matière première mais aussi de logistique et de transport pour expédier les produits qu’elle a transformés. C’est une boucle vertueuse. L’offre de logements est-elle suffisante dans la CUA ? Notre programme local de l’habitat (PLH) prévoit la construction de 200-300 logements par an. Nous tenons le rythme, pas tout à fait où nous l’aurions CUA Après la rénovation de la Citadelle qui s’achève doucement, quels sont désormais vos grands chantiers ? Il ne faut d’abord pas s’asseoir avec le sentiment du travail terminé. Il y a des potentialités dans nos zones d’activités, donc nous allons continuer à nous battre pour l’attractivité du territoire. Mon leitmotiv : faire en sorte qu’on ait envie de vivre dans l’Arrageois plutôt qu’ailleurs. Il y a de grands projets d’infrastructures parce que je ne veux pas finir comme Lille et sa thrombose routière. Le contournement sud est validé et voté, les choses avancent pour le contournement est. Nous devons aussi requalifier l’entrée nord d’Arras en la déportant. Sur les équipements, nous terminons la citadelle où il reste encore quelques m2 de shon à com- Bio express 1958 Naissance 1984-1987 Enseignant 1988-1997 Conseiller auprès de Philippe Vasseur, ministre de l’agriculture Mandats actuels 2011 - Président de la CUA 2014 - 2è adjoint à la ville d’Arras 2016 - Vice-président du conseil régional des Hauts-de- France 07La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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SL’péévécniael mArernats mercialiser. Un dossier me tient particulièrement à cœur : la fameuse gare européenne que je voudrais voir construire sur la ligne TGV à l’Est d’Arras, du côté de Rœux. C’est le gros projet de la décennie et je pense qu’il va progressivement s’imposer à chacun. Bien sûr, des gens s’interrogent encore, mais prendre son bâton de pèlerin fait aussi partie du job. Le Canal Seine-Nord sera évidemment l’autre gros chantier pour le territoire. Nous ne sommes pas traversés par le canal mais si l’activité se développe du côté de la plateforme de Marquion, l’attractivité de l’Arrageois fera le reste. A nous de créer les conditions pour que les déplacements entre les deux territoires se fassent aisément. Cela passera par la réalisation du barreau ferro- viaire Arras-Cambrai, qui va aussi devenir une nécessité. Où en êtes-vous de la constitution du pôle métropolitain? Nous avons créé notre pôle avec la communauté d’agglo du Douaisis et la communauté de communes Osartis-Marquion. Nous avons longuement discuté d’un rapprochement avec le bassin minier. Force est de constater qu’après plusieurs tentatives, et j’en suis déçu, nous n’y sommes pas arrivés. En juillet 2015, la question des fonds européens pressait, donc nous avons créer un pôle métropolitain à notre échelle, le bassin minier partant de son côté. Se sont ensuite ajoutées de nouvelles communes à proximité d’Arras et la communauté de communes Cœur d’Ostrevent. Pour autant, même si on existe aujourd’hui avec un pôle Artois-Douaisis face à un pôle Artois-Gohelle, je pense que ces deux structures qui n’auraient dû en faire qu’une, ont vocation à échanger de manière informelle dans une sorte “d’inter-pôle”. Cela permettrait de préparer la constitution d’un pôle métropolitain à l’échelle de l’ensemble de ce territoire, ce qui me paraît inéluctable. Estimez-vous avoir la taille critique pour rivaliser ? La taille est importante, la démographie l’est encore plus. Le ratio compte surtout. Je dis souvent “Small is beautiful” ! Il ne faut pas se réjouir d’être petit mais une force différente peut se dégager. n Propos recueillis par Julie Dumez jouer. Lors de l’appel à candi- dature sur Territoires à Énergies Positives (TEP. CV), on profite de l’opportu- nité d’être accom- Jeremy Rifkin, Philippe Vasseur et Philippe Rapeneau, lors de la venue à Arras en avril du théoricien de la Troisième Révolution Industrielle. pagné, de tirer des finance- ments. Vous êtes particulièrement enga- Idem pour les villes respirables. gé dans la Troisième Révolution On a plutôt bien réussi dans ce Industrielle, allez-vous encore domaine. pousser la démarche ? Nous sommes inscrits depuis Comment ces initiatives se tra- longtemps dans des démarches duisent-elles concrètement ? de transition énergétique avec Depuis juin, Ma Citadine, notre un postulat : tous les chemins de navette est par exemple totalement production et de consommation électrique tandis que nous énergétique seront bousculés et les testerons la location longue durée territoires ont un rôle important à de vélo électrique. Nous lançons une grande étude énergétique sur l’ensemble du patrimoine de la CUA en termes de rénovation et de production énergétique pour rendre nos bâtiments intelligents. Nous travaillons à l’échelle du territoire pour être innovant, avec un objectif qui ne sera jamais totalement réalisé, celui de l’indépendance énergétique. Produire sur mon territoire l’énergie dont j’ai besoin est une finalité. Je suis pro-nucléaire, pro-énergies renouvelables et il faut travailler toutes les sources d’énergies possible puis choisir. Je suis intimement convaincu qu’on ne connaît pas encore ce que nous serons en capacité à mettre en œuvre dans dix ans. C’est en perpétuel renouvellement. Il faut se laisser le droit à l’expérimentation et parfois faire sauter quelques freins administratifs et archaïques. Pendant ce temps, nos voisins belges et allemands ne se posent pas ces questions mais avancent. 08 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Spécial Arras Arras affiche ses ambitions CUA La Chronique du BTP braque son regard sur l’Arrageois. Mis en lumières ces dernières semaines avec l’implantation du LFB, le cœur des nouveaux Hauts-de-France joue depuis quelques années ses atouts dans la féroce concurrence territoriale et affiche ses ambitions. Économie, grands chantiers, Troisième Révolution Industrielle… Bienvenue dans un territoire qui se retrousse les manches. D’ici une semaine, elle sera transfigurée. Avec ces milliers de festivaliers, la place d’Armes de la citadelle d’Arras accueillera une marée humaine venue applaudir le son pop-rock du Main Square. Avec le plus grand festival organisé au Nord de Paris, Arras s’est taillée une place de choix dans l’offre de spectacle estivale. Et l’exemple culturel est valable pour d’autres thématiques. Dopé par une situation géographique au cœur d’un noyau autoroutier européen et de la nouvelle grande région des Hautsde-France, l’Arrageois compte bien jouer ses atouts. “La belle endormie”, comme on la surnommait jadis, phosphore désormais. La mutation engagée dans les années 90 porte ses fruits grâce à un effort constant. Célèbres places rénovées, beffroi élu monument préféré des français en 2015, sans compter le vaste chantier de la Citadelle. Le départ des militaires en 2008 alors installés dans le quartier imaginé par Vauban aurait pu être encore plus douloureux pour le tissu local. Qu’à cela ne tienne ! La Communauté urbaine d’Arras et son président Philippe Rapeneau prennent en main ce bijou architectural pour créer un nouveau quartier (cf p.12). Belles pierres, bonnes tables : l’Arrageois et son côté ville à la campagne séduit grâce à un cadre de vie agréable, tant l’urbain que l’amateur de tranquillité rurale. Le développement économique : LA priorité “Small is beautiful”, scande à l’envi Philippe Rapeneau. Une métropole petite certes, mais agile et réactive. L’une des philosophie de l’élu qui n’a pas peur d’afficher les ambitions de son territoire. Mais aussi ses réussites. La dernière en date tient en quelques lettres : LFB pour Laboratoire Français du fractionnement et des biotechnologies. 300 millions d’euros d’investissement, 500 emplois d’ici cinq ans, une usine vaisseau amiral mondial, un chantier sur quatre ans pour construire 4 bâtiments sur un site de 16 hectares dans la zone d’Actiparc. Le président de la République François Hollande est venu en personne poser la première pierre de cette filiale de l’Etat français. Dans cette usine du XXIè siècle, pièce maîtresse de sa stratégie à l’international, 10 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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le LFB triplera sa capacité de production de médicaments dérivés du plasma. Pour décrocher ce dossier potentiellement implantable ailleurs en France, la Communauté urbaine a su faire la différence grâce à une méthode que nous détaille Philippe Rapeneau. “J’ai investi dans une dream team au développement économique. Nous faisons des efforts pour réduire nos délais d’instruction, pour anticiper et répondre aux attentes des investisseurs.” En novembre 2015, Orchestra, le spécialiste de la puériculture posait aussi la première pierre de sa future plateforme logistique. Soir 50 000 m2 extensibles à 120 000 m2 pour un investissement immobilier de l’ordre de 50 millions d’euros. D’ici 5 ans, ce sont cette fois pas moins de 700 emplois qui devraient être créés dans l’Arrageois. Le groupe originaire de l’Hérault dit lui aussi avoir retenu le site d’Actiparc “pour la qualité de ses infrastructures, l’accueil et les ressources humaines” adéquates. Et les projets d’extension d’entreprises ne manquent pas. La boulangerie industrielle Vandemoortele vient par exemple d’inaugurer sa nouvelle ligne de production (25 millions d’euros) et prévoit encore de s’agrandir sur Actiparc. Au rayon agroalimentaire, l’un des secteurs structurants du territoire avec la logistique, le groupe belge Agrafresh a aussi choisi de s’implanter dans cette zone, située à proximité de ses sources d’approvisionnement en légumes frais. En 2014, Häagen-Dazs préférait réinvestir dans son usine de fabrication de Tilloy-lesMofflaines plutôt qu’en Chine. Au total en 2015, la CUA a travaillé sur 30 projets significatifs de créations ou d’extensions d’entreprises, soit 410 millions d’euros d’investissement avec le LFB promettant quelque 1 100 créations d’emplois à horizon 5 ans. 2016 s’annonce sur une tendance similaire avec d’ores et déjà 20 dossiers en cours représentant 350 emplois et pas moins de 30 millions d’euros d’investissement. Mais pour tenir la cadence et maintenir le cap, la CUA doit désormais renouveler son offre foncière pour anticiper et répondre à de futures demandes. Au cœur de la TRI Cette vitalité économique se conjugue avec un engagement fort vers la transition énergétique. Philippe Rapeneau, élu en janvier vice-président au développement durable, à la troisième révolution industrielle (TRI) et à la transition énergétique de la région, a ancré l’Arrageois dans cette dynamique, lui qui souhaite converger vers l’indépendance énergétique. C’est LFB/Philippe Jacob Technip a décroché la maîtrise d’œuvre de la future usine du LFB qui doit entrer en production en 2020. CUA ACHDOU F./URBA ainsi qu’il a décroché les appels à projets “Territoire à énergie positive pour la croissance verte” (TEP-CV) ou encore celui de “Ville respirable”. Subvention pour l’achat d’un vélo électrique auprès d’un commerçant, navettes électriques, complexe aquatique chauffé via les calories des eaux grises (cf p.21), extension du réseau de chaleur et choix de la biomasse (cf p.20) ou encore étude énergétique sur l’ensemble du patrimoine de la CUA participent à cet objectif de développement durable. Jeremy Rifkin, chantre de la Troisième Révolution Industrielle est venu présenter sa théorie aux acteurs économiques de l’Arrageois. Certains sont déjà embarqués dans le mouvement de longue date, à l’instar des sociétés Décima (cf p.24) et Roll Gom, entreprise de fabrication de roue en caoutchouc recyclé, porte-drapeaux de ce changement de modèle. La culture, levier économique Le territoire a aussi su ajouter et faire fructifier sa touche culturelle. L’on y fait volontiers escale pour admirer son patrimoine, ses lieux de mémoire de la Première Guerre Mondiale comme le Monument de la fraternisation ou les Carrières Wellington. Son partenariat avec le château de Versailles s’est révélé un véritable succès notamment lors de l’exposition Roulez carrosses tandis que le Casino, après deux ans de rénovation, offre une belle programmation. De même que le Arras Film Festival qui a su s’imposer comme le Main Square£. Décidément, Arras a tout d’une grande. n Julie Dumez

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Grands projets CUA Citadelle d’Arras :  histoire d’une renaissance civile Ce «cadeau» aurait pu être un fardeau. Mais la Citadelle désaffectée par l’Etat en 2008 reprend progressivement place dans la vie de la cité et de l’agglomération arrageoises. Un peu plus de 90 logements «civils» ont été réalisés par la société «Histoire et Patrimoine» dans la Citadelle de Vauban et sont aujourd’hui occupés. Ce retour d’une présence humaine n’était pas acquis, en 2008, quand les militaires ont levé le camp, à la suite d’un plan de restructuration de l’Armée. L’Etat a transféré la propriété de l’ouvrage (ainsi que de la zone du Gouverneur et de la caserne Schramm) à la communauté urbaine d’Arras et a signé avec elle un «contrat de redynamisation» de 20 M€. Loin des quelque 150 M€ nécessaires Le bâtiment des Archers, restauré par «Histoire et Patrimoine». 12 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Grands projets pour rénover ces monuments historiques du dix-septième siècle, maintes fois transformés au fil du temps. La CUA a donc choisi de valoriser la Citadelle par morceaux, selon des thématiques différentes (habitat, tertiaire, gastronomie) et avec plusieurs opérateurs. Elle a ouvert la voie en installant son siège dans d’anciens dortoirs en 2012. Un autre immeuble («Les trois parallèles») a été rapidement investi par des administrations, des entreprises et des associations. Puis un entrepreneur local, Frédy Décima, a converti une ancienne poudrière en data-center et installé à côté un «foyer numérique», occupé par des start-up. Désormais, près de 400 personnes travaillent dans l’enceinte aux 47 000 m2 bâtis... Les commerces au rapport Beaucoup reste à faire. Si un centre de formation aux métiers de la restauration, un parc d’accrobranche et quelques artisans se sont bien implantés, l’hôtel-restaurant de luxe annoncé n’est pas au rendez-vous. Aucun projet ne se dessine encore pour «l’Arsenal», le bâtiment longiligne qui ferme la place d’Armes au sud. Et les surfaces commerciales réservées au rez-de-chaussée des immeubles restaurés cherchent preneurs ; le site n’est sans doute pas encore assez peuplé... Sauf trois jours par an, chaque début juillet : des dizaines de milliers de personnes l’assiègent alors pour assister aux concerts rock du Main square festival ! Un lifting de longue durée La Citadelle et ses amoureux ne se lassent pas des soins de beauté. En 2016, les pouvoirs publics ont engagé de nouveaux travaux de consolidation et de paysagement. Le chantier le plus important concerne le «front royal», tourné vers la ville. Après abattage d’une petite centaine d’arbres, il retrouve le profil conçu par Vauban. Sur les deux bastions qui encadrent la Porte Royale, principale entrée de la Citadelle, et sur la courtine qui passe par-dessus, les anciennes banquettes de tir (des talus gazonnés) ont été rétablies. Cette façade est pratiquement le seul relief des remparts d’origine. Ailleurs sur le pourtour, les dispositifs de défense ont été démantelés ou arasés au dix- Bertrand Verfaillie Les bastions et courtines surplombant la Porte Royale ont retrouvé leurs banquettes de tir. 13La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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Grands projets la fiche L’ensemble des opérations coûtera 2,4 M€, dont 890 000 € pour la maçonnerie. La communauté urbaine prend en charge un tiers de la dépense ; le reste est couvert par des subventions de l’Etat, de la Région et de l’Europe. Maîtrise d’œuvre : APGO, Cadence architectes, ETNAP, Odile Guerrier paysagistes. Entreprises : Helfaut travaux, Colas, SRMH, Lemoine EV. neuvième siècle. Il reste cependant de nombreux pans de murs historiques, qu’il faut entretenir. En 2015, un diagnostic a permis de repérer les outrages du temps : pierres ou joints en poussière, végétation envahissante. Des interventions urgentes de maçonnerie sont menées à l’arrière du site. Dans le même secteur dit du bastion de la reine, la communauté urbaine reconstitue le tracé des remparts, sous forme d’allées piétonnes plantées. Des candélabres et des lanternes ont été posés. Les beaux immeubles bordant la place d’Armes, le grand espace central, sont mis en lumière à partir du sol. Enfin, un ouvrage a été construit, permettant de réguler le niveau de l’eau dans les douves. n Bertrand Verfaillie Des bataillons aux tritons Les travaux de valorisation, suivant un schéma directeur de l’architecte Phillipe Prost, sont évidemment très respectueux du caractère historique des constructions. La communauté urbaine y ajoute un souci environnemental. A ceux qui critiquent l’abattage des arbres de la Porte Royale, elle oppose l’aménagement du bois de 45 hectares qui jouxte la Citadelle, refuge de quelques chevreuils. D’autres animaux font l’objet de soins attentifs de Thomas Floc’h, chef de projet «redynamisation des sites Vauban» : des tritons crêtés, alpestres, palmés et ponctués, batraciens protégés, qui vivent dans les douves. Lors de la réfection d’un muret, l’entreprise d’insertion Regain a été invitée à enlever une dizaine de briques en divers endroits de l’ouvrage pour y ménager Bertrand Verfaillie des espaces creux. Les tritons y pénètrent par l’espace d’un joint Des travaux de maçonnerie urgents dans le secteur du Bastion de la Reine. laissé vide et passent l’hiver dans leurs loges, à l’abri des courants d’air ! 14 La Chronique - N°5201 / 23 juin 2016

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500 entreprises adhérentes lui font confiance La FFB Lens-Artois, au plus proche de ses adhérents, aide, informe, soutient et accompagne chaque jour : 500 entreprises qui utilisent au quotidien les services sociaux, juridiques, techniques et sécurité. 500 entreprises sur le chemin de la transition énergétique mais aussi du numérique. 500 entreprises qui participent aux réunions thématiques mais aussi aux manifestations conviviales. Contact : FFB Lens-Artois 29, rue des rosati – 62000 Arras Carole Hazart chazart@ffb5962.fr Tél : 06.27.03.61.13.

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