ExtraBal • Les galeries d'art Grignoux s'exposent au musée

 

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Livret d’accompagnement de l’exposition ExtraBal du vendredi 7 octobre au dimanche 13 novembre 2016, du jeudi au dimanche de 13 à 18 h (sauf le 11/11) à la Salle Saint-Georges, en Feronstrée, 86 à 4000 Liège

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bulletin des musées de la Ville de Liège hors série n° 44     octobre 2016  Galerie Le Parc Galerie de Wégimont Galeries Satellite et Périscope Les galeries d’art Grignoux s’exposent au musée Salle Saint-Georges, 86 Féronstrée Liège

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Livret d’accompagnement de l’exposition ExtraBal du vendredi 7 octobre au dimanche 13 novembre 2016, du jeudi au dimanche de 13 à 18 h (sauf le 11/11) à la Salle Saint-Georges, en Feronstrée, 86 à 4000 Liège Informations : 00 32 (0)4 221 92 31 www.lesmuseesdeliege.be Photo de couverture : Didier Vanmollekot - Galerie Le Parc Liège•museum Hors série du bulletin des musées de la Ville de Liège. Éditeur responsable : Jean Pierre Hupkens. 92, Féronstrée, be-4000 Liège. museum@liege.be Imprimé à 500 exemplaires sur papier recyclé, sans chlore, par l’Imprimerie de la Ville de Liège. Les images illustrant les notices réservées aux résidents sont reproduites sous la seule responsabilité de ces derniers. Liège, octobre 2016. SOMMAIRE Le mot de l’échevin.......................................................... 3 Les Grignoux, 25 ans de galeries ..................................... 5 Galerie Le Parc ................................................................ 8 Alain de Clerck .............................................................. 10 Laurent Dechenne ........................................................ 11 Adelin Donnay .............................................................. 12 Thierry Grootaers .......................................................... 13 Jules Lallement ............................................................. 14 Djamel Merbah.............................................................. 15 Thomas Quoidbach ...................................................... 16 Vincent Ubags .............................................................. 17 René Weling ................................................................. 18 Muriel Zanardi ............................................................... 19 Francine Zeyen.............................................................. 20 Galerie de Wégimont ..................................................... 21 Laurent Impeduglia........................................................ 23 Catherine Lambermont.................................................. 24 Elodie Ledure ................................................................ 25 Isabelle Linotte .............................................................. 26 Paul Mahoux ................................................................. 27 Maria Pace ................................................................... 28 Sébastien Plevoets ....................................................... 29 Andrea Radermacher .................................................... 30 Charles-Henri Sommelette ............................................ 31 Galerie Périscope .......................................................... 32 Vincent de Waleffe ........................................................ 33 Hubert Grooteclaes ...................................................... 34 Philippe Herbet ............................................................. 35 Galerie Satellite............................................................... 36 Olivier Bada .................................................................. 37 Valentin Bianchi ............................................................ 38 Arnaud Eubelen ............................................................ 39 Thomas Freteur............................................................. 40 Brigitte Grignet .............................................................. 41 Valerie Leemans ............................................................ 42 Benjamin Levaux .......................................................... 43 Matthieu Litt .................................................................. 44 Christophe Nizet ........................................................... 45 Contacts et remerciements ............................................ 47 EXTRABAL 2

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Voir et partager D’aucuns prétendent que l’image révèle moins qu’elle ne dissimule. L’affirmation vaut admirablement pour les Grignoux. Réputés pour leur activité dans le domaine du cinéma d’art et d’essai sur le continent européen, nos amis des Grignoux souffrent parfois de la connaissance moins affutée de leur travail en direction des artistes plasticiens. Extra Bal porte l’ambition de donner à voir l’illustration d’une dynamique impulsée depuis 25 ans au départ de différentes galeries logées dans l’une de leurs salles de cinéma ou dans un lieu spécifiquement dédié. Aussi, je suis particulièrement heureux que nos chemins se croisent pour cette occasion. En effet, si la ville développe ses propres dispositifs de soutien à la création (appels à projets annuels en vue d’expositions), elle prend la mesure de la présence d’acteurs culturels qui prennent leur part à cette volonté de promouvoir les arts plastiques et ses représentants. Depuis deux années, nous avons posé les jalons d’une mise en réseau de ceux qui, depuis des lieux divers et variés, ouvrent leurs portes et leurs cimaises à la création contemporaine. Un événement annuel consacre d’ailleurs cette logique en proposant dans une unité de temps et de lieu le tableau de ces galeries et de ces centres d’art. C’est notre manière à nous de donner à voir au grand public la richesse du terreau liégeois en ce domaine. Extra BAL porte dans son titre la trace de l’effacement du BAL (Beaux-arts de Liège). Cela n’est qu’illusion de nos sens abusés car le BAL a migré vers le nouveau musée de la Boverie pour s’offrir un écrin à hauteur de la richesse de nos collections permanentes. Avec cette récapitulation qui prend pour décor la Salle Saint-Georges, les Grignoux et leurs partenaires saluent le talent et l’excellence d’une création qui appelle la curiosité de tous. Voir et partager. Jean Pierre Hupkens Echevin de la culture et de l’urbanisme de la Ville de Liège EXTRABAL 3

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© Vincent de Waleffe Décembre 1990. Inauguration de la Galerie Le Parc et du café du Parc. Vernissage de l’exposition de peintures et dessins de Benoît Van Innis. 26 mars 1993. Inauguration au cinéma Churchill de la Galerie Périscope. De face, Jean-Luc Deru et Hubert Grooteclaes, initiateurs de la Galerie Périscope ; au centre, Jean-Marie Hermand (Les Grignoux). EXTRABAL 4 © Vincent de Waleffe

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Les Grignoux, 25 ans de galeries Rendre compte de 25 ans de galeries gérées ou accueillies par les Grignoux est une mission « périlleuse » qui se révélera forcément incomplète. Comme il a été difficile pour les responsables des quatre galeries, la Galerie Le Parc, la Galerie de Wégimont, les Galeries photos Satellite et Périscope, de mettre en avant quelques artistes parmi les centaines qui ont exposé pendant un quart de siècle au Parc à Droixhe et au centre ville, au cinéma Churchill. Chaque galerie a reçu carte blanche. Chacune aurait souhaité que la Salle Saint-Georges, une dernière fois BAL pour l’occasion, recule ses murs pour accueillir davantage d’artistes encore. Aussi partielle et partiale soit-elle, l’exposition EXTRABAL aura en tout cas le mérite de rappeler 25 ans de découvertes artistiques et d’événements multiculturels, réalisés dans un esprit d’éducation permanente bien éloigné de la pression insidieuse des modes ou d’impératifs commerciaux. Les Grignoux : pas que du cinéma ! Issu des mouvements associatifs des années 70, le centre culturel Les Grignoux s’est constitué pour développer une réplique à la culture dominante. Aujourd’hui entreprise d’économie sociale indépendante et atypique, Les Grignoux ont construit et développé trois lieux et huit salles de cinéma à Liège (Le Parc, le Churchill, le Sauvenière) et, tout récemment inauguré les 5 salles du Caméo à Namur. L’aventure des cinémas a parfois laissé dans l’ombre les activités des Grignoux liées aux arts plastiques, très souvent ignorées par les pouvoirs publics. Et pourtant, l’exposition EXTRABAL le rappelle opportunément, les Grignoux disposent depuis 25 ans, d’une galerie d’exposition au Parc à Droixhe, la galerie Le Parc, et de trois espaces d’exposition au cinéma Churchill mis à disposition, sans contrepartie et en toute liberté, à la Galerie de Wégimont, gérée par le Centre culturel de Wégimont, à la Galerie photo Satellite, gérée par le Centre culturel de Liège Les Chiroux, qui fut précédée, jusqu’en 2010, par la galerie Périscope. Sans oublier la petite galerie à l’entrée de la salle verte du cinéma Churchill, gérée elle-aussi par la galerie Le Parc. Ces activités artistiques ont permis à des centaines d’artistes débutants ou renommés, à des collectifs, à des écoles d’art de rencontrer le public en dehors de toute pression et sans exigences financières. Elles contribuent également, en lien avec les salles de cinéma, à la valorisation d’un quartier excentré, Droixhe, et à la revitalisation d’un centre ville plus culturel que jamais. EXTRABAL 5

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Les Grignoux, toute une histoire, à Liège Une histoire qui remonte au 17e siècle et qui oppose le parti populaire les Grignoux, «les grognons, les grincheux », farouchement indépendants et défenseurs des libertés liégeoises, aux Chiroux, le parti au pouvoir de l’époque. Le choix du nom n’a donc rien d’anodin. Le centre culturel associatif les Grignoux, géré par les travailleurs eux-mêmes, s’engagera dès sa création dans l’éducation permanente, privilégiera la coopération avec les mouvements associatifs et fonctionnera sur le mode autogestionnaire. Le cinéma est une industrie, sans doute, mais c’est aussi un art qui inclut la musique, la littérature, le théâtre, les arts plastiques… Il était donc évident que toutes les formes d’expression et de création avaient leur place au sein des projets des Grignoux. L’ouverture du cinéma Churchill, en plein centre de Liège en 1993, sera l’occasion, pour les Grignoux, de consacrer les espaces disponibles aux arts visuels et à l’image. Encore fallait-il trouver des partenaires compétents et fiables, qui concilieraient ouverture vers un large public, éducation à l’image et exigences des professionnels… Galerie Le Parc (1990…) Le premier espace d’exposition, la Galerie Le Parc, est inauguré en 1990 à l’occasion de la reprise du café du Parc par les Grignoux. Articulée à l’origine autour de la programmation de films, de projections uniques, de débats, cette galerie, accessible et ouverte avant, pendant et après les projections, a permis de prolonger par des expositions certains événements cinématographiques, musicaux, socio-culturels… Décloisonnement, éducation permanente, multiculturalité, espace de rencontres, découverte de jeunes artistes, telles ont été les lignes de force de la Galerie Le Parc tout au long de ces années. Elle est, encore à l’heure actuelle et depuis 25 ans, coproduite par Les Grignoux et pilotée par Aziz Saïdi, avec la collaboration, au début, du Centre liégeois d’action interculturel et de l’asbl Algèbre. Illustrateurs et communication Les supports de communication et les diverses contributions artistiques liés à ceux-ci ont joué un rôle important dans le rayonnement des Grignoux et de ses activités. On n’oubliera pas de sitôt les affiches originales des Inédits du cinéma annonçant la programmation et créées par l’illustrateur Jean-Claude Salémi, bientôt rejoint par Pierre Kroll, présent dans le journal des Grignoux depuis 1989.* D’autres illustrateurs y occuperont également une place de choix : Anne Catherine Van Santen, Charb, Cécile Bertrand, Phil, Benoît Van Innis… Depuis 1988, le graphiste Yves Schamp a créé et développé le concept « d’édition assistée par ordinateur », l’incontournable journal des Grignoux,* véritable colonne vertébrale de la communication aujourd’hui encore. * La saga des Grignoux, Le Krollector , Pierre Kroll et Les Grignoux, éditions Luc Pire, Bruxelles, 2008. EXTRABAL 6

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Galerie Périscope ( 1993-2010 ) et Galerie de Wégimont ( 1993… ) Après une rencontre avec les photographes liégeois Hubert Grooteclaes et JeanLuc Deru, initiateurs du premier Mois de la photo à Liège, les Grignoux proposent à l’asbl Périscope la libre disposition d’une galerie photo dans l’enceinte du Churchill. Pendant 17 ans, Jean-Luc Deru et un collaborateur fidèle, Vincent de Waleffe, vont animer la galerie en y organisant une centaine d’expositions de photographes belges et étrangers. Leur investissement bénévole dans une des rares galeries photos permanentes en Communauté française prendra fin en 2010. Une proposition identique est faite en 1993 au Centre culturel de Wégimont, gestionnaire de la Galerie de Wégimont à Soumagne, qui décide d’occuper les cimaises installées dans un large espace situé à la sortie des salles du cinéma Churchill avec l’objectif de soutenir des talents artistiques prometteurs, dans un esprit d’éducation permanente. Ici encore, l’accord de coproduction rencontre les intérêts des deux parties : une libre occupation de l’espace, une totale liberté dans le choix éditorial en échange d’expositions de qualité montées avec professionnalisme. Ces deux galeries, ouvertes tous les jours de l’année, après midi et en soirée, ont dès l’ouverture bénéficié d’une notoriété et d’une visibilité exceptionnelles, dans un lieu d’accès facile en plein centre ville. Galerie Satellite ( 2011… ) Le vide laissé par la galerie Périscope allait être comblé par la galerie Satellite. Sorte de satellite gravitant autour des activités du centre culturel de Liège Les Chiroux situé à deux pas du Churchill, la galerie Satellite explore la question de l’image aujourd’hui, qu’elle soit fixe ou animée, analogique ou numérique. Elle a comme objectif la promotion de la photographie contemporaine et en particulier de la jeune photographie en Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi les 25 expositions déjà réalisées dans cette lumineuse galerie, on compte une dizaine de photographes liégeois, qui font donc tout naturellement partie de l’exposition EXTRABAL. Du 7ème au 9ème art LA Galerie Marque jaune (1995 – 2008) L’ouverture en 1995 d’une troisième salle, « la salle verte du Churchill », sera l’occasion d’une collaboration de plus de 13 ans avec la dynamique Marque jaune, une librairie de Bandes dessinées géré et animé par Florence Michaux et Michel Vandam, lui-même auteur et scénariste. Grâce à des expositions remarquables, dont celle de José Muñoz, Jacques Tardi et Michel Boujut, ils démontrèrent passionnément que la BD s’appropriait la grammaire du 7e art : technique du découpage, plongée, cadrage,contre-plongée, … et s’inscrivait parfaitement dans la dynamique et la philosophie des salles du Churchill… EXTRABAL 7

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Galerie Le Parc 1990 : Naissance d’une galerie au Parc Décembre 1990… Il y a huit ans que les Grignoux ont investi le cinéma Le Parc à Droixhe et redonné vie à un cinéma d’auteur dans un quartier populaire dont la réputation n’a pas toujours été au beau fixe. Contre toute attente et depuis la première projection en 1982, le succès public n’a cessé de s’amplifier. Pour les Liégeois, mais pas qu’eux, c’est là que ça se passe, dans la banlieue de Droixhe. C’est dans cette salle rénovée aux majestueux rideaux rouges que les films qu’on désespérait de voir arriver à Liège se bousculent sur les écrans, dans une multiprogrammation resserrée qui laisse une large place à des festivals, concerts, rétrospectives, projections uniques, rencontres avec des réalisateur, débats. Depuis un certain temps déjà, l’idée d’ouvrir un nouveau lieu au centre ville fait son chemin… Et c’est tout en imaginant un «débarquement» au centre de Liège que les Grignoux saisissent l’opportunité de reprendre à leur compte le café jouxtant la salle de cinéma. Une profonde rénovation et une cure de jouvence pour ce café de quartier vieillot qui vivotait à côté du cinéma. Et dans la foulée, se profilent de nouvelles possibilités de rencontres avant et après les projections. Ce nouveau Café du Parc, dès le départ, fait place au premier étage à un espace d’exposition. Le vernissage de la première expo, des dessins et peintures du cartooniste brugeois Benoît Van Innis, aura lieu le jour de l’inauguration du café. Les expositions s’enchaînent, dans un premier temps souvent en lien avec les films présentés au cinéma. La galerie vivra de multiples péripéties grâce à la collaboration et l’investissement de bénévoles, et il ne faudra pas longtemps avant qu’Aziz Saïdi, bénévole-militant actif dans diverses associations, organise des expositions régulières à un rythme soutenu, dans le cadre d’une collaboration entre le Centre Liégeois d’Action Interculturelle et Les Grignoux. Aziz Saïdi mettra à profit ses innombrables contacts multiculturels et sa connaissance des milieux sociaux et artistiques liégeois pour proposer, dans une logique d’éducation permanente développée par Les Grignoux, des expositions aussi diversifiées que surprenantes, contribuant ainsi à la propagation de l’art et influant ainsi sur le paysage culturel régional. La galerie Le Parc dispose de deux espaces d’exposition intégrés aux cinémas le Parc et Churchill. Vu la grande fréquentation de ces cinémas et grâce à sa localisation et son intégration dans le cadre des activités des Grignoux, la galerie favorise la vulgarisation et la démocratisation des arts plastiques. En rendant l’art accessible à un large public, elle rend manifeste l’importance de l’art dans le développement humain et offre aux artistes une grande visibilité. « L’art est un ferment nécessaire qui conduit vers une réelle transformation de l’être humain et de son développement, car parmi les multiples voies de la connaissance, la voie artistique est la plus douce, et certainement la plus marquante et la plus durable » Kandinsky, 1989. Galerie Le Parc, 18 octobre 1991. Thé à la menthe et musique Raï à l’occasion de l’avant-première du film Cheb, de Rachid Bouchareb, en collaboration avec Solidarité arabe et La Palmeraie. EXTRABAL 8 © Vincent de Waleffe

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25 ans d’expositions et d’événements Aujourd’hui la galerie Le Parc est gérée, toujours dans le cadre d’une collaboration et en coproduction avec les Grignoux, par l’asbl Algèbre, présidée par Aziz Saïdi. Elle bénéficie du soutien du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège. Elle n’est pas une galerie commerciale. C’est d’ailleurs une des rares galeries de la région liégeoise à accueillir gracieusement les artistes. La relation entre la galerie et l’artiste est dénuée de tout intérêt financier. Depuis plus de 25 ans, la Galerie Le Parc assure, outre la « Collective d’été », moment de convivialité baigné de musiques, une dizaine d’expositions individuelles par an dans ses deux espaces d’exposition au Parc et au cinéma Churchill. Elle joue un rôle local et régional important dans l’émergence et la construction de la notoriété des artistes, tout en participant à la vitalité de la scène artistique liégeoise. Elle a pour objectif de découvrir, d’accompagner et de soutenir des artistes, de donner une visibilité à leurs œuvres. Pour assurer la promotion de ses activités, la Galerie du Parc réalise des affiches, des invitations, des cartes postales, relaie ces activités dans le journal et sur le site web des Grignoux, et inaugure les expositions par un vernissage festif… Le travail de la galerie est également enrichi par la publication de brochures et catalogues sur les artistes et par l’édition d’un calendrier, « Le temps créateur ». Depuis 1999, ce calendrier est devenu une vitrine où, pendant une année, la ménagère, le métallo, le chef d’entreprise, l’enseignant… profitent d’une image, d’une pensée, d’une œuvre. Douze étincelles, des contacts possibles. Le temps créateur égrène ses pages, le temps d’un mois, d’un artiste. Contact : Aziz SAIDI azizsaidi1@yahoo.fr / gsm : +32 496 42 89 96 Mais la galerie n’est pas uniquement un lieu d’exposition. Elle soutient également des projets spécifiques développés par certains artistes. Pour ce faire, la galerie collabore à des événements culturels extérieurs mis sur pied par d’autres structures, organise des expositions ponctuelles au cinéma Sauvière ou dans la cour de celui-ci. Vernissage d’une exposition collective à la Galerie Le Parc EXTRABAL 9

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Alain DE CLERCK www.alaindeclerck.org alain.de.clerck@club.worldonline.be Du rêve ... à la réalite Alain De Clerck, sculpteur autodidacte, se définit comme un artiste « in cité ». L’art « In Cité » prend le monde dans sa globalité, dit-il, comme matière à sculpter ; c’est dès lors tenter d’avoir une incidence sur la réalité. Ainsi, l’artiste installe dans l’espace public de singuliers horodateurs et des flammes symboliques afin de constituer une collection publique d’œuvres d’art ou des éléphants qui arrosent une carte d’Afrique en faveur d’un centre hospitalier situé au Congo. Avec son homonyme français, Alain Declercq, il peut lui arriver d’arroser un musée. Lorsqu’il n’œuvre pas à l’installation d’un travail sur la place publique, il l’occupe lui-même : Alain De Clerck sculpte la société, c’est un artiste engagé et dégagé des académismes du métier. Qu’il milite pour l’art au cœur de la cité ou pour un hôpital à Mokamo, qu’il s’investisse dans le devenir culturel de sa ville, la rêvant en métropole, ou qu’il imagine une œuvre symbolique de paix au Proche-Orient, il croit en la pertinence sociale et intellectuelle de l’œuvre d’art. Glisser une pièce jaune dans un horodateur, envoyer un message par mail ou SMS, déposer un bulletin dans une urne ou faire flotter des drapeaux, toute la pratique de l’artiste consiste à inviter le public à poser des gestes symboliques, des gestes qui engagent. Extrait de Jean-Michel BOTQUIN, De la participation au suffrage universel. L’ « In Cité » et les Portes de la Paix d’Alain De Clerck, dans Aux Arts, etc. 16 communes, 16 artistes, catalogue d’exposition, Liège, Province de Liège Culture, éd. Yellow Now, 2011, p. 36-41. Dès ses premiers projets, Alain De Clerck (1967) privilégie des sculptures mobiles à destination de l’espace public. Ancrées dans leur contexte historique et social, ses œuvres d’une grande puissance symbolique servent de support à une réflexion plus large sur l’impact qu’un citoyen, et plus spécifiquement un artiste, peut avoir sur la société dans laquelle il vit. Éminemment contextuelle, son approche se présente comme une manière d’agir concrètement sur la réalité, de sculpter le monde. Cette fonctionnalité est d’ailleurs revendiquée dans le choix du nom de l’asbl dont De Clerck constitue le moteur créatif dès 2003 : In Cité Mondi. Invité en mai 2001 par la galerie le Parc, Alain De Clerck y présente pour la première fois un arc métallique cintré surmonté d’une flamme. C’est la Flamme de la cultureMaquette pour une sculpture publique monumentale. En 2002, sélectionné par les Brasseurs dans le cadre de l’exposition collective d’art public « Bonjour ! » initiée par la Province de Liège, Alain De Clerck renforce son projet et propose le concept de la S.P.A.C. (Sculpture publique d’Aide Culturelle) : une machine à récolter des fonds pour les artistes. Quand un passant glisse une pièce de monnaie dans la borne connectée à la sculpture, il déclenche la flamme et participe à la constitution d’une collection d’art contemporain. À une période de surendettement de la Ville qui se traduit notamment par un gel des achats d’œuvres pour les musées, son mendiant de métal fait figure de CPAS de la culture. Depuis quelques années, il offre aussi de la poésie et des entrées pour des activités culturelles, dont des tickets de cinéma des Grignoux. Dorénavant, la collection compte 90 œuvres et le concept s’internationalise au sein de la SPACE (Société Publique d’Art Contemporain-Europe). Projet SPAC Maquette présentée à la Galerie Le Parc en 2001 EXTRABAL 10

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Laurent DECHENNE Et toujours, il peint, cherche, s’acharne. Peintre coloriste abstrait, il oscille entre tachisme et gestualité. Il multiplie les supports : toile, papier d’emballage, même parfois cartes géographiques, toile de jute, contreplaqué… toiles antérieures dont il réserve certains motifs, fenêtres ouvertes inspiratrices d’une nouvelle mise en page. Il écrit : « Chercher à faire des choses qui seront « bousillées » pour être dépassées ou plutôt seront dépassées en étant recouvertes. Le premier jet, même bon, ne sera pas l’aboutissement de la peinture : le travail et la recherche à partir de celui-ci non plus. La peinture sera la destruction de tout ceci pour mettre à nu ce qui se cache derrière. » Laurent Dechenne, 1970-2009 Emboîtement 8, s.d. huile sur toile, 100 x 80 cm EXTRABAL 11 Emboîtement 7, s.d. huile sur toile, 100 x 80 cm

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Adelin DONNAY adelindonnay@gmail.com De la série « Portraits de… », 2015 acrylique sur toile, 180 x 160 cm Adelin Donnay est comme tous les artistes dignes de ce nom, quand il traverse les épreuves de la vie, il en retient la substance. N’allez pas croire qu’il vous la restitue en fanfaronnant sur sa souffrance, pas de ficelle chez cet artiste et encore moins d’effet de mode ou de concession. Lors de la première série de « Portraits de... », il m’en avait confié la genèse. J’ai su, de suite, qu’il tenait son sujet, mais que la forme allait et devait encore évoluer. Si la noirceur était compréhensible, elle traduisait surtout la volonté de nier tout choix esthétique pour aller droit à l’essentiel. Les séries suivantes élargirent la palette des supports et matières, comme pour préciser la relation avec les visages enfouis. Le but était presque atteint, mais il manquait encore une dimension, voir la dimension. Adelin Donnay ayant vu passer, non loin de lui, la grande faucheuse, il se devait de traduire cela avec force. Au lieu de le faire sous forme d’illustration macabre, comme pour ses « Portraits de... », il s’est concentré avec acharnement sur ceux qui lui avaient évité le grand saut. On le sait, l’acte pictural est d’abord un geste physique, un combat avec la toile, et pour célébrer la vie, le geste doit être ample et juste. Confronté jusqu’ici aux limites de son espace de travail, il ne pouvait donner la pleine mesure à son ouvrage. Le prêt d’un atelier lui a offert la possibilité de traduire enfin physiquement l’ensemble de son ressenti. Les grands formats d’Adelin Donnay, témoins d’un vécu, étaient nés. Fabris Remouchamps, septembre 2015 EXTRABAL 12 De la série « Portraits de… », 2015 acrylique sur toile, 160 x 210 cm

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Thierry GROOTAERS www.thierrygrootaers.com thierrygrootaers@gmail.com Sans titre, 2015 acrylique sur toile, 198 x 144 cm Sans titre, 2015 acrylique sur toile, 114 x 140 cm Issu en 1998 de l’Aca de Liège, Thierry Grootaers a suivi les cours de peinture de Freddy Beunckens et de dessin Jean-Pierre Ransonnet. Qu’on ne s’y trompe pas, si les résonances Broodthartiennes dans son nom nous chatouillent l’oreille, elles n’ont rien à voir avec l’approche artistique du grand Marcel. Thierry Grootaers n’a rien d’un conceptuel pur et dur. Le métier, lui, il connait. Il sait dessiner, il manie le pinceau et les couleurs sans complexe pour en extraire des compositions élaborées. L’effacement et l’ajout sont clairement revendiqués et font partie intégrante de son processus pictural. Son terrain de chasse privilégié, c’est son quotidien, c’est là qu’il décline le mieux sa poétique. En bon chroniqueur de surface, il endosse l’habit de l’anthropologue pour mieux s’attarder à décrypter, non sans humour, nos us et coutumes journaliers. L’artiste habite Roclenge, un petit village de campagne proche de Liège, un véritable microcosme, centre du monde où tout converge. Il suffit, m’avoue-t-il, de sortir de chez moi et de regarder les gens, j’aime voir comment ils se parlent, comment ils promènent leur chien, comment poussent, comme des champignons, les maisons clefs sur porte et leur architecture si particulière où il est possible d’imaginer les petits intérieurs proprets des gens qui y vivent… Lino Polegato EXTRABAL 13

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Jules LALLEMENT jules.lallement@gmail.com Les œuvres de Jules Lallement tiennent de l’orfèvrerie. L’histoire qu’il raconte, au travers de ses peintures, bas-reliefs et installations kaléidoscopiques, nous fait rêver d’univers complexes et improbables. Diplômé de l’Ecole supérieure des Arts Saint-Luc Liège en 1987, Jules Lallement n’a jamais lâché ses pinceaux depuis, même s’il montre rarement son travail. à l’huile ou à l’acrylique, il privilégie souvent des compositions denses dans lesquels la répétition des motifs tend à créer l’illusion optique d’un mouvement perpétuel. Depuis quelques années, il réalise également beaucoup de portraits de ses proches, le plus souvent à partir de photographies qu’il réagence en leur donnant une grande intensité psychologique. Dans ces œuvres où il transcrit minutieusement l’architecture de Liège, il partage à nouveau avec nous une relation intime tout en restant fidèle à son obsession pour les trames régulières. Julie Hanique, dans SPACE Collection. 10 ans d’acquisitions, 2013, éd. In Cité Mondi, Liège Kaléidoscope rouge, 2014 acrylique sur toile, 46 x 64 cm Ellipse, 2013 acrylique sur toile, 120 x 167 cm EXTRABAL 14

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Djamel MERBAH djamel_merbah@yahoo.fr A 21 ans, Djamel quitte son Algérie natale pour la Belgique, où sa nature de plasticien le mène sur les bancs de l’Académie des Beaux-Arts (Bruxelles et Liège). Diplômé, il réintègre son pays, où il enseignera 8 ans (1980-1988), puis, retour à Liège. Plus de trente expositions, le grand prix d’Algérie, le Prix d’Honneur de la 1ère Biennale Internationale d’Alger, Prix Dounia (Bruxelles) assurent la renommée de cet artiste toujours en recherche, toujours taraudé par la mémoire de la lumière verticale, de la vivacité des couleurs qui illuminent la terre d’Afrique. Djamel Merbah est conscient de cette complicité avec ses origines et avec tous ceux que la richesse des traditions et une modernité envahissante condamnent à des choix douloureux. Libéré des académismes prudents et des modes, il complète, au fil des djamelées, une fresque éblouissante, où la femme, devenue archétype, est, à la fois, mère et amante, comptable lucide des passions et des espoirs de l’Homme. Marcelle Imhauser Ouvriers sans usine, 2014 huile sur toile, 120 x 100 cm Femme rouge, 2011 huile sur toile, 100 x 100 cm De Djamel à Djamel D’où vient-on, où va-t-on ? De soi à soi, ou de soi aux autres ? On part d’ici et l’on arrive ailleurs… ou l’on part d’ailleurs et l’on arrive ici. Et, sans cesse, l’on se métamorphose, on se transforme, on s’étonne soi-même de ce que l’on est. Djamel a ses rituels (il faudrait pouvoir l’observer sans son atelier). Djamel a ses ritournelles de couleurs splendides qui, toujours se côtoient, s’enlacent, s’embrassent et s’en vont dans tous les sens et l’on pourrait croire que le tableau n’est jamais achevé. Chez lui, il se pourrait que chaque œuvre soit un élément d’une gigantesque fresque à n’en plus finir. Son habileté ne serait-elle pas de nous faire croire, à nous, voyeurs, que chaque tableau est terminé ? D’où cette impression de plénitude dans l’achèvement. Jacques Izoard EXTRABAL 15

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