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Mini-guide diagnostic adulte autisme

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MINI-GUIDE D’INFORMATION SUR LA PROCÉDURE DE RECHERCHE D’UN DIAGNOSTIC ADULTE POUR LES INDIVIDUS SUR LE SPECTRE AUTI STIQUE AU QUÉBEC Auteure  Marie Josée Cordeau Page 1

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SE SENTIR AFFILIÉ(E) AU SPECTRE DE L’AUTISME À L’ÂGE ADULTE INTRODUCTION ET AVERTISSEMENT Suite à des lectures concernant le spectre autistique, lors de l’obtention d’un diagnostic de TSA (trouble du spectre de l’autisme, selon la terminologie médicale en cours) pour l’un de vos enfants, ou simplement lors d’une rencontre avec un professionnel de la santé, il est possible que vous suspectiez une affiliation avec l’autisme pour vous-même ou pour un membre adulte de votre famille. L’autisme n’étant pas une maladie infantile s’évaporant au sortir de l’adolescence, vous avez peut-être toujours vécu à l’intérieur du spectre sans le savoir. Les critères pour les diagnostics actuels d’autisme ayant été développés au début des années 90, de nombreux adultes sont passés sous le radar durant leur enfance et même durant une bonne partie de leur vie adulte. À l’âge adulte, ils demeurent porteurs de questions sans réponse concernant leurs forces et leurs difficultés, leurs relations sociales et leur incapacité à se reconnaître parmi les modèles d’individus proposés autour d’eux, dans la société en général. Il est donc normal de cumuler des interrogations et de souhaiter faire le meilleur choix pour soi-même, car bien se connaître est l’un des éléments fondamentaux de la vie de chacun. Ce guide s’adresse avant tout à des adultes qui sont pour la plupart autonomes dans plusieurs sphères de leur existence (travail, logement, vie de couple ou parentalité) et qui sont eux-mêmes en questionnement individuel. Je ferai donc ici principalement référence à l’autisme de haut niveau et au syndrome d’Asperger. Ces deux formes d’autisme tendent d’ailleurs à se confondre lorsque la personne autiste atteint l’âge adulte et elles sont souvent difficilement dissociables. Présentement, les nouveaux diagnostics parlent d’autisme de niveau 1, bien que certains psychologues utilisent encore le terme Asperger. C’est donc ce public qui se retrouve directement concerné par ce mini-guide. La raison pour laquelle j’ai rédigé ce document est que de nombreuses personnes se sont adressées à moi afin de connaître la méthode à suivre pour obtenir un diagnostic. Au meilleur de mes connaissances actuelles, j’ai procédé à la compilation des étapes et j’ai fait un portrait le plus réaliste possible de la situation du diagnostic adulte au Québec. Ce guide est appelé à être bonifié avec le temps, mais je suis persuadée qu’il apportera des réponses intéressantes et des pistes de solution. Page 2

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TABLE DES MATIÈRES 4 Étapes avant le diagnostic 5 Besoin ou non d’un diagnostic officiel? 6 Faire l’Aspie Quiz 7 Diagnostic par les services publics 8 Diagnostic par les services privés 9 Avant, pendant et après la rencontre 12 Après le diagnostic, phases observées 16 Annexe 1 – Ressources et crédits d’impôt 20 Annexe 2 – Manifestations autistiques 23 – Profil féminin 27 Quelques lectures suggérées © 2015 – Copie électronique – Tous droits réservés Rédaction, conception et mise en page : Marie Josée Cordeau Page 3

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ÉTAPES AVANT LE DIAGNOSTIC La recherche d’un diagnostic d’autisme à l’âge adulte est souvent une période difficile, mais cruciale. Il est donc primordial de faire des choix éclairés et de prendre le temps de se questionner sur la nécessité de s’aventurer dans la quête menant à l’obtention d’un diagnostic officiel. 1. LIRE SUR L’AUTISME ET LE SYNDROME D’ASPERGERi La première étape est sans doute la lecture et l’introspection. Vous avez des doutes pour des raisons précises, mais comme toutes les caractéristiques de l’autisme se retrouvent existantes chez les personnes non-autistes avec une intensité moindre, il est important de faire plusieurs lectures appropriées à ce sujet. Par la suite, vous serez en mesure de soupeser si vous vous reconnaissez suffisamment ou non dans les énoncés. Je vous suggère de prendre en note des exemples tirés de votre propre vie, portant sur des manifestations reconnues à l’intérieur des ouvrages que vous aurez consultés. Lorsque vous lisez des éléments qui vous remémorent votre manière de penser, d’agir ou certains événements récurrents de votre vie, notez-les. Il est important de cumuler des observations sur l’ensemble de votre vie, du plus loin dont vous parvenez à vous souvenir, et ce, à partir de votre petite enfance. C’est une bonne piste de solution pour vous permettre de compiler ensuite ces données sur papier afin de valider si vos hypothèses sont suffisamment significatives. En faisant la relecture de vos annotations personnelles, vous aurez un portrait global de la situation. Vous pourrez aussi voir l’ensemble avec davantage de recul et d’objectivité. Ces notes pourront également vous servir de base si vous choisissez de continuer une démarche vers un diagnostic par un professionnel de la santé. Elles vous permettront d’aller vers les points essentiels lorsqu’on vous demandera pour quelles raisons vous croyez être autiste. Certains professionnels demanderont d’emblée vos notes manuscrites pour bonifier votre dossier et compléter leur évaluation. De nombreux livres ont été écrits sur le spectre autistique et sur le syndrome d’Asperger. Je recommande toujours Le guide complet du syndrome d’Aspergerii de Tony Attwood, qui fait un tour intégral des formes variées que peut prendre l’autisme aux différentes étapes de nos vies. Je parle principalement d’autisme de haut niveau et d’Asperger, car si vous êtes en recherche d’un diagnostic pour vous-même, car vous ne l’avez pas obtenu jusqu’à maintenant, c’est probablement que vous vous retrouvez dans la partie Page 4

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dite « haute » du spectre (niveau 1, selon le nouveau DSM-V), que vous avez de l’autonomie dans plusieurs domaines, un travail, une formation, une vie de famille et peut-être même une vie sociale relativement active. Pour les femmes, je conseille également la lecture de l’Asperger au fémininiii de Rudy Simone, pour un complément précis concernant le profil féminin qui diffère dans certaines de ses caractéristiques en comparaison au profil standard qui englobe l’intégralité des manifestations classiques. D’autres auteurs, autistes de haut niveau et Asperger ont également rédigé des œuvres, souvent autobiographiques, qui peuvent vous donner d’excellents indices au travers différents vécus : Liane Holliday Willey, Donna Williams, Temple Grandin, Josef Schovanec, Stephan Blackburn, Daniel Tammet ou Antoine Ouellette pour n’en nommer que quelques-uns. Sur Internet, il existe également de nombreux blogues écrits par des individus sur le spectre autistique. Cette documentation est facilement accessible de chez soi et entièrement gratuite. De plus, elle offre aussi l’opportunité de se connecter sur la diversité des personnes autistes, chacune démontrant sa couleur propre, sa manière de se décrire et de voir l’autisme avec son regard unique. Ces textes, parfois d’ordre personnel, parfois plus informatifs, peuvent vous aider à vous reconnaître ou non dans les caractéristiques du spectre, et ce, à travers la vision de différentes personnalités variées et points de vue. Vous trouverez un répertoire qui recense de nombreux sites de blogueurs francophones sur la page Autisme regards croisés sous la rubrique Vu de l’intérieur. (http://www.autisme-regards-croises.com). 2. BESOIN OU NON D’UN DIAGNOSTIC OFFICIEL? Les démarches en vue de l’obtention d’un diagnostic officiel peuvent être ardues et les émotions complexes sont habituellement au rendez-vous. En premier lieu, avant d’entreprendre une approche sérieuse auprès de professionnels, il est avisé de vous questionner sur les raisons qui vous poussent à faire cette recherche. De toute manière, on vous les demandera probablement à plusieurs reprises tout au long de vos différentes démarches, autant de la part des professionnels que de votre entourage. Voulez-vous réellement passer par ce cheminement parfois laborieux et pour quelles raisons souhaitezvous un diagnostic? Est-ce pour mieux vous connaître? Pour mettre un nom tangible sur vos difficultés passées et présentes? Pour obtenir des services adaptés? Parfois, simplement de le savoir pour soi-même suffit, mais d’autres fois nous avons besoin d’une preuve corroborée et qui met fin à nos doutes raisonnables. Tout dépend de vous. Il est souvent utile, là encore, de mettre sur papier ces Page 5

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raisons pour bien y voir clair et de lister les pour et les contre en lien avec cette formalité. 3. FAIRE L’ASPIE QUIZ Tout d’abord, si vous ne l’avez jamais fait, je vous conseille un test assez complet sur Internet : l’Aspie Quiz. Il s’avère un bon indicateur tout en fournissant des résultats accessibles dès la fin du test, incluant un graphique pour vous aider à vous situer. Soit vous tendez plus fortement vers des traits de personne neurotypique (non-autiste), soit vers des traits de personne autiste ou encore êtes-vous à la frontière entre les deux. Ce test est entièrement gratuit, mais il ne faut pas oublier qu’il ne remplace pas un diagnostic officiel. Actuellement, il est cependant le meilleur moyen de contrôle accessible de la maison pour l’autodiagnostic. Pour des résultats optimaux, ce test s’autovalide en reformulant les énoncés de manière à réduire la marge d’erreur. Il comporte 150 questions mélangées. Pour mieux m’assurer de la neutralité de cet examen, je l’ai administré à plusieurs personnes Asperger et également à des personnes de toute évidence neurotypiquesiv et son quotient de fiabilité s’est avéré excellent. Pour accéder à ce test, vous pouvez utiliser un moteur de recherche et choisir les mots clés Aspie quiz ou cliquer directement le lien : http://www.rdos.net/fr/. Il est important de se souvenir que l’Aspie Quiz n’a aucune valeur diagnostique officielle. Celui-ci fournit un indicateur de la possibilité d’être sur le spectre autistique. La passation de ce test sert à vous aider dans l’amorce d’un dépistage personnel. Lors d’une analyse diagnostique officielle, vous pouvez apporter ce test au professionnel qui vous évaluera. Ce dernier pourra ou non l’ajouter à votre dossier à titre d’élément supplémentaire. Cependant, lors d’un diagnostic avec un spécialiste, des questionnaires médicalement reconnus vous seront transmis afin de valider plus adéquatement votre hypothèse. Page 6

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CHOISIR D’ENTREPRENDRE UNE DÉMARCHE POUR UN DIAGNOSTIC 4. DIAGNOSTIC PAR LES SERVICES PUBLICS AU QUÉBEC L’avantage premier de se diriger vers une évaluation au public est bien évidemment financier, puisque ces frais sont couverts par la RAMQv. Le diagnostic officiel est délivré par un psychiatre et cette certification ouvre la porte à des services potentiels auprès notamment des CRDI-TEDvi. Par contre, la qualité de l’expertise offerte et la possibilité d’obtenir des services pertinents dépendent également des intervenants disponibles. Il faut savoir que les listes d’attente et les procédures pour obtenir un diagnostic par les services publics de santé sont très longues. La durée d’attente rejoint, et souvent même dépasse, les 18 à 24 mois. Au public, selon la région consultée, l’expertise en autisme pour les adultes ayant une forme légère à modérée varie beaucoup. Il faut demeurer conscient que les intervenants sont formés en santé mentale et leurs connaissances de l’autisme sont jumelées aux connaissances des problématiques de santé mentale en général. Plusieurs d’entre eux ne sont pas encore bien familiarisés avec la clientèle émergente d’adultes autistes autonomes, ils ne sont donc pas en mesure de reconnaître aisément les signes de l’autisme chez la personne qui a développé au fil des ans des stratégies d’adaptation camouflant ses problématiques intérieures. Alors, ces dernières échappent à l’œil non averti. La situation s’avère désolante, mais de nombreux psychiatres ont des connaissances dépassées en autisme et disqualifient systématiquement les patients qui les regardent directement dans les yeux, ont une bonne autonomie apparente, s’expriment bien ou arrivent à leur bureau avec une introspection claire et un autodiagnostic convaincu. Le diagnostic des femmes est encore plus difficile, car certaines caractéristiques sont différentes de celles plus reconnues en autisme qui sont davantage calquées sur le profil typiquement masculin. Une connaissance actualisée et significative de l’autisme sur toute l’étendue du spectre est malheureusement tributaire de la mise à jour personnelle de chacun des intervenants. Heureusement, des formations sont disponibles et les différents intervenants sont appelés à mettre à niveau leurs notions. Certains sont donc suffisamment qualifiés pour fournir un diagnostic adéquat et éclairé. Par contre, après la mise en liste d’attente, vous n’avez pas le choix des intervenants qui procéderont à votre évaluation. Il y a bien sûr des adultes qui obtiennent leur diagnostic par les services publics, et plus de gens iront vers ces services, plus une mise à niveau des différents intervenants s’avérera nécessaire. Page 7

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Voici les procédures et étapes générales à suivre afin d’obtenir une évaluation par les services publics :  Présentez-vous à l’accueil psychosocial du CLSC de votre région pour l’ouverture de votre dossier et ainsi faire acheminer la demande de diagnostic en bonne et due forme.  N’hésitez pas à demander les délais et à vous informer de la prochaine étape du processus auprès de l’intervenant qui procédera à l’inscription de votre demande de service s. Conservez bien les coordonnées de cette personne et, au besoin, demandez-lui sa carte d’affaires.  Après le délai d’attente, on vous dirigera probablement vers un psychologue des services de santé afin de procéder à un prédiagnostic, incluant des tests et entretiens préliminaires.  Par la suite, vous rencontrerez le psychiatre qui effectuera un diagnostic en tenant compte des données inscrites à votre dossier et qui procédera lui aussi à un ou plusieurs entretiens sous forme de questions et réponses. Important : l’accueil psychosocial de votre CLSC local ne peut refuser d’ouvrir votre dossier ni affirmer ne pas avoir une expertise suffisante en autisme. Ce mandat de faire le diagnostic de première ligne a été transmis officiellement aux CLSC depuis quelques années déjà. 5. DIAGNOSTIC PAR LES SERVICES PRIVÉS L’avantage premier de la clinique privée est qu’on y retrouve une meilleure expertise de terrain concernant les diagnostics chez les autistes légers et modérés ainsi que pour les femmes, car les spécialistes ont habituellement une connaissance plus pointue de l’autisme ou sont même spécifiquement concentrés sur cette différence. Ils rencontrent également davantage d’adultes sur le spectre autistique que les services publics. Bien sûr, il y a des coûts rattachés au diagnostic fait au privé, car ceux-ci ne sont pas défrayés par la RAMQ. Page 8

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Cependant, lorsque l’évaluation diagnostique est faite par un psychiatre, certains frais sont pris en charge par la RAMQ. Au niveau des diagnostics par un psychologue, certaines assurances collectives d’employeurs remboursent une partie de ces frais sur présentation d’un reçu délivré par le spécialiste. Les coûts varient actuellement entre 800 $ et 1 200 $ pour un diagnostic complet par un psychologue, incluant les tests et le rapport officiel écrit qui vous sera remis. Les délais d’attente pour rencontrer un spécialiste sont généralement d’un à trois mois, bien entendu, selon la quantité de demandes faites auprès du spécialiste choisi. On pourra vous confirmer le délai réel au moment de la prise de rendez-vous. N’hésitez jamais à demander plus d’informations sur les temps d’attente et sur les procédures en cours à la clinique que vous choisissez de consulter. Il en est de même pour les coûts. Avant de prendre rendez-vous, il est important de vous assurer du montant total qui vous sera réclamé, les éléments qui seront inclus dans ces montants, mais aussi de connaître les frais supplémentaires qui pourraient être ajoutés en cours de processus, si applicable. Pour obtenir un rendez-vous en clinique privée, si vous choisissez de faire le diagnostic avec un psychiatre, donc avec une portion des frais défrayés par la RAMQ, une référence d’un médecin généraliste est nécessaire. Pour les services auprès d’un psychologue, aucune référence médicale n’est habituellement demandée. Il est cependant conseillé de valider le besoin d’une référence lors de la prise de renseignements auprès de la clinique afin de vous assurer d’avoir en main tous les documents nécessaires pour ne pas retarder votre cheminement. Bien que les services offerts par les CRDI-TED soient habituellement ouverts aux personnes ayant un diagnostic d’un psychiatre, certains centres acceptent de tenir compte des diagnostics délivrés par des psychologues travaillant au privé. Cette acceptation est donc tributaire des intervenants en poste. De plus, certains psychiatres considèrent les diagnostics du privé comme des prétests fiables et en tiennent compte pour poser leur diagnostic. 6. AVANT, PENDANT ET APRÈS LA RENCONTRE Avant la rencontre avec le psychologue ou le psychiatre, au public comme au privé, on vous fournira peut-être des directives précises à suivre. On pourrait vous demander de préparer un texte avec les éléments personnels de votre vie qui vous font penser que vous êtes affilié au spectre autistique. Vous pourrez colliger Page 9

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ces informations sous forme de texte ou sous forme de liste en présentant celles que vous croyez portant sur des manifestations autistiques. Cette étape préliminaire vous a d’ailleurs déjà été proposée dans la première partie de ce guide. Certains tests écrits pour le diagnostic vous seront également passés. Ils seront faits en clinique ou dans les services hospitaliers, mais il est possible que certains spécialistes (surtout au privé) vous les transmettent par courriel pour que vous les complétiez à la maison et leur retourniez afin qu’ils puissent ensuite en faire l’analyse avant votre rencontre en personne. On pourrait vous demander de faire compléter également un questionnaire par une personne proche de vous qui pourra valider également vos observations individuelles. Les tests administrés concerneront l’autisme et ses caractéristiques. Ils ne sont pas des tests généraux utilisés dans un sens plus large, comme des tests de détection de maladies mentales. Les tests le plus souvent demandés sont : l’ADOS, l’AQ test (quotient autistique), le Eye-Test de Baron-Cohen. Après la rencontre, le psychiatre ou le psychologue devrait vous livrer un rapport précisant le diagnostic en indiquant si vous êtes autiste ou non ainsi que les détails pertinents. N’hésitez pas à demander le délai d’obtention de ce document. Sa rédaction est habituellement incluse dans le prix du diagnostic. VOS DROITS Par contre, il faut rester vigilant. Il pourrait arriver qu’un spécialiste non convaincu de votre lien avec l’autisme ne vous fasse passer aucun test ciblé et en arrive à la conclusion, sans preuve concrète, que vous n’êtes pas autiste. Un diagnostic ne faisant pas preuve d’une rigueur scientifique n’a pas plus de valeur qu’une évaluation pour le diabète ou le cholestérol sans prise de sang. Cette situation se voit malheureusement encore aujourd’hui de la part de certains services publics. En cas de doute, informez-vous. N’oubliez jamais que c’est vous le patient, donc le client du service que vous recevez. Vous avez des droits! Page 10

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RESSOURCES POUR OBTENIR UN DIAGNOSTIC D’AUTISME POUR LES ADULTES Services publics Pour trouver les coordonnées de votre CLSC local : www.indexsante.ca/CLSC Cliniques privées Clinique autisme et Asperger de Montréal : www.clinique-autisme-asperger-mtl.ca CCIFA (Clinique de consultation, intervention et formation en autisme) : www.ccifa-ted.com CEVAM (Clinique d’évaluation de l’autisme de Montréal) : www.cevamtl.com CÉNAA (Centre d’évaluation neuropsychologique et d’aide à l’apprentissage) : www.cenaa.ca Page 11

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APRÈS LE DIAGNOSTIC – PHASES OBSERVÉES PHASES STANDARD D’UN DEUIL ET D’UNE ACCEPTATION D’UNE SITUATION DIFFÉRENTE : Pour les parents d’enfants autistes, tout comme pour tout individu vivant un grand changement ou une annonce inattendue, plusieurs phases prévisibles surviennent. On parle souvent de deuil, principalement lorsqu’il s’agit de l’annonce pour un parent qui avait une vision particulière de l’avenir de son enfant et de son évolution future dans la société. Phases de deuil observées lors de l’annonce d’un diagnostic pour les parents d’un enfant autiste : 1. Déni – Lors de cette phase, l’individu concerné renie et désire ignorer intérieurement et extérieurement le diagnostic et faire « comme si » l’autisme n’était pas là. Parfois même, il en vient à blâmer le spécialiste qui a fait le diagnostic et à considérer qu’il est dans l’erreur. Ce sentiment est souvent commun dans toute forme de changement radical ou toute annonce de nature médicale, psychologique ou sociale. 2. Colère – Lors de cette seconde phase, il y a révolte et sentiment d’injustice. La personne ne parvient pas à accepter le diagnostic et vit de grandes frustrations. 3. Chagrin – À cette phase, la colère est tombée et c’est la tristesse qui prend place. Le parent craint que son enfant ne puisse avoir une vie normale et vit de la désolation. Il réalise que sa vie suivra un chemin différent de celui qu’il avait imaginé. Il se sent impuissant. 4. Acceptation – C’est le moment où le parent accepte son enfant tel qu’il est et décide d’aller de l’avant pour le bien être de ce dernier et pour l’aider dans ses forces comme dans ses difficultés quotidiennes. PHASES PRÉ ET POSTDIAGNOSTIC CHEZ L’ADULTE AUTISTE : Chez l’adulte autiste, les phases les plus souvent observées dans un premier temps sont quelque peu différentes. Elles proviennent habituellement non pas d’une déception, mais au contraire d’un soulagement face à un vécu parfois laborieux et à une vie de longs questionnements sur une différence non nommée. La réponse tombe enfin. La phase première de déni peut toutefois survenir avant la quête du diagnostic, lors des premières lectures concernant l’autisme. Par contre, comme elle survient la plupart du temps avant la quête du diagnostic, elle est déjà intégrée au moment de la recherche d’une confirmation par un spécialiste. Page 12

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1. Anticipation (avant le diagnostic) Comme cette première phase survient habituellement après des années de recherches et d’introspection, parfois suite à la réception d’autres diagnostics noncorrespondants à votre situation, vous êtes inquiet. Vous avez maintenant procédé aux démarches pour obtenir un diagnostic d’autisme auprès d’un professionnel et vous avez donc en main vos dates et heures de rendez-vous pour des tests préliminaires faisant partie des démarches du spécialiste consulté. Vous vous identifiez sans l’ombre d’un doute aux caractéristiques autistiques. Celles-ci correspondent à votre réalité, et ce, depuis vos premiers souvenirs d’enfance. L’attente peut paraître longue parfois. Cependant, vous craignez qu’on vous attribue un autre diagnostic avec lequel vous ne vous identifierez pas autant qu’avec l’autisme. Vous redoutez de retomber à la case départ. C’est tout à fait légitime. Cette attente pourrait être ponctuée de doutes personnels sur le bien-fondé de vos démarches. Votre entourage, si vous vous ouvrez à eux à ce sujet, pourrait tenter de vous dissuader, souvent par crainte que le diagnostic ne vous fasse plus de mal que de bien. Si vous sentez que c’est la voie à suivre, ne désespérez pas. Gardez le cap si cette démarche correspond à un besoin interne profond de vous connaître davantage. Si vous ne recevez pas une oreille attentive des services publics et qu’on ne vous prend pas au sérieux, qu’on ne vous administre pas de tests ciblés en lien avec l’autisme, vous pourriez devoir vous tourner vers un psychologue plus spécialisé en autisme dans une clinique privée. 2. Soulagement Cette étape survient à partir du moment où le spécialiste vous confirme que vous êtes officiellement sur le spectre autistique. Elle dure habituellement quelques mois, ponctuée de moments de grandes joies et vous êtes soulagé de ne pas vous être fait de fausses idées. La durée de cette étape varie d’une personne à l’autre, mais on sait enfin « ce que l’on a ». Plusieurs vivent une grande euphorie, lisent tous les livres ainsi que toute la documentation à leur portée afin de mieux se comprendre et ressentent souvent une certaine fierté et un apaisement. Page 13

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3. Ruminations/colère La majorité des personnes autistes qui obtiennent leur diagnostic passent par cette phase douloureuse, bien que certains fassent un bond par-dessus, la phase de soulagement conduisant chez ces derniers directement vers la phase suivante d’acceptation. Tout dépend de chacun, de sa personnalité et de ses expériences passées. Quand la phase de ruminations et de colère est observée, elle débute la plupart du temps entre un et six mois après l’annonce officielle. Vous revisitez votre vie et votre passé est scruté au peigne fin et vous comprenez les difficultés qui ont jalonné la totalité de votre existence. Cependant, d’un autre côté, vous réalisez que vous avez traversé des épreuves qui auraient pu être évitées ou vécues autrement si vous aviez su la cause de votre différence. Vous pouvez vous retrouver submergé par un grand sentiment d’injustice, de la colère virulente et des périodes d’états dépressifs et une succession d’effondrements émotionnels. Cette phase est souvent une phase « yoyo » où alternent joies, peines et angoisse récurrente. C’est souvent au cours de cette période d’une durée variable que vous pourriez à votre tour manifester un grand rejet de la société « normale » et refuser les normes établies, les juger sévèrement et vous distancer encore davantage des autres personnes non-autistes envers lesquelles vous pourriez ressentir de grandes frustrations. En ayant le sentiment de ne pas être en mesure de rejoindre les attentes sociales, vous pourriez être enclin à vous dévaloriser tout en étant à la fois en révolte totale contre ces dernières. Vous refuserez possiblement tout compromis social et toute tentative d’intégration, même si ces derniers seraient à votre avantage. Vous pourriez même potentiellement en vouloir fortement à des êtres chers et créer des tensions supplémentaires avec eux en les blâmant. Vous pourriez développer une tendance à ne pas tendre la main vers les autres et exiger que les autres s’adaptent à vous unilatéralement. Tout devient à cet instant précis la faute des « neurotypiques » et de la société en général qui tend à tout normaliser avec des balises qui ne vous ressemblent pas. Page 14

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4. Acceptation Après la phase précédente, vous aurez alors fait le tour rétrospectivement de votre vie et constaté que la victimisation ne mène à rien et que la société ne changera pas pour autant suite à votre diagnostic. Vous serez devant l’alternative de faire de nouveaux choix pour votre bien personnel. Maintenant, vous vous comprenez davantage et vous êtes finalement outillé pour faire la paix avec un passé que vous ne pouvez de toute manière aucunement remodeler. Vous apprenez à vous approprier votre identité réelle et à tirer parti de vos forces et de vos capacités, tout en acceptant votre différence et certaines difficultés à vous fondre dans la masse. Vous ne le voudrez plus de toute manière à ce stade. Vous pouvez alors aller vers les autres sans pour autant vous métamorphoser socialement, mais apprendre à faire des compromis avec les autres et à demander des accommodements en adéquation avec certains de vos besoins propres. Vous pourriez de plus choisir de vous afficher comme personne autiste, du moins auprès de votre entourage immédiat. Notamment, vous pourrez apprendre à doser le temps « social » dont vous disposez et vos capacités pour ne pas vous épuiser aux niveaux relationnels et sensoriels. Vous allez assimiler la possibilité de faire des choix de vie en tenant compte de l’autisme. A ce stade, plusieurs personnes autistes décident de faire des changements dans leur vie, entre autres au niveau professionnel. 5. Réalisation de soi Comme indiqué sur la pyramide de Maslow, le rêve idéal est d’atteindre la réalisation et l’actualisation de soi. On peut tendre vers cette dernière étape, mais sans perdre de vue que la perfection n’existe pas, tout comme le monde environnant n’est pas parfait. Mais une personne en pleine réalisation de soi peut enfin se percevoir au-delà du diagnostic d’autisme. Elle devient alors en mesure de se voir comme une personne à part entière et vivre selon ses forces et ses critères, sans . rechercher l’approbation sociale. Elle devient en harmonie avec son identité personnelle et elle s’est départie des sentiments d’infériorité et de culpabilité. Avec le temps et la patience, elle peut enfin se réapproprier complètement sa vie Page 15

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