Génération n°8 avril 2016

 

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Journal lycéen du Lycée français Théodore Monod(Nouakchott - Mauritanie)

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Journal du Lycée Français Théodore Monod (Mauritanie) Numéro 8 – avril 2016 LA MAURITANIE: UN PAYS MATRIARCAL DE LA REALITE AU MENSONGE LA SOLITUDE LES REVES LUCIDES : DES INTERETS MECONNUS ? LES MOTS, DES LETTRES EN CONSTANTS CHANGEMENTS.

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EDITORIAL Directeur de la publication Bruno LASSAUX, proviseur Rédacteurs en chef Stéphane PERPOIL (professeur de Lettres) Raphaël RIGNOL (professeur d’Histoire-Géographie) Journalistes Zeinabou ABASS Antoine ALFONSI Alexandre BLASCO D’ARVOR Koumba Harouna DIA Inès OULD DIE Moussa KAMARA Valentin RIO

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LA MAURITANIE: UN PAYS MATRIARCAL En Mauritanie, plus d’un tiers des femmes sont chefs de familles. Elles occupent une place importante dans l’économie, la société ainsi que la politique. LES FEMMES DANS LA SOCIETE MAURITANIENNE Cette situation inédite dans une République Islamique, donne ainsi un grand pouvoir à la femme maure. « Auparavant le mariage, c’était l’alliance entre deux tribus et si la femme s’en allait, alors toute la tribu était déshonorée », nous rappelle Niang Mamadou. De ce fait, la femme peut donc faire et avoir tout ce qui lui plaira et elle aura le dessus sur les hommes. Ici, on voit que la femme est bien la maitresse du foyer. « Les anciens transmettent à leurs filles que la femme doit être dominante», toujours selon Niang Mamadou. Ainsi, le taux de scolarisation des jeunes filles est-il particulièrement élevé puisqu’il atteint 70% à l’école primaire. Néanmoins, au secondaire, il est moins élevé à cause de la pratique persistante du mariage précoce et du manque d’accessibilité des collèges en zone rurale. LA FEMME MAURITANIENNE DANS LA VIE ECONOMIQUE « Nous, on n’est pas comme les autres pays […] », nous rappelle Mme Bent Sid Ahmed Feitma. Contrairement aux autres pays arabomusulmans, la Mauritanie offre un statut ainsi que des droits et des devoirs aux femmes. Ainsi, elles participent à la vie de la société. « Moura al Mauritania hora », « La femme mauritanienne est libre », selon Mme Sid Ahmed Fatima. La femme mauritanienne est libre : elle voyage et traite ses affaires en toute indépendance. De plus, elle s’occupe aussi de sa famille, de son mari et de ses enfants. Elle a le droit de pratiquer un grand nombre de métiers. « Plus tu as de maris, plus tu es respectable », nous dit un vieil adage mauritanien. Ainsi, une femme, même mariée, continue de conserver une grande liberté de ton, voir d’autorité, y compris vis-à-vis de son mari. « Les femmes maures sont très difficiles. Si elles ne sont pas assez gâtées selon leurs goûts, elles divorcent pour un rien […] », nous dit un vieil homme habitué des coutumes mauritaniennes. La femme mauritanienne occupe une place importante dans le commerce et l'économie nationale. Nous avons l'exemple du centre commercial Chinguetti à Nouakchott : ce centre a été crée par des femmes mauritaniennes où l’on vend des vêtements traditionnels (voiles, sacs..). « L’union fait la force (...), on a crée ce centre commercial sur nos fonds propres. On a payé la banque intégralement », nous disent les femmes à l’origine de ce projet.

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Aujourd’hui ce marché est connu sous le nom de « marché des femmes ». Les femmes s’y retrouvent les après midis : elles y vendent leurs marchandises, discutent et font connaissance. LA FEMME MAURITANIENNE DANS LA VIE POLITIQUE « Ce marché appartient totalement aux femmes, ce sont elles qui l’ont créé, qui l’ont construit et ce sont elles, les propriétaires définitives du marché (...) », selon N 'Deye Penda Gueye. De surcroit, elles participent à la vie économique mauritanienne : les femmes sont concentrées dans le secteur agricole (48,6% des femmes qui travaillent) et, dans une moindre mesure, dans l'administration (14,6%) et le commerce (13,5%). De plus, la présence des femmes sur la scène économique a été renforcée ces dernières années par la promotion de femmes à la tête de certaines entreprises considérées comme modèle d’innovation et de réussite (ainsi Nancy Abderrahmane la fondatrice de la laiterie Tiviski). La constitution de 2005 réserve aux femmes un quota minimal de 20% dans l’administration. Lors des élections générales en 2006, pour la première fois libres et démocratiques, les femmes ont remporté 30% des sièges municipaux et 21% des sièges à l’Assemblée Nationale. En effet, la tradition religieuse n'empêche pas les femmes mauritaniennes d’exercer leurs professions. « Notre islam, ce n’est pas l’islam dont on parle à la télévision. Nous dirigeons, malgré le voile », explique cette mère de 4 enfants, devenue sénatrice après avoir fait campagne aux élections. ABASS Zeinabou

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DE LA REALITE AU MENSONGE Mentir consiste à falsifier la réalité en la déguisant ou en l’atténuant. Les mensonges sont employés par simple vantardise ou pour se protéger de la réalité tangible. Cependant ils ne sont pas toujours émis dans un but égoïste, ils sont aussi utilisés afin d’éviter d’affecter l’interlocuteur qui, lui, ne cherche pas forcement à entendre la réalité. Il arrive que le mensonge soit une pathologie : on parle alors de mythomanie. C’est incontestable, tout le monde ment (oui, même vous qui lisez !). Parfois la vie en société nous l’impose. Mais cela fait -il de nous tous de mauvaises personnes ? Lors des salutations, que répondre lorsque l’on nous demande « ça va ? » Alors que tout va mal ? Devons-nous feindre de la reconnaissance à la personne bienfaitrice ou devons-nous lui exprimer, en toute honnêteté, ce que l’on pense réellement de son geste ? Au cours de sa croissance, c’est à l’âge de 4 ans que l’enfant découvre enfin que les adultes ne savent pas tout de lui et à l’âge de 7 ans, qu’il réalise complètement que personne « n’entend » ses pensées. A partir de ce moment, il s’initie à « l’art du mensonge » pour éviter les punitions, protéger ceux qu’il aime etc. Ce qui est surprenant ici, c’est que le mensonge peut contribuer au bon développement de l’enfant et à son équilibre psychique. Mais à contrario, qu’est-ce que la réalité… ? La réalité est la vie réelle telle qu'elle est, par opposition aux désirs, aux illusions. Et sur la même lancée, qu’est -ce que la vérité … ? La vérité est l’adéquation entre la réalité et l'homme qui la pense. Autrement dit : c’est une idée, une proposition qui s'accorde avec le sentiment que quelqu'un a de la réalité. Elle fusionne sans cesse avec les sentiments de la personne en question. Bien que le mensonge puisse être issu de l’interprétation de la réalité, donc de la vérité, il est aussi employé dans le but de détourner la réalité. Dans ce cas, il sert de bouclier à une vérité qui aurait des incidences dommageables ou encore un manque ou excès de confiance en soi. A force de mentir, l’individu prend goût au mensonge qui devient « sa gomme à problèmes ». Contrairement au menteur ordinaire, pour le mythomane, le mensonge n’est pas un moyen de parer à la réalité consciemment, tout en sachant qu’elle est erronée. Son but n’est aucunement d’escroquer autrui, le mythomane se trompant avant tout d’abord lui-même. En effet, il souffre d’une déficience narcissique et d’une forte anémie en amour-propre. Il n’est pas fier de sa personne et ment pour compenser ce manque. Car ses propos s’adressent, en premier lieu, à sa personne. Il est perdu dans ses affabulations, et il arrive à un stade où il ne discerne plus le réel de la fiction. Une fois son mensonge découvert, il en invente automatiquement un autre, bien qu’intérieurement, il demeure fortement bouleversé ; il peut alors en résulter de sévères crises d’angoisses. Les mythomanes trouvent cependant une puissance dans le fait de mentir, celle de rendre tout ses souhaits réalisables, en faisant simplement l’effort de parler. Les victimes de cette maladie sont des gens ayant souvent eu des parents manipulateurs ou trop naïfs. Elles se sentent profondément seules, ayant trop souvent rêvé de parents prestigieux. Inès DIE

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LA SOLITUDE Avant de parler de solitude, il faut savoir à quoi on a affaire. Je vous le demande : qu’est-ce que la solitude ? Vous pensez que la réponse est évidente ? Pourtant, d’après un sondage réalisé auprès d’une classe de 1ère de 23 élèves, 7 se sont abstenus de répondre et sur les 13 autres, seulement 3 élèves ont su fournir des Avant de nous attaquer à la « réflexion » de ce thème, orientons-nous d’abord sur la définition de la solitude. Le petit Larousse illustré, 2011, page 950, « solitude : Etat d’une personne seule, retirée du monde ; isolement. » N’est-ce donc pas une définition bien choquante de la solitude ? Et bien pourtant non ! En effet, beaucoup de personnes considèrent cette définition proche de leur idée de ce qu’est la solitude, insistant cependant sur la notion d’isolement, définie par l’exclusion d’un individu, la mise hors d’un groupe, voire le refus de lui apporter toute compagnie. Est-ce donc si compromettant d’être seul aux yeux des autres − et peut être de soi-même ? Eh bien oui ! Revenons à notre solitude. Si, pour un individu, je suis seul, donc sans amis, sans groupe, cela peut-il vraiment signifier que je suis isolé du monde ou tout simplement seul ? Je le suis car les autres ont décrété que je le suis. Je ne deviens donc non pas isolé par mon envie ou mes actions mais par le jugement et le rejet des autres. Etre seul signifie pour beaucoup ne pas avoir d’amis. Pourtant, c’est faux. En effet, la compagnie omniprésente d’un ami (ou d’un larbin) que l’on traîne partout avec soi pour se rappeler sa domination par rapport aux autres ne joue en rien sur le fait que réponses convenables, les autres étant considérées dans l’immédiat comme non satisfaisantes. Pas si évident finalement ! Mais alors, qu’est -ce vraiment que la solitude ? Pose-t-elle vraiment problème ? La solitude serait-elle vraiment un problème ? l’on soit sociable, mais signifie plutôt que nous affrontons notre propre solitude. Pourtant la solitude est contre-nature! La communication est ancestrale et est utilisée par de nombreux animaux qui vivent en groupe. Les loups sont un exemple de cette dualité solitude /meute : en effet, les loups vivent en groupe sous une certaine hiérarchie ; et les loups qui vivent seuls faisaient autrefois partie d’un groupe et ont été renvoyé a cause de leur comportement, ou se sont les seuls survivants d’une meute morte. C’est pourquoi la solitude est naturelle mais est presque un passage obligé à une période de la vie en communauté. Cependant, la vie parmi ses semblables et la communication peuvent êtres tellement essentiels que, face à une solitude totale et dans l’impossibilité de communiquer avec ses semblables, ces individus meurent, mentalement du moins.

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Des solitaires en puissance : les misanthropes Parlons à présent des misanthropes. Page 650, « misanthrope : Qui aime la solitude, qui fuit ses semblables ; bourru, insociable. Du grec : haine de l’homme. ». Là, cette solitude beaucoup plus forte peut être un problème, et un gros ! Eh bien oui ! Quelqu’un qui aime la solitude peut sembler étrange face à tous les gens « sociables » ; mais fuir les autres à cause d’une haine persistante reste un problème car le contact humain est l’un des nombreux facteurs permettant de garder un esprit sain, du moins d’éviter de devenir « gaga ». Rester éloigner des autres, et ne pas tout le temps être en groupe, représente une peur, un effort psychologique pour les uns ou une indifférence totale pour les autres. Ces misanthropes recherchent la solitude pour être en paix, pour s’interroger sur eux-mêmes. Pour certains, la solitude serait même essentielle, car selon l’écrivain contemporain Sylvain Tesson, sans elle, la vie ne serait qu’un « heureux, paisible et ennuyeux cheminement. » Nombre de ces misanthropes sont considérées comme fous, car la solitude, recherchée ou non, peut conduire au désespoir, et dans des cas extrêmes, à la schizophrénie. Rappelez-vous ces histoires d’hommes retrouvés fous sur des îles désertes. Comment, au bout de temps d’années seuls, les misanthropes peuvent ils garder leur raison ? Car ils résistent mieux que les autres à la solitude : une étude récente a montré que les contacts sociaux libèrent de l’endorphine, qui procure du bien être, et qui est nécessaire à notre équilibre mental. De plus l’intensité de ce bien-être dépend de la sensibilité de nos récepteurs d’endorphine. Nombre de misanthropes font donc partie d’un faible pourcentage de la population possédant un faible degré de sensibilité à l’endorphine, permettant ainsi de rendre la solitude moins problématique. Pour conclure, la solitude n’est donc pas néfaste ; cependant l’abus de solitude est dangereux pour la santé mentale ; elle est donc à consommer avec modération. Antoine ALFONSI Valentin RIO Bibliographie : Petit Larousse illustré 2011 SVJ HS N° 80 Credits photo: http://lecoindescritiquescine.com/wpcontent/uploads/2015/07/3080383709_1_5_xJF9A8jj.jpg

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LES REVES LUCIDES : DES INTERETS MECONNUS ? Nombre de penseurs, hommes politiques et artistes de tout temps ont su tirer profit du monde qui les entoure pour parvenir à leurs fins, aussi diverses soient-elles. Certes, cette appropriation du réel est intéressante en soi, mais que diriez-vous d’utiliser des outils aussi simples que vos périodes de sommeil de façon productive ? Des surréalistes tels que Paul Éluard se sont distingués par leur remise en cause du monde qui les entoure et l’importance consacrée aux visions oniriques. « Il y a un autre monde, mais il est dans celuici» affirmait ce poète du XXème siècle. Ainsi, le sommeil, qui n’est à première vue qu’un besoin vital rythmant notre vie, est parfois à même de nous révéler bien des secrets. LE SOMMEIL, UN FONCTIONNEMENT DEFINI ? peu à peu conscience du monde extérieur, c’est le stade 1, dit de somnolence. Lors de cette étape, nous « sombrons » sans nous en rendre compte dans un état de sommeil. D’ailleurs, une fois endormis, l’activité de notre cerveau change foncièrement en passant à un stade de sommeil lent, c’est l’avènement du stade 2, caractérisé par une baisse substantielle de l’activité de notre cerveau. On pourrait alors penser que le sommeil n’est, en fin de compte, qu’une période de « repos » cérébral qui se répéterait régulièrement toutes les nuits de notre vie. C’est en effet Avant tout, il est indispensable de se pencher sur nos différents cycles de sommeil afin de mieux comprendre le déroulement d’une « nuit normale » telle que les humains la connaissent. Ils se décomposent en différentes étapes, plus connues comme « stades de sommeil », qui sont régulées par des horloges internes à notre cerveau. De manière générale nous expérimentons environ quatre cycles de sommeil qui se répètent chaque nuit. La première moitié du sommeil est marquée par un sommeil profond et la seconde est surtout constituée d’une alternance entre un sommeil léger et paradoxal. Mais, que signifient précisément ces concepts ? En tentant de concilier le sommeil, notamment la nuit, notre corps se détend progressivement, relâchant les organes moteurs tels que les jambes et les bras, et perd l’hypothèse qui prédominait au sein de la communauté scientifique jusqu’aux années 1950, où toutes les connaissances et certitudes de l’époque furent remises en cause par la découverte du REM (Rapid Eye Movement), un mouvement des yeux qui apparaît au stade 3 de notre sommeil et dont la présence est la preuve d’une activité cérébrale importante. D’ailleurs, grâce aux techniques d’imagerie médicale actuelles, il

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apparaît clairement que les stades 3 et 4 sont en effet caractérisés par une activité du cerveau particulièrement intense, que l’on compare même à celle produite pendant l’éveil. C’est pendant ces dernières étapes que nous rêvons, mais, même si celles-ci riment souvent avec un déroulement d’images dont nous nous rendons compte uniquement lors du réveil, il arrive que, parfois, nous soyons capables d’interagir consciemment avec ces visions oniriques. ON DENOMBRE ENVIRON QUATRE STADES DE SOMMEIL… Un rêve lucide est, en effet, un rêve durant lequel le rêveur sait qu’il est en train de rêver. Ce dernier a alors un certain contrôle sur ses actions et sa personne, mais également sur son environnement qu’il peut changer selon ses préférences et ses goûts personnels (les témoignages de personnes qui « voyagent » dans différents endroits et milieux pendant ce type de rêves ne sont pas rares). En outre, la littérature (et plus récemment Internet) regorge d’exemples de « rêveurs lucides » dont les expériences oniriques se distinguent par leur originalité, allant de « voyages à travers le temps » à la création de créatures fantastiques. Néanmoins, les rêves restent soumis à une série d’influences subconscientes qui échappent au contrôle du rêveur et limitent son pouvoir de création. L’utilité de ces expériences oniriques reste partagée et suscite différents débats. Cependant, il est clair qu’ils offrent un éventail de possibilités dont la seule limite semble être notre imagination. En ce sens, beaucoup l’associent à une émancipation personnelle, à une « délivrance » des contraintes imposées par le temps et des forces naturelles comme la gravité. Parallèlement, selon une série d’études statistiques menées par un psychiatre américain, les personnes connaissant des rêves lucides seraient en meilleure santé psychique que leurs contemporains, même si les indices mesurés, entre autres le taux de dépression et des évaluations du comportement, sont évidemment limités et synonymes de scepticisme chez d’autres experts. En tout état de cause, l’absence de rêves lucides ne pose pas de sérieux problèmes. QUEL EST L’INTERET DES REVES LUCIDES ? Au demeurant, ils constitueraient davantage des moyens d’intensification des perceptions ou de création au niveau artistique en tant que source d’inspiration (dans la musique ou la peinture par exemple). De même, certains professionnels de la médecine leur accordent une place croissante dans le traitement du stress ou de troubles post-traumatiques, dans la mesure où ils permettent à un individu de « revivre » dans les bras de Morphée une expérience choquante afin de la surmonter. Les rêves lucides sont alors également un support de travail sur soi. Mais quelles sont les modifications qui se produisent lors d’un rêve lucide, et surtout, comment peut-on favoriser leur apparition ?

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LA LUCIDITE : UN APPRENTISSAGE ? Récemment, le neurologue Allan Hobson a publié une thèse selon laquelle lors d’un rêve lucide une aire caractéristique du cerveau, notamment inutilisée pendant le sommeil, se réactiverait pendant un rêve lucide : il s’agit du cortex préfrontal dorso-latéral dont la dénomination complexe cache en réalité un fonctionnement assez compréhensible. Cette aire cérébrale est impliquée notamment dans la conscience de soi et le jugement critique. D’où la remise en cause du rêve précédant le début de la lucidité. Aussi, je conseille au lecteur de se référer à la liste de « liens utiles » en fin de magazine si jamais une telle instruction lui paraît intéressante. Ainsi, face à la découverte scientifique des rêves lucides de nombreuses questions se posent, entre autres les innombrables ressources et applications possibles conduisent à un examen plus rigoureux des périodes de sommeil et leurs multiples intérêts. Sans oublier les éventuelles limites et problèmes susceptibles d’apparaître sur le long terme et dont les détails ne sont pas, à nos jours, clairement élucidés. ILS OFFRENT UN EVENTAIL POSSIBILITES NOUVELLES DE Il est alors légitime de se demander comment nous pouvons provoquer un tel rêve. Les rêves lucides, bien que certaines personnes semblent être favorisées dès leur naissance, sont susceptibles d’un apprentissage. Lors de celui-ci, différentes techniques d’induction sont utilisées pour provoquer la lucidité soit au cours d’un rêve, avec notamment des « tests de réalité » poussant le rêveur à remettre en cause le monde qui l’entoure, soit au cours de l’endormissement en tentant de ne pas perdre conscience afin d’entrer directement dans un rêve que l’on peut alors contrôler. L’apprentissage de ces techniques est largement répandu et regroupé dans différents livres et sites-web, il n’est donc pas indispensable de se pencher intrinsèquement sur la manière d’envisager leur approche. De fait, au final, rêve et lucidité conservent leur part d’antagonisme et leur assimilation pratique ne saurait se séparer d’une certaine prudence. Alexandre BLASCO D’ARVOR Sources et liens utiles. http://the-dark-deity.overblog.com/le-reve-lucide-qu-est-ceque-c-est-un-reve-lucide-est-un-reve-on-est https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%AAve_lucide#L.27exp.C 3.A9rience_du_r.C3.AAve_lucide http://www.ld4all.com http://future.arte.tv/fr/le-reve-et-ses-mysteres/le-revelucide-rend-il-heureux http://future.arte.tv/fr/le-reve-et-ses-mysteres http://www.collective-evolution.com/2013/10/18/luciddreamers-produce-the-fastest-brainwave-frequencies-everrecorded

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LES MOTS, DES LETTRES EN CONSTANTS CHANGEMENTS Aujourd'hui plus qu'hier nous utilisons un mot pour un autre. Qui n'a jamais utilisé ces passepartout, ces mots qui ne veulent rien dire, ces « trucs », ces « choses » ? Plus qu'hier, nous manquons de vocabulaire et de ce fait, nous sommes condamnés à utiliser, détourner, transformer des mots. Leur sens s'en trouve donc modifié à jamais et leurs valeurs oubliées... Mais pourquoi, aujourd'hui, admettons-nous qu'un mot puisse en remplacer un autre ? Chaque mot a une histoire, une trace et une vie. Un mot, ce n'est pas des lettres tombées du ciel qui, mises ensuite dos à dos, se sont inscrites dans le dictionnaire ! Un mot, c'est tout une recherche de racines, de sonorités et aussi tout un travail d'exactitude : trouver le mot juste et la définition juste ne sont pas simples ! Aujourd'hui, nos mots sont annotés dans chaque dictionnaire. Les mots sont balisés par des définitions « simples ». Et pourtant, nos copies corrigées sont coloriées de « md », soulignées par une ligne tremblotante. Le mot juste nous échappe et nous revoilà obligés d'utiliser un équivalent qui n'existe pas. Cette perte de valeur « motique » se retrouve dans plusieurs langues, que ce soit dans des langues européennes comme le français ou l'anglais, ou encore africaines comme le peulh. Bien que certaines langues aient des racines semblables comme l'allemand et le français, leurs mots se sont éloignés peu à peu au fil du temps. Ainsi un « nègre » en français n'a pas les mêmes connotations qu'en anglais ou encore en espagnol. D’autres mots ont même, parfois perdu leurs sens premier... Qui n'a jamais entendu une personne parler de sadisme en oubliant le sens propre de ce mot ? Or, le temps a fait que peu à peu les mots se sont modifiés et ont dérivé, oubliant parfois le sens premier de celui-ci. Il fut un temps où les paroles étaient surveillées, où les mots étaient clairement choisis et réfléchis. Nul n'osait remettre en cause la filiation d'un ami par un seul et unique mot. Les insultes avaient alors une valeur qui ne pouvait être ignorée. Personne n'osait utiliser un mot dont sa définition n'apparaissait pas clairement dans son esprit. En Afrique, les langues ont évolué en fonction des langues côtoyées. En effet, on remarque souvent dans le ouolof des mots français tout comme en hassaniya et en peulh. A force de remplacer un mot par un autre, la richesse de ces langues s'oublie et disparait. L'appropriation des langues autres a bercé l'Afrique. Les dialectes premiers se sont effacés au profit d'autres langues. C'est l'un des maux issus de la colonisation mais aussi de la mondialisation. En effet, les anglicismes bercent toute conversation. De « business » à « cool », de « bouteille » à « tengal menthe », la tour de Babel continue à s'édifier. DIA Koumba Harouna

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