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Bulletin Avril 2016 N°1

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avril 2016 Numéro 1 Vous désiréz ? Un péu dé poésié s’il vous plaît… EDITO L’équipe de “A Vaulx Projets” publie son deuxième bulletin ! Enfin ! Nous aurons mis un peu de temps certes mais il est là. A cette occasion, nous joignons deux poèmes et la reproduction d’un tableau de quelqu’un qui nous est proche… et une interview d’une poète à la voix singulière, à découvrir donc. Outre les recueils de plusieurs poètes contemporains (voir ci -contre), vous pourrez trouver à la Matacena, dans la collection “Poésie/ Gallimard”, Philippe Jaccottet “l’entretien des muses, chroniques de poésie”, Marina Tsvétaïéva “Le ciel brûle suivi de tentative de jalousie” et “Insomnie et autres poèmes”. Nous avons reçu plusieurs poèmes, continuez à nous en envoyer, dans la mesure de la place disponible nous les publierons en fin de bulletin. Adresse : avaulxprojets@gmail.com ou A Vaulx Projets 8, La petite impasse 38144 NOTRE DAME DE VAULX Dans ce numéro (bois, putes, oiseaux) Indovina suivi de Ailleurs naît si vite Le citronnier Mes amours déboussolées J’aurais dû prendre des photos 2 3 3 3 2 Histoires (presques) varies Interview de Marlène TISSOT Le poids du monde Extraits de “Lame de fond” Revue Poésie/Première N° 63 Quelques poèmes reçus... 4 4 6 7 7 8 à 11

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NaTYoT : “(bois, putés, oiséaux)” Artiste pluridisciplinaire, passionnée des mots, de musique et d'art, architecte et chanteuse, performeuse et auteur, Nathalie Yot a un parcours hétéroclite à l'image de son écriture. Nathalie Yot est née à Strasbourg en 1966 et vit à Montpellier. Elle est diplômée de l’école d’architecture en 1992 mais préfère se consacrer à la musique (auteur compositeur interprète signée chez Barclay) puis à l’écriture poétique. D’abord dans le domaine de l’érotisme, elle publie Erotik Mental Food chez L’harmattan (2008) et deux nouvelles Au Diable Vauvert (Prix Hémingway 2009 et 2010). Elle prend le pseudonyme de NATYOT. Elle explore ensuite d’autres thèmes, ne laissant de coté ni l’intime, ni la chair car elle dit beaucoup d’elle, fait le tour de son isolement, toujours avec la même intensité. Source : http://www.cubik-lagalerieboutique.com/les -cubistes/natyot Notre appréciation : I : Une quête de liberté qui se construit et se déconstruit dans les bois. On ne sait pas toujours si la femme frise la folie ou accepte sa vie réelle. On ne sait pas toujours quels sont les termes de son hésitation. Ce qui se résout en un portrait déroulé dans le temps de la vie féminine. Les dessins de l'oiseau qui accompagne font penser à un futur enfantement. L'auteure a terminé son propos en insérant entre chaque poème une transcription du chant des oiseaux de nos forêts. A : Libération par l ‘écriture souvent âpre, parfois brute de décoffrage. A tout le moins, c’est une voix qui retentit et ne laisse pas indifférent Paola PIGANI : “Indovina suivi dé Ailléurs naît si vité” Domiciliée à Lyon, éducatrice de jeunes enfants, Paola Pigani est née en 1963 de parents italiens émigrés en terres charentaises. Son enfance au milieu d'une famille nombreuse et l'apprentissage du silence, de la contemplation et de la lecture avec une aïeule d'origine slovène, la préparent à la découverte de l'écriture poétique. Pendant ses huit années de pensionnat, elle lit, à la lueur d'une lampe de poche, Cocteau, Rimbaud, Kafka, Rilke, Le Clezio, Pavese... Des lieux de son enfance, de ses voyages en Italie, dans les pays de l'Est, au Canada et des villes de France où elle a habité, elle a gardé en tête un vivier d'images qui viennent s'insinuer dans son écriture à des moments inattendus. Depuis une vingtaine d'années, elle partage son temps entre le monde de l'enfance et l'écriture. Elle a déjà publié plusieurs recueils de poésie. Son premier roman, "N’entre pas dans mon ame avec tes chaussures", a été sélectionné pour le Goncourt du premier roman en 2014. Source : http://www.babelio.com/auteur/Paola-Pigani/ Notre appréciation : I : Est-ce une incantation ? Ou plutôt une belle invitation à voir le monde à travers les yeux curieux de l'auteure ? Dans ce recueil en deux parties, elle nous promène tout d'abord à travers les villes qui l'ont marquée, fait réagir, permit de comprendre une diversité du monde qu'elle accepte et revendique comme un bien. Puis, dans le second poème, entièrement dédié aux "Rroms", la charité qu'elle avoue souvent n'est peut-être pas la panacée, mais ce premier regard qu'elle offre à lire est une première marche pour notre réflexion. Le livre se termine par une conversation de l'auteur avec Thierry Renard. A : Une préférence très marquée pour “Ailleurs naît si vite” (dédié aux Rroms). La charité, pas certain, plutôt un regard tendre et chaleureux. 2

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Samantha BARENDSON : “Le citronnier” « Samantha Barendson n’est pas un pseudonyme, mon patronyme norvégien, Barendsön, date de l’époque des Vikings. Quant à moi, je suis un peu argentine, un peu française, un peu italienne et j’écris des poèmes dans toutes mes langues, seule ou avec mes amis poètes, musiciens, peintres, illustrateurs ou photographes, j’écris à la main des livres d’artiste, j’écris également des pièces de théâtre et des contes pour enfants. J’aime à déclamer, crier, hurler ou chanter sur scène, je suis parfois un peu comédienne, un peu frustrée de n’être pas une chanteuse de tango. Je publie régulièrement dans des revues de poésie. Quatre de mes recueils de poèmes sont actuellement disponibles, Le citronnier aux éditions Le Pédalo ivre, Coquelicots au Pré # carré éditeur, Les délits du corps chez Christophe Chomant éditeur, et Le poème commun (avec Jean de Breyne) aux éditions Lieux-dits. « Source : http://www.samantha-barendson.com/ Notre appréciation : I : Etonnant jeu de questions autour de la recherche d'un père mort trop tôt. Comme un collage, comme une mosaïque où chaque tessère serait d'une couleur différente, comme un tableau du siècle dernier. L'auteure, de mère argentine et de père italien, nous entraîne dans sa quête. Pose-t-elle les bonnes questions ? D'autres orphelines poseraient-elles les mêmes ? Peu à peu, une silhouette se précise et lui permet d'approcher cet homme dont elle n'a aucun souvenir. Un homme qui se révèlera prisonnier de son époque, et auquel sa fille rendra, longtemps après qu'il fût "devenu un citronnier", son identité profonde. Yvés ARTUFEL : “Mes amours déboussolées” ét “J’aurais du préndré dés photos” « Je suis né en 1959, instituteur pendant 25 ans dans les Hautes-Alpes où je réside depuis toujours, j'ai créé la revue et les éditions Gros Textes en 1991. Plus de 400 ouvrages ont été publiés sous cette enseigne. Je suis l'auteur de trois ouvrages : Mes amours déboussolées (2000), Ma vie en rose (2006) et J'aurais dû prendre des photos (2012), ainsi que d'un polder dans la revue Décharge Il faut repeindre le moteur. J'ai également publié en revue dans les années 90. fois, un détail fait dérailler le train nostalgique de toutes ces petites saynettes de la vie passée, des instants transformés par une mémoire douce. Un univers à part, tissé d'évocations d'amours disparus ? Et souvent une chute dans l'absurde de la réalité. I. « Mes amours... » : Dans un format à l'italienne, "la petite mélodie du dedans" de l'auteur le rabat systématiquement à ne rien faire, à ne pas s'imaginer des choses, à ne pas croire en une réalité, mais s'efforcer de préciser des baisers qui ont parfois des "yeux bleu cigale". Prix de poésie Depuis 2010, je suis éditeur à plein temps et bou"Jacques Bertin" 2000 qui récompense un "poète quiniste. Quand je ne m'occupe pas de livres, je francophone qui a peu de choses à dire au fond". jardine ou promène mon chien. » I. Source : http://evelynemorin-poesie.pagesperso- Des images fulgurantes plaquées sur le quotiorange.fr/ dien, des tentatives de renouer avec l’enfance mais la mémoire fait souvent défaut ou n’est que vague approximation et c’est toute la poésie Notre appréciation : « J’aurais dû… » : Un incessant ressassement qui d’Yves Artufel, et c’est tant mieux. A. fait penser à des souvenirs tournoyant sans fin dans la rivière d'une pensée rêveuse. Quelque- 3

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Marléné TISSOT : “Histoirés (présqué) vraiés ” Marlène TISSOT est venue au monde inopinément. A cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu'il n'y avait pas de mode d'emploi. Sait dorénavant que c'est normal si elle n'y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu'elle a dix-ans-et-demi et capture des images depuis qu'elle a eu de quoi s'acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais sait mettre un pied devant l'autre et se brosser les dents. Ecrira un jour l'odyssée du joueur de loto sur fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l'instant se consacrer à des sujets un peu moins osés. PS : J'ai aussi un petit oiseau bleu, pas du genre qui palpite dans la cage thoracique, mais du genre que je nourris assez peu, du genre qui fait un peu ce qu'il veut, il n'est pas dans une cage et les fils à la patte, c'est pas mon truc... N'empêche, j'ai un petit oiseau bleu. Source : http://monnuage.free.fr/ Notre appréciation : Fragilité. Cet ensemble de poèmes reflètent une femme qui semble bien ne pas s'aimer, douter en permanence, désirer mais en même temps repousser dans sa tête le désir que l'autre lui témoigne. Huit poèmes (presque vrais) répartis dans ce recueil donnent peu à peu la clé de cette personnalité complexe et en même temps témoin de ce que vivent souvent les femmes. I. Marlène est un petit brin de femme qui a une écriture simple. Elle parle le plus souvent du quotidien, d’elle aussi, un peu beaucoup. Une écriture directe et simple qui brusquement avec quelques mots qui se rassemblent, se blotissent les uns contres les autres, dessiner une image venue d’on ne sait où et qui nous émeut, nous éblouit ou nous interpelle. Marlène distille aussi un humour tout en finesse : « Je devrais peut-être me lancer dans l ‘élevage clandestin de moutons sous le lit » Une poète à découvrir… A. Interview TISSOT Marlène, comment es-tu " arrivée" à l'écriture de poèmes, quel a été l'élément déclencheur ? A vrai dire, j’ai commencé l’écriture par la forme poétique, quand j’étais encore toute gamine, vers 10-11 ans, et je fichais des rimes partout. Je suppose qu’à l’époque, la contrainte m’aidait à donner une forme à ce foisonnement qui me germait dans la tête. L’élément déclencheur ? Sans doute, justement, ce trop-plein qu’il me fallait évacuer d’une manière ou d’une autre. Ces émotions exacerbées que je ne savais/pouvais pas exprimer autrement qu’à l’écrit. Pourquoi la poésie et pas une autre forme d'expression ? Oh, si, j’utilise d’autres formes d’expression à l’écrit, notamment la forme romanesque, les nouvelles. Mais la poésie est partout où l’on veut la voir, la poser. Enfin, je crois. (Et à part ça, je peins un peu et photographie souvent, mais l’écrit reste la matière dans laquelle je me sens le plus à l’aise) As-tu des poètes référents, des poètes qui t'ont orienté dans ta manière d'écrire, dans ta forme d'écriture ? Non, pas vraiment. Il y a des veines qui me touchent plus que d’autres, notamment les poètes américains de la beat generation. Mais je les ai découverts après être entrée en poésie. Je suppose que tout ce qu’on lit nous influence, ou plutôt nous nourrit, d’une manière ou d’une autre, même si c’est inconscient. Tout ce que je peux dire, c’est que je lis énormément (pas uniquement de la poésie, mais beaucoup), dans un tas de styles et d’époques différents, et que je ne cherche surtout pas à suivre un quelconque chemin et encore moins à me laisser emprisonner dans une case. Comment naît l'écriture d'un poème ? Est-ce spontané, ou un mot, une phrase te traverse -t -elle l'esprit et ensuite tu travailles dessus ? Chaque naissance est différente. Je n’ai pas réellement de processus, d’habitude, de manie. Parfois un texte arrive d’un jet, d’autres fois par bribes, une phrase, une idée, qui va me tourner dans la tête un moment avant de prendre sa forme. Je laisse les choses se faire 4

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comme elles le décident.. Prends-tu des notes, qu'elle est ta " méthode" de travail ?... Comme je te le disais dans la réponse précédente, je laisse les choses venir comme et quand elles veulent. Le travail assidu et docile, chaque jour entre telle et telle heure, j’ai essayé, mais ce n’est pas pour moi, ça ne fonctionne pas. Par contre, je griffonne beaucoup. Une phrase, un mot qui vient me titiller l’oreille, une idée… et j’y reviens plus tard et parfois la magie opère, les choses s’emboitent, prennent forme et j’ai la sensation de n’y être absolument pour rien. Tu publies un recueil, " Lame de fond" , ce recueil comporte un certain nombre de poèmes. J'imagine que tu pars d'une idée précise et que tu regroupes tout ce qui peut la nourrir ? Or, les poèmes choisis n'ont pas été composés d'une seule traite. Réunis -tu des poèmes d'époques diverses, récentes ou plus anciennes, mais en tenant compte de leur poids symbolique ? Contrairement à mes autres recueils de poésie, « Lame de fond » a été construit pièce par pièce. D’habitude, j’écris des poèmes, sans me soucier de quoi que ce soit. Je commence à les regrouper quand je leur sens une affinité mais j’ignore ou cela va me mener. C’est seulement quand j’ai un ensemble assez volumineux que je m’y penche, que j’ajoute et supprime certains textes, tente d’y appliquer une ligne conductrice. Pour « Lame de fond », le processus a été plus proche de l’écriture d’un roman ou une nouvelle parce qu’avec ces textes, je voulais raconter une histoire. C’est peut-être pour cette raison que j’ai utilisé la forme de proses. Je ne sais toujours pas si c’était une bonne idée… Le recueil sur lequel je travaille actuellement comporte également une certaine linéarité, une trame narrative, mais il m’est venu au bout du stylo sous forme de vers (et je ne sais pas non plus si c’est une bonne idée). Je laisse venir… Et, sinon, je reprends assez rarement des textes anciens. S’ils datent de deux voire trois ans, ça peut passer, mais pas toujours. C’est un peu comme si je m’en détachais, comme si je ne retrouvais pas la manière dont ils ont résonné en moi au moment de les écrire. La plupart du temps, est-ce le lien que tu veux mettre en lumière qui t'inspire le titre du recueil ? Ou le titre ou un passage précis d'un poème que tu choisis ? Pour être tout à fait honnête, je ne suis franchement pas douée pour les titres ! C’est un peu comme si j’avais du mal à prendre le recul nécessaire pour voir le paysage entier du recueil… Et puis il y a l’éditeur qui a son mot à dire. Par exemple, pour « Sous les fleurs de la tapisserie », il s’agit du titre d’un des textes et il me semblait assez bien définir le sous-jacent du recueil. Pour « Histoires (presque) vraies », c’est une suggestion de l’éditeur qui n’aimait pas le titre que je lui avais proposé (et puis le recueil est ponctué de petites histoires presque vraies numérotées qui reviennent un peu comme un refrain). Pour « Lame de fond », il y a eu beaucoup d’échanges avec l’éditeur. Mes idées ne lui plaisaient pas, les siennes ne me plaisaient pas. Nous avons fini par tomber d’accord sur celui -ci. Je voulais absolument quelque chose qui ait à voir à la fois avec l’univers marin et les émotions. Je pense que c’est le cas ici. Et puis, il y a toujours le souci (surtout pour l’éditeur, je suppose) de souhaiter que le titre attire, éveille l’intérêt, guide, donne une indication de ce qui nous attend dans les pages. En tant qu’auteur, on sait ce qu’on y a mis, mais c’est plus difficile de savoir le résumer en quelques mots… Pourrais-tu préciser ta méthode de travail : la façon dont tu abordes ton sujet, les ingrédients que tu rassembles pour l'étoffer, l'éclairage que tu veux donner au recueil en cours d'élaboration... Ah, fichtre ! Je n’ai pas une réponse mais plusieurs. Chaque recueil a son propre caractère, sa propre manière d’arriver (par bribes éparses ou avec déjà une forme plus ou moins définie). En général, je n’aborde pas un sujet, c’est le sujet qui m’aborde. Parfois, il arrive timidement et il me faut avoir cumulé beaucoup de textes avant de parvenir à en dégager quelque chose. D’autres fois (comme pour « Lame de fond » et « Amnésie(s) », le recueil sur lequel je travaille en ce moment) 5

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c’est l’idée qui me tire par la pointe du crayon. Lorsque je ne sais pas où je vais, je me laisse guider, j’écoute les voix à l’intérieur de moi, je maçonne tranquillement. Lorsque j’ai une idée très précise dès le début, paradoxalement, c’est plus compliqué parce que mon écriture (l’élan qui te fait prendre le crayon) est bridée par la destination imposée. D’une manière générale, je suis peu encline à la discipline, à l’obéissance, donc plus ma ligne est fixe dès le début, plus je suis lente dans l’écriture d’un recueil. Le temps intervient-il dans l'élaboration du recueil ? Je veux dire : t'arrive-t-il de commencer selon un certain fil conducteur et, soudain, de tout chambouler pour suivre une autre idée ? Le temps intervient nécessairement dans la construction d’un recueil, mais je dois avouer que je suis assez lente. D’une part parce que je ne sais pas toujours (voire rarement) où je vais, d’autre part parce que, oui, il m’arrive de partir sur une idée pour ensuite me rendre compte que j’avais emprunté un chemin qui ne mène nulle part… Pour ce qui est de la forme poétique qui est la tienne, cela correspond-il à quelque chose de recherché, ou est-ce simplement une forme dans laquelle tu es à l'aise ? La forme poétique est quelque chose qui, à mon avis, échappe très facilement à qui en écrit. Si je me sens à l’aise dans la discipline de l’écrit (d’une manière générale, parce que c’est une forme d’expression dans laquelle je me sens libre) ça ne veut pas dire pour autant que tout est maitrisé. Par exemple, je ne saurais pas expliquer pourquoi certains textes me viennent immédiatement sous forme de prose et d’autres sous forme de vers. Il y a là quelque chose d’instinctif, absolument pas cérébral ni pensé. Et quand me vient l’envie d’y réfléchir, je suis encore plus perdue. Alors je laisse l’instinct (ou quoi que ce soit d’autre qui m’échappe) prendre la décision à ma place. C’est le fait de ne pas tout maitriser, de ne pas chercher à tout maitriser ni comprendre, qui me rend plus à l’aise. Après, il faut aussi accepter ses propres erreurs. Nous ne sommes que des vivants. Marléné TISSOT : “Lé poids du mondé” « Elle me demande pourquoi je suis aussi sombre. Elle dit qu ‘elle m’aime, qu’on s’aimetous les quatre et que ça, personne ne pourra jamais nous l’enlever. Elle dit que, quand ke suis comme ça, j’ai l’air d’avoir le poids du monde sur les épaules. Il pèse combien, le monde ? « Cette nouvelle plonge dans le cœur d'un homme qui ne trouve plus de travail. Malgré le soutien de sa femme et ses enfants, il part à la dérive, lentement, puis de plus en plus vite, jusqu'à commettre l'irréparable. Une description de la galère de ceux qui n'ont plus confiance en eux en forme de scénario. I. 6

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Marléné TISSOT, éxtraits dé “Lamé dé fond” son dérniér récuéil. « L’hiver a emprisonné ton absence dans sa glace. Rien ne bougeait. Le silence neigeait, lourd et lent. Nos sourires fragiles comme la surface d’un lac gelé sous des pas imprudents. La sensation lancinante de devenir givrée. » « Verbiage des moineaux derrière les volets clos. Matin de printemps, cinq heures trente. Ton absence fait trop de bruit. Il manque ta voix. Démêler les filets, sortir mon cœur de sa léthargie. Il est temps de te réinventer, de larguer les amarres. » « Un voyage immobile ne suffira pas à écoper ma peine. Je dois partir vraiment. Voguer, dériver. Et tant pis pour les tempêtes. Partir à ta recherche ou peut-être à la mienne. Il y a si longtemps que je me suis perdue de vue. La réalité de mes contours comme estompée. Ce drôle d’habit de chair me laisse presque nue. J’existe sans exister tout à fait. Comme si la vie ne me tenait plus dans ses bras. J’aimerais fleurir de nouveau en marchant dans tes pas, reprendre forme humaine, renaître de tes cendres. » LES REVUES La revue dès le début s’inscrit contre toute forme conventionnelle, et résiste contre tout déni du lyrisme. Et c’est depuis autant d’années un réel vecteur de découverte pour bien des poètes contemporains dans ce même sillon, qui trouvent là, par la suite, un éditeur attentif. (source « Décharge »). A chaque numéro, un thème. Ce numéro évoque, et non commémore, le poète Alain Borne , grand poète s’il en est du XXe siècle. Il était avocat, mais sa parole de poète ne l’entraînait pas vers l'éloquence. Il fut l’ami de Pierre Seghers avec qui il crée, en pleine résistance, Poésie 40 . Il participe en 1946 au Comité National des Écrivains. Il côtoie Aragon. Pierre Seghers qui fut intime avec lui le considérait au moins comme l'égal de Paul Eluard. Aragon qui découvrit "Neige" en 1941 l'encensa, mais surtout René Char qui parlant "des beaux et poignants poèmes d'Alain Borne dit ceci « la mort l'avait amarré à elle solidement et ses lendemains étaient pris par elle » . Un poète oublié à redécouvrir. Ensuite deux poètes Eva-Maria Berg et Emmanuel Merle…. Outre, une interview très intéressante, nous avons la primeur de dix poèmes inédits extraits de Les mots du peintre à paraître chez Encre et Lumière. A découvrir un panorama très bref de la poésie péruvienne contemporaine, suivi de cinq poètes péruviens. Viennent enfin les rubriques habituelles, « La nouvelle », « Au théâtre », « Poésie Plurielle » et les notes de lecture. Un excellent numéro comme à l’accoutumée. 7

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MARIE-HELENE C. -----Ta bouche à ma source ----Ta bouche enlaçait mes peurs tes bras creusaient des refuges une source du fond de mes terres explorées te découvrait ses rivages au milieu de siècles d'abandon tes formules déchiffraient mes mystères devenus limpides abreuvaient ta bouche . avril 2016 MARIE-NOELLE T. Trois rubaiyat [forme de poème persan, les deux premiers vers d'un robaï (singulier de roubaïyat) riment ensemble avec le dernier, le troisième étant un vers libre] : Aube douce et sereine A chaque jour suffit sa peine Doucement la brise caresse les branches Légères comme des phalènes. Le vigneron respire Devant la beauté de son empire Son souffle lent et diaphane Envahit son âme et il soupire. Le chasseur n’ose rompre le charme Il refuse de prendre son arme Le vent ébouriffe le paysage Et il verse une larme. mars 2016 8

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CLAUDE VELLA « Harmonie de l’espoir » Voici venir l’instant où tout m’est certitude ; Chaque songe surgit comme un ardent espoir ; L’éclat de leur sursaut m'ôte le désespoir ; Adieu mélancolie et vaste solitude ! Chaque songe surgit comme un ardent espoir ; L’idéal apparaît en forte plénitude ; Adieu mélancolie et vaste solitude ! L’air est plein de plaisirs dans la douceur du soir. L’idéal apparaît en forte plénitude ; Mon cœur est confiant et reprend son devoir ; L’air est plein de plaisirs dans la douceur du soir ; Le doute s’est perdu dans sa désuétude. Mon cœur est confiant et reprend son devoir Dans l’ornement de mon immense gratitude ; Le doute s’est perdu dans sa désuétude, Là, ma conviction ne cesse de vouloir ! Extrait du recueil « Chants de plume » publié aux éditions Edilivre, 2013. 9

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CLAUDE VELLA « Une histoire à suivre » Janvier porte la neige blanche D'un décembre vêtu d'hiver, Février que le froid déclenche, Devance mars au manteau vert. Avril, que le printemps nous porte, Hésite encore ses douceurs, Mai a la tendresse plus forte Et triomphe de ses splendeurs. Le mois de juin alors sensible Arrive avec son bel été, La chaleur est irréversible, Juillet a son immensité. Puis voici que août ne s'attarde, Tantôt pluvieux, tantôt clément, Et septembre baisse la garde Pour un autre pressentiment. Voltigent les feuilles d'octobre Dans un sombre roux automnal, Tandis que le mois de novembre Invite un décembre hivernal. Extrait du recueil « A fleur des saisons » publié aux éditions Edilivre-Aparis, 2011. JANINE B. Un limerick - Un limerick est un poème humoristique, à l'origine en anglais, de 5 vers rimés (rimes aabba) - et deux rubaiyat Le soir il rasait les murs Ce n’était pas une âme pure Voleur et chapardeur Il ignorait la peur Une nuit pourtant on le cueillit, il était mûr. Un rideau de fumée Une tronche abimée Drôle de soirée s’exclame La bouteille entamée Sublime est ta beauté Quel idiot j’aurais été Si je m’étais abstenu Au lieu d’y avoir goûté mars 2016 10

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ISABELLE S. 1111 11

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Proverbe AU PROCHAIN NUMÉRO...

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