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Popular Pages


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Erotica — Printemps 2016 CULTURE & LIFESTYLE — LILLE AMIENS PARIS Charly Lazer            Barbie            Arnaud Delrue            Essaie pas            

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rance today 2016_Mise en page 1 03/02/2016 15:01 Page1 Amiens < Somme < France Amiens < Somme < France Préparez votre séjour avec l’Office de Tourisme www.amiens-tourisme.com Préparez votre séjour avec l’Office de Tourisme Préparez votre séjour avec l’Office de Tourisme AS Flament, Flament, ADRT80/AB, ADRT80/AB, Yann Yann Monel Monel www.amiens-tourisme.com www.amiens-tourisme.com AMIENS © AS Flament, ADRT80/AB, Yann Monel 2 AMIENS, AMIENS, UN WEEK-END AU GRAND AIR UN UN WEEK-END WEEK-END AU AU GRAND GRAND AIR AIR

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Édito Printemps 2016 EN COUVERTURE Charly Lazer, ©Ludo Leleu Partenariat, Zénith d’Amiens métropole, www.zenith-amiens.fr « Erotica », et tout est parti de là… Au cinquante-six, sept, huit, peu importe  De la rue X, si vous frappez à la porte  D’abord un coup, puis trois autres, on vous laisse entrer  Seul et parfois même accompagné.  Une servante, sans vous dire un mot, vous précède  * L’hotel particulier, Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson, 1971. Courtesy / Warner Chappell Music France, Éditions Musicales Tutti Intersong 3 Des escaliers, des couloirs sans fin se succèdent  Décorés de bronzes baroques, d’anges dorés,  D’Aphrodites et de Salomés.  S’il est libre, dites que vous voulez le quarante-quatre  C’est la chambre qu’ils appellent ici de Cléopâtre  Dont les colonnes du lit de style rococo  Sont des nègres portant des flambeaux.  Entre ces esclaves nus taillés dans l’ébène  Qui seront les témoins muets de cette scène  Tandis que là-haut un miroir nous réfléchit,  Lentement j’enlace Melody [...] * Bande originale de ce numéro « Erotica », l’inédit Negative pleasure d’Emma de Sèze. Téléchargement gratuit depuis de notre page Facebook ou www.soundcloud.com/bontempsrecords Pascal Sanson , DIRECTEUR DE PUBLICATION

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NATHALIE TALEC In searchABONNEZ-VOUS of the miraculous AU 4 ou La Route de l’Écho du 5 février au 8 mai 2016 4 MAGAZINES — 1 AN 15 EUROS * POUR VOUS ABONNER, il suffit de remplir le coupon Nom Prénom Adresse complète Gratuité > Le 1er dimanche du mois (visites libres et «visites en famille») > Le jeudi dès 19h (conférences et visites) 02/16 ci-contre et de nous l’adresser avec votre règlement par chèque à l’ordre de  Musée de Picardie 48, rue de la République 80000 Amiens www.amiens.fr/musees Bon Temps magazine, Abonnement, Bon Temps, à l’adresse : inforMations 03 22 97 14 00 29, rue Philippe-Lebon, 80000 Amiens. Nathalie Talec, In search of the miraculous, ou la Route de l’Echo © Cl. Thierry Rambaud -Musée de Picardie, © Nathalie Talec © ADAGP, Paris, 2016. Code postal Ville > les moins de 26 ans, visites libres tous les jours Un formulaire d'abonnement disponible également sur le site www.bon-temps.fr. * Frais de port. France métropolitaine uniquement. mécénat de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques qui lui a apporté son soutien Ce projet a été sélectionné par la commission LE CONSEIL DÉPARTEMENTAL Amiens E-mail Téléphone ( facultatif) amiens.fr

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Sommaire ÉDITO — 3 SOMMAIRE — 5 ILLUSTRATION Thomas Danthony — 7 PORTRAIT CULTURE #1 Magali Broc-Norris, Opéra de Lille, Lille — 10.11 PORTRAIT CULTURE #2 Benoit Delaquaize, Label Bleu, Amiens — 12.13 PORTRAIT CULTURE #3 Lia et Camille, Collectif Païen, Paris — 14.15 EXPOSITION Barbie aux Arts décoratifs — 18.19 ÉVÉNEMENT Dans l’atelier, Musée du Petit-Palais — 30.33 ART #1 Arnaud Delrue, « Je est un autre » — 24.27 ART #2 Mathieu Roquigny, l’ordinaire est extraordinaire — 28.31 LITTÉRATURE Love on the beat — 32.33 ARTOTHÈQUE Léo Dorfner, Le cœur serré, les yeux qui piquent — 34.35 MUSIQUE #1 Essaie pas, la part d’ombre — 38.41 MUSIQUE #2 Charly Lazer, l’hédoniste — 42.43 PLAYLIST — 44.45 DESIGNER Maison Moissonnier, l’audace et le savoir-faire — 48.49 OBJET Les reliquaires d’Émmanuelle Gailliez — 50.51 INTÉRIEUR Le Boudoir — 52.53 STYLE #1 Le Corset — 55 ATTITUDE #1 Erotica, femme — 56.57 STYLE #2 La montre érotique — 59 ATTITUDE #2 Erotica, homme — 60.61 AGENDA Amiens, Lille & Paris — 63.65 FOODING « Onion & beetroot tart », The Robin room — 66 Printemps 2016 5 Erotica — Printemps 2016 RETROUVEZ DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & DE LA RÉDACTION Bon temps sur www.bon-temps.fr MAGAZINE IMPRESSION Pascal Sanson DIRECTION ARTISTIQUE & CONCEPTION GRAPHIQUE Thu Huyen Hoang, Olivier Pernot, Pascal Sanson, Hugo Brisset CONTACT RÉDACTION Imprimerie Chartrez, Arras BON TEMPS ASSOCIATION bontemps.mgmt@gmail.com CONTACT PUBLICITÉ 29, rue Philippe-Lebon, 80000 Amiens 801 905 381 00019 Trimestrielle DÉPÔT LÉGAL à parution SIRET Wilhem Arnoldy, WAG&W PHOTOS Ludo Leleu, Mathieu Farcy Joséphine Gricourt bontemps.pub@gmail.com PÉRIODICITÉ La rédaction n’est pas responsable des textes, photos, illustrations et dessins qui engagent la seule responsabilité de leurs auteurs. Leur présence dans ce magazine implique leur libre publication. La reproduction, même partielle, de tous les articles, illustrations et photographies parus dans Bon temps est interdite. Bon temps décline toute responsabilité pour les documents remis.

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PAS PLUS CON QU’UN AUTRE, 6 BRANDED M A G A Z I N E C U LT U R E L W W W. B R A N D E D . F R

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Illustration Printemps 2016 7 © Thomas Danthony THOMAS DANTHONY, Cabaret, Illustration, 2015 — www.thomasdanthony.com

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8 POR-

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TRAITS 9 Printemps 2016

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10 MAGALI BROCNORRIS Opéra de Lille, Lille — PHOTOGRAPHE L’OPÉRA DE LILLE, qui a rouvert à l’occasion de Lille 2004, capitale européenne de la culture, s’est doté d’un atelier pour fabriquer des costumes. À 36 ans, chaque spectacle, elle coordonne une équipe Magali Broc-Norris est la chef de cet atelier. Pour de cinq à quinze personnes. Cette spécialiste des flous et des tissus fins travaille avec un matériel réduit — ciseaux, règle, épingles, machine à coudre — et « surtout des idées » dit-elle, dans ce métier où il faut apprendre à lire les corps et gérer les tempéraments de chacun, diva comme costumière. Magali Broc-Norris nous reçoit dans le petit salon d’essayage où les chanteuses et les chanteurs défilent et raconte son métier avec passion. Ludo Leleu

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J’ai fait un BEP spécialisé couture, puis un brevet de technicien de vêtements sur mesure. De Nice, je suis partie à Paris où j’ai commencé à coudre pour des compagnies de théâtre, puis sur des productions à l’Opéra Bastille et à l’Opéra Garnier. Ensuite, je suis venue dans le Nord et j’ai rencontré la costumière du Théâtre du Nord. Avec elle, j’ai commencé à faire des patrons, à couper des costumes. Je suis alors devenue chef d’atelier : j’ai appris à diriger une équipe, organiser des plannings, gérer des achats ture de l’Opéra de Lille, j’ai postulé. QUELLES SONT LES DIFFÉRENTES ÉTAPES POUR LA CRÉATION D’UN COSTUME ? SOLISTES ? Cela dépend des productions et des budgets. Souvent les chœurs sont habillés avec des vêtements qu’on achète directement dans des magasins contemporains. Mais, par exemple, pour l’Italienne à Alger de Rossini, le chœur d’hommes était habillé en robes que nous avons donc dû réaliser. Sur un opéra, il faut normalement créer entre cinq et vingt costumes. QUELLE EST VOTRE SPÉCIALITÉ ? de tissus. Quand j’ai entendu parler de la réouver- Je travaille plutôt la couture floue, les tissus très fins. Donc pour les robes. Il y a une chef tailleur qui coupe les costumes homme. Ce ne sont pas les mêmes tissus, le même travail. Parfois, nous faisons appel à une spécialiste de la patine de costume qui vient user les cosIl y a aussi des spécialistes des chapeaux. COMMENT SE DÉROULENT LES ESSAYAGES ? Chaque nouvelle production d’opéra a son cos- tumes pour qu’ils n’aient pas l’air trop neuf sur scène. tumier. Il vient me voir avec les maquettes qu’il a dessinées. Nous échangeons des idées, parlons des inspirations. Le costumier a une formation artistique. Moi, je suis technique. J’interviens sur la fabrication des costumes : je connais la qualité des matières, je sais comment couper un vêtement. En regardant un quin. Je connais aussi des techniques particulières, comme travailler les biais pour réaliser des godets pervise les essayages. Si je travaille sur la reprise d’un opéra déjà produit, les costumes sont prêts mais il faut souvent les retoucher. En refaire certains aussi s’ils sont abimés. COMMENT TRAVAILLEZ-VOUS SUR LES CORPS DES SOLISTES ? Cela dépend vraiment des solistes ! Ils viennent dans notre salon d’essayage, passent leurs costumes, bougent avec, essaient de s’assoir, de se lever, de doivent bouger davantage, être comédien. Nous devons ensuite faire des ajustements. Cela est déjà de poitrine. C’est gênant. Ce qui n’est pas toujours évident, c’est d’avoir à habiller des solistes qui ont des corps fatigués. Alors on triche parfois, avec une gaine, un corset ou des collants pour que le corps et les jambes soient bien lissés, avec des soutiensgorges qui tiennent bien ou au contraire, plus relâchés car le décolleté est très profond. Avec tout ça, les chanteuses sont parfois un peu saucissonnées. Mais cela reste du spectacle, il y a de l’artifice. Notre métier est de sublimer les solistes pour qu’ils soient beaux sur scène ! — OPÉRA DE LILLE patron, je sais ce que cela va donner sur le manne- marcher. Dans l’opéra moderne, les chanteurs sur des jupes. Après la création du costume, je su- arrivé d’avoir des écarts sur un tour de taille ou Les agents des solistes m’envoient des fiches de mesures, des photos des chanteurs. Quand je lis une fiche de mesure, je vois exactement comment est la personne. Mon métier, c’est de comprendre les corps. Après, soit je trace à plat les patrons, soit je vais travailler directement sur le mannequin en phologie que le soliste. Puis les chanteurs arrivent un mois avant la première pour les répétitions. mettant de la ouate autour pour avoir la même mor- Marta, Opéra de Wolfgang Mitterer, du 13 au 21 mars SITE INTERNET www.opera-lille.fr Printemps 2016 QUEL A ÉTÉ VOTRE PARCOURS ? VOUS NE TRAVAILLEZ QUE SUR LES COSTUMES DES Portrait Culture #1 11

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12 BENOÎT DELAQUAIZE Label Bleu, Amiens — PHOTOGRAPHE PASSIONNÉ DE MUSIQUE, dirige, depuis bientôt trois ans, le Label Bleu au sein de la Maison de la culture d’Amiens. En charge Benoît Delaquaize , de la direction artistique, il se donne pour mission d’impulser une nouvelle dynamique à ce label trentenaire, dont le catalogue accueille un nombre conséquent d’artistes de jazz et world dont certains sont aujourd’hui de solides références internationales. Alors que la Maison de la culture d’Amiens célèbre son 50e anniversaire, voici l’occasion révée pour nous de revenir sur l’histoire et l’actualité de ce Label Bleu atypique dans le paysage des maisons de disques. Rencontre. Mathieu Farcy

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ARTISTIQUE ? notre collection Indigo. Une des figures marquantes c’est Rokia Traoré, avec qui on a fait deux albums. Pour la musique électronique, ça a été aussi des rencontres : Piers Faccini, General Elektriks... On est Je me suis toujours posé la question : « comment mêler l’utile à l’agréable ? » Pendant mes études, je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen de même, au moins je peux servir la cause. Et puis je m’intéressais beaucoup à la musique. J’ai participé après mes études à l’organisation d’un festival en Normandie (ndlr : Festival Alexandre Paley), ça m’a mis le pied à l’étrier. COMMENT A DÉBUTÉ TON HISTOIRE AVEC LE STUDIO LABEL BLEU ? travailler dans les arts. À défaut d’être artiste moi- plutôt ouvert musicalement, presque instinctif. QUELLE EST VOTRE MISSION ? Notre objectif, c’est de montrer qu’on n’est pas un vieux label du passé mais un label actuel qui a envie de perdurer et qui va vers l’avenir. Depuis quelques années on reprend le chemin de la production. On a l’envie d’aller vers la nouvelle génération. Des musiciens, comme Thomas de Pourquery, nous intérèssent aujourd’hui puisqu’ils ont une écriture et une conception du jazz qui est complètement différente de celle des années 1980. On a besoin de travailler avec ces gens là pour revoir un peu les codes, faire avancer les oreilles de chacun. ÇA FAIT QUOI DE FÊTER LES TRENTE ANS D’UNE MAISON DE DISQUES ? Je suis arrivé à la Maison de la Culture en 2005, comme chargé des relations publiques. Quelques années plus tard, Gilbert Fillinger, son directeur, m’a demandé de m’impliquer dans le Label Bleu puisque j’avais un lien fort avec la musique. Je suis rentré petit à petit dans le jeu des productions et des éditions. Aujourd’hui, j’accompagne les artistes et j’ai une grande part de responsabilité dans les choix artistiques du label. QUELLE EST LA GENÈSE DE LA STRUCTURE ? 13 Un label qui dure trente ans aujourd’hui, c’est un bel exploit. Mais ce n’est pas un hasard. La contribution du Label Bleu dans la musique improvisée jazz en Europe est considérable. Et au bout de trente ans, on a toujours cette envie-là. 2016, UNE ANNÉE CHARGÉE ? Michel Orier, le père du festival de jazz d’Amiens, lance le Label Bleu en 1986. Il avait envie de donner, à toute une génération de musiciens de jazz en France, un label pour les accompagner. Parmi eux, il y avait des artistes comme Daniel Goyone, Henri Texier, Michel Portal... Tous ces gens de jazz qui rayonnaient sur les années 1980 mais avaient besoin de cette vitrine qu’a été pour eux la Maison de la Culture et le Label Bleu à l’époque. EN PLUS DU JAZZ, LE CATALOGUE S’ARTICULE ÉGALEMENT AUTOUR DES MUSIQUES DU MONDE, DES MUSIQUES ÉLECTRONIQUES… POURQUOI CET ECCLECTISME ? On a prévu pas mal de choses pour l’anniversaire du label. Notamment, la réédition en vinyle de trente albums qui ont marqué son histoire. Le premier coffret est déjà disponible. Et puis on vient d’organiser ce début mars, trois jours de concerts inédits à la Maison de la Culture d’Amiens avec des grandes figures du label comme Henri Texier, le Red Star Orchestra, dernier projet de Thomas de Pourquery et Rokia Traoré, artiste emblématique du Label Bleu, venue clôturer cette belle fête. — SITES INTERNET L’histoire de Label Bleu c’est des rencontres. Au début des années 90, Michel Orier s’associe à Christian Mousset, le directeur du festival des Musiques Métisses. À l’époque, les musiques du monde man- www.label-bleu.com www.maisondelaculture-amiens.com Printemps 2016 COMMENT ES-TU ENTRÉ DANS LE MILIEU quaient de gens pour les soutenir. Donc on a lancé Portrait Culture #2

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14 LIA & CAMILLE Collectif Païen, Paris — PHOTOGRAPHE PASSIONNÉS DE VOYAGE ET DE PHOTOGRAPHIE, au sein du collectif parisien Païen. Tout a commencé par une excursion de plusieurs mois entre la Norvège, la Thaïlande, les États-Unis, le Canada et l’Islande. Avec pour seuls bagages une tente, un sac à dos et appareils photo, le jeune duo d’artistes a fait le choix de l’aventure. De leurs tribulations à travers le monde, ils ont ramené de nombreuses photographies aujourd’hui compilées dans des livres d’images parus au sein de leur collectif d’auto-édition collaborative. Leur dernier projet en date 27 poses, repose sur l’idée de confier un appareil photo jetable à un tiers, sans directive, afin d’en publier le résultat. Entretien. Lia Pradal et Camille Tallent ont uni leurs forces Mathieu Farcy

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PHIE, NOTAMMENT ARGENTIQUE ? LIA — paysage, de nature. Le cadre urbain nous inspire moins. On a un peu ce fantasme de la cabane dans la forêt. C’est ce coté païen, animal, qui symbolise notre collaboration. VOUS AVEZ IMAGINÉ, IL Y A QUELQUES MOIS UN PROJET COLLABORATIF PLUTÔT ORIGINAL… C— Étudiante aux Beaux-Arts de Paris, j’ai déjà une petite expérience photographique. J’ai toujours aimé faire de l’argentique. J’aime l’objet et ce côté rituel qu’il y a autour de cette pratique. CAMILLE — Moi, je me suis formé sur le tas. Avant ma pratique se limitait plus à la peinture et au dessin. La photo est venue avec Lia et les voyages. Elle m’a transmis sa passion, ses connaissances. COMMENT VOUS-ÊTES VOUS RENCONTRÉS ? C— C’est le projet 27 poses. Nous confions un appa- reil jetable à une personne qui n’a aucune pratique de la photographie. Sans contrainte aucune. L’intéressé prend donc 27 photos et nous les transformons en objet éditorial. L— Nous étions tous les deux gardiens de salle au Musée des Beaux-Arts de Toulouse. L — Quelques mois après notre rencontre, nous avons Pour l’instant, deux sont parus. Plus récemment, nous avons confié un appareil jetable à une jeune C — Comme pour retrouver la nostalgie des photos que pris une année sabbatique pour voyager. En reve- fille de neuf ans. nant, nous avions fait beaucoup de photos. Et du coup, nous avons lancé un premier fanzine : Païen. Sorte d’ouvrage manifeste que l’on a fait innocemment, sans prétention, ni projection. QUAND AVEZ-VOUS DÉCIDÉ DE TRANSFORMER VOTRE COLLABORATION EN UN COLLECTIF ? C— l’on prenait avec des jetables pendant notre enfance. À CE JOUR, VOUS AVEZ ÉDITÉ SIX OUVRAGES, LE DERNIER EN DATE, EST UN JOURNAL QUI ASSOCIE LE NOIR ET BLANC À LA COULEUR… L— 15 L’incendie, c’est notre dernière série photo, prise Àprès notre voyage en Californie. Nous avions dans le sud de la France et de l’Espagne. On l’a fait sous forme de journal grand format pour éclater la narration. Nous y alternons noir et blanc et couleur pour brouiller un peu les pistes. C— envie de réaliser ce désir de road-trip américain. Nous voulions vraiment être en symbiose avec la nature, les grands espaces. On campait et roulait sans véritable itinéraire. Avec dans notre sac juste un argentique et des appareils jetables. L — À notre retour en France, nous avons sorti la chro- Le leitmotiv est l’errance d’un personnage, qu’on retrouve notamment chez Jim Jarmusch. Nous avions envie de bâtir une narration autour d’une figure fantomatique. Il y a l’esthétique de la mise à feu et un certain onirisme. QUELS SONT VOS AMBITIONS AVEC CE COLLECTIF ? L— nique photographique 7777. Ça a été très formateur. Comme l’édition nous plaisait, on a eu l’idée de créer ce collectif et d’y inscrire ce premier ouvrage. Pour se donner une identité. Païen, c’est une restitution de nos « trips » en duo. C — Pour l’instant ça reste de l’ordre du loisir sérieux. C’était presque cathartique, nous avions ce Mais à terme, nous aimerions que le collectif Païen se métamorphose en réelle maison d’édition. Il y a plein de gens que l’on souhaite éditer. — EXPOSITION « COLLECTIF PAÏEN », du 22 au 27 mars 2016 Au 6b, 6-10 quai de Seine, Saint-Denis SITE INTERNET besoin d’éditer des ouvrages. COMMENT SE PASSE LE TRAVAIL EN DUO ? L — La spontanéité est primordiale. On produit tout à deux assez instinctivement. On ne se répartit pas les taches, on rebondit sur les idées de l’autre. C’est un dialogue permanent. www.collectifpaien.com Printemps 2016 D’OÙ VIENT VOTRE PASSION POUR LA PHOTOGRA- C — Nous prenons exclusivement des photos de Portrait Culture #3

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