Lettre d'information Mars 2016

 

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Lettre d'information Générations Futures Mars 2016

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Lettre d’information mars 2016 EDITO par F. Veillerette, Directeur de Générations Futures La lettre d’information que vous allez découvrir ici devrait, nous l’espérons, vous démontrer à quel point le travail mené par la société civile est irremplaçable et précieux. Irremplaçable parce que seules des associations indépendantes comme les nôtres ou des citoyens engagés peuvent s’attaquer efficacement de front – et sur tous les fronts – au système polluant et prédateur que nous imposent certains lobbies. Précieux parce que la société civile tente, comme elle peut, avec les moyens qu’elle a, de répondre aux attentes des citoyens et de combler les carences des pouvoirs publics. Vous découvrirez en parcourant les différents articles le dynamisme de l’association au travers de campagnes fortes et fédératrices comme la Semaine pour les alternatives aux pesticides qui s’ouvrira cette année sur la remise de prix pour des projets faisant la promotion d’une alimentation saine accessible à tous. De même, vous y trouverez des articles sur notre campagne « victimes des pesticides » qui connaît un nouvel essor avec la mise en ligne d’une carte de témoignages de victimes mais aussi une toute nouvelle enquête inédite qui démontre l’ampleur de l’exposition des populations riveraines des cultures aux pesticides. Vous y lirez des articles de fond qui viendront mettre en lumière les défaillances du système d’homologation des pesticides. Il y sera aussi question de la vie de l’association notamment de la structuration des groupes locaux avec le témoignage de Cyril qui est désormais le représentant de Générations Futures dans le bordelais. A chaque numéro de cette lettre d’information, nous aurons le plaisir de découvrir un des nouveaux visages de Générations Futures en Région. Avant de conclure, je tiens à remercier notre Conseil d’Administration qui m’a fait l’honneur en ce début d’année de me confier le poste de Directeur de Générations Futures. Cette embauche me fait prendre conscience de la grande responsabilité qui m’incombe et me permet d’apprécier le chemin parcouru depuis maintenant 20 ans, date de la création de ce qui était alors le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures. 20 ans, ça se fête ! Et c’est ce que nous comptons faire cet automne ! Préparez -vous donc déjà pour ce rendez-vous ! Pour finir, je prends le pari que, grâce à l’engagement de toutes et tous (équipe salariée, Relais locaux, CA, bénévoles, Conseil scientifique, adhérents…) et grâce au soutien indispensable de tous nos membres, financeurs et sympathisants, le dynamisme de notre association nous permettra de réaliser de nouvelles avancées en 2016, pour le plus grand bénéfice de notre environnement et de la santé publique. Semaine-sans-pesticides.fr P2 En mars et ça repart : fêtez les alternatives aux pesticides. P3 Nouvelle étude : les pesticides menacent de manière importante la biodiversité aquatique ! P3 Cash Investigation – mardi 2 février à 20h50. P4 La campagne de soutien aux victimes de pesticides prend un nouvel elan ! P4 Jeanne, victime des pesticides, témoigne. P5 3 mois après leur lancement, des relais locaux très dynamiques! P5 Des documents confidentiels révèlent une nouvelle violation de la loi par la DG SANTE, l’EFSA et les Etats membres. P6 Saint Félix de Pallières : un site minier abandonné dans les Cévennes dangereux pour la santé du public ! P6 Un prix pour une alimentation saine et de qualité ! P7 Loi biodiversité: le Sénat protège les néonicotinoïdes au mépris des abeilles, de la biodiversité et de la santé publique. P7 EXPPERT 6 - Poussière : des riverains de zones cultivées exposés aux pesticides jusque chez eux ! P8 Le mot du bénévole : Cyril. P8 Agenda. P8 Bulletin de don ou adhésion 2016. generations-futures.fr 1 Remerciements à tous les contributeurs bénévoles de cette lettre d’info

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En mars et ça repart: fêtez les alternatives aux pesticides. La santé à l’honneur ! En 2016, nous avons choisi de profiter de ce temps fort pour mettre l’accent sur la thématique « santé », sans pour autant laisser les autres thématiques de côté. De nombreuses actions seront bien entendu dédiées au développement des alternatives aux pesticides en vue de protéger notre santé et notre environnement. Ainsi se tiendra le 21 mars, à l’hôtel de ville de Paris, la soirée d’ouverture de la SPAP avec la remise du prix « De la santé dans nos paniers ». Ce prix, lancé en décembre 2015 par Générations Futures et la Mutuelle familiale vise à récompenser des projets qui favorisent l’accès à une alimentation saine et de qualité pour les petits budgets (voir article dédié). Une brochure « Pesticides et santé : tous concernés ! » réalisée par Générations Futures grâce au soutien de la Fondation Macif et destinée au grand public sera publiée pendant la SPAP et disponible lors de nombreux événements. Elle permettra d’informer et de sensibiliser aux risques sanitaires réels liés aux pesticides et devrait permettre à nos relais locaux de compléter les outils à leur disposition pour des actions pendant la SPAP et au-delà. Toujours autour de la santé : de nombreuses conférences avec des médecins, endocrinologues (le professeur Sultan notamment) et autres chercheurs devraient avoir lieu sur le territoire (organisées par – entre autres – la Mutuelle Familiale, WECF, la ville d’Epinal, notre relais de Tarbes…) ainsi que des actions autour de la question des victimes des pes- Le printemps approche et avec lui la 11ème édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP) qui aura lieu, comme chaque année du 20 au 30 mars. ticides que sont les riverains de zones cultivées en lien étroit avec notre campagne « victimes ». Tous mobilisés pour des villes et villages sans pesticides ! En France, la SPAP sera également l’occasion de mettre en avant la question du 0 pesticide dans les communes et la promotion de la bio en restauration collective. Une vidéo tournée dans l’une des villes primées lors de la SPAP 2015 et la publication d’un kit à destination des élus devraient permettre de mobiliser citoyens et élus à passer dès à présent au 0 pesticide et au 100% bio. Au niveau européen, notre partenaire PAN Europe devrait organiser un événement autour des « pesticides free towns » (villes sans pesticide), modèle qui se développe un peu partout en Europe. Décideurs et journalistes verront ainsi qu’il est possible de faire aussi bien tout en faisant autrement. Les alternatives sont aussi dans les salles obscures ! La diffusion d’un petit guide de films sur la thématique des alternatives aux pesticides nous a permis une bonne diffusion dans les cinémas d’arts et essais qui seront nombreux à organiser une ou plusieurs projections de films dans le cadre de la SPAP. « Insecticide mon amour » de Guillaume Bodin sera ainsi l’un des films diffusés, le réalisateur faisant une grande tournée nationale pour débattre avec le public à l’issue de son film. « Le veau, la vache et le territoire » réalisé avec l’aide de la FNAB, l’un de nos partenaires, devrait également être diffusé par certains cinémas. Des partenaires fidèles. Cette année encore ce sont une quarantaine de partenaires nationaux et une dizaine à l’international qui relayent et organisent des actions pendant la SPAP. En France Fermes d’avenir, Terre de liens et WECF rejoignent l’aventure. Quant à l’international, nous bénéficions cette année encore de nombreux partenaires à travers l’Europe (Belgique, Italie, Espagne, Portugal, Luxembourg, Hongrie, Allemagne, Malte, Macédoine…) et le monde (Argentine, Iran, Togo…). Slow Food international vient également rejoindre la liste des partenaires et devrait diffuser dans tous ces réseaux et organiser des conférences autour de la question de l’alimentation. Bien sûr, de nombreux événements (conférences, café débats, dégustations de produits bio, visites de fermes, de ruches, de points de captage d’eau ou encore ateliers de jardinage au naturel, expositions sur les abeilles ou le 0 phyto…) auront lieu, il y a sûrement quelque chose près de chez vous alors n’hésitez pas à nous rejoindre ! Programme complet (au fur et à mesure) sur www.semaine-sanspesticides.fr Pour toute question, demande, proposition d’événement, vous pouvez envoyer un mail à Sophie, notre chargée de mission : sophie@generations-futures.fr 2

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Nouvelle étude: les pesticides menacent de manière importante la biodiversité aquatique ! Une étude1 prouve que le Règlement européen sur les pesticides (1107/2009) ne protège absolument pas la biodiversité aquatique. Générations Futures demande une révision immédiate du Règlement sur les pesticides et l’application de mesures d’urgence. Le règlement européen 2 sur l’évaluation et l’autorisation des matières actives de pesticides est censé assurer une absence de risque inacceptable à la fois pour les hommes et pour l’environnement. A cette fin, il est ainsi défini, pour la protection des organismes aquatiques et pour chaque matière active, des ‘Concentrations Acceptables Règlementaires’ (CAR). Des scientifiques3 universitaires spécialisés dans les questions de pollutions des eaux par les pesticides ont voulu savoir si dans la réalité ces Concentrations Acceptables Réglementaires n’étaient pas dépassées, ce qui n’avait jamais été fait auparavant ! Et le résultat est accablant… En effet 37.1% des Concentrations d’Insecticides Mesurées (CIM) dans les eaux de surface en Europe dépassaient leurs Concentrations Acceptables Règlementaires, pour 23 insecticides suivis par les auteurs de l’étude. Pour les sédiments, le résultat est encore pire puisque ce sont 93% des CIM dans les sédiments en Europe qui dépassaient leurs Concentrations Acceptables Règlementaires. En France ce sont ainsi 76% des concentrations de ces insecticides mesurées qui sont supérieures aux CARs. Dans les eaux de surface, ce sont les insecticides de la famille des pyréthrinoïdes qui montraient plus fréquemment des dépassements de CAR (70,4% des cas) devant les organophosphorés (37,5 %)… Les auteurs n’hésitent pas à conclure que ces dépassements constituent une menace importante pour la biodiversité aquatique. « Cette nouvelle étude montre clairement que l’évaluation préalable à l’autorisation des pesticides, et particulièrement des insecticides, sous-estime gravement les impacts de ces produits sur l’environnement aquatique et ses écosystèmes.» déclare François Veillerette, directeur de Générations Futures. « Cette étude amène des éléments qui viennent s’ajouter à d’autres qui montrent une sous-estimation du risque de nombreux pesticides pour les abeilles (néonicotinoïdes) ou la santé humaine (glyphosate par exemple). Il est temps de revoir complètement les procédures d’évaluation et d’autorisation des pesticides en Europe dans le sens d’une meilleure protection de l’environnement et de la santé ! Nous en appelons à la fermeté des Ministres concernés. » conclut-il. NB : cette information a fait l’objet de retombées médiatiques notamment sur France Info. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26276274 Reg 1107/2009 CE 3 Sébastian Stehle et Ralf Schultz de l’ « Institute for Environmental Sciences, University KoblenzLandau », Allemagne. 1 2 3 Cash Investigation Mardi 2 février à 20h50 France 2 a diffusé dans le cadre de son programme « Cash Investigation » un documentaire consacré à l’impact des pesticides sur la santé « Produits chimiques : nos enfants en danger ». Générations Futures y a travaillé en relation étroite avec le journaliste Martin Boudot et le résultat en vaut vraiment la peine! Le documentaire réalisé, grâce en partie à nos informations, notre expertise et sur la base de certaines de nos ac- tions (vous y verrez un clin d’œil à l’une de nos enquêtes « cheveux »), est de grand e q u a l i té et nous sera très utile pour faire avancer nos dossiers. Générations Futures y apparait, dès le début, par la voix de notre porte-parole et tout nouveau Directeur François Veillerette. Pour information, un livre a été publié le 03/02 sur la base de cette enquête avec la collaboration de Générations Futures. Nous avons aussi l’autorisation du journaliste pour diffuser le film lors de soirées non payantes, nous saurons en faire bon usage.

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La campagne de soutien aux victimes de pesticides prend un nouvel élan ! Générations Futures a lancé sa campagne de soutien aux victimes des pesticides en 2008 avec un premier site internet « victimes-pesticides.fr » et des questionnaires destinés aux professionnels et aux riverains. Cette campagne a connu divers temps forts: 2011 : création de phytovictimes et soutien aux ex-Triskalia salariés de l’agroalimentaire, 2012 : manifestation des professionnels victimes au Salon de l’agriculture et organisation d’un congrès au Sénat, 2013 : enquête inédite sur l’exposition aux pesticides de salariés viticoles, et depuis 2014 renforcement de notre action en faveur des riverains avec notamment la publication d’une brochure qui leur est consacrée). En 2016, notre campagne prend un nouvel élan avec le lancement d’un tout nouveau site internet et la mise en ligne, pour la première fois en France, d’une carte des victimes des pesticides avec des témoignages écrits et des vidéos. Notre objectif : recueillir 500 témoignages dans les 6 prochains mois, 1000 de plus dans les mois qui suivent en France mais aussi en Europe pour peser et inciter les décideurs à prendre les mesures qui s’imposent : stopper l’exposition des populations aux pesticides dangereux. Vous êtes concernés ? Déposez votre témoignage sur notre site (accompagné des photos ou vidéos si possible). Vous avez des proches ou des connaissances qui le sont ? Incitez-les à se faire connaitre en postant aussi leur témoignage sur : www.victimes-pesticides.fr 4 Jeanne, victime des pesticides, témoigne. Notre potager est délimité par une rangée de framboisiers jouxtant la plantation d’abricotiers voisine. Notre habitation se situe au-dessus du jardin potager. Nous sommes victimes de plus de 12 pulvérisations par an selon nos estimations. Nous avons tenté de mettre une bâche sur les framboisiers et sur notre jardin potager pour protéger les légumes et fruits lors des épandages. Mais lorsque l’arboriculteur passe l’atomiseur, il n’avertit pas et se permet de traiter même lorsque le vent est fort. De ce fait, nous avons renoncé à cultiver notre jardin potager comme avant alors que nous produisions tous nos légumes pour toute l’année. Et nous sommes certains que des pesticides sont présents sur les fruits (cerises, pommes, poires, prunes, coings) que nous cueillons dans notre verger que nous conduisons en bio. Mais je souligne avec force : • les problèmes respiratoires lors des pulvérisations. • les problèmes économiques (perte des ruches depuis 3 ans et achat de légumes bio…) • les problèmes de voisinage et le stress engendré. Pourquoi vous êtes-vous rapprochée de notre association? Générations Futures mène une lutte qui correspond exactement à la nôtre. Outre les réglementations que cette association nous fait connaître, nous attendons de cette ONG des conseils et des méthodes pour aborder ce voisin pollueur, pour le voir évoluer vers une culture saine pour l’homme et la nature. Si vous deviez faire passer un message aux décideurs et aux citoyens sur ce sujet, quel serait-il? Aux décideurs 1.qu’ils commencent par supprimer toutes les aides accordées à l’agriculture chimique ! 2.qu’ils prennent leurs responsabilités en interdisant l’utilisation de tous produits dangereux. 3.qu’ils décuplent les aides à l’agriculture bio qui pourrait créer beaucoup d’emplois. Aux citoyens : Il est urgent de changer notre consommation alimentaire pour ne choisir que des produits locaux sains.

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3 mois après leur lancement, des relais locaux très dynamiques! Après deux ans de réflexions et de rencontres, nous avons officiellement lancé nos premiers relais locaux en décembre dernier. Aujourd’hui, après seulement 3 mois d’existence, ils ont déjà beaucoup à leur actif ! Voici quelques exemples des premières actions qu’ils ont menées ces derniers mois... Le groupe local de Valence, qui compte déjà une dizaine de bénévoles actifs, a organisé une soirée ciné-débat à Peyrins . Après la diffusion du documentaire « La mort est dans le pré », Maria Pelletier, notre présidente et le docteur Paul Bousquet ont débattu de l’utilisation des pesticides par les agriculteurs et particuliers et ont surtout présenté les alternatives ! La soirée a été une véritable réussite : plus de 200 personnes y ont assisté ! Le groupe local de Reims quant à lui a pu sensibiliser de nombreuses personnes aux risques des pesticides et au travail de Générations Futures à l’occasion d’un stand tenu à l’évènement « ça va chauffer » en novembre dernier dans le cadre de la COP21. Malgré le froid, les citoyens et visiteurs étaient au rendez-vous ! A Bordeaux, Cyril, notre relais local est très actif : il a déjà tenu un stand et organisé deux rencontres, à Bordeaux et à Villeneuve-sur-Lot ! Cela lui a permis de rencontrer de nombreuses associations locales et personnes intéressées avec qui discuter du sujet de la lutte contre les pesticides. Vous pouvez lire le témoignage de Cyril, dans la rubrique « le mot du bénévole » de cette lettre d’information. Très dynamique également, le groupe local de Lyon a organisé une conférence avec François Veillerette au salon Primevère de février 2016, sur le thème « Pesticides et perturbateurs endocriniens aujourd’hui ». De nombreuses actions à venir… Conférences, stands, ciné-débats… Les relais locaux prévoient de nombreuses actions dans les mois à venir et notamment pour la Semaine pour les de 2009 (Règlement 1107/2009). Cette dérogation est fondée sur une disposition dans le règlement des pesticides permettant l’utilisation de ces catégories hautement toxiques de pesticides en cas d’ «exposition négligeable» seulement. Sur ce point le Règlement est pourtant clair : exposition négligeable signifie qu’aucun contact avec les humains n’est autorisé. Malgré cela, un groupe de travail mis en place par la Commission européenne a préparé dans l’ombre en plusieurs années un système de lignes directrices qui permettrait, s’il était adopté, d’accorder des dérogations pour ‘exposition négligeable’ à des pesticides des catégories citées plus haut auxquels les travailleurs de l’agriculture se- alternatives aux pesticides! Vous pourrez retrouver leurs actions prévues sur le site internet www. generations-futures.fr/relaislocaux/ et dans notre agenda : http://www.generations-futures. fr/agissez/agenda/. Pensez à y faire un tour pour voir ce qu’ils vous réservent dans les mois à venir ! N’hésitez pas non plus à les contacter si vous souhaitez organiser des évènements localement, devenir membre du groupe local ou aider sur une action en particulier. Trois nouveaux relais nous ont rejoints ! En décembre, nous avions 8 relais locaux. Trois nouveaux nous ont déjà rejoints : à Nice, à Marseille et à Agen ! Si vous avez vous-même envie de devenir relais local de Générations Futures, vous pouvez contacter Manon : adherent@generations-futures.fr   raient pourtant exposés, mais à des doses inférieures aux normes actuelles. Les Opérateurs (agriculteurs) pourront demander l’utilisation des vêtements de protection complète, mais qu’en sera-t-il des passants et des résidents, de l’environnement ? L’adoption de telles lignes directrices serait contraire à l’esprit et à la lettre du règlement sur les pesticides et constituerait donc un véritable déni de démocratie et un recul en matière de protection de la santé et de l’environnement en Europe. Nous allons donc être très vigilants sur ce point. Pour dénoncer cette manipulation, notre association a envoyé un courrier au Ministre Le Foll. Nous vous tiendrons informés des suites. 5 Des documents confidentiels révèlent une nouvelle violation de la loi par la DG SANTE, l’EFSA et les Etats membres. En 2014, PAN Europe a découvert une nouvelle dérogation préparée - en toute opacité - par la Direction Générale (DG) Santé pour contourner les interdictions sur les perturbateurs endocriniens pesticides et des pesticides avec une classification de danger (cancérogènes 1 A / B; toxiques pour la reproduction 1 A / B) - découlant de la nouvelle approche des « critères d’exclusion » de la loi sur les pesticides à partir

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Saint Félix de Pallières : un site minier abandonné dans les Cévennes dangereux pour la santé du public ! Pourquoi Générations futures veut mettre fin à l’inaction des pouvoirs publics et porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui dans cette affaire ? Si ce dossier peut paraître éloigné de nos préoccupations habituelles que sont les pesticides, il ne l’est en fait pas tant que ça. St-Félix-de-Pallières est un dossier emblématique des conséquences catastrophiques pour l’environnement et la santé d’une gestion inappropriée - et donc inacceptable - de sites industriels polluants. En outre, si notre association a souhaité contribuer à cette affaire, c’est parce qu’elle a été appelée à l’aide par les populations locales et qu’elle a pris le temps d’expertiser le dossier auprès de scientifiques et de juristes. Alors en quoi ce dossier est-il si emblématique et inacceptable ? L’histoire en étapes. La commune de Saint-Félix-de-Pallières est située dans les Cévennes, un lieu qu’on imagine « naturel », un territoire préservé, sauvage où se succèdent des vallées verdoyantes couvertes de châtaigniers. Evidemment, les Cévennes c’est cela mais pas que… Entre 1848 et 1971 des mines de zinc et de plomb y ont été exploitées. Après la fermeture des mines, ce sont près de 2 millions de tonnes de déchets de mines contaminées qui se sont retrouvés sur ce site, dont la moitié sur une gigantesque digue à stériles. A ces déchets s’ajoutent quelques 600 000 autres tonnes de stériles de mines sur un site situé à environ un kilomètre au sud, à la mine Joseph, sur la commune de St-Félix. Un site pollué. Ce n’est qu’en 2008 que la communication d’un premier rapport, commandé en 2004, communiqué aux mairies de Saint-Félix-de-Pallières et de Thoiras en décembre 2008, montre la contamination de nombreux points de la zone par de l’arsenic, de l’antimoine du zinc ou du plomb, en quantités très importantes dans certains lieux. Les eaux, notamment des ruisseaux voisins sont elles aussi contaminées par ces mêmes résidus toxiques à des quantités parfois des dizaines de fois supérieures aux valeurs maximales autorisées. Un site dangereux pour les habitants et touristes. Un autre rapport rédigé par deux experts, toxicologues, et un ingénieur, n’hésite ainsi pas à conclure à un risque pour les personnes vivant dans cette zone, et notamment les enfants. Et pourtant de nombreuses personnes et familles vivent sur une partie de ce site. Que propose Générations Futures ? Devant une situation qui semble bloquée, malgré la mobilisation active de riverains ou de l’association locale et constatant l’inaction des pouvoirs publics, Générations Futures a décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, blessures involontaires et pollution des eaux. La plainte sera portée par Maître Bertella–Geffroy. Des expertises in situ réalisées par un expert agréé auprès de la Cour de Cassation complétées par des analyses en cours auprès d’un laboratoire de prélèvements de cheveux, de poils d’animaux, sabots, plantes, viendront compléter le dossier pour caractériser le niveau d’exposition des habitants puis les graves préjudices pour certains d’entre eux. Pour financer cette action, nous avons lancé le 20 janvier un appel aux dons en ligne sur le site Citizencase, (5000€ à récolter en 30 jours). Vous pouvez encore soutenir ce projet en diffusant l’information et proposant à votre réseau d’apporter son soutien à ce projet car l’ensemble des frais ne seront pas couverts par ce financement participatif. Pour en savoir plus rendez-vous sur generations-futures.fr 6 Un prix pour une alimentation saine et de qualité ! Générations Futures et la Mutuelle Familiale ont lancé en décembre dernier le Prix Alimentation Saine et Accessible « De la santé dans nos paniers » qui vise à valoriser des projets innovants, qui apportent des solutions concrètes pour une alimentation saine et accessible à tous. L’idée est née du constat que dans un contexte de dégradation de l’équilibre alimentaire et d’augmentation des risques sanitaires, il est nécessaire de favoriser l’accès à une alimentation équilibrée, saine et de qualité pour l’ensemble de la population, quel que soit son niveau de vie. L’appel à prix est ouvert aux associations, entrepreneurs sociaux, coopératives et à toute personne morale qui œuvre pour une alimentation saine et accessible à tous. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 22 février 2016. A la clé : 4000 € pour chacun des deux projets retenus et une visibilité nationale. Les candidats peuvent s’inscrire dans l’une des catégories suivantes : 1-Favoriser l’accès à une alimentation saine et de qualité pour tous, y compris pour les petits budgets. 2-Améliorer les connaissances des individus pour leur permettre de mieux s’alimenter. Un jury composé d’experts pluridisciplinaires évaluera les projets selon une grille de critères précis, et désignera les lauréats. Les membres du jury : Laurent CHEVALLIER, Médecin nutritionniste - Président du concours, Valérie CUPILLARD, Créatrice culinaire, Paule D’AUTHENAY, Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires, Caroline DELBOY, SenseSchool, Soléane DUPLAN, Secrétaire Générale Adjointe de La Mutuelle Familiale, Maria PELLETIER, Présidente de Générations Futures, Isabelle SAPORTA, Journaliste. La remise du prix aura lieu le 21 mars prochain à l’hôtel de Ville de Paris à l’occasion de la soirée d’ouverture de la Semaine pour les alternatives aux pesticides. Pour les informations complémentaires : http://www.mutuelle-familiale.fr/fr/delasantedansnospaniers

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Loi biodiversite: le sénat protège les néonicotinoïdes au mépris des abeilles, de la biodiversité et de la santé publique. Le 22 janvier, dans le cadre de l’examen de la loi biodiversité, les Sénateurs ont rejeté l’interdiction des néonicotinoïdes. Alors que la démonstration scientifique est faite et indiscutable, que les néonicotinoïdes sont extrêmement dangereux pour notre environnement et que les premiers signes d’impact apparaissent sur la santé humaine, Alors que l’ANSES a récemment rappelé qu’en l’absence de mesures de gestion renforcée, « l’utilisation des néonicotinoïdes entraîne de sévères effets négatifs sur les espèces non-cibles qui fournissent des services écosystémiques incluant la pollinisation et la lutte intégrée ». Alors qu’aujourd’hui même une équipe internationale impliquant l’INRA révèle qu’en augmentant le nombre et la diversité des insectes pollinisateurs, on accroît le rendement des cultures de plus de 20 % en moyenne à l’échelle mondiale, Alors que l’amendement a reçu un soutien exceptionnel dans le cadre de la consultation sur la plateforme Parlement et citoyens (99,6% de votes favorables), Alors que le gouvernement a soutenu l’amendement visant à interdire les néonicotinoïdes en enrobage de semences au 1er septembre 2017, nos organisations environnementales, apicoles et paysannes dénoncent fermement le rejet de cet amendement et le déni scientifique et démocratique que ce vote représente. L’amendement et son sous-amendement, adoptés en lieu et place de cette interdiction sont une provocation faite aux apiculteurs et aux défenseurs de la biodiversité et de l’agriculture paysanne. Fuyant leurs responsabilités, les sénateurs ont choisi de ne rien décider et de laisser au ministre Stéphane Le Foll la décision de mettre en pratique les recommandations de l’ANSES, pourtant précédemment qualifiées d’inapplicables par la ministre de l’Ecologie. Nos organisations, avec le soutien des citoyens, poursuivront leur travail vers les députés pour obtenir enfin, et une fois pour toutes, l’interdiction de ces produits. 7 Exppert 6 - Poussière : des riverains de zones cultivées exposés aux pesticides jusque chez eux ! Dans le cadre de sa campagne sur les ‘victimes des pesticides’ et celle sur les perturbateurs endocriniens (PE), Générations Futures a voulu savoir à quel point les riverains des différentes cultures (grandes cultures, arboriculture, vigne) étaient exposés aux pesticides et particulièrement à ceux qui sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. A cette fin, nous avons décidé de lancer une enquête originale et inédite. Nous avons d’abord sélectionné un panel de 22 personnes nous ayant contactés pour se plaindre des pulvérisations en provenance des cultures proches de chez elles. Nous avons alors choisi de faire prélever puis analyser les poussières de leurs domiciles par un laboratoire spécialisé, Kudzu Sciences, à la recherche de 61 molécules de pesticides différentes. Sur les 61 pesticides recherchés, 38 sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens (PE) soit 62,29 % (source TEDx) Les résultats que nous avons reçus sont proprement effarants et montrent à quel point ces personnes sont exposées à leur domicile. Jugez-en plutôt : -Entre 8 et 30 pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière des habitations testées, soit entre 13 et 49% des 61 pesticides. -On retrouve en moyenne près de 20 pesticides par habita- tion testée (moyenne= 19.86) dont près de 12 sont des PE suspectés (11,95) soit 60,17%. -Les habitations entourées de grandes cultures seules (8) ont en moyenne 14,37 pesticides différents dans les poussières. -Les habitations entourées de vergers seuls (5) ont en moyenne 23,8 pesticides différents dans les poussières. -Les habitations entourées de vignes seules (6) ont en moyenne 26 pesticides différents dans les poussières. -On retrouve en moyenne 17,6 mg de pesticides quantifiés par kg de poussières, dont 17,3 mg sont des PE (soit 98,16% de la concentration totale en pesticides !) L’exposition aux pesticides dans ces maisons induit donc une exposition également très importante à des PE. -Un produit comme la perméthrine, retrouvée dans 100% des habitations, semble provenir d’un usage domestique. La cyperméthrine présente dans 50% des habitations peut provenir d’usage agricole ou domestique. En revanche le reste des résidus retrouvés provient d’un usage agricole. -Parmi ces produits agricoles retrouvés certains sont pourtant interdits en agriculture en France depuis plusieurs années ! C’est le cas du Diuron, retrouvé dans plus de 90% des habitations …Et pourtant interdit depuis décembre 2008. Alors que l’UE devrait se doter courant 2016 – avec 3 ans de retard ! - d’une définition des critères PE dont l’objectif sera à terme l’exclusion de ces molécules particulièrement préoccupantes, ces résultats montrent clairement qu’il est temps d’agir et vite ! Comme le montre notre enquête, les riverains de zones cultivées sont massivement exposés à des cocktails de plusieurs dizaines de pesticides à leur domicile. L’exposition à de nombreux pesticides perturbateurs endocriniens doit inciter les ministères de l’agriculture et de l’environnement à faire pression sur la commission européenne afin d’obtenir sans délais la publication de critères protégeant réellement la population des PE! Pour retrouver tous les détails de notre enquête rendez-vous sur notre site www.generations-futures.fr

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  Le mot du bénévole : Générations Futures est une association qui me plaît par ses aspects scientifiques et pragmatiques. Les retombées presse sont importantes, et ses actions permettent de faire bouger les lignes vers un monde meilleur et sans pesticides. Habitant près de Bordeaux, c’est donc tout naturellement que je me suis proposé pour contribuer à l’animation du réseau des adhérents, dans la logique des relais locaux proposée par l’association. Pour commencer : tisser des liens. De nombreux acteurs de la lutte contre les pesticides sont engagés de longue date, parfois grâce à la Semaine pour les alternatives aux pesticides, d’autre fois suite à des combats plus personnels (victimes des pesticides). Nombreux sont adhérents et militent en étroite collaboration avec l’association. 8 Mon rôle ? Ne surtout rien changer à ce qui marche déjà ! Apprendre de leurs expériences, me former peu à peu en menant des actions modestes : réunions de militants, projections-débat, tables d’informations sur les salons bio de la région. L’objectif est double : 1/ trouver de nouveaux adhérents et si possible militants. 2/ peu à peu permettre la multiplication des actions GF dans la région, sans augmenter la charge de travail des salariés, grâce à la montée progressive en compétence des bénévoles. C’est pourquoi nous avons commencé par nous rencontrer lors de deux réunions ouvertes au public : une à Bordeaux, une à Villeneuve sur Lot. Les idées fusent, les bras manquent déjà ! Alors, n’hésitez pas, rejoignez le relais local le plus proche de chez vous. Et s’il est trop loin, créezen un ! Cyril. agenda Intervention de François Veillerette à l’IUT de Créteil sur les Perturbateurs Endocriniens. 17 mars : 20 au 30 mars : Semaine pour les alternatives aux pesticides, 11ème édition, retrouvez le programme complet sur le site www.semaine-sans-pesticides.fr 21 mars : Soirée d’ouverture de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, à l’Hôtel de Ville de Paris, avec remise du prix alimentation saine et accessible « De la santé dans nos paniers ». Evénement à Listrac, organisé parMarie-Lys Bibeyran. 22 mars : 24 mars : Ciné-débat : « La mort est dans le pré » suivi d’un débat avec François Veillerette à la Bourse du Travail à Tarbes. 25 mars : Intervention de François Veillerette à St-Gaudens 26 mars : Journée de mobilisation (film, débat, expo, repas) avec le Relais local de Toulouse en présence de François Veillerette Plus de précisions sur www.semaine-sans-pesticides.fr et http://generationsfutures.fr/relais-locaux/

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