Bulletin de l'ACIPA n°45 - Octobre 2015 - COP21-NDL, quelle cohérence ?

 

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Bulletin de l'ACIPA n°45 - Octobre 2015 - COP21-NDL, quelle cohérence ?

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BULLETIN D’INFORMATION AUX ADHÉRENTS No 45 – OCTOBRE 2015 COP21-NDL, quelle cohérence? « CAR NOUS AVONS RAISON ! » Ces mots, Michel, tu les disais dans ta lettre ouverte aux comités de soutien, en octobre 2013. Nous avions souhaité la mettre en première page du bulletin. Tu n’as jamais douté que la victoire serait un jour au rendez-vous. Cette victoire, nous te la devons particulièrement après ton aurevoir, ce 31 juillet, lorsque la maladie t’a emporté. Tu le sais, nous ne lâcherons rien. Tu es toujours avec nous Michel. Oui, tu avais vu juste avec cette grève de la faim au printemps 2012. Inspirant le plus grand respect, durant 28 jours, tu as tenu tête au Pouvoir en compagnie de tes camarades grévistes et vous l’avez fait plier. La période des présidentielles était propice et l’inébranlable Jean-Marc Ayrault avait pourtant vacillé sous les injonctions de François Hollande. Nos recours juridiques devenaient alors suspensifs. Une première en France. Mais la parole donnée du Président de la République (réitérée dans une interview au Parisien fin septembre) dérange au plus haut point et les pro-aéroport s’impatientent. L’instrumentalisation de nombreux politiques par les lobbies du BTP et de la finance va bon train, tandis que nos recours juridiques se construisent, eux, de plein droit (appel, cassation, etc.). Notamment, les questions essentielles relatives à la loi sur l’Eau et aux Espèces Protégées, jugées au tribunal administratif en plein mois de juillet cette année, font l’objet d’une procédure d’appel. Les questions de fond doivent être remises au centre des débats, encore plus à la veille de la COP21. Nous restons vigilants, mais nous restons sereins. Ce ne sont pas les bruits de bottes ni les propos d’un sous-préfet qui nous feront hésiter à défendre nos positions. Pas plus les coups de menton d’un premier ministre empressé de faire oublier ses promesses à François Hollande. « État de Droit… État de Droit » martèle-t-il. Mais de quel Droit est-il question ? Parlons plutôt d’un État du Devoir ! Le devoir de tenir compte de la contre-étude économique du projet d’aéroport (CE-Delft), le devoir de reconnaitre l’expertise de l’Atelier Citoyen qui conclut au maintien de Nantes-Atlantique, le devoir de ne pas jeter au panier le travail du Comité d’Experts Scientifiques mandaté par les propres services de l’État, le devoir de ne pas être juge et partie, le devoir, enfin, d’écouter ses concitoyens car la colère monte, légitime. Et aussi, le devoir qu’ils avaient, eux et leurs pairs, de faire une COP21 exemplaire sans vitrine commerciale d’affairistes et autres échangeurs de droits à polluer. Et c’est mal parti tant le site choisi, Le Bourget, porte en lui le symbole encore intouchable du pire moyen de transport en termes de pollution et de réchauffement climatique : l’avion, pour lequel nous devons tous tendre vers un usage raisonné. Le projet de piste de ski sous cloche, à deux pas, n’est pas là non plus pour faire baisser la température ambiante… Et l’incohérence est absolue de prétendre réussir la COP21 en poursuivant en parallèle le projet d’aéroport à NotreDame-des-Landes. Alors OUI, nous avons raison. Les ZAD de Notre-Dame-desLandes et d’ailleurs, avec ce qu’elles véhiculent de sobriété, de respect de la terre nourricière avec l’air et l’eau, de jeunesse et d’espoir, ont raison. Les associations et mouvements qui s’opposent aux GPII avec leur travail de fond sur les dossiers et la critique constructive des procédures et prises de décisions, ont raison. Estce tout cela que l’État veut, une seconde fois, tenter de détruire ? Soyez-en sûr, on sera là pour l’empêcher ! Les co-présidents Assemblée générale extraordinaire (modification des statuts) suivie de l’Assemblée générale ordinaire annuelle Samedi 14 novembre à 14 heures Salle des Cèdres à Grandchamp-des-Fontaines (44)

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Notre-Dame-des-Landes : la Cour administrative d’appel est saisie et l’État continue de violer le droit européen L’ACIPA, le CéDpa et l’ADECA ont saisi la Cour administrative d’appel de Nantes de plusieurs requêtes contre les jugements rendus le 17 juillet dernier par le Tribunal administratif de Nantes sur les arrêtés Loi sur l’Eau et Espèces Protégées et sur la déclaration d’utilité publique du programme viaire. Nos associations estiment que les jugements occultent certaines questions centrales : atteinte à l’état de conservation des espèces protégées, pérennité des mesures de compensation, suffisance des dossiers soumis, indépendance de l’autorité environnementale, absence réelle d’examen des alternatives… Mais le plus incompréhensible est encore que ces jugements consistent dans une validation technique des mesures compensatoires et des « fonctionnalités écologiques » alors que ces deux sujets ont été invalidés par un collège d’experts internationaux en écologie et par le CNPN (Conseil national de la protection de la nature). Les associations comptent désormais sur un procès plus équitable en appel avec un examen moins orienté (pro-aéroport) des règles environnementales et des alternatives à la destruction irréversible du bocage de Notre-Dame-des-Landes et des espèces y vivant. La parole de François Hollande doit être respectée par les membres de l’exécutif, en dépit des prises de position hâtives de certains. D’une part, « tant que les recours ne sont pas épuisés le projet ne peut pas être lancé. Quand les recours seront épuisés, le projet sera lancé » (François Hollande, France Inter, 5 janvier 2015). D’autre part, à la veille de la COP 21, « le réchauffement climatique est lié au comportement humain, nous sommes responsables de cette détérioration » (discours à l’Élysée, le 10 septembre 2015). Pendant ce temps, l’État vient discrètement de publier une évaluation censée répondre aux griefs de la Commission Européenne sur le versant environnemental du projet d’aéroport du Grand Ouest, dans le cadre de la révision du SCOT Nantes Saint-Nazaire. Cette analyse, simple condensé des études déjà réalisées par les porteurs de projet, est en réalité une coquille vide : elle ne fournit aucunement la vision d’ensemble exigée par la Commission Européenne à l’échelle du territoire départemental. Nos associations préparent actuellement un courrier à destination de la Commission pour l’alerter sur ce point. Dans ce contexte, tout début des travaux démontrerait un mépris flagrant de l’État de Droit, pourtant si fréquemment invoqué par les partisans du projet. Communiqué de l’ACIPA, du CéDpa et de l’ADECA Les travaux de l’Atelier Citoyen Lancé en décembre 2014, l’Atelier Citoyen sur l’optimisation de Nantes-Atlantique a produit en quelques mois un travail considérable. Presque tous les groupes de travail ont rendu leurs conclusions et celles-ci pèsent lourd. Elles montrent à quel point la solution de l’optimisation de l’aéroport existant a été jusqu’à présent au mieux négligée, le plus souvent sabotée par les tenants du transfert de l’aéroport. Les journalistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, ils ont rendu compte de la qualité des travaux effectués. Après la sortie cet été des cahiers Économie et emploi et Finances (article dans le précédent bulletin), d’autres cahiers ont été rendus publics en septembre-octobre. Le cahier Bruit dont les résultats sont détaillés dans l’article « Pas plus d’avions, moins de bruit » page suivante. Le cahier Trajectoires a bénéficié du travail de nombreux professionnels de l’aviation. Il révèle que différents équipements de navigation aérienne sont délibérément laissés dans les cartons alors qu’ils seraient utiles pour améliorer la circulation aérienne nantaise. En outre, rapidement, les nuisances sonores pourraient être encore réduites par une nouvelle trajectoire d’approche, avec un plan de descente plus fort par le nord (approche débutée de plus loin, à 4° au lieu des 3,13° actuels), et surtout par la mise en place d’un ILS Offset de catégorie 1 dont l’axe d’approche finale peut être décalé de 5° pour limiter le survol de l’hypercentre de la ville. Le cahier Aérogare complète l’étude des architectes réalisée pour le CéDpa en juin 2014 et l’article du Canard Enchainé d’octobre 2014 révélant que l’aérogare prévue à Notre-Damedes-Landes était plus petite que celle de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique. Il compare les hypothèses de la DGAC pour agrandir Nantes-Atlantique jusqu’en 2060 et les prévisions de Vinci pour étendre l’aérogare de NDL sur la même période. En conclusion le projet de la DGAC est 50 % plus grand que celui de Vinci. Sans présumer du fait que l’aéroport de Nantes atteindra un jour 6, 7, voire 9 millions de passagers, le cahier présente un développement de l’aérogare existant identique au projet de Vinci pour NDL (même fonctionnement, même surface) en réutilisant et en optimisant cet existant de façon à réaliser des économies non négligeables tant financières qu’écologiques. Le cahier présente aussi les résultats de l’appel à idées coopératif et pousse son expertise jusqu’à la rénovation énergétique permettant de diviser par trois les émissions de gaz à effet de serre de la plate-forme actuelle. Un bilan carbone de NDL montre que l’énergie qui serait utilisée pour sa construction serait l’équivalent de 110 ans de ses émissions de gaz à effet de serre. Si le quorum n’est pas atteint pour notre Assemblée générale extraordinaire du 14 novembre, une autre Assemblée générale extraordinaire se tiendra le mercredi 2 décembre à 20h30 salle des Chênes à Notre-Dame-des-Landes. RETENEZ AUSSI CETTE DATE-LÀ! 2

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Le cahier Piste apporte des éléments tout à fait solides sur les réels besoins concernant la piste de Nantes. Il a en effet bénéficié de l’expertise d’une personne en charge de son entretien depuis 30 ans. Contrairement à ce que dit la DGAC, aucun besoin de refaire la piste de fond en comble, un simple resurfaçage (éventuellement renforcé dans les 300 mètres nord et les 600 mètres sud) suffit amplement ainsi que des mises aux normes. Au total, un coût d’environ 25 millions d’euros, très proche des coûts de rénovations récentes de pistes et dix fois inférieur au montant avancé par la DGAC. Des versions provisoires de ces six cahiers et leurs fiches de synthèse sont téléchargeables sur le site de l’Atelier citoyen www.ateliercitoyen.org. Le cahier Transports en commun sortira prochainement et le groupe de travail Urbanisme continuera à travailler. Les versions définitives de sept cahiers seront prêtes fin octobre. Un tract de quatre pages présente les principaux résultats de l’atelier citoyen : « Nantes-Atlantique, 10 vérités qui dérangent ». L’ACIPA et le CéDpa ont soutenu sa réalisation. Il est disponible sur notre site : https://www.acipa-ndl.fr/ récents d’Orly ou d’autres aéroports français). Cette procédure d’approche est en cours de généralisation partout dans le monde précisément pour cette raison. • Oui, nous sommes pro-aéroport… de Nantes-Atlantique, nous sommes pour le dépoussiérage de cet excellent outil, star de la rentabilité et de la croissance parmi les aéroports régionaux français, et plébiscité par les compagnies aériennes. Nous sommes contre ce projet absurde et inutile de NDDL. Si l’on a de l’argent à dépenser, il y a bien d’autres priorités ! Si l’ACSAN est réellement motivée sur la nuisance aérienne à Nantes, pourquoi ne nous aide-t-elle pas dans les quatre actions suivantes ? 1/ Mise à jour du PEB et du PGS. 2/ Suivi du respect de la charte de bonne conduite, qui donne la priorité à l’approche par le sud. Au moins 10 % des aéronefs qui survolent Nantes auraient dû passer de l’autre côté. 3/ Exigence d’une tarification de nuit réellement dissuasive pour les aéronefs les plus bruyants, à l’instar de nombreux autres aéroports. 4/ Suivi précis de l’historique des mesures de bruit aérien effectuées à Nantes, manifestement occultées par l’administration. J.-M. Ravier, ingénieur et chef d’entreprise nantais, pour l'Atelier Citoyen PAS PLUS D’AVIONS, MOINS DE BRUIT Le 16 septembre Presse Océan publiait une réaction de l’ACSAN (Association contre le survol de l’agglomération nantaise) à la publication des résultats des travaux de l’Atelier Citoyen sur le thème du bruit. Le droit de réponse demandé n’ayant pas été accepté, nous le publions ici pour information. Rien de nouveau dans les thèses de l’ACSAN, ce sont celles de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), présentées lors de la commission du dialogue fin 2013. Elles ont été contestées à l’époque, à juste titre. Depuis, l’Atelier Citoyen a beaucoup travaillé sur le problème du bruit et des trajectoires, et nous avons publié des documents et mis sur la toile une grande part de nos travaux. Les conclusions sont flagrantes : • Oui, l’emport moyen augmente rapidement à Nantes : sur les douze derniers mois, nous sommes à 90 passagers par avion, soit la valeur que la DGAC prévoyait pour 2027… dans sa prévision de 2013 ! Par conséquent, le nombre de mouvements commerciaux plafonne depuis quinze ans à moins de 48 000, beaucoup moins que les 75 000 prévus pour 2010 dans les plans d’exposition aux bruit (PEB) et de gêne sonore (PGS) que la préfecture refuse de mettre à jour, malgré les injonctions officielles de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires. Le nombre d’avions continuera de plafonner dans les années à venir. • Oui, le bruit des avions diminue rapidement au décollage et aussi en approche. Les fiches d’homologation des aéronefs récents montrent que ceux-ci sont à au moins - 3 dB en approche par rapport aux modèles précédents, soit une division par deux de la puissance sonore perçue au sol. • Oui, la mise à jour des trajectoires — descente continue avec angle augmenté — impacte favorablement le niveau de bruit au sol, environ - 3 dB sur les zones survolées (cf. exemples 3 COP 21 Plusieurs propositions d’actions locales sont à l’étude. À l’heure où nous bouclons ce bulletin, il ne nous est pas possible d’en dire davantage ; nous vous tiendrons au courant des diverses initiatives par notre lettre d’info. Sur le plan national, la Coalition Climat 21 organise des actions sur Paris : http://coalitionclimat21.org/. L’ACIPA soutient la Coalition Climat 21 et sera présente sur certaines de ses propositions (stands, conférences…). Avec l’aimable autorisation de Pascal Gros – dessin paru dans Charlie Hebdo du 22.07.2015.

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«Car nous avons raison!» En souvenir de Michel Depuis longtemps, Michel pensait qu’une grève de la faim était une des modalités d’action, mais qu’il fallait l’utiliser au moment le plus efficace. C’est donc tout naturellement, qu’il a participé au groupe qui a réfléchi à l’organisation de cette action et qu’il s’est proposé comme gréviste. Dans les années 70, Michel avait soutenu les paysans en difficulté et en particulier, Jean Cadiot, de Pannecé, lors de sa grève de la faim. Cette action, qui mettait en avant un cas particulier de paysan étranglé par les banques, avait débouché sur une solution puis plus largement avait généré la création de SOS Paysans en difficulté. Michel savait tout sur la préparation d’une grève de la faim. Il l’a tellement bien préparée qu’il nous a donné l’impression que sur le plan physique, c’était une promenade d’agrément pour lui. Chacun se souvient de ces infâmes eaux chaudes qu’il buvait avec un grand sourire de satisfaction. Nous ressentons tous une impression de sérénité en repensant à cette action. Et pourtant, que le sommeil était long à venir, que les voitures et les ambulances étaient bruyantes. Mais, la confiance, la détermination et la sérénité de Michel étaient contagieuses. Que d’attention aux autres ! Il s’inquiétait plus pour la fatigue des accompagnateurs que pour sa propre santé. Chacun se souvient de ses paroles sur la non-violence à opposer aux violences de l’État et des pouvoirs soutenant les inégalités les plus indécentes. Il se présentait comme un passeur de terre : la terre n’est pas à vendre, encore moins à bétonner, elle nous est confiée par nos ancêtres pour que nous la transmettions en bon état à nos enfants… Nous savons qu’il était très heureux de tous les soutiens et engagements générés par cette grève de la faim et cela nous fait chaud au cœur. S’engager avec force pour un monde qui ne détruise pas les terres nourricières, qui ne mette pas l'argent et les lobbies au centre de tout, est un beau combat. Ce bout de chemin avec Michel est une des belles pages de notre vie et nous sommes très heureux de l’avoir menée ensemble, grévistes et accompagnateurs. Michel savait dès le début qu’il faudrait tenir longtemps pour arracher quelque chose aux décideurs. Mais 28 jours, nous n’avions pas imaginé cela. L’accord qui a été obtenu étant toujours valide, nous veillerons à ce qu’il soit appliqué, à ce que la parole donnée soit tenue, notre vigilance sera constante. Sans Jeanne, sans sa famille, Michel n’aurait pas pu être ce qu’il était. Nous sommes de tout cœur avec vous. M. Thébault, au nom du groupe de la grève de la faim (grévistes et groupe de soutien) 4

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Jugement aides d’État : une victoire juridique, enfin ! Contrairement à ce que prétendent régulièrement sous-préfet et pro-aéroport, nous ne perdons pas tous les recours juridiques ! Le tribunal administratif a en effet reconnu la validité de nos arguments au sujet des aides publiques consenties par les collectivités locales à AGO. L’Europe ayant conclu que ces aides avaient été versées illégalement entre 2011 et 2013, le tribunal a ordonné au syndicat mixte aéroportuaire de faire rentrer dans ses caisses les intérêts produits par ces 38 millions d’euros. Ce sont donc plus de 450 000 euros qui devraient, grâce à nous, revenir dans des caisses dramatiquement vides, si l’on en croit tout ce qui se dit et s’écrit sur les finances publiques. Et personne ne nous dit « merci »… C’est vraiment à désespérer de ceux qui sont censés être garants du bon usage de l’argent public ! C’est aussi à désespérer des médias dont certains ont titré que nous avions été déboutés sur 7 de nos 8 recours. Logique puisque nous avions mis en cause toutes les collectivités impliquées et que le tribunal a jugé que c’était au syndicat seul de faire rentrer la totalité de la somme. Évidemment, nous aimerions que cet argent serve à financer l’étude indépendante que nous réclamons en vain sur le maintien de Nantes-Atlantique, mais là il ne faut pas rêver… F Verchère – CéDpa À noter qu’une autre victoire vient d’être obtenue par le collectif d’élus : la CADA, commission d’accès aux documents administratifs, a émis un avis favorable à la communication par la DGAC de l’étude sur le bilan socio-économique de l’enquête d’utilité publique (l’étude dont les conclusions sont contestées par le cabinet CE-Delft). Françoise Verchère a donc écrit à Ségolène Royal pour obtenir la transmission au plus vite de ce document, ainsi que du cahier des charges du projet d’aéroport. Espérons qu’une nouvelle procédure juridique ne sera pas nécessaire pour obtenir gain de cause. NDL : État de Droit ou acharnement ? En début d’année, Dominique Fresneau comparaissait au tribunal de grande instance, en tant que co-président de l’ACIPA. On lui reprochait d’être indirectement responsable du méfait gravissime suivant : le collage de 2 affiches appelant à manifester sur un boîtier EDF. À l’heure où nous mettons sous presse, le verdict n’est pas encore tombé, mais quand les actualités récentes font état de libération de criminels présumés pour des questions de délais de procédure, on se demande où va la priorité de l’État qui encombre les tribunaux pour des broutilles dès qu’il s’agit de Notre-Dame-des-Landes. (voir aussi le témoignage de Sylvie Thébault sur sa convocation à la gendarmerie sur base de photo de personne non identifiable) civil, celui de mes parents… Je demande la peine encourue pour l’infraction : «5 ans de prison et 75000 euros d’amende» (il s’agit bien sûr de la peine maximale, cela impressionne davantage !). Et puis les questions sur ma présence à Drucat… Je réponds que je n’y étais pas. J’ai 30 témoins qui peuvent en attester. Regard intéressé du gendarme (peut-être content d’écourter l’interrogatoire, il a sûrement d’autres choses plus importantes à faire, du moins je l’espère !). « Qui ? » me demandet-il. Je réponds qu’il s’agit de mes vaches. « Qui d’autre, en dehors de vos vaches ? » insiste-t-il ; je ne vois pas quoi lui dire. Retrouver précisément son emploi du temps 9 mois plus tôt est un peu difficile. Une seule certitude : j’ai trait mes vaches le matin et le soir du 27 octobre, le 28 octobre également. Je précise que malgré toutes mes qualités, je n’ai pas le don d’ubiquité. On me présente la photo qui m’incrimine : je vois juste une personne aux cheveux courts de sexe indéterminé. Je précise que je ne me reconnais pas sur cette photo. Question sur ma coupe de cheveux : « est-elle toujours la même ? ». J’ai franchement envie de rire… On me demande mon numéro de portable. Je refuse de le donner. « Pourquoi ? », s’étonne-t-il ? Je lui dis que « c’est privé » et lui demande s’il veut bien me donner le sien. « Pourquoi n’étiez-vous pas à Drucat ? » me demande-t-on. Parce que je travaillais, je réponds. « Votre portable pouvait-il être dans la Somme dans ces moments-là ? ». Je réponds que c’est possible, Marcel étant allé le 28 octobre en car à Amiens, avec ou sans portable, je n’en sais rien… J’ai envie de dire que l’atmosphère devient vite pesante dans une gendarmerie, confinée à trois dans un tout petit bureau. Je trouve la situation grotesque. Pour finir, j’ai droit à une séance de prises d’empreintes et de photos. Après ce moment d’intimité, je me permets de demander au gendarme si, dans l’exercice de sa fonction au quotidien, il retrouve toujours les raisons qui l’avaient amené à choisir ce métier. Il me répond qu’« il a toujours voulu être gendarme, mais que avec Notre-Dame-des-Landes… ». Je garde le reste de sa réponse pour moi ; je ne veux pas lui attirer des ennuis de la part de sa hiérarchie. Et puis, c’est la sortie… face à un gros rassemblement de soutien : MERCI À TOUS ! Je suis la dernière, les deux autres copains convoqués après moi sont déjà ressortis. 5 Visite des gendarmes… puis visite aux gendarmes ! Vendredi 4 septembre, à 8 h 30 du matin, je partais en tracteur alimenter mes vaches taries au pré. Juste à la maison de Claude et Christiane, je croise une voiture grise avec trois personnes à bord. Mais arrivée dans le deuxième virage (700 mètres plus loin), je revois la même voiture dans mon sillage. Je m’arrête, la voiture également et les gens sortent. Là, je reconnais : il s’agit de gendarmes de Blain en civil. Ils ont un papier à me remettre : une convocation en vue d’une audition libre pour le mardi 8 septembre à 9 h 30 à Blain. Motif : je suis « soupçonnée d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de dégradation ou détérioration du bien d’autrui commis en réunion le 27.10.2014 entre 15 heures et 17 heures à DRUCAT (80) route du Plessis. » Ma première réaction est de rire en disant « c’est quoi ces conneries ? », ma deuxième en regardant la date est de m’exclamer « Ouah, quelle réactivité ! ». J’apprends plus tard que deux autres personnes sont convoquées le même jour parce que leur numéro de portable est sur un tract d’appel à manifestation pour se rendre en tracteur à Amiens au procès de camarades de la Confédération paysanne le 28 octobre 2014. Mardi 8 septembre, je me rends donc à la gendarmerie pour répondre aux questions. Beaucoup de temps consacré à l’état Photo : P. Giroire.

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Dois-je être fière d’être aussi célèbre auprès des gendarmes pour qu’en voyant une très vague photo, ils pensent aussitôt à moi ? Je le vis comme une tentative d’intimidation (« on vous a à l’œil ; gare à vous ! ») mais cela a aussi pour conséquence d’exacerber mon sentiment de désolation sur le pouvoir en place, la justice et le rôle de la gendarmerie… Et je ne dois pas être la seule citoyenne dans ce cas… J’ai envie de conclure en disant qu’en France, la libre pensée est autorisée tant qu’on ne conteste pas les normes et les décisions des politiques. Sylvie, paysanne « célèbre » de Notre Dame des Landes étape du Tour Alternatiba. Yves et Laurent étaient aussi invités pour représenter la coordination au meeting du samedi 26 septembre après-midi place de la République à Paris aux côtés d’autres luttes (Ferme-usine des 1000 vaches, Ferme des Bouillons, Lyon-Turin No-Tav, Centrale gaz de Landivisiau, etc.) devant plus de 20 000 participants venus accueillir l’arrivée du Tour. Notre lutte contre l’aéroport a reçu une longue « ovation ». Nous tenons à remercier en particulier Txetx Etcheverry, animateur de ce meeting, pour son accueil et son engagement. Quelques actions récentes Opération « cartes » du CéDpa Lors du rassemblement de juillet dernier, le CéDpa a pris l'initiative d’imprimer une fort jolie carte postale adressée à François Hollande pour réclamer l’abandon du projet de NDL. À quelques semaines de la COP 21 pendant laquelle de beaux discours seront vraisemblablement tenus sur la nécessité d’agir pour le climat, il serait temps que le gouvernement mette ses actes en cohérence avec ses promesses. L’avantage d’écrire au Président de la République, c’est la dispense d’affranchissement, donc la gratuité de l’envoi ! Les 5 000 cartes postales ont quasi toutes été signées, et avec beaucoup d’enthousiasme. Espérons qu’au moins l’une d’elles arrivera jusqu’au bureau présidentiel à l’Élysée et retiendra l’attention de son occupant. On peut continuer à imprimer la carte et à l’envoyer (cf. site du CéDpa : http://aeroportnddl.fr) Une arrivée remarquée place de la République à Paris le 26 septembre. Danger sables mouvants : militer n’est pas une activité « normale » de plage ! Un évènement beach-art, organisé par le collectif NDDL Indre Saint-Herblain, était prévu sur une plage de Vendée le 3 octobre. L'objectif était de sensibiliser la population aux risques du réchauffement climatique et à la protection des zones sensibles. En résumé : un artiste, un râteau, un dessin éphémère dans le sable (l’avion barré) et 60 personnes autour pour une photo… Mais c’était sans compter avec le zèle ridicule de la DDTM (Direction départementale du territoire et de la mer), service de l’État sous l’autorité préfectorale de Vendée qui en a interdit la réalisation (interdiction accompagnée de menaces à peine voilées de la gendarmerie) aux motifs suivants : • L’activité prévue ne rentre pas dans la définition d’une utilisation normale de la plage. • L’activité entraîne des mouvements de sable pouvant endommager la laisse de mer et l’écosystème. • L’association organisatrice n’a pas de lien avec les activités balnéaires (sic !). On s’excuse, la prochaine fois, on viendra avec des seaux et des pelles en plastique à la place d’un râteau, histoire de voir si on a le droit de faire des pâtés de sable à la plage, même quand on est contre NDL… Tour Alternatiba à NDL Le dimanche 30 août, la coordination des opposants accueillait à La Vache Rit la 77e étape du Tour Alternatiba, parti de Bayonne. Merci aux organisateurs de l’accueil, dont Yves et Laurent, qui ont agrémenté cette soirée d’une belle présentation sur la nécessité de l’engagement dans le combat ô combien urgent contre le réchauffement du climat. Des projections riches d’exemples concrets ont eu lieu, démontrant qu’il est possible d’agir à tous les niveaux. De la musique, un bar « Drakkar » prêté par l’association Le CIRC, des barbecues, crêpes et cochonnailles bio, tout était prévu pour que la convivialité se mêle à l’importance de cette Régionales 2015 Pas une voix pour les porteurs du projet de NDL ! 6 Photo : J. Ronnet-Nicolle. Photo : Alternatiba.

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7 Photos : NDL2015 – Berthe-LaLutte, A.-M. Chabod, B. Richeux, J. Ronnet-Nicolle.

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NDL : État de Droit ou acharnement ? Bis. V’là-t-y pas qu’un élu LR tente d’exister en essayant d’avoir la peau de l’ACIPA… Franck Louvrier (ancien conseiller de N. Sarkozy, excusez du peu !) s’interroge sur son blog « sur le rôle de l’Acipa, association luttant contre le projet d’aéroport du grand ouest, qui ne dénonce pas une telle opération hors-la-loi »* et précise « Il existe en France, pour les associations, la possibilité de mettre en place des mesures de dissolution judiciaire ou administrative ». Pourtant, dans les cas de dissolution judiciaire ou administrative, la « non-dénonciation » n’existe pas ! Alors, poussée totalitaire ou affolement ? (Voir aussi notre communiqué sur le site de l’ACIPA) * S’agissant de l’empêchement fait au juge des expropriations, par des militants, d’accéder à trois maisons. Les échos du net • Illustration têtière : Pogam • Fabrication : Parenthèses • Imprimé sur papier recyclé. Directrice de publication : Anne-Marie CHABOD • Comité de rédaction : les membres de la commission communication • ACIPA – B.P. 5 – 44130 Notre-Dame-des-Landes – 06 71 00 73 69. Sur les réseaux sociaux, 11 803 personnes aiment la page Facebook (+ 489) qui a touché un pic de plus de 33 200 personnes le 28 juillet. 6681 abonnés (+ 301) au fil Twitter, plus de 19 900 tweets et plus de 5 000 abonnés actifs à la lettre d’info*. La revue de presse continue à s’enrichir avec plus de 12 300 articles au total. * Il est toujours temps de vous inscrire à la lettre d’info via https://www.acipa-ndl.fr/a-propos-de-l-acipa/recevoir-la-lettre-d-info Fête des battages sur la ZAD Reportage sur le site http://presquilegazette.org Baudruches HQE : la com des «pros» a encore frappé ! À l’annonce du rejet des recours environnementaux, le 17 juillet dernier, l’association « les Ailes pour l’Ouest » symbolisait la création de 3 000 emplois par un lâcher de ballons sur la commune d’Héric, voisine de la ZAD. Le transport par une semi-remorque de 3 000 baudruches pour une dispersion dans la nature — et pour peu qu’elles soient gonflées à l’hélium — cela ne contribue pas à faire baisser un bilan carbone, surtout quand il s’agit de communiquer sur la construction d’un aéroport « HQE ». 8 P. 1 Édito : COP21 et NDL, quelle cohérence ? P. 2 Actualités : Saisine de la cour administrative d’appel Les travaux de l’Atelier Citoyen P. 3 Coalition Climat 21 P. 4 « Car nous avons raison ! » en souvenir de Michel P. 5 Une victoire juridique, enfin ! Visite des gendarmes… puis visite aux gendarmes P. 6 Tour Alternatiba à NDL Opération carte du CéDpa P. 7 Retour en images sur NDL2015 P. 8 Les échos du net Fête des battages Bulletin 45 : au sommaire Photo : @Presquilegazette.net.

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