Conférence inaugurale en hommage à Joseph Ki-Zerbo

 

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Fondation Joseph Ki-Zerbo

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CONFERENCES JOSEPH KI-ZERBO CONFERENCE JOSEPH KI-ZERBO EN HOMMAGE A JOSEPH KI-ZERBO EN HOMMAGE A JOSEPH KI-ZERBO Conférence Inaugurale du cycle de conférences sur des thèmes prioritaires du programme de l'UNESCO en faveur du continent africain 782953 784244 ISBN: 978-2-9537842-4-4

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CONFERENCES JOSEPH KI-ZERBO Conférence inaugurale en hommage à Joseph Ki-Zerbo Jeudi 24 mai 2012 au siège de l’UNESCO, UNESCO, Paris 1 avenue de Suffren, 75007 Paris 3

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Photo de couverture : Vue partielle du présidium de la conférence. De gauche à droite, Madame Lalla Aïcha Ben Barka, Sous-Directrice générale du département Afrique de l’UNESCO, Monsieur Joseph Paré, Ambassadeur du Burkina Faso en France, Délégué permanent du Burkina Faso auprès de l’UNESCO, Madame Jacqueline Ki-Zerbo, épouse de Joseph Ki-Zerbo, Administratrice générale de la Fondation Joseph KiZerbo. Tous droits réservés © Joseph Ki-Zerbo, 2015 ISBN: 978-2-9537842-4-4 EAN : 9782953784244 Ce livre a été publié avec l’appui financier de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). 4

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Sommaire Avant-propos Session d’ouverture Allocutions Madame Lalla Aïcha BEN BARKA Sous-Directrice générale, Département Afrique de l’UNESCO Monsieur Joseph PARE Ambassadeur du Burkina Faso en France Délégué permanent du Burkina Faso auprès de l’UNESCO Madame Elisabeth Paula NAPEYOK, Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l’Ouganda en France Déléguée permanente, Présidente du Groupe Africain Monsieur Hamidou SALL, Secrétaire général à la Francophonie représentant le Président Abdou DIOUF Témoignages Madame Jacqueline KI-ZERBO Epouse de Joseph KI-ZERBO Administratrice générale de la Fondation Ki-Zerbo 9 23 23 23 28 32 34 35 35 5

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Monsieur Christian VALENTIN Au nom de Mme Christiane Yandé DIOP Présidente de la Communauté Africaine de Culture Monsieur Albert TEVOEDJERE Médiateur de la République du Bénin Monsieur Cheikh Hamidou KANE Ancien ministre du Sénégal et écrivain Monsieur Salim Abdel MADJID – Modérateur Session 1 : Joseph Ki-Zerbo, Humaniste Monsieur Charles BINAN BIKOI Secrétaire exécutif du Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDOTOLA) Monsieur David GAKUNZI Directeur de la Maison de l’Afrique à Paris 42 44 48 58 60 60 65 Monsieur Etienne AVIS Ancien élève du Professeur Joseph KI-ZERBO Monsieur Jean-Marie SAWADOGO Ancien fonctionnaire international voltaïque à l’Organisation Commune Africaine et Mauricienne (OCAM) Session 2 : Joseph Ki-Zerbo, Intellectuel engagé 6 69 75 78

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Monsieur Aimé DAMIBA Membre du Comité scientifique de la Fondation Joseph Ki- Zerbo Monsieur Sten RYLANDER Ancien ambassadeur de Suède au Zimbabwe Monsieur Roland COLIN Anthropologue, écrivain Président de l’Institut International de Recherche et de Formation Education & Développement Ancien directeur de cabinet de Mamadou Dia Directeur de recherche à Paris 3 et Paris 8 Monsieur Christian COMELIAU Economiste à l’Institut Universitaire d’Etudes du Développement (IUED) et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) Monsieur Henri SENGHOR Ambassadeur honoraire, ancien ambassadeur du Sénégal Président du Centre International Francophone d’Echanges et de Réflexion (CIFER) Session 3 : Joseph Ki-Zerbo, Historien Mme Martha RODRIGUES Conseillère municipale à Salvador de Bahia, Brésil Monsieur Gilberto LEAL du Brésil 7 78 84 87 91 97 100 100 103

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Père Joseph Roger de BENOIST Journaliste et historien 106 Monsieur Didier OUEDRAOGO Philosophe, responsable de l’ONG Action MOPTI, Président de la section française du Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) Professeur Elikia MBOKOLO Président du Comité Scientifique de l’Histoire Générale de l’Afrique, Directeur d’Etudes à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) Madame Sophie BESSIS Journaliste Clôture Madame Lalla Aïcha BEN BARKA Sous-Directrice générale Département Afrique UNESCO 109 112 118 120 120 8

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AVANT-PROPOS Etre bien de la maison de l’UNESCO Ainsi, sur une longue trajectoire de près de cinquante ans, où trouver l’art et l’énergie sans cesse renouvelée, pour servir à la fois son pays, l’Afrique et la communauté internationale, sinon chez Joseph Ki-Zerbo ? Il a servi son pays, l’Afrique et la communauté internationale de l’Education, de la Science, de la Culture et de la Communication, notamment à travers l’UNESCO, de multiples manières et de manière exemplaire. Contributeur éminent aux conférences. Pour en donner une illustration, on peut rappeler qu’au mois de mai 1961, à Addis Abeba, Ethiopie, il participait à la première conférence des ministres de l’Education des Etats membres d’Afrique, organisée par l’UNESCO et la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique. Son intervention très remarquée, portant sur le contenu de l’enseignement en Afrique, commençait par la déclaration suivante : « L’éducation est placée au cœur du développement de l’Afrique. C’est un des principaux leviers pour accélérer son progrès sur tous les plans : sur le plan politique par l’établissement d’une instruction minimale sans laquelle la démocratie est un mot vide de sens ; sur le plan social et humain parce qu’elle développe chez l’homme la conscience de sa dignité, les possibilités d’expression, de création et de libération (par exemple pour la femme) ; sur le plan économique même, puisque l’enseignement constitue l’investissement le plus précieux à long terme ; sur le plan 9

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international, puisqu’elle permet de mieux connaître et partant d’apprécier les autres peuples. » En 1990, à la Conférence mondiale sur l’Education pour tous, à Jomtien en Thaïlande, il contribuait à nouveau par un écrit intitulé « Eduquer ou périr ». Est-il besoin de rappeler sa contribution à la monumentale Histoire générale de l’Afrique ? Il fut par ailleurs membre du Conseil exécutif de l’UNESCO de 1972 à 1978. A tous ces égards et à bien d’autres, Joseph Ki-Zerbo est bien de la maison de l’UNESCO qui ne cesse de lui rendre hommages sur hommages, auxquels vient s’ajouter l’initiative des « Conférences Ki-Zerbo ». Conférences Ki-Zerbo, conférence inaugurale Il s’agit d’une initiative du Département Afrique de l’UNESCO consistant à organiser dans le cadre du partenariat officiel entre l’UNESCO et la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le Développement Endogène de l’Afrique, une série de conférences rassemblant des intellectuels, des scientifiques, des artistes, des jeunes, des décideurs politiques et des représentants de la société civile africaine pour débattre de thèmes prioritaires du programme de l’UNESCO en faveur du continent. La première de cette série de conférences, la conférence inaugurale, a été organisée avec le concours du Comité International Joseph Ki-Zerbo (C.I.J.K) le 24 mai 2012 au siège de l’UNESCO à Paris dans le cadre de la semaine 10

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africaine de l’UNESCO, qui honore également Madame Wangari Mataï, Prix Nobel. La conférence s’est déroulée sous la forme d’une grande séance plénière subdivisée en trois sessions. Session d’ouverture En allocution d’ouverture, Madame Lalla Aïcha Ben Barka, Sous-Directrice générale du Département Afrique de l’UNESCO, a souhaité la bienvenue aux participants et donné les raisons et objectifs des « Conférences Ki-Zerbo ». Lui ont fait écho, d’abord, Monsieur Joseph Paré, ambassadeur du Burkina Faso en France, délégué permanent du Burkina Faso auprès de l’UNESCO, puis Madame Elisabeth Paula Napeyok, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l’Ouganda en France, déléguée permanente de l’Ouganda auprès de l’UNESCO, présidente du Groupe Africain de l’UNESCO. Le premier a notamment célébré l’humanisme de Joseph Ki-Zerbo en ces propos : « L’humanisme, pour le professeur Joseph Ki-Zerbo, consistait à donner sa part contributive à l’édification de la cité avec une hauteur de vue et d’esprit, transcendant toute forme de clivage et de sectarisme. » Quant à la seconde, elle a magnifié Joseph KiZerbo le Panafricaniste et résumé ainsi le message qu’il nous adresse : «En tant qu’Africains, travaillons ensemble. Non les uns contre les autres. Ayons du respect pour nos cultures respectives. Respectons tout un chacun en sa manière d’agir. » 11

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En point d’orgue de cette entrée en matière venait le message du président Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie : « L’Afrique était sa passion et son combat ; et l’histoire son arme. Par son arme, il a donné à sa passion et à son combat les repères par lesquels l’Afrique, par-delà la violence indicible qui s’est abattue sur elle, a su trouver la force de regarder demain... » Après l’ouverture, une session spéciale a consisté en témoignages. Pour avoir partagé sa vie, pour avoir été ses compagnons, pour l’avoir particulièrement côtoyé : Madame Jacqueline Ki-Zerbo, Monsieur Albert Tevoedjere, Monsieur Cheikh Hamidou Kane, Madame Christiane Yandé Diop, représentée par Monsieur Christian Valentin, ont témoigné de l’homme en leur grand amour, en l’exemplarité de leur compagnonnage militant, en leur profonde admiration. Première session Monsieur Salim Abdel Madjid, qui devait assurer la modération des sessions, s’est présenté et a dit dans quelles circonstances il a fréquenté le professeur Joseph Ki-Zerbo. La première rencontre fut « d’abord en le lisant, dans l’histoire de l’Afrique noire, quand j’avais 20 ans. Et cette lecture a eu sur moi un effet considérable. Elle m’importe jusqu’à ce jour. De même que l’œuvre tout entière du professeur, alors que j’essaie, dans le cadre d’une thèse de philosophie, d’élaborer ce que j’y appelle un « concept d’Afrique » ». Les lieux de rencontre en personne furent l’Ecole Normale Supérieure de Paris, puis Ouagadougou. 12

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La première session de la Conférence est consacrée au thème : Joseph Ki-Zerbo, Humaniste, que vont tâcher de cerner quatre intervenants. Monsieur Charles BINAN BIKOI, Secrétaire exécutif du Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDOTOLA), entame l’évocation de l’humanisme de Joseph Ki-Zerbo par ces mots : « Je garde de lui le souvenir d’une personnalité d’une rare humilité, d’une profonde convivialité et, pardessus tout, d’une vibrante africanité, dans la mesure où être africain, pour nous, signifie d’abord être respectueux des valeurs de vie, de solidarité et d’enracinement dans le patrimoine, ce qui est, de notre point de vue, le cœur-même de tout humanisme. » Monsieur David GAKUNZI, Directeur de la Maison de l’Afrique à Paris, a retiré de la fréquentation de Joseph KiZerbo de nombreux enseignements. Il lui plaît d’en conclure la liste par celui-ci : « Evitons toujours de nous refermer sur nous-mêmes. Nous ne pouvons pas penser seuls. Si nous devons penser par nous-mêmes, nous ne devons pas penser seuls ; nous sommes dans un monde et c’est une chance pour nous en tant qu’Africains, c’est que nous sommes devenus le monde. Certes, par la violence de l’histoire, mais nous sommes le monde et notre force est dans cette affirmationlà. » Monsieur Etienne AVIS, Ancien élève du professeur Ki-Zerbo, en hommage à son professeur et à sa famille, en souvenir et pour le compte de ses élèves du Lycée Pothier, à Orléans, en 1956-1957, a retracé leur rencontre, le premier jour de classe, où, qui du professeur ou des élèves gagnerait la partie, face au chahut inévitablement lancé. Ce fut lui qui 13

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gagna. « Le nouveau avait su trouver le bon langage. Il avait gagné, il aurait la paix et la considération... Cet homme, venu de l’autre bout de la carte géographique de notre enfance, d’un rose en cours de variation de couleur, droit et généreux, excellent pédagogue, maîtrisant notre culture, nous ayant de temps en temps laissé entrevoir avec fierté l’histoire de la culture et des civilisations africaines que nous retrouverons plus tard dans ses ouvrages, légitimement nationaliste, recevait en ces années charnières le témoignage du respect et de la reconnaissance d’une bande de galopins qu’il avait su séduire en deux temps : autorité et transmission exigeante du savoir. » Monsieur Jean-Marie SAWADOGO, ancien fonctionnaire international à l’Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), a fait la connaissance de Joseph Ki-Zerbo depuis sa jeunesse. Dans le cadre des mouvements de jeunes en Haute-Volta à l’époque, il a sollicité de Joseph Ki-Zerbo une conférence, et depuis... Aujourd’hui, il affirme : « Pour moi, le professeur KiZerbo, me contentant d’un seul aspect, fut avant tout un éveilleur de conscience. Conscience citoyenne, conscience africaine. Toutes les catégories de la population sont concernées par les problématiques d’éveil de la conscience : les jeunes, les actifs, les seniors... et notamment face à la nécessité de se réapproprier les repères fondamentaux inspirés des valeurs spécifiques aux cultures africaines. Le professeur Ki-Zerbo fut l’un des tout premiers initiateurs de cette réappropriation de l’âme africaine. » 14

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