Le PdC sous l'Empire

 
no ad

Embed or link this publication

Description

Exposition de l'ARBR Les AMis de Robespierre

Popular Pages


p. 1

Le Pas-de-Calais sous l’Empire Exposition réalisée par les Amis de Robespierre

[close]

p. 2

Le Pas-de-Calais sous l’Empire isposant d’une force armée sans égale créée sous la Révolution, NAPOLEON peut répondre aux ambitions de la bourgeoisie française qui rêvait de conquêtes pour s’enrichir. De Rome à Lübeck, l’Empereur règne sur 130 départements et 44 millions d’habitants (dont de 30 millions dans l’hexagone contre 25 millions en 1789). D Créé en 1790, il comptait 538 283 habitants en 1799, il en compte 580 457 en 1810. ST OMER ARRAS BOULOGNE AIRE s/lys CALAIS BETHUNE CARVIN LILLERS 20 262 19 300 13 257 8 408 8 102 6 379 4 522 4 164 Hesdin, Montreuil, Bapaume St Pol Lens Etaples Les principales villes entre 3 et 4000 2 900 2 300 1200 Les villes du Pas de Calais ne comptent au total que 90 000 habitants 85% de la population vit à la campagne Le département est divisé en 6 arrondissements, 42 cantons et 929 communes.

[close]

p. 3

Le Pas-de-Calais sous l’Empire L a culture des céréales, notamment en Artois, procure au département une de ses principales richesses. Sur 600 000 hectares cultivés en 1807, on recense: 128 000 ha de froment 64 000 ha d’avoine 19 000 ha d’orge 17 700 ha de seigle Le marché aux grains d’ ARRAS est depuis longtemps parmi les plus importants du pays, d’où les dimensions exceptionnelles de la Grand’Place. Les 2/3 des 150 000 hectolitres de blé vendus le sont à ARRAS. La culture de plantes oléagineuses L’ OEILLETTE (huile de table et fabrication du savon) tient une place privilégiée. On produit aussi de l’huile en cultivant : le COLZA pour l’éclairage le LIN pour la peinture, mais de plus en plus comme plante textile la CAMELINE pour les peintures et le savon, la tige servant à faire des balais Un petit jeu : qui est qui? La solution pour les oublieux 1. Le colza 2. Le lin 3. L’oeillette 4. La cameline

[close]

p. 4

Le Pas-de-Calais sous l’Empire La principale richesse c’est la terre. Dans une France essentiellement rurale, le Pas-de-Calais est l’un des plus riches départements agricoles de l’Empire. La propriété foncière reste la base des fortunes et de la notabilité Négociants et fabricants qui font fortune la placent en terre au détriment des investissements industriels. Dans le Collège électoral en Artois en 1814, sur 64 membres on compte : • 23 fermiers • 20 propriétaires rentiers • 9 propriétaires nobles • 4 commerçants… LA POPULATION DES VILLAGES Elle comprend : fermiers, laboureurs, ménagers, journaliers ou manouvriers, artisans, commerçants, rentiers et mendiants. LE FERMIER, COQ DU VILLAGE En Artois il cultive en moyenne 63 hectares. Souvent maire du village, il y exerce une grande autorité. A Duisans ; 7 fermiers possèdent en moyenne 8 chevaux chacun, 11 laboureurs possèdent en moyenne 2 à 3 chevaux, 71 autres exploitants (ménagers) cultivent sans cheval (un cheval vaut de 80 à 300 livres soit le prix de 30 ares de terre). LES PROLETAIRES DE LA PROPRIETE L’abolition des privilèges et la vente des biens nationaux a permis à de nombreux petits paysans de devenir propriétaires d’un lopin de terre. Dans le Pas-de-Calais, 120 000 ménagers et leurs familles représentent 20 % de la population. Ils ne possèdent en moyenne qu’un hectare de terre, une vache, un âne , un cochon… Mi-salarié chez un laboureur ou fermier, le manager travaille avec sa famille à la bêche ou emprunte parfois un train de labour . Il faut au moins 5 hectares de terre pour vivre décemment. LES JOURNALIERS Salariés sans terre, ils sont avec leur famille 127 000 soit 22% de la population du département. Sous l’Empire, la conscription ayant raréfié la main-d’œuvre, les salaires ont augmenté, et le sort des journaliers s’est amélioré. Il faut à un homme seul 1 F . par jour pour se nourrir. Les salaires : la journée ordinaire : 1,46 F. à 2 F. non nourri, sinon 0,85 F . à 1 F. Pendant les gros travaux : 2,50 F. à 3, 25 F. pour un faucheur. Femmes et enfants travaillent la terre. Dès 5 ans les enfants gardent les bêtes, et à 11 ans commencent à bêcher. Le journalier travaille jusqu’à l’usure de ses forces. Les paysans ont formé le gros de l’armée. Les plus aisés échappent à la conscription en rachetant un remplaçant.

[close]

p. 5

Le Pas-de-Calais sous l’Empire E n 1807, on dénombre 1 333 moulins dans le département, surtout pour moudre le blé ou faire de l’huile. Mais ils servent aussi à fabriquer le papier, broyer le tan, fabriquer la poudre ou travailler le fer. On compte • 1 005 moulins à BLE • 286 moulins à HUILE (ou Tordoirs) • 25 moulins à PAPIER • 17 moulins à TAN 209 moulins dans l’arrondissement de Béthune, 157 pour Boulogne, 188 pour Montreuil, 198 pour Saint-Omer, 181 pour Saint-Pol. C’est dans l’arrondissement d’ARRAS qu’ils sont les plus nombreux (401). Pour moudre le blé : 218 moulins à vent 36 moulins à eau Pour faire de l’huile : 126 moulins à vent 20 moulins à eau L’HUILE était surtout extraite des graines de l’OEILLETTE, et du COLZA, mais aussi de LIN, et de CAMELINE. Pour la seule commune de BEAURAINS, on compte 22 moulins à VENT. En 1809, on produisait 14,8 tonnes de farine par jour dans les moulins à vent du Pas-de-Calais. Dans la région d’Arras, la plupart des moulins à vent sont en BOIS et sur PIVOT, souvent démontables ; les autres, en pierre ou en briques, sont sur TOURELLE. Pour construire un moulin en bois, il fallait 40 arbres (chênes ou ormes). Les moulins à PAPIER sont surtout dans la région de SAINT-OMER 312 des moulins à EAU sont à Roue VERTICALE contre 89 à ROUE HORIZONTALE en 1809 Un moulin à eau ou à vent emploie en moyenne 2,5 personnes.

[close]

p. 6

Le Pas-de-Calais sous l’Empire On peut seulement parler d’une poursuite de la croissance de la production agricole amorcée depuis 1750. Pas de bouleversement technologique : la terre est toujours cultivée comme 20 ou 30 ans auparavant. Quelques améliorations constatées grâce … …au recul limité de la jachère, bien qu’elle couvre encore 27 % des terres cultivables soit 113 000 ha dans le département. à l’accroissement de la petite propriété par la vente des biens de l’Eglise et des émigrés : 35 % du sol a été mis en vente en Artois à la diminution des « communaux » considérés comme mal rentabilisés à l’accroissement de la consommation par l’augmentation des salaires. travail à la bêche Peu de terres nouvelles seront défrichées, peu de nouvelles cultures La pomme de terre est lentement adoptée et plus souvent pour la nourriture animale. La BETTERAVE SUCRIERE introduite par décret en 1811, peinera longtemps à s’imposer. Le Béthunois Denis DELLISSE, parvient en 1809 à extraire industriellement du sucre de la betterave. Associé à CRESPEL, son beau-frère, il crée à Lille la première sucrerie française. 500 kg de sucre sont produits en 1810 et déjà 10 tonnes en 1811. En 1813, le préfet doit intervenir à propos d’une raffinerie de sucre installée rue des promenades à Arras et qui indispose les voisins.

[close]

p. 7

Le Pas-de-Calais sous l’Empire Cultures et pâturages font place ici et là aux espaces boisés ou marécageux. Le Pas-de-Calais compte encore 40 000 hectares de bois et forêts qui ont beaucoup pâti des coupes sauvages lors de la Révolution et des guerres. Sous la Révolution, les mines de Valenciennes étant occupées par l’ennemi, et celles d’Hardinghem peu productives, le chauffage au bois s’est intensifié. Dans l’arrière-pays boulonnais, les besoins en bois pour la fabrication de nombreuses péniches pour l’invasion de l’Angleterre préparée par Napoléon ont encore aggravé les coupes claires dans nos forêts. LA CHASSE Le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier peuplent les régions boisées Mais aussi le loup : les capitaines de louveteries sont rétablis en 1803. Une prime de 12 F . récompense qui abat un loup ; 18 F. pour une louve pleine. LES TOURBIERES LA TOURBE est le principal combustible dans les zones marécageuses qui bordent les rivières. Elle est le produit de la fossilisation des végétaux ligneux . Dans les vallées de la SCARPE, de la CANCHE, de l’AUTHIE les habitants exploitent les TOURBIERES privées ou communales. Extraite à l’aide du louchet, jusqu’à des profondeurs de 5 à 6 m sous l’eau, la tourbe est ensuite découpée en briquettes et séchée en meules. Le métier de tourbeux est épuisant et malsain. En 1809 le Préfet s’offusque de la « fureur de tourber » qui empiète sur les terres cultivables.Il envoie les gendarmes contre les habitants, qui ripostent. La consommation est limitée à 8 000 briquettes par an pour une famille de 5 à 6 personnes. Le combustible est si rare et si cher que les malheureux utilisent la fiente séchée des animaux pour se chauffer ou cuire les aliments Dans la vallée de la SCARPE les tourbières, qui couvrent 931 hectares, produisent 28 millions de briquettes de tourbe par an, soit le quart de la production totale.

[close]

p. 8

Le Pas-de-Calais sous l’Empire L e projet d’invasion de l’Angleterre à partir de Boulogne fait du Pas-de-Calais un département phare de l’Empire durant deux ans et vaut à nos côtes une activité exceptionnelle. Mais il affecte aussi une ressource essentielle, celle de la pêche, notamment au grand large, et stoppe le commerce maritime.. Les 40 bateaux de 25 tonneaux de Boulogne, Etaples, Le Portel…, avec des équipages de 20 à 25 hommes sont remplacés depuis la guerre par des embarcations de 3 tonneaux de 2 ou 3 hommes d’équipage. En 1810-1811 on compte : • 90 bateaux à Boulogne, • 1100 personnes y sont occupées par la pêche et la préparation du poisson pendant la saison du hareng et 700 pour le maquereau • 20 bateaux à Calais pour 100 marins • 16 à Outreau • 20 d’un plus fort tonnage à Berck et Merlimont. Les femmes sont occupées à chercher les vers et travaux pour la pêche. La petite pêche sans bateaux, sur la côte, occupe près de 500 personnes. On manque de marins et on doit recruter des étrangers au métier, et des enfants de 8 à 15 ans. Pour l’arrondissement de Boulogne en 1812 on a pêché pour 1 million de F de hareng et 500 000 F de maquereau La présence de l’armée, et les grands travaux font la prospérité du commerce 40 000 militaires en 1804, 60 000 en août 1805 à Boulogne, Ambleteuse, Wimereux plus les 5 séjours prolongés de l’Empereur au Château de Pont de Briques de 1803 à 1805 développent considérablement le commerce de Boulogne Mais génèrent aussi une grave crise du logement, la saleté de la ville et la prostitution Napoléon fait entreprendre de grands travaux au port de Boulogne : quais, estacades, écluses. L’excavation du bassin circulaire sur la rive gauche de la Liane occupe 6 000 ouvriers et leurs brouettes. Le port ainsi aménagé allait assurer définitivement la fortune de Boulogne Par contre le port de Calais, privé de son commerce maritime, est durement touché. Les CORSAIRES Jusqu’en 1807 ils ne s’attaquent qu’aux vaisseaux anglais mais, dès le blocus, tout navire neutre devient suspect et de bonne prise. De mai 1810 à mai 1811, 5 millions de marchandises sont ramenées à CALAIS De 1811 à 1815, 23 bateaux corsaires sont armés dans les ports du Pas-de-Calais dont 40 % à CALAIS. Les prises atteignent 20 millions de F.

[close]

p. 9

Le Pas-de-Calais sous l’Empire L es réels progrès de l’industrie, encouragés par l’empereur et favorisés par les débouchés sur la moitié de l’Europe occupée et l’absence de concurrence anglaise, sont très peu ressentis dans le Pas-de-Calais. Essentiellement tourné vers l’agriculture, l’élevage, la pêche, le département ne compte guère de manufactures. Le commerce se résume à celui du grain, des huiles, du produit de la pêche, des chevaux et de la dentelle. Au chapitre des fabriques et manufactures, l’almanach de 1814 reste laconique : « Il existe des tanneries, des filatures de coton, des manufactures de pipes, des ateliers de bonneterie et quelques fabriques de papier ». Seules certaines activités du textile regroupent ici et là des effectifs importants d’ouvrier(e)s. Artisanat et travail à domicile prédominent Principales activités par arrondissement ARRAS : On compte 1160 broches de mule-jennys, 484 métiers à tisser le coton et 230 métiers de bonneterie. On fabrique en coton des calicots et des mouchoirs ainsi que de la dentelle. BETHUNE : Une seule fabrique, celle de branches de lunettes de 20 salariés à la Buissière BOULOGNE : La verrerie, les carrières de marbre et les mines d’Hardinghem, la filature de laine de Desvres : 100 ouvrier(e)s MONTREUIL : On fabrique des bas de fil à Hesdin. On y a compté avant la crise de 1812, 2 800 métiers, 5 000 fileuses, 200 couseuses et apprêteurs. Les fabriques de bas de laine occupent 1200 ouvrier(e)s dont 200 enfants de 8 à 12 ans. SAINT-OMER : 47 métiers à fabriquer des draps,pinchinas et étoffes en poil occupent 825 ouvriers en filatures et au tissage. Les fabriques de tabac et leurs 800 ouvriers ont disparu. Il y a des tanneries (St-Omer, Aire, Fauquembergue et Audruicq), ; 10 papeteries qui occupent 200 ouvriers et une importante fabrique de pipes. SAINT-POL : La manufacture hydraulique dans l’ancienne abbaye d’Auchy occupe 450 ouvriers sur 42 broches (12 mule-jennys et 40 continues). Très moderne, elle a copié les procédés anglais et exporte dans toute la France. C’est l’exception.

[close]

p. 10

Le Pas-de-Calais sous l’Empire « La fabrication de la bière est l’une des branches de l’industrie les plus considérables de ce département » écrit l’Almanach départemental. On la fabrique dans les arrondissements d’ARRAS,BETHUNE et SAINT-OMER. En 1814 on dénombre 1295 chaudières d’une capacité totale de 34 972 hectolitres réparties dans 994 brasseries A on dénombre 29 brasseries, à ARRAS, 37 à SAINT-OMER, 7 à BETHUNE, 19 à BOULOGNE, 11 à SAINT-POL. Il y a aussi des brasseries dans de nombreux villages, mais qui ne fabriquent pas toute l’année et parfois seulement à la demande. S é d’ARRA alité, 44 t li ia c é p s UNE, mière qu BIERE BR faut 80 hl de bière de pre ie pour cette la e d E T , il emplo RECET de cette bière ullition ; on tolitres sans éb Pour 127 hec qualité et 3 hl de petite 40 hl d’eau. ourgeon), 2 e sc m (e iè x n o eu is d e sa hl d GE de ON. es. 00 kg d’OR de HOUBL ion, 4 tremp g it k ll 8 u quantité 2 8 is éb u p en à la bière heures. La empes 80 kg On fait subir t dans les tr du second 7 e en ll em ce v s, si re es succ dure 22 heu On emploie 6 heures. mier brassin re p plus rareu d n t évaluée à 3 io es t en courgeon, et em es L’ébullit n n e it to d ) en l’ ée s n aprè orge (germ QJR€WVXFUp fermentatio ent que de l’ jODELqUHX m HU le Q a Q R ér G én H g G que d’une Q On emploie r ne dispose RLQH  D¿ Y eu D O¶ ss H ra G b WH le X d MR PHQWRQ\D aborée quan est moins él n o ti ca ri b La fa A ARRAS les brasseurs vendent, outre de la bière forte, de la bière tiercée (2/3 de bière forte et 1/3 de bière de petite bière) et de la bière moitié (½ de bière forte et ½ de petite bière). La presque totalité de la bière d’ARRAS se consomme dans l’arrondissement, le reste se vend dans le Nord et la Somme. Les brasseries emploient peu de personnel. En 1806 pour 22 brasseries d’Arras il n’y a que 44 ouvriers et employés. Chacune occupe 4 personnes momentanément pour livrer la bière.

[close]

p. 11

Le Pas-de-Calais sous l’Empire LES MILLIERS DE DENTELLIERES D’ARRAS « Soustraire à la corruption des mœurs les nombreuses orphelines de la ville en leur faisant faire de la dentelle », telle avait été l’origine de cette activité à Arras dès le XVIIème siècle. Protégée par l’échevinage cette industrie n’avait cessé de prospérer. « On fait à Arras de grosses dentelles dont la vente est assurée en Angleterre. Les dentellières gagnent de 12 à 15 sous par jour » écrivait Young. Même Robespierre enfant faisait de la dentelle selon les mémoires de sa sœur Charlotte. Sous la Révolution : « Cette industrie est la seule qui serve à alimenter la majeure partie des citoyennes de cette ville ». Un courtier anglais occupait alors à Arras 600 ouvrières. Au début de l’Empire, Arras et sa banlieue ( Dainville, Anzin , Maroeuil, Ste Catherine, St Nicolas ) compte 10 000 dentellières dont 4 500 dans la ville même (et souvent dans les caves malsaines). Les enfants dès l’âge de 5 ans sont occupés à la dentelle. Le travail se fait soit dans des ateliers regroupant jusqu’à 75 ouvrières de tous âges, soit à domicile pour un négociant qui distribue le travail à des centaines d’ouvrières. La dentelle arrageoise est mise à l’honneur à l’exposition nationale de l’An X. 22 marchands arrageois y font des affaires d’or. Le maire d’Arras VAILLANT occupe en 1812 1 050 ouvrières pour un chiffre d’affaires de 1,6 millions de F . L’industrie de la dentelle fait vivre aussi : • les filatures de coton à domicile ( 2 000 ouvrières) et 200 moulins. • les peintres et dessinateurs • les artisans fabricants de carreaux et de fuseaux (en hêtre, buis, ébène et palissandre) LE BLOCUS (pénurie de coton et perte de marchés) va durement toucher l’industrie dentellière. Les salaires de 1 F. par jour ( 2 F. pour les meilleures ouvrières ) vont se réduire à 0, 75 F. tandis qu’en 1812 le pain de cinq livres va passer de 90 centimes à 1 F . 50. Fuseaux de dentellières Musée d’Arras Chômage et misère vont rendre douloureuses les dernières années de l’Empire.

[close]

p. 12

Le Pas-de-Calais sous l’Empire La France ne compte encore que peu d’ouvriers : 1,5 à 2 millions. Sauf dans la ville de Paris où les familles ouvrières représentent la moitié de la population. Dans le Pas-de-Calais, non industrialisé, on ne dénombre que 65 000 ouvriers. C’est moitié moins que les manouvriers dans les campagnes. A ARRAS, il y a 700 ouvriers ( 9 % de la population active). La main-d’œuvre, plus rare à cause du recrutement militaire, a pu exiger de meilleurs salaires. La nourriture et l’habillement des familles ouvrières se sont améliorés. Le salaire journalier est en moyenne de 2 à 3 F. par jour. Le prix moyen du pain de quatre livres est de 18 sous. (1 F. = 20 sous) Avant la Révolution, le salaire d’un ouvrier permettait à peine d’acheter de quoi acheter le pain pour nourrir sa famille. Les métiers sont souvent pénibles physiquement. La journée de travail est de 10 heures, les jours de repos sont rares. Lors des périodes de chômage, parfois longues, les foyers sont privés de toute ressource. Les conséquences du blocus et les crises de 1811/1812 sont durement ressenties par les familles ouvrières. La dentelle à Arras périclite. A Saint-Omer il faut créer des soupes populaires pour les nombreux chômeurs Dans le textile, les femmes et les enfants (souvent très jeunes) travaillent pour des salaires dérisoires. Les grèves (coalitions) sont interdites depuis la Révolution (Loi le Chapelier de 1791) Le 9 frimaire an XII (1er décembre 1803) NAPOLEON renforce encore les mesures anti-ouvrières en créant le LIVRET OUVRIER Il oblige chaque travailleur à rendre compte de ses déplacements et divers emplois et le place sous la surveillance étroite des patrons et de la police.

[close]

p. 13

Le Pas-de-Calais sous l’Empire D es conditions de vie un peu moins pénibles, une nourriture améliorée ont augmenté les chances de survie et se traduisent par l’accroissement naturel de la population. Les progrès de la vaccination (réglementée par décret en 1809) réduisent la mortalité La famine et les épidémies sont plus rares (sauf le Typhus venu d’Allemagne en 1813) et la propagation de la syphilis. DES CONDITIONS D’HYGIENE ENCORE DEPLORABLES L’absence d’hygiène corporelle rend vulnérable aux maladies. On se lave peu. On s’accommode des poux et de la crasse. L’eau n’est pas toujours potable et les lieux d’aisance souvent inexistants. 1/3 de la population d’Arras s’entasse dans les caves. Les habitations sont mal éclairées car on réduit les portes et fenêtres, soumises à l’impôt. Il n’y a pour le département que 11 médecins patentés, et 138 officiers de santé à la formation rudimentaire, 20 chirurgiens, 23 apothicaires, 12 pharmaciens et 5 vétérinaires. Les rares médicaments usités sont la quinine, l’ipéca et la rhubarbe Sur 5 800 CONSCRITS DE 1809, 650 n’atteignent pas la taille requise de 1,54 m En 1810, 1195 conscrits inaptes sont réformés. La mortalité infantile reste importante En 1808 pour 17 000 naissances dans le département 3 328 bébés décèdent avant un an. A ACHICOURT, seuls 14 enfants sur 26 atteignent l’âge scolaire. On ne compte qu’une seule école d’accouchement pour le Pas-de-Calais. En 1807, on dénombre 880 enfants abandonnés dans le département. La misère abrège souvent la vie des vieillards abandonnés. L’espérance de vie dépasse rarement la cinquantaine.

[close]

p. 14

Le Pas-de-Calais sous l’Empire S ous l’Empire, la guerre est continuellement présente dans l’actualité Mais quand BONAPARTE prend le pouvoir elle dure déjà depuis 7 ans L’armée est à la fois armée de métier et armée nationale renouvelée chaque année par les conscrits. 14 % d’étrangers en 1808 et 24 % en 1813 Le soldat prend généralement son congé après 4 ou 5 campagnes. La pension s’obtient après 10 ans de service Toujours plus d’hommes sous les drapeaux (3% de la population en 1813) 580 000 en 1806 650 000 en 1808 880 000 en 1809 (dont la moitié en Espagne et Italie) Environ 1 million en 1812- 1814 (dont 1/3 de Français dans la campagne de Russie) La Législative fixe chaque année le CONTINGENT du nombre de conscrits à fournir par le département. Le TIRAGE AU SORT se fait au chef lieu de canton et désigne les conscrits. Les plus riches qui ont tiré un mauvais numéro peuvent acheter un remplaçant (pour 1 500Fr. à 3 600 Fr. ou une parcelle de terre) Pour le Pas-de-Calais, une classe d’âge est d’environ 5 800 hommes. Près de 1 200 sont réformés dont plus des ¾ pour « défaut de taille, estropiés ou difformes » En 1812 toute la classe est appelée En 1813 1 616 conscrits sont appelés plus 241 marins En 1814 2 042 conscrits plus 265 marins plus la Garde Nationale La RESISTANCE à la CONSCRIPTION VA CROISSANT La conscription puis la chasse aux réfractaires et déserteurs est une des tâches principales du Préfet, des maires, des gendarmes et des gardes champêtres. En 1812 on compte 12 réfractaires et plus de 50 % en 1814 En 1813 plusieurs mutineries de réfractaires éclatent, soutenues par la population, comme à Hazebrouck et Béthune en novembre, puis Fruges, Blangy , Lisbourg, St Pol en 1814. Les GARNISAIRES, vivant au crochet des familles, sont installés par le préfet La Chaise dans les foyers des réfractaires et déserteurs LES PERTES POUR LA FRANCE : 783 000 MORTS Selon l’Institut d’études démographiques, les pertes militaires françaises s’élèvent à 198 000 pour la période 1805-1809, 555 000 de 1810 à 1814 et 30 000 pour l’année 1815.

[close]

p. 15

Le Pas-de-Calais sous l’Empire En plus de l’armée régulière, l’Empereur pouvait en permanence puiser des renforts dans les effectifs de la Garde Nationale de chaque commune. Tous les hommes valides de 20 à 60 ans étaient tenus à cette obligation. En 1806, ils sont 133 000 hommes dans le Pas-de-Calais (moins 15 000 fonctionnaires et ecclésiastiques, exemptés) soit 118 000 hommes organisés en 3 bans. Environ 1/7 de cet effectif doit être disponible en permanence, soit 32 000 hommes. Ils sont organisés en 8 légions de 4 cohortes formées chacune de 10 compagnies de 100 hommes. Les plus valides sont grenadiers ou voltigeurs. Les officiers et sous-officiers sont élus Extraits de l’arrêté du général préfet, du Pas-de-Calais, baron de l’Empire en date du 15 décembre 1809 Article 1er : « Le contingent de 5 000 sous-officiers, grenadiers, chasseurs et tambours de la garde nationale que le département doit entretenir jusqu’à nouvel ordre pour la défense des côtes …est réparti entre tous les cantons de ce département Article 4 : « Chaque commune sera responsable de ses hommes et tenue d’entretenir son contingent au complet » Article 5 : « Il sera fourni par les communes, à chaque homme, une haute paie de 1 fr 50 c. par jour sur laquelle il sera fait une retenue de 50 c. pour être employée à fournir aux hommes du Contingent, les effets d’équipement et autres objets dont ils auront besoin. Article 6 : « Cette dépense sera répartie par le conseil municipal de chaque commune, sur tous les propriétaires contribuables repris aux rôles de contributions » Le service actif dure 4 mois. On peut se faire remplacer pour ce service. Les citoyens sont responsables des remplaçants qu’ils fournissent. 5 000 hommes de la Garde Nationale du Pas-de-Calais ont été envoyés en renfort, en avril 1809 lors de l’attaque anglaise contre le port d’Ostende en Belgique et l’embouchure de l’Escaut. (On a déploré 257 déserteurs sur un bataillon de 1 500 gardes !) Toute la Garde Nationale a été mobilisée lors de l’invasion de 1814.

[close]

Comments

no comments yet