Génération n°7 septembre 2015

 

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Description

Journal lycéen du Lycée français Théodore Monod de Nouakchott (Mauritanie)

Popular Pages


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Journal du Lycée Français Théodore Monod (Mauritanie) Numéro 7 – septembre 2015 SPECIAL CULTURE

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EDITORIAL Directeur de la publication Bruno LASSAUX, proviseur Rédacteurs en chef Stéphane PERPOIL (professeur de Lettres) Raphaël RIGNOL (professeur d’Histoire-Géographie) Journalistes Koumba Harouna DIA Aisha SALLAH Khadidiatou KANE Daniela SALLAH-DUSSEY Mariem BA Fatimata BAL

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Les enfants du bon Dieu ne sont pas racistes… « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne. » Pierre Desproges Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? est un film français réalisé par Philippe de Chauveron, sorti le 16 Avril 2014. Traitant du racisme et du mariage mixte à sur le ton de la comédie, c’est un merveilleux film. possibles. Selon moi, ce film est, certes, une critique de la société dans laquelle nous vivons, emplie de préjugés et de la peur de la différence de l’autre, mais ne juge personne, en tout cas pas une plus que l’autre. Le film est émouvant, fabuleux, drôle, bouleversant, tant d’adjectifs que je ne saurais trouver pour parler de ce chef d’œuvre. Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby) forment un couple de province, bourgeois catholiques « gaullistes » vivant dans une belle propriété. Ils ont quatre filles. Les trois premières vivent en couple avec respectivement un juif, un musulman et un asiatique. Au fond gentils et aimant leurs filles, ils ont peu ou presque accepté la situation, car elles semblent heureuses. Il faut dire que les trois gendres sont sympathiques, beaux, intelligents, pas pauvres et ont fait des études, l’un est avocat, l’autre homme d’affaires, etc. En plus, ils supportent sans trop se fâcher et avec humour, les préjugés de leur beaupère, qu’ils adorent. Eux-mêmes ne manquent jamais une occasion de se lancer des « vannes » pleines de clichés. J’ai apprécié ce film du début jusqu’à la fin. C’est un film qu’il ne faut absolument pas rater. En le regardant, j’ai ressenti toutes les émotions Je pense que ces acteurs ont parfaitement incarné leurs rôles. Ils jouent tellement bien, chacun a pris son rôle très à cœur et le résultat est tout simplement époustouflant. J’adore les parents car à travers leur jeu, j’imag ine la réaction des familles appartenant à cette même catégorie sociale, se trouvant dans une situation similaire, dans une « impasse » pareille. L’écriture est soignée car l’intrigue est tout simplement fabuleuse, lorsqu’enfin la quatrième et dernière fille annonce à ses parents qu’elle va leur présenter, à son tour, son fiancé. Ces derniers sont alors très heureux, surtout le père, qui est convaincu que celle-ci, au moins, ne va pas les « décevoir »…

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fait que ces deux beaux-pères têtus et renfermés dans leurs préjugés réussissent à se réconcilier aussi rapidement. Selon moi, il aurait fallu un peu plus de mystère avant de dévoiler que finalement malgré leurs « différences », ils se ressemblent tous les deux. Malgré cela, je trouve que ce film est une très belle et merveilleuse leçon de la « tolérance » c'est-à-dire la capacité à accepter ce que l’on désapprouve. Nos différences ne devraient pas nous éloigner mais plutôt nous rassembler justement pour apprendre mutuellement les uns des autres. « L'esprit est comme un parachute, il ne fonctionne que lorsqu'il est ouvert. » Albert Einstein Leur joie s’explique par le fait que la dernière fille Laure leur avait dit que son fiancé est catholique mais c’étais sans compter sur la grande surprise que comporte cette « bonne » nouvelle. Ce quatrième gendre s’appelle Charles et il est africain, un noir. J’adore la réaction du père la première fois que leur fille leur présente ce fameux Charles, est assez drôle mais… Laure : papa, maman, je vous présente Charles… Le père : c’est le voiturier? A ce moment, il est impossible de retenir son rire, je n’ai pas pu m’en empêcher. Quant à la mère, elle est si touchante, drôle et fragile. Elle tombe dans une dépression, ne dort plus et ne mange plus. Pour ces provinciaux racistes, la pilule ne passe pas. Or, il s’avère que Koffi le père de Charles est lui aussi raciste, et n’aime pas les Français et à lui aussi des préjugés à leurs propos. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu se limite à décrire le racisme dans sa forme la plus puérile comme socle tout à fait acceptable d’identification commune. « Tout le monde est un peu raciste », comme le dit David le gendre juif, et tout le film s’applique à démontrer que ce n’est pas si grave, tant que cela reste dans des proportions acceptables. L’Arabe ne tolère pas le Juif (et viceversa). Quant aux deux beaux-pères, ils finissent par se réconcilier en ayant la haine comme valeur commune. Par contre une chose que je n’ai pas aimé e c’est le Daniela SALLAH-DUSSEY

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CE QU'ILS N'ONT PAS PU NOUS PRENDRE DE RUTA SEPETYS "Ils m'ont arrêtée en chemise de nuit." Comment un seul petit acte peut-il changer une vie à jamais ? Comment une seule action peut-elle mener au désastre ? - Une seule parole ? Lina n'est qu'une simple Lituanienne en 1941. Elle a un don pour le dessin, elle peint, a ses premiers béguins, ses crises d'adolescente, ses insouciances. Elle vit tout simplement. Mais le 14 juin 1941 tout bascule. La voilà chassée de chez elle, embarquée dans un wagon, jugée comme criminelle, vouée à la misère. Et pourtant ce n'est que le début de ses doutes, ses peurs, ses craintes. Le début de ses pires cauchemars. "Vous êtes-vous jamais demandé ce que vaut une vie humaine ? Ce matin-là, mon petit frère ne valait pas plus qu'une montre à gousset." A l'amour comme à la guerre tous les coups sont permis. Les massacres, les vols, la mort, la Seconde guerre mondiale à vu passer son lot d'horreurs. Lina, avant d'être raflée, ne connaissait de la guerre que ce que l'on voulait bien en dire. Son père, professeur d'université, tenait de longues réunions politiques dans leur cuisine. Staline? Hitler ? Lequel de ces dirigeants s'occuperaient le mieux de la Lituanie ? Pour la jeune fille une seule réponse était valable. Un dictateur reste un dictateur, une occupation reste une occupation et la guerre reste la guerre. Pour elle rien ne vaut les notions telles que le droit et la liberté. Intrépide, elle veut se faire entendre, se faire comprendre aussi bien Lina a quinze ans lorsque le NKVD (police politique secrète en URSS) s'en prend à elle et à sa famille. Tout juste quinze ans quand elle se retrouve chassée de chez elle. Quinze ans lorsqu'elle se retrouve sur la voie de chemin de fer dans un wagon à bestiaux nommé "Voleurs et prostituées". Quinze ans quand elle est en route pour un voyage vers l'inconnu, avec un père manquant à l'appel, une mère essayant de garder la tête haute et un petit frère de dix ans effrayé à ne plus savoir quoi penser. Lina a quinze ans lorsqu'elle devient l'une des nombreuses victimes de la Seconde Guerre Mondiale.

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par ses dessins que par sa parole. Mais lorsque l'humanité des uns est confrontée à l'humanité des autres, quand chaque matin un soldat, à la porte du wagon, demande que l'on lâche les morts, comme des objets abîmés, comme des outils trop usés pour servir, peut-on garder espoir et se sentir assez fort(e) pour se lever et dire "non" ? "Il n'y avait pas de doute, nous étions en sécurité. En sécurité dans les bras de l'enfer." Elena est ce que l'on peut appeler une héroïne. Elena est l'un des personnages des plus marquants dans ce récit. La mère de Lina se voit obligé de quitter sa maison mais aussi d'abandonner son mari. Celuici, n'étant pas chez eux au moment de la rafle, Elena et ses enfants durent partir pétris de doute et de peur. Malgré cela, cette mère garde la tête haute face à toutes les épreuves, des plus banales aux plus cruelles. Elle conserve toute sa lucidité. Surtout, Elena donne sa bonté, aide les plus démunis, rehausse le moral des petits mais aussi celui des adultes. Pendant la longue traversée en wagon, elle continue à donner de l’espoir. Elle est Espoir. Elle est Sécurité. Ses actions désintéressées, ses actes généreux, elle les fait sans rien demander en retour. Elena est d'une grandeur d'âme exemplaire, si ce n'est plus. Combien d'entre nous peuvent se targuer d'être ainsi ? "« Où est ta poupée ? », la questionnaisje. « Elle est morte », répliqua-t-elle, le regard absent." Jonas n'a que dix ans quand le NKVD débarque chez lui. Il ne comprend pas ce qu’il se passe et n'est qu'une victime de la Seconde guerre mondiale. Jonas en premier lieu, s'accroche à sa sœur Lina et à sa mère Elena. Il a peur et recherche du réconfort. Mais la guerre fait mûrir prématurément. Le voilà donc par la suite, responsable de la survie de sa famille, comme le lui avait demandé son père. Il vole des pommes de terre au kolkhoze pour ne pas mourir de faim, subtilise du bois pour qu'ils ne gèlent pas. Tous ces jeunes enfants qui se sont vus, malgré eux, attachés au conflit ont dû se formater radicalement et en très peu de temps. Certains comme Jonas, en sont plus ou moins sortis, d'autres ont dû y laisser plus. "Une mince ligne d'or venait d'apparaître à l'horizon entre des strates grises de diverses nuances. Je ne pus m'empêcher de sourire en contemplant l'étroite bande couleur d'ambre. Le soleil était revenu." C'est un livre marquant que nous écrit là Ruta Sepetys. Un livre qui parle de l'histoire pure et dure. D'actions qui se sont réellement passées. De vies qui ont vécues ces moments d'horreurs et de cauchemar. Derrière Lina, Elena, Jonas et tous les autres personnages du roman, nous avons des témoignages. Des pans entiers d'existence. Ce n'est pourtant pas un livre sur la haine, la guerre ou encore la mort. Mais plutôt sur l'amour, l'espoir et un appel à la vie. Même si nous avons détruit, anéanti et massacré, nous reconstruisons, consolidons et créons malgré tout. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la Lituanie a été déchirée entre l'Allemagne et l'URSS, Hitler et Staline. Pourtant la Lituanie s'est relevée dans toute sa splendeur. Les victimes de cet affrontement se sont relevées grandies et plus fortes encore. La guerre n'a pas pu prendre l'humanité, la combativité et la bonté de celles-là. Et vous, avez-vous une idée de ce qu'ils n'ont pas pu leur prendre ? Koumba Harouna DIA

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DE FAUX REVES, MAIS DE BEAUX ESPOIRS… L’espoir, la vie et la mort sont les thèmes principaux de ce roman qui s’intitule Behind the Beautiful Forevers de Katherine BOO. Cette journaliste américaine s’inspire dans son premier roman, des vies que mènent les habitants des slums (ou bidonvilles) en Inde. Cette histoire, qui se passe à Annawadi (un slum au centre de Mumbai), réunit des personnages inspirants et auxquels on peut s identifier facilement. Ceux-ci veulent à tout prix quitter ce slum. Abdul, un adolescent musulman, essaye de trouver sa fortune en recyclant les poubelles et en les revendant. Pendant ce temps, Asha, une femme indépendante et ambitieuse, cherche par n’importe quel moyen une opportunité de promotion sociale, sans penser à sa fille, Manju. Elle est la seule habitante de ce slum qui aura la chance d’aller à l’université. Et même Kalu, le petit voleur de sept ans, a des rêves et des buts qui le dépassent. Dans une société où toute réussite est déterminée par l’argent et le pouvoir, les personnages ne mettent pas ces valeurs au centre de leurs préoccupations. Ce roman raconte l’évolution de personnages vivants dans des conditions précaires, dans un slum. Cependant, l’auteur, en nous racontant l’histoire d’une famille modeste mais attachée à des valeurs universelles, nous amène a une réflexion qui ne peut que nous toucher : ces valeurs pourraient fort bien être les nôtres, malgré les différences culturelles (une famille indienne) et sociales (une famille défavorisée). C’est donc l’histoire d’une famille impossible à oublier, qui pourrait être la nôtre. Aisha SALLAH

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LE CHAOS EN MARCHE DE PATRICK NESS Todd Hewitt sera un homme dans un mois ; dans un petit mois, il connaîtra les secrets des hommes. Dans un mois, Todd Hewitt aura treize ans. Dans un monde dystopique, dans un monde où le Bruit règne en maître, Todd devra choisir sa « voix ». Nouveau Monde? Le Bruit? Le Silence? Prentissville? Todd. Viola. Guerre. Chaos. Nouveau Monde ? Dans un monde apocalyptique, les Hommes ont détruit le « Vieux Monde ». Des pionniers sont ainsi partis à la recherche d’un monde parfait, d’un monde de paix, du « Nouveau Monde ». Fermiers, enfants, femmes, hommes, tous sont optimistes, sont bons et sont calmes prêts à vivre de nouveau, à tout recommencer. Mais le Nouveau Monde n’est pas ce qu’il paraît être ! Des aliens y habitent : les Sparkles. Une maladie les afflige : le Bruit. Une victime se dessine : l’homme. L’homme ne peut que se faire contaminer par cette maladie. Elle les entoure, elle est partout, elle est le Nouveau Monde. Ce virus est le pire de tous. Le Bruit fait que vos pensées deviennent audibles, vos pires secrets révélés comme écrits autour de vous. Rien n’est caché, rien n’est à soi, tout est exposé aux yeux de tous. Et ça ne s’arrête pas là ! Les animaux eux-mêmes en sont victimes. Le Bruit ? « Le Bruit, c’est du bruit. C’est ce qui est vrai, et ce qui est cru et ce qui est imaginé et ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en même temps, et même si la vérité s’y trouve forcément, comment faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas quand vous captez tout, absolument tout ? Le Bruit c’est un homme non filtré et sans filtre, un homme, c’est rien qu’un chaos sur pattes. » Le Bruit est omniprésent sur Nouveau Monde, le Bruit révèle ce qui est caché, et met des mots sur les actes. On dit que le Bruit a tué les femmes, qu’il les a rendues

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malades, qu’il les a assassinées. Le Silence ? Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que le Bruit n’a pas atteint les femmes. Il les a laissées telles quelles, dans le Silence le plus complet. Savoir tout ce que les hommes pensent mais n’entendre que le silence des femmes, voir les secrets les plus profonds, mais n’entendre rien en retour. Voilà la situation de Nouveau Monde avant que toutes les femmes de Prentissville ne meurent. Prentissville ? Prentissville, bien loin d'être un havre de paix, est dirigé par le maire Prentiss. Todd y est né, y vit, et, croit-il, y mourra. Mais, avant tout, Prentissville est un lieu de "non-lieu". Entourée de marais, elle est coupée du monde, indépendante, refermée et surtout exclusivement peuplée d'hommes. Todd se voit obligé de la traverser avant de rejoindre son chez-lui, s'exposant aux pensées malsaines, mauvaises, vicieuses et même grivoises de ses habitants. Sans parler d’Aaron, le prêcheur qui, de son regard fou, semble le suivre, le fixer. Il est obligé de s'enfuir de ce monde qu'il a toujours connu, de remettre en question ce qu’il croyait immuable. Poursuivi, il se doit d’évoluer, de remettre en cause des paroles, des actes, des pensées qu’il avait vus, entendu. Todd. Dans le Nouveau Monde, Todd se croit être le seul réel garçon. A treize ans, tous les garçons en subissant un rite de passage, deviennent « hommes » de la ville. Le rite en question est tenu secret. Ce que l’on en sait ? Juste qu’une fois qu’un garçon passe homme, un homme lui-même disparaît – bizarre, non ? Todd n’a pas de mère, ni de tantes, ni de sœurs. Il vit avec Cillian et Ben, deux fermiers, qui l’ont adopté à sa naissance. Il a aussi un chien dénommé Manchee. « La première chose que vous apprenez quand votre chien se met à parler, c’est que les chiens n’ont pas grand-chose à dire. Sur rien. – Faire popo, Todd. – Ferme-la, Manchee. – Popo, popo, Todd. – Boucle-la, je te dis » Todd n’a pas d’éducation, parle comme il l’entend, conjugue ses verbes comme il le veut, agit à sa façon, à sa manière. Mais Todd est un garçon. Comme il a hâte d'être considéré comme un homme ! Comme il a hâte de ne plus être isolé, d'appartenir à ce groupe qu'est la ville de Prentissville ! Non qu’il les affectionne particulièrement, non !, loin de là !, mais tout simplement pour savoir, pour connaître ce mystère qu'est le rite, pour comprendre le pourquoi de cette lithanie incessante qui envahit la maison du maire. Pour pouvoir se défendre contre ce prêcheur fou d'Aaron, pour commencer à "vivre". Mais lorsque Ben lui donne un couteau, le ramène dans les marais et lui dit de fuir, Todd n'a d'autre choix que de tourner le dos à tout ce qu'il connaissait, que de partir , de courir vers une ville inconnue , du nom de "Haven", avec pour seule compagnie Manchee, et, une fille Viola. De courir le plus rapidement possible car, oui !, les hommes de Prentissville le poursuivent, attendant qu'il tombe à son tour, attendant que le dernier garçon de Prentissville devienne un homme… attendant. "Mon Bruit écume et bouillonne tant, comme une cocotte sur le feu, je dois

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m’arrêter un instant pour le calmer. Le silence, ça n’existe pas. Pas ici, nulle part. Pas quand tu dors, pas quand t’es seul. Jamais. Je ferme les yeux. « Je m’appelle Todd Hewitt. J’ai douze ans et douze mois. J’habite à Prentissville, Nouveau monde. Je serai un homme dans un mois exactement. » Ce truc, c’est Ben qui me l’a appris pour m’aider calmer mon Bruit. On ferme les yeux, et, bien tranquillement, bien distinctement, on se raconte qui on est, à cause que c’est ça justement qui se perd dans tout ce BRUIT. « Je m’appelle Todd Hewitt »" Viola. Viola vient d'un autre monde. Elle et ses parents sont des éclaireurs. Son monde est en danger, ils en ont besoin d'un autre. Voilà pourquoi on les a envoyés en premier sur ce "Nouveau Monde" ! Mais, Viola est seule. Son vaisseau s'est crashé. Ses parents sont morts. Elle ne peut pas communiquer avec son peuple. Et elle sent que ce qu'il se passe sur cette planète n'est pas net. Comment ? Tout simplement parce qu'elle entend les animaux parler ! Quand elle rencontre Todd, quand elle entend Todd, et Manchee et les oiseaux et ce "Rrrrrrr!", elle comprend que ce monde n'est pas ce qu'ils cherchaient. Maintenant, Viola fuit. Elle fuit les hommes qui poursuivent Todd, elle fuit pour sa vie. Evidemment ceux-là veulent tuer "Silence", finir ce qu'ils avaient commencé il y a de cela des années ! Et Viola court, court comme elle ne l'a jamais fait, court vers "Haven", traversant des villes où la Guerre a déjà commencé. Rencontrant d'autres femmes, d'autres hommes, des Sparkles. Et elle espère, Viola ! Oui, elle y croit, comme elle veut croire qu'elle pourra prévenir son monde de ne pas s'aventurer sur cette planète qui est au bord de l'implosion ! Et enfin, Viola est terrorisée. Elle est effrayée, elle a peur pour Todd, qui se retrouve en face de l'horreur que sème sa ville, que sème le Maire Prentiss. Elle craint pour lui, qui a tout perdu. Bien plus qu'elle ! Et elle se demande si, à l'aide de ce couteau, ce ne sera pas elle qui tombera ; si, après être tombée, elle pourra se relever et aider Todd. Car oui, Viola est une battante ! La guerre, le chaos. Les dés sont jetés. Les jeux sont faits. Et derrière tout cela, une guerre ; et, dans celle-ci, des camps, des victimes, des bons, des moins bons, des héros. Dans tout cela, Todd et Viola, mais aussi les Sparkles, les hommes, les femmes, le peuple de Viola. Et l’ensemble forme le Chaos. Un chaos des plus complets, des plus sombres ! Et Todd perdra Viola, et Viola perdra Todd et tout deux perdront le "Nouveau Monde". Tous tomberont pour ensuite, qui sait, se relever ! « Alors la chose à se rappeler, la chose la plus importante de toutes celles que je pourrais dire dans ce racontement (sic) des choses, c’est que le Bruit n’est pas la vérité : le Bruit, c’est ce que les hommes veulent être vrais, et il y a une rutain (sic) de différence entre ces deux choses, une différence énorme et elle pourrait bien vous tuer si vous ne faites pas très attenssion (sic). » Koumba Harouna DIA

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L’INTELLIGENCE DES ANIMAUX C’est avec regret que j’annonce cette mauvaise nouvelle : « chaque jour, plus de 7000 animaux sont utilisés, suppliciés et tués dans les laboratoires d’expérimentation publics et privés. Rien qu’en France, plus de trois millions d’animaux sont chaque jour clonés, éle vés, utilisés et sacrifiés pour les besoins de la science. » Cela peut constituer une atteinte aux valeurs morales qui défendent une redéfinition du rôle et de la place des animaux dans la société d’aujourd’hui. Ainsi l’homme détermine la justice en fonction de ses intérêts et de ce qui l’arrange. Il oublie que la justice est un concept abstrait qui a pour objectif de créer une égalité entre tous. Cependant, l’homme est incapable d’assurer l’égalité dans sa propre société. On peut donc se demander pourquoi a-t-il inventé ce concept ? L’homme peut difficilement proposer une définition concrète de la Justice, car il suit ses instincts. De même, les animaux suivent aussi leur instinct, tout comme l’Homme. Et tout comme l’Homme, ils sont aussi capables de dépasser leur instinct et de se défendre en cas de menace. Ainsi, le chimpanzé est capable d’utiliser des outils, de chasser en groupe et même d’assimiler le langage des signes. Il est aussi capable d’associer symboles et objets, et exprimer des idées complexes. Il ne s’agit pas de sous estimer les capacités intellectuelles de l’être humain, mais il faut savoir que certains animaux sont doués d’aptitudes intellectuelles quasiment similaires.  Le dauphin est doté d’une grande mémoire, voilà pourquoi il est utilisé lors de spectacles aquatiques. Le cochon peut être dressé comme un chien, comme « Sage l’Ancien » dans La ferme des animaux, 1947. Le chien a une capacité d’apprentissage, de travail, d’obéissance et de raisonnement, d’où l’adage « le chien est le meilleur ami de l’Homme ».   Cela étant dit, nous, les Hommes, devrions éprouver plus de compassion envers les animaux en gardant en tête leurs capacités de penser, de sentir et de réagir. La maltraitance des animaux de différente sorte contredit toute conception de justice telle qu’elle est perçue par l’Homme, pour l’Homme. C’est notre devoir de montrer le bon exemple en se comportant justement avec ces créatures innocentes, qui vivent avec nous. « L’Homme est véritablement le roi de tout les animaux, car sa cruauté dépasse celle des animaux. Nous vivons de la mort des autres. Nous sommes des tombes marchantes. » Léonard de Vinci Aisha SALLAH

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UN ENDROIT LA-BAS Il est un endroit là-bas Où les étoiles aiment à briller, La lune à sourire, Les femmes à éclater de rire Ils vivent d’une vie simple de la terre Au rythme des saisons, des prières Au rythme de la pluie, Au rythme de la vie Il faut se réveiller tôt Souvent un bébé sur le dos Faire des allers-retours au puits Là-bas pour avoir de l’eau, Parce que là-bas, le geste machinal et beau Qui ouvre un robinet et déverse des ruisseaux, Le geste qui vous change la vie, Est un geste encore inédit De même que l’interrupteur miraculeux Qui inonde la maison de lumière Là-bas c’est un endroit sur terre, Où c’est encore à la bougie qu’on s’éclaire Là-bas il est des plus normal D’accoucher dans sa case Parce que là-bas il n’y a pas d’hôpital Pour des soins, même de base Là-bas il est devenu courant De voir mourir un enfant Parce qu’il n’aura pas reçu à temps Un misérable cachet de médicament Parce que, là-bas, pour voir un médecin Il faut marcher des kilomètres Et prier le destin De chasser le mal-être Parce que là-bas est un endroit de chez moi Oublié par le gouvernement Qui prétend, à coups de milliards, s’offrir statues et routes Pendant que mes braves sœurs meurent en couche Mais, là-bas, c’est un endroit sur terre Où les étoiles aiment à briller, La lune à sourire, Et mes sœurs à éclater de rire... Khadidiatou TABARA KAN

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