Lettre d'information Générations Futures - Septembre 2015

 

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La nouvelle lettre d'info de Générations Futures

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Lettre d’information octobre 2015. Edito Sommaire 1 Edito 1 Relais Locaux : ça avance ! 2 Riverain victimes des pesticides : une campagne pour agir ! interdits et des Perturbateurs Endocriniens (PE) dans des salades. Par Maria Pelletier Présidente de Générations Futures La période estivale prend fin et avec elle déjà de nombreuses actions aux crédits de notre association. Les périodes automnale et hivernale s’annoncent chargées elles aussi avec la sortie de notre nouvelle enquête sur la présence de résidus de pesticides dans des salades dont certains suspectés être perturbateurs endocriniens, des délibérés de procès de victimes des pesticides, un colloque international sur les pesticides et les OGM, un prix sur l’alimentation saine et accessible à tous en préparation avec l’un de nos partenaires, la diffusion prochaine d’un documentaire du réalisateur Eric Guéret sur France 3 auquel nous avons contribué dont le thème sont les inégalités de santé, la sortie DVD d’ « insecticide mon amour » de G. Bodin et bien sûr la structuration de nos groupes locaux, des riverains victimes des pesticides (avec une nouvelle enquête encours) ainsi que la préparation de la 11ème édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides. Plus que jamais nous continuons de mettre au cœur de nos activités la question de la santé environnementale au travers de toutes ces actions plurielles. Pour les mener à bien nous avons besoin de l’énergie de chacun(e) de vous. Alors n’hésitez pas diffuser nos informations à tous vos réseaux, à faire connaître et soutenir le travail de Générations Futures. 3 Enquête EXPPERT 5 : Des pesticides 4 Pulvérisations aériennes et châtaigne : suite du dépôt de plainte de GF et des particuliers 4 Justice pesticides : Victoire ! Paul François, un agriculteur victime des pesticides, gagne son procès en appel contre Monsanto ! 5 Pollution de l’air : un coût inacceptable pour la France ! 5 Plainte air : mise en danger de la vie d’autrui 6 Victimes des pesticides : ouverture d’enquête pour homicide involontaire ! 6 Affaire Nutréa-Triskalia: Les plantes en pénal avec constitution de partie civile des victimes des pesticides vont pouvoir être instruites. 7 Semaine pour les alternatives aux pesticides : On pense déjà à la 11ème ! 7 Ecophyto 2 : intentions louables pour quel résultat ? 7 « 0 phyto 100% bio » : la campagne continue ! 8 Avancée : La vente et l’utilisation des pesticides à usage amateur seront définitivement interdites dès 2019. Relais Locaux : ça avance ! Nous avons profité de l’été pour partir à la rencontre des personnes intéressées pour devenir les Relais Locaux de Générations Futures. Deux réunions en région, une dans le mâconnais, l’autre en région toulousaine, nous ont permis de rencontrer une dizaine de personnes motivées pour s’engager à nos côtés, relayer nos campagnes et organiser des actions sur leur territoire. Une dernière réunion se tiendra le 19 septembre prochain à Paris. Nous pourrons ensuite officialiser les Relais Locaux qui auront libre court pour se lancer dans l’organisation des premières actions pour 2016. En parallèle, nous travaillons également à la création d’outils : les kits de mobilisations sont prêts, les fiches thématiques et le site Internet sont en cours de finalisation. Attention, préparez-vous à retrouver Générations Futures près de chez vous ! Si vous êtes intéressé(e) pour devenir Relais Local, n’hésitez pas à contacter Sophie : sophie@generations-futures.fr 8 COP 21 : A six mois de la conférence sur le climat, où en est-on des négociations ? 9 Etude : 3 fois plus de risques d’une malformation génitale chez les garçons en cas d’exposition – in utero – par l’environnement à des polluants perturbateurs endocriniens. 10 Un herbicide utilisé par les jardiniers amateurs classé cancérigène possible par l’OMS 10 Conférence internationale: Évaluation et la réglementation des OGM et des pesticides 10 Vie de GF 11 Service Civique : une nouvelle recrue dans l’équipe ! 11 Assemblée Générale : Le bilan ! 12 Pesticides & Vigne : « Insecticide mon amour » nouveau docu à voir ! 12 Agenda Etoile-imprim imprimé avec des encres végétales sur du papier recyclé

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Riverain victimes des pesticides : une campagne pour agir ! (2012) et depuis nous aidons les professionnels comme les riverains à faire connaître leur situation en vue de l’améliorer. Depuis le lancement de cette campagne la situation de ces victimes a beaucoup évolué. De plus en plus de professionnels ont obtenu une reconnaissance en maladie professionnelle, gagné des procès, des collectifs locaux de riverains se sont mis en place … Pour aller encore plus loin, nous avons décidé de structurer au niveau national ces riverains qui sont exposés aux pesticides et qui se mobilisent. Nos lecteurs et nos membres le savent, l’un des axes majeurs de notre travail réside dans la dénonciation des impacts néfastes des pesticides sur l’environnement et la santé. Pour mettre en lumière ces impacts sanitaires, nous avons lancé il y a 8 ans une campagne intitulée « Victimes des pesticides, votre santé, notre priorité ! ». Cette campagne a vu le jour avec la mise en ligne d’un site Internet dédié victimes-pesticides.fr permettant aux personnes concernées de trouver des conseils juridiques et pratiques, des informations scientifiques mais aussi d’agir notamment en répondant à un questionnaire et de découvrir des témoignages de victimes. Nous voulions aller plus loin que la simple mise en ligne d’un site internet et en 2010 nous avons initié la première rencontre des victimes des pesticides puis nous avons facilité et aidé à la création d’une association de défense des professionnels (2011), nous avons organisé un colloque au Sénat sur ce sujet qui a eu beaucoup de succès Ainsi en 2015, nous avons organisé 2 réunions en région (dans le mâconnais en juin et dans le bordelais en juillet) dont l’objectif était de : • Faire un état des lieux de la situation réglementaire, juridique, politique et scientifique du sujet abordé ; • De présenter les actions mises en œuvre par des collectifs locaux ; • De trouver des solutions pour permettre aux riverains de faire avancer leur situation ; • Et surtout de créer un élan national autour de cette question de l’exposition des riverains aux pesticides. Ces deux premières réunions de travail ont eu beaucoup de succès. Celle de Bordeaux s’est faite en présence d’un avocat spécialisé et de représentants des collectifs de zones pomicoles et viticoles. Cette réunion fut aussi l’occasion de présenter en avant-première notre toute nouvelle brochure « Vous vivez près d’un champ, d’une vigne ou d’un verger et êtes victime des pulvérisations de pesticides ? » Elle est disponible en ligne ici : http://www.generations-futures. fr/campagnes/victimes-des-pesticides/ Première d’une série d’autres documents simples et pratiques qui seront disponibles en ligne et sur des stands tenus par des représentants de Générations Futures, ces brochures se déclineront sur les thèmes suivants : pesticides et eau, pesticides et alimentation, biodiversité, santé etc. Ces documents seront publiés régulièrement jusqu’à la fin de l’année prochaine. Une nouvelle réunion des riverains est prévue en septembre à Paris avec un lancement officiel de cette campagne nationale dans les mois qui viennent. Ce lancement sera ponctué de « surprises » dont nous ne pouvons encore vous révéler la teneur mais dont nous ne doutons pas qu’elles permettront de faire avancer la cause de toutes celles et ceux qui sont exposés aux pesticides simplement parce qu’ils vivent dans des zones cultivées de manière intensive. 2

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Enquête EXPPERT 5 : Des pesticides interdits et des Perturbateurs Endocriniens (PE) dans des salades. Les résultats préoccupants de notre enquête montrent la nécessité d’appliquer au plus vite les décisions prises dans le cadre du Règlement européen sur les pesticides et lors de la Stratégie Nationale sur les PE. Enquêtes EXPPERT. Afin de montrer l’urgence d’une action préventive forte dans ce domaine des PE, ces substances qui menacent le développement du fœtus et du jeune enfant même à faibles doses, Générations futures a décidé de réaliser une série de plusieurs rapports basés sur des analyses fouillées montrant l’omniprésence de nombreux pesticides PE dans notre environnement engendrant une exposition importante de la population: ce sont nos rapports EXPPERT (pour EXposition aux Pesticides PERTurbateurs endocriniens). Avec 5kg par an et par ménage (données INSEE), la salade est le 4ème légume le plus consommé en France. Considérée comme un aliment « santé », l’INPES1 recommande sa consommation dans de nombreuses brochures2 notamment pendant la grossesse ou pour les enfants. Or, les salades sont sujettes à un suivi spécifique pour ce qui est de la présence potentiel de certaines substances chimiques. En effet, elles font parties des légumes dans lesquels on retrouve le plus de résidus de pesticides. Ainsi, le plan de surveillance de la DGCCRF3 publié en 2013 montre la présence de résidus de pesticides dans près de 58% des échantillons de salades testés. De plus, selon l’EFSA – l’autorité européenne de sécurité des aliments, 36% des laitues contiennent même plusieurs résidus, de 2 à 13. Plusieurs des résidus fréquemment trouvés par l’EFSA dans les laitues sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, comme le propamocarb ou l’iprodione. Ces données inquiétantes nous ont conduits à vouloir en savoir plus sur la présence des pesticides dans des salades en France, et notamment par suspectés d’être perturbateurs endocriniens. Résultats : de nombreux PE. 31 échantillons de salade ont été achetés dans des supermarchés de l’Oise et de la Somme (Picardie) entre le 28 mai et le 21 juillet 2015. Ce nombre d’échantillons est supérieur au seuil de représentativité de 30 habituellement utilisé par la DGCCRF. Ci-dessous se trouve quelques données synthétiques complétée plus loin dans le rapport complet. • Les salades testées contiennent en moyenne environ 4 résidus de pesticides. • Sur les 31 échantillons analysés, 80,65% des échantillons contiennent au moins un résidu de pesticide (25/31) – et ce même sans prendre en compte les résidus de bromure. • En moyenne, les échantillons de salade testés contiennent plus de 2 résidus de pesticides PE (2,09) ! • 67,74% des échantillons ont au moins un résidu de pesticide PE (21 /31) Des produits interdits. 5 échantillons (16.13%) contiennent une substance active interdite (2 échantillons soit 6.45%) ou interdite d’usage (3 échantillons soit 9.67%), un échantillon en contenant même 2 (mandipropamid et imidaclopride) ! « Nous alertons nos dirigeants sur la nécessité de prendre des mesures immédiates et fortes pour réduire l’exposition des populations aux pesticides PE. Nous attendons 3

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d’eux qu’ils forcent l’Europe à appliquer au plus vite les décisions prises dans le cadre du Règlement européen 1107/2009 interdisant la mise sur le marché des pesticides perturbateurs endocriniens. » déclare François Veillerette, porteparole de Générations Futures. « De plus, la présence de pesticides interdits en Europe ou sur la culture de la salade dans plus de 16% des échantillons testés est inacceptable. Là encore, nous attendons une action forte du Gouvernement qui doit faire rapidement cesser cette situation, sur cette culture et sur toutes les autres. » ajoute t’il. Institut national de prévention et d’éducation pour la Santé 1 Pulvérisations aériennes et châtaigne : suite du dépôt de plainte de GF et des particuliers En 2011, l’association limousine ALLASSAC ONGF et Générations Futures portaient plainte suite à de multiples pulvérisations par épandage aérien de pesticides non règlementaires dans des châtaigneraies du Limousin. Il apparaissait en effet des irrégularités comme des traitements réalisés sur certaines communes ne bénéficiant d’aucune autorisation. De même, les témoignages de quelques riverains attestaient que les distances de sécurité (50 m), vis-à-vis des habitations et jardins n’ont pas été respectées tout comme l’information obligatoire ou le balisage de la zone et des accès à la zone traitée. Le procès s’est tenu le 25 juin dernier au tribunal de grande instance de Brive et si le délibéré est annoncé au 24 septembre prochain, l’impression ressentie par notre avocat Maître Cottineau est plutôt bonne. Le Président a semblé intéressé par le sujet et ne niait pas la dangerosité des pesticides. Les infractions soulevées n’ont pas été mises en cause. La partie adverse plaidant juste sur un point de droit qui – normalement – ne devrait pas avoir de conséquence sur le délibéré. Le procureur a soutenu la demande de condamnation financière d’un montant de 2000€ dont 1000€ avec sursis. Désormais il n’y a plus qu’à attendre… http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1387.pdf et http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1059.pdf 2 Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes 3 Justice pesticides : Victoire ! Paul François, un agriculteur victime des pesticides, gagne son procès en appel contre Monsanto ! Une première en France ! « Générations Futures saluait déjà la décision courageuse du TGI de Lyon qui était sans appel et en faveur de Paul François. Nous saluons ici ce délibéré qui vient la confirmer. La reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans cette affaire est essentielle : les firmes qui mettent sur le marché ces produits doivent comprendre que dorénavant elles ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités vis-à-vis des pouvoirs publics ou de l’utilisateur et que des comptes leurs seront demandés.» déclare Maria Pelletier, Présidente de Générations Futures. « C’est une étape importante pour 4

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tous les professionnels et toutes les autres victimes des pesticides qui espèrent voir enfin confirmée la responsabilité des firmes dans la survenue des maladies qui les touchent. Il est temps que ces firmes cessent d’exposer des pans entiers de populations à ces produits dont la toxicité et la dangerosité n’est plus à démontrer. C’est pour cela que Générations Futures s’est toujours montrée solidaire du combat des professionnels victimes des pesticides, les encourageants et les soutenant dans leur démarche et les aidant à tendre vers un système agricole ne les exposant plus à ces toxiques. Nous tenons à féliciter Paul François et toutes les autres familles qui mènent des combats similaires pour leur courage et la force dont ils font preuve face aux épreuves qu’ils doivent affronter. Générations Futures sera toujours à leurs côtés. » conclut-elle. Plus d’informations en ligne : http://www.generations-futures. fr/pesticides/victoire-contre-monsanto/ Pollution de l’air : un coût inacceptable pour la France ! Une Commission Sénatoriale a publié le 15 juillet dernier, un rapport4 qu’elle estime multi-sources dont les effets sur la santé sont nombreux et largement sousestimés. Selon les estimations de l’OMS publiées en mars 2014, près de 3,7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012, du fait de l’exposition à la pollution de l’air extérieur. Des études montrent un lien de causalité renforcé entre l’exposition aux PM2,5 et la mortalité et morbidité cardiovasculaire et respiratoire, un lien avec l’athérosclérose, des issues indésirables de la grossesse et des pathologies respiratoires chez l’enfant. L’agriculture représente à elle seule 53 % des émissions de poussières totales en suspension, 20 % des PM10 (c’est plus que les transports !) et 9 % des PM2,5 et surtout 97 % des émissions d’ammoniac NH3… sans compter les pesticides qui n’ont pas été pris en compte dans les données du fait de manque de mesures. Le rapport conclut à un coût majeur pour la société mais qui serait largement sous-estimé. La Commission chiffre de 68 et 100 milliards d’euros par an pour la France les coûts sanitaires tangibles (dépenses de santé remboursées par l’assurance maladie afin de prendre en charge les pathologies imputables à la pollution de l’air) et intangibles (dit coût social ou socioéconomique, associé à la mortalité et à la morbidité imputable à la pollution de l’air). Par ailleurs, le coût de la pollution de l’air intérieur a été évalué à un montant de près de 20 milliards d’euros par an. Au coût sanitaire, il faut ajouter un coût non sanitaire estimé à 4,3 milliards d’euros par an. Réduction de la pollution = bénéfice sanitaires ! L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) a mesuré les bénéfices sanitaires pour la France associés à la baisse des émissions de polluants, en termes de mortalité et de morbidité. Il en conclut qu’à l’échéance 2030, le respect des nouveaux plafonds d’émission nationaux proposés dans le cadre de la révision de la directive européenne pourrait induire, en France, un gain annuel net de plus de 11 milliards d’euros. http://www.senat.fr/commission/enquete/cout_economique_et_financier_de_la_pollution_de_lair.html 4 Plainte air : mise en danger de la vie d’autrui A la suite d’épisodes chroniques de pics de pollution entre 2011-2014, pour lesquels l’agriculture à sa part de responsabilité, et face à l’inaction des pouvoirs publics, Ecologie sans Frontière (ESF), partenaire de Générations Futures (toutes deux étant membres fondateurs du Rassemblement pour la planète) a déposé, le 11 mars 2014, une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui au pôle santé publique du parquet de Paris. Notre association s’est félicitée de l’ouverture d’une enquête préliminaire suite au dépôt de ladite plainte, le 26 mars 2014. Cependant, il est apparu rapidement que cette enquête se bornait à faire entendre le représentant d’ESF, et de vérifier auprès d’organismes officiels les dépassements de normes invoqués dans la plainte, choses sans doute utiles mais qui ne pouvaient constituer que l’amorce d’une enquête pénale. Malgré les relances, l’enquête s’est arrêtée là. A notre connaissance, aucune instruction n’a été donnée aux services chargés de l’enquête aux fins de vérifier l’exposition des populations concernées et ses conséquences en termes de santé publique et de mortalité, éléments constitutifs de l’infraction dénoncée, ni aux fins d’en identifier les auteurs potentiels. 5

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Une dernière lettre de l’avocat, Maître LAFFORGUE (qui est aussi, pour rappel, notre représentant dans d’autres dossiers notamment celui des abeilles et de la plainte pour mise en danger de la vie d’autrui au sujet d’AMM jugées non conformes) au procureur de la République, au milieu du mois de mars, est restée sans réponse. La procédure a été classée et nous n’en avons pas été avisés. Face à cet échec, mais aussi face à la persistance des épisodes de pollution et à leur gestion minimaliste par la ministre de l’écologie, nos associations ne doivent pas baisser les bras. Nous devions, pour des enjeux évidents de santé publique, soutenir ESF dans ses actions en faveur de la qualité de l’air qui est aussi un des axes de travail de Générations Futures (notamment lorsque nous menons des enquêtes d’expositions des populations à divers polluants). Générations Futures a donc déposé plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris, du chef de mise en danger d’autrui. Victimes des pesticides : ouverture d’enquête pour homicide involontaire ! Murat déposait une plainte contre X devant le Tribunal de Grande Instance de Paris pour homicide involontaire sur la personne de son père. Atteint d’un cancer en 2010, dont le caractère professionnel lié à l’utilisation de l’arsénite de sodium a été reconnu en février 2011, James Bernard Murat, vigneron du Bordelais, a succombé des suites de cette maladie le 8 décembre 2012. C’est dans le cadre de ses activités professionnelles de vigneron que M. Murat a utilisé durant 42 ans des produits à base d’arsénite de sodium pour traiter ses vignes contre l’esca, sans jamais être alerté de la toxicité de ces produits pour sa santé. Cette plainte est une première en France puisque jusque là, les procédures n’avaient porté que sur la reconnaissance d’un Le 27 Avril dernier, Valérie lien entre usages de produits chimiques et maladies chez les agriculteurs. Son objectif est de faire la lumière sur ce qui s’est passé et de dégager les responsabilités, notamment celles des firmes qui ont commercialisé des produits sans avoir indiqué les risques encourus. Il s’agira aussi de comprendre la complaisance de l’Etat qui a continué à homologuer ces produits alors qu’on les savait dangereux. Cette plainte a visiblement retenu toute l’attention du Procureur, qui a décidé d’y donner suite en ordonnant l’ouverture d’une enquête préliminaire. Affaire à suivre ! Affaire Nutréa-Triskalia : Les plaintes en pénal avec constitution de partie civile des victimes des pesticides vont pouvoir être instruites. Après la décision du 29 avril 2015 du Parquet de Saint Brieuc de classer sans suite les plaintes déposées le 26 mai 2010 par Laurent Guillou et Stéphane Rouxel ex-salariés de l’entreprise Nutréa-Triskalia de Plouisy, gravement intoxiqués par des pesticides, leur avocat Maître François Lafforgue avait déposé une nouvelle plainte au pénal avec constitution de partie civile, le 12 juin 2015, pour blessures involontaires ayant entraîné une ITT supérieure à trois mois, mise en danger d’autrui, abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne. Cette plainte a été jugée recevable par la doyenne des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Saint Brieuc, qui a prononcé, le 3 juillet dernier, une ordonnance fixant une consignation prévue par le code de Procédure Pénale. Un juge d’instruction va donc pouvoir être nommé afin que soient menées les investigations qui devraient permettre de rechercher et dégager les responsabilités pénales dans cette affaire. Après la condamnation le 11 septembre 2014 de l’entreprise Nutréa-Triskalia pour faute inexcusable de l’employeur par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint Brieuc, l’Union Régionale Solidaires de Bretagne qui soutient les victimes dans leur long et difficile combat ne peut que se féliciter de cette décision du TGI de Saint Brieuc. Générations Futures s’associe depuis plusieurs années à ce combat et rejoint l’URS dans ces félicitations au TGI. Nous ne pouvons maintenant qu’espérer une issue positive pour ces salariés victimes des pesticides. 6

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Alternatives Semaine pour les alternatives aux pesticides : Après une dixième édition en fanfare qui vous a fait traverser la France, qui vous a replongé dans dix ans d’action et de mobilisation, le tout avec plus de 1000 événements dans une vingtaine de pays, nous ne pouvions pas nous arrêter là puisque nous préparons déjà la prochaine édition. Elle aura lieu, comme chaque année entre le 20 et le 30 mars, notez d’ores et déjà les dates dans vos agendas ! Pour toute question ou demande d’information, n’hésitez pas à nous contacter contact@semaine-sans-pesticides.fr « 0 phyto 100% bio » : la campagne continue ! Les prix, remis le 30 mars dernier à l’occasion de la journée de clôture de la 10ème Semaine pour les alternatives aux pesticides, sont bien arrivés dans les villes gagnantes, c’està-dire les plus engagées en matière de suppression des pesticides et de promotion de la bio via la restauration collective. Certaines d’entre elles nous ont même envoyés des photos ainsi qu’un petit témoignage de leur engagement que vous pouvez retrouver en ligne : http:// www.0phyto-100pour100bio.fr/ On pense déjà à la 11ème ! Ecophyto 2 : intentions louables pour quel résultat ? La deuxième version du plan Ecophyto, qui vise à réduire de 50% l’utilisation des pesticides d’ici à 2025 était mis en consultation publique tout au long du mois de juin. Générations Futures a pu envoyer ses remarques, que vous pouvez également retrouver en ligne5 . D’une manière générale, les intentions affichées semblent louables, le maintien du cap des 50% est important mais cette deuxième version reste bien trop vague et bien peu contraignante. Il manque de nombreux détails sur les structures et les moyens qui permettront de soutenir humainement et financièrement la mise en œuvre des mesures annoncées. De même, cette deuxième version mise beaucoup sur l’optimisation des systèmes existants au lieu de se tourner réellement vers des systèmes de rupture qui permettraient un réel changement de modèle agricole et ne maintiendraient pas les agriculteurs dépendants des pesticides. Nous attendons les résultats de la consultation publique ainsi que la publication de la version définitive en espérant que nos remarques seront prises en compte. Nous resterons également très vigilants sur la mise en place des mesures de cette 2ème version d’Ecophyto. Nous sommes actuellement en train de réfléchir à la suite de cette campagne et nous vous tiendront informés des suites dans la prochaine lettre d’informations. http://www.generationsfutures.fr/2011generations/ wp-content/uploads/2015/06/ R%C3%A9vision-du-plan-Ecophyto-remarques-de-Generations-Futures-final.pdf 5 7

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Avancée : La vente et l’utilisation des pesticides à usage amateur seront définitivement interdites dès 2019. Souvenez-vous le 20 mars 2015, le Centre International de recherche sur le Cancer (CIRC) classait comme cancérigène probable le glyphosate, substance active notamment du fameux herbicide RoundUp (désherbant le plus utilisé au monde et associé à la culture des OGM). Mi-juin la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal déclarait que la France devait être à l’offensive sur l’arrêt des pesticides et annonçait qu’elle allait demander aux jardineries d’arrêter de mettre en vente libre le Round Up de Monsanto dès 2017. Si Générations Futures faisait savoir à la Mme la ministre au travers d’un courrier, que notre association appréciait sa volonté affichée de combattre l’usage non agricole des pesticides en général, et celui du Round Up / glyphosate en particulier, nous émettions dans ce même courrier quelques réserves et faisions la demande de précisions notamment sur le cadre législatif visant à mettre fin à la vente directe de ces pesticides. Nous l’interpellions aussi sur le fait qu’il fallait que cette interdiction à la vente ne concerne pas uniquement ceux à base de glyphosate, rappelant que d’autres substances nocives étaient encore à disposition des jardiniers amateurs (comme le fameux 2,4-D récemment classé cancérigène possible par le CIRC) et qu’au-delà de cette « simple interdiction à la vente directe » il était nécessaire d’interdire purement et simplement la vente de ces produits aux amateurs et ce dans les plus brefs délais (notamment en avançant la date d’interdiction prévue dans la loi Labbé votée en début d’année qui établit cette interdiction à … 2022 !). Nous avons obtenu une partie des réponses lors de rendez-vous avec le cabinet de la ministre (le 2 juillet puis le 23 juillet). La ministre a proposé un amendement de la cadre la Loi de transition énergétique (article 18bis), lors du vote en seconde lecture au Sénat qui a eu lieu mi-juillet, élargissant cette interdiction à la vente directe à tous les points de vente et à tous les pesticides à usage amateur dès le 1er janvier 2017. Cet amendement a été voté puis confirmé lors du vote final à l’Assemblée nationale(AN) le 22 juillet (Article 68). De même, un amendement déposé et adopté par les Sénateurs Labbé et Dantec a ramené l’interdiction de la vente et l’utilisation des pesticides pour les jardiniers amateurs à 2019 (au lieu de 2022). Un amendement identique a été déposé et adopté à l’AN par Brigitte Allain et Delphine Batho. Plus d’information ici : http://www.generations-futures. fr/pesticides/vente-utilisation-pesticides-jardiniers-interdite-des2019/ COP 21 : A six mois de la conférence sur le climat, où en est-on des négociations ? Par Cyrielle Denhartigh du Réseau Action Climat (RAC) 8 La France accueille en décembre 2015 la 21ème conférence des parties (COP21) dans le cadre des négociations internationales sur le climat de l’ONU. Tous les pays devront avoir annoncé auparavant leur objectif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre pour la période d’après 2020. Certains ont déjà présenté leurs engagements, mais la somme de ces « contributions nationales », si elles restent en l’état, est largement insuffisante et nous amè- nent vers un réchauffement global d’environ 3,1°C. Les discussions devront également concerner les engagements sectoriels (transport, énergie, agriculture, etc.), les financements (pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter aux changements climatiques et pour financer la transition énergétique), ainsi que les actions à mettre en œuvre par les Etats dès maintenant et jusqu’à 2020. En effet, il ne faut pas attendre qu’un accord soit trouvé pour passer à l’action : la température moyenne mondiale se réchauffe depuis longtemps, et il est plus que nécessaire de mettre en place des actions de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Les négociations entre Etats ont déjà commencé en réalité : lors des intersessions de Bonn (les prochaines auront lieu du 19 au 23 octobre 2015), de rencontres bilatérales ou par déclarations interposées. Ainsi, à 4 mois de la COP, les Etats-Unis ont présenté

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un plan de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité6, qui est encourageant mais reste malheureusement insuffisant. L’Union européenne et la France devront elles aussi clairement annoncer les modalités d’atteinte de leurs objectifs annoncés dans le cadre des négociations. La France devra notamment détailler clairement les chemins qui lui permettront d’atteindre ses objectifs affichés dans la loi sur la transition énergétique qui vient d’être adoptée7, qui restent très floues. La tenue de la COP en France va aussi être un moment de communication tous azimuts des différents acteurs, notamment privés. Ainsi a été lancée le 23 septembre 2014, lors du Sommet du Secrétaire Général de l’ONU sur le climat, l’Alliance globale pour l’agriculture intelligente face au climat, rassemblement de structures publiques et d’acteurs privés y faisant en particulier la promotion des marchés carbone pour les secteurs de l’agriculture et de la sylviculture ou encore l’utilisation des OGM comme solution à tout. Cette alliance, qui ne prévoit aucune définition du concept d’agriculture intelligente face au climat ni aucun critère social ou environnemental, ne fera que cautionner le développement d’une agriculture industrielle dont les rendements sont assurés par les produits chimiques, et fortement émettrice de gaz à effet de serre8. Les intérêts économiques des acteurs de l’agrobusiness y seront défendus, aux dépends des intérêts écologiques, sociaux et de santé publique que sont ceux des populations et des paysans. Les acteurs prônant une agriculture réellement écologique devront se faire entendre, car c’est aujourd’hui le modèle qui présente le plus de chance de pouvoir nettement réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur agro-alimentaire tout en répondant aux enjeux environnementaux, sociaux, alimentaires et économiques auxquels nous faisons face : préservation des prairies et du taux de matière organique dans les sols cultivés, baisse de l’utilisation des produits chimiques et de synthèse, baisse des importations de l’alimentation animale et de l’ensemble des intrants, etc. De plus, un tel modèle d’agriculture écologique améliore la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au nord comme au sud. >>> Pour suivre la COP21 et tout ce qui tourne autour, ren6 http://macop21.fr/analyseobama-grand-defenseur-du-climat-ou-grand-pragmatique/ 7 h t t p : / / w w w. r a c - f . o r g / Transition-energetique-Lesbonnes%20%3C%3E 8 En France, le secteur agricole et sylvicole représente 20,5% des émissions nationales de gaz à effet de serre (chiffre CITEPA 2012), sans compter les émissions indirectes (liées à la fabrication des engrais azotés ou à l’importation d’aliments pour les animaux par exemple). Etude : 3 fois plus de risques d’une malformation génitale chez les garçons en cas d’exposition – in utero – par l’environnement à des polluants perturbateurs endocriniens. Une nouvelle étude scientifique, des équipes d’Endocrinologie Pédiatrique et d’Hormonologie du Professeur Sultan et de Chirurgie Pédiatrique du Professeur Kalfa du CHRU de Montpellier, démontre - pour la première fois - que l’exposition professionnelle, habitationnelle ou domestique à des perturbateurs endocriniens (et a fortiori leur association) augmente fortement le risque d’une malformation génitale – l’hypospadias[2] – en augmentation dans le sud de la France. L’étude, qui porte sur 600 enfants (300 enfants atteints de la malformation et 300 témoins), montre que l’exposition du fœtus à des perturbateurs endocriniens via la mère au cours des premiers mois de grossesse multiplie le risque de malformation de la verge par 3. Les principaux produits d’exposition chez la femme enceinte étaient : les peintures et solvants, les détergents, et les pesticides. Des métiers en ligne de mire. Il a été montré que les professions maternelles et paternelles exposées à des perturbateurs endocriniens sont plus fréquentes chez les parents d’enfants porteurs d’hypospadias. • Chez les mères, les professions étaient (de la plus à la moins fréquente) : activité professionnelle de nettoyage / ménage, coiffeuses, esthéticiennes, travail en laboratoire. • Chez les pères : agriculteurs, travail en laboratoire, activité professionnelle de ménage/ nettoyage, mécanique (moteurs), peintres. La présence d’une usine d’incinération, d’une décharge, d’une usine chimique ou de culture intensive dans un rayon de 3km autour du lieu d‘habitation est plus fréquente dans le cas d’enfants porteurs d’hypospadias. 9

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Un herbicide utilisé par les jardiniers amateurs classé cancérigène possible par l’OMS Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), organisme de l’OMS, a publié en juin dernier, une nouvelle monographie concernant le DDT, le lindane et le 2,4-D. Le lindane, interdit depuis des années est classé cancérigène pour l’homme et le DDT cancérigène probable pour l’homme. La monographie a également classé le 2,4-D, une molécule herbicide utilisée dans des produits autorisés pour l’emploi par des jardiniers amateurs, comme possiblement cancérigène pour l’homme. Ce classement est basé sur des données montrant que le 2,4-D induit un stress oxydatif et des effets immunosuppresseurs. Il est le résultat du travail de 26 experts de 13 pays différents réunis à Lyon, où le siège du CIRC se situe. Générations Futures pousse pour le retrait de la mise sur le marché des herbicides à base de 2-4D. Un désherbant dont on sait qu’il est cancérigène n’a rien à faire dans la gamme des pesticides utilisés pour désherber des espaces public ou privés ! Le mot du bénévole Vie de GF Par Emmanuelle Reix, adhérente/ bénévole à Générations Futures et co-fondatrice du collectif de parents « Alerte Pesticides » de Léognan (Gironde). « Pour vivre heureux, vivons cachés » … voici le point final mis par le directeur technique d’un grand cru classé de l’appellation PessacLéognan à un entretien avec le collectif Alerte Pesticides de Léognan (Gironde). Quelles étaient nos demandes ce jour-là ? Non pas l’affichage des pratiques sociales du grand cru mais l’information aux riverains et autres promeneurs quant aux dates et horaires d’épandages via les moyens de communication tels que courriel, sms, courrier papier et balisages des vignes (par un système de drapeaux colorés par exemple). Notre collectif ne equérait pourtant que des mesures de bon sens, relayées par la règlementation française et européenne en vigueur (interdiction de pulvériser par vent supérieur à 19km/h, obligation d’aviser, avant l’utilisation d’un produit, tout voisin susceptible d’être exposé…) Alors pourquoi cette omerta sur la reconnaissance de la dangerosité des pesticides épandus, cette difficulté à dialoguer et ce, chez bon nombre d’agriculteurs ? Pourtant, cette « posture du passé » ne résiste pas longtemps à l’épreuve des études scientifiques nationales et internationales ainsi que des épisodes d’intoxication aiguës (l’exemple des enfants et de l’enseignante de l’école de Villeneuve de Blaye. En outre, certains agriculteurs ont aussi compris que ce « pour vivre heureux, vivons cachés » n’était viable ni économiquement, ni moralement, Conférence internationale : Évaluation et réglementation des OGM et des pesticides Dans le cadre d’un projet de recherche participative sur le sujet de l’équivalence en substance, un colloque international ouvert à la société civile est organisé par Générations Futures en partenariat avec le CRIIGEN sur l’évaluation et la réglementation des OGM et de pesticides agricoles. Ce projet est financé par la Région Ile-de-France et coordonné par le Dr Christian Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris-Sud 11 et vice-président du CRIIGEN, et François Veillerette, porte-parole de l’association Générations Futures. Le colloque aura lieu à la Faculté des Sciences d’Orsay (sud de Paris) les jeudi 12 et vendredi 13 Novembre 2015. En plus des scientifiques, des ONG, des représentants des agences d’évaluation, des agriculteurs, des décideurs, des journalistes seront invités à assister à ce colloque. Cette conférence s’articulera autour de 3 temps: 1. L’équivalence substantielle (jeudi après-midi); suivi d’une table ronde (TR) sur la recherche participative le jeudi après-midi 2. L’évaluation toxicologique des OGM et des pesticides (vendredi matin); suivi d’un TR sur la législation en matière de pesticides et d’OGM 3. Les microbes, les sols et les pollutions chimiques (vendredi après-midi) ; suivi d’une TR sur l’avenir de l’agriculture Parmi les intervenants nous retrouverons : Gilles-Eric Séralini, Corine Lepage, Marc Dufumier, José Bové etc. Retrouvez toutes les informations relatives au colloque (programme, inscription etc.) ici : http://www.picri-ogm.fr/ 10

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l’appellation des Côtes de Bourg et sa Charte de bonne conduite visant à protéger les sites dits sensibles (écoles, crèches, hôpitaux..) en est un exemple édifiant, ainsi que ceux qui depuis longtemps déjà, dans différentes régions de France, dialoguent avec les riverains et/ou choisissent de convertir en bio ou en biodynamie des parcelles à proximité d’habitations, d’écoles… Le législateur lui-même a voulu inscrire dans le marbre l’urgence de cette problématique via l’article 53 de la LAAF, qui rentrera en vigueur en octobre 2015. Mais pourquoi taire la problématique plus large des riverains d’exploitations agricoles utilisatrices de pesticides, qui sont sujets à des expositions à la fois aiguës et chroniques dans leur lieu de vie ? Ces riverains ne sont-ils pas aussi ces écoliers, ces nourrissons et autres très jeunes enfants, ces femmes enceintes et autres publics fragilisés par la maladie, la dépendance que l’on circonscrit si commodément à travers la jolie périphrase des « sites sensibles » ? L’association Générations Futures nous donne aujourd’hui, à nous, collectifs de France et citoyens avertis, une opportunité unique de porter la problématique des riverains exposés aux pesticides, à un niveau national. Forte de notre expérience de terrain, elle lance encore une fois l’alerte et vous engage à vous manifester, à vous mobiliser, en adressant au propriétaire de l’exploitation agricole qui vous concerne un courrier-type, téléchargeable sur le site de l’association, avant le lancement de la « campagne nationale riverains » au mois de septembre 2015. Protégez-vous, protégez les vôtres. Vous pouvez vous aussi agir, pour que les pesticides ne soient plus une fatalité. Service Civique : une nouvelle recrue dans l’équipe ! Je m’appelle Manon Petit et je rejoins Générations Futures miseptembre pour une mission de service civique jusqu’à fin mai. Depuis longtemps intéressée par la protection de l’environnement, j’ai décidé de consacrer cette année à une cause qui me touche. Après une année très remplie par mon master 2 en communication politique et publique, je me lance donc dans cette nouvelle aventure avec vous. Je serai principalement en charge de développer les Relais Locaux et de contribuer à la communication de l’association. Je suis par ailleurs bénévole chez In Focus, qui réalise des vidéos pour aider des associations à se faire connaître et chez les Jeunes Ecologistes d’Ile-de-France. J’ai notamment contribué à organiser le festival pour le climat « Chaud devant ! ». J’ai eu envie de rejoindre Générations Futures, pour son travail concret et sa véritable expertise dans le domaine de la lutte contre les pesticides, les OGM et autres perturbateurs endocriniens. Quel plaisir de savoir que je vais m’engager au quotidien comme volontaire dans cette association ! J’ai hâte de mettre à profit mes connaissances en communication, d’en apprendre plus sur le fonctionnement associatif, sur la lutte contre les pesticides et surtout de vous rencontrer dans le cadre de mes missions ! Assemblée Générale : Le bilan ! Nous avons profité du printemps bio et des activités organisées au Moulin Marion pour faire notre Assemblée Générale chez Maria Pelletier, notre présidente, le 6 juin dernier où une vingtaine de personnes étaient présentes (et plus de 120 personnes avaient donné pouvoir). Après une présentation du rapport moral par notre présidente, du rapport d’activités par Nadine Lauverjat et François Veillerette et du rapport financier par notre trésorier Thierry Verley, nous avons procédé aux votes. Tous les rapports ont été votés à l’unanimité. Nous avons ensuite procédé aux votes du CA et les administrateurs en lice (Angelo San Filippo, Christian Pacteau et Fabrice Micouraud) ont été ré-élus. Suite à l’AG, notre CA a pu élire à l’unanimité les membres du bureau qui sont Maria Pelletier comme Présidente, Thierry Verley comme Trésorier et Sylvie Nève comme Secrétaire. 11

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Pesticides et vigne : « Insecticide mon amour » Un nouveau document à voir ! problème des pesticides en agriculture et plus spécifiquement des traitements insecticides obligatoires ayant eu lieu pour lutter contre la citadelle de la flavescence dorée en Bourgogne. 2) D’où vous est venue l’idée de faire ce film? Étant moi-même ouvrier viticole évoluant dans le vignoble du Mâconnais depuis presque 8 ans, j’ai vécu de l’intérieur les traitements obligatoires aux insecticides en Bourgogne. Plutôt que de regarder les choses se passer sans avoir la parole en tant que riverain, j’ai préféré quitter mon travail pour avoir ma complète liberté d’expression et j’ai repris la caméra pour enquêter sur les raisons ayant poussé les autorités à imposer des traitements avec des produits chimiques extrêmement dangereux pour la santé et pour l’environnement. 3) Quel message aimeriezvous faire passer au grand public avec «Insecticide mon amour»? Comme dans toutes décisions politiques à l’heure actuelle, les citoyens sont assez peu informés et sont malheureusement souvent les victimes d’un système qu’ils ne comprennent plus. C’est le cas dans le cadre des traitements contre la flavescence dorée en Bourgogne et dans les autres régions viticoles… Ce documentaire permet avant tout de comprendre les rouages de cette prise de décision qui est extrapolable à de nombreux autres sujets. Pour acheter le dvd, tout savoir des projections et interventions de Guillaume Bodin, rendezvous sur : http://www.laclefdesterroirs.com/ Agenda septembre à novembre 2015 « Insecticide mon amour », enquête documentaire de plus de deux ans sur les traitements obligatoires de la vigne en Bourgogne sortira en salles et en DVD le 7 octobre prochain. Nous avons posé trois questions à Guillaume Bodin, son réalisateur : 1) De quoi parle «Insecticide mon amour»? « Insecticide Mon Amour » est un documentaire parlant du Adhésion 2015 Mme / M / Couple* (Nom-Prénom) : __________________________________ __________________________________ Adresse :_______________________________________________________ _______________________________________________________ Code postal : ______________ Ville : _______________________________ Tel : ______________________ E-mail : _____________________________ □ □ □ Adhésion chômeur ou bas salaire : 10 € Adhésion de base : 25 € Je fais un don libre de……..€ □ □ Adhésion de soutien : 50 € Je souhaite devenir bénévole J’adhère, je bénéficie d’une déduction fiscale de 66%. * Rayez la mention inutile. En gardant la mention «Couple» vous adhérez pour l’ensemble du couple soit deux personnes. Coupon à retourner accompagné de votre soutien à Générations Futures 179 rue Lafayette 75010 Paris 10 septembre : délibéré de l’affaire Paul François vs Monsanto 12 septembre : Conférence de François Veillerette à 16h00 à la foire Biozone à Mûr-de-Bretagne 16 septembre : délibéré du procès des 9 de la Confédération Paysanne dans l’affaire 1000 vaches 19 septembre : Journée réunion Relais locaux et riverains à Paris 19 au 27 septembre : partout en France « Bio et local c’est idéal » (www.bioetlocalcestideal.org) 24 septembre : délibéré du procès châtaigne dans le Limousin 26 & 27 septembre : Alternatiba Paris avec présence de Générations Futures 13 octobre : Projection-débat « La mort est dans le pré » avec intervention de François Veillerette à la salle Archipel, Paris 10ème 17 octobre : mobilisation européenne contre le TAFTA 10 novembre : Projection du film « Insecticide mon amour » à 17h00 au Salon Marjolaine (Vincennes) suivi d’une intervention de Générations Futures 12-13 novembre : colloque scientifique international « Evaluation et règlementation des OGM et pesticides » à Orsay

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