Magazine d'inforamtion de l'ambassade du Mali en France

 

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Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican LES CHEMINS DE LA PAIX “ De l’Accord de Ouagadougou à celui de Bamako, Une volonté malienne de paix et de réconciliation” AMBASSADE DU MALI EN FRANCE - 89 rue du Cherche-Midi – 75006 Paris Tél. : 01 45 48 58 43 • Fax : 01 45 48 55 34 N° Hors Série Septembre 2015 MALI DIPLOMATIE

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MALI DIPLOMATIE SOMMAIRE LE MOT DU MINISTRE > SEM Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires Etrangères, Chef de la Délégation malienne au Dialogue inclusif inter-malien d’Alger Editorial : Un processus exemplaire Brève Chronologie de la Médiation > L’Accord de Ouagadougou, Le Haut Représentant du Chef de l’Etat pour la Paix, Les Etats Généraux de la Décentralisation, Les Assises du Nord du Mali, Les Pourparlers Alger 1, 2, 3,4, Allocution du Premier Ministre, Haut Représentant à Alger 5, Les éclairages SEM Abdoulaye Diop à 496ème Réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, Le Paraphe de l’Accord,… Reportage : La Signature des Accords de Paix de Bamako Ils ont dit… > Invités du Mali > Médiateurs internationaux > Intervention du Président de la République, SEM Ibrahim Boubacar Keita Conclusion d’étape : « Les conditions de la paix « Par Monsieur > Baba Hakib Haidara, Médiateur de la République Directeur de publication Cheick Mouctary DIARRA Rédacteur en Chef : Tidjani Djimé DIALLO Conception et Réalisation : La Cellule de Communication Coordination : Mata BAGAYOKO Crédit photos : Ambassade du Mali en France Ambassade du Mali en France 89 rue du Cherche-Midi – 75006 Paris Tél. : 01 45 48 58 43 – Fax : 01 45 48 55 34 Web : www.ambamali-fr.ml Conception graphique et Impression Groupe CHAUMEIL 2 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE Pays Dogon

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Le Mot du Ministre Le processus d’Alger de dialogue inclusif inter malien pour la résolution de la crise par la signature à Bamako de l’accord historique pour la paix et la réconciliation. institutionnelle et sécuritaire du Nord du Mali, a connu son aboutissement le 15 mai et le 20 juin 2015 Cette étape décisive, fruit de longs mois de négociations délicates et souvent difficiles est le résultat de la démarche volontaire des autorités et de la Société malienne toute entière de ramener la paix et la concorde au Mali. C’est aussi, à n’en pas douter, le fruit de la vision du président Ibrahim Boubacar KEÏTA de maintenir notre pays dans les principes cardinaux d’honneur et de dignité du peuple malien tout entier. - Un peuple, Un but, Une Foi – Tels demeurent la conviction et le sens du combat d’un peuple qui a su imposer sa gloire aux nations d’ici et d’ailleurs. L’accord obtenu est un compromis dynamique qui doit nous permettre de parvenir à une paix juste et pérenne et qui, à cet égard mérite et exige d’être expliqué, connu, compris, soutenu et accepté. Pour ce faire, le gouvernement a initié et promu une stratégie pertinente d’information et de sensibilisation dont les mailles enserrent l’ensemble de notre pays. La publication de ce document Spécial «Les Chemins de la Paix : de l’Accord de Ouagadougou à celui de Bamako, une volonté malienne de Paix et de Réconciliation» participe de l’ambition de la Cellule d’Information et de Communication de l’Ambassade du Mali en France de contribuer à cette sensibilisation. Nous souhaitons et nous prions, qu’il vous soit utile à tous. Aujourd’hui et pour toujours. SEM Abdoulaye DIOP Ministre des Affaires Etrangères de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale, Chef de la Délégation Malienne au Dialogue Inclusif Inter-Malien d’Alger MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE -3

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Éditorial Le Président Ibrahim Boubacar Keïta, 20 juin 2015 A l'investiture à la magistrature suprême de Ibrahim Boubacar KEITA, le 19  septembre 2013, les maliens qui avaient voté pour lui (77 %, un chiffre à la hauteur de leurs attentes), tout comme nombre d’observateurs se demandaient comment le président allait sortir le Mali de la crise politico sécuritaire qui secoue le pays depuis janvier 2012. Il est vrai que, de pays phare de la démocratie depuis mars 1991, le Mali était devenu l'élève malade, scruté par une communauté internationale qui détenait en main une partie majeure de sa destinée. Plus que tous les défis graves auquel le Mali faisait face, le retour de la paix dans le septentrion national et la réconciliation étaient les plus urgents, car sans paix, point de développement. Du reste, le président s'était engagé à tout entreprendre pour le retour de la paix. Force est de reconnaitre qu’il avait son idée pour y parvenir. Tout en gérant l'urgence du quotidien, le Président, de façon méthodique et pédagogique s'est appliqué à décliner une stratégie de résolution de crise à tout point de vue remarquable et exemplaire. 1. Rassurer l'opinion nationale et internationale sur le respect des engagements souscrits par le Mali; notamment le règlement du conflit par un dialogue inclusif 2. Baliser le terrain en recueillant les avis motivés des citoyens à travers deux foras essentiels : les États Généraux de la Décentralisation et les Assises sur le Nord du Mali. 3. Nommer un homme dont la compétence, la probité et le patriotisme sont unanimement reconnus comme Haut Représentant du Chef de l'Etat pour le dialogue inclusif inter maliens. Le choix porté par lBK sur Modibo KEITA a été salué par l'ensemble des protagonistes au conflit et a rassuré la communauté internationale. 4. Cadrer les négociations par la détermination de principes cardinaux, les fameuses lignes "rouges" qui sont les fondamentaux de la Nation malienne et de la République : l’intégrité du territoire, l'unité nationale, la forme républicaine, démocratique et laïque de l'état malien, qui ne peuvent en aucune façon être remises en cause. En dehors de ces principes, tout peut être négocié, dans l'intérêt supérieur d'un Mali en paix. 5. Désigner l'Algérie comme Chef de file de la médiation, avec une forte implication de la communauté internationale. 6. Réaffirmer la souveraineté nationale en décidant de la signature à Bamako de l'accord de paix escompté. Devant le monde entier, la cérémonie de signature par toutes les parties à Bamako, le 15 mai et le 20 juin 2015, de " l'Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du Processus d'Alger" témoigne, de façon éloquente, que la stratégie présidentielle a été payante. Avec cet accord global et définitif, le Mali peut désormais s'engager dans la voie d'un développement équilibré, dans un environnement de paix, de sécurité et de stabilité sociale. 4 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Brève chronologie de la médiation > 18 juin 2013 toire s’appuyant sur la régionalisation en renforçant les capacités de la région, pour qu’elle joue son rôle de mise en cohérence des programmes de développement économique et régionale avec les stratégies nationales ; • Assurer les équilibres entre les territoires au plan économique par la création de pôle de développement valorisant les ressources principales, ainsi que, la mise en œuvre des contrats plans du projet Etat-régions ; • Repositionner le portage politique et l’encrage institutionnel de la réforme de la décentralisation à un niveau supra-ministériel et de renforcer le rôle du Haut Conseil des collectivités dans la promotion de la décentralisation ; • Appliquer toutes les dispositions des textes règlementaires de la décentralisation en vigueur et les accompagner d’une dotation conséquente en moyens humains. Au-delà, relire les textes pour le transfert effectif des services techniques déconcentrés des domaines de compétences transférés ainsi que leurs moyens de fonctionnement sous la responsabilité des collectivités territoriales ; • Elargir l’assiette fiscale des collectivités et améliorer le recouvrement des impôts et taxes à travers une synergie d’actions entre les services déconcentrés et les collectivités ; • Lever tous les obstacles affectant le transfert effectif des ressources financières liées aux compétences transférées de l’Etat aux collectivités ; • Accroitre significativement les dotations budgétaires aux collectivités territoriales ; • Rendre plus fongible et plus accessible les ressources financières destinées aux collectivités territoriales ; • Assurer la dévolution du domaine des collectivités territoriales et accélérer les transferts de compétences dans les autres domaines tel que c’est prévu par la loi ; • Mettre à profit un découpage territorial résultant d’un dialogue inclusif en créant de nouvelles collectivités pour régler des aspects sécuritaires, sociaux et économiques ; • Diligenter la charte de la déconcentration en rapport avec le rythme de transfert des compétences de ressources aux collectivités territoriales ; • Créer un fonds d’urgence au profit des collectivités territoriales situées dans les zones affectées par une longue absence de l’Etat. Adoption de l’accord de Ouagadougou C’est « l'accord préliminaire à l'élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali » de Ouagadougou qui a donné le point de départ des négociations pour la résolution de la crise au nord du Mali. Fruit de onze jours de négociations entre les autorités de transition et les groupes armés du nord du Mali, cet accord comporte 12 pages, 25 articles. Cet accord prévoit la tenue de l'élection présidentielle partout au Mali, y compris à Kidal dans un environnement sécuritaire stable. Ensuite, il prévoit un cessez-le-feu immédiat, un cantonnement des combattants du Nord, le retour des forces de sécurité du Mali et des membres de l'administration chargés d'organiser le scrutin présidentiel. L’accord de Ouagadougou a également balisé l’après élection présidentielle. 60 jours après sa mise en place, le gouvernement devra organiser des pourparlers inter-maliens pour définir le statut administratif de l'Azawad et les stratégies de développement de la zone. > 21, 22 et 23 octobre 2013 États généraux sur la décentralisation Le gouvernement du Mali a organisé du 21 au 23 octobre 2013 au Centre International des Conférences de Bamako les Etats Généraux sur la décentralisation. Pour analyser les acquis et les faiblesses du processus de la décentralisation, de nombreuses thématiques relatives à la bonne gouvernance, à la démocratie et au développement local ont été abordées par les participants. A retenir, entre autres recommandations formulées : • Elargir de l’assiette fiscale des collectivités ; • Promouvoir des mécanismes traditionnels de prévention et de gestion des conflits, • Traduire les textes de la décentralisation en langues nationales, tout en assurant leur large diffusion ; • Renforcer la quantité des infrastructures à travers principalement l’élaboration de programmes multifonctionnels et systémiques dans le cadre du développement, en impliquant les bénéficiaires depuis la préparation des projets ; • Alléger les conditions d’accès au financement surtout en cette période d’urgence ; • Prendre en compte le handicap dans la réalisation des infrastructures ; • Approfondir la territorialisation et l’aménagement du terri- MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE -5

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Brève chronologie de la médiation > 1er, 2 et 3 novembre 2013 du conseil des ministres "un projet de décret fixant les avantages accordés aux membres de la CVJR’’ Assises Nationales sur le Nord du Mali Les Assises nationales sur le Nord se sont déroulées du 1er au 3  novembre  2013 et ont comme résolution majeure opté pour la régionalisation comme mode de gouvernance afin de venir à bout de la crise cyclique du nord Mali. Les participants ont exprimé leur attachement à la paix, la cohésion et l’indivisibilité du Mali et ont demandé de barrer la route à ceux qui constituent un frein à la paix et la cohésion. Les assises nationales sur le nord ont jeté les bases d’un nouveau Mali qui ne laisse aucune place à l’injustice et à l’impunité. Elles accordent un avantage particulier à la réconciliation des cœurs et des esprits, au vivre ensemble. L’organisation des Assises Nationales s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord préliminaire de Ouagadougou. • Janvier 2014 : L’Algérie propose sa médiation pour donner une impulsion définitive aux acquis obtenus par le Burkina Faso et la CEDEAO. > Mardi 22 avril 2014 Modibo Kéita est nommé Haut Représentant du Chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien ! Le Président de la République, Son Excellence, Ibrahim Boubacar Keïta, a informé le Conseil des Ministres, le mardi 22 avril 2014, de la nomination de Monsieur Modibo KEITA en qualité de Haut Représentant du Chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien. • 9 juin : Tournant décisif obtenu par la médiation algérienne : les différents groupes armés s’engagent de favoriser le dialogue en vue du règlement définitif et pacifique de la crise. Deux groupes se positionnent pour le dialogue : >L  es signataires de la « Déclaration d’Alger du 09 juin » : Mouvement de Libération de l’Azawad (MNLA), Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA), Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA). > Les signataires de la « Plateforme du 14 juin 2014 » : Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA-Dissident), Coordination des Mouvements et Forces Patriotiques de Résistance (CM-FPR), Coalition du Peuple pour l’AZAWAD (CPA). • 16 juillet 2014 : Démarrage à Alger du processus d’Alger de dialogue inclusif inter-malien. C’est le départ de cinq longues et difficiles sessions de négociations (Alger 1,2,3,4,5). • 15 janvier 2014 Création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation Le 15  janvier  2014, l’ordonnance n°  2OI4-003/P-RM portant création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation est adoptée par le gouvernement. Le texte est soumis à l’Assemblée Nationale du Mali qui adopte, le 20 mars 2014, un projet de loi ratifiant l’ordonnance par 99 voix pour, 0 contre et 18 abstentions. Les travaux de la commission créée pour une période de trois ans couvrent la période allant de 1960 à 2013 et portent sur l’ensemble des causes des conflits ayant affecté le Nord du Mali. La mission de la Commission est d’examiner et analyser les causes profondes des différents conflits armés qu’a connu le septentrion malien, afin d’éviter les erreurs du passé et de faciliter la réconciliation. La Commission a d’emblée précisé qu’elle n’est pas une juridiction, donc n’a pas vocation à juger. Elle mènera dans le cadre de ses missions des investigations dans les domaines relevant de ses compétences, pour aider à la recherche de la vérité. Composée de 15  membres dont un président et deux vice-présidents, la Commission compte des membres choisis parmi « les personnes de nationalité malienne jouissant de leurs droits civiques et reconnues pour leur probité morale et leur attachement aux valeurs de tolérance, de paix et de justice’, ajoute le texte. Promulguée par le Président de la République, la loi n°201400l/ portant ratification de l’Ordonnance n°2OI4-003/P-RM du 15 janvier 2014 portant création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation est publié dans le Journal Officiel N° 17 du vendredi 25 avril 2014. Le mercredi 25 mars 2015, le gouvernement adopte au cours > Alger I : 24 juillet 2014 Adoption de la feuille de route des négociations Le gouvernement de la République du Mali, les mouvements signataires de la déclaration d’Alger du 09 juin 2014 et ceux de la plateforme d’Alger du 14 juin 2014 adoptent la feuille de route des négociations dans le processus d’Alger, sous l’égide de la communauté internationale. La feuille de route indique le chemin à suivre pour parvenir à une paix durable et définit le déroulement des négociations. La feuille de route a pour objet la mise en place d’un cadre pour les négociations de paix qui doit permettre l’émergence d’une solution globale et négociée du problème des Régions du Nord du Mali, appelées par une l’une des parties «AZAWAD». Elle énonce les principes et références de base et détermine les dispositifs de règlement du conflit. Elle répertorie les éléments nécessaires à la bonne marche des négociations devant conduire à un climat de confiance et à des résultats concrets. Les discussions devront se tenir au sein des groupes thématiques suivants : • Politico-institutionnel ; • Défense et sécurité ; • Développement économique, social et culturel ; • Réconciliation, justice et questions humanitaires. 6 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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> Alger II : 1er au 23 septembre 2014, Audition de la société civile et démarrage des plénières ! Ouvert le 1er septembre 2014, Alger II a commencé par l’audition de la société civile par l’équipe de médiation internationale. Des associations de femmes, de jeunes, des représentants des institutions, des délégués des régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, des populations réfugiées et déplacées, des chefs de fractions et de tribus ont été écoutés pendant une semaine par l’équipe de médiation dans les groupes thématiques définis par la feuille de route. Devant les représentants de la communauté internationale, les responsables de la société civile ont donné leur point de vue sur la crise ainsi que leurs propositions de solutions afin d’aider les médiateurs à mieux comprendre la situation. A la suite de l’audition de la société civile, les négociateurs gouvernementaux, les responsables des mouvements de la déclaration d’Alger et ceux de la plateforme d’Alger ont continué leurs travaux au sein des groupes thématiques jusqu’à la suspension, le 23  septembre  2014, à la veille de la fête de tabaski. ternationales. Le texte propose entre autres la création d’un Sénat, d’une zone de développement des régions du nord, un état-major conjoint. > Alger IV : 19 au 27 novembre 2014 Projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali Après une analyse minutieuse des observations transmises par les parties, la médiation leur propose le 27 novembre 2014 un projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. C’est Alger IV qui a produit un document de vingt pages avec soixante douze articles et trois annexes. Le but d’Alger IV était de recueillir les points de vue et les propositions consolidées des parties sur le document de synthèse élaboré par l’équipe de médiation à savoir « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation». Le gouvernement de la République du Mali, dans un communiqué, a salué « la qualité du Projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » qui lui a été remis et qui constitue une avancée vers la conclusion d’un accord de paix et saisit cette occasion pour adresser ses chaleureux remerciements à l’équipe de médiation pour son engagement continu aux côtés du peuple malien. Le gouvernement s’est félicité de la réaffirmation des fondamentaux de la nation malienne et de la République, à savoir l’intégrité du territoire, l’unité nationale, la forme républicaine et laïque de l’Etat malien dans le texte. Le document, avait promis le gouvernement, « fera l’objet d’un examen minutieux de la part des experts de chaque partie avant d’être amendé en janvier 2015, lors de la reprise des négociations » Communiqué de la Médiation sur Alger IV > Alger III : 20 au 23 octobre 2014 Les Parties au dialogue inter-malien engagé dans le cadre du Processus d’Alger, à savoir le Gouvernement malien, la Coordination des Mouvements signataires de la Déclaration d’Alger du 9 juin 2014 et les Mouvements signataires de la Plateforme d’Alger du 14 juin 2014, ont repris la négociation sur les questions de fond à partir du 20 novembre 2014 à Alger, sous l’égide de l’équipe de médiation internationale comprenant l’Algérie, chef de file, l’ONU-MINUSMA, l’UA, la CEDEAO, l’UE et l’OCI, le Burkina-Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Jalonnées par des exposés d’experts en matière de gestion locale dans certains pays de la région, les négociations se sont déroulées dans un cadre bilatéral (Médiation / une Partie) et triangulaire (Médiation / deux Parties) à huis clos. Les interactions directes intensives entre les Parties ont permis utilement à l’équipe de médiation de recueillir les réactions, commentaires et propositions consolidés des Parties sur le document portant « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali» dont elles étaient saisis depuis octobre 2014. Ces réactions, commentaires et propositions ont servi de base à un travail minutieux d’enrichissement du document de la médiation avant sa présentation aux Parties à la fin des -7 « Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali » Au cours d’Alger III qui s’est déroulé au 20 au 23  octobre 2014, l’équipe de médiation propose aux différentes parties un document appelé « Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali ». Les représentants du gouvernement, des mouvements armés consultent le document et retournent à la base pour un meilleur partage de son contenu. Les différentes parties remettent à l’équipe de médiation leurs observations. Il s’agit d’un document de quatorze pages, écrit par les médiateurs à partir des propositions des mouvements armés et des autorités de Bamako. Le texte comprend huit parties qui vont des principes généraux aux questions d’évaluation et de suivi en passant par les questions politiques et institutionnelles, les questions de sécurité et de défense, les questions de développement des régions du nord, les questions de réconciliation, de justice, les questions humanitaires, les garanties in- MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Brève chronologie de la médiation travaux sous forme de « projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » avec ses annexes indispensables pour sa clarification, dans la perspective de réunir les consensus nécessaires à sa finalisation. La Médiation se félicite de l’intérêt renouvelé par les Parties pour le document qu’elle a proposé en ce qu’il constitue une base solide de travail. Elle a été également encouragée par l’esprit de franchise qui a marqué les discussions au cours de cette phase. Elle a noté avec satisfaction les progrès significatifs enregistrés dans l’identification des difficultés à surmonter. Elle entend à cet égard rester mobilisée pour aider les Parties à trouver les compromis appropriés. La Médiation exhorte à nouveau les différentes parties maliennes à faire preuve de courage et de détermination et à s’investir davantage, individuellement et collectivement, pour favoriser le règlement des questions en suspens de manière à parvenir, dans les meilleurs délais possibles, à un accord de paix global et définitif. La conclusion de cet accord permettra, de toute évidence, non seulement la restauration de la paix au Nord du Mali, mais contribuera aussi de manière significative à la création des conditions permettant une lutte efficace contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. La Médiation, afin de raffermir durablement la confiance et la compréhension mutuelles entre les Parties, appelle ces dernières à demeurer engagées de bonne foi dans le Processus d’Alger en cours, notamment en respectant leurs engagements en vertu des accords de cessez-le-feu en vigueur. La Communauté Internationale est vivement invitée à poursuivre son soutien au Processus d’Alger, afin d’atteindre l’objectif commun de consolidation de la paix et de la sécurité dans toute la région du Sahel. • 08 janvier 2015 : Modibo Keita, Haut Représentant du Chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien est nommé Premier Ministre. Message clair du Président Ibrahim Boubacar Keita pour qui la paix reste une priorité absolue. • Ahmed Mohamed Ag HAMANI (Ancien Premier ministre et Personne Ressource) • Madame Oumou TOURE (Présidente de la Coordination des Femmes du Mali) • Honorables Mohamed OULD MATALI, N’Fa SIMPARA et Adama KANE, Députés à l’Assemblée Nationale du Mali • Yacouba KATILE (Secrétaire Général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali) • Mohamed MOUFFA HAIDARA, Mohamed Macki BAH (Président de l’Union des Jeunes Musulmans du Mali) • Bandiougou GAKOU (Ancien Ambassadeur et Personne Ressource) • Inabolchad AZAROCK (Membre de la Plate Formekel Tamasheq) • Mohamed Salia TOURE (Président du Conseil National de la Jeunesse du Mali et Rapporteur) > 26 janvier 2015 Visite d’une délégation de la Plate forme de la Société Civile Malienne en tournée Europe L’Ambassadeur Cheick Mouctary DIARRA était à l’Aéroport Roissy Charles De Gaulle le 26 janvier 2015 pour accueillir une délégation de la société civile malienne qui démarrait par Paris une tournée européenne d’information et de sensibilisation sur la crise au Nord du Mali et les négociations pour la paix. Forte de quinze personnes, la délégation était composée de : • Cheick Chérif Ousmane Madani HAIDARA (Prêcheur et chef de mission) • Imam Mahmoud DICKO (Président du Haut Conseil Islamique du Mali) • Mgr Jean ZERBO (Archevêque de Bamako et Porte Parole de la Mission) • Pasteur Youssouf DEMBELE (Représentant de l’Eglise Protestante du Mali) Au cours de son séjour parisien, la délégation a été reçue par d’éminentes personnalités du culte religieux (Fédération des Associations Musulmanes, Conférence des Evêques de France, Observatoire de la laïcité, etc.). Elle a également eu des entretiens avec Mme Hélène Le Gal (Elysée), Annick Girardin (Secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie) et de hauts responsables du ministère français de l’Intérieur et du Ministère des Affaires Etrangères. La délégation a enfin eu une séance de travail avec Mme Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de L’Organisation Internationale de la Francophonie. Mieux que tout autre plaidoyer, l’examen de la composition de la délégation elle-même qui comprend toutes les sensibilités du pays, démontre à suffisance qu’au Mali, il n’y a ni discrimination raciale, ni marginalisation ethnique, encore moins de conflits interethniques et interreligieux. Cela a contribué, dans une large mesure, à rassurer les partenaires sur les réalités de notre pays en cette période de crise. A l’issue de ces entretiens, les partenaires français se sont engagés à soutenir le Mali dans sa lutte pour le rétablissement de la paix. Après la France, la délégation a poursuivi sa mission de plaidoyer et de sensibilisation : • en Belgique (Parlement Européen, Parlement Belge, Service Européen pour l’Action Extérieure de l’Union Européenne (SEAE)) • en Suisse (Palais des Nations Unies à Genève, Département des Affaires Etrangères à Berne, …) > Alger V : 11 février au 1er mars 2015 8 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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• 11 février 2015 : Discours mémorable du Premier ministre, Modibo Kéita, à Alger à l’occasion de la reprise du dialogue inclusif inter-malien Monsieur le président, ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, Mesdames et Messieurs les membres de l’équipe de Médiation, Mesdames et Messieurs les parties prenantes au processus de Dialogue inclusif inter-malien, Distingués invités Mesdames et Messieurs, Mes premiers mots sont pour remercier le président Abdel Aziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire, le gouvernement et le peuple algériens, pour m’avoir adressé une invitation à une époque aussi cruciale pour le Mali. Je vois en cette invitation une marque d’attention particulière, un immense crédit d’intention, l’expression de la qualité des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre le Mali et la République algérienne démocratique et populaire. Aujourd’hui, débute à Alger une séquence cruciale des pourparlers inter-maliens devant déboucher sur un accord de paix global et définitif pour engager le Mali, mon pays, dans la voie d’un développement équilibré, dans un environnement de paix, de sécurité et de stabilité sociale. Que de chemins parcourus depuis l’accord préliminaire de Ouagadougou, depuis l’adoption, à Alger, de la feuille de route qui a encadré les pourparlers en cours. Nous avons pu noter avec une réelle satisfaction et tout au cours de ce processus un engagement profond de la Communauté internationale aux côtés du peuple du Mali. Qu’il me soit, encore une fois, permis d’adresser à tous les acteurs les vifs remerciements du gouvernement et du peuple maliens et témoigner, à leur endroit, toute notre gratitude. S’agissant de l’équipe de Médiation, dont l’Algérie est le chef de file, je lui adresse mes vives félicitations pour avoir conduit jusque-là, à notre satisfaction, la délicate mission qui est la sienne : mission d’équilibre, mission dédiée exclusivement à la restauration de la paix, au développement socio-économique, non seulement du Mali, mais aussi de toute la région. Monsieur le président, Il y a quelques mois, nous avons évolué ensemble dans cette même enceinte, vous dans le même rôle que celui d’au- jourd’hui et moi dans celui de Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien. Je m’étais, à cette époque, assigné comme tâche essentielle de me maintenir à égale distance des parties en négociations, de m’inspirer de votre exemple pour pousser à des consensus, au rapproche- ment des points de vue. J’étais convaincu, et cela en exécution des instructions que le président de la République m’avait données, que tous les protagonistes étaient des Maliens à part entière et avaient donc le droit et le devoir de s’interroger sur le devenir de leur pays. J’avais, à cette époque, notée de part et d’autre des convictions fortes et la qualité des relations humaines qui s’étaient établie entre nous et tous les acteurs m’inclinait et m’incline encore à croire que seules les droites parallèles ne peuvent se rejoindre. J’étais réconforté à l’idée qu’il s’agissait de lignes qui se croisaient et qui pouvaient un jour ou l’autre s’interpénétrer pour donner naissance à un environnement qui réponde aux aspirations de tous. Environnement de paix, de sécurité où le bien-être et le mieuxêtre s’alliaient pour annoncer au monde entier que l’état de belligérance n’est pas une fatalité, qu’au-delà des positions personnelles, peut-être des ambitions personnelles, existait comme une donnée incontournable, l’avenir des générations présentes et celles à venir du Mali. C’est pourquoi Monsieur le président, au moment où je vous parle, mes pensées vont à toutes les victimes du douloureux conflit qui nous occupe à présent. Je considère toutes les victimes comme étant les victimes de la violence, de l’incompréhension des hommes. S’agissant de victimes non-maliennes, des soldats de la paix venus de différents horizons, je m’incline devant leur mémoire et réitère les condoléances les plus attristées du peuple et du gouvernement maliens aux Nations d’origine durement éprouvées. A cet égard, nous sommes aujourd’hui émus et fortement impressionnés par la constance et la qualité du soutien apporté au Mali par la Communauté internationale, les organisations africaines, régionales, et du système des Nations unies. La configuration de l’équipe de médiation comprenant en plus de la République algérienne démocratique et populaire, comme chef de file, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, l’Organisation de la Coopération islamique, l’Union africaine, la CEDEAO, et des pays amis tels que le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Tchad auxquels il faut ajouter toutes les bonnes volontés, toutes les nations éprises de paix et de justice ; cette configuration, cet immense réseau de sympathie, de soutien multiforme impose aujourd’hui, aux parties maliennes, celles qui sont en négociations, c’est-à-dire les mouvements armés de la Coordination, les mouvements armés de la Plateforme, le gouvernement du Mali, de se révéler dignes de la solidarité internationale. Ces acteurs sont aujourd’hui réunis dans cette salle. Je voudrais leur dire que le peuple du Mali, dans toutes ses composantes, est en attente de leur part, d’une décision cruciale. Une décision qui soulagera les cœurs et les esprits, une décision qui limitera la misère morale et matérielle, qui limitera la peur pour le présent, l’angoisse pour le souvenir traumatisant des scènes de violence vécues, l’inquiétude pour l’avenir des Maliens et des Maliennes. Cette attente se nourrira de la décision que vous prendrez, vous Bilal Ag Achérif et vos alliés, vous Algabass Ag Intallah et vos alliés, vous Mohamed Lamine Ould Sidaty et vos alliés, vous le Pr. Ahmed Ould Sidi Mohamed et vos alliés, vous Me Harouna Toureh et vos alliés, vous Mohaned Ag Ibrahim -9 MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Brève chronologie de la médiation Assaleh et vos alliés, vous tous, chers frères et sœurs, pourriez-vous accepter de cesser d’être les uns en face des autres, mais d’être tous les uns à côté des autres pour regarder dans la même direction, vous ouvrir au souffle de la paix, de la concorde, de la fraternité ? Ce faisant, vous vous révélerez tous unis, dignes de la confiance de la Communauté internationale, dignes de son soutien, aujourd’hui, et après la signature d’un accord de paix tant attendu. En le faisant, pourriez-vous vous ouvrir aux messages d’outretombe, paix à leurs âmes, les voix sublimes d’Intallah Ag Attaher, de Baba Ould Cheick El-Moctar Kounta, de Mohamed El Mehdy Ag Attacher El Ansari, d’autres illustres compatriotes qui ne sont plus de ce monde, vous vous ouvrirez aux cris d’outre-tombe de ces milliers de maliens, d’hommes et de femmes brutalement arrachés à la vie, de ces milliers de jeunes arrachés aux joies de ce monde, comme des espérances assassinées, brisées ; vous vous ouvrirez aux cris de détresse de ces milliers de personnes ayant fuit la terre natale et qui attendent le jour ou ils pourront retrouver les leurs. Qu’il me soit permis de remercier les pays voisins qui les ont accueilli dans la tradition d’hospitalité et de générosité. Ce message, celui que je vous délivre, ne voyez pas en lui, le message partisan du chef du gouvernement, mais celui d’un frère investi d’une légitimité octroyée, celle du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, porteur de la Nation malienne dans son ensemble, donc à égale distance par rapport à tous. A mes frères et sœurs, toutes tendances confondues, je vous demande de desserrer les poings, de faire en sorte que le travail pour la paix devienne un service ; que ce service, pour le peuple malien tout entier, se transforme en un don de soi ; que ce don de soi, pour un avenir radieux du peuple du Mali, devienne un sacrifice; que ce sacrifice, pour un idéal qui dépasse nos personnes, provoque en nous un enrichissement moral et spirituel, cet enrichissement nous aide à mieux servir l’intérêt général, celui de toutes les populations maliennes, sans exclusive ; celle du Nord, du centre, du sud, de l’est et de l’ouest. Ces populations maliennes unies dans un élan formidable, n’aspirent qu’à vivre en paix. Mes chers frères, mes chères sœurs, la paix n’a pas que des amis. Je sais que vous saurez résister à la fascination des marchands d’illusion, ceux qui veulent ralentir le cours du processus ; ceux qui se réjouissent de la détresse de leurs semblables. Poursuivez imperturbablement votre chemin vers la paix et la concorde ; un chemin certes rocailleux, mais qui conduit vers des lendemains meilleurs. N’empruntez pas les escaliers dérobés. La sincérité, la vérité de votre comportement vous aidera à refuser de porter le deuil de l’avenir. Vive la paix, vive l’Amour entre les Hommes, vive la Solidarité internationale. Vive le Mali uni et réconcilié avec lui-même. Avec mes remerciements pour votre bien obligeante attention, je vous prie d’accepter les salutations du président de la République du Mali, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita ; celles du Gouvernement du Mali, du Peuple du Mali et les miennes bien fraternelles. • 1er mars 2015 : Paraphe de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali ! Les discussions du 11 février au 1er mars 2015 ont mis fin aux négociations avec la remise par l’équipe de médiation d’une copie de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali aux différentes parties. Et le 1er mars 2015, le gouvernement de la République du Mali, les mouvements de la plateforme ont paraphé le document dans la capitale algérienne. La coordination des mouvements de l’azawad (CMA) n’a pas paraphé l’accord et a demandé un délai supplémentaire pour consulter sa base. > 27 mars 2015 : «Le jeu de «bal masqué» doit cesser» Les éclairages de SEM Abdoulaye Diop à la 496e Réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine Excellence Madame la Présidente du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine, Your Excellency Anne Namakau MUTELO ; Excellence Monsieur le Commissaire en charge de la Paix et de la Sécurité de l’UA, Monsieur le Haut Représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, le Président Pierre BUYOYA; Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Distingués Invités ; Mesdames et Messieurs. Permettez-moi tout d'abord de vous remercier, Madame la Présidente, pour l'aimable invitation qui nous a été adressée à prendre part à la présente réunion consacrée à l'examen du rapport de la Présidente de la Commission sur l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, et de vous dire combien de voir présider le Conseil de paix et de sécurité pour ce mois de mars, qui symbolise l’Indépendance de votre beau pays (21  mars) et le passage de témoin démocratique entre les Présidents POHAMBA et Hage GEINGOB. Je voudrais aussi féliciter la Commission pour la qualité du rapport qui vient de nous être présenté et qui prend en charge les préoccupations du Gouvernement du Mali. La délégation du Mali prend note des conclusions du rapport et voudrait par la même remercier le CPS et la Commission de l’UA pour tous les efforts fournis en vue du règlement de la crise malienne et de la stabilisation du pays. Vous comprendrez que mes premiers mots soient également des mots de profonde gratitude de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, du Gouvernement et de l’ensemble du peuple maliens à l’endroit de notre Organisation commune, l’Union africaine, ainsi qu’à ses 10 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Etats membres pour l’appui multiforme et constant au processus de paix au Mali depuis janvier 2012, date à laquelle a commencé la plus grave crise de l’histoire de notre pays. Dans ce chapitre, j’ai toujours grand plaisir à renouveler la reconnaissance du peuple du Mali en direction du Président Abdelaziz BOUTEFLIKA et du Gouvernement algérien pour l’engagement et le rôle déterminant joué par l’Algérie, en sa qualité de Chef de file de la Médiation internationale, en vue de la restauration de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Mali. Nous saisissons cette occasion pour lui renouveler notre confiance ainsi qu’à toute l’équipe de la Médiation. Il me plait de souligner ici le rôle constructif et actif de l’Union Africaine à travers son Haut Représentant, le Président Pierre BUYOYA dont la sagesse et le franc-parler ont contribué utilement au résultat appréciable atteint lors de ces pourparlers. Je ne peux aller plus loin sans saluer solennellement chaque membre de la Médiation dont la patience, la perspicacité et l’engagement constants aux côtés du Chef de file ont permis des progrès certains vers la paix, la sécurité et la réconciliation au Mali. Je salue particulièrement le rôle pertinent joué par l’Organisation des Nations Unies, l'Union africaine, la CEDEAO, l'Union Européenne, l'Organisation de la Coopération Islamique, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Nigéria, le Niger et le Tchad. Je salue le rôle et la contribution de la France au Mali et tous les sacrifices consentis. J’adresse nos vifs remerciements à toutes les nations amies et organisations internationales partenaires qui ont manifesté leur solidarité vis-à-vis du Mali en envoyant sur le terrain leurs enfants ou leurs experts pour défendre les valeurs qui fondent notre humanité. Je m’incline pieusement devant la mémoire de ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur, au Mali, pour la défense de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie et de l’indépendance du Mali en tant que Nation. Monsieur le président, Comme vous le savez, le Processus d’Alger de dialogue inclusif inter-malien, entamé à Alger le 16 juillet 2014, a connu son aboutissement, le 1er mars 2015 à Alger, avec le paraphe du projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, après huit longs mois de négociations difficiles. Cet accord est le résultat d’une démarche inclusive, impliquant le Gouvernement, la société civile malienne, les mouvements armés dans les régions du Nord du Mali. Les parties à la négociation, à savoir le Gouvernement de la République du Mali, la Plateforme des mouvements d’auto-défense ainsi que tous les membres de l’Equipe de la Médiation internationale dirigée par l’Algérie et la France ont pa- raphé le projet d’accord. Les Etats-Unis d’Amérique ont fait une déclaration de soutien au texte paraphé. Hélas, la Coordination des mouvements de l’azawad (CMA) a refusé, à ce stade, de parapher ce document de compromis :malgré l’engagement qu’elle a pris, le 9 juin 2014, de s’investir pour résoudre pacifiquement le conflit du Nord du Mali à travers un accord de paix global et définitif avec le Gouvernement du Mali ;malgré les nombreux appels au dialogue lancés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Union africaine et la CEDEAO, à travers les résolutions, déclarations et communiqués sur la situation au Mali ;malgré la visite, le 17 mars 2015 à Kidal, de la Médiation pour convaincre la Coordination de ne pas rester en marge du Processus de paix au Mali… Le refus de la Coordination de parapher le projet d’accord favorise les groupes terroristes et de narcotrafiquants dans leurs actions de déstabilisation du Nord du Mali et de toute la région du Sahel, voire au-delà. Par ce refus, la Coordination marque également sa défiance à l’égard de la communauté internationale, car la Médiation représente cette communauté internationale dans le Processus d’Alger, une communauté internationale déterminée à imposer la paix au Mali. En paraphant le projet d’accord, en toute responsabilité et malgré la non prise en compte de son Mémorandum de 12 pages d’amendements remis aux membres de la Médiation internationale, le Gouvernement du Mali a montré sa bonne foi dans la recherche de compromis dynamiques permettant de parvenir à une paix juste et définitive à la crise que traverse notre pays, et cela dans le respect strict des principes et des valeurs fondateurs de la République du Mali, en particulier une nation malienne forgée le long des siècles et restée une et indivisible : l’intégrité territoriale, la souveraineté, le caractère unitaire de notre État du Mali, sa forme républicaine, démocratique et laïque. Par cet acte, le Gouvernement du Mali a voulu signifier la détermination du Président Ibrahim Boubacar KEITA pour la recherche d’une solution par le dialogue et sa disponibilité à consentir les sacrifices nécessaires pour la paix. Pour le Gouvernement de la République du Mali comme pour la Médiation internationale, le paraphe du projet d’accord met ainsi fin aux négociations et gèle en même temps le texte, en vue de la signature au Mali, pour ouvrir ainsi la voie à la phase de mise en œuvre. Le projet d’accord paraphé a été accueilli favorablement par la grande majorité des Maliens. Aussi, le Gouvernement de la République du Mali attire l’attention de l’Equipe de Médiation et de toute la Communauté internationale, y compris le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine sur l’urgence d’agir pour amener la Coordination à prendre ses responsabilités pour éviter une détérioration de la situation, dans le contexte des agissements de ceux qui n’ont pas intérêt à la paix. Dans tous les cas de figure, pour le Gouvernement du Mali, le temps des tergiversations et des manœuvres dilatoires est terminé. Le temps demeure notre principal ennemi. Il faut aller à la signature de l’Accord et à sa mise en œuvre rigoureuse pour sortir le pays de cette crise qui n’a que trop duré, avec tant de souffrances et de pertes en vues humaines, avec son lot de populations déplacées et de personnes réfugiées vivant - 11 MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Brève chronologie de la médiation dans des conditions inhumaines. Nous devons nous atteler à une lutte acharnée contre nos vrais ennemis que sont le terrorisme, la criminalité transfrontalière et transnationale organisée, la misère et la pauvreté. Mesdames et Messieurs, Le temps n’est pas avec nous. L’absence d’accord comporte des risques énormes que les ennemis de la paix sont déjà en train d’exploiter. Au cours de ce seul mois de mars 2015, la ville de Bamako a été frappée par le attentat terroriste le 7 mars ayant causé la mort de cinq personnes. Les villes de Gao et de Kidal ont été visées le lendemain par des tirs de roquettes. Le statu quo actuel nous expose à la recrudescence de la violence dont personne ne peut prédire l’issue. Les groupes terroristes et de narcotrafiquants sont déterminés à faire dérailler le processus de paix. Nous ne pouvons leur laisser le champ libre. C’est pourquoi, nos frères des mouvements de la Coordination doivent faire un choix clair et déterminé pour donner une chance à la paix. Nous savons que parmi nos frères, beaucoup aspirent à la paix mais leur voix demeure inaudible, à côté de celle des radicaux, de quelques individus qui, pour des raisons inavouées, instrumentalisent les populations pour faire croire à la communauté internationale que leur « base » a rejeté l’Accord. Non, nous ne sommes pas dupes ; le Conseil de paix et de sécurité ne sera pas dupe. Le jeu de « bal masqué » doit cesser. Chacun doit désormais être mis devant ses responsabilités et en assumer les conséquences. Des individus ne peuvent pas prendre en otage le processus de paix, les Maliens et la communauté internationale. Je suis venu ici pour demander le soutien de l’Organisation continentale et de ses Etats membres au Processus de paix au Mali, car ce qui se joue dans notre pays est une lutte légitime du peuple malien dans son ensemble, conformément aux principes de l’Union africaine, pour son unité, l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale du Mali, la forme laïque, républicaine et unitaire de l’Etat du Mali. Je demande également au Conseil : de faire siennes les conclusions et recommandations du Rapport de la Commission de l’Union africaine sur le Mali ; de rappeler aux Parties les engagements pris et les règles à respecter, reconnaitre les avancées et les acquis, s’engager de bonne foi ; d’apporter son plein appui à l’Accord paraphé ;d’exercer les pressions nécessaires et demander aux mouvements qui ne l’ont pas encore fait, à parapher l’Accord sans délai en vue de sa signature à Bamako courant Avril 2015 ;le cas échéant, de demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de se saisir d’urgence de la question afin d’apporter son plein appui à la médiation et à l’Accord paraphé, à l’effet de permettre aux parties de procéder à sa signature courant Avril 2015, c'est notre souhaite et notre demande et, au besoin, envisager des mesures, y compris des sanctions ciblées contre ceux qui font obstacle à la paix, conformément à sa Déclaration du 6 février 2015. Je sais que le peuple malien peut continuer à compter sur les peuples frères d’Afrique que vous représentez ici, car nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’alternative à la paix. Un retour en arrière n’est possible ni acceptable. L’Union africaine et son Conseil de paix et de sécurité doivent désormais montrer à la communauté internationale la voie à suivre pour une paix définitive au Mali et dans la région du Sahel. Je vous remercie de votre aimable attention. • 14 mai 2015 à Alger : Paraphe de l’accord par la Cma Après plusieurs semaines d’hésitations, les responsables de la Cma paraphent l’accord, le 14 mai 2015 à Alger en présence de l’équipe de médiation. Les responsables de la Cma refusent de participer à la cérémonie de signature en exigeant l’ouverture des nouvelles discussions pour la prise en compte de leurs amendements. • 15 mai 2015 à Bamako : Signature de l’Accord de Paix et de Réconciliation Nationale sous la Présidence de Ibrahim Boubacar Keita, en présence de plusieurs hautes personnalités venues du monde entier, autant de témoins oculaires d’une cérémonie historique. • 20 juin 2015 : Cérémonie de signature de l’Accord par le gouvernement malien et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). 12 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Reportage : la Signature des Accords de Paix de Bamako Le 15 mai 2015 à Bamako Le 15 mai 2015 à Bamako est à marquer d’une pierre blanche. Tout, ce jour, était différent : la circulation, l’atmosphère, les regards…Tout baignait dans une gravité remarquable. Il y avait de quoi ! Il fallait approcher le Centre International de Conférence de Bamako, pour savoir qu’un évènement majeur se préparait. Ce vendredi saint, tous les cœurs étaient à l’unisson pour la paix, le terme d’un conflit imposé, qui ternit l’image du pays, qui annihile ses efforts pour le développement. Les maliens de l’intérieur comme de l’extérieur se sont retrouvés, qui dans la salle de conférence archi comble, qui devant la télévision ou l’ordinateur par satellite pour ne pas perdre une minute d’une cérémonie historique. Ce jour, 15 mai 2015 à Bamako, devait se dérouler la signature d’un accord qui a tenu tout le monde en haleine pendant plus d’un an : l’ACCORD POUR LA Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Dans la salle, soucieux du moindre détail, Abdoulaye Diop Ministre des Affaires Etrangères, et Chef de la Délégation malienne aux pourparlers d’Alger ne tenait pas en place, recevant les invités, congratulant par ici, glissant des mots de circonstance par là. La salle de CICB elle-même était transfigurée, toute solennelle. Diarra Diakité, Maître de cérémonie, triturait nerveusement ses fiches, vérifiant le moindre détail avec Madame Camara, responsable de la Communication du ministère des Affaires Etrangères. Pour une cérémonie solennelle, on pouvait difficilement trouver mieux. A défaut, ils se sont fait représenter à un très haut niveau. Ainsi, on pouvait remarquer la présence de l’honorable Moustapha Niasse, Président de l’Assemblée Nationales Sénégalaise, qui représentait le Président Macky Sall, Abdel kader Ben Sallah, Représentant le Président algérien Abdelaziz Boutéflika. Ce qui était le plus frappant dans la salle, l’ordre et une discipline inhabituelle dans ce genre de regroupement. Sur tous les visages, la satisfaction de se retrouver là, la même espérance d’une paix, une soif infinie de réconciliation, une envie terrible tourner la page sombre de notre histoire récente. Sortir du cauchemar dans lequel le Mali eternel était plongé depuis près de deux ans. Si l’espoir était de mise, une sourde inquiétude était également perceptible, du fait de l’absence à la signature d’une partie importante du conflit, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui, encore une fois, se singularisait. Mais comme ce groupement avait, la veille finalement paraphé l’Accord à Alger, l’espoir était donc permis. Ce sentiment était du reste conforté lors de l’apparition d’un Président Ibrahim Boubacar Keita des grands jours, conscient de vivre un jour historique pour le Mali, heureux de le partager avec ses pairs qui ont fait le déplacement de Bamako pour témoigner leur soutien et réconfort au peuple malien. Une longue et enrichissante cérémonie A l’appel du Président malien Ibrahim Boubacar Keita, plusieurs Chefs d’Etas de Gouvernements, et d’illustres personnalités venues du monde entier ont répondu à l’appel. Citons, entre autres les Présidents Robert Mugabé du Zimbabwé, Président en exercice de l’union Africaine, John Dramani Mahama du Ghana et Président en exercice de la CEDEAO, Alpha Condé de Guinée-conakry, Allassane Dramane Ouattara de la Côte D’Ivoire Mahamadou Issoufou du Niger, Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie, Paul Kagamé du Rwanda, Goodluck Jonathan du Nigeria, Faure Eyadema du Togo, Michel Kafando du Burkina Faso. A l’évidence, de nombreux autres chefs d’Etats Africains auraient souhaités participer à l’événement. A - Deux interventions liminaires ont marqué l’ouverture de la cérémonie 1. SEM Abdoulaye Diop, dans son discours de bienvenue a, au nom du Président de la République remercié tous les participants, surtout étrangers. Selon lui, « Apres tant de souffrance, les fils du Mali ont décidé de fumer le calumet de la Paix. » Son mot « bienvenue » dans de nombreuses langues a été de plus bel effet. 2. SEM Ramtane Lamamra, Ministre des Affaires Etrangères de la République Démocratique et populaire d’Algérie, Chef de file de la médiation a rendu un hommage appuyé à la Mauritanie, au Niger, au Tchad, aux Etats-Unis d’Amérique, - 13 MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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la France, l’union Africaine, Organisation de la Communauté Islamique, l’Union Européenne, l’Organisation des Nations-Unis, dont l’appui a été déterminante pour mener à bonne fin la médiation algérienne. B - La signature proprement dite du document au nom du Mali par le ministre Abdoulaye Diop, suivie de celle des représentants des parties et de la médiation internationales, sous les applaudissements nourris de l’assistance, suivie de l’allocution des signataires. C - Une série d’allocutions, toutes aussi intéressantes et qui sont autant d’appels pour le respect des engagements pour le retour d’une paix définitive et durable, dans la sécurité, la stabilité politique et la cohésion nationale. Tour à tour, d’illustres intervenants : - Abdel Kader Bel Sallah, au nom du Président Boutéflika - Honorable Moustapha Niasse, du Sénégal - Le Président Alpha Condé de Guinée - Madame Bisa Williams, sous-secrétaire adjointe américain aux Affaires Africaines ; - Bajan Ag Amatou, Représentant des Autorités traditionnelles de Kidal, Tombouctou, Mopti, Gao - Kadré Désiré Ouédraogo, Président de la Commission de la CEDEAO - Madame Michaelle Jean, Secrétaire Générale de l’Organisation Internationales de la Francophonie ; - Madame Annick Girardin, Secrétaire d’Etat français au Développement et la Francophonie - Hervé Ladsou, Secrétaire Général Adjoint de l’ONU, Représentant de Ban Ki Moon, Secrétaire Général - Michel Révérend de Menton, Représentant de l’Union Européenne - Djibril Bassolé, Représentant de l’OCI - Erassmus Mwencha, Vice-président de la Commission de l’Union Africaine - Le Président Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie - Le Président John Dramani Mahama du Ghana - Le Président Robert Mugabé du Zimbabwé Ils ont dit… Message du Secrétaire Général Ban Ki-moon Lu par M. Hervé Ladsous, Sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix parties restantes se rallieront bientôt à cette paix afin que le Mali puisse renouer enfin avec la stabilité politique et le développement économique. Afin que ce premier pas nous mène à l’établissement d’une paix durable, il nous semble que quatre principes vont devoir gouverner les prochaines étapes: le dialogue doit continuer avec les groupes qui ne sont pas ici aujourd’hui ; la possibilité qu’ils signent l’accord de paix à une date ultérieure doit rester ouverte ; et le fait que seules certaines des parties signent l’accord de paix aujourd’hui ne peut en aucun cas servir de prétexte à la reprise d’opérations militaire contre les non-signataires. Le cessez-le-feu et ses mécanismes de gestion devront donc rester en place, et les parties devront respecter leurs engagements à cet égard. Les modalités de mise en œuvre de l’accord devront être revues afin de lancer la mise en œuvre des aspects qui peuvent être appliqués dès à présent et surtout, privilégier la mise en œuvre des aspects à mêmes de favoriser l’établissement d’un environnement propice à la signature de l’accord par toutes les parties. Les Nations Unies demeurent convaincues que l’établissement d’une paix durable est possible. Mais cela nécessite le concours et la bonne foi de toutes les parties. Les actes sont plus éloquents que les paroles. Les semaines et les mois à venir nous diront si les parties ont le courage de faire les gestes nécessaires à l’établissement de la confiance, au ralliement de tous les Maliens derrière l’accord de paix et à la pleine mise en œuvre de cet accord. Le Mali est face à un moment décisif. Je demande instamment au Gouvernement et aux groupes armés de saisir cette occasion historique : la population civile a fait preuve d’une prodigieuse résilience, les Maliens ont besoin que vous fassiez preuve de leadership, que vous surmontiez ces divisions et œuvriez ensemble à l’établissement de la paix et au développement du pays. Enfin j’aimerais invoquer le souvenir des victimes du conflit : nous leur devons d’assurer le succès de cette nouvelle page de l’histoire du Mali. Je vous remercie. Excellences, Mesdames et Messieurs, Je félicite le Gouvernement du Mali, les groupes armés présents aujourd’hui, l’Algérie et tous les membres de la Médiation internationale pour ce texte équilibré et novateur, porteur d’espoir pour l’avenir du Mali, qui est le fruit de dix mois d’intenses discussions à Alger. Nous l’avons tous dit : le texte n’est pas parfait, mais constitue une excellente base pour la poursuite du processus de paix inter-malien. Je déplore qu’en dépit de tous ces efforts, de graves violations du cessez-le-feu aient été commises de toutes parts ces dernières semaines. Ces actions sont inacceptables. J’appelle toutes les parties à rétablir le cessez-le-feu immédiatement et à reprendre le dialogue pour le consolider. Je regrette qu’une des parties au conflit ne soit pas présente aujourd’hui. La cérémonie d’aujourd’hui marque un pas important du long chemin vers la paix. Mais ce n’est qu’un pas, et nous avons confiance que les 14 - MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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Ils ont dit… La Secrétaire générale de la Francophonie salue la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation La Secrétaire générale de la Francophonie, Son Excellence Madame Michaëlle Jean, salue la signature le 15 mai 2015 à Bamako, de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. «La signature de cet accord est une étape essentielle pour la sécurité et la stabilité non seulement au Mali mais dans toute la région, voire le continent. Elle marque un tournant décisif pour le rétablissement durable de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire malien afin de créer les conditions d’un développement socio-économique porteur de croissance», a déclaré la Secrétaire générale, invitée à la cérémonie de signature où de nombreux chefs d’État et de gouvernement et d’organisations internationales étaient également présents. Michaëlle Jean exhorte toutes les parties à cet accord à maintenir la dynamique de dialogue et de consensus pour assurer sa mise en œuvre intégrale. La Secrétaire générale félicite la médiation internationale, conduite par l’Algérie, pour son action déterminante qui a contribué à l’aboutissement des négociations inter-maliennes. Elle encourage la communauté internationale à soutenir pleinement la mise en œuvre de cet accord. Michaëlle Jean réitère l’engagement de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à poursuivre son appui en faveur du processus de consolidation de la paix au Mali. pacifiques et signer l’accord dans un avenir proche - le peuple malien mérite la paix et ne peut attendre indéfiniment. Alors que nous nous retrouvons pour commémorer cette étape importante dans le processus de paix, nous reconnaissons qu’aucun document ne peut répondre à toutes les doléances ou résoudre tous les différends. Par contre, cet accord établi un cadre important pour les parties prenantes de pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt du peuple malien. En effet, le travail à faire pour assurer la signature de toutes les parties et mettre en œuvre les aspects de gouvernance, le développement, et de sécurité de cet Accord sera au moins aussi difficile que le chemin de huit mois qui nous a conduit ici. Pour traduire cet accord en une paix durable toutes les parties devront faire preuve de volonté de négocier, de faire des compromis et de résoudre leurs différends par le dialogue, plutôt que par la violence. Nous appelons toutes les parties à rétablir et maintenir le cessez-le-feu. Aucune provocation et violation du cessez-le-feu ne peut être acceptée. Les Etats-Unis d’Amérique continueront à soutenir le peuple maliens tout au long de cette période importante et au cours des années à venir. Nous sommes engagés à travailler ensemble pour soutenir une paix durable, le retour des services de base dans le nord, le développement économique de tout le Mali, et la réconciliation nationale sincère de tous les Maliens. Bert Koenders, Ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas et Ancien RSSG Minusma, Mme Bisa William, sous Secrétaire adjointe américain aux affaires africaines Au nom des États-Unis d’Amérique, je félicite le peuple malien pour la cérémonie de signature d’aujourd’hui. Cet accord de paix - produit de huit mois de négociations et soutenu par de nombreux partenaires internationaux du Mali - représente les aspirations du peuple malien à vivre en paix. Nous reconnaissons les parties qui ont signé l’accord aujourd’hui et nous exhortons ceux qui ne l’ont pas fait à redoubler leurs efforts Aujourd’hui a été posée la première pierre pour un nouveau Mali. Il s’agit d’un pas essentiel vers la paix, la sécurité et le développement durable – non seulement pour le Mali, mais pour la région du Sahel. La communauté internationale s’est engagée avec une énergie implacable pour arriver à cet Accord. Aucun effort n’a été ménagé pour éviter l’échec de ce processus de paix. J’adresse toutes mes félicitations et toute ma gratitude à l’Algérie pour son leadership dans ce processus. Cet Accord permettra de passer à une prochaine étape dans la stabilisation et le développement du Mali en général et celui des régions du nord et du centre en particulier. Je suis plein d’espoir que les groupements qui n’ont pas signé aujourd’hui, signeront dans les meilleurs délais. Une solution inclusive est essentielle. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui ont montré et continuent à montrer leur volonté d’aller vers la paix. La situation sur le terrain reste très fragile. Il est impératif que toutes les parties respectent le cessez-le-feu. Les modalités de mise en œuvre de l’Accord devront être établies et mises en œuvre de façon approfondie, sous l’égide du Comité de Suivi. - 15 MALI DIPLOMATIE - Magazine d’Informations de l’Ambassade du Mali en France, Portugal, Monaco et Vatican - HORS SÉRIE

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