Sauvegarde Info Mai 2015

 

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SAUVEGARDE INFOS ! Image extraite des archives de l’association (1937) 2015, année du 80ème anniversaire SOMMAIRE EDITO P. 1 POLE MILIEU OUVERT P. 2 à 7 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS P. 8 à 13 POLE MAISON D’ENFANTS P. 14 à 18 Lorsque le groupe Ethique a été créé, l’association lui a confié entre autres missions celle de l’interpeller sur les sujets collectifs faisant l’objet de saisines concordantes. C’est ce qu’il vient de faire, et je lui en sais gré, sur un sujet qui met en cause la gouvernance : l’association est perçue comme trop exclusivement préoccupée par la gestion, elle est devenue bureaucratique et ne prend pas en compte le sens des missions et les difficultés que rencontrent les salariés à les remplir. J’ ai été particulièrement sensible à cette interpellation pour tout un ensemble de raisons : d’abord parce que je redoutais cette vision de dirigeants « la tête dans le guidon » qui me parait absolument contraire à l’esprit associatif et dont justement il avait été explicitement demandé au groupe éthique de nous prémunir ; ensuite parce que le poids de la gestion n’est pas prêt de s’alléger, qu’elle concerne les ressources humaines, financières et immobilières, et qu’il ne faut donc pas attendre de répit sur ce plan ; enfin parce que les administrateurs partagent la même insatisfaction née d’un déséquilibre entre leur préoccupation première, la réalisation du projet associatif, et le trop peu de temps qu’on y consacre lorsque les problèmes de gestion ont été traités. On peut bien sûr dire que cette critique n’est pas totalement fondée, et il y aurait de nombreux exemples à donner qui montreraient que le projet et les valeurs associatives imprègnent les décisions de gestion. Mais ils ne sont pas toujours connus, sans doute parce que trop éloignés des préoccupations de terrain ou insuffisamment expliqués. Cette réponse n’est donc pas satisfaisante et pose une question beaucoup plus large, qui tra- ASSOCIATION P. 19 à 24 Conférence, formation, Assemblée Générale... verse l’association dans sa gouvernance mais aussi dans l’exercice de ses missions. Quel est le juste équilibre dans la prise de décision entre d’un côté l’écoute des acteurs de terrain mais aussi des jeunes et de leurs familles, et de l’autre un acte personnel qui fait appel à sa propre expérience mais aussi à sa subjectivité ? La crédibilité suppose des arguments mais aussi un style, un libre arbitre, une personnalité propre. Être simultanément démocrate et autocrate... Le jeu peut paraître trouble pour qui prétend éduquer ou gouverner. Docteur Freud n’affirmait-il pas qu’il existe trois métiers impossibles : éduquer, soigner et gouverner ? Ce dont je suis convaincu, c’est que la réponse à l’interpellation du groupe éthique doit devenir une préoccupation majeure de l’association. Elle passe sans doute par des pratiques simples et de bon sens qui contribuent à rapprocher la décision de l’action, à simplifier et à resserrer, à communiquer avant mais aussi après. Elle doit concerner tous ceux qui sont impliqués dans la vie de l’association. • Directeur de publication : • Rédaction : B. J ULLIEN - E. BERTRAND - A. BAKLI - O. HUGUET - C. JEANROCH G. FRANCISCO - F. BONNISSOL - Y. TULOUP - C. DREVET - S. LAMBOURG • Graphisme / mise en page : Manon SERVY Jean-François MEUNIER • Impression : Pr oxi-Print SAUVEGARDE 42 94 rue Gabriel Péri 42100 ST-ETIENNE directiongenerale@sauvegarde42.fr Bertrand JULLIEN Président N° 140 MAI 2015 1

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N°140 MAI 2015 POLE MILIEU OUVERT - SEMO GIER PROJET GRAFF ! Dans le cadre des mesures éducatives que nous exerçons, nous avons peu souvent l’occasion de réunir les mineurs suivis, autour de supports éducatifs permettant la mise en œuvre d’une dynamique de groupe. L’expression artistique laisse place à des moyens de communication différents de ceux de l’entretien. Grâce aux talents d’un collègue en la matière, nous avons construit un projet Graff au sein duquel l’outil « peinture » a permis à six adolescents de poser une marque, « leur » marque, dans le cadre de la décoration des locaux du service qu’il s’agissait d’investir et surtout de rendre plus vivant. En décembre 2014, un vaste chantier a joyeusement perturbé les habitudes du service sur deux journées destinées à la réalisation d’une fresque murale. La fresque réalisée se situe sur un lieu de passage, régulièrement fréquenté par les familles que nous accompagnons. Le choix de cet espace réservé à la réalisation de la fresque a été important dans la mesure où il a permis aux jeunes d’aller au-delà d’une feuille, d’une toile, de dépasser les limites imposées par la dimension de leurs mains, de leurs bras. Les jeunes ont pu mesurer que les lignes pouvaient bouger tout en s’inscrivant dans un travail de groupe avec une réflexion préalable sur le recueil de leurs idées et l’établissement d’une maquette symbolisant leur expression individuelle et collective. Ce projet s’est achevé par un temps d’inauguration mettant à l’honneur les artistes et permettant à leurs familles comme aux différents membres de l’association et collègues de découvrir l’œuvre réalisée en lien direct avec les auteurs. Nous remercions vivement les six graffeurs qui ont participé à ce projet dont la réussite est à l’image de leur investissement, de leur énergie positive et de leur talent. L’ équipe du Gier 1 2

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N°140 MAI 2015 POLE MILIEU OUVERT - SEMO FEURS IMPLICATION AU GROUPE REGIONAL. Comme chaque année, plusieurs salariés du SEMO ont participé aux Assises du CNAEMO : Fadila MEZERAÏ (éducatrice spécialisée, équipe du soleil), Corinne BORY (éducatrice spécialisée, équipe de Feurs), Magalie BOURDELIN (éducatrice spécialisée, équipe de Feurs), Abdelkrim BAKLI (Chef de service éducatif, équipe du soleil). Ces 35èmes Assises se sont déroulées les 18, 19 et 20 mars 2015 à Narbonne autour du thème : « AED, AEMO, contrôle social des pauvres ? » Au programme, plusieurs conférences et temps d’échanges… Au-delà de la participation annuelle aux Assises, je rappelle que le SEMO est impliqué dans le groupe régional qui réunit des professionnels de plusieurs institutions exerçant des mesures d’AEMO et/ou d’AED en région RhôneAlpes. Ce groupe se réunit une fois par mois et alimente les réflexions du Carrefour National, permet de croiser les pratiques, de faire émerger certaines pistes de travail communes… Pour rappel, le groupe régional avait organisé, en novembre 2013 à Lyon une journée d’étude sur les contours de l’adhésion entre AEMO et AED. Plusieurs salariés de la Sauvegarde y avaient participé. Pendant de nombreuses années, l’engagement du SEMO dans ce groupe régional a été porté par plusieurs salariés, principalement des équipes de l’Ondaine et d’Andrézieux. Depuis début 2014, Corinne BORY est la seule représentante du SEMO au sein du groupe régional. Etant pour ma part chargé, en lien avec les Directrices du Pôle Milieu Ouvert, de porter une attention particulière aux questions relatives au CNAEMO et notamment à la participation au groupe régional, il me parait important de préciser que je suis, tout comme Corinne, à votre disposition pour échanger avec vous, répondre autant que possible à vos questions, et peut-être donner à certains d’entre vous l’envie de participer au groupe régional… Eric BERTRAND Chef de service référent Antenne de Feurs POLE MILIEU OUVERT - SEMO ROANNE ASIJED Quelques lignes sur la Mission ASIJED (Accompagnement Social Individuel des Jeunes En Difficulté) qui reste d’actualité sur le territoire roannais. Une équipe de 3 travailleurs sociaux (Agnès PEURIERE, Julie BUTIN et Isabelle BOURNEZ) poursuit la mission d’insertion en proposant un accompagnement global à des jeunes majeurs entrés dans ce dispositif. Majoritairement, ces jeunes sont suivis par la Mission Locale, et l’objectif est de lever les freins à leurs difficultés d’insertion, en les soutenant dans leurs démarches (santé, ressources, logement…) mais aussi dans leur posture de jeunes adultes (valorisation, écoute, appui personnalisé, élaboration sur leurs parcours, leurs souffrances, …). Isabelle PERNIN, psychologue, intervient sur les réunions bi-hebdomadaires, pour accompagner la réflexion de l’Equipe Insertion, et Zineb CHENNAFI assure son secrétariat. En 2014, l’activité, a été en conformité avec la Convention signée avec le Conseil Général et la CAF, pour 12 jeunes suivis en file active. Une plaquette a été réalisée par l’Equipe à destination des jeunes et des partenaires. Corinne BERTRAND Chef de Service Insertion Voir plaquette de présentation dans les pages suivantes 3

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N°140 MAI 2015 POLE MILIEU OUVERT - SEMO ROANNE SERVICE INSERTION La Sauvegarde 42 a répondu à un marché public du Conseil général sur une mission d’insertion professionnelle de publics en difficulté. Nous avons obtenu le financement de 3 postes sur Roanne. Ce dispositif est cofinancé par le Fonds Social Européen. Le marché est de 3 ans renouvelable tous les ans. Stéphanie Denis, Muriel Nicolas et Claire Veillas, ont été recrutées en CDD jusqu’en décembre et seront ensuite en CDI. Elles sont placées sous l’autorité hiérarchique de la directrice de pôle et sous l’autorité technique de Mme Fattelay responsable local d’insertion du Département et de Mr Samuel Jabrin recruté par la communauté d’agglomération pour coordonner le dispositif. Ces trois salariés rejoindront donc l’équipe insertion composée d’agents du Département, de la MIFE et du CCAS. Elles auront pour mission l’insertion professionnelle des bénéficiaires qui leur seront adressés par le Département ou par Pôle Emploi. La synergie entre les acteurs, le travail d’équipe, le travail individuel sont les trois points d’entrée pour lever les freins à l’emploi et accompagner dans les projets professionnels. Les salariés du service de Roanne ont fait un très bon accueil à leurs nouvelles collègues chargées d’une mission différente mais toujours au service de la personne et de l’humain. Je les en remercie et souhaite réussite aux salariées et à ce projet. Sylviane LAMBOURG Directrice du Pôle Milieu Ouvert 6

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE CLAIRE, OU L’ACCOMPAGNEMENT D’UNE ADOLESCENTE A FLEUR DE PEAU. Il était une fois l’éclosion de Claire ou l’histoire d’une subjectivation devenue un jour possible après de nombreuses tentatives. Claire nous a été adressée par un service de milieu ouvert qui nous sollicitait pour venir compléter l’étayage déjà en place autour d’elle. Claire était décrite comme une adolescente de 16 ans d’une extrême fragilité. A l’âge de 8 ans, elle fuguait, à l’âge de 13 ans elle faisait sa première tentative de suicide. Entre temps, mesure éducative et soins psychiatriques se mettaient en place. Claire vivait avec ses 2 parents et sa petite sœur. Elle exprimait tant son besoin d’être séparée de ses parents (demande un placement par exemple) et mettait en scène dans le même temps un collage massif à ces derniers la conduisant à ne quasiment plus sortir du domicile hormis pour rencontrer son petit ami et participer à 2 entrainements hebdomadaires de basket. Claire était totalement déscolarisée. Nous comprenions que les liens familiaux étaient régis par la position narcissique paradoxale illustrée par le célèbre « vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel » (G. DECHERF). Le placement à l’Escale se logeait au cœur de cet inextricable dilemme : permettre à Claire de rester au domicile parental, tout en créant des espaces d’ouverture, de respirations en dehors. Après étude et analyse des éléments transmis dans le dossier de candidature par le service demandeur en équipe pluridisciplinaire, nous proposions un entretien de pré admission au cours duquel le travailleur social référent de la situation de Claire précisait ses attentes. Claire, quant à elle, n’était pas en mesure d’énoncer des attentes ou des objectifs à sa venue à l’Escale. Elle déposait durant cette rencontre une présence/absence empreinte de toute sa souffrance psychique, sa fragilité, son effacement. Décision était prise de l’admettre au sein de l’Escale et le Juge des enfants prononçait un placement de 3 mois renouvelable une fois en validant le Projet Educatif Personnalisé rédigé pour Claire et qui précisait, en autres, les objectifs suivant : • • • Lui offrir un lieu d’accueil éducatif étayant, bienveillant et valorisant pour qu’elle puisse penser à elle et renouer avec une forme de réalité sociale (reprendre un rythme de vie adapté à son âge, éviter l’oisiveté, travailler la régularité et la continuité) et opérer une mise à distance d’avec son quotidien et des manifestations de sa souffrance (sortir du domicile parental) ; L’accompagner dans les enjeux liés à l’adolescence en termes de séparation, d’individuation, d’autonomisation relationnelle et affective dans le lien parental ; Participer à des ateliers et des chantiers éducatifs afin de préciser ses centres d’intérêt et envisager son avenir. Claire était prise en charge par l’hôpital en séquentiel (une semaine par mois) et en hôpital de jour (deux demi-journées par semaine). Ses venues à l’Escale venaient donc compléter ces temps de prises en charge soignantes à raison d’un jour sur deux. Ses temps d’accueil à l’Escale restaient maintenus lors de ses hospitalisations et des concertations régulières (1 fois par mois) avaient lieu. L’éducateur d’AEMO constituait notre « fil rouge », notre porte d’entrée dans cette situation, notre interlocuteur privilégié, celui qui était là avant, qui sera là pendant et qui restera après…. Suite page 8 7

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE CLAIRE, OU L’ACCOMPAGNEMENT D’UNE ADOLESCENTE A FLEUR DE PEAU (Suite) UN SEMIS EN HIVER, OU COMMENT FAIRE ESCALE: Claire arrive en hiver, nous semons cependant des petites graines dans l’espoir de les voir germer prochainement ! Ainsi, nous accompagnons Claire dans un repérage géographique de l’Escale en faisant avec elle le trajet à partir du domicile parental. Une matinée entière en prise en charge individuelle pour tenter de tisser le lien… avant qu’elle ne rejoigne le groupe. Nous étions partis pour 3 mois d’accueil et Claire sera finalement restée 9 mois (placement renouvelé pour 6 mois) en notre sein. Concrètement, Claire a bénéficié pendant son accueil à l’Escale de : • ∗ ∗ ∗ ∗ • 24 prises en charges collectives 3 sorties à la journée (accrobranche, les Iléades, bowling) ; 17 ateliers éducatifs : vie quotidienne 6 ; bricolage 6 ; randonnée 1 ; activités manuelles 1, jeux de société 1, atelier d’expression 1, sortie VTT 1; 4 chantiers éducatifs : chantiers cuisine 3, espaces verts 1 ; Et 24 repas collectifs. 17 prises en charge individuelles ; Accompagnements mairie, BIJ, Planning Familial, Mission Locale, recherches de stages, Chambre des Métiers et de l’Artisanat (tests et restitution), CFPPA de Montravel, repas extérieur, visite à domicile, portrait chinois, atelier « on se parle », entretiens éducatifs… • 2 stages ; Mais également dans le cadre du partenariat inter-institutionnel : 5 hospitalisations séquentielles (soit 5 semaines), 4 concertations au CHU (AEMO, Escale, Hôpital de jour, pédopsychiatrie unité pré ado, CMP), 2 audiences Juge des Enfants, 1 DIPC et 2 synthèses à l’Escale, des échanges réguliers avec ses parents. LE TERREAU, L’ARROSAGE ET LA LUMIERE : LE MAILLAGE PARTENARIAL OU QUAND L’ESCALE OFFRE UNE SERRE, UN CONTENANT : Claire vient à l’Escale régulièrement et elle est ponctuelle. Elle participe mais se limite à exécuter les consignes, prenant peu d’initiatives. Elle est effacée dans le groupe mais se montre très observatrice en silence. Elle évoque peu sa situation personnelle et familiale, répondant aux questions qui lui sont posées mais n’alimentant pas les échanges. Petit à petit, la relation s’installe, puis la relation de confiance et Claire s’ouvre davantage, s’autorise, questionne, s’alimente, s’identifie. Ce mouvement est certes timide mais bien présent, fragile comme elle, à protéger et à encourager, à soutenir. A quoi ce mouvement tient il ? Ces premiers petits pas augurent ils d’un chemin qui s’ouvre devant elle ? Que trouve-t-elle à l’Escale (?), à ce moment particulier (?), dans nos cadres de PEC (?), dans le lien avec nos professionnels (?)… A quelle place nous met-elle ?... Notre hypothèse de travail est la suivante : L’Escale lui offre une SERRE, une structure, un contenant qui va abriter Claire dans toutes ses dimensions (Claire dans sa famille, Claire dans sa souffrance, Claire dans son désir de grandir, Claire dans son désir de régresser, Claire dans ses relations aux autres et au monde…). Telle une serre, l’Escale la protège des éléments climatiques et permet sa croissance comme un dedans au dehors (du domicile parental). Suite page 9 8

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE CLAIRE, OU L’ACCOMPAGNEMENT D’UNE ADOLESCENTE A FLEUR DE PEAU (Suite) A partir de ce « ventre » extérieur au ventre parental, Claire s’apaise et le maillage partenarial (AEMO, équipe soignante, parents, juge des enfants) devient dynamique puisque Claire s’anime et prend appui. La synergie opère et d’autres partenaires se greffent (Mission locale, maîtres de stage, dispositif AEMO renforcée, CFPPA Montravel…). Cette serre c’est finalement ce qui vient lutter contre les angoisses de morcellement, d’effondrement et de mort qui traversent Claire. Cela rassemble aussi bien Claire que les personnes et institutions présentes autour d’elle. La serre permet aux morceaux de se recoller en somme, au-dedans et au dehors, mais autrement… et ça tient ensemble. LA GERMINATION, OU QUAND LE PRINTEMPS ARRIVE : La contenance ainsi obtenue ouvre un espace, un espace pour Claire, un espace psychique, dans une dimension nouvelle : Claire, en tant que sujet, dans un projet d’avenir. L’Escale a offert à cette adolescente un espace pour elle, certes dans toutes ses dimensions et dans tous ses liens, mais dont la porte d’entrée centrée uniquement sur elle a permis d’opérer une prise de distance d’avec les enjeux familiaux notamment… Très rapidement, la situation de Claire évolue : une autre graine a germé : Claire est enceinte. Nous l’accompagnons au Planning Familial afin qu’elle dispose d’un espace personnel d’information et de réflexion quant à la suite qu’elle décidera de donner à cette grossesse. Concernant ce point, nous nous sommes limités à cet accompagnement et avons poursuivi nos prises en charge selon les objectifs définis initialement. Claire, après avoir longuement hésité, a décidé finalement, sur le fil du délai légal de recours à l’IVG, d’interrompre sa grossesse. La grossesse est-elle venue se loger à l’intérieur de l’espace nouvellement ouvert en elle ? Constituait-elle un moyen de s’émanciper des liens avec ses parents pour construire des liens conjugaux et parentaux à son tour ? S’agissait-il du seul moyen dont elle disposait pour grandir et gravir les échelons des générations ? S’agissait-il de lui fournir une place, un rôle, un statut autre dans l’organisation familiale ? Fallait-il combler un vide trop angoissant ? Ses parents rejetaient massivement cette grossesse tandis que son petit ami la désirait ardemment. Suite à l’annonce de sa décision d’avorter, le couple se sépare. C’est à ce moment là que le Juge des Enfants renouvelle le placement de Claire à l’Escale pour 6 mois et prononce au même moment une injonction concernant la poursuite des soins ainsi qu’une préconisation de thérapie familiale. Claire continue d’investir l’Escale, ses professionnels et ses contenus de prise en charge. La thérapie familiale ne peut se mettre en place, cela semble trop douloureux pour les parents. Sa petite sœur commence à manifester des signes de souffrance psychique. Claire décide de ne pas se rendre à son hospitalisation séquentielle afin de poursuivre stages et recherche d’école. Un projet prend forme : pourquoi pas fleuriste ? Une autre graine semble avoir germée, dans sa tête cette fois-ci. Claire se redresse. Tous les partenaires s’inquiètent de l’abaissement brutal et massif des soins psychiques pour Claire. Elle tient bon sa position, l’argumente : « comment je vais faire pour mener à bien mon projet si je suis la moitié de mon temps à l’hôpital ??? ». C’est pas faux… ! Claire rassure tout le monde et montre la force qu’elle a acquise, elle tient bon, s’appuie sur ses tuteurs et continue de pousser ! Claire s’inscrit au CFPPA de Montravel et débute un CAP de fleuriste. Sa souffrance ne se manifeste plus, elle se parle. Elle se rend 2 fois par mois au CMP de Saint Chamond et gère seule ses rendez-vous… La prise en charge à l’Escale prend fin quelques temps après l’arrêt acté des soins hospitaliers. Suite page 10 9

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE CLAIRE, OU L’ACCOMPAGNEMENT D’UNE ADOLESCENTE A FLEUR DE PEAU (Suite et fin) LA FLORAISON OU COMMENT ECOUTER POUSSER LES FLEURS L’ETE Dans ce type d’accompagnement, où l’écart entre la situation de l’adolescent à son arrivée puis à son départ est si important, l’énigme reste toujours présente : Pourquoi ça a fonctionné ? Comment a-t-elle pu bénéficier aussi pleinement de nos prises en charge éducatives ? Avons-nous une part de responsabilité dans son avancée ? PHOTOClaire est arrivée en grande détresse, inscrite dans un processus auto agressif et destructeur l’empêchant de se construire une identité d’adulte en devenir. 9 mois plus tard, une bascule a pu s’opérer entre le volume de l’étayage soignant, le volume de l’étayage éducatif, et la reprise d’une scolarité. Claire s’est saisie de quelque chose, a pu s’appuyer pleinement sur l’ensemble des dispositifs présents autour d’elle et a pu trouver les moyens d’une subjectivation réussie. Elle quitte l’Escale rescolarisée et portée par son projet professionnel. Elle se projette déjà dans un BP à l’issue de son CAP ! -SYNTHESE A son arrivée, Claire nous avait été décrite comme une jeune fille « souffrant d’adolescence ». La réappropriation de son corps devenu pubère ne semblait pouvoir passer que par des passages à l’acte contre celuici, puis par une sexualité génitalisée amenant une grossesse. Le recours à l’IVG peut constituer également une réappropriation de son corps propre. En passant par le corps pour tenter d’élaborer quelque chose du conflit intra psychique œdipien, Claire semble avoir fait des tentatives de séparation, de distanciation d’avec des liens familiaux incestuels et destructeurs. L’extériorité créée par le maillage de nos différents dispositifs et sa « mise sous serre » lui a permis de traiter et de dépasser les enjeux œdipiens adolescents, à l’abri, pour murir sereinement dans des liens identificatoires au dehors du familial. Plusieurs mois après son départ, Claire est venue accompagnée de son père pour nous remercier de notre aide. En nous quittant, Claire nous indique qu’elle envisage de poursuivre sa deuxième année dans une « meilleure école », située dans le sud, et qu’elle résiderait alors dans un internat… Ophélie HUGUET, psychologue à l’Escale ; Caroline JEANROCH, éducatrice spécialisée référente de Claire à l’Escale. 10

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE FABRICATIONS DE L’ESCALE Idéal pour votre espace de pique-nique ou de détente : Table 8/10 places en bois autoclave classe IV sans chrome ni arsenic Largeur plateau 102cm ép lames 36mm L/H/P : 2 X 0,8 x 1,7m valeur 227,70€ TTC emporté; possibilité de livraison (possibilité de réalisation de table sans les bancs au prix de 170€) Banc en bois autoclave classe IV sans chrome ni arsenic L/H : 2 X 0,6 cm hauteur assise 48 cm environ Valeur 125€ TTC emporté; possibilité de livraison En projet réalisation de jardinières d’extérieur en bois autoclave • • • Formes rectangulaire (40X60cm H 40cm) formes carré (40X40cm H 40 cm) formes hexagonale (diam 60cm H 40 cm) SI VOUS SOUHAITEZ COMMANDER UNE DE CES REALISATIONS, VEUILLEZ CONTACTER L’ESCALE AU : 04 77 49 37 60 11

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N°140 MAI 2015 POLE SPECIFIQUE POUR ADOLESCENTS - L’ESCALE QUELQUES REALISATIONS ! Bureaux pour Bel Air Estrade pour AEMO Saint Chamond Console pour l’Escale Bar extérieur les «Poteaux Carrés» restaurant de Saint Etienne Porte menu les « Poteaux Carrés » 12

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N°140 MAI 2015 POLE MAISONS D’ENFANTS - MAISON RIOCREUX L’Unité d’Enseignement de Riocreux à l’heure Chinoise : entre Boxe et réflexion sur la Paix Par les élèves de l’Unité d’Enseignement de Riocreux : Chams-Dine, Mickael, Eros, Adam, Yohan, Enzo, Hendrix. Dans le cadre de l’Unité d’Enseignement, les élèves participent à l’atelier Boxe Chinoise tous les jeudis après-midi au FUTBOL CLUB Saint-Etienne avec Karim Taghbalout, champion du monde de Boxe Chinoise. Les élèves apprennent ainsi à canaliser leur énergie d’adolescent et à métaboliser leur violence interne. Comme le dit si bien le professeur : « Le plus fort ce n’est pas celui qui répond par les coups mais celui qui sait maîtriser sa force ». Eros, Chams-Dine, Adam et le professeur de Boxe Chinoise en pleine démonstration 13

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N°140 MAI 2015 POLE MAISONS D’ENFANTS - MAISON RIOCREUX Karim Taghbalout Présentation de l’association : Le club, créé en 2005, propose un enseignement de Full contact, Kick Boxing et Sanda. Ouvert à tous, hommes, femmes et enfants de tous niveaux, venez vous entrainer avec Karim Taghbalout : champion du monde de boxe chinoise en Argentine en 1997 et vice-champion du monde de Sanda à Hong Kong LE SANSHOU « MAIN LIBRE » OU SANDA « COMBAT LIBRE » 14

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N°140 MAI 2015 POLE MAISONS D’ENFANTS - MAISON RIOCREUX En plus de donner des cours, Karim Taghbalout est président de l’association « la Paix ». Celle-ci fédère à travers les sports de combats une centaine d’adhérents. Les activités du club s’articulent autour de deux volets : l’apprentissage des sports de combat et l’action humanitaire. Cette double vocation s’inscrit dans l’esprit initial des arts martiaux et des sports de combat qui consiste à acquérir une méthode d’éducation personnelle (maîtrise de soi et respect) à travers l’exercice physique. Les élèves de l’école de La République ont été sollicités pour réaliser une affiche sur la thématique de la Paix. Celle-ci sera présentée lors de la nuit des arts martiaux qui se déroulera le 28 mars à Firminy, dans la salle du Firmament. Les élèves ont donc réfléchi à plusieurs images et à plusieurs phrases qui définissaient selon eux leur vision de la paix. Voici quelques exemples de leurs productions. L’unité d’enseignement de Riocreux 15

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