Feuilletage Guide d'architecture moderne et contemporaine. Mons et Coeur de Hainaut

 

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Feuilletage Guide d'architecture moderne et contemporaine. Mons et Coeur de Hainaut

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MONS NORD-NORD EST Le quartier urbain s’établit, à l’origine, autour du Marché aux Poulets, proche de l’église SainteÉlisabeth, érigée en 1588 dans un style gothique brabançon, ensuite plusieurs fois remaniée. Après son incendie en 1714, elle est reconstruite par l’architecte montois Claude Joseph de Bettignies dans un style baroque. Le Marché aux Poulets disparaît après la Seconde Guerre mondiale pour permettre la création d’une zone de bureaux et accueillir le siège montois de la Régie des télégraphes et téléphones ainsi que le Gouvernement provincial. Les espaces vides résiduels, relativement informes, sont occupés par un parking. Ces transformations constituent l’un des rares témoignages à Mons de l’urbanisation monofonctionnelle et particulièrement brutale des années 1950-1960. La Grand-Place est construite au pied de l’ancienne forteresse comtale en 1348, relevant de la destruction des habitations situées au carrefour des rues d’Havré, de la Coupe, de la Chaussée, des Clercs et d’Enghien afin de créer un marché en périphérie immédiate de la première enceinte du XIIe siècle. Plusieurs bâtiments remarquables bordent la Grand-Place, datant pour la plupart du XVe siècle et de la première moitié du XIXe siècle : l’hôtel de ville, bel exemple du style gothique brabançon édifié à partir de 1458 avec, à l’arrière, le mont-de-piété, construit en 1625 et bordant le jardin du mayeur, aménagé, en 1930, à l’occasion du centième anniversaire de l’indépendance nationale. De part et d’autre de l’hôtel de ville, les pignons à volutes de la Toison d’Or et triangulaires de la salle Saint-Georges constituent de beaux témoignages du style baroque montois. Mitoyen à ce dernier, l’hôtel de la Couronne, réalisé en 1766, est un bel exemple de la variante montoise du style Régence tardif. Au XVIIIe siècle, alors que les bâtiments sont habituellement réalisés sur le modèle de construction des colombages, certains bâtiments, comme celui situé au coin de la rue d’Enghien, arborent une façade uniquement constituée de pierre, formant des chainages et des trumeaux à joints creux. Enfin, au XIXe siècle, plus précisément entre 1841 et 1843, le théâtre de Mons est construit en suivant les plans de l’architecte Sury. Le quartier de la caserne Léopold et de la Tour valenciennoise était, il y a quelque temps encore, un intéressant témoignage du passé militaire de Mons, importante ville de garnison, comme le souligne également l’importante emprise de l’îlot. Érigée en 1358, la Tour valenciennoise est la dernière trace de la troisième enceinte médiévale de la ville, restaurée et réhabilitée en 2009, participant ainsi à la rénovation du quartier. Son achèvement prend aujourd’hui la dénomination de kilomètre culturel. SAM 3

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Kilomètre culturel L’architecture contemporaine constitue l’un des axes développés par la ville au cœur du projet de « Mons Capitale culturelle ». Le quartier de l’ancienne Caserne de cavalerie Léopold, déjà réinvesti par les cours de Justice (A9), a mué en quartier dédié à la culture, le « kilomètre culturel ». Autour du théâtre Le Manège (A2) et à proximité de la Maison Folie (A6), premiers projets emblématiques de la transformation du site (2005), une série d’infrastructures a été rénovée ou a vu le jour : la Fondation Mons 2015 (A1), lieu de rencontre et d’accueil du public, des artistes et de la presse, Arsonic (A3), centre de production, de promotion et de concerts pour les musiques contemporaines, le Mundaneum (A4), espace d’exposition et centre d’archives, et le Manège de Sury, microzone d’activité économique comprenant un incubateur d’entreprises culturelles. À leur articulation, la construction de « Corps de ville » (106 logements) – le plus important projet immobilier intra-muros de ces dernières années – requalifie l’espace public (A5). Siège de la Fondation Mons 2015 (le 106) Bureaux 2011-2013 — AM K2A (Federico Alegria, Stéphane Kervin, coll. Stéphane Damsin, Guillaume Beckers, Sinan Logie) et Bureau Bouwtechniek (Johan Cordonnier, Renaud Daelman) Ing. : Delvaux Paysage : Landinzicht (Bjorn Gielen) IOA : Peter Downsbrough MO : Fédération Wallonie-Bruxelles — Rues de Nimy, 106, et des Trois Boudins – 7000 Mons A 1 Situé entre deux voiries importantes du centre-ville, l’ancien bâtiment de l’Académie des Beaux-Arts (dit « le 106 ») est devenu le centre opératif de la promotion et de la production des événements de « Mons 2015, Capitale européenne de la culture ». L’inscription de ce nouveau lieu de rencontres, de passage, de création et d’enseignement dans le tissu urbain permet de connecter l’axe historique du centre-ville médiéval avec le nouveau 4 quartier de la Tour valenciennoise (A3). Le projet comporte deux volets : d’une part, la conservation et la rénovation des bâtiments à caractère patrimonial situés dans la rue de Nimy et, d’autre part, la construction d’un volume contemporain, clair et lisible à l’emplacement de l’ancienne aile nord, située à l’intérieur de la cour. L’entrée cochère donne accès à un espace public et à un passage couvert qui, grâce à l’ouverture sur la cour arrière existante, permettent d’offrir aux piétons des connexions vers le théâtre du Manège et la place qui le borde (A2). L’ensemble ainsi formé contribue à l’ouverture du 106 sur la ville. La nouvelle cour minérale est volontairement dépourvue de tout mobilier afin de favoriser son appropriation par les différents acteurs : riverains, visiteurs ou artistes. Le programme prévoit la création de bureaux, d’un logement pour artiste et d’un autre pour le concierge, ainsi qu’une garderie pouvant accueillir une quinzaine d’enfants. La nouvelle aile, bardée de treillis métallique doré, toute en contraste avec les volumes enduits du bâtiment existant, s’aligne sur l’empreinte au sol de l’ancienne dépendance et souligne la composition classique. Sa silhouette sobre et pure engage un dialogue riche avec le volume prismatique du théâtre Le Manège voisin. Repère essentiel dans le patrimoine des Montois, le 106 rappellera le lien entre la ville et les manifestations culturelles pendant et après l’événement « Mons 2015 ». DG

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du C d mp ha eM s ar em D ch A ch em in in de la C B Pro ces sio n av. Vic to r Mais triau ng s d ru e es a Ét N6 av .d u les Co rnet Ti r PLAINE DE NIMY rue Ju bou boul. Wins ton C hurc 7 hill rue du Grand Jour Ross igno ls rue B des lés arbe 3 rue d es A rbale strie rs e Nim rue QUARTIER DU PARC des rue d y es trois boudins pl. du Parc rue de s Marc rue d ottes 2 5 9 ov em bre rue A. C 1n its d e l’H ed u1 omm e rs rue des Arbalestrie less e rue des Dro rue ru des GOUVERNEMENT PROVINCIAL jardin du mayeur Expo sitio Ni m y 13 14 d rue o uG ent rnem uve e ru d boul. Fulgence e 11 10 12 Masson 6 ésident Ke boul. du Pr 4 QUARTIER LÉOPOLD nnedy 1 ns av .d l. W on inst Chu u Ti r il rch l 8 A av. d e l’Hô pita 15 Grand Place ÎLOTS GRAND PLACE s Cle rcs e rue d rue de la C oupe rue d ’H avré avré rue d’H av. Reine As tri d N90 la du a Ch e sé us rue MARCHÉ AUX HERBES ut Ha i bo s 16 QUARTIER RACHOT parc du Waux-Hall MONS • Nord-NORD est l rue de la C roix g Rou e la C lef

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LE MANÈGE.MONS Théâtre 2001-2006 — Atelier d’architecture Pierre HebbelinckPierre de Wit (coll. Margarida Serrão, Michel Lefèvre, Julien Germay, Jean-Christophe Mathen) Ing. : BE Greisch IOA : Christine Felten et Véronique Massinger MO : Fédération Wallonie-Bruxelles — BigMat International Architecture Award, 2013 - mention spéciale — Rue des Passages, 1 – 7000 Mons A 2 Au début des années 2000, l’ancien manège de la caserne Léopold est choisi pour installer un nouveau théâtre. Ce bâtiment de 1903 est l’un des derniers vestiges du complexe de casernes ayant survécu à la Seconde Guerre mondiale. C’est un grand volume rectangulaire de 55 x 22 m en maçonnerie, caractérisé par des structures métalliques supportant une toiture prise entre d’importants pignons débordants. Le projet, résultat d’un appel d’offres public, transforme la construction existante par l’ajout d’un nouveau volume perpendiculaire à l’ancien qui accueille une salle de spectacle de six cents places et ses accès. Le manège est partiellement conservé pour accueillir les espaces de l’infrastructure théâtrale : salles de répétition et de réunion, loges, régie technique. Cette démarche radicale répond aux exigences techniques et de performance nécessaires, mais, surtout, instaure une relation particulière entre le théâtre et la ville. Elle donne une visibilité importante à la salle de spectacle tout en gardant l’identité architecturale initiale du manège. Le nouveau volume est en béton recouvert d’une enveloppe en verre poli, découpée de rectangles transparents, derrière laquelle on devine les circulations. Sa forme épouse la salle et se soulève du sol avec un porte-à-faux impressionnant. Ce choix génère un intense rapport visuel au contexte. Le soir, la surface vitrée se transforme en signal lumineux. Une œuvre photographique monumentale de Ch. Felten et V. Massinger occupe tout le plan incliné sous les gradins, derrière la grande verrière, reproduisant les casemates de Mons. À l’intérieur, la salle et la scène sont entièrement habillées de parois acoustiques en béton noircies à la suie. Tous les équipements techniques sont disposés face au public : privée de cadre de scène, la confrontation est directe, sans artifices ni effets superflus. Les locaux administratifs sont situés dans un volume parallélépipédique, en porte-àfaux et peint en blanc, disposé entre l’ancienne façade-pignon et le mur d’enceinte en briques apparentes. Sa présence marque la nouvelle entrée et oriente l’ensemble vers la rue. Les matériaux, économiques, sont choisis en fonction de leur capacité à valoriser les espaces et à rencontrer leur fonction constructive. MC R0 R +1 6

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Arsonic 2009-2015 Salle de concert — AM Holoffe-Vermeersch Architecture (coll. Frédéric Estordeur, Thomas Pittelioen, Quentin Dasnoy, Franck Verspeelt) Atelier d’architecture Laurent Niget Ing. : BE Greisch IOA : Since 1974 – Mathieu Lehanneur MO : Fédération Wallonie-Bruxelles — Rue de Nimy, 138 – 7000 Mons A 3 Situé à l’entrée du quartier, le projet Arsonic propose d’accueillir des événements liés aux musiques actuelles et aux sonorités émergentes. Il s’agit d’offrir aux musiciens et aux chercheurs du monde musical un lieu de travail performant et des conditions de création adaptées, tout en proposant au public une variété d’approches de cet univers artistique. Le programme prévoit une grande salle de représentation modulable, des studios, une salle de répétition, des ateliers, des bureaux, des loges, une salle d’animation. La présence de l’ancienne caserne des pompiers, monument urbain conservé et absorbé par la nouvelle utilisation, détermine les articulations du programme. Deux espaces particu- liers sont également prévus : la Chapelle du silence pour l’écoute intime et le Passage des rumeurs pour accueillir des expositions sonores. Le projet, lauréat d’un concours, rassemble les éléments du programme en occupant la surface disponible de manière équilibrée et adopte la densité urbaine du site comme un élément d’inscription au contexte. Le bâtiment a deux entrées qui permettent d’insérer davantage le programme dans le tissu urbain et de créer de meilleurs liens avec l’espace public. Le traitement des espaces intérieurs montre que l’attention à la matière sonore a été le moteur principal de la conception. Les volumétries, adaptées à chaque espace et usage, sculptent l’identité de cette architecture. Le dessin de la salle de spectacle de plus ou moins trois cents places permet de proposer quatre configurations de salle différentes, et ce, tout en héritant de la géométrie irrégulière de la parcelle. MC R0 8

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Corps de ville 2006-2014 Immeubles de logement, urbanisme — Concours : Atelier d’architecture Matador (Marc Mawet, Olivier Bourez, Olivier Dubucq, Sara Garcia, Nicolas Iacobellis, Charlie Petit) / Robbrecht & Daem Projet définitif : Atelier d’architecture Matador Ing. : Planet Engineering B.V.B.A. Bart Tuytten Paysage : Landinzicht (Bjorn Gielen) Urbanisme : Atelier d’architecture Pierre Hebbelinck, Atelier d’architecture Matador, Atelier 4D MO : Himmos N.V. — Rues des Arbalestriers et des Trois Boudins – 7000 Mons A 4 Plan d’appartements – Étage type RO Le projet se situe dans l’îlot de la caserne Léopold. La surface à investir est le site le plus vaste encore disponible dans l’intra-muros de la cité. Il concerne la partie de logements d’espaces de service, implantée dans la zone d’équipement communautaire d’un plan plus global de revitalisation urbaine. La force de ce projet réside dans son implantation qui répond à plusieurs questions urbaines. Le volume principal, — une longue barre continue qui se plie en trois ailes —, est disposé de façon à refermer la zone occupée au nord de l’îlot par le ministère des Finances et dégage ainsi un espace public constitué de deux larges surfaces triangulaires. Un plus petit volume vient recoudre la partie inférieure de l’îlot entre l’imposant Palais de justice (A9) et le Théâtre du Manège (A2). L’espace garantit la liaison entre la rue des Arbalestriers et la rue des Trois Boudins, et assure une plus grande circulation entre les lieux et les institutions culturelles érigées là dans le cadre de Mons 2015. Le caractère monumental s’accorde avec les volumes existants et profite de leur présence pour créer un dessin urbain cohérent et lisible où chaque construction joue un rôle spatial et se renforce par le dialogue avec les édifices voisins. Ainsi, le long de la rue des Arbalestriers, l’ancienne Tour valenciennoise, isolée des autres constructions et récemment restaurée (Régie des Bâtiments), devient un élément de composition de l’ensemble, définissant l’axe central de l’espace public. Habillés de briques de ton brun foncé, les bâtiments accueillent cent vingt-six logements répartis en nombreuses typologies pour répondre à la variété d’habitats recherchée. L’homogénéité du traitement et le rythme régulier des façades offrent l’avantage d’une lecture claire. Le dispositif d’ensemble, qui tend à reconstituer le tissu urbain, permet d’identifier le statut de chaque espace (avant/arrière, public/privé) tout en participant à un équilibre géométrique calibré et soucieux de fédérer le contexte, jusque-là composé de volumes autonomes et dispersés. MC 10

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En 1930, l’Union économique de Belgique édifie L’Indépendance, premier grand magasin de la société coopérative à Mons, sur les plans de l’architecte Guillaume Vleugels. Si la façade principale (rue de Nimy) s’inscrit sagement dans l’alignement bâti du XVIIIe siècle – explorant le principe ternaire (divisions horizontale, verticale et rythme des percements) dans une modénature Art déco (cannelures, vitraux) –, la façade de l’entrepôt et de la boulangerie (rue des Trois Boudins) affiche, dans une interprétation beaucoup plus libre, sa parenté avec l’expressionnisme de l’École d’Amsterdam (saillies et appareillage en briques). Après sa fermeture en 1974, le bâtiment connaît plusieurs occupations – Office national de l’emploi (ONEm), École supérieure des arts plastiques de la Communauté française – avant d’être affecté, en 1998, au Mundaneum. Héritier de l’Office international de bibliographie (répertoire universel de la connaissance) créé par Paul Otlet et Henri La Fontaine en 1895, l’espace rassemble en partie les archives de la Cité Mondiale, Centre international de la connaissance pour la paix installé durant l’entre-deux-guerres dans une aile du Musée du Cinquantenaire à Bruxelles et inscrit depuis lors (2013) au registre du programme « Mémoire du monde » de l’Unesco. L’architecte Jean-Pierre Saintenois investit l’atrium originel du grand magasin, où la vaste verrière fait place à un plafond peint figurant « les autoroutes de l’information reliant les continents ». La magie de la scénographie (Benoît Peeters et François Schuiten), A 5 A 11 MONS • Nord-NORD est avec la rotation du globe terrestre symbolisant l’universalisme et le réemploi des meubles-fichiers originaux, renvoie à l’utopie pacifiste de ses fondateurs. Les architectes du projet lauréat de la seconde phase de rénovation (2015) jouent de la déclivité naturelle de la parcelle (2 m) pour glisser un socle sousterrain, hébergeant les archives – visibles depuis l’extérieur grâce à l’intervention artistique subtile du plasticien Richard Venlet – et investissent la cour dégagée, au cœur des différentes fonctions, pour y glisser une extension, adossée à l’espace muséal initial (salle polyvalente, espace pédagogique). AD et LB Grands Magasins « L’Indépendance » maison de commerce 1930 — Guillaume Vleugels (construction) MO Union économique de Belgique Centre d’archives, Musée Mundaneum 1998 (phase 1) 2012-2015 (phase 2) — Jean-Pierre Saintenois (phase 1) AM Coton / Lelion / Nottebaert (Gauthier Coton, Xavier Lelion, Anne Sophie Nottebaert, coll. Anne-Sophie Rouillère) (phase 2) Ing. : BE Greisch IOA : Richard Venlet MO : Fédération Wallonie-Bruxelles — Rues de Nimy, 76, et des Trois Boudins – 7000 Mons

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Maison Folie Centre culturel 2002-2007 — Atelier d’architecture Matador (Marc Mawet, Olivier Bourez, coll. Valérie Urbain, Catherine Baude, Olivier Dubucq) Ing. : Sitech SPRL – Arthur Graindorge (stabilité) IOA : Emilio Lopez Menchero (non réalisé) MO : Ville de Mons — Prix d’Architecture du Hainaut, 2006 – lauréat (cat. Bâtiment public) /Awards belges de l’architecture, 2006 – lauréat (cat. Bâtiments non résidentiels) / Prix d’Architecture de Wallonie, 2010 – lauréat (cat. Équipements publics) — Rue des Arbalestriers, 8 – 7000 Mons A 6 12

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« Maison Folie » est un concept développé dans le cadre de « Lille 2004, Capitale culturelle » pour créer de nouveaux lieux visant à réapproprier des friches architecturales à des fins culturelles multiples. La Ville de Mons décide de participer à cet événement de portée régionale et réalise avec ce projet un des premiers jalons de Mons 2015. Cet équipement est installé dans l’école des Arbalestriers, désaffectée et convertie en lieu culturel dès la fin des années 1970. Elle accueille, depuis, la salle de spectacle « Les Arbas ». Faute de moyens financiers importants, l’appel d’offres limite l’intervention à la redéfinition des zones d’accueil et d’accès de la salle de théâtre. Le projet de Matador détourne la commande initiale et parvient à réaffecter l’ensemble du domaine exploitable pour des spectacles et des expositions. La cour est réhabilitée pour devenir un espace commun destiné à l’accueil du public et d’activités. L’intervention architecturale se concentre sur les constructions situées en fond de parcelle : deux volumes parallèles de deux niveaux accueillant les anciennes classes. L’idée est de conserver les traces des occupations précédentes, les strates des matériaux et les couches des couleurs en ajoutant l’équipement nécessaire pour le fonctionnement des activités. À la place du préau situé entre les deux volumes, une structure est construite pour accueillir une scène équipée pour des spectacles avec des tribunes démontables. Sa présence est à la fois monumentale et pragmatique. Un grand portique de béton relie vers la cour les deux pignons des volumes existants. Il encadre une façade composée de panneaux métalliques. La partie inférieure est amovible afin d’assurer le passage des équipements techniques et des aménagements temporaires, mais aussi pour ouvrir la scène vers la cour lors de spectacles de plus grande envergure. Cette partie est dénommée l’« Espace des possibles ». Face à la salle de spectacle existante, une troisième salle, la « Margin’halle », est aménagée en vidant le volume du cloisonnement existant. Ce projet a reçu un accueil remarquable de la presse spécialisée et des utilisateurs. À l’instar du Palais de Tokyo à Paris, de l’Espace Lu à Nantes ou encore de la Condition publique à Roubaix, il s’inscrit dans une pratique qui révèle l’histoire et la matière des constructions, tout en facilitant l’usage et l’appropriation. MC A R0 13 MONS • Nord-NORD est

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Siège du Gouvernement provincial Bureaux 1939-1953 — Robert Gauquié et Louis Godin IOA : Robert Delnest, René Harvent, XX Huppé (sculpture), Georges Boulmant et Zéphir Busine (vitrail), Pierre Caille, Agnès Leplae (céramique) — Rue Verte, 11-13 – 7000 Mons A 14 En 1937, les autorités provinciales décident d’ériger un édifice spécialement dédié à son gouvernement. En 1953, le bâtiment d’angle, le plus expressif et signifiant, est terminé : il abrite l’hémicycle du Gouvernement provincial (4e et 5e étages). En 1957, il s’étend à l’est, rue Verte, pour les services de l’administration et du gouverneur. Adoptant un plan symétrique avec entrée axiale, sa volumétrie est simple : sur le parallélépipède central sont greffés deux volumes secondaires en décrochage, dont les angles sont adoucis et comptent un niveau en moins. L’ensemble est typique du monumentalisme de la fin des années 1930, teinté de modernisme et d’Art déco, incarnant le sérieux d’une administration qui se doit d’être moderne et rigoureuse. Les architectes soignent la qualité d’exécution (pierre bleue, menuiseries métalliques et portails décoratifs). Plusieurs artistes interviennent dans la conception. En façade, Robert Delnest sculpte des personnages évoquant les métiers emblématiques de l’industrie en Hainaut – mineur de fond, tailleur de pierre, puddleur, souffleur de verre, brasseur et potier – avec, au rez-de-chaussée, des scènes collectives sur le thème du travail agricole et sidérurgique. Dans le hall d’honneur où domine le marbre noir, la cage d’escalier monumentale est éclairée par un vitrail de Zéphir Busine et Georges Boulmant, largement illustré de scènes alliant les traditions populaires, le folklore et les métiers industriels. Agnès Leplae et Pierre Caille réalisent deux œuvres murales en céramique émaillée : la première, la Ducasse de Mons, est figurative et la seconde, onirique et plus tardive (1958), destinée à la salle du Collège provincial. LR 18

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Au carrefour de la chaussée du Rœulx, la construction joue audacieusement de la parcelle de forme triangulaire. Le mur de clôture en briques est volontairement préservé pour protéger l’habitation de la circulation automobile. Surplombant celui-ci, deux volumes distincts se raccrochent aux gabarits des mitoyens. Le plus haut abrite quatre kots accessibles par un escalier en colimaçon dissimulé derrière une paroi métallique. Le plus bas accueille les chambres de l’habitation unifamiliale, tandis qu’à l’articulation du projet, la partie centrale est occupée par les pièces de vie, disposées en demi-niveau, surélevées par rapport à l’espace public. Des modules préfabriqués en bois ont été développés en collaboration avec l’entreprise Stabilame, permettant de garantir la rapidité et la précision de la mise en œuvre, tout en simplifiant la pose des techniques spéciales (électricité, chauffage, ventilation…). TW Derrière le mur 2010-2014 Habitation unifamiliale, Logement étudiants — Atelier d’architecture Vortex (Paul Robinet, John Malengreau et Nathalie Ghellynck) MO : Emmanuelle Chevalier et Paul Robinet — Avenue de l’Hôpital, 64 – 7000 Mons A 15 Coupe A Implantation Cette maison mitoyenne bel-étage à toiture plate est située en retrait dans l’avenue bordée d’arbres et absorbe une différence d’alignement. L’avancée de la travée du séjour s’exprime de manière prépondérante et permet une vue latérale vers la ville. La volumétrie et la composition franche et précise de la façade offrent une lecture claire et fonctionnelle. René Panis s’approprie le langage moderniste. Le sobre alignement des baies de l’étage contraste avec le traitement plus fluide du soubassement en pierre bleue. Les portes du garage et de l’entrée s’enchaînent par trois élégantes courbes ogivales, formant bacs et seuil et entourant une courette soulignée par un garde-corps métallique. Les locaux de service se situent au rezde-chaussée, ceux de vie, aux étages, surplombent le jardin au sud. La menuiserie en bois peinte en blanc tranche avec la maçonnerie en briques brun-gris aux joints horizontaux marqués. DC Maison Chamart Habitation unifamiliale 1936 — René Panis MO : M. et Mme Chamart — Avenue Reine Astrid, 27 – 7000 Mons A 16 19 MONS • Nord-NORD est

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