Génération n°5

 

Embed or link this publication

Description

Journal des Lycéens du Lycée français Théodore Monod de Nouakchott - Mauritanie

Popular Pages


p. 1

Journal du Lycée Français Théodore Monod (Mauritanie) Numéro 5 - octobre 2014 Lapidation des femmes en Iran La menace d’ Ebola en Afrique L’ Art en Mauritanie Être Homosexuel aujourd’hui ? Poets corner from Aisha La Fête des Cultures 2014 Quelle Laïcité au LFTM ? 1

[close]

p. 2

Pierres d’oppression crime. Dans un procès habituel, il faudrait qu’il y ait quatre témoins oculaires pour prouver la culpabilité des accusés, sauf dans le cas où ils avouent leur crime. En outre, deux femmes sont égales à un homme, donc il faudrait huit femmes témoins oculaires. Cela montre que la femme ne participe pas en toute équité à la vie politique. Le cas de l’Iran : Cette pratique est légale depuis 1980. De 1980 à 2010, 124 personnes ont été lapidées dont 100 femmes. Il reste encore 475 cas qui datent de cette époque. Un film dévoile l’injustice de cette pratique : The Stoning of Soraya M. L’histo ire se passe en Iran et est construite à partir d’un livre écrit par un journaliste franco- iranien Freidoune Sahebjam, Une femme lapidée. Le cas de la Mauritanie : La Loi dit : "Tout musulman majeur qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe sera puni de peine de mort par lapidation publique." Article 308 du texte officiel. Mais aucune exécution légale n’a eu lieu depuis 1990. En ce moment, il n’y a pas d’efforts ni de loi qui cherchent à abolir cette pratique. Il y a plein d’organisations combattant l’injustice faites aux femmes, mais non encore connues sur le plan international. La lapidation, publique ou privée, est seulement une forme de violence brutale contre les femmes et est inacceptable. Aisha SALLAH En 2008, a eu lieu une grande injustice. Aisha Ibrahim Duhulow, une fille Somalienne de 13 ans a été lapidée par 50 hommes devant 1000 personnes dans un stade. Elle fut accusée d’adultère, alors qu’en réalité, elle fut violée par 3 hommes. Qu’est- ce que la lapidation ? La lapidation est une forme d’exécution dans laquelle on lance des pierres à une personne enterrée jusqu'à la taille (pour les hommes) ou la poitrine (pour les femmes) jusqu'à sa mort. Cette pratique existe et est une punition légale en : Mauritanie, Mali Iran, Nigeria, Pakistan, Qatar, Arabie Saoudite, Somalie, Soudan, UAE et au Yémen. Par contre, des cas sont apparus principalement au Mali, Irak, Malaisie, Indonésie, Afghanistan et Somalie en dehors du système légale. La lapidation est la punition pour l’adultère ou en arabe « Zina ». Logiquement, les deux « criminels » doivent être punis mais la plupart du temps, seules les femmes en sont victimes. C’est une discrimination faite pour contrôler, opprimer et affaiblir les femmes et leurs libertés, surtout dans les pays du tiersmonde. A cause de la mauvaise interprétation du Coran et de la loi islamique (Sharia), la pauvreté et l’ignorance, il est plus facile d’accuser les femmes. Cette pratique est pourtant une punition appropriée pour le 2

[close]

p. 3

EBOLA        Forte fièvre/ hémorragie interne, externe Diarrhée parfois sanglante Vomissements, nausées Céphalées, douleurs abdominales Déshydratation Perte de poids Somnolence, délire et coma On connaît tous cette maladie sous le nom d’EBOLA mais elle se nomme aussi « fièvre hémorragique ». Nous avons eu l’honneur d’accueillir le docteur Najjar qui a bien voulu nous renseigner et répondre à nos questions qui étaient sans réponse jusque là. Le risque mortel se manifeste au bout d'une dizaine de jours. Si le malade vient à l’hôpital trop tardivement, il ne faut ni le piquer, ni le faire saigner. La prise en charge par le personnel soignant s'avère délicate à cause des risques accrus de contamination. Quelle précaution faut-il prendre quand on soigne les patients ? Dans le cadre de la prise en charge des malades, il faut faire particulièrement attention aux risques de contamination parmi les proches de la personne infectée. Toutes les personnes participant au transport d’un malade devront être formées aux « PRECAUTIONS UNIVERSELLES » :  Se laver les mains après chaque contact avec un malade ou du matériel contaminés (au liquide désinfectant : eau de javel)  Gants robustes (gants de jardinage)  Masques  Lunettes  Blouse  Tablier en plastique Il faut surtout bien informer les populations pour que chacun se protège correctement. Enfin, l'ultime précaution à prendre est la mise en quarantaine du malade. Qu’est-ce-que c’est ? D’où vient-il ? Tout d’abord, le nom « Ebola » est le nom d’une rivière de la RDC (République Démocratique du Congo). On lui a donné ce nom car c'est dans cette région que fut découverte la maladie pour la première fois en 1976, où elle a fait des ravages. Comment se transmet-elle ? Plusieurs moyens de transmission :  De personne à personne : en relation étroite avec un porteur du virus.  Par contact avec des liquides ou des matériaux physiologiques infectés (sang, salive, vomissure, selles, urine, sueur...) Mais il faut savoir que la transmission par les VOIES AERIENNES n'existe pas. Il est nécessaire de savoir prendre en charge ces patients affectés par le virus. Tout d’abord, ils doivent être transportés dans des établissements en soins spécialisés. SIGNES CLINIQUES Pour reconnaître ces malades, s'appuyer sur plusieurs signes Cependant, il faut au maximum 5 après avoir été en contact avec le que ces signes se manifestent : Ainsi, si toutes les personnes atteintes de ce virus sont très dangereuses pour la communauté, elles ne doivent cependant pas inspirer le rejet, à la condition de bien connaître les modes de transmission et les mesures de précaution. Ba Mariam-Jacqueline on peut cliniques. à 12 jours virus pour 3

[close]

p. 4

L'ART EN MAURITANIE La Mauritanie est un pays connue pour sa diversité culturelle. Elle est un mélange de cultures maures (Arabo-berbère) et de cultures noires-africaines (Peul, Soninké, Wolof). Le pays a abrité divers courants de civilisations qui se sont succédés et au fil du temps, la Mauritanie est devenue un lieu de brassage ethnique. Grâce à ces différentes influences, l’art mauritanien est aussi riche que varié. Chaque communauté possède sa propre musique, en particulier, la musique traditionnelle maure et puular. On peut rappeler que la société traditionnelle mauritanienne est divisée en tribus, et à l’intérieur de ces tribus, en castes hiérarchisées. Les castes les plus nobles sont celles des guerriers et des marabouts. Il existe d'autres castes roturières, dont fait partie la caste des griots ou « iggawin ». Les seules personnes à pouvoir jouer de la musique sont les personnes de cette caste. Ils peuvent être instrumentaliste, chanteur, danseur, compositeur. Cependant, ils restent beaucoup stigmatisés et considérés comme peu sérieux, au contraire de la caste guerrière considérée comme courageuse. Les griots vivent de la musique. Ils transmettent leur savoir oralement de génération en génération sans distinction de sexe. Ils animent les fêtes, mariages, baptêmes, concerts. Ils sont rémunérés après chaque tournée par le public. Mais la connaissance musicale reste un signe de noblesse et c’est pour cela qu’on envoie certains jeunes des castes nobles étudier 3 mois auprès d’un griot. Dans la société traditionnelle, la musique ne s’écoute pas n’importe comment et devant n’importe qui. Cependant, dans la société plus moderne, les nouvelles générations écoutent davantage de musique occidentale. Certains artistes mauritaniens mettent en garde contre l'érosion de la musique traditionnelle de leur pays, à l'image Iman Ould Aali, qui a fondé une association visant à faire connaître aux jeunes générations l'environnement musical traditionnel. La musique traditionnelle maure possède une gamme assez particulière, appelée gamme blanche, mélange de sonorités noires africaines et de sonorités arabo- berbères . On peut donc observer des ressemblances avec la musique andalouse (Arabo-berbères) et le blues (Noires). Enfin, en ce qui concerne les instruments, l'Ardin, sorte de harpe dont la base en peau tendue sert aussi de percussion, est réservée aux femmes, tandis que les hommes se consacrent au luth tidinit à quatre cordes. On pourrait aussi évoquer le balafon, le djembé et la kora.... Ces instruments accompagnent des chants mauritaniens, en plusieurs langues (pular, hassanya, wolof et soninké). Les griots font des louanges envers le dieu de l'islam Allah, le prophète Mahomet, mais aussi des louanges destinées aux chefs guerriers de l'époque. La musique permet aussi de raconter des histoires et légendes locales car c'est un des seuls moyens de transmettre les traditions et l'histoire. Luna GAUCHOT Mariem BA 4

[close]

p. 5

L’HOMOSEXUALITE Je vais tout d’abord vous rappeler la définition de l'homosexualité. « L'homosexualité fait référence à l'attirance et/ou à la pratique d'actes sexuels entre personnes de même sexe. » Il n'existe cependant pas de définition universelle de l'homosexualité. D'après Marina Castañeda, une psychothérapeute et conférencière mexicaine, « un grand nombre de personnes pratiquent des actes homosexuels sans pour autant se considérer comme homosexuels. Au contraire, d'autres se croient homosexuels sans avoir jamais eu de relations homosexuelles. » L'homosexualité ne se résume donc pas au seul aspect de la sexualité, entre personnes du même sexe, mais peut être un sentiment amoureux et un comportement social. Le psychiatre américain Judd Marmor, connu pour son implication pour la suppression de la mention de l’homosexualité dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (1952), propose la définition suivante : « Peut être considérée comme homosexuelle une personne qui, durant sa vie adulte, manifeste une préférence pour des personnes de son propre sexe ; est sexuellement attirée par ces personnes et a habituellement, mais pas nécessairement, des relations sexuelles avec une ou plusieurs de ces personnes. » Autrefois l’homosexualité entre les hommes a eu plusieurs noms tels sodomites ou encore invertis. Aujourd'hui, l'homosexualité est traitée différemment suivant les pays. Ainsi, dans 76 pays, être homosexuel(le), c'est risquer une condamnation à mort, peine qui peut être exécutée dans 5 pays. Dans d'autres, le risque d'emprisonnement est prévu par la loi. Les homosexuel(le)s sont stigmatisé(e)s à un tel point qu’ils/elles ne peuvent pas pratiquer certains métiers (service militaire…). Qu'en est-il en Mauritanie ? La Mauritanie étant une république islamique, l’homosexualité est donc HARAM (interdit). Bien que les homosexuels soient des êtres humains à part entière - ils vivent, mangent, boivent, ont une bouche et des yeux tout comme nous - malheureusement ils ne sont pas considérés comme tels. Afin d'asseoir cette assertion, j'ai rencontré un membre de cette communauté en Mauritanie et afin de le préserver, je vais vous rapporter ses propos en modifiant son identité. MOI : Tout d’abord as-tu fait ton coming out ? NIK : Je veux rappeler à tout le monde que les homosexuels sont des HUMAINS comme les autres. Je ne vais pas vous mentir, j’assume entièrement ma vie d’homosexuel. Mais cette situation n'est pas facile. En effet, je me souviendrai toute ma vie le jour où je l’ai annoncé à mes parents. Cette journée reste comme la pire de toute mon existence. Ma mère fit un malaise et mon père me mit dehors, en disant de ne plus jamais revenir dans sa maison. Ils l'ont dit à toute la famille. De ce fait, ce qui me dérange le plus est le regard des autres. Même un âne serait mieux considéré ! Je me suis fait frapper, insulter. On m'a craché dessus. Malgré tout cela, je ne cacherai plus jamais mon homosexualité. MOI : As-tu des conseils à donner aux jeunes vivant une telle situation ? NIK : Je ne leur mentirai pas. Je leur dirai que rien n'est facile dans la vie, qu'il faut rester fidèle à ses convictions. Certes, des personnes, même des intimes, te tourneront le dos. Cependant, d'autres sauront te soutenir. Donc ne te décourage. Ne regarde pas le passé. Et vis comme tu le souhaites ! MOI : As-tu des enfants ? NIK : Oui, dans mon pays, grâce à l’adoption, mon copain et moi-même nous avons pu devenir parents de deux jumelles. Elles sont orphelines, car elles ont perdu leurs parents lors d’un accident de voiture en Somalie. La plus belle chose au monde reste d’avoir des enfants qui vous appellent papa. Au début c’était un peu dur pour elle s, mais elles se sont vite habituées à avoir deux papas. BA Mariam-Jacqueline 5

[close]

p. 6

Quelle laïcité au LFTM ? de revendication acceptation ? découlant de cette Billet d’humeur (juin 2014) Aujourd’hui des questions se posent sur la laïcité. Dans un pays comme la Mauritanie, où religion et coutumes se lient d’une manière indissociable, peut-on vraiment appliquer une « Charte de la Laïcité » ? En préambule, il s'agit d’abord de définir ce que recouvre la laïcité. La laïcité est un terme désignant la neutralité des sujets envers les différentes religions. Aucun signe ostentatoire religieux n’est accepté dans une communauté laïque. La Charte de Laïcité, mise en œuvre par le Ministère de l’Éducation Nationale français, amène à s’interroger sur certaines habitudes prises au Lycée français Théodore Monod, comme celle du port du voile ou melahfa. Aujourd’hui, le voile est un vêtement dont l’appartenance reste floue : est -ce un vêtement à connotation religieuse ou bien tout simplement à connotation culturelle ? Si l’on considère que le voile est un vêtement religieux, la Charte de laïcité, allié au fait que nous soyons dans un lycée laïc, peut contraindre ce voile à disparaître. En effet, si l’on autorise à de jeunes musulmanes le port le voile au sein de notre établissement, certaines personnes aussi auront le droit de revendiquer leur appartenance religieuse. Par exemple, un élève juif pourra demander à porter une kippa ; un élève chrétien, une croix chrétienne, ou un élève musulman une djellaba. Si l’on accepte d’autoriser le voile, une marée de revendications risque de suivre ! Or, cette situation peut vite devenir un problème de grande envergure. Aurons-nous l’ouverture d’esprit et la tolérance adéquates pour cohabiter dans l’école avec nos croix, nos kippas, nos voiles religieux ? N’y aura-t-il pas des mouvements Si l’on considère que le voile est un vêtement culturel, cet accord risque aussi de bouleverser l’existence même du lycée français. Voilà des années que les jeunes filles « voilées » entrent et sortent du lycée sans aucune discrimination ! Si l’on change aujourd’hui une habitude aussi ancrée, si l’on impose un code vestimentaire refusant le voile, cela ne risque-t-il pas de troubler un grand nombre de personnes ? En enlevant le « voile », l’établissement pourrait faire face une fois encore à une marée de doléances. Le voile est un sujet vaste sur lequel nous pouvons débattre indéfiniment, car il peut aussi devenir la cause de futures altercations, mais son interdiction pourrait ne rien changer du tout. DIA Koumba Harouna Note de la rédaction : Le Conseil d’établissement a pris la décision suivante, en date du 17 juin 2014 : « Le lycée étant un lieu de travail, tous les élèves se doivent d’adopter une tenue correcte de travail. Sont notamment proscrits les tongues, les chaussons, les boubous, les djellabas, les shorts, ainsi que toute tenue indécente ou inappropriée aux activités scolaires. Les tenues d’EPS devront notamment être adaptées aux pratiques sportives. Les élèves devront rentrer dans l’établissement visage découvert. Il est demandé aux élèves d’entrer tête découverte en classe : casquettes, chapeaux, ou tout autre type de couvre-chef ne sont pas autorisés, excepté la melahfa qui doit être portée correctement et toujours visage découvert. Tout élève ne respectant pas ces consignes ne sera pas autorisé à pénétrer dans l’établissement ou en classe. » 6

[close]

p. 7

A vos plumes… Un monde d'équité ? Egarées par le souffle de leurs compagnonnes, Brouillées par les principes de leur croyance, Dans cette période de crainte et d’incertitude, Les demoiselles Mauritaniennes sont coincées entre deux mondes : Celui dans lequel elles souhaitent un mode de vie Et l’autre dans lequel elles sont exigées par un mode de vie Peut-on apaiser l’embarras de ces femmes ambitieuses ? Y a-t-il un monde ou un principe entre les deux ? Pouvons-nous guider ces âmes perdues ? Ou l’âme est-elle estimée coupable ? On se trouve dans un pays Où l’on ne sait pas où l’on est, Ni où l’on va, Tout ce que l'on sait est d’où on vient, La pomme n’est pas tombée si loin de l’arbre, Et les racines continuent à s’enterrer sous le sable d’or, Essayons de vivre dans un milieu sans préférence, Ni inégalité Essayons de vivre dans un milieu où l’on peut être en phase avec soi-même Un monde… d'équité? SALLAH Aisha 7

[close]

p. 8

FETE DES CULTURES 2014 Comme chaque année, toute la diversité culturelle présente en Mauritanie s’est donné rendezvous au Lycée Français Théodore Monod le Vendredi 28 mars dernier. Un public nombreux et enthousiaste a participé aux nombreuses activités culturelles proposées par les délégations consulaires invitées. Nos élèves s’en sont donnés à cœur joie pour animer la scène dressée pour l’occasion, en participant à de nombreux spectacles. Encore merci aux enseignants et personnels volontaires du LFTM pour leur aide apportée à la gestion de toutes ces manifestations ! 8

[close]

p. 9

La Fête des Cultures en images. 9

[close]

p. 10

Lors de la fête des cultures, nous avons partagé de bons moments de détente, de partage et de divertissement. Espérons que l’année 2015 saura nous proposer de tels instants agréables et plaisants. 10

[close]

p. 11

EDITORIAL Directeur de la publication Bruno LASSAUX, proviseur Rédacteurs en chef Patrick LOUSTALOT (professeur de Lettres) Stéphane PERPOIL (professeur de Lettres) Raphaël RIGNOL (professeur d’Histoire-Géographie) Journalistes Mariam-Jacqueline BA Mariem BA Zeinabou BA Fatimata Racky BAL Koumba Harouna DIA Khadidiatou KANE Aisha SALLAH Daniela SALLAH-DUSSEY Fatimata THIAM Pierrick VILLIN Ange-Roxanne YAMEOGO 11

[close]

p. 12

12

[close]

Comments

no comments yet